Mon chapitre préféré huhu. J'espère qu'il vous plaira ^^
Bonne lecture! Et merci pour vos petits mots ^^
Chapitre 7 : la chasse aux sorcières
Si je fais de plus en plus confiance à Suzanne pour mener la marche, il n'en reste pas moins que je suis de plus en plus rongée par le doute. Les habitants de cette ville semblent me faire confiance, et que suis-je entrain de faire de cette confiance ? Je la joue ! C'est du moins l'impression que j'en ai. Un instant j'accuse un homme d'un crime, puis sur une intuition, parce qu'il a eu l'air abasourdi quand je l'ai giflé, je me mets à le défendre. La prudence est de mise, bien sure, et je ne m'impliquerais pas plus que nécessaire, mais tout de même… Je ne sais plus que penser. Surtout quand cet homme, Damian, me hurle continuellement dans la tête et réclame vengeance. Si je l'écoutais, je serais en ce moment même soit occupé à lacérer le visage de Dean de mes propres mains, soit je serais entrain de l'enfoncer un peu plus auprès des « collègues » policiers. Mon identité ne pourrait pas être plus tiraillée qu'en ce moment… Je sens Damian et sa haine qui prennent des forces à chaque instant. J'aimerais les en empêcher, mais je n'ai rien à leur opposer. Rien d'autre que les souvenirs d'une vieille femme pas loin de penser comme lui et d'une petite fille qui vient de comprendre qu'elle est morte. Pitoyable…
Pourtant, sans savoir pourquoi, je m'accroche à cette histoire qu'ils m'ont demandé de rapporter à leurs amis. Démons, anges, et complot… Tout serait difficile à croire si je ne me savais pas possédée par trois fantômes. Avec tout ça, je n'attends qu'une chose : que quelqu'un vienne me dire que je ne suis pas folle.
Sans hésiter, je sors du commissariat. De toute façon, il est inutile de s'attarder. Les personnes présentes ne font que se monter le chou et porter des œillères. Répéter qu'il y a quelque chose d'étrange qui se passe et que Dean était avec moi quand le sergent Damian Rice a été tué ne sert à rien. C'est comme si je criais au cœur d'un ouragan. Alors je poursuis ma route, à la recherche de quelqu'un qui m'écoutera. Et je finis par le joindre au téléphone, comme les Winchester me l'avaient prédit. Ce Bobby ne peut pas me retrouver, mais il a un contact qui vient d'arriver en ville. Il faut que je le rejoigne.
Je le retrouve au bar du coin. Il s'appelle William Benson, et on passe les deux heures qui suivent à s'entretenir à mi-voix pendant que tout autour de nous, la ville finit d'entrer en ébullition. Cet homme ne me plait pas, et malgré l'aide que je lui ai apporté, il refuse de me présenter les preuves qui m'apaiseraient. D'après lui, les anges sont des guignols de carnaval, et il n'a pas de démons sous la main à me présenter… Tout ce qu'il a, c'est une pleine cargaison de sel et d'eau bénite. Comment suis-je censée apaiser l'âme de ce policier avec ce genre de preuves ?! Paniquer ne sert à rien, mais c'est bien ce que je suis entrain de faire. La colère et le besoin de vengeance sont sur le point de me submerger.
*-Ecoutez mamzelle, vous avez fait tout ce que vous pouviez. Maintenant, faut me laisser faire.
A ces paroles, alors qu'avec Susan nous avions l'habitude d'agir de concert, Damian rassemble ses forces en une longue inspiration. Le chasseur est déjà parti quand il prend le contrôle de mon corps. Se mettre en retrait de son propre esprit pour laisser, de son plein gré, une autre personne diriger le navire est une chose. Mais se voir interdire l'accès des commandes de son propre corps en est une autre. Perplexe, j'essaye de le repousser, mais au lieu de courir à la suite de William, je me lève et interpelle l'assemblée présente.
*-Trois victimes déjà, et combien d'autres qui n'ont pas encore été découvertes ?!
Intérieurement, je hurle ma frustration. Quand bien même ce cri aurait-il franchit la frontière de mes lèvres qu'il se serait perdu au milieu des approbations et des encouragements.
*-Je les entends, croyez-moi, je les entends comme si c'était moi. Leurs âmes réclament vengeance !
Non ! Je n'ai jamais voulu ça ! De toutes mes forces, je lutte, je griffe, je vais jusqu'à supplier, mais rien n'y fait. Impitoyable, rendu sourd par la douleur et la fureur, Damian poursuit son discours à travers mes lèvres, attise la haine et la folie. Provoque l'irréparable quand je voudrais pouvoir faire une pause et tout reprendre depuis le début. Mon vœu aurait pu devenir réalité si Damian n'avait pris son frère à parti dans la foule, jouant sur la corde sensible, sincère comme seul peut l'être un mort s'adressant à un membre de sa famille.
Quand toutes les personnes présentes dans le bar finissent par se lever et se dirigent vers le bureau du sheriff, j'abandonne tout espoir et me laisse guider. Que puis-je y faire ? Je suis fatiguée, tellement fatiguée… Après un peu de sommeil, peut-être pourrai-je reprendre le pouvoir. Mais pour l'instant, cette possibilité me semble hors de portée.
Ce n'est qu'en me voyant saisir une arme, profitant de la confusion générale qui règne au commissariat, que je retrouve un peu de ma volonté. Quand mes pas me mènent en direction de la prison et que je prends conscience de ce qu'il va se passer, dans un sursaut, je me reprends.
Je ne tuerais pas un homme, et encore moins l'un des frères Winchester, je refuse ! La lutte commence. Je m'arrête puis baisse les yeux sur l'arme que je tiens à la main. Ce simple geste m'a couté une grande partie de mon énergie, mais je m'accroche à ce que je sais : je ne suis pas une tueuse, quoi qu'il arrive.
J'ai besoin d'aide, en l'état, je n'arriverais pas à reprendre totalement le contrôle de mon corps. Lentement, fruit de ma volonté, mon bras se lève jusqu'à pointer le canon vers le plafond. Puis je tire. La détonation attire alors l'attention des policiers, et en quelques secondes, je suis plaquée à terre, incapable de faire le moindre mal. Je peux enfin me laisser aller, me débattre comme un forcené, et n'en avoir rien à faire. Je finis à l'hôpital, avec quelques contusions et une bonne dose de sédatif dans le sang. Damian est toujours aux commandes de mon corps, mais au moins, je n'ai tué personne.
Le rideau tombe. Ce sera tout pour aujourd'hui.
***********
*-On s'arrache, les gars, annonça William McCormick aux deux frères en pénétrant dans la prison en sous-sol.
Avec les évènements de la veille, il n'a pas eu de mal à convaincre les autorités locales de l'importance de déménager les frères Winchester dans une prison de haute sécurité. Que ce soit pour leur bien ou celui de la population locale. C'est que personne ne voulait de massacre, n'est-ce pas ? Et de toute façon, il ne leur laissait pas le choix, fort de son autorité et de son insigne, il embarquait tout ce petit monde, et puis c'est tout. N'en croyant pas leur chance, Sam et Dean se levèrent instantanément.
*-Les Winchester…. Depuis le temps qu'on les traquait. Vous êtes forts, les gars, très très forts ! P'tain, tellement forts que vous allez surement avoir le droit à vos sales tronches sur CNN.
Cette réplique, et tout ce qui suivit en attendant qu'ils soient installés à l'arrière d'une fourgonnette banalisé « pour des besoins de discrétion évidents », n'était pas vraiment faite pour rassurer Dean et Sam, mais ils firent ce qu'ils devaient : jouer le jeu. Avaient-ils le choix de toute façon ? pas vraiment. Ils ne connaissaient pas ce William, mais il y avait quelque chose chez lui qu'ils ne pouvaient manquer de reconnaitre : cette aplomb que seule l'assurance d'être entrain de proférer un mensonge aussi gros qu'eux pouvait conférer. Ce gars était comme eux, et il allait les sortir de là, ou les tuer sur le bord de la route d'une balle dans la tête, au choix.
Sous les regards mauvais des personnes présentes, l'agent du FBI donna ses dernières instructions au shérif, puis il monta à l'arrière de la fourgonnette et donna un coup sur la paroi. Immédiatement, le moteur se mit en route.
*-Ils ont pas l'air content de vous voir partir…
*-Dans ce cas, désolé de les décevoir, mais pour ma part, je suis super content.
Après un échange de regard avec son frère, Dean ajouta :
*-Ou pas…
Sans que l'identité du « sauveur » ne soit révélée, ils démarrèrent sous les regards du shérif et de ses adjoints. D'un coup d'œil dans le rétroviseur, le conducteur aurait pu saisir le signal transmis en aval de la route, mais l'ambiance n'était plus à ce genre de précaution.
Et tout ce petit monde était occupé à s'échanger des informations quand la fourgonnette tomba dans le piège et fit une embardée, précipitant tout le monde à terre. Les pneus crevés, le véhicule devint incontrôlable.
*-Accrochez-vous ! Hurla l'agent Sally O'Brien par-dessus les crissements de pneu. On a de la compagnie !
Ils n'avaient pas fait cinq cent mètres, et déjà les ennuis leur tombaient dessus. En désespoir de cause, Sally braqua le volant pour éviter les voitures qui barraient la route, et alla s'encastrer dans une boutique de coiffure.
*-Bordel… Souffla Dean en reprenant ses esprits.
Le choc les avait tous un peu assommé, et s'il y avait plus de peur et de taule cabossée que de mal, ils n'étaient pas indemne pour autant. Sally, en particulier, avait morflé, rendu inconsciente par le choc et effondrée sur le volant. En voulant se rendre à son secours, Sam porta la main à son front pour en essuyer le sang qui coulait de son arcade sourcilière, et se heurta aux chaines qui le maintenaient toujours au banc. Hagard, William le poussa pour passer et s'occuper de sa compagne.
*-ça va, Dean ?
*-Je crois que j'ai une côte cassée, mais ça ira.
Sous le coup de la douleur, il grimaça tout de même le moment venu d'inspirer. Sam, quant à lui, s'était sérieusement amoché le genou, mais le temps n'était pas au compte-rendu de leurs petits bobos. Sally était dans les vapes, et William occupé à l'extraire de son fauteuil. Au dehors, des voix se rapprochaient, signe que les ennuis n'allaient pas tarder à tomber sur leur dos. En chœur, les deux frères s'escrimèrent sur leur chaine, tirant de toutes leurs forces pour les déloger de leurs attaches. Mais rien n'y faisait ; seules les clefs auraient pu changer quoi que ce soit à leur condition.
Quelques secondes plus tard, bras levés sous le menace du canon d'un fusil braqué sur eux, les chasseurs encore conscients levèrent tous les trois les bras sans chercher à jouer les héros.
Dehors, une partie des hommes présents au bar du coin la veille au soir les attendait de pied ferme, l'air pas commode.
*-Bonjour… Déjà de retour ? Les salua Dean d'un sourire un peu crispé.
Ce fut Sam qui ouvra la marche une fois sa chaine brisée d'une balle bien placée. Tout, dans la situation qui se mettait en place, lui fichait la chair de poule : le salon de coiffure dévasté, la rangée d'autochtones dardant sur eux un seul regard haineux et décidé, sans oublier un spectateur se tenant légèrement en retrait.
Lucifer en personne était venu assister à la scène, ce qui lui donnait un tout autre sens. Ne pouvant défaire son regard de cette vision glaçante, Sam descendit du fourgon sans faire attention à ce qu'il faisait. Plus rien n'avait d'importance, les personnes qui l'agrippaient, le poussaient, l'insultaient et le frappaient, même.
*-On va trouver une solution, Sam, cria Dean non loin.
Sa voix lui parvint comme dans un rêve, lointaine et dénuée de sens. Plus rien ne comptait en dehors du visage de l'ange déchu. De toute ses forces, Sam essaya de décrypter son expression, mais comme toujours, seul le regret et la tristesse lui furent renvoyés, comme s'il n'y était pour rien et regrettait que Sam se soit mis dans cette situation. Pourtant c'était bien de sa faute s'ils en étaient là, de sa faute à lui seul ! Sous le coup de la colère, Sam tenta de s'arracher aux mains qui le retenaient, et il hurla à l'intention de Lucifer :
*-Tu ne pouvais pas le faire toi-même, hein ?! T'es trop lâche pour faire le sale boulot… Salop !! Mais ça change rien, t'entend ? Rien ! J'te dirais jamais oui, jamais !
Lucifer se contenta de secouer la tête, peiné.
*-Je ne voulais pas que ça se passe de cette façon. Il faut me croire.
*-Foutaise ! T'es qu'un enfoiré… Tu peux dire ce que tu veux, mais t'es qu'une enflure ! On n'a rien en commun… Rien ! RAAaaaahh !!
Puis ce fut le trou noir. D'un coup sur la tête, quelqu'un mit fin à l'accès de rage de Sam. Un genou à terre, il lutta pour ne pas perdre totalement conscience.
*-Sam. Sam !
La voix de Dean, non loin, résonna jusqu'à le tirer de sa torpeur. Impuissant, on le traina en avant, jusqu'au milieu de la route. Que veulent tous ces gens ? Pourquoi tant de terreur dans le regard de Dean ? Les mains dans le dos, toujours retenues par des menottes, Sam tachait de rester debout tant bien que mal quand le visage de Lucifer apparu juste à côté de lui. Le regard fou et les traits distordus par la haine, il ne le lâcha pas des yeux.
*-Tout ça est de ta faute… Souffla-Sam.
*-Non. Je te le promets.
*-Alors mets-y fin.
*-Ce qui est en route ne peut être arrêté. Tu dois me dire oui, Sam, sans ça je ne pourrais rien pour toi, ni pour ton frère.
*-Mensonges !
*-Je pourrais tous les tuer, si tu le souhaites. Sans mon véritable réceptacle, je ne peux pas faire moins. Il faut que tu comprennes dans quelle situation je me trouve, Sam. J'aimerais beaucoup t'aider sans rien recevoir en retour. Vraiment. Mais tant que tu ne me dis pas oui, je suis limité. Quoi que je fasse, ma puissance risque de nous consumer, mon hôte, moi, et tout le monde à moins de dix kilomètres d'ici.
L'air tellement sincère que Sam fut tenté de lui obéir, Lucifer se pencha et lui murmura, tout en regardant vers Dean.
*-Tu dois me croire. J'ai besoin de toi, et ce n'est pas pour détruire ce monde que tu connais.
*-Sam… Le prévint Dean tout en se débattant. Ne l'écoute pas, ça ne changerait r…
Un coup le fit taire, et deux hommes s'occupèrent de lui attacher les pieds puis de lui bander les yeux. Ainsi ligoter en plein milieu de la route, il ne pourrait plus en bouger et deviendrait la cible parfaite. Avec horreur, Sam comprit ce qu'il se passait. Ce n'était pas la simple peur de se faire tabasser qui lui tordait les entrailles ; il craignait pour sa vie, qu'elle s'achève ainsi, bêtement, pour un malentendu et de la main d'une horde d'hommes furieux.
*-Ce n'est pas ainsi que tu dois mourir, Sam Winchester. Tu le sais comme moi. Tu es promis à un avenir grandiose. Nous pourrions changer le monde tel que tu le connais, ensemble. Un monde où ce genre de scène ne pourrait être joué. Où il existerait une véritable justice divine. N'est-ce pas ce que tu veux ?!
Au loin, une voix prononçait leur sentence, monceau d'absurdités et de foutaises tout juste bonnes à justifier que des hommes se comportent en animaux.
*-Tu les entends parler de vengeance ? Se moqua Lucifer, le débit de sa voix se faisant plus rapide. Qu'y connaissent-ils ? Dit un mot, et je les détruirais tous, immondes pourceaux.
Tout homme sur le point de mourir connait un instant de faiblesse, et malgré tout ce qu'il avait vécu, Sam ne devait pas échapper à la règle. Seul debout dans le noir, avec pour avenir la promesse d'une mort rapide et absurde, il chancela entre ces deux choix : se sacrifier et devenir le réceptacle de Lucifer ? Ou accepter de survivre au prix de la mort de milliers d'innocents, ses bourreaux compris ?
*-Sam.
La voix de son frère creva l'obscurité comme une bulle.
*-ça va aller. Tu m'entends ? On ne peut plus rien y faire.
*-Je sais.
*-Même jack Sparrow ne pourrait pas s'en sortir.
Avec un rire jaune, Sam lâcha prise. Son frère avait raison. Aussi effrayant que ce soit, parfois, il fallait accepter le fait qu'il n'y ait plus rien à faire. Durant quelques secondes qui lui parurent une éternité, il s'étrangla sur ces mots qui peinaient à franchir ses lèvres.
*-Je t'aime, Dean.
Il n'y avait bien que de là qu'il pouvait tirer sa force. Sur fond de « à vos armes ! », il ne voyait plus rien d'autre. Dean sera les dents un instant. Que ce soit parce qu'il ne se résignait pas à tant de mièvrerie, ou parce qu'il avait peur de se laisser submerger par l'émotion, il finit tout de même par répondre.
*-Je t'aime, Sam.
Le « Prêts ! » se fondit dans les ultimes suppliques de Lucifer.
*-Il n'est pas trop tard, Sam. Dit-le et je vous sauve tous les deux !
Pour toute réponse, Sam leva bien haut le menton et esquissa un sourire crispé aux allures de grimace. Quand à affronter la mort, il le ferait avec dignité.
« Feu, tirez ! »
Il y eu une détonation assourdissante, et un grand flash blanc.
Puis ce fut le silence.
*-Michael ?!
*-Lucifer…
Bohahahahah. A bientot pour la suite!
