Excusez moi pour le retard considérable de ce chapitre.
Ceci n'étant pas du pour une fois à un quelconque problème d'ordinateur, ni même à un manque de temps (c'est pas avec le nombre de cours que j'ai eu ce mois-ci que j'ai croulé sous les devoirs), mais bel et bien par une certaine flemmardise et une pointillerie qui ne me caractérise que lorsque j'écris. (si je m'écoutais, je finirais par faire un chapitre tous les ans tellement je les retouche)
Voilà, tout ça pour dire qu'il m'a été très difficile d'écrire ce chapitre, et que je l'ai remanié au moins quatre fois avant d'être à peu près satisfaite. Le plus grand problème étant de trouver une fin un peu rebondissante que j'ai fini par trouver tant bien que mal.
Enfin, moi qui n'ai généralement rien à dire, là vous êtes servit.
Disclaimer : Les semaines de retard ne m'ont pas permit de m'approprier les personnages de Fruit Basket qui sont encore et toujours aux mains de Takaya.
Warning : Les pensées de Kyô sont toujours en italiques.
Réponses aux reviews anonymes :
Chaya : C'est bien dommage que ta méthode soit brevetée… Je l'aurais utilisé souvent sinon…
Nana : La violence ne résout rien en ce bas monde mais c'est vrai que de temps, on se demande… Et puis ça défoule !
Sophie77 : C'est possible mais pas au programme. Par contre, si tu as des idées, je suis ouverte à toutes remarques…
Ce chapitre ne devait être au départ qu'un petit, et uniquement là pour la transition, mais a fini par faire 14 pages Word… (moi et ma manie de toujours rajouter des détails)
J'espère que vous l'apprécierait ! Enjoy et reviewsssss !
Et ce qui devait arriver arriva…
A force de sortir tous les soirs par -4° au dehors, fallait pas s'étonner qu'il tombe malade…
Cloîtré sur le canapé du salon, Kyô en était venu à une conclusion : si le fait de supporter chaque soir Shigure était dur, ce n'était rien en comparaison que de l'avoir toute la journée.
Voilà à peine un jour qu'il était fiévreux et il en avait déjà plus que marre de voir son cousin en permanence, d'entendre ses petites remarques, et commençait singulièrement à se lasser de lui envoyer à chaque fois son coussin sur la figure pour qu'il se taise.
Le fait de tousser de manière constante en se raclant la gorge était suffisamment douloureux et désagréable sans qu'il ne s'y mette aussi.
Couché contre l'étoffe moelleuse d'une couverture, Kyô sentait son sang se glacer de manière considérable à mesure que le temps passer.
Et pour une simple raison : il était mort de trouille.
Aller tous les jours en cours lui permettait ainsi de s'évader de la maison.
Il avait donc beaucoup moins de chance de croiser Akito, et ça lui donné une bonne raison pour rentrer tard.
Mais désormais c'était différent.
Il était constamment sur place, sans réelle protection contre la fureur de son chef de famille ni sans issu possible : il était complètement à nu.
Parce que sans aucun doute, il allait lui faire payer sa traîtrise…
Kagura avait été la première a dégusté… et à la vue de ce que il pouvait faire sans en ressentir apparemment la moindre once de culpabilité, cela lui donné la chaire de poule…
Il ne savait d'ailleurs toujours pas pourquoi c'était elle qu'il avait choisit…
La jeune fille s'était-elle retrouvée au mauvais endroit, au mauvais moment… où était ce une façon pour son chef de le menacer un peu plus, de lui mettre la pression ?
Le chat n'en savait rien du tout, mais espérait sincèrement que c'était la première solution…
Tout, dans le comportement d'Akito jusqu'à ses choix l'angoissait au plus profond de son être.
D'abord celui du lieu… Personne parmi les Somas ne pouvait ignorer l'histoire de celui-ci et les soupçons sur sa culpabilité.
Ensuite, ses changements d'humeur apparents… Son chef n'avait jamais été connu pour ses humeurs diverses… Non, généralement on le comparait plutôt à un tyran d'une tragédie ou d'un drame…
C'est à dire une personne qui avait en moyenne deux masques… Celui de tous les jours, et celui qui épouvantait tout le monde dans un rayon de deux mètres.
Et enfin, les nombreuses coïncidences qui advenait… Kyo voulait bien croire qu'Akito avait de la chance, mais pas au point de deviner deux fois de suite que Tohru ne serait pas là…
Cette fille, et il ne pouvait l'ignorer, pensait plus aux autres qu'à elle-même… Donc le fait qu'elle s'absente alors qu'il se trouvait seul à la maison était rare voir quasiment nul.
En d'autre terme, toute l'histoire sentait l'embrouille à plein nez…
… Et Kyô fut légèrement désappointé d'en voir un dépassé de la porte.
Agrippant son verre d'eau, il le balança de l'autre côté de la pièce où on entendit un hurlement de la part du chien.
Assis en tailleur, ce dernier se plaignait bruyamment de la « méchanceté du vilain pas bô Kyô, alors qu'il avait eu la gentillesse d'appeler Hatori »…
Se tassant un peu plus entre les oreillers pour échapper à ses simagrées, le chat finit par s'endormir bel et bien.
"Oui…"
Hein… ?
"C'était si grave que ça ?"
Où est-ce que… ?
"Plus que d'habitude."
Pourquoi Hatori est là ?
Couché sur le flanc gauche, Kyô battit des paupières devant la soudaine luminosité.
A quelques pas de lui, Hatori et Shigure semblait en grande conversation, trop occupé pour se rendre compte qu'il venait de se réveiller.
"Désolé de te donner cette surcharge de travail, reprit le chien."
"Ce n'est pas de ta faute."
"C'est vrai que je trouvais ça étrange…"
"Quoi donc ?"
"Qu'Akito ne me demande pas…"
"Idiot !"
"Tu es méchant Hatori-chan !"
Pauvre Hatori…
"Très drôle ! Enfin… C'était pour te prévenir, continua le dragon."
"Ca tombait bien, je pensais y passer…"
"Ne te donne pas cette peine… Primo j'interdis que toute personne autre que moi n'y aille et secundo, il m'a fallu tellement de temps pour le calmer que je n'ai pas envie qu'on l'asticote…"
"Tu ne lui a pas donner quelque chose ?…"
"Si… Mais il était tellement déchaîné que je crois que ça ne doit plus faire effet maintenant…"
"C'était si terrible que ça ?"
"Tu ne peux même pas imaginé… Pourtant, d'habitude il ne fait pas autant d'histoire. Et entre nous, il tombe malade tous les quatre matins, donc ça ne devrait plus en faire… Mais quand j'ai prit sa température et que je lui ai donné l'interdiction formelle de sortir où de recevoir, il est devenu violent, a faillit estropier six personnes et l'une d'elle est encore à l'hôpital…"
"Tu n'as pas une idée de ce qui a pu le prendre tout d'un coup comme ça ?"
"Absolument aucune… Et son humeur se dégrade de plus en plus. Ca fait des semaines que ça dur, et crois moi, j'ai hâte qu'il guérisse…"
"Et sinon, il ne t'a pas paru bizarre ?"
"Je n'ai jamais vu Akito si peu normal depuis que je le connais. Tiens une fois, il a arrêté d'exploser sa chambre et ma demander si je pouvais… Le reste, je n'en ai jamais rien su : il m'a jaugé du regard puis c'est ravisé, comme s'il avait peur que je l'en empêche. Après, quand je lui ai annoncé qu'il devait encore avoir du repos total, sa colère a soudainement éclaté…"
"…"
"Et il y a trois jours, il a essayé de sortir en douce de sa chambre pour aller je en sais où…"
"Ca va loin…"
"A qui le dis tu… ! Bon je dois y aller, je repasserais demain pour ausculter Kyô…"
"Ne t'inquiète pas pour lui, ça ne doit pas être bien grave…"
"C'est ce que je me suis dit pour Akto… Ca fait deux semaines que ça a commencé et ce n'est pas près de finir…"
"C'est quoi la cause à ton avis ?"
"Mauvais coup de froid… Mais j'ai du mal à voir notre chef de famille attendant des heures sans rien faire dehors."
"Et voici tes devoirs…"
Un monceau de papier voletant s'échappa de la poche en plastique pour tomber pêle-mêle sur le sol.
Le chat pâlit un bon coup devant le tas assez impressionnant qui s'entassait par terre.
Yuki jeta soudainement un coup d'œil à une autre poche plastique, beaucoup plus petite, avant de continuer d'un air sarcastique :
"Oups ! Désolé, c'est ça tes devoirs, dit-il en lui lançant ce dernier sac."
"…"
"Et ça, reprit-il en lui faisant avisé le monceau impressionnant par terre, se sont les lettres de tes admiratrices."
Retenant le commentaire bien senti qu'il aurait bien voulu lui répondre, Kyô lui arracha la poche des mains avant de s'en aller d'un pas grommelant… et de tomber comme une masse trois mètres après.
S'en suivit sans grande surprise, une imitation d'alerte incendie de la part de Tohru, et un « Baka neko » habituel de son cousin.
La tête dans les choux, Kyô s'éveilla lentement dans le salon.
Il s'était encore endormi le kotatsu.
Rageant contre son mal de tête grandissant, il lui fallut quelques temps pour entendre des voix s'élever de l'autre côté du mur.
Hatori était repassé…
"Et alors ?"
"Ca va beaucoup mieux maintenant, mais il n'est pas en état de sortir encore."
"J'imagine qu'il a du être intenable quand tu le lui as annoncé…"
"…"
"Hatori ?"
"Non… Au contraire."
"Comment ça ?"
"Et bien, on aurait dit… qu'il avait fini… par prendre les choses du bon côté… Voilà, c'est ça. Comme si il avait trouvé subitement que sa situation pouvait être à son avantage."
"C'est à dire ?"
"Je n'en sais pas plus que toi."
"Alala… Je donnerai cher pour savoir ce qui lui arrive."
"…"
"En tout cas, allons voir notre autre grand malade."
La porte du bureau de Shigure coulissa, et le chat n'entendit que quelques bruits de pas avant de voir apparaître devant lui les deux adultes :
"Alors Kyô-chan ? Comment ça va aujourd'hui ?"
"La ferme Shigure !"
"Ououh ! C'est pas bien d'être méchant comme ça !"
"Shigure tu peux m'attendre dehors ?"
"Comme tu voudras Tori-channnn ! lui répondit le chien avant d'ouvrir la porte et de filer en direction de son bureau."
"Shigure est vraiment insupportable."
"Ca tu l'as dit…"
"Bon sinon, où as-tu mal précisément ?"
Le métal froid du stéthoscope entra soudainement en collision avec la peau de Kyô, le faisant légèrement frissonner.
Après une série de question et d'auscultation que le chat trouva sans grand intérêt et surtout trop longue, ce dernier pensait en avoir enfin fini avec sa visite médicale lorsque le médecin sembla soudainement se désintéresser de ce qu'il faisait et qu'une petite ride apparue sur son front.
Au bout d'un petit moment passé dans la même position, Kyô finit par lui demander :
"Hatori ?"
"… Hmm ?… Euh… Oui, oui ?"
"Y a quelque chose qui va pas ?"
"Non, non rien, ne t'inquiète pas."
Pourtant, ses sourcils venaient de se froncer, et sa bouche s'était soudainement crispée.
En plus, s'inquiéter… Mais de quoi ? C'était plutôt lui qui l'inquiétait ! A rester comme ça, l'air concentré et pas détendu…
"Kyô, dis moi…"
"…"
"Est-ce que tu a passé du temps à l'air libre récemment ?"
"Uuuuh ? Comprend pas l'intérêt de la question…"
"Répond moi simplement."
"Oui."
"Par ce temps là… ?"
"Et alors ?"
"Non non, pour rien."
Quelqu'un allait-il enfin lui expliquer ce qu'il se passait ? Entre Hatori qui se mettait à devenir mystérieux et Akito qui pétait les plombs, il ne savait plus ou donner de la tête !
Au moins, maintenant, la séance médicale était bel et bien terminée…
"Je reviendrais demain…"
"Quoiiiii ? Pourquoi, c'est pas encore fini ?"
"Je statuerais sur ton sort demain."
"Pffff !"
Et voilà, une journée de plus à attendre et ne rien faire !
Pourquoi ? Pour s'entendre dire que l'on est en parfaite santé et que l'on pourra reprendre les cours le lendemain même.
Mais en attendant, il était toujours cloîtré chez lui et avait déjà prit la mauvaise habitude de réussir à s'endormir n'importe où et à n'importe quelle heure de la journée…
Ce qui lui valait par ailleurs des insomnies chroniques durant la nuit.
Le fait que l'on était encore en semaine lui valait pour seule compagnie celle de son pervers de cousin.
Note bien qu'il ne préférait pas se taper l'autre là, le rat, mais il aurait bien aimé pouvoir profiter de celle de Tohru, qu'il ne voyait plus beaucoup. Ceci étant du aux heures indues aux lesquelles il réussissait –enfin !- à s'endormir, et les heures tous aussi tardives aux lesquelles il se réveillait.
Grâce au paravent, il vit arriver de loin son cousin, inimitable dans son genre. Marcher comme un ivrogne dans la rue, il n'y avait que lui qui réussissait à faire ça dans cette maison.
L'attendant de pied ferme avec un coussin, il fut néanmoins surpris quand celui-ci le mit au courant que quelqu'un voulait lui parler au téléphone.
"Toriiiiiii-chan ! Quel plaisir de te voir !"
"Idiot !"
"Toujours d'aussi bonne humeur Hatori… Tu viens voir Kyô ?"
"Oui. Et vite si possible pour que tout ça finisse rapidement."
"Alors là par contre, tu vas devoir attendre. Il est au téléphone en ce moment…"
"…"
"Ca ne vas pas Hatori, t'es devenu blanc… Ca t'embête tant que ça que quelqu'un lui téléphone ?"
"…."
"Ouou ! Hatoriii ! Ne me claques pas dans les pattes là !"
"Dis moi Shigure…"
"Oui ?"
"La personne qui lui a téléphoné, ce n'est quand même pas…"
"Mon maître ?"
"Oui, bonjour Kyô, comment vas-tu ?"
"Très bien et vous ? Ca fait longtemps que je ne vous ai pas vu ! Et votre excursion, elle s'est bien passée ?"
"A merveille ! Mais tu sais, je ne souhaitais pas spécialement y aller…"
"Bah, fallait bien que quelqu'un y ailles…"
"Ce n'était qu'une petite semaine ! Et j'aurais très bien pu laisser la place à Kunimitsu, ça l'aurait enchanté de partir, vraiment…"
"Mais c'est vous qui avez gagné ce voyage !"
"Comme quoi, mauvais en cuisine, heureux au jeu… Hahaa… !"
"…"
"Hahaha !… Ha… Ha… Euh… Bon… Je… Je t'ai appelé pour te parler…"
"…"
"J'ai eu… un… problème soudain qui m'est tombé dessus…"
"Ca t'embête tant que ça que Kazuma l'appelle ?"
"C'est Kazuma qui l'a appelé ?"
"Oui…"
"…"
"T'es bizarre en ce moment Hatori… Certainement le surmenage ! Si tu en parles à Aya, il te fera sûrement un de ces fameux massages dont il a le secret…"
"Shi-gu-re !"
"Ouah c'est bon, je plaisante… Sinon, comment va Akito ?"
"Alors là… Absolument aucune amélioration."
"Pardon ? Ca commence à faire long pour un simple coup de froid."
"Oui je sais, et je pense savoir pourquoi."
"Gne… ?"
"Figure toi qu'il a encore disparu. Durant toute la journée d'hier."
"Oui, enfin je l'ai apprit ce matin est… C'est, c'est un accident très grave qui me concerne en premier lieu… reprit Kazuma."
"…"
"En t'appelant, je ne pensais pas t'avoir directement, je… je pensais juste demander à Shigure les heures où tu sortais de cours, pour venir te… parler di-directement."
"Vous semblez bouleversé… Qu'est-ce qu'il s'est pass… ?"
"RIEN ! Je veux dire, rien. Rien qui te concerne. Rien, de rien. Tu… Tu n'es pas mis en cause. Ce n'est pas de ta faute. Rien n'est de ta faute. Ce n'est pas un acte contre toi. Ne t'inquiète pas, absolument pas… Ce n'est pas si grave après tout, et ça ne te concerne pas, ça ne …"
"C'est bon, c'est bon ! Calmez-vous. Prenez une grande respiration… Voilà."
"Ex… Excuse moi… Je… Je suis désolé. Enfin, je voulais te parler de vive voix et Shigure m'as dit que tu étais à la maison car tu étais malade…"
"…"
"Ca m'étonnait aussi que tu ne viennes plus à l'entraînement… Je pensais que tu avais juste besoin d'être seul et de passer du temps tant… avec elle je veux dire. Enfin… J'ai donc saisit la perche au vol. C'était pour t'informer qu'il se pourrait que je m'absente pendant quelques semaines…"
"Je l'ai cherché partout, continua Hatori, partout. Mais il était totalement introuvable. Je l'ai vu revenir hier soir comme ça, comme si de rien n'était. Malgré tout ce que je lui ai demandé, je n'ai pas pu savoir d'où il venait…"
"C'est rare quand même qu'il te désobéisse à ce point… Je veux dire que, généralement il t'écoute lorsque tu lui demandes de garder le lit, bon gré, mal gré. A ton avis c'est parce qu'il boudait ?"
"Je ne crois pas non. Il avait l'air heureux, très heureux, et quand je l'ai soigné, il est devenu très docile. Un peu comme… s'il était content de devoir encore garder le lit… Ne me regarde pas comme ça, je sais très bien que ce que je viens de dire est antithétique."
"Va savoir ce qui lui passe par la tête… Enfin, en parlant d'introuvable, tu ne t'es pas trop fait sermonné ?"
"A quel niveau ?"
"Ben, t'es venu deux fois de suite pendant à peu près deux à trois heures le temps que la belle aux bois dormant s'éveille. Tel que je connais Akito, il a du dramatiser un peu sa situation et ta fait demandé à peu près toutes les deux minutes… Ca ne t'as pas trop gêné ?"
"Je crois te l'avoir dit avant non ? En ce moment Akito n'aime pas me voir souvent, surtout depuis que je l'ai empêché de passer par la fenêtre de sa chambre, pour qu'il parte je ne sais où… Mais oui, effectivement avant-hier il s'en est rendu compte et m'as demandé où j'étais."
"Ouchh ! Et alors ?"
"Rien…"
"Comment ça rien ? Tu ne lui as rien dit ? Il n'a rien fait ?"
"Je…"
"Il ne t'as pas ordonné de le fair…"
"Je lui ai dit que Kyô était malade et qu'il était cloîtré chez lui."
"Par… Pardon ? bégaya Kyô."
"Oui je sais, je sais que je t'avais promit de rester ici jusqu'à… l'Evènement… mais il faut absolument que je partes, c'est très important. Très TRES important…"
"Mais, mais bien sur que vous pouvez partir, vous n'avez pas besoin de mon autorisation après tout… Vous n'avez rien vis à vis de moi…"
"…"
"…"
"D'accord… continua Kazuma. Mais que ce soit bien clair entre nous. Si tu le désires, si quelque chose ne va pas, je reste ici…"
"…"
"Je romps d'une certaine façon la parole que je t'ai faite. Alors si tu veux que je reste, je resterai. Si tu as des problèmes en ce moment, surtout au niveau de la pression familiale, où même des problèmes d'ordre scolaire, je reste. Un seul mot de toi et j'annule mon voyage."
"…"
"Je pense à toi avant tout. Donc dis le moi. N'ai pas peur, répond moi honnêtement. Même si ça implique la famille où que tu ne veux pas que je sacrifie mon voyage…"
"…"
"… Kyô, est-ce que tu souhaites que je reste ?"
Le sang du chat se glaça intérieurement.
Un mot, seulement un mot et tout rentreraient dans l'ordre. Même pas besoin de lui expliquer la situation, il resterait, et tout irai mieux.
Comme lorsqu'il était enfant, lorsque Kazuma le prenait dans ses bras et que tous ces soucis s'envoler.
Un mot seulement un mot, et il bénéficierait de la protection de son maître qu'il n'avait pas eu récemment. Un soutien irremplaçable. Un père qui l'aiderai à porter et à surmonter le poids sur ses épaules. Un père qui fera barrière aux problèmes.
Un père qui l'aiderai à se protéger d'Akito, qui s'interposera face à lui...
Je serai si contente si on devenait ami !
… le comprendrai…
J'ai toujours été triste d'être naît hanté…
… soutiendrai…
Je serai avec toi, toujours !
… et qui…
Si j'arrivai à raccourcir cette distance entre toi et moi…
…
Je t'aime !
…
"Kyô ?"
"…"
"Alors, Kyô ?"
"…"
"…""Non… Non c'est bon. Tout va bien."
"Kyô ? Tu as fini de parler avec Kazuma ?"
"…"
"Qu'est ce qu'il te voulait ?"
"Rien… Rien me concernant."
Pour la deuxième fois en deux jours, Kyô se remit à frissonner au contact de ce qu'il allait bientôt appelé : « l'objet de mort d'Hatori ».
De mauvaise humeur, il fixait les oiseaux au dehors qui piaillaient joyeusement tandis que le médecin s'évertuait à essayer de trouver quelque chose en lui qui ne tourner pas rond…
Sa colère augmenta subitement d'un ton. Non mais quel intérêt à se faire ausculter une fois de plus par Hatori ?
Il n'avait plus ni fièvre, ni toussotement, ni même de vertige depuis hier soir. Pas besoin d'être docteur pour se rendre compte qu'il n'était plus malade.
Pourtant le dragon continuait inlassablement à inspecter chaque centimètre carré du chat pour tenter de trouver ne serais ce qu'un petit signe qui l'obligerait à rester au lit une journée de plus.
Tenait-il tant que ça a ce que Kyô reste au lit et ne sorte pas ? Inutile, il ne trouverait rien.
Le problème, c'était qu'il gaspillait vainement du temps à chacun d'entre eux, et surtout pour pas grand-chose.
D'après ce qu'il pouvait en voir, le dragon n'avait pas l'air fasciné par ce qu'il était en train de faire, et semblait plutôt dans un autre monde. Kyô devait répéter au moins six fois ce qu'il disait pour que le médecin finisse par sortir de ses rêves et daigne l'écouter.
Finalement, après une durée interminable, Hatori rangea ses instruments dans sa sacoche.
Kyô bondit sur ces pieds et les firent bouger pour les dégourdir.
D'un pas pressant, il s'avança vers la porte de sortie. Rien à faire que le dragon lui dise le fin mot de l'histoire, de toute façon il le savait déjà…
"Kyô je veux que tu restes au lit demain aussi."
Il fallut huit secondes au chat pour assimiler ce qu'Hatori venait réellement de dire au lieu de ce qu'il croyait qu'Hatori dirait.
Le chat se retourna lentement vers son cousin qui n'eut pas une parole pour lui.
Le regard volontairement fuyant du médecin s'attarda sur un livre lorsque Kyô échappa une sorte de beuglement colérique.
Fermant vite son sac, l'homme se dirigea vite vers la sortie mais l'adolescent présent le retint par la manche.
"QUOI ? C'est quoi cette histoire !"
"Je te dis juste que tu vas devoir garder le lit demain enco…"
"MAIS CA VA PAS LA TETE ? Et on peut savoir POURQUOI ?"
"Parce que tu es encore convalescent ! Et que tu sais très bien ce qui peut se passer quand nous sommes affaiblit !"
"Ne me prends pas pour Yuki ! Moi ça ne m'ait jamais arrivé !"
"Il y a un temps pour tout Kyô !"
"Ah ouais ? AH OUAIS ? Et comment t'as su que j'étais encore malade ? COMMENT T'AS SU !"
"Ca ne te regarde absolument pas ! Je le sais c'est tout ! Et maintenant si tu veux bien…"
Hatori se détacha dans un mouvement brusque du chat, et accéléra le pas tandis qu'il l'entendit hurler sa colère et détruire un ou deux vases au passage.
De toute façon, rien n'y ferait. Kyô avait prit sa décision.
Qu'importe ce que ce baka de dragon pourrait dire, il irait en cours demain.
Le médecin se pressait pour sortir de la maison, voulant mettre de la distance entre la fureur du chat et lui. Tout en marchant, il sentit un sentiment… Un sentiment qui commençait à prendre de l'ampleur… à grandir… grandir…
Mais il n'arrivait pas à mettre la main dessus.
"Ca va Hatori ?"
Le dragon remercia intérieurement le chien pour son interruption. Un peu plus, et il était partit sur une grande discussion avec soi-même. Loin de s'en formaliser, Shigure continua :
"Ne t'inquiète pas Hatori, je veillerais à ce qu'il reste au repos demain…"
"…"
"N'empêche, ce n'est pas une bonne période pour toi… Te faire engueuler de la sorte deux fois en même pas trois jours. Entre Kyô et Akito, je ne sais pas lequel est le plus colérique…"
"Je ne me suis pas fait réprimander par Akito."
"Ah bon ? Moi j'étais pourtant persuadé qu'après ton aveu d'être passé voir Kyô, il serait entré dans une colère noire pour te faire payer ta trahison…"
"Non, pas du tout. Il a seulement été très surprit puis m'a ordonné de faire quelque chose, répondit concisément Hatori, ne cherchant même pas à cacher son envie grandissante de sortir de là."
"Il divague de plus en plus là, continua Shigure en ouvrant la porte d'entrer, quoique s'il est encore capable de jouer à son enfant gâté envers qui tout est dû, ça ne peut pas être bien grave… En tout cas, ne t'inquiète pas pour notre jeune gredin, je m'occupe de lui."
Le bruit mat de la porte se fermant se fit entendre alors qu'Hatori se dirigea vers sa voiture, le cœur un peu plus léger mais la conscience toujours aussi lourde.
Dès qu'il avait posé un pied en dehors de la maison, il avait comprit…Voilà ce qu'il avait…
Un affreux sentiment de culpabilité.
Ce ne fut lorsque la clé tourna pour ouvrir la portière que le médecin réussi finalement à se résigner, au prix d'un important effort.
Mais qu'est-ce qu'il pouvait y avoir de mal ?
Qu'est-ce qui pourrait bien arrivé ?
Non, il ne voyait vraiment pas.
N'empêche qu'il était curieux de savoir pourquoi Akito tenait tellement à ce que Kyô reste cloîtrer chez lui.
