Je ne vais pas le cacher, je m'emmerde tout aussi royalement, alors je file prendre ce qui me semble le plus raisonnable quand on est resté un temps incroyable dans le parc à cette température : une bonne douche chaude…

Je soupire de soulagement lorsque je sens les gouttes d'eau ruisseler sur mon corps. J'avais oublié à quel point ça faisait du bien… Les yeux clos, je tends la main pour attraper le shampoing, mais il me semble que le tube est… quelque peu doux et anormalement chaud.

Ouvrant brutalement les yeux, je me retourne assez vite pour voir que je tiens le bras de Malefoy avant qu'il ne se colle dans mon dos, me laissant apprécier l'étendue du désir qu'il éprouve pour moi. Il s'empare du shampoing que je n'ai pas réussi à prendre, tout en m'embrassant la nuque. Je crois que c'est à partir de là que je me laisse totalement faire. Il met une bonne noisette du liquide dans sa main droite et me savonne délicatement les cheveux, avec une douceur des plus improbables de la part de cette personne-là… Je suis complètement en transe, quand il décide de s'attaquer à mon corps. Ses doigts glissent le long des muscles tendus, effleurant ma peau, qui a la chair de poule, quand ils tombent sur une fine cicatrice qu'ils suivent délicatement, cette marque partant de la hanche et finissant par se perdre vers l'intérieur de ma cuisse droite. Le jour où j'ai subi cette blessure de guerre, j'ai failli être stérile.

Sans prévenir, il entre en moi, mais tout aussi délicatement, ce qui m'impressionne, et la vive douleur n'a pas le temps de se faire sentir que le plaisir se pointe. A chaque mouvement, je gémis encore plus fort, et je crois que je gueule littéralement quand on est au comble de l'extase, lui s'épandant en moi et moi dans sa main qui est venue au dernier moment enserrer mon membre gonflé de plaisir. On sort de la douche, il m'enveloppe dans une serviette chaude et m'entraîne vers mon lit où l'on s'installe et je m'endors presque aussitôt, si bien dans ces bras attentionnés. Je m'en veux un peu, parce que je sais que si je me sens si bien, c'est que ce soir il m'a donné ce dont j'ai toujours manqué, il m'a choyé, le rôle qu'une mère doit occuper, et j'ai honte d'avoir remplacé ma mère par un mec. Mais c'est la vie, on n'y peut rien. Le lendemain au réveil, je fais le pénible constat du lit vide, non que j'aime Malefoy, mais c'est toujours agréable d'avoir une bouillote à soi et je me sens tout de même blessé dans mon orgueil.

Ce que j'observe avec beaucoup d'étrangeté, c'est que moi qui suis censé être le sauveur, le gentil Harry Potter, je maltraite Malefoy au lit et il adore ça, sûrement parce qu'il n'a jamais connu la violence dans sa vie, dans son joli petit palace doré, que lui qui est censé être le méchant de l'histoire me traite comme une mère-poule, et que j'ai l'impression que je ne pourrai jamais m'en passer, une impression de vide comblé, la douceur que je n'ai jamais eu et à laquelle je n'ai jamais eu droit. Au fond Malefoy et moi on est très complémentaires… Non mais Harry tu débloques ?! Faut arrêter la réflexion existentielle, vieux.

Secouant mon esprit, je me lève, m'habille et vais dans la grande salle prendre mon petit-déjeuner. J'y trouve Sirius debout sur une table en train de faire le mariolle, sous les rires de la Grande Salle entière. Décidant que tout le monde n'était pas assez extatique, il entame un streap-morning, que la directrice ne prend même pas la peine d'interrompre, participant avec joie aux sifflements ravis de la moitié de la salle. Je me suis installé et remarque maintenant que mon parrain s'est coupé les cheveux, il s'est rasé et ses deux mirettes océan reflètent sa joie de vivre et peut-être aussi un peu la folie des années d'enfermement. Il en est déjà à la moitié quand je peux voir que l'Animagus est super bien foutu. Pardon, je corrige : super super bien foutu. Le temps que je me sermonne d'avoir une bref, une milliseconde même, fantasmé sur mon parrain, je décide d'entrer en action quand je le vois s'attaquer à son jean.

Je secoue Hermione qui reprend un air sérieux, je met une baffe à Malefoy qui essuie quelque peu la bave qui a commencé à couler et essaye de dire à MacGo de faire quelque chose, mais il est dur de capter l'attention d'une femme en transe qui tente d'arracher le dernier rempart de sa pudeur à Sirius, chose qu'elle a déjà fait je n'en doute pas (yeurk !). Etant donné que je n'arrive à rien avec elle, je décide de m'en charger moi-même. Je tire Sirius par le bras, il perd l'équilibre et tombe de la table sous les « Oooh ! » affligés des quelques 200 filles/femmes/homosexuels/débiles de la salle. Sirius, pas le moins gêné du monde, fait un grand sourire en émergeant de derrière la table, balance un « à plus tard les amis », et sort joyeusement de la salle, en slibard, en embrassant une 7° année au passage. MacGo ne dit rien et même Hermione n'y prête pas importance. NON MAIS C'EST QUOI CETTE ECOLE DE BARJES ?! Avec un Accio, je récupère les sapes de Sirius et part à sa suite pour les lui restituer.

Durant la journée, les élèves, en majorité des filles, sont incapables de se concentrer donc je préfère leur faire faire de la théorie pour prévenir tout accident. Durant cette même journée, alors que je dicte mon cours, Sirius passe et l'on entend : « ce petit chemin, qui sent la noisette, ce petit chemin, n'a ni queue, ni tête ! »

- Sirius !

- Oui mon petit filleul préféré ?

- Ecoute, Si', tu sais que je t'adore et cette chanson est mignonne et tout ce qu'on voudra, mais pitié… TA GUEULE !

- Ok, Harry. A toute, alors !

Et il repart, fredonnant l'air coupable de mon énervement tout en respectant ce que je lui avais implicitement demandé : de ne plus le chanter. Grr. Je vais me tuer.

- Siriuuus !

Héhéhé. Hermione perd patience.

- Potter.

Tiens, Malefoy a émergé des cachots. Je sors dans le couloir et aussitôt ma classe fait un raffut épouvantable. Tant mieux : ils n'entendront pas notre discussion.

- Dis-moi : qu'est-ce que tu en penses si je glisse une goutte de poison dans le verre de Black, à midi ?

Allez, on lui en veut pas. J'imagine que Mme Black et les Détraqueurs ne sont pas d'une compagnie très agréable…

« … qui sent la noisette… » (8)

- D'accord.

(1)

Je m'approche de la porte, discrètement, du moins je l'espère, et murmure le mot de passe. La porte s'ouvre dans un cliquetis, infime sûrement mais dans l'immobilité de la nuit il apparaît comme un coup de feu à mes oreilles. Dans la chambre, tout n'est que silence. Je m'habitue à l'obscurité, et je vois que la décoration est principalement vert et argent (oui oui, dans l'obscurité j'arrive à voir ça !). Je remarque, très étonnant, un bouquet de fleurs sur une commode, et ce qui est flagrant, c'est l'obscurité de la pièce, où pas un rayon de lune ne pénètre. Je m'approche du lit, où la fine forme de Malefoy est à peine devinable. Il dort à poing fermés, et moi qui voulais… l'agiter un peu, je décide de ne pas le réveiller. Alors je me glisse subrepticement dans les draps chauds et je sens deux mains m'enlacer, ce qui me porte rapidement dans les bras de Morphée.

*

Je sens le lit s'affaisser à mon côté, j'ouvre les yeux que je plonge immédiatement dans les deux lacs gelés de Malefoy. Il est habillé, je devine donc que je suis à la bourre, mais… je veux pas me leveeeeeer !! Je me souviens des années où Ron me levait à grand recours de baffes. J'attends la baffe de Malefoy, en vain. Il se contente de me regarder. Je met un coussin sur ma tête et baragouine, autant que je le peux, au travers :

- Malefoy, si tu veux une photo, j'en ai une bonne centaine dans ma chambre ! Et dédicacées, même !

Oui, d'accord, au réveil, je suis un vrai cochon. Et mais oh ! C'est moi qui ai tué Voldy ! Je sens tout à coup une main douce, sous les draps, glisser sur mon ventre, douce mais froide, ce qui achève de me réveiller tout à fait.

- Alors, Potter, on squatte les chambres ?

Je sors la tête du coussin, la chair de poule parcourant mon torse nu sous les délicieuses caresses made in Pôle Nord de Malefoy.

- Beeen… J'ai encore fait un cauchemar…

- Comment ça « encore » ? Tu dors toujours paisiblement avec moi.

- Ah bon ? Ron, lui me dit que je suis à tuer. Il paraît que je crie, que je gémis…

- Ah ! Ça, tu le fais mais pas quand tu dors.

Je lui envoie son coussin dans la gueule et ce con explose de rire, complètement décoiffé ce qui lui donne un air… hum, bon, bref. Je me lève et alors qu'il part se recoiffer (dommage…), je me dirige vers la porte d'entrée quand mon regard est attiré par quelque chose. Outre le fait que la chambre est toujours plongée dans la pénombre totale (ce qui explique en partie le teint pâle), sur le bureau est posée une fiole d'une couleur bleu Klein et sur l'étiquette est marqué « Potion Tue-Loup ». je reste bloqué, les yeux rivés sur le flacon.

- Alors Potter, trop attiré par moi pour pouvoir quitter ma… Oh, merde.

***************************************************************************

(1) Je me suis engagée dans une voie sans issue alors je vais me permettre un retour en arrière… Ne pas crier contre moi, ça arrive à tout le monde. Bon alors, Sirius fait le con dans le château, et, outre le nombre de fois où Pomfrey doit raviver les élèves évanouies, le nombre de professeurs féminins dévorant du regard le détenu devient assez inquiétant. Passons sur Sirius, que je viens de voir entrer chez Trelawney (sans commentaires), je préfère revenir sur notre héros, les activités de l'Animagus étant pour le moment censurées. Oh, le voilà, dans le couloir des appartements des profs, il est 02h21 très précisément, et je crois bien que nous quittons la censure pour arriver à une autre censure… Oo. A vous.

Reviews ?

Bien à vous,

Revil.