Bonjour à vous mes petits pouet-pouet ! Comment allez-vous en cette charmante journée de janvier ? Il a neigé chez vous ? Parce que chez moi, oui, et je suis super contente du coup ! Mais je ne vais pas vous raconter ma vie plus longtemps !
Je voudrais remercier Alice et Drayy pour leur review :D
Merci également à Orange Sanguine pour le soutien et à Erika Keysie pour la correction, plein de cœurs sur vos faces les nanas ! Toute faute restante est de mon fait, j'ai la fâcheuse tendance à repasser après la correction. J'essaie de me soigner, promis ^^
Et bonne lecture à vous !
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Le shérif Stilinski est en train de parcourir des témoignages en mangeant un sandwich à la dinde d'une main (mayonnaise allégée et du pain complet, qu'a-t-il fait pour mériter ça ?). Il lève le regard quand Mike Whittemore, le procureur, entre dans son bureau. Ils ont un rendez-vous, et le shérif se dépêche de mettre les papiers et le sandwich de côté. Ils passent une demi-heure à examiner les charges qui pèsent sur un groupe d'ados qui ont été surpris à vandaliser et cambrioler des magasins dans toute la ville.
Alors que Whittemore se prépare à partir, il dit : « Et donc, qu'allez-vous faire à propos de toute cette histoire avec Derek Hale ? »
« Que voulez-vous dire ? » demande Stilinski en fronçant les sourcils.
« Eh bien, vous savez. » répond le procureur. "Votre gamin, il va finir par le refuser ? »
Le shérif pose ses deux mains sur son bureau et dit : « Stiles prend du temps pour apprendre à connaître Derek avant de prendre une décision et je pense que, dans son cas, c'est la bonne chose à faire. Il est encore jeune, et il n'était pas sur la liste, alors il ne veut pas précipiter les choses. »
Whittemore fronce les sourcils. « Et vous approuvez la manière dont Hale utilise votre fils ? »
Le sourcil de Stilinski tressaille, mais il reste délibérément calme. « Je ne suis pas certain de comprendre où vous voulez en venir, Mike »
À ces mots, le procureur commence à bouger inconfortablement, clairement mal à l'aise avec la situation. « Eh bien, vous savez, tout le monde est au courant qu'il a sélectionné Stiles pour ne pas avoir à choisir un vrai compagnon, et c'est une telle honte qui il ait osé faire ça à votre fils... »
« Excusez-moi. » le coupe le shérif. « Mais "tout le monde" ne sait pas ça, parce que je ne sais certainement pas ça. Tout le monde peut faire des hypothèses, mais ce n'est pas la même chose. De ce que je peux constater, Derek a fait un excellent choix, et si Stiles décide que la situation lui convient, alors je serai derrière lui à 100 %. C'est tout ce que j'ai à dire sur le sujet. »
Whittemore s'éclaircit la gorge. « Eh bien, je, euh... Je connais le chemin ». Il se dirige vers la sortie.
« Crétin. » marmonne le shérif une fois qu'il est parti. Mais c'est difficile d'être en colère. Il n'est pas le premier à lui avoir dit quelque chose comme ça. Beaucoup lui ont offert leur "sympathie" au vu du tour cruel qui a été joué à Stiles juste après que le jeune homme ait été choisi. Stilinski est presque certain que c'est l'un de ses voisins qui a lancé cette rumeur. S'il arrive à trouver lequel, le ton va monter. Mais jusqu'à maintenant, tout le monde adhère à l'hypothèse que Stiles n'a été choisi que pour que Derek évite de chérir quelqu'un. Certains pensent qu'il s'agit d'un arrangement qui leur profite à tous les deux et que Stiles y gagne le prestige et la protection qui vont avec le fait d'intégrer une meute. Mais la plupart assume que Stiles a été forcé ou pire, qu'il ne réalise pas ce qui arrive.
Chacune de ces théories énerve le shérif d'une manière différente mais il se tait autant qu'il peut, n'offrant que ses opinions sur le sujet et faisant attention à ne jamais parler pour Stiles. Jusqu'à ce que Stiles prenne sa décision il n'y a rien qu'il puisse dire. Et il commence à penser que ça va prendre du temps.
Il termine à peine son sandwich et est occupé à donner des regards dégoûtés aux bâtons de céleri et la salade de chou-fleur qui complètent son repas quand sa secrétaire le contacte. « Shérif Stilinski ? Derek Hale demande à vous voir. »
Le shérif fronce les sourcils, mais répond « Envoyez-le. » avant de fourrer le sac de légumes dans un tiroir pour tenter de l'oublier.
Derek entre une minute plus tard mais s'arrête dans l'encadrement de la porte en sentant l'odeur de nourriture fraîche dans l'air. « Ai-je interrompu votre repas ? Je peux repasser plus tard. »
Le shérif secoue la tête et lui fait signe d'entrer. « Je mange habituellement en travaillant. Et appelle-moi Tom, s'il te plaît. Que se passe-t-il ? »
Derek ferme la porte derrière lui. Ça n'empêchera pas les autres loups du commissariat d'entendre mais ça indique que ce qu'ils peuvent éventuellement intercepter doit rester privé. Il souffle légèrement et se laisse tomber sur une chaise. « Stiles. Quoi d'autre ? Et la dispute que nous avons eu la nuit dernière. »
« C'est la première fois que j'en entends parler. » dit Tom. « Mais il était déjà couché quand je suis rentré. Tu veux bien m'éclairer ? »
Au bout d'une minute, Derek hoche la tête. Il passe sous silence quelques moments du "mec aux écureuils", principalement parce qu'il ne pense pas que Stiles veut que son père entende parler d'une de ses érections. Il a remarqué que les humains peuvent être étranges en ce qui concerne le sexe et, au vu de l'âge de Stiles et des commentaires précédents du shérif à propos de balles à l'aconit, il lui semble plus sûr d'éviter le sujet. « J'allais respecter notre arrangement, je le jure, jusqu'à ce qu'il dise qu'il soit d'accord pour que je l'utilise comme ça. »
Tom soupire et se passe une main dans les cheveux. « Oh, fiston. Tu marches dans un champ de mines. Je pense savoir à quoi pensait Stiles, mais j'aurais besoin d'un peu
plus d'infos. Ce... lien. Que les compagnons ont. J'en ai entendu parler, mais c'est évident que Stiles n'en a jamais eu l'expérience. À quel point Stiles peut-il le sentir ? »
« Je ne sais pas. » Derek détourna le regard, incertain. « Nous avons toujours un lien avec notre compagnon, mais ce n'est pas quelque chose d'instantané. Quand on trouve la bonne personne il se forme immédiatement, mais ça prend quand même du temps pour le solidifier. » Il frotte ses mains sur ses cuisses, nerveux. « Oncle Peter pense que Stiles peut le sentir. Il doit savoir mieux que nous. Sa compagne, Olivia, était humaine. » Sa voix se brise un peu sur le nom mais il se reprend. « Je peux le sentir, mais je ne suis pas encore très doué pour ce genre de choses. »
« Okay. » Le shérif Stilinski acquiesce, pensif. « Je pense qu'il peut le sentir aussi, du moins en partie. Et qu'il n'est pas sûr de savoir comment réagir. Il a envie de croire que c'est réel, mais il ne faut pas oublier que c'est un adolescent de seize ans qui n'a encore jamais eu de relation sérieuse. »
Après quelques minutes, Derek hoche la tête. « Oui, bien que nous ne prévoyions qu'une seule relation sérieuse dans notre vie, cela ne nous dérange pas que cela nous arrive jeune. Cela doit être très étrange pour un humain et Stiles n'était pas sur les listes, donc il n'avait pas prévu d'avoir à y penser. »
Tom lève un doigt. « Stiles pense à tout. Et il était sur la liste l'an dernier. Et on en a parlé. Sérieusement. D'une manière que je suis sûr que la plupart des ados ne font pas. Je me suis assuré qu'il voulait être sur la liste, qu'il était volontaire, avant de le laisser signer. »
« Mais il n'a pas été candidat cette année. Quelque chose doit avoir changé. » répond Derek. « Si il y a pensé en profondeur, qu'est-ce qui le dérange ? »
« Ce qui a changé et ce qui le dérange, c'est la mère chose. » dit Tom. « À savoir qu'énormément de monde lui a dit qu'il ne devait pas s'inscrire parce qu'il n'est pas digne
d'un loup-garou. » Il reste imperturbable en disant cela même si le souvenir fait mal quand il repense à l'état dans lequel Stiles était revenu de la Cérémonie de Recherche quand il avait 15 ans, pâle et tremblant sous la peine et la colère.
« Quoi ? » s'exclame Derek en sursautant comme si quelqu'un lui a marché sur la queue. Puis il se passe les deux mains sur le visage. « Et bien sûr, mes parents arrivent et lui disent la même chose, même si c'était pour des raisons différentes. Mais non, s'il était un loup, il serait un alpha. Des personnes comme lui n'arrivent pas tous les jours. Je doute que ce soit un membre de la meute qui lui ait dit ça. Même si personne ne le choisit, ce n'est pas parce qu'il est indigne de nous ! Les gens sont-ils vraiment si stupides ? » ajoute-t-il, entièrement indigné pour Stiles.
Tom regarde sa tirade avec un sourire amusé. Puis il soupire, se penche légèrement en avant. « Tu dois comprendre, Derek, que Stiles n'a jamais été populaire. Il n'a jamais eu beaucoup d'amis. Il est un garçon agité et maladroit qui n'a pas toujours l'habitude de se retenir de parler quand il ne le faut pas. Il devient obsédé par des sujets très aléatoires, il est mauvais en sport et pire avec les filles. Son père est le shérif et, oui, certains lui font payer ça. Sa mère est morte quand il avait sept ans et des petits primates arriérés utilisent ça pour lui faire du mal. Quand il avait neuf ans, il est rentré de l'école un jour en pleurant parce qu'un gamin lui avait dit ''Ta mère te détestait tellement qu'elle est morte pour être débarrassée de toi.'' Les enfants sont cruels entre eux, et Stiles a passé la majeure partie de sa vie à baigner dans cette cruauté. »
Derek montre les dents au commentaire sur la mère de Stiles. Avec un loup-garou, ce genre d'insulte se serait très certainement terminé dans le sang. Mais il se reprend. « Alors maintenant il ne pense pas que quelqu'un soit sincère quand il est gentil avec lui, ou qu'il aime le fait qu'il ait la bougeotte, ou qui trouve que ses connaissances aléatoires sont drôles et intéressantes ? » Il marque une pause et reprend. « D'accord, la maladresse est terrifiante. J'ai toujours peur qu'il se fasse un traumatisme crânien. »
« Bienvenue au club. » dit Tom. « J'ai failli faire une crise d'angoisse quand il a décidé rejoindre l'équipe de crosse. Mais oui. Je pense qu'il aurait éventuellement fini par le croire venant de quelqu'un de son âge, quelqu'un d'un peu moins... glamour. »
« Il est dans l'équipe de crosse ? » demande Derek, la voix légèrement étouffée. Puis la seconde partie de la phrase atteint son cerveau. « Attendez, quoi ? » Il est tellement étonné qu'il est presque certain d'avoir mal entendu. « Je veux dire, je peux comprendre l'argument de l'âge, mais... »
Tom semble à nouveau amusé. « Tu ne te regardes pas souvent dans un miroir, hein ? »
Derek détourne le regard. « Je les déteste. Même depuis le... » Il déglutit difficilement et se contente de répéter. « Je les déteste. »
Le shérif y pense quelques instants. Le feu s'est déroulé il y a déjà quelques années, mais il se souvient de cette nuit en détails, et il se souvient de la masse de chair carbonisée qu'ils ont sortie des flammes. Le protocole, quand un loup-garou est impliqué dans un accident, stipule qu'il faut apporter tous les soins médicaux possibles, même si le patient a l'air plus mort que vif. Même avec le pouvoir de guérison des loups-garous, Derek avait passé des mois à l'hôpital. Il peut comprendre sa haine des miroirs, et c'est évident qu'il va devoir répondre avec légèreté. « Eh bien prends-le de la part d'un homme hétérosexuel de 44 ans. Sur une échelle de un a dix, tu es un onze. »
« Vous pourrez aller avec mes sœurs la prochaine fois qu'elles voudront choisir ma coiffure ou essayer de choisir des vêtements autres que ceux dans lesquels je peux travailler. » Derek ne veut clairement pas en parler, mais il sait être poli. « Merci pour le compliment. »
Tom roule des yeux quelques secondes. « Mais le point est qu'il a été jeté là-dedans. Il essaie de comprendre tout ça, mais il a quelques soucis de confiance en lui. » Il marque une pause douloureuse. « De gros problèmes de confiance en lui. »
Derek n'aime pas ça, bien sûr, mais ça n'en reste pas moins vrai. « Alors je devrais faire quoi ? Ce n'est pas comme si j'avais été anormalement gentil avec lui. »
« Eh bien pour lui, c'est anormal. » dit Tom. « Mais je ne pense pas que tu aies fait quoi que ce soit de mal. Ni que tu devrais changer quelque chose. Essaie peut-être juste de ne pas le pousser aussi fort quand il dit des choses comme ça. Dis quelque chose de plus modéré, du genre 'Eh bien c'est juste ton opinion' ou alors 'Nous devons juste être d'accord que nous ne soyons pas d'accord'. Évite le 'Tu as totalement tort et je pense que tu es extraordinaire'. »
« Pour que nous ne puissions pas nous disputer pour ça. » conjecture Derek, reconnaissant la sagesse dans ce conseil.
Le shérif hoche la tête. « Oui. Donne-lui juste un peu de temps. Je suis content que tu l'aies choisi, tu sais. » Un sourire rare anime son visage. « Je suis content que quelqu'un ait perçu en lui ce que je vois tous les jours. »
Derek détourne le regard timidement. « Je suis content qu'il soit tombé dans la pièce où j'étais. Bien sûr, il a tout de suite essayé de s'éclater le crâne sur le sol, mais que peut-on y faire. »
Le père de Stiles laisse échapper un petit rire. « Voici ton prochain conseil. Fait quelque chose avec lui autre qu'un film dans le salon. Demande-lui ce qu'il veut faire. Comme ça, il saura que tu veux avoir son opinion, même si il ne fait aucune suggestion. »
Derek acquiesce. « Je suis nul à tous ces trucs de rendez-vous. »
« Eh bien c'est quelque chose que vous avez tous les deux en commun. » Tom fait un signe de la main en sa direction. « Allez, va te rendre utile ailleurs. J'ai du travail à faire. »
Derek acquiesce à nouveau et se lève. « Merci encore. »
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Derek est un peu étonné quand Stiles lui envoie un message quelques jours plus tard. Il n'a initié aucune conversation pour laisser un peu d'espace à l'adolescent. C'est quelque chose de complètement futile, une image rigolote qu'il a trouvé sur internet. Derek pense que Stiles essaie de se faire pardonner d'avoir complètement flippé. Il parcourt internet pour trouver une image à envoyer en réponse.
Deux heures plus tard, Stiles lui envoie 'en tr1 de lire sur les LG c vrai ke tu peux entendre un membre de meute hurler à des km ?'
Derek trouve cela étrangement encourageant. 'Oui. Dans de bonnes conditions, un humain peut entendre un loup hurler à 100 kilomètres à la ronde. Tu peux y ajouter facilement 15 à 30 kilomètres.'
'Mé tu peux dire ki a hurlé. Lé humain peuvent pa faire ça.'
'Vrai. Parfois, les humains peuvent reconnaître le sexe et l'âge approximatif. Au fil du temps, les humains dans une meute peuvent reconnaître le hurlement spécifique de certains loups.' Il ne précise pas que les compagnons reconnaissent toujours l'appel de leur moitié, même si elle est humaine. Si Stiles découvre ça tout seul, c'est bien, mais sinon il ne va pas le mentionner.
Il y a une longue pause, puis Stiles dit. 'Jvien d'hurler. Tu ma entendu ?'
En premier, Derek laisse échapper une sorte de rire. Il se demande si Stiles l'a vraiment fait, puis décide que c'est très probable. Puis il commence à penser à toutes les informations qu'il pourrait donner à Stiles. Comme le fait qu'ils n'aient jamais trouvé un équivalent sonore pour un hurlement pour un humain dans la meute, mais que les émotions très fortes peuvent voyager dans les deux sens à travers le lien au bout d'un moment. À propos du fait qu'une meute peut entendre un humain crier de douleur ou éclater de rire à des distances qui ne sont normalement pas possibles, même si ça ne va pas aussi loin qu'un hurlement. Finalement, il se décide pour un 'Non, crétin. Tu n'as pas les capacités pulmonaires ni les bonnes cordes vocales pour ça.'
Il y a une longue pause avant qu'il ne change abruptement de sujet. 'C vrai ke vs mettez ttes les ressources en commun ?'
Derek n'hésite pas. C'est la vie de la meute. 'Oui. Bien sûr, nous gardons quelque chose pour nous, pour nos loisirs et nos intérêt, mais nous mettons le reste de notre argent en commun.' Il envoie le message, puis se corrige. 'Sauf les allocations pour les enfants. Si vous êtes trop jeune pour recevoir de l'argent, vous êtes trop jeune pour en donner.'
'ça gène les gens ? Ta mère gagne + ke ton père'
'Pas dans notre meute. Nous donnons proportionnellement. Ma mère gagne plus, mais elle donne plus. Un jour, je vais aider à payer la fac à Cora, même si je n'y suis jamais allé.' Il envoie, puis continue. 'Presque toutes les meutes fonctionnent comme ça. C'est instinctif. Même si certaines meutes fonctionnent différemment. J'ai entendu parler de certaines ayant des soucis, mais ce sont des meutes non familiales.'
'Et les gens ki travaillent pas ?'
'Ils ont habituellement de bonnes raison. Et ils sont de la meute. On prend soin d'eux.' Il pense principalement à Peter. Parfois Peter a de l'argent, et parfois il n'en a pas. Personne ne sait vraiment d'où il vient, parce qu'il n'a pas eu un travail stable depuis des années. Mais personne ne lui en veut. 'Pourquoi, tu penses à ne pas travailler ?'
'jsais pas, jconsidère mes options' est la réponse mystérieuse qu'il obtient.
Derek réfléchit à comment poser la question pendant un bon moment, surtout considérant les choses qui ont été dites la dernière fois qu'ils ont été face-à-face. 'Tu penses à te lancer dans quelle carrière ?' Il a le pressentiment que Stiles n'est pas quelqu'un qui apprécierait rester toute la journée à ne rien faire.
'flic ou qq chose du genre. P'pa a 2 loups ds sa brigade'
Derek n'est pas surpris de voir que Stiles veut marcher dans les traces de son père. Mais il cille à la seconde partie de la réponse. C'est la première fois dans cette conversation que Stiles offre volontairement une information. 'Je le savais. Mais je ne les connais pas très bien, ils sont de meutes voisines.'
Il y a un long silence après ça. Il dure tellement que Derek commence à s'inquiéter d'avoir offensé Stiles. Heureusement, les choses sont calmes au travail aujourd'hui et puisqu'il a terminé son travail plus tôt, il se contente de rester assis jusqu'à ce que le téléphone sonne ou qu'un client arrive. Il pense soudainement que Stiles doit être en train de lire, et sa théorie est confirmée quand le jeune humain change encore de sujet. 'certaines meutes sont plus grandes que d'autres, non ?'
La question semble étrangement simpliste aux yeux de Derek, mais il ne peut rien faire d'autre qu'y répondre. 'Oui. et elles peuvent changer de taille'
'Il y a ttes sortes de lois pr transformer des gens' l'informe Stiles, comme s'il ne le savait pas déjà. 'comme les circonstances où tu peux le faire ss le consentement, par ex. si qqn est en train de mourir'
Étant donné que Stiles est le fils du shérif et qu'il veut lui-même devenir policier, ça ne surprend pas Derek qu'il ait mémorisé ces lois, et sûrement quelques autres. Derek en connaît certaines aussi, bien sûr. Talia, étant à la fois alpha et avocate, sait tout ce qu'i savoir à ce propos. Elle a même aidé à en écrire certaines.
'Les lois sont généralement une bonne chose.' répond-il à Stiles. 'La morsure est importante. Avec elle viennent une meute et des responsabilités. Rien n'est simple à ce propos, ce n'est pas une solution magique. Certaines personnes n'en veulent pas.' Il pense à ça, parce qu'il parle là de problèmes de morale, d'éthique, mais il y a aussi les soucis plus pratiques. Ça lui fait penser à lui-même. 'Parfois, la guérison n'est pas suffisante et cela ne fait que faire durer les choses, ça prolonge la souffrance mais ça ne sauve personne.'
Après une pause, Stiles reprend. 'Tu C kon textote et ke ta pa besoin d'écrire 1 roman, hein ?'
Derek renifle et répond avec un émoticône que Cora a créé spécialement pour lui. ' ':| Tu parles comme ma sœur.' Après un moment, il continue. 'Si tu me poses une question, j'y répondrai.'
Stiles ne daigne pas l'honorer d'une réponse. 'Certaines meutes ont des humains, pas vrai ?'
'Oui.' Derek envoie ce message bref et concis, juste pour taquiner Stiles au sujet de leur échange précédent. Mais il continue à taper, parce qu'il sait déjà que c'est un sujet dont ils doivent parler. 'On avait des humains dans la meute avant. Avant le feu, je veux dire.' Il déteste devoir rendre ça réel dans un SMS, et ses pouces ralentissent un peu parce qu'apparemment, il ne peut pas en parler sans bégayer, même quand c'est par écrit. Mais quelque chose lui dit que Stiles a besoin de savoir ça. 'Tante Olivia, la femme de Peter, était humaine.'
'Les enfants de LG st tjs des LG ? C 1 pb si 2 LG ont 1 bb humain ? Kom 1 moldu'
Derek laisse échapper un petit ricanement, à la fois pour la blague et parce qu'il est soulagé du changement de sujet. 'Les loups nés ont toujours des bébés loups. Avec un loup mordu ou un humain, c'est plus aléatoire. Notre meute se fiche de savoir si un de ses membres est né humain. Ils restent la meute. Je pense que la plupart des bonnes meutes sont comme ça. Mais certaines meutes sont constituées d'enfoirés.'
'G lu ke si 1 bb nait humain ils le mordent qd il est trop petit pr savoir' répond Stiles. 'et C légal car les parents peuvent dire oui pr le bb. Vrai ?'
Derek retrousse les lèvres. Ça arrive. 'Comme je disais. Des enfoirés. Les lois ne disent rien à ce sujet, mais la majorité est d'accord sur le fait que ce n'est pas bien. C'est juste difficile à prouver. J'ai entendu le Dr. Deaton dire que c'est comme désigner un sexe à un bébé hermaphrodite. Qu'on devrait toujours attendre.'
'Vs devez bcp en parler pdt la saison des écureuils.'
Derek lui renvoie le petit émoticône. Puis il dit 'Petite anecdote. Deaton a un diplôme en médecine humaine. Et je te ferais savoir que les écureuils sont toujours reconnaissants.' il appuie sur la touche envoyer avant d'avoir le temps de changer d'avis.
'Mais pk tu t'embête ? T'as le loup dans la peau non ? Pk tu les manges pas ? Tu manges des écureuils et autres bestioles ?'
Derek prend un moment pour analyser le commentaire du « loup dans la peau » et décider comment y répondre. 'Nous sommes toujours des loups, mais nous sommes aussi toujours des humains. Et ça n'apporte rien de les manger. Il y a plus de fourrure que de viande. Et la queue reste coincée entre les dents.' Il envoie ça, et ajoute 'Non, je n'ai jamais mangé d'écureuil.' Puis après un moment... 'On chasse des biches et des proies un peu plus grosses, par contre.'
'C'est 1 peu du gâchis qd même non ?' dit Stiles. 'ça cale qd on a un petit creux'
'Ce n'est pas gâché.' répond Derek et reniflant. 'Les vrais loups dans la nature vont manger tout ce qu'ils trouvent quand vient janvier parce que l'hiver a été rude. Les loups-garous chassent leurs clés de voiture et vont à l'épicerie.'
'Très Bear Grylls' (1) répond Stiles et Derek se demande ce que ça peut bien être et si ça vaut le coup de lancer une recherche Google. Avant qu'il ne puisse se décider, Stiles lui renvoie un autre SMS. 'Je pensais que tu préférerais les animaux sauvages. - de produits chimiques et autres saloperies.'
Derek cille. La plupart des gens ne pense pas à ce genre de chose.
'Parfois, oui, tu as raison. Nous n'aimons pas les viandes remplies de produits chimiques, mais nous achetons de la viande biologique. Les animaux sauvages n'ont pas le même goût parce qu'ils mangent des choses sauvages. Moins de graines, plus de verdures, de fleurs, etc'. Il songe à dire à Stiles que, parfois, ce n'est pas une question de préférence. Parfois, il s'agit juste d'avoir besoin de chasser, de courir sur quatre pattes avec la meute en ne portant rien d'autre que sa fourrure. Parfois, c'est pour le frisson de la poursuite et la satisfaction de tuer. Ce n'est pas vraiment un besoin de violence ou de soif de sang, comme pensent les gens. Mais c'est la meute, ils travaillent tous ensemble sans avoir besoin de mots. C'est la sensation d'accomplissement qui vient avec la fin d'une chasse. La meute, qui peut abattre une proie avec succès, ensemble, et ainsi survivre. Mais il n'est pas sûr que Stiles puisse encore voir au-delà de la violence pour le moment. Certains humains réagissent étrangement une fois confrontés à la réalité, qu'ils sont loups tout autant qu'ils sont humains. Alors il laisse juste passer ce commentaire.
L'appréhension qu'il aurait pu avoir sur le fait que Stiles insiste sur la question de la chasse est écartée quand il reçoit le message suivant. Celui-ci, en revanche, ouvre la voie à d'autres problèmes. 'Et si 2 membres de la meute s'entendent pas ? Par ex. Cora choisit 1 compagnon ke tu peux pas supporter ? Komen tu fais ?'
Le cœur de Derek remonte un peu dans sa gorge, parce qu'il est certain que la question que Stiles veut réellement poser est « Comment puis-je faire partie de la meute si ta famille ne m'aime pas ? »
Il prend une profonde inspiration avant de taper. 'Nous faisons de notre mieux pour rester courtois et s'entendre. Le reste de la meute essaie de comprendre que nous ne ferons jamais de jeux de société ensemble.'
'Et si l'alpha n'aime pas qqn ?'
Derek se demande comment ça vie en est arrivé à ce point. Puis, il se souvient. Sa mère, l'alpha en question. D'un autre côté, au moins, Stiles se montre curieux, ce qui implique qu'il est en train de réfléchir à quelles seraient ses relations dans la meute. 'C'est pareil. L'alpha ne devrait pas bannir quelqu'un de la meute à moins qu'il ne se révèle nuisible pour la meute. Un conflit de personnalités n'est pas nuisible.'
Ses pouces tressautent. Il veut ajouter un commentaire sur les compagnons et d'autres circonstances, mais il se retient.
'Mais l'alpha est celui qui décide si qqn est nuisible, nn ? Du coup il peut éjecter qui il veut' est la réponse de Stiles. Elle vient par à-coups, comme si Stiles a peur que, s'il n'appuie pas sur envoyer, il pourrait ne pas poser la question du tout.
Derek lit avant d'avoir un petit mouvement de recul. 'En fin de compte, oui. Mais un bon alpha n'est pas un dictateur.' Il envoie ça, puis ajoute. 'Il peut, et va, reculer s'il a fait une erreur.' Il attend de voir ce que Stiles va faire de ça. Derek espère que le jeune homme ne va pas continuer à pousser jusqu'à ce qu'il soit obligé d'admettre qu'il quitterait la meute si Talia ne veut pas y accepter Stiles. Il est relativement certain que ça ferait encore plus flipper le jeune humain. Il y a une longue pause. Excessivement longue. Si longue que Derek commence à transpirer ? Puis... 'Le nœud, c'est un fait ?'
Derek s'étouffe à moitié, regarde l'écran un moment, bouche bée, avant d'écrire frénétiquement. 'Quoi ? Non !' Et puis, après une seconde. 'Bon, d'accord, peut-être si tu es dans le porno vraiment cochon et fétichiste. Tu lis quoi ? Stop !'
Quand Stiles répond, c'est avec l'adresse d'un site.
' '
Le lien a un air de défi pour Derek. Éventuellement, il secoue la tête devant sa propre stupidité, s'assure que le son de son téléphone est coupé et que personne n'arrive derrière lui et clique sur le lien. C'est comme regarder la porte de l'Enfer. Si cette porte consistait de corps bien définis, très huilés et étrangement percés. Faisant beaucoup de choses intéressantes. Derek n'est pas du genre à regarder beaucoup de porno, et certainement pas de ce type. D'un autre côté, il comprend maintenant la question sur les nœuds. Il ferme la page. 'J'ai maintenant appris quatre choses.'
'Que 4 ?' répond Stiles. 'Jsuis sur ce site depuis 1h et j'en ai appris 3millions'
'1 : Il y a des endroits où je trouve les piercings attirants que je n'aurais jamais devinés. 2 : Il y a des endroits qui ne devraient jamais être percés. 3 : Peu importe mes pensées sur ce qu'il s'y passe, je dois respecter la manière dont ces personnes contrôlent leur transformation. 4 : Je ne veux pas savoir comment tu es arrivé sur ce site.'
'C'est tt ce que tu as appris ?' le ton du texto de Stiles regorge de déception. 'La vache, je vais devoir te trouver un livre d'images avec des petits mots.'
Derek fronce les sourcils pendant une minute, bien qu'il soit principalement amusé. 'Je suis au travail. Je ne navigue pas sur des sites porno au travail.'
'Et ? Jsuis à l'école' répond Stiles.
'Oh, bon Dieu !' écrit Derek. 'Je crois que j'ai vu un film X qui commençait comme ça, une fois.' ajoute-t-il et appuie sur envoyer avant de pouvoir y réfléchir à deux fois.
'Tu veux ke je te le trouve ? Ça doit être qq part. Ça a l'air très éducatif.'
Derek se met simplement à rire. Puis, il essaie de se convaincre qu'il ne devrait pas inciter Stiles à trouver du porno pour lui. Même pour un défi. Et maintenant, il est en train de penser aux doigts ridicules de Stiles en train de taper sur son téléphone. « Je vais brûler en enfer. » marmonne-t-il. Puis il se décide à écrire 'Tant que c'est éducatif.'
'Jte l'ai dit. J'étudie les LG.'
'Pourquoi pendant l'école ?' demande Derek sérieusement. Leur conversation dure depuis plus longtemps qu'une heure d'étude.
'Pk pas ?' rétorque Stiles.
'Tu n'es pas en classe ?' Derek sait que Cora envoie furtivement un ou deux SMS au début ou à la fin de chaque classe, mais plus que ça et son téléphone se fait confisquer.
'Pas pr le moment' répond Stiles et ça instaure un nouveau défi. Derek décide de le relever. 'Que fais-tu alors ?' Il réalise ensuite que la réponse évidente est « Étudier les loups-garous. » 'Où es-tu si tu n'es pas en classe ?'
'Je suis en retenue toute la journée.'
'Pourquoi donc ?' Derek ne peut s'empêcher d'être curieux.
'Répondre à une prof et utiliser des mots qu'elle ne connaît pas.'
'C'était des gros mots ?' Demande Derek. Cela ne le surprend pas du tout que Stiles connaît des mots que ses professeurs ne connaissent pas.
'Ça dépend du pt de vue. Je l'ai qualifiée de troglodyte corpulente et pustulante. Mais je pense que pustulante était faux. J'aurais dû dire pustuleuse.'
'Ho dégueu.' répond Derek.
'Tu veux savoir la meilleure ?'
'Absolument.'
'C'était ma prof d'anglais.'
'Je ne sais même plus quoi dire.' se retrouve-t-il forcé d'écrire. 'À part que j'ai honte pour ton école.'
'Au moins le prof ki surveille les détentions s'en fiche ke j'utilise mon tel ou mon ordi.' répond Stiles. 'Je peux m'occuper.'
Derek pense à plusieurs réponses qu'il pourrait faire, comme par exemple demander ce que Stiles est supposé faire en détention toute la journée s'il n'a pas le droit d'utiliser son ordinateur, mais un client arrive et lui pose un tas de questions sur le type de terre qu'il doit acheter. Quand il reprend son téléphone, il a un nouveau message de Stiles. 'Merci.'
Il étudie le texto pendant un long moment, essayant de comprendre si Stiles le remercie d'avoir répondu à ses questions, ou pour autre chose. Il décide de prendre la même approche qu'avec Peter et de ne présumer de rien. 'Pour quoi ?'
'm'éviter de m'ennuyer'
'Mais de rien.' Derek pense à ajouter autre chose mais il se souvient de « stopper le rouleau compresseur ». Toutes ses auto-censures semblent avoir porté leurs fruits, puisque la conversation n'a pas faibli, et il est très investi dans le fait que Stiles soit à l'aise avec lui.
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La chambre de Stiles n'est jamais parfaitement rangée mais, quand il est dans une frénésie de recherche, tout semblant d'ordre est jeté par la fenêtre. Des livres, brochures et papiers sont éparpillés partout. Stiles est actuellement avachi sur le sol, le dos appuyé au mur et il fouille parmi ses papiers. Quelqu'un frappe à la porte et il répond distraitement. « Oui, entrez. »
Il ne lève pas les yeux, trop occupé à surligner en rose et jaune dans des livres qui ne lui appartiennent pas, quand il entend une voix féminine s'exclamer « Wow ! » Il relève brusquement la tête. Scott se tient dans l'embrasure de la porte, son habituel sourire niais aux lèvres et Allison est debout derrière lui. Ils sont tous les deux habillés de manière décontractée, bien qu'Allison porte une jupe qui attire l'attention sur ses jambes magnifiques.
« Hey ! » dit-il un peu stupidement.
Scott lève un sourcil mais sourit toujours quand il dit : « Patins à glace ? Seize heures ? Ça te dit quelque chose ? »
« Zut ! » Stiles regarde le désordre autour de lui. « J'ai été distrait. »
« Ce n'est rien. » répond Allison en s'asseyant au bord de son lit. « Qu'est-ce que tu fais ? »
« Recherches. » répond Stiles, un surligneur dans la bouche. Puis, son visage s'éclaire. « Hé, tu peux m'aider si tu me laisses te poser un tas de questions indiscrètes auxquelles tu ne voudras probablement pas répondre. »
« C'est une proposition que je ne peux pas refuser ! » répond Allison en riant.
Scott se contente de grogner. « Ne me dis pas que c'est à propos de cette brochure sur les cycles menstruels qui t'a traumatisé... »
« Non, c'est à propos des loups-garous. » rétorque Stiles. « Et ton père milite un peu contre eux, donc tu pourrais connaître des choses que je ne sais pas. »
Allison grimace. « C'est possible. Mais normalement quand il commence à parler de ce genre de choses, je quitte la pièce. »
« Oui, mais ta famille a fondé l'un des groupes anti loup-garou les plus importants du pays. » insiste Stiles sans tenir compte de la gêne évidente d'Allison sur le sujet. « Et tu vois, c'est ça le problème. Je me suis dit, tiens, si j'ai des questions à propos de tous ces trucs de loups-garous, je devrais commencer à faire un peu de recherches. Mais je ne trouve que des informations contradictoires. Je vais lire un livre, trouver tout autre chose dans une brochure et encore autre chose sur internet. Et beaucoup de groupes comme l'OLL disent que les infos publiées par les familles lycanthropes sont de la 'propagande' pour attirer les gens dans une meute. Mais dans le même temps, certains des plus grands experts en lycanthropie affirment que les productions de l'OLL sont de la littérature haineuse remplie de mensonges. Du coup, je ne sais pas où aller pour avoir des réponses. »
« Donne-nous un exemple. » demande Scott en s'affalant sur la chaise de bureau de Stiles.
« Okay. » répond celui-ci en commençant à fouiller dans le bazar autour de lui, semblant nager dans les papiers. « Okay, volà un bon exemple. Donc, il y a des lois sur la morsure d'une personne si sa vie est en danger. Certains ont l'équivalent d'une ordonnance DNR. Tu sais, pour ne pas être mordu quelle que soit la situation. Mais si tu regardes l'origine de ces lois, l'OLL et ceux qui s'y apparentent disent que c'est pour protéger les gens, mais la culture lycanthrope dit que c'est un moyen de protéger les loups-garous. Parce qu'une fois, un mec a intenté un procès à un loup-garou pour l'avoir transformé et le loup était là 'eh bien, paaaaaaardon de t'avoir sauvé la vie, enfoiré.' »
Scott fronce légèrement les sourcils. « Tu as pris combien d'Adderall ? »
« Quoi ? Je sais pas. Beaucoup ? Enfin bon, » se reprend Stiles sans une seconde d'hésitation. « Je dois admettre que l'OLL présente ça comme si les alphas traînaient autour des hôpitaux, attendant de bondir sur les mourants pour les entraîner dans une vie de loup-garoutisme et d'iniquité, ce qui n'a aucun sens. Étant donné que seuls les alphas peuvent transformer des gens et qu'il y a... » Il repousse une pile de papiers. « Ça dépend de la population mais, dans les zones rurales, il y a environ un loup-garou pour mille humains, et un alpha pour vingt et quelque loups-garous. Donc ça fait... » Il compte sur ses doigts. « Donc, il a environ cinquante mille personnes à Beacon Hills. Ce qui veut dire une cinquantaine de loups. Et donc, deux alphas et demie... arrondissons à trois. »
« Viens-en au fait ! » s'impatiente Scott.
« Le fait, c'est qu'il y a trois alphas à Beacon Hills. Et cinquante mille gens. Donc ils ne peuvent pas vraiment squatter les hôpitaux en attendant que des accidents presque fatals arrivent pour qu'ils puissent recruter. Plus la population est dense, moins il est probable de trouver des loups-garous, parce qu'ils aiment avoir de la place, et ça veut dire qu'ils devraient se déplacer de plus loin si quelqu'un était blessé... »
« Stiles... »
« Oui, oui. Le fait est que l'OLL raconte de la merde. » dit Stiles, puis il lance un regard à Allison. « Désolé. »
« Tu crois que je ne le sais pas ? » demande Allison, sceptique. « Mes parents m'emmenaient aux manifestations quand j'étais enfant. Ils m'ont fait tenir des pancartes avant même que je ne puisse lire ce qu'il y avait écrit dessus. Tu n'imagines même pas à quel point mon père est furieux contre moi en ce moment-même, juste parce que je suis avec quelqu'un dont le meilleur ami est lié à un loup-garou. Il y a trois degrés de séparation entre le loup et moi, et il est quand même en colère. »
Scott grimace. « Je, heu... Désolé ? »
« Ne le sois pas. » Allison repousse ses cheveux par-dessus son épaule. « Je déteste quand il est comme ça. Il n'y a aucune raison. »
« Le problème, » dit Stiles « est que, d'accord, c'est un exemple. Mais il y a plein de preuves contradictoires sur... comment les loups-garous choisissent leur compagnon, pourquoi ils en choisissent un, ce qu'être lié dans une meute implique et je... ce genre de choses est important et maintenant je ne sais pas quelle information je peux croire. Où trouver les réponses que je... que je sens que j'ai besoin. »
Scott y réfléchit une minute. « Tu as demandé à Derek ? »
« Je l'ai fait. » répond Stiles. « Et j'ai eu des réponses qui, basiquement, reflètent ce que disent les textes issus de la culture lycanthrope. »
« J'aurais tendance à penser que les livres sont plus vrais que... ça. » dit Allison en repoussant une brochure avec son pied.
« Eh bien, oui, sauf que les livres ont tous été écrits par des loups-garous, alors tu peux voir pourquoi j'ai du mal à faire confiance. » rétorque Stiles. « Je veux dire, si l'OLL a raison sur quelque chose... Et... il y a des trucs qui craignent. Mais je ne sais pas à qui la faute. Comme, tout le monde est jaloux de moi, d'accord ? Mais, selon certains de ces trucs, eh bien... il n'y aurait eu personne d'autre. Pour Derek. S'il ne m'avait pas rencontré, il aurait été tout seul. Et ça... me fait flipper, pour être honnête. » Il se passe la main dans les cheveux. « Mais après, tu as toutes ces brochures sur 'Comment avoir un compagnon loup' et ça, ça ne vient pas de l'OLL. Je veux dire, l'OLL et ses associés veulent maintenir le plus de distance possible entre les garous et les humains. Alors, d'où ça vient ? Parce que ça décrit une toute autre image de la manière d'avoir un compagnon loup. Je veux dire, vous saviez qu'il existe des parfums créés spécifiquement pour attirer les loups-garous ? Des marques concurrentes, même, avec plein de grands mots scientifiques dans leurs pubs. Et des livres sur la manière de bouger, sur les choses à dire lors de la Cérémonie de Recherche, qui attireront l'attention d'un loup-garou. »
Scott est pensif. « Et ce n'est pas comme si tu avais fait la moindre de ces choses. »
« Exact. » Stiles prend une grande inspiration. « Donc... ce truc entre Derek et moi, ça ne peut pas être - »
« Si tu dis que ce n'est pas réel, je te jure devant Dieu que je t'assomme ! » s'écrie Scott. « Continue à prétendre avec Derek pour empêcher ça de devenir plus sérieux que ce que tu es confortable avec si tu veux, mais n'essaie pas de me raconter des conneries. Franchement. Ce mec en pince grave pour toi. »
Stiles fronce les sourcils. « Tu ne l'as rencontré qu'une - »
« En fait, je l'ai rencontré au moins une demi-douzaine de fois. Et, d'accord, c'est un mec austère et renfrogné qui fixe les gens et porte du cuir, mais il n'est pas du genre à choisir un ado au hasard comme couverture. Au pire, s'il avait vraiment voulu faire ça, il serait venu te voir en disant 'Wouah, j'ai vraiment besoin que mes parents me lâchent la grappe, ça te dérangerait pas de faire semblant ?' et ensuite, si tu avais été d'accord, il aurait joué la comédie. Mais il ne te piégerait pas comme ça. Allez, Stiles, tu sais ça, t'as juste la frousse. »
Il y a un long silence où Stiles hésite. « Oui, peut-être. » dit-il finalement avant de changer de sujet. « Mais, tu vois ce que je veux dire ? Avec toute l'histoire de comment séduire un loup-garou. Si ce n'est pas vrai, ça vient d'où ? Parce que c'est pour ça que ma vie craint un max en ce moment. Tout le monde pense que c'est une blague, parce que je ne suis pas censé être attirant pour un loup-garou. Sauf qu'apparemment, si ! Ou quelque chose comme ça ? Ah, c'est confus ! »
« Les personnes qui publient ça pensent probablement que c'est romantique. » suggère Allison. « Elles sont juste... malavisées. »
« Ouais. » Stiles jette une brochure à travers la pièce. Il ne sait pas comment expliquer pourquoi ça le perturbe autant. Peut-être qu'il y réfléchit trop à cause du sac de nœuds qu'est sa vie actuellement. « Oh et puis, zut, j'ai besoin de sortir de là. Patin à glace, donc ? »
Allison se redresse. « Mais sérieusement... Quand mon père m'avait endoctriné dans toutes ces histoires anti loups-garous... j'avais à faire beaucoup de choses du genre. Trouver la vraie information parmi toute la propagande. Je ne le faisais pas comme toi, par contre. Tu dois apprendre à les connaître. En tant que personnes. C'est comme ça que tu sauras ce qu'ils sont. Tu ne vas pas trouver de réponses dans les livres, Stiles. Tu les trouveras dans la meute. »
Elle se penche pour l'enlacer et Stiles la lui rend, surpris. Elle sent bon, comme le lilas, et il l'enlace pendant une minute avant qu'elle ne le libère et lui sourit. Ce n'est pas la première fois qu'il est heureux que Scott ait trouvé quelqu'un d'aussi génial. Allison lui prend la main et lui donne un baiser sur la joue pour qu'il ne se sente pas exclu. Il rougit.
« Tu sais... » dit Stiles. « d'une certaine manière, je pense que tu es bien plus intelligente que moi. »
Scott rit. « Et il ne dit pas ça tous les jours ! »
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(1) Bear Grylls, alpiniste, aventurier et écrivain britannique, est surtout connu pour son émission de télé-réalité intitulée Seul face à la nature (Man vs. Wild).
Ce sera tout pour moi pour aujourd'hui. Rendez-vous le 27 janvier pour la suite ;)
