Mon chapitre préféré à écrire !
Bonne lecture.
Chapitre 7 :
Il entendait comme des hurlements autour de lui.
Harry ouvrit les yeux en sursautant, restant immobile quelques secondes pour déterminer l'origine de ces cris. Puis il prit conscience du jour et se rassura, se retournant dans le lit. Enfoui profondément sous les couettes il avait décidé de trainer encore un peu.
Il avait passé une bonne partie de la nuit avec Severus à discuter, à savourer l'étreinte de ses bras et profiter de ses baisers. Ils s'étaient retrouvés directement après la ronde de Snape et avaient fait un tour dans le parc, histoire d'être tranquilles. Harry avait préféré rester du côté du terrain de Quidditch pour éviter la Forêt Interdite. Severus avait une fois de plus ramené son compagnon juste devant le dortoir pour le forcer à se reposer. Il avait aussi dû calmer la Grosse Dame qui ne supportait plus d'être réveillée la nuit. Harry s'était amusé de les voir se chamailler tous les deux. Puis la terreur des cachots avait eu le dernier mot quand il avait parlé d'un sort spécial qui abimerait entièrement la peinture sans pour autant toucher à la toile sur le mur. Le portrait s'était alors tû et avait ouvert le passage. Harry rigolait encore de l'échange en montant les marches. Il s'était endormi heureux.
Enfin Harry se leva, prêt à savourer le jour de Noël. Vêtu d'un simple pantalon en jean et d'un tee-shirt noir, il se traina jusque dans la salle commune où les rares Gryffondors encore là avaient déjà commencé à ouvrir leurs paquets.
- Tous tes cadeaux sont là, l'informa Davis Scalander, un élève de cinquième année en désignant le côté droit du sapin.
- Merci.
Il s'assit à même le sol et entreprit de défaire les paquets. Le premier révéla un pull de Mme Weasley, vert avec des dizaines de petits Vifs d'Or qui faisaient le tour, qui fit sourire Harry. Il y avait aussi un paquet de gâteaux sûrement fait maison que le jeune sorcier mit de côté. Il y avait aussi quelques cadeaux d'admirateurs comme des sucreries, des chocolats (il avait eu le malheur de dire une fois qu'il adorait les Chocogrenouilles alors qu'un journaliste était juste à côté. En même temps il aurait eu du mal à deviner qu'un fouineur était à sa droite au milieu de la foule du Chemin de Traverse). Là il aurait de quoi partager avec Ron sans problème. De son meilleur ami d'ailleurs il avait reçu le kit du parfait supporter de Quidditch contenant entre autres une paire de multiplettes, des écharpes qui changeaient seules pour pouvoir se mettre aux couleurs de toutes les équipes possibles et des figurines animées des plus grand joueurs. Il y avait Krum d'ailleurs.
Harry prit ensuite une enveloppe rouge posée sur le tas de cadeaux. Il crut d'abord qu'il s'agissait d'une Beuglante mais comme il n'y eut aucune réaction quand il la toucha, il se rassura. Il n'y avait que son prénom écrit sur l'enveloppe, de manière sobre. Intrigué, il l'ouvrit rapidement. A peine il l'avait décacheté qu'une fumée sombre en sortit et un liquide verdâtre lui coula sur les doigts. Harry n'eut pas le temps de crier, sa tête lui tourna et il s'effondra sur le sol, les mains qui le brûlaient terriblement. La dernière chose qu'il entendit fut les voix des autres Gryffondors qui lui demandaient si tout allait bien et hurlaient d'aller chercher Mme Pomfresh.
Puis ce fut le noir total.
XXX
Harry ouvrit lentement un œil, puis les deux. Il savait avant même de voir où est-ce qu'il était. L'infirmerie avait une odeur et une atmosphère différentes et parfaitement reconnaissables. Pas étonnant qu'il ait atterri là en fin de compte. Ça manquait presque ces derniers temps.
Il avait dû rester évanoui un long moment, il faisait nuit à présent. Il porta ses mains au niveau du visage mais il faisait trop sombre pour qu'il puisse se rendre compte de quelque chose et il n'avait pas ses lunettes. Il sentait juste qu'il avait des bandages autour des doigts. Il laissa retomber ses bras sur le drap blanc en poussant un profond soupir résigné.
A ce moment Harry entendit quelque chose bouger juste à côté de lui. C'était léger, comme un frôlement de tissu contre du bois. En tournant un peu la tête il devina la silhouette de quelqu'un qui devait être assis sur une chaise.
- Tu es réveillé ?
C'était juste un murmure mais aucun risque de se tromper. Oubliant sa fatigue, Harry se força à se redresser en prenant appui sur les coudes.
- Severus ! s'exclama t-il. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Moins fort ! Je ne suis pas censé être là justement. Gamin stupide !
- Mme Pomfresh n'est pas au courant, c'est ça.
- A ton avis ?
Entre temps la terreur des cachots s'était déplacée et assise sur le bord du lit, les bras croisés.
- Qu'est-ce qui m'est arrivé ? demanda Harry. Tu le sais ?
- J'ai eu quelques échos. Apparemment une personne mal intentionnée a glissée une potion corrosive dans l'enveloppe. Ce qui est intelligent c'est que cette personne avait pensé à jeter un sort sur le papier pour ne pas que celui-ci soit détruit. La mixture n'était pas parfaite mais tu as été surpris et tes mains étaient sans aucune protection. La potion a donc attaqué directement la peau de tes mains, creusant parfois jusqu'à l'os. La douleur t'a fait perdre connaissance. Heureusement tes camarades ont réagi rapidement et Mme Pomfresh a pu réparer le plus gros. Pour le moment tu as un cataplasme et demain tout sera remis dans l'ordre. Dumbledore pense à une revanche de quelqu'un. Il a déjà une piste. vraisemblablement.
Harry ne fit aucune remarque pourtant ce que venait de dire Snape n'était pas de simples échos mais la preuve qu'il s'était renseigné et avait été très attentif. Il s'était inquiété et ça se voyait. Sans parler de sa présence ici.
- J'imagine que c'est toi qui as identifié la potion.
- Qui d'autre ?
- Et modeste avec ça !
Severus sourit avant de se pencher pour embrasser Harry. Ce dernier passa les mains dans les longues mèches noires pour rapprocher son visage. Quand il sentit une langue taquine chatouiller ses lèvres, il ouvrit la bouche avec plaisir pour l'accueillir. A chaque fois il avait l'impression de redécouvrir la sensation et il était sûr de ne plus pouvoir s'en passer désormais.
Severus se fit plus entreprenant et s'allongea un peu plus sur le lit blanc. Sa main se glissa sous le pyjama rayé et commença à caresser le torse imberbe de l'adolescent. Celui-ci se laissa faire bien volontiers et commença même à pousser quelques gémissements discrets.
Malgré tout, ils n'allèrent pas plus loin, bien que le renflement sous le pyjama d'Harry prouvait bien qu'il n'aurait pas été contre. Mais l'infirmerie n'était peut-être pas le meilleur endroit pour une première fois selon eux. Ils se séparèrent, à contrecœur certes, quand ils furent à bout de souffle. Le Gryffondor pouvait sentir à travers le tissu que son professeur était dans le même état que lui. En revanche il ne le lâcha pas, le gardant serré contre lui.
Snape posa son visage dans le cou de Harry, les mèches brunes lui tombant devant les yeux. Les deux hommes restèrent un long moment ainsi, en silence, savourant juste l'instant. Puis la terreur des cachots se redressa et, voyant Harry de nouveau endormi il se détacha de lui. Après un dernier baiser sur le front il sortit de l'infirmerie et retourna à ses appartements.
Il fulminait tout en marchant d'un pas rapide. Depuis qu'il avait appris, par hasard, que Harry avait été attaqué, il n'avait pas eu un seul instant de repos. C'était en fin de matinée que la rumeur était parvenue jusqu'à lui. Il était retourné au plus vite dans ses cachots pour y trouver le directeur et la directrice de maison des Gryffondors.
- Nous avons besoin de votre aide et surtout de votre science mon cher Severus, avait directement commencé Dumbledore.
Il lui avait ensuite présenté une fiole contenant un liquide vert tout à fait reconnaissable, bien que la préparation n'ait pas été correctement faite. Severus n'avait pas eu besoin de demander pour être sûr que c'était en rapport avec Harry. Il n'y avait que lui pour attirer la malchance à ce point.
Une fois seul il avait essayé de monter à l'infirmerie afin de voir Harry mais le dragon gardien de ces lieux l'en avait fortement empêché. Et il ne pouvait insister. Il avait donc fait ses propres recherches, jetant quelques légers sorts sur les élèves de la maison rouge et or afin de reconstituer ce qui s'était passé dans les moindres détails. Il avait par ailleurs rangé tous les présents d'Harry dans un endroit sûr. Puis il n'avait pas réussi à se poser ou à penser à autre chose tant qu'il n'avait pas eu plus d'information sur l'état de santé du jeune homme. Il avait participé à la réunion de tous les professeurs pour déterminer qui avait pu agir ainsi. Et au final, après des heures de parlotes futiles, ils avaient leur coupable : Ginny Weasley. Il avait été aussi convenu que la jeune fille serait étroitement surveillée dès la rentrée et que ses parents seraient prévenus. Ça avait été classé comme une simple crise de jalousie qui serait sûrement sans suite. Severus n'était pas de cet avis et comptait bien être sur ses gardes et montrer à cette gamine qu'elle ne pouvait s'en prendre à Harry s'en s'attendre à des représailles. Il imaginait déjà ce qu'il pouvait lui faire subir.
Enfin la nuit était tombée et il avait réussi à se faufiler à travers les lits blancs. Il n'y avait qu'un seul lit d'occupé donc aucune chance de se tromper. Il avait fait apparaître une chaise et s'était installé, détaillant longuement le visage de son Gryffondor. Il n'avait pas réussi à penser à autre chose ou à fermer l'œil, ne serait-ce que pour une minute. Son cœur avait bondi quand il avait vu Harry s'éveiller sans qu'il puisse l'en empêcher.
Et maintenant Severus était rassuré mais pas calmé. Comment cette garce avait-elle pu s'attaquer à Harry ? Elle n'avait aucun droit sur lui ! Et savoir qu'elle était sorti, ne serait-ce qu'un temps infime, avec le jeune sorcier, ça le mettait en rage. Elle n'était qu'une gamine sans prétention, sans aucun attrait ni une once de véritable intelligence ! Il se fit apparaître une tasse de thé pour se calmer les nerfs et se laissa tomber dans son fauteuil. Il n'en revenait pas de s'être mis dans un état pareil. Par contre il devait avouer que ces dernières heures il ne s'était senti vraiment bien qu'une fois avec Harry, dans son lit d'infirmerie, contre lui. Severus poussa un profond soupir et sirota le liquide ambré. Il avait maintenant un autre souci bien plus urgent. Qu'est-ce qu'il pouvait offrir à Harry pour Noël ?
XXX
En effet Harry sortit le lendemain matin, les mains entièrement blanches et sans plus de traces. Il n'avait même plus les anciennes cicatrices dues à sa lutte contre Voldemort ce qui était un bénéfice non négligeable.
Il commença par remonter au septième étage. Il avait encore des cadeaux à ouvrir après tout. Il croisa quelques personnes dans les couloirs qui lui demandèrent comment il allait, surtout des filles, mais hormis ça il fut plutôt tranquille, ayant réussi à éviter Peeves.
Il resta un moment sur le seuil de la salle commune, regardant l'énorme sapin qui était toujours là. Le conifère était toujours aussi lumineux et chargé. Par contre il n'y avait plus rien au pied. Harry se rassura en se disant qu'après tout c'était normal, ça aurait été tentant de prendre les paquets laissés sans surveillance. Il n'y avait encore pas eu de voleur à Poudlard mais il y avait un début à tout. Il monta alors au dortoir mais il n'y avait rien non plus sur le lit. Et ce n'était pourtant pas dur de deviner lequel était le sien, c'était le seul défait (à se demander s'il avait déjà été fait d'ailleurs. Si ce n'est par les elfes de maison).
Il retourna dans la salle commune et demanda à une troisième année dont il ne se souvenait plus le nom :
- Excuse-moi, tu ne sais pas où sont les paquets qui m'étaient adressés ? Je n'ai pas pu tous les récupérer.
- Je crois que c'est le professeur Snape qui les a. Il est venu hier dans la journée et a tout emporté.
- Merci.
Harry eut un petit sourire. Ce n'était pas étonnant, Severus était quelqu'un d'attentionné en fin de compte, sous ses airs de tyran. Le jeune Gryffondor n'hésita que quelques secondes et se dirigea d'un pas vif vers les cachots. Et il avait une excuse toute trouvée. Après tout ce n'était pas sa faute si ses pauvres paquets non ouverts étaient en possession de son si détestable professeur de potions. Personne ne se poserait de question en le voyant avec Snape.
- Je t'ai manqué ?
- Ce n'est pas comme si ça ne faisait que quelques heures que je t'avais laissé. Et c'est toi qui t'es endormi je te ferais remarquer !
- Pas ma faute ! Et je…
Severus l'empêcha de répondre en l'embrassant tout en l'attirant dans le salon. A peine arrivé au centre de la pièce, Harry se détacha.
- C'est toi qui a mes cadeaux ?
- Tu n'es venu que pour ça ? fit Snape faussement vexé
- Pour quoi d'autre ? répondit le plus jeune avec un grand sourire.
Le professeur ne put retenir un grognement mais agita néanmoins sa baguette, faisant apparaître les cadeaux de son compagnon, ouverts ou non. Quoique pas mal de boites de chocogrenouilles avaient disparu (trop de chocolat n'était pas bon pour la santé !). Tout se répandit sur le tapis noir. Snape prit d'ailleurs le pull offert par Mme Weasley et le tint à bout de bras face à Harry.
- Tu m'expliques au passage ce que c'est que ça ?
- Un pull. La mère de Ron m'en fait un chaque année.
- Ne me dis pas que tu le portes ? Si ça avait été un cadeau d'admirateur je l'aurais mis au feu direct.
- Elle a fait des progrès encore, maintenant on reconnaît bien les motifs, s'amusa le jeune Gryffondor. Puis ça lui fait plaisir, je ne vais pas la décevoir. Je le porte généralement une fois dans l'année ou quand il fait frais les nuits d'été. Puis je l'oublie quelque part.
Severus reposa le vêtement sans rien ajouter. Il s'assit ensuite sur le canapé, laissant le plus jeune s'activer. Harry prit d'abord un gros paquet enveloppé de bleu. Sans surprise Hermione lui avait offert des livres. D'abord un sur les sortilèges les plus utilisés dans la vie quotidienne d'un sorcier, ceux que Harry n'avait jamais pu apprendre en ayant été élevé par des Moldus. Ensuite il trouva un livre regroupant tout ce qu'il fallait savoir pour les ASPICs, quel que soit la matière. Assez utile pour les révisions, selon la note laissée par la jeune sorcière. Enfin il y avait quelques romans sorciers ou moldus, histoire de pouvoir se détendre un peu. Harry eut un petit mouvement de recul en ouvrant le paquet de Hagrid, dès fois que ce soit quelque chose de dangereux. Cependant il ne s'agissait que d'un paquet de gâteaux. Le jeune sorcier y laisserait sûrement ses dents mais l'intention était là. Et le change serait plus facile à donner qu'avec le pull vert. Pour finir les jumeaux lui avaient envoyés les nouveautés de leur magasin de farces et attrapes avec un mot précisant que si ces objets étaient utilisés contre les professeurs ce serait là leur plus belle utilité. Le carton était assez gros et Harry en aurait facilement pour toute la fin d'année afin de les passer. Il sourit en pensant justement à un professeur qui était derrière lui et qui ne manquerait pas de confisquer tout ce que contenait le paquet. Le jeune sorcier le referma doucement et, ayant fini ce qu'il était venu faire, se posa aux côtés de la terreur des cachots.
- Et toi ? Tu as eu quelque chose ?
- Une nouvelle cape par Dumbledore, c'est à peu près tout ce que je l'autorise à m'offrir. Et c'est tout, comme chaque année.
- Que dirais-tu alors d'un autre cadeau de Noël…
Sans lui laisser le temps de répondre, Harry se jeta sur lui, le plaquant contre le canapé. Quand Severus put enfin respirer, ce fut pour gémir honteusement alors que la bouche du plus jeune glissait sur son cou et sur son torse dévoilé. Mais depuis quand sa robe était-elle ouverte ? Quand est-ce qu'il avait fait ça ? Les pensées de Severus avaient du mal à être ordonnées. Son cerveau déconnecta totalement quand il sentit une langue taquiner son téton à présent dressé. C'était une douce torture qu'il subissait maintenant et il en redemandait. Harry souffla un peu, ce qui fit trembler son ainé, puis s'attaqua au deuxième. Il joua aussi avec le nombril puis remonta lentement, laissant une trainée tout le long
Ne voulant pas être en reste, Severus poussa un grognement et renversa Harry sur le tapis, l'embrassant de nouveau et lança un sort informulé, de toute façon il ne savait plus où était sa baguette, qui les laissèrent nus tous les deux. Le plus âgé put alors voir la magnifique érection de son futur amant. S'il était déjà dans cet état alors qu'ils venaient juste de commencer, la suite promettait d'être intéressante. Il se mit à lui mordiller la gorge et descendit encore. Harry commença à gémir à son tour, les mains agrippées aux longues mèches brunes.
Severus allait descendre encore un peu, s'attaquant ainsi à une partie bien plus intéressante, quand ils entendirent des coups à la porte. Harry mit quelques secondes à comprendre ce qui se passait, l'esprit un peu trop embrumé mais Severus ne le laissa pas se redresser.
- Je n'attends personne. Ce ne doit pas être important…
- Mais si jamais… Aaah ! Oh oui recommence !
Severus venait de frôler le membre tendu de son compagnon avec sa paume ce qui l'avait fait sursauter. Mais apparemment le visiteur était toujours là.
- Mon petit Severus, je sais que vous êtes là. C'est au sujet de Harry.
- Merde ! Le directeur !
Là pour le coup toute envie fut instantanément coupée. Snape se redressa comme électrisé et aida Harry à faire de même. Il attira sa baguette à lui et d'un mouvement de poignet remis tous les vêtements à leur place. Frustré, il grogna en vérifiant que tout était à peu près à sa place. Les paquets furent tous réduits et Harry les mit dans sa poche. Enfin Severus pu ouvrir la porte à son supérieur qui affichait un large sourire. Ils s'écartèrent pour laisser passer l'élève.
- Nous en reparlerons Mr Potter, pesta la chauve-souris
Harry acquiesça sans un mot. Il passa devant Dumbledore la tête basse et s'enfuit sans demander son reste.
Snape retourna dans le salon, les bras croisés et les lèvres pincées. Dumbledore le suivit.
- Aurais-je interrompu quelque chose ? demanda t-il, regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune.
- Bien sur que non. Il se trouve juste que j'avais récupéré les présents de Noël de Mr Potter et il était venu les récupérer.
Ça n'était pas un mensonge et il était impossible de cacher un fait pareil puisque les élèves de Gryffondor l'avaient tous vu faire. Il fit apparaître une théière ainsi que deux tasses et se laissa tomber sur le canapé, songeant encore à ce qui avait failli se passer dessus seulement quelques minutes avant.
- J'espère que vous avez une bonne raison pour me déranger au moins.
- Ais-je vraiment besoin d'une raison pour venir passer un bon moment avec vous ? sourit le vieux sorcier en s'asseyant confortablement dans le fauteuil.
- Vous disiez que c'était à propos de Potter.
- Ah oui où avais-je la tête ?
Severus préféra ne pas relever. Le directeur était un vieux fou mais encore trop intelligent et rusé.
- Donc, repris le vieux mage, c'est au sujet de ce qui est arrivé à Harry. Nous avons prévenu les parents de la jeune Ginevra et à mon avis elle va être étroitement surveillée et la punition qu'elle va endurer lui fera passer toute envie de recommencer. Nous avons convenu avec Mr et Mrs Weasley de ne rien dire aux autres membres de la famille. Donc Ronald ne pourra rien révéler à Harry. Il nous faut maintenant décider si le jeune Potter doit être au courant de l'identité de son mystérieux agresseur. Ou peut-être ne rien lui dire afin de ne pas l'inquiéter. Qu'en pensez-vous ?
- Avez-vous posé la question aux autres professeurs ?
- Non pas vraiment. Pas encore disons. Pour l'instant c'est votre avis qui m'intéresse.
- Mr Potter est adulte, il a participé à la guerre. Il en a vu d'autres. Et il est bien assez intelligent pour se douter tout seul de l'instigateur de ce courrier.
- Vous pensez donc qu'il faut se taire ?
- Faites comme vous voulez, conclut Snape de mauvaise humeur. Et ne venez plus m'embêter avec vos questions stupides.
- Bien je prends note. Avez-vous quelque chose de prévu maintenant mon cher Severus ?
- J'ai une commande de potions pour l'infirmerie, je pensais m'y mettre. Pourquoi ?
- Oh pour rien. Simple curiosité.
Severus leva les yeux au ciel. Aucune question n'était anodine avec le directeur mais il n'avait pas envie de chercher. Dumbledore allait se lever quand il remarqua un bout de tissu vert posé sur le dossier du fauteuil. En tirant dessus il fut surpris de se retrouver face à un pull avec des petits vifs d'or qui faisaient le tour.
- Oh vos goûts ont bien changé mon petit ! s'exclama t-il amusé.
- Saleté de Gryffondor, pesta Severus. Il a oublié cette horreur ici quand il a ouvert ses paquets.
- Je croyais qu'il venait juste récupérer ses cadeaux, pas les ouvrir ici…
- Vous n'avez pas bientôt fini avec vos insinuations à deux Noises ?
- Oh ne le prenez pas mal voyons.
- Ce n'est pas le cas je vous rassure ! Maintenant j'aimerais avoir un peu de paix pour pouvoir travailler. Je ne vous retiens pas !
Il accompagna Dumbledore jusqu'à la sortie et claqua la porte derrière lui, récupérant l'horrible pull vert au passage, et retourna s'asseoir sur son canapé. Pas de doute le vieux fou était au courant. Impossible de savoir comment mais il savait. Quelque part Severus était rassuré. C'était aussi la preuve que Dumbledore approuvait. Lui qui avait peur de se faire foudroyer par son employeur pour avoir touché à son petit préféré. Bon, toucher était encore un bien grand mot, ils n'étaient pas allés bien loin non plus. Le seul problème maintenant était que la terreur des cachots ne voulait surtout pas que quelqu'un soit au courant, professeurs comme étudiants. Pas question qu'une personne sache qu'il s'était fait jeter par Harry, ce qui ne manquerait pas d'arriver dans le futur, quand il se rendrait compte de qui était vraiment son amant.
Laissant là ses réflexions, Severus se redressa et fila dans son laboratoire de potions. Il avait inventé cette histoire de commande pour l'infirmerie mais après tout ce n'était pas une mauvaise idée, ce serait fait pour plus tard. Fallait bien s'occuper aussi. Au passage il jeta le pull dans la cheminée d'un geste distrait.
XXX
- Putain ! Il m'a pas loupé l'enfoiré !
Harry se regardait dans la glace, tirant sur son pull pour mieux voir son cou. Il avait bien senti que Severus l'avait mordu mais il ne s'était pas douté qu'il lui avait laissé un suçon aussi énorme. Il n'avait pas intérêt à oublier de lancer un sort pour cacher ça ! Alors oui Snape ne voulait pas que quelqu'un sache pour eux mais il ne faisait pas grand chose pour aider. Et d'ailleurs Dumbledore l'avait sûrement remarqué quand Harry était passé devant lui, ce qui expliquerait le pétillement malicieux dans l'œil du directeur. Quoique c'était habituel chez lui.
Délaissant le miroir, Harry retourna dans le dortoir et se laissa tomber comme une masse sur son lit. Il ne savait plus trop quoi faire du coup. Il ne pouvait pas retourner voir Severus de suite, ce serait trop suspect, il lui faudrait donc attendre cette nuit. Il avait bien des devoirs à faire mais n'était pas du tout motivé. Il lui restait encore du temps après tout, il était large ! Il se rappela alors le cadeau d'Hermione. Il sortit alors tous ses paquets de sa poche et leur redonna leur taille normale. Il rangea tout le reste et garda un roman qu'il se mit à lire, allongé en travers de son lit.
Il en était déjà à la moitié du livre quand il entendit du bruit dans l'escalier menant au dortoir. Il regarda alors sa montre et remarqua que l'heure du déjeuner était bien entamée. Il claqua le livre, posa un sort pour masquer le suçon et descendit dans la Grande Salle. Les tables avaient été rétrécies pour les vacances, vu le peu d'élèves qui restaient. Il n'était que six pour la table de Gryffondor et guère plus chez les autres.
Harry jeta un coup d'œil à la table des professeurs mais Severus n'y était pas. Assez étonnant mais le jeune sorcier se dit que son futur amant devait sûrement faire mumuse avec ses chaudrons et mangerait dans son laboratoire. En tournant légèrement la tête Harry remarqua Dumbledore qui souriait largement en le regardant. Par réflexe le Gryffondor porta la main à son cou, frottant un instant puis remit le nez dans son assiette, à présent sûr et certain d'avoir été démasqué.
De son côté Dumbledore ne put retenir un petit rire satisfait. McGonagall le remarqua et se pencha vers lui :
- Tout va bien directeur ?
- Plus que bien je dirais. Ça va devenir intéressant !
Le professeur de métamorphose ne comprit pas mais ne put rien en tirer de plus. Puis elle s'en désintéressa quand elle dû s'occuper de Peeves qui essayait de faire du frisbee avec les assiettes, encore pleines bien sûr !
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A dans 15 jours
