Chapitre 7 : Le FBI arrive.
- Merci, c'est bon !
Qui aurait cru que je mangerais des frites un jour, sur un banc en hiver, avec un gosse haut comme trois pommes -qui est un otage à la base-, un bonnet de Noël et des lunettes sur la tête, et que tout le monde me croit mort.
Heureusement d'ailleurs, sinon 'Au revoir la réputation !' Gin passe de la place du tueur sanguinaire et froid à celle de l'animateur de garderie les soirs.
J'ai laissé tomber -aux sens propre et figuré- le hamburger quand j'ai vu le paquet de sauce dedans. Il me glissait entre les doigts.
Je sais pas comment a fait le gamin pour tout manger. Mes frites ont le goût d'un truc vite préparé. Je regrette maintenant les rares fois où Sherry faisait la cuisine en mission. C'était un truc basique, mais au moins s'était bon.
Il sort une figurine de son sachet Mc Do et la regarde. C'est une de leur jeu, Kurogane Yaiba, un truc comme ça. En tout cas, elle représente un vautour. Quelle idée de mettre un vautour dans un jeu ? Il a de gros yeux, qui semblent prendre toute la place de sa tête. On est fixé par ça, et j'aime pas du tout le concept.
Ça me rappelle aussi l'ombre des corbeaux qui s'étend sur leurs victimes, comme le disait parfois Merlot. En gros c'est ça. On est un syndicat hyper puissant agissant dans l'ombre. Quand on nous voit comme ça, les gens ne perçoivent pas le danger. Ils ne s'en rendent compte qu'au moment où nos serres s'abattent sur eux et ne veulent plus les lâcher.
Mais il est trop tard. Les cadavres vont joncher le sol dès le passage effectué des corbeaux. Un concept sanguinaire certes, mais qui évite à tout le monde d'avoir des problèmes, syndicat comme 'moutons', les gens qui ne savent rien.
Il y a aussi le FBI et d'autres groupes internationaux, qui ont dû bourrer l'Organisation avec un paquets d'agents, tout comme nous l'avons fait chez eux aussi. On est tous coincés. Tu parles, je tire, je parle, tu tires.
- Et, t'as vu ? c'est Shonosuke, le vautour qui aide Yaiba à battre Onimaru ! Trop fort !
Si tu le dit...
- Bon, on va y aller...
- D'accord.
Il saute du banc et me suit.
Je décide d'aller vers la voiture que j'ai emprunté à long terme, mais ce terme va être réduit brutalement. Quelque chose me stoppe avant d'entrer sur le parking, et encore une fois, ma paranoïa me sauve la mise.
- C'est la voiture de Miki-chan ! Que fait-elle là ?
Jodie Starling, la chieuse de service du FBI est devant. Je n'ai qu'à tourner les talons quand j'entends :
- Allô Camel ? Tu peux venir au parc Ouest de Beika ? Je suis devant la voiture de Miki-kun et il y a la plaque d'immatriculation de sa moto dessus. Je veux relever les empreintes. Je suis sûre qu'il y a eu un vol. je vais l'appeler.
Merde ! Les empreintes ! J'ai totalement oublié de les effacer avant d'aller au parc. Une chance que je n'ai pas retiré mes gants sauf pour dormir ! Mais ils vont trouver celles du gosse ! Et je vais être grillé. Ce n'est qu'une question de temps.
- On file. Pas un mot, sinon je serais obligé de…
Je n'ai pas à finir ma phrase. Le gamin hoche la tête et on file discrètement. J'arrive vers une voiture dont le propriétaire sembler terminer de ranger des choses dans le coffre. C'est mieux que rien.
Je suis derrière lui après avoir vérifié que personne n'est dans les coins, et abat le côté de ma main dans sa nuque. Il tombe dans les pommes.
- Tu prends une autre voiture ?
- Oui, il y avait un peu trop d'agents du FBI autour de l'autre.
Au mot FBI, il s'est figé, la bouche ouverte. Avant de reprendre :
- Trop fort ! t'es aussi recherché que James Bond ! Tu le connais ?
Quoi ? Mais on saute du coq à l'âne !
- Non. Et toi ?
- Bah grand-père veut pas que je le regarde à la télé, mais une fois je l'ai vu chez mon oncle Hiroshi Agasa !
- Il t'interdit beaucoup de chose, ton grand-père ?
- Bah je peux pas jouer dehors, j'ai pas le droit d'inviter des copains, je dois apprendre et je peux même pas me baigner, alors qu'on a une piscine. C'est nul !
Gosse de riche. Quelque chose m'énerve de nouveau, comme la première fois que j'y ai pensé. Et en même temps, je démarre.
- Tu n'inviteras personne ici ! C'est hors de question ! Révise !
- Pourquoi ? La maison est grande, et je vois pas pourquoi mes amis te gêneraient, vu qu'on serait dehors !
- Tu n'auras jamais leur éducation, c'est impossible que tu les fréquente ! C'est interdit !
- Ça va ?
- Quoi ? Ah, oui...
Je me déporte du côté gauche. Qui était cet homme que je voyais dans cette courte vision ? Une chose est sûre, cet homme, c'est celui sur lequel Ano Kata veut faire pression.
Et là, une chose m'est sûre. Je ne rapporterais pas ce gosse chez ce gars.
- Où habite ton oncle Hiroshi Agasa ?
- Dans le cinquième district de Beika.
- Alors on va là.
- ...
- Pas chez grand-père ?
- Non. En revanche, tu as combien d'oncles ?
- Deux. Hiroshi Agasa et Takeshi Kubishi.
Le deuxième nom me dit quelque chose. Celui d'Agasa aussi. C'est à côté de chez le défunt Shinichi Kudo. Ils en parlaient pour une destruction d'un vieux bâtiment avec une bombe arc-en-ciel, inventée par cet homme. Il était en photo sur le journal. Et derrière lui, il y avait...
Une petite fille, dont la couleur de cheveux m'avait justement fait penser à Sherry.
Sherry. Ma pensé revient encore dessus. J'active le clignotant et tourne. Je finis par passer devant l'agence Mouri.
Je grimace. Le FBI avait faillit le tuer, celui-là. Et un gosse lui avait sauvé la mise en jouant au foot. Mais je crois que je suis le seul à me demander si c'était un hasard ou non que le ballon percute la fenêtre au moment où Chianti et Korn allaient faire feu sous mon ordre.
- Et voilà...
Je me suis arrêté au bout de la rue, de l'autre côté.
- Tu viens pas ?
Quelle question !
- Je te rappelle que je t'ai kidnappé ! Je ne vais pas venir avec toi en disant 'Bonjour, j'ai kidnappé votre neveu et je vous le ramène ! Au revoir !'
- T'es sûr, il est sympa tonton Hiroshi.
- Non, et maintenant dégage, avant que je change d'avis et te finisse dans un bois !
Le gosse me regarde -déçu et content à la fois- avant de me tendre quelque chose. Sa figurine.
- Garde Shonosuke pour moi !
Et il file avant de que je lui dise que je ne voulais pas de sa sale figurine. Je le vois courir jusqu'à la porte d'Agasa et sonner. La porte s'ouvre sur un binoclard à lunettes et un échange s'en suit. Je le vois tripoter sa paire de lunettes noires, puis faire entrer le marmot.
Puis le gosse à lunettes ressort dans la rue avec un autre garçon, assez enveloppé et un ballon. C'est celui qui a balancé le ballon dans l'agence Mouri.
Comment peut-on oublier quand on vous empêche d'assassiner les gens ? Et que de tuer c'est le passe temps préféré de celui qui a été interrompu...
J'ai une envie de l'attraper, de l'emmener et de le questionner dans un coin tranquille, mais je ne peux pas maintenant. Pas avec le FBI dans les coins.
Le ballon va rouler à l'arrière de ma voiture. Je me détourne pour éviter que l'on voit mon visage et allume la radio en faisant tourner la figurine dans ma main.
Les gosses continuent le jeu, je fourre la figurine dans ma poche de blouson et repart.
Il me faut un téléphone. Et quelqu'un qui peut me renseigner sur Kubishi Takeshi tout en me laissant pour mort au sein de l'Organisation. Je ne reviendrais que lorsque je l'aurais décidé.
Et un nouveau chapitre, un! Les choses sérieuses vont bientôt arriver! Enjoy!
