Alors, tout d'abord, encore merci pour tout vos Review :)

Je dois vous avouer que je suis bien embêté, je commençais à être entièrement convaincu que l'idéal serait qu'elles aillent vivre dans notre Monde lorsque j'ai reçu le Review de Bazelle qui m'a fait encore plus douté avec ses excellents arguments ;)

Du coup, je pense que je vais attendre encore un peu pour prendre ma décision ;)

Bon, sinon, j'ai écris ce chapitre assez rapidement puisque je n'avais pas beaucoup de temps durant ces vacances au ski ;) J'espère ne pas l'avoir bâclé

Mais quel plaisir de rentré pour voir l'excellent épisode 13 de OUAT où on sent une grande complicité entre Emma et Régina :D

Le 14 était pas mal non plus, j'ai - étonnament - beaucoup aimé les CaptainSwan. A vrai dire, je me suis fais une raison, les réalisateurs ne mettront jamais de Swan Queen dans la série alors... je préfère largement qu'Emma soit avec Hook que Neal qui est l'un des personnage que j'aime le moins ;)

Bref... Bonne Lecture ;)


Régina Mills :

Comme j'en avais pris l'habitude ces derniers jours, après un passage dans la salle de bain, j'entrais dans la salle à manger pour prendre le petit déjeuner. J'arquais un sourcil en réalisant qu'il n'y avait qu'Emma assise à table. Elle buvait tranquillement son chocolat chaud et semblait apprécier le silence qui régnait. Elle me lançait un grand sourire et je venais m'installais en face d'elle.

- Où sont-ils tous passé ?

- Ils dorment. Il est encore tôt.

- C'est vrai. Je suis d'ailleurs étonnée que tu sois déjà levée.

Elle souriait.

- Ce n'est pas réellement de mon plein gré.

- Je me disais, aussi…

Elle roulait des yeux.

- C'est mon jour du peuple. Je dois passais la journée dans un village.

Je m'amusais de l'agacement que semblait lui procurer cette tâche.

- Ça doit être passionnant.

Elle soupirait.

- Heureusement que je ne le fais qu'une fois par mois… C'est bien suffisant.

- Pourtant, j'ai entendu dire que tu passais pas mal de temps à t'amuser dans des tavernes peu fréquentables.

Elle grimaçait.

- C'est très différent ! Aujourd'hui, je ne vais pas du tout m'amuser. Je dois aller dans un village et découvrir leur quotidien… Leurs problèmes… Bref, le pur ennui.

Je souriais, amusée.

- Je suis certaine qu'ils t'adorent tous.

- Je crois que tu as malheureusement raison.

Je me servais du café et buvais une gorgée avant de reposer la tasse chaude et de froncer les sourcils en sentant le regard intense d'Emma sur moi.

- Un problème ?

Elle souriait et secouait négativement la tête.

- Non… Rien…

Je plissais les yeux.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Juste une idée qui risque de te déplaire.

- Toute tes idées me déplaisent, de toute façon. Et ça ne t'a jamais arrêté pour autant.

- J'aimerais que tu m'accompagnes.

J'arquais un sourcil.

- Où ?

Elle roulait des yeux.

- À ton avis ? Je veux que tu passe la journée avec moi.

- Emma… Je ne pense pas que ce soit

- S'il te plait, me coupait-elle. Régina…

Je m'enfonçais dans mon siège en croisant les bras contre ma poitrine.

- Non ! Je ne veux pas qu'ils m'examinent tous avec méfiance ou… dégout.

Elle se penchait contre le rebord de la table pour se rapprocher et encrait son regard dans le mien avec un air de chien battu.

- Régina… Tu peux bien faire ça… pour moi…

Je détournais les yeux dans un soupire. Elle savait parfaitement que je ne parviendrais pas à lui résister très longtemps.

- Tu sais…, commençait-elle d'une voix exagérément triste. Il ne reste plus que trois semaines avant l'anniversaire d'Henry. Ça va passer extrêmement vite et… Je ne veux pas te laisser partir avec le sentiment de ne pas avoir fait le maximum.

Je pouvais voir dans ses yeux émeraude que malgré son ton théâtral, elle pensait réellement ce qu'elle disait.

- Emma… Je ne sais pas… Ton père et… enfin… Personne ne voudra que je t'accompagne.

Elle haussait les épaules.

- Ils n'ont pas leur mot à dire. Marco nous emmène jusqu'à un village et après il nous laisse seule pour la journée.

Je soufflais et elle me lançait un timide sourire.

- Alors ?

- D'accord…, murmurais-je.

Elle se redressait avec joie.

- Génial ! Fini ton café, on part bientôt.


Une heure plus tard, nous étions toute les deux dans une carriole dirigée par Marco. Je regardais le paysage défiler lentement sous mes yeux et je repensais à ma vie passée. Je me rappelais avec horreur tout les cadavres que j'avais fais. Tous les cœurs que j'avais arrachés. Emma semblait comprendre le fil de mes pensées puisqu'elle posait une main sur ma cuisse tout en me lançant un sourire réconfortant. Je sentais alors mon rythme cardiaque accélérait à ces simples marques d'affection. Comment pouvait-elle être si douce avec moi ? J'étais un monstre. Je l'avais privé de l'enfance joyeuse qu'elle aurait dû avoir.

- Essaie au moins de faire un minuscule sourire. J'aimerais bien qu'ils fuient tous mais… je crois que mes parents me tueraient.

Je souriais faiblement.

- C'est pour ça que tu m'as emmené avec toi, avoue-le.

Elle grimaçait légèrement.

- Oui, il y a un peu de ça, aussi. Mais la principale raison était que je refusais que tu reste au château sans moi. On ne sait pas tout ce qui peut se passer en une journée.

J'haussais les sourcils.

- Tu as eu peur que je profite de ton absence pour partir ?

Elle hochait timidement la tête et, prise d'un élan de stupidité, je venais naturellement embrasser sa joue. Je me crispais en réalisant ce que je venais de faire et nous rougissions autant l'une que l'autre.

- Désolé, murmurais-je.

Je comprenais que j'aurais plutôt dû me taire lorsqu'un sourire taquin apparaissait sur ses lèvres.

- Aucun problème, je sais que tu en meurs d'envie depuis longtemps.

Je roulais des yeux et nous continuions le trajet dans un silence apaisant.


Lorsque nous arrivions enfin au petit village et que nous nous arrêtions sur une place assez grande, plusieurs enfants venaient sautiller aux pieds d'Emma, à peine descendue.

Je me tournais vers Marco qui restait installé.

- Vous ne descendez pas ?

- Oh non… J'ai bien d'autre chose à faire. Je reviendrais vous chercher dans la soirée.

J'hochais la tête et le regardais s'éloignait.

Je balayais la foule du regard, avec un désagréable nœud dans l'estomac. Tous me dévisageaient curieusement avec une pointe de méfiante. Emma venait alors se coller à moi.

- Attention, l'enfer commence, murmurait-elle entre deux sourires forcés.

Je ravalais un rire.

- Ça ne peut pas être pire que passer la journée avec tes… charmants parents.

Elle roulait des yeux avant de s'avançait au centre du cercle formé par les villageois. Elle me tirait par la main de façon à être certaine que je ne la laisse pas seule.

- Bonjours à tous, s'exclamait-elle. Je suis heureuse d'être là avec vous, aujourd'hui. Comme vous l'avez remarqué, je suis venue en compagnie de Régina que vous connaissez certainement déjà. C'est ensemble que nous découvrirons votre agréable village. Nous repartirons avant le couché du soleil mais j'espère avoir le temps de pouvoir voir tout ce que vous désirez nous présenter. Nous allons passer une bonne journée, j'en suis certaine.

Je souriais en constatant à quel point elle s'était améliorer pour mentir.

Les villageois applaudissaient fortement leur princesse. Puis, un homme d'une quarante d'années nous rejoignait. Il faisait une révérence qui semblait mettre très mal à l'aise la belle blonde.

- C'est un honneur de vous recevoir, Princesse Emma. Vous aussi, Majesté.

J'écarquillais les yeux en comprenant que c'était moi qu'il appelait ainsi. Je souriais fièrement, cela faisait de longues années que je ne portais plus ce titre et j'en avais oublié l'agréable sentiment de supériorité que je ressentais lorsqu'il était utilisé.

- Je suis le représentant du village. Je vais vous guider durant toute la journée.

- Cool, répondait la blonde. Ça va être génial.

L'homme n'avait certainement pas entendu l'ironie dans sa voix puisqu'il lui répondait par un grand sourire. À vrai dire, je doutais fortement qu'il comprenait le sens de ces mots.

Il nous guidait vers quelques chemins où ils nous présentaient chaque marchand. Nous nous forcions à leurs rendre leurs sourires tout en tentant d'accélérait le pas. Malheureusement pour nous, notre guide prenait le temps de bavardait avec chacun de ses amis.

Alors qu'il parlait depuis déjà un bon moment à une femme, Emma me lançait un petit coup de coude pour que je relève la tête vers elle. Je voyais alors une lueur dans ses yeux émeraude qui ne me disait rien de bon. Son sourire en coin ne faisait qu'augmentait mon inquiétude pour ce qu'elle allait faire.

- Surtout, laisse-toi entraîner, murmurait-elle.

Je plissais les yeux. Alors là, c'était vraiment apeurant. Elle glissait doucement sa main dans la mienne et d'un pas lent et discret, elle se faufilait derrière plusieurs petites chaumières jusqu'à ce que nous soyons assez loin pour que le représentant du village ne nous retrouve pas d'aussitôt.

Nous nous asseyons sur le tronc d'un arbre écrasé sur le sol et je soufflais.

- Emma… Ce n'est pas du tout une bonne idée.

Elle arquait un sourcil.

- Tu rigoles ? Si je serais restée encore un peu plus avec lui, je l'aurais tué sur place. Quelle est la meilleure idée, selon toi ?

Je souriais bien malgré moi.

- Un jour ou l'autre, il faudra bien que tu accepte tes responsabilités de Princesse.

Elle portait alors sur moi un regard sérieux et je la voyais hésiter à me poser une question.

- Est-ce que…

- Oui ?

- Est-ce que tu t'y ais fais rapidement, toi ?

Je me crispais. Parler de mon passé était quelque chose que je ne supportais pas.

- Je… Désolé. Tu n'es pas obligée de répondre.

Je secouais la tête.

- Ma mère m'y a préparé depuis la naissance. Elle m'a enseigné les bonnes manières dès que j'ai su parler et que j'ai commencé à marcher. Alors… ça n'a pas été très compliqué.

Elle souriait légèrement.

- C'est donc de là que tu dégage cette espèce d'aura royale. Depuis que je t'ai vu pour la première fois, j'ai l'impression que tu peux diriger le monde sans problème.

Je baissais les yeux, gênée et elle lâchait un petit rire.

- J'adore quand tu es mal à l'aise, c'est trop mignon.

Je lui lançais un regard noir et son sourire s'agrandissait de plus belle. Puis, elle laissait son regard vagabonder sur la vue qui nous était offerte. De grands arbres et quelques fleurs plantées un peu n'importe où.

- On est bien, ici. Seules.

Elle encrait ses yeux dans les miens et, encore une fois, je me perdais dans ses deux émeraudes.

- Chocolat, soufflait-elle.

- Pardon ?

- J'ai longtemps cru que tes yeux étaient noirs. À Storybrooke, je me disais souvent qu'ils reflétaient la couleur de ton cœur. En vérité, ils sont chocolat. Comme ma gourmandise préférée.

Ne sachant quoi répondre, je me contentais d'un timide sourire qu'elle me rendait aussitôt.

- Tu sais quoi ? J'ai réalisé l'autre jour que tu as, en fait, soixante ans.

- Soixante-cinq, corrigeais-je.

Elle grimaçait.

- Outch. Je fantasme sur une femme de soixante-cinq ans…

Alors qu'elle écarquillait les yeux en réalisant ce qu'elle venait de dire, j'affichais un large sourire taquin.

- Fantasme ? Carrément… J'ai de quoi me sentir gênée…

Je m'amusais du rouge qui apparaissait sur ses joues.

- Je… Hum… Je voulais dire… Enfin… C'est… euh…

J'arquais un sourcil.

- Tu peux improviser un long discours devant tout un peuple en un rien de temps mais tu es incapable de ne pas bégayer lorsque je te mets dans un état de gêne ?

Elle soupirait.

- Ouais… C'est très frustrant. D'autant plus quand tu en profite pour me taquiner.

Je souriais.

- Je ne fais jamais ça.

Elle haussait les sourcils tout en penchant la tête pour me lancer un regard insistant et je lâchais un petit rire.

- Si, je le fais assez souvent.

Elle hochait la tête d'un air entendu et venait poser sa main juste à côté de la mienne, l'effleurant du bout des doigts. Un simple geste qui faisait pourtant battre mon cœur bien trop vite. Et si j'en croyais le rythme avec lequel sa poitrine se soulevait, elle ressentait la même chose.

- J'aimerais que les choses soient plus simple…, murmurait-elle.

Je soupirais.

- Si c'était le cas, tu te plaindrais de la facilité avec laquelle tu obtiens ce que tu veux.

- C'est vrai. Mais j'ai bien l'impression que depuis que je suis née, tout me pousse à avoir une vie bien plus difficile qu'elle ne devrait l'être.

Je fermais les yeux. Depuis sa naissance, chacun de ses malheurs étaient de ma faute. J'étais responsable de la violence qu'elle avait subie. À l'époque, je me disais que la fille de Blanche et son mari devait très certainement être une petite fille joyeuse que tout le monde aimait. Je pensais qu'elle vivait dans un foyer adorable et que ses parents seraient horrifiés d'apprendre que leur petite fille vivait avec une famille qu'elle aimait bien plus qu'eux. C'était mon plan, de faire souffrir Blanche de l'amour que sa fille ne lui renverrait pas. Je ne pensais pas du tout qu'au final, la Princesse Charmante soit une fille au caractère bien trempé, dépendante que d'elle-même et au passé lourd… Tout était de ma faute…

- À quoi tu pense ?

Je rouvrais les yeux tout en lui lançant un sourire forcé.

- Rien…

- Régina…

Je soupirais.

- Nous sommes comme deux aimants inversés. Un champ de force nous empêche d'être liées.

- Je ne pense pas la même chose.

- Voilà… Nous n'avons pas la même façon de voir les choses. Rien que ça, c'est une grande différence.

- Tu es au courant qu'on vit dans un monde ou la bête peut épouser la belle ?

- Oui. Un monde où la bête est morte.

À son tour de soupirer.

- Tu sais, ce monde m'a fais totalement changé d'avis sur chaque personnage de conte. Lorsque j'ai été enfant, et même un peu plus vieille, je rêvais que Peter Pan vienne me chercher pour m'emmener au pays imaginaire. Qu'il me présente à la fée Clochette et Wendy et ses deux frères. Je voulais me mêler aux enfants perdus et combattre le capitaine Crochet. Depuis quelques années… j'ai réagis qu'il valait peut-être mieux faire équipe avec le pirate plutôt que Pan. C'est très frustrant.

J'acquiesçais.

- Lorsque je suis arrivée à Storybrooke, après m'être quelque peu intégré à ce monde, j'ai fais des recherches sur nous. Pour voir si nous étions connus de ce monde. Imagine la tête que j'ai fais en découvrant que j'étais une vieille femme hideuse jalouse de la beauté de sa belle-fille. Ridicule. Et Granny qui se fait manger par le loup… Ou encore Cendrillon qui a une citrouille comme carrosse. Que des histoires improbables.

- Oh… Parce que tu trouves ça crédible, toi, qu'un pantin en bois puisse devenir vivant, envoyé dans un autre monde, vieillir avant de redevenir en bois et, après, être rajeuni ? Un monde où un Peter Pan peut être l'arrière grand-père du fils de la Sauveuse et la Méchante Reine ?

Je souriais, amusée.

- Il est vrai que notre monde est assez… spécial.

- Très spécial. Avoue-le, Régina. Tu aimes ce monde.

J'haussais les épaules.

- Chaque monde à quelque chose d'attirant, non ?

- Certes. Mais je trouve que celui-là en a beaucoup moins.

- Pourquoi ?

- Et bien, déjà, parce qu'on vit en hiérarchie.

- Tu es princesse, en quoi est-ce un problème pour toi ?

- Tu viens de soulever un autre point qui fait que je n'aime pas ce monde. Je suis une… Princesse. Je dois porter des longues robes, sourire au peuple, faire des caprices…

- Des caprices ? Depuis quand est-ce une obligation ?

- Depuis que Ruby a décrété que si je ne m'opposais pas à l'opinion de mes parents et du peuple, je serais tuée par une autre princesse qui voudrait être autant aimé que je le suis.

Je lâchais un petit rire.

- Elle a vraiment de drôles d'idées.

- Ouais, j'ai un peu de mal à la suivre, parfois.

Je souriais.

- Lors de la malédiction, Ruby était la seule de la ville à ne pas m'être entièrement… soumise.

- Ça ne m'étonne pas réellement. Elle est plutôt du genre à ne pas se laisser marcher sur les pieds.

- Ce n'est pas pour rien que vous êtes amies.

Elle souriait faiblement.

- Ouais, c'est vrai. Sur ce point là on se ressemble assez.

Nous échangions un regard et un silence paisible venait prendre place entre nous. Elle laissait glisser sa main près de la mienne de façon à l'effleurer quelque peu. En remarquant que je la regardais faire avec grande attention, elle rougissait légèrement, m'arrachant un sourire.

Elle détournait le regard.

- Hum… Henry m'a dit que tu lui avais parlé… de… nous…

- Exact. Je n'aimais pas le fait que la plupart de tes amis soient au courant et pas lui.

- C'est vrai. Ce n'était pas juste.

Encore une fois, nous échangions un sourire complice et son regard déviait sur mes lèvres. Nous rapprochions alors lentement nos visages tout en penchant légèrement la tête. Alors que je sentais son souffle chaud sur ma bouche et que les battements de nos cœurs s'accéléraient, on entendait des pas lourds s'approchaient. Dans un grand sursaut, nous nous levions rapidement et le représentant du village - dont j'ignorais encore le nom – nous lançait un grand sourire.

- Ah vous étiez là ! Je vous cherchais depuis un bon moment.

Je tentais de cacher mon amusement en remarquant le regard noir que lui lançait Emma. Cependant, elle se reprenait vite en marchant jusqu'à lui.

- Oui… Excusez-nous. Nous nous sommes quelque peu… égarées.

- Oh, il n'y a aucun problème. Je suis désolé de vous avoir ennuyé.

Nous souriions poliment avant de le suivre.


La fin de la matinée passait étonnamment vite. Lors du déjeuner, nous étions invitées dans la plus grande maisonnette du village. Je constatais qu'Emma semblait plus que gênée de toute l'attention que lui portaient les villageois. Je m'amusais de leurs regards admirateurs à son égard.

- S'il te plait, murmurait-elle. Aide-moi !

Je me penchais jusqu'à son oreille.

- Est-ce qu'Emma Swan est en train de me supplier ?

Elle me lançait un regard faussement noir et je souriais. Sous les yeux de tous, je venais prendre sa main et la caresser lentement en portant sur elle un regard insistant.

- Tu fais quoi, là ?

- Ils vont se sentir gênés et vont rapidement détourner le regard.

Elle plissait les yeux, suspicieuse. Puis, elle posait délicatement ses lèvres sur ma joue froide.

- Merci.

Comme je l'avais prédis, la plupart des villageois tournaient leur attention sur leur assiette sans jamais relever la tête.

- Tu es douée, avouait Emma dans un murmure. Mais mes parents vont te tuer. N'oublie pas que les nouvelles vont aussi vite qu'à Storybrooke, ici.

- Vraiment ? Je croyais pourtant que Ruby restait au château.

Elle souriait, amusée.

- Elle n'est pas la seule commère, tu sais ?

- Non, je l'ignorais.

Elle secouait la tête sans perdre son sourire.

- Tu as beau dire ce que tu veux, tu apprécie Ruby.

J'arquais un sourcil.

- Tu plaisante ? C'est elle qui a conseillé à ta mère de m'empêcher de venir avec vous dans ce monde.

- Ils l'ont tous fait. C'est pour ça qu'elle t'a obligé à rester dans mon monde. Parce qu'ils étaient tous contre toi. Elle n'avait pas réellement le choix.

Je soupirais.

- Peu importe. Elle me déteste tout de même.

- Non. Tu ne t'en rends peut-être pas compte mais… vous avez énormément en commun, toute les deux. On vous prend pour des monstres parce qu'elle est un loup et toi, parce que tu as été la Méchante Reine. On vous juge par vos apparences et vous devez faire vos preuves pour qu'on vous accepte. Ta mère a tué ton véritable amour, Daniel, sous tes yeux. Je pense qu'on peut comparer la souffrance que tu as eue à celle qu'a ressentie Ruby en tuant elle-même Peter lorsqu'elle était sou sa forme de loup.

Je ne répondais pas. Elle avait bien évidemment raison. Ruby me ressemblait bien plus que ce qu'on pouvait penser.

Elle tendait son verre tout en remerciant encore une fois les villageois pour cette journée.

Durant tout le repas, elle ne lâchait pas ma main une seule fois. J'étais étonnée de voir qu'elle était terrifiée. Elle ne savait pas quoi faire, quoi dire. Elle se contentait de sourire tout en m'appelant à l'aide en donnant un coup de pression sur ma main.

- Tu m'apprendras à devenir une princesse ?, chuchotait-elle entre deux plats.

- Une princesse ? Non, je t'apprendrais à être une Reine, répondais-je avec un clin d'œil.

Elle souriait avant de se jeter sur son assiette. Je roulais des yeux. Et ses parents lui laissaient faire ça devant son peuple ? Quelle impolitesse ! J'espérais qu'Henry n'en faisait pas autant.

C'était avec précipitation que nous sortions de table. Le représentant du village - dont j'avais appris le nom durant le repas, Mike – nous guidait jusqu'à une cascade qui coulait entre deux grands rochers. La vue était splendide.

Emma s'asseyait au bord pour trempé ses pieds dedans et je lançais un sourire crispé au guide.

- Excusez-la. Parfois, elle oublie de demander la permission.

Il secouait la tête.

- C'est la Princesse, on ne peut rien lui refuser. Vous pouvez en faire autant, si vous le désirez. De toute façon, nous n'avons que cela à vous faire découvrir, ajoutait-il avec une grimace. Nos récoltes ne sont pas bien grandes et… je crois que cela n'intéresserait pas réellement la princesse.

Je souriais en posant les yeux sur Emma qui semblait aux anges dans l'eau froide.

- En effet, je pense qu'elle va vouloir passer l'après-midi ici.

- Elle peut rester aussi longtemps qu'elle le veut. Hum… Voulez-vous que je vous laisse… ?

Je reposais mon regard sur lui. Il me dévisageait avec un timide sourire, peu sûr de lui.

- Nous risquerions de nous perde. Non ?

- Je pourrais repasser dans la soirée. Pour venir vous chercher.

J'haussais les épaules, bien qu'en voyant Emma commençait à se déshabiller pour plonger dans l'eau, mon cerveau lui hurlait de partir pour nous laisser seules.

- Faite comme vous voulez.

Je tentais de décrocher mes yeux de la silhouette parfaite d'Emma mais je n'y parvenais pas. Le dénommé Mike devait très certainement s'en rendre compte puisqu'il lâchait un petit rire avant de s'éloignait. Je l'entendais vaguement préciser à quel moment il reviendrait mais je n'y prêtais pas grande importance, trop hypnotisé par la belle blonde.

Je m'approchais lentement d'elle et elle se retournait vers moi avec un large sourire. Je ne parvenais pas à empêcher mes yeux de la détailler de la tête au pied. Ses longues jambes fines qu'elle venait de sortir de l'eau laissaient coulées les goutes jusqu'à ses pieds. Je n'étais pas étonnée de constater qu'elle portait un fin boxer noir. Elle posait ses bras sur sa taille que je trouvais bien trop maigre. Je relevais quelque peu les yeux sur son soutien gorge rouge bien garni avant de rapidement détournais le regard en sentant une douce chaleur m'envahir.

- Tu viens avec moi ?

Je relevais la tête vers elle tout en tentant de garder mes yeux ancraient dans les siens.

- Pardon ?

- Tu viens te baigner ? Il fait super chaud ! Viens dans l'eau, elle est bonne !

- Hum… Non, je… je préfère rester sur l'herbe.

Elle haussait les épaules.

- Comme tu veux.

Elle faisait un grand plongeon dans l'eau, m'éclaboussant quelque peu. Je lui lançais un faux regard noir avant d'aller m'allonger quelques pas plus loin. J'enlevais ma veste et la posais à côté de moi, étouffant par la chaleur. Je relevais les manches de ma chemise blanches et détachés un ou deux boutons de plus. Je sentais alors ma peau me bruler. Non pas par le grand soleil mais plutôt par l'intensité du regard d'Emma posait sur moi. Je relevais la tête vers elle et lui faisait un petit signe de la main. Elle répondait par un petit sourire avant de sortir de l'eau. Elle s'approchait de moi et je grimaçais en sentant quelques gouttes me tomber dessus.

- Je croyais qu'elle était bonne ?

Elle s'asseyait à ma droite sans me lâchait du regard.

- J'aurais préféré qu'elle soit froide. J'ai besoin de me… rafraîchir ?

J'arquais un sourcil tout en fermant les yeux, face au soleil.

- Tu as dû trop t'habituer à la température du Maine. Parce qu'il ne fait pas extrêmement chaud, là.

J'entendais son souffle accélérait et, je frissonnais en sentant son doigt descendre de mon coup jusqu'à ma poitrine.

- Ce n'est pas le soleil, que me donne chaud, susurrait-elle.

Je rouvrais brusquement les yeux et encrait mon regard dans le sien. Ses pupilles étaient dilatées et, à cette constation, mon cœur redoublait de vitesse.

- E... Emma… Qu'est-ce que…

Elle relevait son doigt pour venir le poser sur mes lèvres.

- Chut…

Je me redressais en position assise, plaçant mon visage à quelques centimètres du sien. Elle s'approchait dangereusement.

- Ne fais pas ça, Emma, murmurais-je sans grande conviction. Tu vas le regretter… -

Ce sont des menaces ?

- Non… de la prévention… tu t'en voudras…

- Je n'ai jamais regretté la première fois…

- C'était un adieu…

Alors que nos lèvres se touchaient presque, je sentais son souffle se coupait en même temps que le mien. Je fermais les yeux pour tentait de résister mais elle le voyait comme un feu vert. Alors, pour la seconde fois de ma vie, je ressentais en moi, une étrange explosion à la fois douce et douloureuse. Dès l'instant où sa bouche entrait en contact avec la mienne, je savais que c'était trop tard. Aucune de nous ne pourrait contrôler les évènements à suivre. Elle posait sa main sur ma joue alors que je posais les mienne sur sa nuque afin de l'attirer d'autant plus à moi. Naturellement, elle me poussait jusqu'à ce que je m'allonge sur l'herbe fraîche. Le baiser devenait de plus en plus passionné et je craignais de ne plus jamais pouvoir l'arrêter. Elle passait délicatement sa main sous ma chemise, caressant ma peau brûlante. Je venais retirer ses cheveux trempés pour les coincer derrière ses oreilles, dégageant ainsi son beau visage. En manque d'oxygène, nous étions dans l'obligation de nous séparer. Le souffle haletant, nous nous dévisagions avec envie.

- Emma…, murmurais-je avec difficulté. On ne devrait pas…

Elle fermait les yeux, comme pour tenter de se calmer. Puis, elle se relevait, provoquant une grande froideur dans mon corps.

- Tu as raison… Je… Je suis désolée…

Je me redressais à mon tour et, avant que je ne puisse me contrôler, je l'embrassais à mon tour. Elle y répondait brutalement et je posais mes mains sur ses hanches pour la rapprocher de moi. Je sentais sa poitrine contre la mienne, augmentant mon désir. Lentement, elle détachait entièrement ma chemise, tout en me lançant un regard hésitant. Je souriais et dégageais les cheveux de son cou pour venir l'embrasser. Gardant encore quelques points de Méchante Reine, je la mordillais sans retenue et en profitais pour laisser une marque de couleur bleu ou violet. Elle ne semblait pas sans préoccuper puisqu'elle retirer entièrement ma chemise, la balançant quelques mètres plus loin. Je laissais ses mains se baladaient sur mon corps et lorsqu'elle les retirait, je lâchais un grognement de mécontentement. Elle souriait avant de venir m'embrasser chastement et de se relever précipitamment.

Je la dévisageais, un air ahuri sur le visage.

- Ne me regarde pas comme ça, soufflait-elle. D'habitude c'est toi qui es responsable. Si tu ne l'es pas, je suis obligée de l'être.

Je fermais les yeux et m'effondrais sur l'herbe tout en portant ma main sur mon visage.

- Pourquoi on a fait ça ?

- Parce qu'on en avait envie, non ?

Je soupirais.

- Emma… Ce n'est pas correct. On ne devrait pas... Pas comme ça…

Elle se rasseyait à côté de moi.

- Comment, alors ? Ça fait cinq ans que j'attends ça.

Je me redressais sur mes coudes.

- Trois semaines… Juste… trois semaines…

Elle acquiesçait, comprenant alors. On ne pouvait rien faire tant que je n'aurais pas pris de réelle décision sur le monde dans lequel je vivrais. Ce serait trois longues semaines, mais ça valait le coup d'attendre…


Voilà Voilà ! J'espère ne pas trop vous avoir déçue avec ce chapitre :)

Pensez à laisser un Review, vous savez à quel point ça me fait plaisir ;)

À la semaine prochaine pour la suite :D Un chapitre différent puisqu'il sera, ni du point de vue d'Emma, ni de celui de Régina. Un chapitre vu par d'autre personnages ;) D'ailleurs, si vous avez envie de voir le point de vue de quelqu'un en particulier, n'hésitez pas à m'en faire part ;)