Wow, un énorme pardon… j'étais persuadée d'avoir publié ce chapitre et je viens de m'apercevoir que ce n'était pas le cas… énorme bourde de ma part, sorry :(

J'ai battu tous mes records d'écriture, là. Je ne pensais pas autant écrire ! (J'espère que je n'ai pas fait trop de fautes!)

C'est quand même dingue, dès que j'écris du point de vue de Peter, je mets des heures à trouver la bonne formulation et des répliques cohérentes, mais dès le moment où je passe au point de vue de Tony, on ne peut plus m'arrêter, et je maltraite mon clavier avec tous les mots qui me passent par la tête.

Un très léger avertissement, il y a un peu de violence dans ce chapitre. Rien de bien méchant cependant, car je n'aime pas trop faire du mal à mes personnages favoris.. oups !

Un immense merci à Quilathea, SoleilBreton et Hell and Cie pour leurs adorables reviews qui m'ont fait chaud au cœur ! Ma motivation ne s'est pas une seule fois ternie, grâce à vous, j'espère que ce chapitre vous plaira !

Je voudrais aussi remercier Amnesia Riku, Hakugei Seishin, Kiriho, Meedwood, Tiana Lanster, annacat-13, lilousir1999, MissManga08 et klola34 pour avoir ajouté cette histoire à leur liste d'alerte et/ou de favoris !

Vous êtes tous super ! :D

Bonne lecture ;)

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« Qu'est-ce qu'on fait ?

– On les suit, évidemment ! »

Peter ne se souvenait même plus de qui avait posé la question, ni même de qui lui avait répondu. Tout ce qu'il savait, c'est que le silence empreint d'angoisse avait vite cédé à une agitation bourdonnante, précipitée et vibrante d'anticipation, d'empressement. Il avait l'impression que la base était devenu une ruche, où on allait et venait encore et encore, faisant des aller-retours entre salles d'armements, de réserve d'équipement médical.

Lui avait déjà son costume, et il avait proposé son aide à plusieurs reprises mais il n'aurait été d'aucune utilité à qui que ce soit. Il n'avait pas non plus osé trop insister en apercevant May qui le fixait d'un air désapprobateur. Elle s'était par la suite approchée de lui, et l'adolescent avait très rapidement compris qu'elle s'était fait un sang d'encre quand il était à l'entrepôt. Alors, oui, la joie d'avoir retrouvé l'armure qui lui réchauffait encore le ventre avait fait place à un peu de culpabilité. May avait été inquiète, et faisait partie des personnes réticentes à ce qu'il se montre aux agents d'HYDRA. Elle n'avait sûrement pas imaginé qu'il se ferait tirer dessus, et même s'il en était sorti sans une égratignure la pauvre femme avait dû avoir une peur bleue.

Elle s'était pourtant contentée de le serrer dans ses bras, lui murmurant « Attends-toi à te faire longuement houspiller quand on rentrera à la maison. »

Il avait donc un peu de répit, ce qui n'était pas plus mal. Il aperçut, du coin de l'œil, Sam qui lui faisait signe.

« Prêt, Peter ? On y va, on va essayer de ne pas les laisser prendre trop de distance. »

L'adolescent hocha la tête, et après avoir rapidement embrassé une dernière fois sa tante, qui lui somma de faire attention, il suivit son aîné vers un garage, où le reste de l'équipe l'attendait. Wilson lui expliqua :

« Ta tante, Helen et Pepper vont rester ici, elles seront à l'abri et elles pourront nous guider par transmission radio. Tous les autres, dont toi et moi, vont suivre les véhicules pour voir où est-ce qu'ils nous mènent, et Happy va nous préparer un avion au cas où nous en aurions besoin.

– J'espère que nous n'en aurons pas besoin.

– Moi non plus, pour être honnête. Allez, en voiture, gamin. J'espère que ça ne te dérange pas de faire le trajet avec moi, parce que de toute façon tu n'as pas vraiment le choix.

– Du moment que vous ne vomissez pas sur moi, ça devrait aller.

– Fais attention à toi, petit malin. Tu vas me donner des idées. »

Les deux se glissèrent à l'arrière d'une large voiture, que Peter ne prit pas le temps d'identifier, et furent vite rejoint par Scott et Clint, tous les deux en tenue de civil. Ce dernier s'installa sur le siège conducteur, ce qui provoqua une grimace de la part de l'autre.

« Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas conduire, pour une fois ? » gémit Ant-Man.

– Parce que tu ne sais plus conduire, rétorqua l'archer.

– C'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas !

– Tic-Tac, est-ce que on doit te rappeler ce qu'il s'est passé la dernière fois qu'on t'a laissé prendre le volant ? intervint Wilson.

– C'était un accident !

– Tu as confondu l'accélérateur et la pédale de frein ! » s'exclama Clint, exaspéré.

Peter lança un regard inquisiteur à Wilson, qui secoua la tête.

« Longue histoire, » résuma-t-il.

Le jeune super-héro remit son masque, et Karen le salua gentiment. Sur sa gauche, à travers la vitre teintée, il observa Steve, Natasha et James s'engouffrer dans un autre véhicule. Clint leur fit signe, et démarra la voiture pour les suivre dès qu'ils les dépassèrent pour sortir.

« J'espère que vous avez de quoi vous occuper, les garçons, lança Natasha par radio. On ne connaît pas la longueur du trajet.

– Oh, ça devrait aller, on a un nouveau super-héro à bizuter, annonça Sam avec un sourire. »

Peter leva un sourcil, peu impressionné, mais le masque cacha une bonne partie de son expression et ne laissa transparaître qu'un léger agrandissement de l'une de ses lentilles. Wilson dut mal interpréter ce changement car il souffla :

« Oh, pas la peine de faire cette tête, je plaisante.

– Hm, et le dentifrice dans ma bouteille de shampoing, c'était pour plaisanter, aussi ? grogna Scott.

– Toi, à ce que je sache, tu n'as pas de mentor extrêmement intelligent, multi-milliardaire et équipé d'une armure pouvant me réduire en cendre en deux secondes.

– Enlève la partie « réduire en cendres » et « multi-milliardaire » et on n'est pas très loin de la vérité.

– Cause toujours, Tic-Tac. »

Peter esquissa un sourire, mais tourna rapidement la tête pour observer distraitement le paysage qui défilait. Plusieurs minutes s'écoulèrent dans le silence, avant que Clint ne prononce :

« Peter ? »

Le concerné tourna la tête, et vit que l'archer l'observait par le biais du rétroviseur. L'adulte ajouta :

« On y est presque. On va le retrouver.

– Je sais. Mais… ça va faire sept ou huit heures qu'il a disparu. J'espère qu'il va bien. Qui sait ce qu'HYDRA a pu lui faire ?

– C'est un dur à cuire, et un maître du sarcasme. Il s'en sortira.

– Oui, murmura le jeune, ne sachant pas trop quoi répondre.

Avant qu'il ne trouve autre chose à dire, la douce voix de Karen retentit dans son masque, lui proposant d'appeler Ned pour lui donner des nouvelles. Peter hésita un instant, et demanda timidement au conducteur s'il pouvait appeler un ami, recevant aussitôt des encouragements à le faire. Le jeune hocha finalement la tête pour accepter la proposition de Karen, qui composa aussitôt le numéro. Après quelques secondes à peine, la voix de son meilleur ami résonna dans ses oreilles.

« Peter, c'est toi ?

– Hey Ned .

– Tu vas bien ? Et Tony Stark ? Tu l'as secouru ? Il n'est plus en danger ?

– On est en route pour aller le chercher, donc on devrait bientôt le retrouver. On a déjà réussi à récupérer l'armure, qui avait disparu.

– 'On' ?

– Oh, hum, longue histoire. Je te raconterai ça plus tard. Écoute, je voulais m'excuser pour ce matin. Ce n'était pas sympa de ma part, de vous lâcher comme ça.

– Mec, Tony Stark est un milliard de fois plus important qu'un projet sur les oiseaux, tu ne crois pas ? Même Michelle a compris que c'était grave et que tu devais partir. T'inquiète pas, on te montrera tout ce qu'on a fait dès que tu pourras.

– Merci, Ned. Vous êtes les meilleurs.

– Je sais. Mais tu vas avoir des explications à fournir à MJ, tu sais. Elle ne va pas tout oublier comme ça.

– J'en ai conscience, grimaça Peter. Elle risque de se douter de quelque chose.

– Enfin, tu verras ça plus tard. Concentre toi sur ta mission ! Tu vas sauver un Avenger, c'est génial, non ? Ooh, mais attends… le « on », ça veut dire que tu es avec les autres Avengers ? Ouah, c'est tellement cool !

– Ned…

– Il y a qui, avec toi ? Captain America ? Falcon ?

– Ned…

– Tu as rencontré Black Widow ? Elle a essayé de te tuer ? Ce serait tellement classe !

– Ned !

– Désolé ! T'as intérêt à tout me raconter dès que tu seras dispo, d'accord ! Et si tu pouvais demander à Captain America de me faire une dédicace, ce serait génial, tu sais ?

– Je verrai ce que je peux faire, pouffa l'adolescent. Merci pour tout.

– Je t'en prie ! Les meilleurs amis, ça sert à ça ! Bon courage, Spider-Man !

– À plus tard, Ned. »

La communication s'interrompit, et le jeune releva les yeux, croisant le regard de Sam. Ce dernier le scrutait avec un sourire en coin, les yeux légèrement plissés, ce qui lui donnait une allure moqueuse.

« Alors, Spider-Gamin parlait à sa petite amie ?

« C'était Ned, mon meilleur ami, pouffa Peter en essayant de ne pas s'étouffer avec sa propre salive après avoir entendu la provocation du plus vieux. J'étais avec lui et une amie ce matin, et j'ai dû les laisser pour rejoindre Dr. Cho.

« Une amie, hein ? Elle est jolie ?

– Sam, grogna l'adolescent.

– Tu ne poses visiblement pas les bonnes questions, Wilson, intervint joyeusement Scott. Est-ce qu'elle aime les super-héros et les araignées ?

– Scott !

– Ça suffit, les gars, ricana Barton. Vous voyez bien qu'il est gêné de parler de son premier amour.

Peter ne répondit rien, cette fois, et colla sa joue contre la vitre, lui offrant une sensation de fraîcheur pour son visage qui semblait lui brûler tant il était embarrassé. Il s'obstina à regarder vers l'extérieur, évitant les expressions railleuses des autres Avengers et ignorant la tape affectueuse que Sam apposa sur son épaule. Ce fut après quelques instants de moue boudeuse qu'il comprit leurs manigances.

« Vous essayez de me changer les idées, pas vrai ? »

Il ne reçut aucune réponse verbale, mais les demi-sourires de ses compagnons confirmèrent à eux seuls sa théorie.

« Je te ferais remarquer, Peter, annonça Scott, que tu n'as toujours pas répondu à ma question.

– Gah. »

000

Un agent déboula dans la pièce, et s'il n'apparut pas dans le champs de vision de Tony, caché par la silhouette de Ronald, ce dernier comprit rapidement qu'il était porteur d'une nouvelle. Bonne ? Mauvaise ? Ça, il n'en avait aucune idée pour le moment. Il souffla bruyamment, tentant de se relever un peu plus en s'appuyant contre le mur qui lui servait dorénavant de dossier.

« Trois agents ont rencontrés Spider-Man, Commandant. »

L'ingénieur eut l'impression qu'on lui retournait l'estomac de force, et la crainte le frappa si violemment qu'il sentit sa respiration se bloquer.

« Vous l'avez neutralisé ? » demanda Corll, d'une voix presque inaudible en jetant un regard amusé au milliardaire.

« Non, monsieur, il s'est échappé, et, hum… il a prit l'armure avec lui. »

« Il a QUOI ? »

La crainte fit aussitôt place à un soulagement intense, suivit de près par de la fierté envers son apprenti.

« M-mais… mais- l'agent balbutia péniblement, terrorisé, on a… on a ré-récupéré l'un de ses équipements. U-un lanceur de toile. Les agents sont en train de l'amener ici pour pouvoir l'analyser. »

Eeeeet voilà l'angoisse de retour parmi nous, songea Tony, se forçant à respirer. L'espèce de montagne russe émotionnelle qu'il venait de vivre était tout sauf agréable. Ronald, lui, inspira profondément, tentant visiblement de maîtriser sa colère, avant de grogner :

« Je veux être au courant d'absolument toutes les découvertes que vous ferez, est-ce bien compris ? Croyez-moi, vous feriez mieux d'avoir des résultats si vous voulez que je fasse fi de votre cuisant échec. »

Puis l'homme se tourna vers Stark, enleva d'un coup sec son bâillon pour mieux observer sa réaction et ajouta avec un rictus :

« Votre araignée a fait une grosse erreur, vous le savez ? Je me sens déjà jubiler en m'imaginant toutes les informations que va nous offrir ce petit gadget. Il doit être pleins d'empreintes digitales et d'autres détails tout aussi intéressants.

– Il faudrait déjà que vos hommes soient assez compétents pour en extraire la moindre information, répliqua Tony, méprisant.

– Ils le sont largement, ricana son ennemi.

– Ah, oui, tout aussi doués que l'escouade que vous avez envoyé me chercher. Rappelez-moi combien d'hommes étaient encore conscients à la fin de votre petite attaque surprise ?

– Est-ce que vous cherchez à vous attirer plus d'ennuis que vous n'en avez déjà, Stark ?

– Ah, vous savez, c'est fort possible. J'essaye de toujours dépasser mes limites.

– Il suffit. J'en ai assez de vos babillages sarcastiques. »

– Vous n'avez pas fini d'entendre parler de mon sarcasme, Ronny. On m'appelle aussi Irony Man. »

Corll ne répondit rien, et se contenta de faire un vague geste à l'intention de son sbire, qui était resté, tremblant, à côté de lui. L'agent s'avança vers Tony, avec hésitation, et sortit une seringue de sa poche. Il retourna le quadragénaire sans ménagement pour lui ficher le contenu de la seringue dans le bras, et après avoir remis Stark en position, se planta à côté de lui pour attendre les prochains ordres.

« Commençons en douceur, Stark, siffla Ronald. Ce que l'on vient de vous donner n'est qu'une petite mise en bouche comparé aux pleines capacités de nos agents. Vous serez très prochainement conscient des effets de cette petite merveille chimique.

– Oh, mais je n'en doute pas.

- Et, dites-moi, est-ce que vous voyez les chaussures de cet agent ? Je ne suis pas un commercial, mais je devrais cependant vous vanter leurs mérites. Les semelles sont d'excellente qualité, renforcées par de l'acier inoxydable. Autant vous prévenir, un simple coup de pied, qui d'ordinaire provoquerait quelques malheureux bleus, peut se révéler bien plus douloureux. Auriez-vous besoin d'une démonstration ?

– Vous avez des talents innés pour le commerce, Ronny, me voilà intéressé. Combien est-ce qu'elles coûtent ?

– Schlag ihn. »

Tony ne parlait pas allemand, mais il comprit expressément la signification de ces mots lorsque l'agent lui enfonça un violent coup de pied dans les côtes, ce qui fit gémir l'inventeur.

« Maintenant que vous comprenez à quel point ces chaussures sont efficaces, peut-être que nous pouvons nous permettre une conversation plus intéressante pour nous deux.

– Oooh, non, par pitié, railla le mécanicien en tenant de reprendre son souffle. Vous avez découvert mes faiblesses mortelles… les chaussures et les ordres aboyés en allemand. C'en est fini de moi. »

L'agent le frappa une nouvelle fois, et le coup atterrit dans l'une de ses jambes. Tony grogna, retenant de justesse un cri de douleur, mais ce ne fut pas le coup en lui-même qui lui infligea une telle souffrance. Son corps entier venait de commencer à le brûler, le faisant trembler violemment dans ses spasmes de douleur.

– Oh, je vois que notre petite formule magique a commencé à faire effet, déclara doucereusement Corll. La douleur devrait s'estomper au bout d'une ou deux heures, mais il se trouve que j'ai un antidote... ainsi que plusieurs autres doses de ce merveilleux poison concocté par nos soins. Le contenu de la prochaine seringue dépendra de votre coopération.

Tony perdit très vite la notion du temps. Corll se lassa, et l'inonda de questions, qui finissaient toujours par avoir un rapport avec les Avengers. Mais l'ingénieur était renommé pour son obstination, et malgré la douleur provoquée par le poison et les coups que l'agent s'amusait à lui donner (oui, cette ordure s'amusait à le faire souffrir, ce qui était agaçant au plus haut point), il tint bon et les seuls sons qui s'échappèrent de ses lèvres furent des grognements ou des gémissements qu'il ne parvint pas à contenir.

Bientôt Tony n'arriva même plus à se rendre compte de la douleur. Il était incapable de se souvenir si ses yeux étaient ouverts ou fermés, s'il parvenait encore à entendre ou sentir quoique ce soit. Il était épuisé, et s'il voulait tenter de s'échapper par lui même il avait bien intérêt à se préserver autant qu'il le pouvait. Ses malfaiteurs durent sentir qu'il se laissait sombrer dans l'inconscience, car ils le secouèrent violemment, mais cela ne suffit pas pour le réveiller. Il n'avait plus envie d'ouvrir les yeux.

Le milliardaire accueillit le sommeil profond qui l'emporta à bras ouverts.

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« Les traceurs ont arrêté de se déplacer. Il faut être vigilant dorénavant, je fais passer vos véhicules en mode camouflage. » F.R.I.D.A.Y annonça.

Peter n'observa aucun changement pour leurs véhicules, mais le véhicule devant lui, dans lequel se trouvait Steve, Natasha et James, disparut complètement. Cependant, quelque secondes après, Clint se mit à pianoter sur quelques touches du tableau de bord et la voiture qui les guidait redevint à nouveau visible, si ce n'est qu'on pouvait seulement en distinguer les contours.

« Ce serait dommage qu'on ait un accident à cause d'un freinage inattendu, plaisanta l'archer.

– Serais-tu en train d'insinuer que je conduis mal, Barton ? minauda malicieusement une voix féminine à travers la radio.

– Ne déforme pas mes paroles, Romanoff. »

Clint avait répondu en grommelant, mais il avait visiblement retrouvé son sérieux. L'adolescent esquissa un léger sourire, amusé par les réactions des Avengers quand Black Widow les taquinait. Ils devaient en voir de toutes les couleurs. Il regarda à travers la vitre, chose qu'il avait énormément fait au cours du long trajet.

« Où est-ce qu'on est, à peu près ? il demanda, curieux de connaître leur position.

– Vous êtes à quelques dizaines de kilomètres de Harrisburg, vous avez dépassé la ville il y a quelques temps lui indiqua Pepper. Vous êtes en voiture depuis près de trois heures, et vous êtes à environ huit kilomètre de la position indiquée par les traceurs. Vous devriez bientôt arriver.

– Merci, Mada- hum, Pepper. »

Le jeune héro sentit l'adrénaline monter et l'anticipation le rendit nerveux. Il se mit à tapoter rapidement sa jambe droite des doigts, tandis que l'autre jambe commença à trembloter.

« Arrête de gigoter, petit, le rabroua gentiment Sam. Garde plutôt ton énergie pour l'arrivée.

– Ce sont des tics nerveux, désolé. J'ai tendance à faire ça quand je stresse.

– Oui, j'avais cru comprendre. »

La plus grande partie du trajet avait déjà été effectuée et pourtant les derniers kilomètres furent ceux qui parurent durer le plus longtemps à Peter. Scott et Sam, bienveillants, tentèrent de le rassurer et de le distraire quelques instants en lui posant quelques questions sur sa vie quotidienne. Mais si le jeune leur répondait, son esprit lui tournait à mille à l'heure et ne pouvait se détourner de la pensée qui lui occupait l'esprit depuis les dernières heures, à savoir l'état de son mentor.

Et puis, enfin, après une éternité d'attente, (oui, il exagérait peut-être un petit peu, mais est-ce qu'on pouvait réellement lui en vouloir pour cela?) les véhicules s'arrêtèrent côte à côte. Peter pouvait apercevoir un long bâtiment au loin, dont l'ombre contrastait avec le ciel qui s'assombrissait lentement.

« F.R.I.D.A.Y ? demanda Steve.

– Je détecte soixante-deux signatures thermiques, » répondit aussitôt l'intelligence artificielle.

Scott fit une moue, et jeta un coup d'œil furtif à ses coéquipiers pour jauger leur réaction. Il déclara :

« Ça en fait, du monde.

– Mais on a connu pire, répondit aisément Wilson.

– Et des caméras ? Ou des réseaux de communication ? demanda Rhodes.

– Ce sont des modèles bien plus sécurisés que ceux de l'entrepôt dans lequel vous avez récupéré le Mark 47. Mais j'ai mis à jour mon système depuis ma réactivation, et je devrais peut-être pouvoir m'y infiltrer sans me faire repérer. Cependant, rien ne garantit que j'y parvienne. »

Peter resta silencieux, hésitant à donner son avis puisqu'il n'était pas un expert en matière d'infiltration. Ce fut Helen qui encouragea l'intelligence artificielle à se lancer :

« Je pense qu'on ferait mieux d'essayer. Qu'on échoue ou qu'on ne le fasse pas, on finira dans les deux cas par se faire repérer. Ils n'ont peut-être pas de la technologie Wakandienne partout, et puisque F.R.I.D.A.Y a amélioré ses systèmes une tentative devrait valoir le coup.

– Je suis d'accord, renchérit Sam.

– Bien, lancement d'une tentative de piratage des réseaux à proximité.

– Allez, F.R.I.D.A.Y, murmura le cadet des super-héros. Tu peux le faire. »

Quelques secondes s'écoulèrent avant que la voix robotique ne s'élève à nouveau depuis la radio de leur véhicule.

« Il semblerait que cela soit une réussite. Monsieur Stark se trouve bel et bien dans ce bâtiment. Il est accompagné de deux hommes. »

Peter dut se retenir de bondir hors du véhicule, son corps entier sursautant violemment à l'entente de la nouvelle, mais personne ne lui prêta attention. Les regards de Sam, Scott et Clint étaient rivés sur la radio, et même si cela n'avait aucune utilité il se doutait qu'il se passait la même chose dans l'autre véhicule. Seules May, Helen et Pepper devaient avoir un visuel, et pouvaient directement regarder les images transmises par l'intelligence artificielle du milliardaire.

« Est-ce que l'on pourrait avoir les signes vitaux de Stark ? » demanda timidement sa tante, ce qui l'étonna.

– Ce ne sont pas des caméras identiques à celles du complexe, expliqua F.R.I.D.A.Y, je ne peux donc pas faire un diagnostic détailé. Il semblerait en revanche que Monsieur souffre de multiples contusions au visage. »

Peter grimaça, inquiet. Il comprenait mieux le ton qu'avait employé May à présent.

« Quelle stratégie est-ce que l'on va utiliser, alors ? Il interrogea, à personne en particulier mais sûr de recevoir une réponse.

– Peter, tu vas venir avec moi et le colonel Rhodes, affirma Steve, d'une voix grave et crispée. F.R.I.D.A.Y va nous guider directement jusqu'à Stark pour qu'on puisse le mettre en sécurité aussi vite que possible. Vous autres… je suis sûr que vous savez déjà quoi faire. »

Sam fit un signe à l'adolescent et sortit de la voiture. Peter l'imita rapidement et rejoint aussitôt Steve et James, profitant des quelques mètres qu'il parcourut pour s'étirer longuement. Le colonel avait de nouveau enfilé son armure grise, qui émettait un doux -et presque imperceptible- ronronnement mécanique. Il indiqua :

« On va se faufiler sur un côté du bâtiment, et attendre quelques minutes histoire que les autres aient le temps de faire diversion.

– Diversion ? Comment ça ?

– Tu vas très vite comprendre, sourit Rhodes. On a largement eu le temps de discuter, avec ces quelques heures de route. Quand la team à Captain America s'apprête à prendre une base d'HYDRA d'assaut, ils se séparent généralement en plusieurs équipes. Certaines font diversion, et les autres s'occupent des véritables objectifs.

– Mais, l'objectif, ce n'est pas de détruire la base ?

– Si, intervint Steve, mais de temps à autre les bases contiennent des équipements ou des informations spéciales qu'on se doit de détruire ou de récupérer, et on fait attention à ce que des agents ne les embarquent pas sous notre nez. Allons-y. Il est temps de sortir Tony de ce pétrin. »

Spider-Man suivit les deux autres super-héros, s'approchant du bâtiment d'un pas rapide mais prudent.

– Il n'y a aucun garde dehors, constata-t-il avec étonnement.

– Ils comptent beaucoup trop sur leur technologie, supposa Steve. S'ils ont réussi à dépasser une fois celle de Stark, ils s'imaginent sûrement que nous n'avons pas eu le temps de nous améliorer depuis. Enfin, que F.R.I.D.A.Y n'y est pas parvenue.

– HYDRA croit sûrement que F.R.I.D.A.Y n'existe plus. Grave erreur de leur part.

– Tu l'as dit. »

Le petit groupe s'arrêta, et l'adolescent put observer avec curiosité le reste de l'équipe, à savoir Black Widow, Hawkeye, Ant-Man et Falcon, s'avancer vers l'entrée principale. C'était une vue qui resterait très certainement gravée dans sa mémoire. Il ne manquait plus qu'une musique épique, un léger ralenti, et cette scène aurait été digne d'un des plus grands films Hollywoodiens.

Le seul détail qui le surprenait, c'était… qu'ils ne faisaient aucun effort pour être discrets. Les quatre héros étaient simplement en train d'avancer d'un pas rythmé et déterminé, en totale synchronisation.

Puis ils attaquèrent, tout simplement. Clint et Sam tirèrent des projectiles vers l'entrée, qui explosa littéralement, et le groupe s'élança simultanément, tels des robots bien huilés, vers l'intérieur.

« Ils en font toujours des tonnes, » souffla Steve, mi-amusé, mi-exaspéré.

Peter entendit plusieurs sirènes se déclencher à l'intérieur, et se tendit machinalement, mais son sixième sens ne s'était pas déclenché donc il parvint à rester relativement calme.

Relativement étant toutefois un mot-clé

Le garçon se sentait frémir de nervosité, et il peinait à rester immobile. Il en soupira presque de soulagement quand James murmura un « allons-y » avant de lever le bras vers la paroi qui leur faisait face et de.. eh bien, de la faire exploser aussi.

Pourquoi est-ce que tout le monde aimait autant les explosions ?

« Peut-être que l'humanité a toujours eu un faible pour ce qui faisait beaucoup de bruit et de lumière, ricana James.

– J'ai pensé à haute voix, n'est-ce pas ? demanda Spider-Man, embarrassé. »

Le colonel hocha la tête, mais les expressions amusées des adultes devinrent vite beaucoup plus sérieuses et attentives. Captain America s'avança vers la brèche, et déclara :

« Allons-y. F.R.I.D.A.Y va nous guider. »

Peter resta derrière les deux autres héros, malgré son envie de passer devant pour retrouver son mentor le plus vite possible. Foncer tête baissée dans une base pullulant d'ennemis n'était pas forcément une bonne idée, après tout.

L'intelligence artificielle leur indiqua quelle direction prendre pour s'approcher de Stark, et l'équipe dut avancer pendant à peine une minute lorsqu'elle les avertit :

« Trois individus ennemis en approche, sur votre gauche. »

Les trois coéquipiers se figèrent, adoptant immédiatement une posture défensive. James avait les bras tendus vers l'avant, prêt à faire feu.

Les nouveaux venus étaient au nombre de trois, eux aussi, mais n'attaquèrent pas, ce qui était assez déstabilisant. L'homme qui se trouvait au milieu était visiblement leur chef, même s'il ne paraissait pas très menaçant. Il était assez petit, car même Peter le dépassait de quelques centimètres, et avait une mine renfrognée qui n'inspirait pourtant pas beaucoup de crainte. Cette expression s'illumina lorsqu'il aperçut les trois intrus. Les six hommes restèrent immobiles, face à face et attendant le moindre mouvement de la part de l'autre.

« Captain America, souffla leur chef, l'air ravi. C'est un honneur d'enfin pouvoir vous rencontrer en chair et en os.

– Malheureusement, je ne peux pas affirmer que le plaisir est réciproque, siffla Steve. »

L'homme ignora sa remarque déplaisante, et continua :

« Si vous saviez le temps que nous avons consacré à vous chercher ! Et voilà que vous apparaissez devant mes yeux. Vous qui vous êtes si longtemps opposé à HYDRA, avez sûrement reconnu mes traits. Je suis l'un des Commandants, mais je suis certain que je n'ai nul besoin de vous apprendre mon nom.

– En fait, ce serait plutôt une bonne idée, car je n'ai jamais entendu parler de vous, répondit Captain America poliment, ravi de pouvoir maltraiter un peu l'égo du nouveau venu.

– Commandant Ronald Corll, » indiqua l'ennemi avec un rictus forcé, visiblement contrarié de ne pas avoir été reconnu.

Il se tourna ensuite vers James et Peter, et reprit :

« Et si ce n'est pas Spider-Man et Iron Patriot ! Si j'avais su qu'il me fallait seulement enfermer un milliardaire arrogant quelques heures pour tous vous faire sortir de votre cachette, je l'aurais fait bien plus tôt. »

Spider-Man grinça des dents, mobilisant toute sa volonté pour ne pas sauter à la figure de l'ennemi tandis qu'un puissant sentiment de rage circulait vicieusement dans ses veines et se propageait dans tout son cœur. Le jeune homme fut au moins satisfait de constater qu'il n'était pas le seul à se retenir.

« Seulement, vous dites ? demanda-t-il en guise de provocation. J'ai cru comprendre qu'il vous a donné du fil à retordre. Vos hommes ont une phobie des cornes de brume, ou quoi ? »

L'œil droit de Corll tressaillit, et Peter s'autorisa un petit sourire satisfait. S'il ne pouvait pas user de la violence (ou, en tous cas, pas encore, parce que même s'il n'aimait pas particulièrement la violence il n'appréciait pas non plus qu'on s'en prenne aux personnes qui comptaient pour lui), les mots pouvaient se révéler tout aussi efficaces. Il l'avait appris du meilleur professeur de sarcasme ayant jamais existé sur cette planète.

« Mes hommes l'ont neutralisé sans grand mal, se défendit le Commandant. Nos agents sont bien assez compétents pour neutraliser un vieil homme qui, sans son armure, se retrouve entièrement incompétent. »

Peter inspira profondément, trouvant que garder son calme devenait de plus en plus difficile, avant de railler :

« Oui, tellement compétents qu'ils nous ont mené jusqu'ici. »

Une grimace furieuse passa sur le visage de Corll, et ce dernier leva les bras, probablement pour signaler à ses sbires qu'ils devaient passer à l'offensive, mais Spider-Man les prit de vitesse et tira une abondante quantité de toiles sur les trois hommes, les rendant incapable de bouger, avant de s'élancer. Le jeune héro bondit dans les airs avant d'atterrir pieds joints sur l'abdomen du Commandant, lui donnant un puissant coup de pied et le faisant tomber au sol avec un bruit sourd.

Il se tourna vers ses deux aînés, qui le fixaient, bouche-bée, et leur adressa un sourire plein d'excuses :

« Je commençais à en avoir assez de celui-là, » expliqua-t-il en désignant d'un geste dédaigneux le chef glué au sol, ignorant les cris indignés de ce dernier.

Les expressions de surprise s'effacèrent promptement, faisant place à de la satisfaction et de la fierté.

« Tu nous as devancé de peu, Spider-Man, annonça James avec un sourire. Quelques secondes de plus et j'en aurais fait autant.

– Vous n'arriverez jamais à prendre le contrôle de cette base ! rugit Corll, furieux. Notre technologie est nettement supérieure à la votre ! Nous-

– Vous voulez parler des quatre malheureux gadgets en provenance du Wakanda que vous êtes parvenus à vous procurer, et que vous avez utilisé pour prendre d'assaut le complexe ? Interrompit Rhodes. Ces mêmes gadgets, stockés négligemment dans l'une de vos réserves et qui viennent d'être détruits par nos coéquipiers ?

– À moins que vous ne soyez en train de penser aux caméras de sécurité que l'intelligence artificielle de Stark -que vous avez échoué à détruire, en passant- a piraté sans la moindre difficulté ? renchérit Steve.

– Vous n'arriverez jamais à vous débarrasser de- »

Le Commandant d'HYDRA ne put jamais terminer sa menace, car le poing de Captain s'écrasa violemment sur son nez, ce qui le fit immédiatement sombrer dans l'inconscience. Les deux autres sbires, blancs comme un linge devant la démonstration de puissance (et de colère) du blond, laissèrent échapper des hoquets étranglés avant de s'empêcher de faire le moindre autre bruit, terrorisés.

« Cela commençait à me démanger, maugréa Steve. Continuons, je n'ai pas envie que ce clown nous fasse perdre encore plus de temps.

– Je crois bien que tous les agents présents ont été neutralisé, annonça la voix de Natasha dans leurs oreillettes. F.R.I.D.A.Y m'indique qu'il n'y a plus de menace.

– Déjà ? Bien joué.

– Rappelle-toi que nous n'en sommes pas à notre coup d'essai, Rogers, moqua la jeune femme.

– Continuez sans moi, dans ce cas, intervint James. J'ai envie de voir comment va Tony, mais puisqu'il n'y a plus de danger je vais vous laisser vous occuper de lui, j'irai le voir dès que possible. Je m'occupe de ces trois idiots. »

Peter se tourna vers lui.

« Tu es sûr ? Lui demanda-t-il. »

« Allez-y, somma doucement le colonel. Vous l'avez déjà fait assez attendre. »

L'adolescent jeta un coup d'œil en direction de Steve, qui hocha la tête, et les deux se mirent à courir, se ruant à travers les différentes salles et couloirs tandis qu'ils se laissaient guider par F.R.I.D.A.Y, ne prenant plus la peine de faire attention à de potentiels ennemis.

« Dites, Captain, je peux vous demander un service ? Interrogea Peter entre deux inspirations.

– Je t'écoute, l'encouragea le blond, maîtrisant parfaitement son souffle.

– Si vous pouviez ne pas dire à Monsieur Stark ce que… hum, ce que j'ai fait pour récupérer l'armure, cela m'arrangerait.

– Pourquoi ? Tu as fait un excellent travail.

– Il s'inquiéterait. Et, pour l'instant, je pense qu'il a d'autres priorités. De toute façon, je finirais par lui dire, je veux juste attendre qu'il aille mieux.

– Dans ce cas, cela devrait pouvoir se faire.

– Merci, Steve. »

L'adulte lui adressa un sourire rapide.

Ils se précipitèrent ainsi pendant deux ou trois minutes à travers le bâtiment en suivant attentivement les indications de l'intelligence artificielle avant de parvenir devant une porte. Peter ne s'autorisa pas une seule seconde d'hésitation et ouvrit aussitôt la porte, constatant avec une certaine satisfaction qu'elle n'était pas verrouillée.

Apercevant son mentor au sol, le jeune sentit sa respiration se bloquer et se précipita à l'intérieur de la salle, suivi de près par Steve.

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« Monsieur Stark ! »

Tony grogna, et se retourna dans son sommeil (si on pouvait nommer son état de semi-conscience de cette manière) comme il put. Il s'aperçut qu'on le secouait avec douceur, et sentit à nouveau le léger frottement du bâillon entre ses lèvres. Puis il constata qu'il avait froid. Très froid.

« Allez, m'sieur, ouvrez les yeux. »

Quelle drogue lui avait-on encore injecté ? Pourquoi est-ce qu'il se mettait à entendre des voix ? S'il commençait à perdre la tête les choses allaient commencer à se compliquer pour lui. Pas que la situation dans laquelle il se trouvait actuellement soit très simple non plus. D'autres voix se firent entendre, mais celles-ci étaient plus confuses et il n'arriva pas à en distinguer les mots.

Il sentit le morceau de tissu dans sa bouche lui être retiré, les liens dans son dos se desserrer, et il put enfin ramener avec précaution ses mains sur son ventre, soulageant ses épaules meurtries et protégeant ses côtes de ses bras. Le mécanicien n'osa pas bouger ses jambes, par peur de raviver la douleur.

L'ingénieur était certain d'avoir plusieurs côtes fêlées, et son visage était sans aucun doute un véritable canevas empli de couleurs variées. Mais le plus douloureux était sa jambe droite, qui sous l'impact des coups avec elle aussi craqué sinistrement avant de commencer à le faire souffrir.

« Tony. »

Cette voix lui était familière, elle aussi, mais il n'arrivait pas à se rappeler de son propriétaire. Il avait au moins l'impression qu'elle était masculine.

« Monsieur Stark, si vous n'ouvrez pas les yeux.. hum, je chante la première chanson qui me passe par la tête, et ça ne va pas être joli. Mais qu'est-ce que je raconte ? »

Fatigué qu'on ne le laisse pas tranquille, l'inventeur finit par ouvrir lentement ses yeux, clignant plusieurs fois avant de parvenir à obtenir une vision claire. Un visage, à l'apparence jeune, était penché sur lui. Des yeux bruns l'observaient avec inquiétude, et cette expression était renforcée par les sourcils froncés. Tony mit plusieurs secondes avant qu'un nom ne lui vienne à l'esprit. Il croassa :

« Peter ? »

L'adolescent lui offrit un grand sourire. Cette expression lui avait manqué.

« Hey, Monsieur Stark. Comment vous vous sentez ?

– J'ai envie de café, avoua-t-il. »

C'était la première chose qui lui était passée par la tête. Il n'avait pas envie de se concentrer sur la douleur lancinante qui parcourait ses côtes et sa jambe droite. Il bougea légèrement la tête, et se rendit compte que le jeune super-héro supportait la quasi-totalité de son poids aisément. Le mouvement lui fit prendre conscience de la présence d'une autre personne dans la pièce. Steve Rogers lui sourit, l'air fatigué mais soulagé.

– Bonjour, Tony.

– Hey Captain, répliqua le quadragénaire. Je crois que Ronny te cherchait.

– Ronny ? »

Tony sentit un sourire s'étirer sur ses lèvres en apercevant les mines confuses des deux autres super-héros. Il expliqua :

« Pas très grand, plutôt ronchon et avec un ego aussi prononcé que le mien.

– Ah, je vois, en effet. Nous l'avons... croisé, répondit Steve. Allez, viens, cette base a été sécurisée. Les autres t'attendent. »

L'inventeur tenta de se relever seul en se dégageant du support que Peter lui offrait, mais il n'avait aucune force dans les bras et parvint seulement à réveiller la douleur. Il grimaça, ce qui ne passa pas inaperçu. L'adolescent repassa ses bras sous ceux de son mentor et le souleva facilement.

« Laissez-moi faire, proposa-t-il.

– Merci, Collants, souffla le milliardaire, reconnaissant. »

Ce fut quand il prononça ce surnom qu'il réalisa complètement que son apprenti avait enlevé son masque en présence de Captain America. Il jeta un coup d'œil à Steve, et décida de ne pas faire de remarque sur le sujet. Ce dernier semblait tendu, partagé entre l'envie d'aider et l'appréhension de la réaction que son ancien ami pourrait avoir s'il le faisait. Se retenant de lever les yeux au ciel, parce que cela n'aurait pas vraiment arrangé la situation, et demanda à la place :

« Comment vous m'avez retrouvé ? »

Rogers jeta à coup d'œil à l'adolescent avant de répondre :

– Natasha et Clint sont allés à l'entrepôt dans lequel Corll avait voulu t'attirer. Ils ont retrouvé ton armure, et ils ont croisé des agents d'HYDRA. Ils leur ont collé des mouchards.

– Romanoff et Barton sont là aussi ?

– Oui, ainsi que Scott et Sam. Enfin, je veux dire, Ant-Man et Falcon. » ajouta Peter.

Tony dirigea son attention sur le jeune. Avec un rictus, il se moqua gentiment :

« Laisse-moi deviner, tu étais en extase totale quand tu les as rencontrés ? »

Le sourire éclatant de Peter fut une réponse suffisante. Rogers observa le duo avec une drôle lueur dans le regard, avant de sourire et d'indiquer :

– C'est grâce à Peter qu'on t'a retrouvé, Tony. Tu peux être fier de lui.

– Ce n'est pas entièrement vrai, protesta le cadet.

– C'est toi qui a eu l'idée du mouchard, et il me semble avoir entendu que tu étais aussi celui qui avait eu l'idée de nous demander de l'aide. »

Le mécanicien écouta la conversation avec intérêt, se mordant l'intérieur de la lèvre pour ne pas trop sourire et tentant obstinément d'ignorer la fierté et la reconnaissance qui lui réchauffait agréablement la poitrine.

– Monsieur Rogers, geignit Peter, vous savez très bien que-

– Je l'ai toujours été, Steve, interrompit Tony en répondant à la première affirmation du hors-la-loi.

Ce dernier eut un sourire connaisseur, et Spider-Man se tut en fermant la bouche avec un claquement de dents, ses joues devenant rouge vif. Le génie voulut ricaner mais grimaça en sentant ses côtes douloureuses. Rogers redevint sérieux, et déclara doucement :

– Je suis vraiment désolé, Tony. »

Ce dernier n'eut pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre qu'il faisait directement allusion aux évènements d'il y a quelques mois. Il souffla, tentant d'ignorer sa voix qui menaçait de lui faire faux-bond :

– Moi aussi, Rogers. Mais on n'en reparlera plus tard.

– Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?

– Ils voulaient des réponses, répondit le milliardaire en omettant volontairement de préciser à propos de quoi. Enfin, c'est ce qu'ils disaient. Si vous voulez mon avis, ils étaient surtout en manque de punching-ball pour se défouler.

Quelques instants s'écoulèrent dans le silence, et Tony se força à faire taire son cœur qui battait douloureusement vite dans sa poitrine. Il le savait, il avait échappé au pire. Quelques bleus et une ou deux côtes fêlées, ce n'était rien comparé à ce qui l'aurait attendu si Corll était resté plus longtemps. Peter le scrutait avec inquiétude.

– Dis-moi, gamin, ajouta-t-il pour changer de sujet après avoir repris son souffle. J'étais vraiment sous l'emprise de stupéfiants ou bien je t'ai entendu me menacer avec du chant ?

– Non, pouffa l'adolescent, j'ai vraiment dit ça. Il faut croire que ça a marché.

Les vibrations de son rire se propagèrent dans le corps de l'ingénieur, qui sourit.

– Je serais curieux d'entendre ça. Et d'où te vient cette idée de menace orale ?

– Ça remonte à quand je faisais exprès de chanter faux lorsque j'étais en colère contre May. C'est resté, je suppose. Croyez-moi, monsieur, si vous tenez à vos tympans il vaut peut-être mieux que je ne chante pas .

– Ça ne peut pas être pire que moi. Même une musique toute simple ?

– Je chante extrêmement faux.

– Hm, et si je te propose de t'enlever la totalité du protocole Baby-Trotter ? »

Les yeux de Peter s'allumèrent d'une lueur intéressée.

« Vous êtes sûr ? Demanda-t-il. Je suis gagnant dans tous les cas.

– Pas si je demande à quelqu'un de t'enregistrer.

– Vous serez trop occupé à vous boucher les oreilles.

– Bien sûr, petit.

– Vous allez vraiment retirer le protocole ?

– Je n'ai qu'une parole.

– Bon, dans ce cas... »

Le jeune s'interrompit, et tandis qu'il aidait Tony à se relever en supportant la quasi-totalité de son poids, il s'éclaircit la gorge. Il déclara :

– Vous allez me détester.

– Cela m'étonnerait beaucoup, rétorqua le milliardaire.

– Vous avez bien dit la première chanson qui me passe par la tête ? J'en ai une qui correspond à votre situation.

– Arrête de retarder le moment fatidique, je ne te lâcherai pas.

– Très bien. »

Il fit une autre pause, inspira profondément et se mit à hurler :

« LIBÉRÉE ! DÉLIVRÉE !

– Bon sang, » gémit Tony.

Le jeune n'avait pas exagéré quand il disait qu'il chantait vraiment mal. Son ton était complètement faussé et irrégulier, mais il le faisait peut-être exprès. Il avait de plus eu l'audace de choisir une chanson pour enfant que son mentor détestait tout particulièrement. Même Steve eut une grimace en entendant la voix de l'adolescent. Ce dernier était bien conscient qu'il faisait grincer les dents des deux adultes, mais, loin de le décourager, cela le fit sourire et il se mit à déclamer les maudites paroles encore plus fort.

« Peter, grogna l'inventeur, partagé entre le rire et l'irritation. Ça suffit. Tu as gagné. »

Le garçon l'ignora et continua son brouhaha. Il fit simultanément avancer Tony vers l'extérieur de la pièce, endroit qu'il avait convoité depuis le début de son séjour dans la salle. Le quadragénaire ne put s'empêcher de soupirer de soulagement quand il passa l'embrasure de la porte, passant outre pendant quelques instants des nuisances sonores.

« Peter, » essaya-t-il à nouveau, en jetant un coup d'œil à Steve, qui avait maintenant l'air de bien s'amuser.

Ce dernier lui sourit en haussant les épaules, comme pour lui montrer qu'il était impuissant face à la catastrophe auditive.

« Espèce de traître, grogna le mécanicien. Peter, tu as gagné. Par pitié, arrête. »

Il soupira une nouvelle fois de bonheur lorsque son idiot d'apprenti s'arrêta enfin de brailler et l'observa, visiblement fier de lui.

« Je vous avais prévenu, ricana-t-il.

– Rappelle-moi de faire attention à tes prochaines mises en gardes. »

Le minuscule groupe était en train de remonter une longue allée de couloirs qui semblaient interminables. Peter était sur sa droite et le tenait sans effort, lui permettant de s'appuyer sur sa jambe valide. Steve se trouvait sur sa gauche, prêt à intervenir. Plusieurs poignées de secondes s'écoulèrent dans un agréable silence, et Tony se demanda où pouvaient se trouver les autres. Sa réponse arriva peu après, lorsqu'ils croisèrent Scott Lang.

« Ah, vous voilà, déclara-il. Bonjour, Stark. Quelle coïncidence de vous croiser ici ! »

Il semblait fatigué, lui aussi, mais il irradiait la bonne humeur. Le mécanicien eut un rictus, et railla :

« N'est-ce pas ? Si je m'étais attendu à vous voir ici, Lang, j'aurais fait un effort sur ma tenue.

– Ça n'aurait pas été indispensable, ne vous en faites pas. D'ailleurs, est-ce quelqu'un a essayé de chanter ou était-ce une nouvelle arme de destruction massive préparée par HYDRA ? ajouta Ant-Man, jetant un coup d'œil entendu à l'adolescent.

– Deuxième option, avoua Peter, tout sourire. On ferait mieux de faire attention.

– Ne fait jamais de karaoké avec ma fille, Pete. Elle raffole de cette chanson parce qu'elle sait que je ne l'aime pas. J'en suis encore traumatisé.

– Je ne promet rien ! »

Ils continuèrent de discuter pendant le reste du trajet, comme s'ils se promenaient et n'étaient pas en train de sortir d'une base d'HYDRA. C'était loin d'être désagréable. Le groupe finit par arriver à l'extérieur, et Tony leva la tête. Il faisait nuit, le ciel était dégagé, et leur environnement était éclairés par les quelques lampadaires ainsi que les phares des voitures en stationnement devant eux. Il fronça les sourcils, ce que remarqua Rogers.

« Les agents ont déjà été arrêtés et embarqués, expliqua-t-il. On voulait te réveiller, mais cela a pris un peu de temps. On a pensé que tu préférerais te réveiller avec quelqu'un que tu connaissais, et non dans une ambulance avec des inconnus. »

L'ingénieur hocha la tête, reconnaissant de l'initiative qu'ils avaient pris pour lui. Plissant les yeux pour ne pas être ébloui par les phares des voitures, il distingua plusieurs silhouettes familières. Rhodes, Romanoff, Barton et même Wilson s'approchèrent de lui pour le saluer chaleureusement. S'il était tout particulièrement heureux de voir son vieil ami parfaitement à l'aise dans son armure, il devait avouer qu'il était surpris de l'accueil des autres. Il ne s'était pas attendu à ce qu'ils soient aussi sympathiques avec lui, et cela fit naître un sourire sincère sur son visage.

« Peter, annonça Natasha, va donc le faire s'asseoir sur le rebord du coffre de ma voiture. Je pense qu'il a besoin de souffler. On se reverra plus tard, Stark. Heureuse que tu ailles relativement bien. »

Tony hocha la tête et laissa l'adolescent le guider. Il souffla de soulagement lorsqu'il s'assit, soulageant ses muscles douloureux. Peter s'assit à côté de lui, et l'inventeur en profita pour l'observer. Il ne trouva aucune blessure apparente.

« Tu vas bien ? lui demanda-t-il pour s'assurer qu'il n'avait rien manqué.

– Oui, je n'ai pas été blessé. Pas la moindre égratignure.

– Tant mieux. Ta tante m'aurait tué.

– Elle était inquiète. Pour vous. »

Le jeune héro reçut un regard inquisiteur de son mentor. Il pouffa, et repris :

« Oui, c'est vrai. Elle sera contente de vous voir. On l'est tous. »

Le milliardaire jeta un coup d'œil au bâtiment dont ils venaient de s'extirper. Il avait une allure tout à fait banale. Rien ne criait « Repère de supers méchants. Entrée interdite sous peine de mort douloureuse. »

« C'était dangereux, il souffla, presque dans un murmure. Tu aurais pu être blessé.

– Mais ce n'est pas arrivé, répondit tranquillement Peter.

– Heureusement.

– Ils étaient vraiment déterminés à vous aider, vous savez.

– Qui ça, les Avengers ?

– Tout le monde. »

Tony ne répondit pas tout de suite, la voix coupée par l'émotion. Fichus sentiments.

« Ça n'en valait pas vraiment la peine, répondit-il faiblement.

– Loin de moi l'idée de chercher à vous contredire, mais ça, monsieur, c'est complètement faux. »

Tony embrassa du regard son environnement, résistant à l'envie de se rendormir. Rogers, Rhodes et Lang discutaient ensemble, les autres n'apparaissaient pas dans son champ de vision et avaient dû s'éparpiller ailleurs. Un vent frais vint lui caresser le visage, et il ferma inconsciemment les yeux pour en profiter. Dès qu'il le fit, il sentit ses dernières forces l'abandonner et glissa dans un état entre l'éveil et le sommeil. Il entendait encore ce qu'il se passait autour de lui, mais ne réagissait plus.

Cette affaire était loin d'être terminée. Il y avait de nombreux détails à régler, à savoir retrouver les fournisseurs de Corll ainsi que les criminels en possession de leurs armes. Sans compter les longues discussions avec les Avengers renégats qui suivraient probablement dès qu'il serait remis sur pied. Mais il pourrait s'en occuper plus tard.

Le mécanicien sentit quelque chose appuyer sur sa tête. À moins que ce ne fut sa tête s'appuyant sur quelque chose ? De toute façon, cela n'avait pas vraiment d'importance. Il mit plusieurs secondes à réaliser qu'il était sûrement en train de s'appuyer sur l'épaule de son apprenti, mais n'eut pas la force de bouger. Peter, sentant que son mentor était en train de s'endormir, déclara d'une voix douce :

« Vous êtes quelqu'un d'extraordinaire, Monsieur Stark. Je ne sais pas ce qu'on aurait fait sans vous. Vous faites toujours de votre mieux pour les autres, il était temps qu'on commence à vous rendre la pareille. Alors, à chaque fois que vous aurez besoin de quelqu'un sur qui compter... »

Être un Stark avait ses avantages et ses défauts. Tony avait du mal à faire la différence entre les deux.

« Je serais là. »

Mais Peter était là, et c'était la seule chose qui comptait.

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Ouuh, j'aime tellement m'imaginer cette scène, ça me fait fondre. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour voir ceci arriver dans le MCU ! C'était peut-être un peu OOC, si c'est le cas je m'en excuse, mais il me fallait vraiment une scène comme celle-ci pour clore cette petite histoire.

Bon, je me dois de vous l'avouer, l'idée de « Irony Man » n'est absolument pas de moi. J'ai vu ce nom en traînant sur Internet et rien que d'y penser que me fait encore rire aujourd'hui, je me suis dit que cela pourrait être sympa d'ajouter ça dans cette histoire :3

Eh oui, c'est la fin. J'ai vraiment adoré écrire cette histoire, mais il fallait bien qu'elle arrive à son terme ! Puisque je la traduis également en anglais, cela représente pas mal de travail, et je voulais être sûre de la clore avant la fin des vacances d'été afin de ne pas finir par l'abandonner par manque de temps. On ne dirait pas, comme ça, mais une traduction représente beaucoup de travail et cela demande du temps et de la concentration. Je pense que, pour mes prochaines fics, je me concentrerai en premier lieu sur la version française, pour la terminer, et ensuite seulement je la traduirai.

Mais, est-ce vraiment la fin de cette aventure ? Après tout, il reste pas mal de choses à régler dans cette affaire… hmm. Il faut croire que ce n'est peut-être pas la dernière fois que vous entendez parler de moi !

Je commencerai déjà par ajouter (peut-être) un épilogue, mais il risque de ne pas arriver tout de suite. Je connaissais déjà la manière dont cette histoire allait se terminer, mais maintenant il me faut quelques idées pour faire un épilogue tout en douceur ;)

J'adorerais lire vos commentaires, savoir ce que vous en avez pensé ! Cette petite aventure qu'a été l'écriture de cette fanfic a été extrêmement enrichissante, et j'ai surtout adoré partager mes idées avec vous.

À un de ces jours, les amis ! Merci infiniment pour tout le soutien que vous m'avez apporté !