Note commune à tous les chapitres :

L'histoire de Harry Potter, son monde et les personnages qui le compose appartiennent tous à J.K. Rowling, écrivain talentueuse, qui a eu l'extrême gentillesse de nous prêter son univers pour nos petits délires narratifs. Merci à elle, même si elle doit souvent le regretter.

Je vais traiter dans cette fiction (et les suivantes apparentées) de sujets délicats : inceste, viol, et violence. Donc, par avance, je préviens que certains passages seront difficiles, et je tiens à m'en excuser. J'espère juste que l'évolution des personnages pourra apporter un peu de réconfort.

Je compte mener cette histoire en 3 parties, qui retraceront les années fin et post-Poudlard de Draco Malfoy : Sang-Pur (que vous lisez actuellement), Sang-Mêlé (les années après la fin de la guerre), et Sang-de-Bourbe (qui devrait se situer juste après le roman de JKR, soit « 20 ans après »).

Je compte également rester le plus possible fidèle au roman (si vous voyez des erreurs, merci de me les signaler, je les corrigerai si possible). Dans cette optique, bien que ce soit un Dramione, le rapprochement sera long. D'autre part, les propos de Draco (surtout dans cette première partie) doivent être pris avec recul, et ne véhiculent pas mes propres convictions.

Et puis, juste comme ça, j'aime bien utiliser des mots inusités de la langue française. Si l'utilisation d'un dictionnaire vous paraît superfétatoire, ma fiction risque de vous agacer ;). Cependant, le Bescherelle et moi sommes en froid et, à ce sujet, je vous remercierai de me remonter les inévitables erreurs que, malgré toute ma bonne volonté, vous ne manquerez pas de découvrir.

Et puis, parce que je m'en fous un peu, je ne réclame pas de review. Cette fic est une catharsis pour moi. Je ne l'ai écrit pour personne d'autre que ma petite personne, égoïste que je suis. Donc, ne vous sentez pas obligés. Sur ce, bonne lecture, si vous êtes encore là...

Je me réveille dans des draps aux couleurs de ma maison.

Je me redresse à peine, et Pansy et Blaise accourent à mon chevet. Comme si j'avais besoin d'infirmiers à domicile.

Avant même que j'ouvre la bouche, Pansy part dans un monologue où se mêlent inquiétude et remontrance.

Je l'écoute d'une oreille distraite, et me tourne légèrement vers la fenêtre près de mon lit. A sa faible clarté, je dirais que le jour touche à sa fin.

C'est une fenêtre magique, basée sur le même principe que le plafond de la Grande Salle. Il y en a un peu partout dans nos appartements, et j'en ai rajouté 3 dans ma chambre personnelle de Préfet. Ça a été un peu compliqué, mais j'ai réussi à relier mes fenêtres à des vues imprenables sur les environs du Château.

Idéal pour surveiller l'extérieur en restant bien tranquille dans mes quartiers.

Peu à peu, les souvenirs affluent, en même temps que la douleur, et je me raidis d'effroi.

Qu'ont ils découvert ?

Je baisse les yeux, comme pour confirmer à Pansy et à Blaise tous ces reproches dont elle m'accable.

Je hoche même doucement la tête, en me détaillant du regard.

Je suis en sous-vêtements. Ils m'ont déshabillé. Nettoyé. Changé.

Ont-ils compris ce qui m'est arrivé ?

Bon sang, évidemment qu'ils ont compris. Ils ne sont pas stupides, et ce n'est pas la première fois que j'arbore ce genre de marques. Je regarde discrètement mon torse nu et mes bras fins, écoutant d'une oreille distraite le compte-rendu de Pansy, qui s'atténue enfin.

Les ecchymoses sont à peine visibles, il n'y a plus de blessures ouvertes, juste de simples estafilades. Heureusement que ces blessures n'ont pas été provoquées magiquement, elles ne se seraient pas résorbées aussi facilement.

Néanmoins, Granger a fait un travail remarquable, même si ça me tue de me l'avouer. Même mon oreille ne m'élance plus.

Miss-Je-Sais-Tout n'a rien dû révéler à mes 2 infirmiers de choc.

J'espère.

Il me faut des certitudes.

Que je sache ce qu'ils ont compris.

Ce qu'ils ignorent encore, surtout.

Mais déjà, le plus important. Sans ménagement, j'interromps la logorrhée de Pansy :

- Quelle heure est-il ? Pourquoi être restés ? Vous n'avez pas loupé de cours, au moins ? Il ne manquerait plus que vous ayez attiré l'attention !

Ils se regardent rapidement, presque vexés. Blaise prend à son tour la parole :

-Non, Draco, ne t'inquiètes pas pour ça. Les cours sont finis. Nous y avons assistés normalement. Granger nous a prévenus ce matin, juste avant le petit déjeuner. Nous t'avons ramené discrètement dans ta chambre. Personne ne nous a vu. Elle t'avais déjà bien soigné, et nous avons juste rajoutés 2-3 sorts pour être prévenus si ton état se modifiait.

Son regard s'assombrit, et la colère se glisse dans sa voix :

- Qu'est ce qui t'a pris, par Merlin ! T'éclipser, comme ça ! Vincent et Grégory ne pourront pas t'éviter les ennuis si tu les sèmes ainsi...

Il n'a pas besoin d'en dire plus. Je me sens déjà assez responsable comme ça.

Ça m'énerve, et je sens ma rage froide revenir. Bien. Je préfère ça. Je gère mieux ma haine que ma honte.

- Peut être parce que je ne peux pas me faire de plan cul quand ils sont avec moi ? Et parce que, de toute façon, ils n'ont pas à m'accompagner dans mes rondes de préfet.

De nouveau, ils s'échangent un regard, que je ne parviens pas à déchiffrer. Pansy revient à la charge.

Par le sang. Pansy est presque une sœur pour moi. Le côté incestueux en prime.

J'ai toujours eu du mal à lui cacher la vérité quand elle s'inquiète ainsi pour moi. Mais je ne veux pas la plonger dans mes problèmes.

Elle me parle doucement, avec toute sa tendresse de femme, et j'ai presque envie de m'effondrer dans ses bras.

Presque.

Mais je ne peux pas. Alors, à la place, je me rigidifie un peu plus au fur et à mesure de ses caresses verbales.

- Draco, Blaise et moi t'avons ramenés ici. Nous avons nettoyé tes blessures. Qu'est ce qui s'est passé, Draco ? Tu peux nous en parler. Nous pouvons t'aider. Qui t'a fait ça ?

Et voilà. Il fallait bien en arriver là.

Je biaise, comme toujours. Hors de question que je leur avoue, pour cette nuit.

- Ce qu'il s'est passé ? ...je dirais une partie intempestive de sexe brutal.

Ma bouche esquisse un rictus en harmonie avec l'ironie de mes propos. Ce n'est pas si éloigné de la vérité, n'est-ce-pas ?

Blaise continue, aussi doux et précautionneux dans ses paroles que dur et cruel dans son acharnement à vouloir me faire parler.

- Cette partie fine... tu étais consentant ?

Je baisse les yeux.

Ils ont la délicatesse de me laisser parler ou de préférer le silence. Mais ils savent, j'en suis sûr à présent.

Je me défile. Forcément. Faire comme si tout cela n'avait pas d'importance le rendra plus supportable.

Et puis, ce n'est pas comme si c'était la première fois où je n'étais pas consentant.

- Disons que...je l'ai bien cherché.

Je manque de hurler d'un fou rire nerveux à mes propres paroles.

Au lieu de ça, je me met à trembler, et Pansy m'enlace délicatement dans ses bras. Je m'enivre de son odeur, alors que sa main me caresse les cheveux.

Je suis surpris, comme à chaque fois, devant ses gestes d'affection. J'oublie toujours à quel point elle tient à moi.

Dans une certaine mesure, tous les Serpentards tiennent à moi, plus que je ne tiens à moi-même. Et certains, même, pour ce que j'en comprend, me considèrent comme leur ami. Pour autant que j'en saisisse le concept, évidemment.

Chez les Vert-Argent, Théodore est celui qui se rapproche le plus d'un ami, je crois. Parce qu'il ne m'obéit pas. Qu'il critique mes choix, quand il ne les estiment pas. Et que, étonnamment, comme ceux de ma maison, mais sans leur obédience, il tient à moi.

De l'eau tombe sur mes épaules nues. Pansy. Elle...pleure ? Pour moi ?

Elle ne devrait pas. Ce n'est pas si grave. Blaise se tient un peu en retrait, et semble aussi bouleversé que moi par la détresse soudaine de Pansy. Du plat de la main, je lui caresse le dos et je reprend, de ma voix la plus lénifiante, pour la calmer, atténuer sa détresse :

- Tout va bien, Pansy. Tu sais bien que, question sexe, je suis prêt aux expériences extrêmes.

J'essaie d'en plaisanter, Merlin ! J'empêche mes dents de s'entrechoquer, mes souvenirs d'affluer, et je lui offre même mon sourire. Rien que pour la voir rougir et sourire à son tour.

C'est la chose la plus difficile que j'ai jamais eu à faire, j'ai l'impression.

Blaise rigole doucement à mes paroles, et le sourire de Pansy se renforce. En un instant, le monde reprend sa course.

Mes compulsions sexuelles ne sont un secret pour personne.

Quand je perd le contrôle de mes émotions, ce qui se produit de plus en plus avec mes contraintes actuelles, je me réfugie dans les excès en tout genre.

Les fêtes des Serpents sont connues de tout Poudlard. Les professeurs et le directeur doivent être au courant aussi mais, étrangement, ils laissent faire. Peut être parce qu'ils savent que nous n'entraînons pas les plus jeunes. Ou parce qu'ils savent que, s'ils supprimaient cette soupape, nous en trouverions d'autres, plus dangereuses.

La proximité de la guerre est plus fortement ressentie dans notre maison, j'ai l'impression, et nous nous échappons comme nous pouvons de cette réalité inquiétante.

Dans ces soirées, produits magiques illicites, drogues diverses, sexe et alcools forts cohabitent allègrement.

Et les Serpentards sont connus pour la perversité de leurs goûts. Et pour leur appétit.

Moi, au moins. Je ne suis pas le Prince des Serpents par hasard, après tout.

En matière de sexe, je suis gourmand. Pas gourmet. J'accepte tout. Une frénésie qui semble convenir à mes partenaires des 2 sexes.

Je repense à ce surnom, « Dieu du Sexe ». Vrai et faux à la fois. Pute de Poudlard serait au moins aussi approprié. Voire plus.

Parce que ma Magie me permet de contenter mes amants et mes maîtresses. Parce que ma Magie m'oblige à les contenter, surtout.

Et c'est justement pour ça que, paradoxalement, je me sens plus en sécurité dans ces moments de débauche, entourés de ceux de ma maison. Parce que, avec eux, je suis protégé.

Je n'ai jamais fini mes nuits festives aussi amoché qu'aujourd'hui avec mes nouveaux « amis » Poufsouffles.

Je me remémore notre dernière « soirée spéciale », où plusieurs membres d'autres maisons avaient été conviés. Après une nuit de stupre et de décadence, j'avais été un des premiers à émerger, et les corps enchevêtrés des membres de ma maison et de nos invités m'avaient laissé un étrange malaise, une sensation indéfinissable de mal-être.

Ces orgies à répétition sont un indicateur de notre tension. Et je ne peux que m'interroger devant leur fréquence. Notre promotion semble placée sous le signe de la perdition.

Est ce une angoisse commune, liée à cette guerre qui ne se dévoile pas ouvertement, ou bien est ce ma propre déchéance que je transmet à toute ma maison ?

Mon sang se glace à cette idée.

Je me force à sortir de ces pensées sombres, et je retourne un sourire un peu fané à Pansy, qu'elle me rend courageusement, même si ses yeux gardent toute leur inquiétude.

Je ne peux pas, ne dois pas, montrer mes faiblesses. Ni à eux, ni à personne.

Je sors du lit, me déshabille sans complexe devant leurs regards mi-amusés, mi-soucieux, et, sans trop les regarder, me prépare en vue du dîner dans le Grande Salle.

Il sera à une table de moi. Mon agresseur. Je suis terrifié. Je ne dois rien montrer, ou il gagne.

- Je vais manger. Vous venez ?

Aucune faiblesse.