Une sensation étrange me réveilla. Je levai la tête et observai la chambre, sentant mon cœur s'accélérer. Il n'y avait personne ni aucun bruit suspect, pourtant je sentais une présence, comme si quelqu'un me surveillait.
Je sortis donc de mon lit et enfilai des vêtements car il faisait froid. Pour une raison inconnue, je ressentis le besoin de sortir de la chambre et c'est ce que je fis. La lumière du couloir s'alluma à mon passage, me faisant sursauter, mais j'étais rassurée de ne pas avoir à marcher dans le noir.
Je traversai le bunker et mes pas me menèrent jusqu'à la table principal, celle de l'entrée avec l'ancienne carte du monde. Un homme y était assis, dos à moi et j'eus un mouvement de recul en ne reconnaissant ni les Winchester, ni Castiel, ni Gabriel. Avant que je n'ai pu faire demi-tour pour aller chercher de l'aide auprès des deux frères, l'homme prit la parole.
- Klarys. Installes-toi. Je t'attendais.
Pétrifiée, je fis néanmoins ce qu'il me demandait et vint m'installer à table, sur une chaise assez éloignée. Je sus instantanément à qui j'avais affaire. La description de Dean était exacte. Les cheveux mi-longs et noirs, la peau blafarde, le costume noir...c'était la Mort. Et il mangeait des spaghettis à la bolognaise.
- Des spaghettis ? Je pensais que vous aimiez les bretzels et les cornichons ? ne pus-je m'empêcher de faire remarquer.
Je fus soudain gênée, ayant oublié à qui je m'adressais. Cet homme était la Mort en personne. Celui qui en voulait aux deux frères et qui était la cause de mon changement de vie. Et celui qui, je le supposais, pouvait tuer n'importe qui, même moi.
- C'est exact. Mais je mange de tout. J'aime la bonne nourriture.
Je hochai la tête en l'observant manger. C'était étrange. Je m'imaginais ce que pouvait donner la scène vue de l'extérieur. Une fille, accessoirement prophète, discutant avec la Mort qui prenait le temps de manger des spaghettis à la bolognaise. Je vivais vraiment dans un monde étrange.
- Je suppose que vous n'êtes pas là pour parler de gastronomie, dis-je en croisant les bras.
- Non. En effet.
Il s'essuya la bouche avec une serviette de table et but sa boisson à la paille avant de reprendre :
- Tu sais quel est mon rôle et pourquoi je suis ici. Les Winchester doivent mourir.
- Et vous savez quel est le mien. Je dois les protéger.
L'homme me fixa du regard et je n'osai plus bouger. Sa simple présence me mettait mal à l'aise.
- Je ne tue pas au hasard Klarys, m'apprit-il. Les personnes que j'emporte avec moi devaient mourir pour préserver l'équilibre du monde. Si une personne échappe miraculeusement à la mort, une autre meurt à sa place, c'est la règle. Les Winchester ont plusieurs fois réussi à revenir à la vie, ils ne devraient pas se trouver ici et il est de mon devoir de les ramener. Dieu a beau vouloir les protéger en envoyant un prophète, il ne pourra rien faire. Toi non plus.
- Je comprends...
La Mort sourit mais je coupai net sa bonne humeur.
- ...mais je ne peux pas vous laisser faire. Vous avez une mission et j'ai la mienne. Vous n'avez pas pensé que si Dieu tentait de les protéger c'est qu'il y avait une raison ?
L'homme se leva après avoir pris une dernière gorgée de sa boisson. Il fit quelques pas dans la pièce puis se tourna vers moi.
- Je me fiche de ses raisons. Je suis la Mort et je ne fais pas preuve de pitié. C'est d'ailleurs impossible. Je suis aussi vieux que Dieu, il sait que mon rôle est important pour préserver le monde qu'il a créé.
Il marqua une pause et baissa les yeux vers la canne qu'il tenait.
- S'ils ne meurent pas, il y aura des sacrifices à faire.
Puis il agita la main et ce fut le noir.
