Auteur : Selsynn

Titre : Malédiction de Swann

Résumé : "Je te maudis, Isabella Swann, toi qui as mené à la mort celle que j'aimais. Je te maudis et jamais tu ne connaitras la paix. Jusqu'à la fin de tes jours, la malchance sera ta seule compagne...". IS/EC/BS. Isabella/Bella DIFFERENTE !

Note : Ceci est une vieille fanfics qui traine dans un coin de mon bureau. La seule pure Twilight que j'ai jamais écrite. Et voici le retour des vampire. Et aussi pourquoi Eleazar est listé en personnage principal de cette fic'...

Bonne lecture, et n'oubliez pas le changement de scène est juste délimité par un trait horizontal, et des fois c'est un peu léger, je trouve !

NDA : Très désolée de m'être complètement laissée submergé par le monde vrai. Mais en l'espace de trois/quatre mois, j'ai passé mon bafa, eu mon grand père qui a eu un accident (fatal), déménagé parce que j'ai trouvé un emploi à l'autre bout de la france et bossé pas mal de temps (entre les transports et le boulot, en général, je ne fais rien de la semaine...)


Chapitre 7 : Rentrée tumultueuse

PASSÉ

La guerre. Les obus. La mort… la mort qui le guette de tous les cotés. Des cris. Des morts.

Et cette puanteur, cette nauséabonde odeur qui envahit tout.

Puis le silence. La blancheur de cette peau, la fraicheur de la délivrance.

« Votre nom ?

— Sergent Swann. »

Les tranchées n'eurent pas d'importance. De toute façon nous gagnions la guerre !

PRÉSENT

L'angoisse me réveilla, bien plus efficacement que n'importe quel réveil. Nous étions le mardi cinq septembre, jour de rentrée des classes. Jour honni par tous, adoré par quelques studieux, dont je ne faisais pas parti, même si je possède quelques facilités avec le travail intellectuel. À Phoenix, mon lycée, publique, était celui le plus coté de tout le Sud Ouest des États-Unis. Alors forcément, je ne craignais pas la nouvelle année scolaire… Du moins pas à cause du travail. Même si je doutais apprendre des choses vraiment nouvelles. Non, j'étais terrorisée à l'idée que mon rêve se réalise.

Que je perde mon combat, aujourd'hui. Devant tout le monde. Devant tous ces inconnus que je devrais apprendre à connaître.

Je me levais, me douchais, tentant d'effacer de ma mémoire les images hantant mon esprits. Tandis que je perdis pieds, le peau de mon poignet m'appelait, me demandait si je l'aimais. Ma bouche se posa en un baiser d'amour inconsidéré à la pliure de mon poigner, où mes veines bleues ressortaient tant sur ma peau si blanche. Mes lèvres se retroussèrent pour achever mon geste quand la musique de « Looking for something » d'Era résonna dans la pièce. Cela rompit le charme, je secouais la tête. Léo m'avait interdit de m'ouvrir à nouveau les veines… A quoi pensais-je ? Ne trouvant pas de réponse, je mis la main sur mon portable et coupai mon réveil matin.

Je caressai distraitement ma peau si lisse, si facilement déchiré puis descendis prendre un petit déjeuner digne de ce nom. Mais aujourd'hui, tout me paraissait fade : céréales, pain, café, thé, jus d'orange, même les fruits ne me disaient rien. Pourtant je les avais achetés la veille.

Mon angoisse monta d'un cran. Mon père descendit à ce moment et pour lui je jouais la comédie, et pris finalement plaisir à manger cette sorte de plastique recouvert d'une autre couche de plastique rouge et collant, appelés plus communément tartine à la confiture de framboises.

Mon père but son café à petites gorgées. Il se gratta ensuite la gorge. Je pris la parole pour lui éviter de le faire.

« Merci papa, mais tu n'étais pas obligé de te mettre en retard pour manger avec moi !

— Je… j'ai prévenu Stephan. Il sait que j'arrive un peu plus tard. C'est ton premier jour de cours ici, ma chérie. C'est naturel que je sois un peu avec toi, non ?

— Oui… oui. »

Mon père remarqua mon absence et n'insista pas plus. Aucun de nous n'aimait s'attarder à parler davantage. Je pensais à ce que j'aurais vraisemblablement fait s'il n'était pas venu dans la cuisine ; Aurais-je pu me forcer à avaler cette nourriture écœurante, non. Au bout de quelques bouchées, je me sentais suffisamment rassasiée pour affronter une journée.

Je m'habillais, autant pour rassurer mon père que pour ne pas inquiéter les inconnus. Les gens normalement constitués n'ont pas chaud à huit heures du matin. Et puis, si j'étais suffisamment vêtue, un ou deux degrés supplémentaires ne se remarqueront pas. J'espère en tout cas !

Une fois ma verste zippée, j'attrapai mes clefs, criais un « au-revoir » à Charlie et sortis dans le léger brouillard matinal. Ma voiture, magnifique bolide qui aurait pu appartenir à Grand-père Julien Swann, démarra dès le premier essai. Je me concentrais sur la conduite et parvins au lycée sans encombre.

J'effaçais mon sourire, et me composais un visage impassible en suivant les files de voitures. Heureusement, tout le monde allait au même endroit, et même si je tombais cinq fois sur le chemin, je parvins devant les panneaux d'affichage, sans m'écorcher, ni me faire brûler par un fumeur. Je découvris ainsi que je n'avais… aucun nom de commun entre mes cours. Du moins aucun qui me disait quelques chose. Cours de dessin, Alice Cullen. Cullen, c'est la fille du docteur ? Je suppose… Et en biologie : Edward Cullen. Donc j'allais rencontrer deux des enfants du docteur. Si ma mémoire est bonne, ils sont trois à rentrer en première. Le dernier est un nom qui date d'il y a au moins deux siècles. Joël ? Non… Enfin, je ne sais plus.

Un nom retint mon attention et je frémis sous la colère. Lauren Mallory. Ce nom m'était trop familier.

« Je paries que je vais la reconnaître au premier coup d'œil. » murmurais-je, quelques minutes avant d'être bousculée par une jeune femme à la peau presque aussi blanche que moi, et des cheveux noirs.

Elle se retourna vers moi, et je vis briller de la surprise et de la curiosité dans ses yeux or. Elle me tendit la main.

« Alice Cullen. Je ne t'ai jamais vu, tu es ?

— Euh, Bella Swann. Tu… tu es la fille du Docteur Cullen ? »

Elle ne répondit pas et se contenta de hurler de joie !

« Oh, la Isabella Swann ? La chouchoute d'Eléazar ! Tu es avec moi en dessin ! Enfin une amie ! On va pouvoir faire connaissance… ça va être géniale ! »

Je ne répondis rien et me contentais de hocher la tête. Mon dieu, c'était qui cette folle ? Je zappais entre les différents emplois du temps, et je découvrais que le matin était plus pour les activités artistiques et les cours de langues étrangères. L'après-midi était pour les activités hors du cursus. Je me retrouvais donc à avoir des trous en plein milieu de ma journée et certains cours tard le soir, notamment la biologie, le vendredi. Je râlais pour la forme, ça retardait énormément les week-ends, ça…

Je la suivais encore du regard tandis qu'elle retourna vers quatre personnes restées en retrait. L'un deux, le garçon le plus à l'écart, m'observait. Je le dévisageais aussi, lui rendant la monnaie de sa pièce. Et… je n'avais pas tellement d'effort à faire, tellement je le trouvais beau et attirant. Il était élancé, le plus grand du groupe, se tenait d'une façon nonchalante, adossé au mur, son visage exprimant une immense concentration : les sourcils froncés, deux rides aux milieux du front, le nez légèrement froncés, les yeux d'or épiant le moindre de mes mouvements, sa lèvre supérieure légèrement tordue qui lui donnait un air attachant.

On me marcha sur les pieds, et seule la douleur lancinante et à répétition me tira de ma vision. Autour de moi, les élèves s'organisaient pour aller en cours. Un peu sonnée, je cherchais à nouveau le bel apollon pour m'apercevoir qu'il avait disparu. Lasse, je me dirigeais vers mon premier cours, en suivant le plan de salles affichées à coté des plannings.

J'entrais dans la salle d'anglais en vitesse, alors que la professeure fermait la porte. Je scannais rapidement la pièce, pour m'apercevoir que la seule place libre ne possédait pas de chaises. Avant que je n'ai le temps d'esquisser le moindre geste, trois garçons se précipitaient me chercher une nouvelle chaise dans la salle d'à coté. Je ne savais pas qu'ils étaient si faibles, ici. Ou alors ils comptaient me ramener un véritable fauteuil rembourré ?

En attendant leur retour, j'installais mes affaires. Mme Waslor avait écrit au tableau une liste d'œuvres que nous étudieront dans l'année. Je ne cachais pas mon sourire en la lisant : Pride and Prejudice, Jane Austen, A Midsummer Night's Dream, William Shakespeare, The Raven and other Poems, Edgar Poe. Je lisais Austen par plaisir, et étudier son plus grand chef d'œuvre ne me poserais aucun problème. Le songe d'une nuit d'été était la pièce que je préférais de Shakespeare, un peu plus fantasque que le classique Roméo et Juliette. Quand au dernier, je ne l'avais pas encore eu sous la dent, mais manifestement il s'agissait d'un recueil de poème. Alors, il me sera difficile de ne pas en trouver ne serait-ce un seul qui me plaise !

Les garçons revinrent tous un peu penaud, sauf un brun, boutonneux, fier de me présenter son trophée. Je m'assis et le reste du cours se passa de façon agréable. J'apprécierai les cours de littérature anglaise, mais ce serait loin d'être nouveau.

Mon nom est Isabella Swann, que je le veuille ou non. Certaines choses me sont données, d'autres à jamais inaccessibles. Suivre un cours et me retrouver dans les meilleurs de la classe sans fournir un effort m'est offert. La contrepartie de ce marché avec le Diable : toujours sur ses gardes, je ne peux même pas profiter d'un moment avec des amis. Je suis condamnée à la solitude…

Alors je profitai des rares plaisirs qui m'étaient accordés et les cours de littérature en font partie. Une fois le cours fini, je suivais trois personnes, qui semblait-il se dirigeaient dans la même salle que moi. Le cours de français me rappela de mauvais souvenirs, ce professeur avait un accent impossible…. Exactement le même que Titania quand elle croyait faire son intéressante. Le pire dans l'histoire ? Il ne se rendait pas compte qu'il se tournait en ridicule et la moitié de ses élèves le mimait.

Je retins les trois noms qui m'avaient accompagnée lors de mes deux premiers cours à Forks : Tyler, Jessica, Angela. En troisième, j'avais une heure de farniente, que je passais à déambuler dans les couloirs de ce lycée, histoire de situer mieux les salles de cours. Une aile entier du lycée était en réparation, et une dizaine de préfabriqués hébergeaient les cours, au nord de l'enceinte.

L'heure s'égrena rapidement, et je retournais dans l'aile « artistique » décorés par quelques doués du pinceau. Je pus y reconnaitre une scène du Seigneur des Anneaux, un chevalier levant son épée, Hulk, et même trois petits Shrek devant une maison en paille. Les traits ne semblaient pas aussi évidents pour tous et je devinais que les auteurs en étaient différents. Alors que j'arrivais devant une scène de mariage très romantique : petite rivière, fontaine avec des anges, roses rouges et blanches, et petits cœurs volant, une main se posa sur mon bras.

« Isabella ? Tu aimes ? »

Je me tournais pour sourire à Alice.

« Oui, c'est très beau ! Un peu trop… ostentatoire peut-être, mais magnifique !

— Je le savais ! Je le savais que l'on allait pouvoir être amie ! C'est moi qui l'ai fait l'année dernière !

— Quoi ? C'est toi qui as peint toute cette scène ? Le mariage ?

— Oui, mais ce n'est pas n'importe quel mariage ! C'est le mien ! »

Elle était survoltée. Je regardais mieux la mariée, au travers de la dentelle blanche et je remarquais les ressemblances fragrantes avec la fille devant moi. Sans m'en rendre compte mon regard s'attarda sur le marié. Ce n'était pas l'apollon que j'avais aperçus plus tôt…

« Alice… C'est… C'est vraiment magnifique ! »

Elle sourit de toutes ses dents et je reculais un instant, vaguement perturbée. Elle ne remarqua pas mon geste et emporta mon bras vers la salle de cours. Nous allions bientôt commencer.

Elle m'entraina, dès que la cloche sonna, jusqu'à sa table. Gênée, je l'interrompis et lui demandais :

« Il… Il n'y a personne avec toi ?

— En général, je suis seule en dessin. Et tu peux me croire ou non, mais je serais ravie de t'avoir à coté de moi. Ce silence est remarquable ! »

Silence ? J'observais la salle un moment, remplie de tous les chuchotements des élèves ravis de retrouver leur compagnons après ces longs mois de séparation. Comment était-ce avant que je n'arrive ?

J'abandonnais cette cause tandis que le professeur, un petit vieux bedonnant à l'air sympathique entrait dans la pièce.

« Bonjour à tous. Donc… ah, Mademoiselle Cullen vous avez trouvé une voisine.

— Oui, Isabella Swann.

— Ah… la nouvelle. »

L'œil gauche fixé sur moi, l'autre parcourant la salle du regard, il dégageait une impression d'excentricité. Ainsi, est-ce qu'on ne me verrait que de cette manière ? La nouvelle ? La tristesse serra mon cœur à cette idée. Personne ne se souviendrait de m'avoir connu alors que je n'étais qu'une enfant ? La porte, que le professeur venait de refermer, s'ouvrit à la volée, et un visage aux traits parfaits, dont les yeux or, et toute l'attention était sur nous, apparut.

— Ed ? Mais qu'est ce que tu fabrique là ? Tu n'aime pas le dessin...

— Attrape un cheveu de ta voisine. Et tu conduiras au retour. Je vais en cours, maintenant...

Alice secoua la tête à la fin de l'échange, visiblement perturbée.

— Tu le connais ?

— C'est mon frère, Edward.

— Pourquoi voulait-il un de mes cheveux ?

Elle s'immobilisa, parfaite statue de pierre.

— Alice, qu'est ce qu'il y a ? Qu'ai-je dit ?

— Rien, je suis juste surprise que tu ais compris ce qu'il m'a demandé. D'habitude… Non, rien. Edward est étrange depuis quelques jours.

Je pris une paire de ciseaux tout en l'écoutant et me coupais une mèche brune.

— Tiens, par contre ne lui donne que s'il ne compte pas me faire de mal avec. J'ai suffisamment de malédiction pour l'éternité.

Elle s'immobilisa de nouveau.

— Isabella, peux-tu arrêter de blaguer sur ce sujet ? Je suis... très croyante.

— Tu peux m'appeler Bella tu sais, je préfère.

— Je t'appelle Bella et tu arrêtes tes blagues stupides sur les malédictions éternelles !

— Et tu t'assures que ton frère ne fait pas de magie vaudou sur moi !

— Ok, mais tu passes tous tes après-midi à faire du shopping avec moi !

— Je ne peux pas, j'ai cours ! »

Victorieuse, je reportais mon attention sur le professeur. Alice, vicieusement, me posa à nouveau une question.

« Et tu as cours de quoi ? Si tu es en dessin avec moi, tu n'as pas de matières scientifiques.

— Et bien, faux ! m'exclamais-je.

— Ah ? Et qui prends à la fois du dessin et des sciences ?

— Moi… Parce que sinon, je m'ennuis ! »

Elle m'accorda un long regard indéchiffrable.

« Avec Edward, je suppose ?

— Euh… Edward Cullen, oui

— C'est pour ça qu'il a disparu. Quoi qu'il en soit, rappelle-toi : tu m'as promis tes après-midis shopping. Je veux disparaitre moi aussi ! C'est un peu comme de l'aventure… »

Je ne comprenais rien à ce qu'elle déblatérait. Je me concentrais à nouveau sur le professeur qui s'enthousiasmait pour un obscur inconnu. Alice resta pensive le reste du temps. Puis quand vint la fin du cours, mon ventre gargouilla légèrement. Il ne perdait pas le nord, lui…

« Viens manger avec nous, je te présenterais à toute ma famille !

— Euh… je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. Vous avez l'air assez soudé.

— Mais non. Et puis je veux assister aux présentations officielles avec mon frère. Je veux aussi te présenter à mon âme-sœur. »

Ma respiration s'accéléra d'un coup. Je ne voulais pas me retrouver avec son frère tout de suite. Pour changer de sujet, je la lançais sur le premier qui me passa par la tête.

« Ton âme-sœur ? »

Elle marqua une hésitation puis son visage s'illumina.

« Oh ! Je ne t'ai pas dit… »

Elle débuta une explication à pleine vitesse. Jasper était l'un de ses frères mais elle ne le considérait pas tel. Elle me mit au courant pour Emmett et Rosalie. Et Edward qui était seul. J'interdisais à mon cerveau de retenir cette information. Finalement, je l'avais retenue longtemps après la fin des cours et je me sentais obligée de l'accompagner, même si je ne me sentais pas du tout à l'aise.

Nous arrivâmes après la foule, à la cafeteria. Tout le monde nous lançait des regards étonnés et envieux. La file, passablement réduite, nous permit de nous retrouver devant un plateau garni en moins d'un quart d'heure. Je tentais de cacher à Alice la répulsion que l'assiette d'épinard m'inspirait. Je ne voulais pas l'effrayer avec mes bizarreries. Enfin, peut-être devrais-je après tout. Je laissais le plateau sur les « rails » et j'attrapais le bras d'Alice qui fouillait dans son sac pour payer.

« Alice, tu ne devrais pas me faire approcher ceux qui te sont chers.

— Pourquoi donc ?

— Je suis un aimant à catastrophe. Je vais vous faire du mal. Je ne veux pas !

— Je ne crois pas que tu puisses nous blesser. Nous, au contraire, nous pouvons t'aider. »

Qu'est-ce qui lui donnait cette assurance ? Je n'y pensais plus quand j'aperçus le regard furieux que l'ange m'adressât. Lui aussi ressentait le danger que je représentais… Malgré tout ce que je disais une pointe d'amertume me parcourut tandis qu'il continuait.

Alice et moi nous dirigeâmes avec nos plateaux vers eux. À la table où ils étaient, cinq chaises étaient disponibles. Donc, une en moins… Alice frissonna sous la colère et son plateau subit un tremblement de terre.

« Ed ! Tu es franchement mal-élevé ! Tu sais pourtant…

— Je sais aussi la promesse que j'aie faite à Eléazar. Tu ne me facilite pas la tâche. Laisse-moi quelques jours pour m'y habituer !

— Tu ne les as pas, mon cher. Tu as tout au plus une… une heure. »

Une ride de concentration lui barra le front.

« Comment ça ? »

Personne ne lui répondit et je décidais de le faire. Même si leurs voix étaient bien plus belles que la mienne, et déclenchaient en moi des légers frissonnements, je ne pouvais pas le laisser dans l'ignorance. Ma langue s'agita avant que j'ai conscience de ce que je disais, et un léger vertige me saisit une fois que j'ai terminé.

« Nous avons tous les deux cours de biologie avancés. »

Jamais je n'aurais jamais pensé clouer le bec d'une telle fratrie en disant une phrase aussi banale. Ils me dévisagèrent tous comme si j'étais une extra-terrestre et ne décochèrent pas un mot de plus, tandis que le brouhaha autour de nous s'était ralenti et presque arrêté.

« Qu'y a-t-il ? A quel jeu jouez-vous ? Donnez-moi les règles, que j'arrête de pédaler dans la semoule. »

Une grimace de dégout vint déformer le visage de la belle blonde.

« Tu es Rosalie, c'est ça ? Ravie de te rencontrer, Alice m'a beaucoup parlé de toi.

— Pas vraiment enchantée, mais on ne me demande pas mon avis, alors... »

Il y avait une telle froideur dans sa voix que je me reculais un peu, à nouveau déstabilisée. Finalement, le seul garçon debout avec nous, Edward, finit par bégayer :

« Tu parles ?

— Évidemment que je parle ! Qu'est-ce qui m'en empêcherait ? Mais vous croyiez quoi, tous les cinq ? Que j'étais muette comme une carpe ? Non… c'est pas le cas ! »

Il me regardait toujours comme si j'étais une espèce très curieuse. Je me souvins de sa discussion avec sa sœur, que j'avais surprise. Visiblement, ils ne s'attendaient pas à ce que je comprenne, mais je ne me rendais même pas compte qu'ils ne discutaient pas comme les autres. Sa respiration s'accéléra, et je tendis la main vers Alice, bien décidée à tirer cette affaire au clair.

« La mèche, Alice, s'il te plait. »

Cette dernière sortit de sa torpeur, posa le tableau au centre de la table, je l'imitais, pour ne pas provoquer de catastrophe… avec ma malchance. Et finalement je reçus la mèche de ses doigts glaciaux. Je me tournais vers l'origine de cette demande, avec un sourire.

« Tiens, c'est pour toi, si tu ne t'en sers pas pour me faire du mal.

— Tout… toute une mèche ? »

Sa voix avait un quelque chose d'heurté, de précipité, un peu de peur de casser le moment, peut-être. J'acquiesçais silencieusement tandis que le brun éclata d'un rire lourd. L'image qui s'imposa à mon esprit fut celle d'un gros nounours, et je compris qu'il s'agissait d'Emmett

« Et bien, Isabella…

— Bella, corrigea Edward d'une voix atone

— Bon, alors Bella, bienvenue à Forks ! Je crois qu'on va s'amuser avec toi ! Et ne vraiment pas s'ennuyer !

— Je suppose que tu es Emmett ? C'est ça ? »

Il acquiesça, avant de continuer.

« Puis, je peux pas croire que tu arrives à clouer le bec d'Edward juste en lui donnant une mèche de cheveux. Tu dois être une magicienne !

— Em, tu es lourd, ils sont simplement trop mignons, surtout Bella quand elle rougit de gêne. »

Alice me souriait après avoir finit ses paroles. Je repris la parole, ne voulant pas laisser trop longtemps le silence en place.

« La prochaine fois que tu veux quelque chose de moi, Edward, demande-le en face, ou fait-le de manière plus discrète.

— Parce que c'est la tienne, en plus ? Ah, donc c'étaient pas des conneries, ce que disaient Alice et Jasper… T'as réellement fait ça à Eléazar et Carlisle ?

— Emmett, tais-toi, épargne-nous ça.

— Allons Edward, je suis sûr qu'elle serait ravie de savoir ce que tu as fait dimanche. »

Je ne serais pas du même avis que lui, quand je vis la vitesse à laquelle il fut empoigné par son frère. Je devinais des menaces qui fusaient, puis, avant que je n'aie le temps d'échafauder plus d'hypothèses, Edward reprit la parole à voix haute, pour notre bénéfice à tous.

« On va finir par attirer l'attention. Je vous laisse. A ce soir. A tout à l'heure, Bella je suppose que je ne pourrais rien changer au destin. »

Sur ces derniers mots, il lâcha son frère, attrapa son plateau, intact, et disparut au dehors. Et voilà, j'apportais déjà la zizanie dans cette famille. Je n'étais pas malchanceuse pour rien, et pour une fois qu'ils semblaient intéressants, que je me semblais un peu similaire à eux, je n'apportais que la souffrance et le désaccord.

Je restais muette à le regarder quitter la pièce où je me trouvais, sans être capable de détacher mon regard de sa silhouette, de son allure, qui semblait osciller à chaque pas. Voulait-il revenir vers nous ? Je n'en saurais jamais rien, car il franchit la porte sans plus nous adresser un regard. Mon attention redescendit peu à peu jusqu'à la table devant moi. Deux chaises étaient dorénavant libres. Alice s'assit à coté de son « âme-sœur ». Je m'assis à coté d'elle. Sur la chaise d'Edward. Mal à l'aise d'être responsable de son absence, la nourriture perdit ses derniers attraits.

« C'est toujours aussi peu appétissant, ici ?

— Tu avais l'habitude de manger un restaurant quatre étoiles à Phoenix ?

— Non, mais, ça avait un minimum de goût. Des fois, c'était bon, même. »

Alice posa une main apaisante sur mon épaule.

« Ne t'inquiète pas pour mon frère. Il ne sait pas ce qu'il veut. Il finira par trouver… Mais il ne te fera pas de mal avec tes cheveux. Tout au plus, il l'utilisera pour renforcer sa volonté de ne pas te faire du mal.

— Sa… sa réaction ne t'étonne pas ? C'est habituel, chez lui ?

— Bella, » Jasper commença à parler après avoir échangé un regard avec mon amie, Alice. « Bella, sais-tu combien de parfaits inconnus Alice a ramené à notre table ?

— Heu…

— Zéros. Enfin, une, maintenant, avec toi. »

Il se tourna vers son âme-sœur et lui demanda une explication. Elle lui mit un doigt sur les lèvres et ria. Je leur laissais leurs secrets et me tournais vers l'autre couple. Le brun, encore hilare, n'avait pas encore touché à son plateau, tandis que sa petite-amie me jaugeait avec des yeux assassins. Ils semblaient assez explosifs, et la fille ne m'aimait pas… Qu'avais-je donc fait en m'incrustant dans cette famille qui ne m'avait rien demandé ?

Je me sentais intruse, rejetée. J'avalais des bouchées surgelées d'épinards et manquais de vomir à chaque fois. Je ne devrais pas être là, mais Edward oui.

Rosalie se leva la première, suivie rapidement par Emmett. Puis par Jasper. Il ne resta plus qu'Alice pour me tenir compagnie.

« Tu vois, même si tu es croyante, avoues donc que je n'ai pas exagéré ma malchance. Je suis ravie que tu veilles de mon amitié, mais je te la déconseille, fortement.

— Ne dis pas de bêtises, tu es mon amie, et personne ne pourra changer cet état de fait, qu'il s'agisse de mon frère ou de ma sœur.

— Je ne veux pas vous détruire.

— Et... si tu veux mon avis, Edward te demandera de lui pardonner. Il ne réagit pas comme ça avec nous. En fait, je ne l'ai jamais vu ainsi. Peut-être qu'Emmett a raison…

— Quoi ?

— Raconte-moi comment tu as rencontré Eléazar !

— De… Denali ? »

Étrangement, l'évoquer après avoir discuté de son frère me laissa un goût d'amertume dans la bouche. Elle continua, ne prenant aucun cas de ma retenue.

« Oui, il a refusé de nous en dire davantage sur toi.

— Que … que sais-tu déjà sur moi. » Et que sait ton frère, brulais-je d'envie de lui demander.

« Oh, rien de bien passionnant. Ton nom est Isabella Swann, et pour des raisons particulières, tu avais dû quitter Phoenix pour vivre chez ton père. Il te voyait depuis longtemps… Et bien sûr il nous a interdit de te faire du mal. Je crois qu'Edward a prit peur quand il a comprit que c'était surtout adressé pour lui.

— Lui ? Me faire du mal ? Réellement ? »

Je commençais à regretter de lui avoir fourni cette mèche. Pourtant je ne pense pas réagir différemment même si j'admettrais qu'il puisse me faire du mal. Je restais incapable de lui refuser la moindre chose. Je le sentais. Même s'il me demandait ce qui était arrivé à Éric. Et alors… Il fuira loin de moi…

« Eho, tu rêves ?

— Heu, non… non, pas tellement ?

— J'ais même mon sixième sens qui me dit que tu rêves à mon frère…

— Non, pas du tout !

— Alors raconte-moi tout. Toi et Eléazar ?

— Alice… Ma relation-même avec lui fait partie des raisons qui m'ont poussé à fuir le soleil.

— Le soleil ? Vraiment ?

— C'est une métaphore… ne fais pas ta maline.

— S'il te plait… Je ne raconterai rien à personne, promis !

— Non, Alice et cesse d'insister, sinon je vais croire que ton amitié est juste une apparence pour avoir les informations que tu veux…

— Tu es cruelle, Bella.

— Quand c'est pour dire une remarque comme ça, adresse-toi à Isabella ! »

Je me levais et débarrassais mon plateau sur cette remarque sibylline et parfaitement vraie.


Bon, je vais reprendre un vrai rythme de publication, maintenant que mes soucis d'ordre personnels sont terminés. On se retrouve dans deux semaines (je n'ai pas encore terminé de l'écrire, donc je ne préfère pas me précipiter sur la publication)