Bonsoir à toutes !
Me revoici pour un nouveau chapitre ! Plus court que les autres, mais pour compenser, j'essayerai de mettre le 8 lundi.
Un immense merci aux revieweuses, et bienvenue aux nouvelles ! Merci pour vos mises en alerte/favoris !
Bonne lecture !
Chapitre 7
Pov Edward
Bella était plutôt quelqu'un d'imprévisible : elle pouvait avoir des réactions très adultes, et d'autres plutôt enfantines. La moue qu'elle fit lorsque je mentionnai mon frère ne put que me faire rire, parce qu'elle était vraiment amusante. Vexée, elle croisa les bras sur sa poitrine, et alla bouder dans la cuisine tandis que je pris le téléphone et appelai Emmett. Il ne travaillait pas aujourd'hui, alors je savais le trouver chez lui. Malgré la décision que j'avais prise, j'avais besoin de conseils, parce que je n'étais pas aussi assuré que je le montrais : en fait, je flippais carrément, je ne savais pas quoi faire à partir de maintenant. A qui devais-je dire la vérité ? A qui mentir ? Est-ce que je devais prendre des mesures de sécurité supplémentaires, comme acheter une arme, ou une bombe lacrymogène ?
Les tonalités se succédèrent, mais personne ne décrocha. Emmett était-il tellement en colère qu'il ne voulait même pas me parler ? Je n'osais pas tenter d'appeler sur son portable, mais je me promis d'essayer à nouveau sur son fixe plus tard. Une main chaude sur mon bras me rappela que je n'étais pas seul.
-Qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda doucement Bella.
-Je t'avoue que je suis un peu perdu. A ton avis, est-ce que je peux dire la vérité à mes parents ? Je ne vois pas comment empêcher ma mère de crier sur tous les toits, d'ici jusqu'à New York, que j'ai quelqu'un dans ma vie, si je ne lui dis pas la vérité sur ta véritable identité.
-Tu es un cas si désespéré ? Rit la jeune fille. Ça craint !
Je la fusillai du regard, ce qui ne changea pas grand-chose. Quand enfin son fou-rire se fut calmé, elle essuya ses larmes.
-Si tu es certain que tes parents garderont le silence, je ne vois aucun mal à ce qu'ils sachent. Après tout, nous sommes chez eux, non ?
J'acquiesçai d'un hochement de tête, avant de composer un autre numéro de téléphone. Cette fois, ma mère décrocha, au bout de la troisième tonalité.
-Je te manque déjà ? Ironisa-t-elle. A moins qu'Emmett n'ai fait une vilaine plaisanterie, et que tu viennes te plaindre ?
-Il y a bien quelqu'un qui m'embête, mais ce n'est pas mon frère. Est-ce que tu sais quand vous revenez à la maison ? Je voudrais vous présenter quelqu'un.
-Je le savais ! Je t'avais dit qu'il y avait une fille là-dessous ! Pour te répondre, nous pensons finalement rentrer dans deux ou trois jours. Alors, dis-moi tout sur elle. Comment l'as-tu rencontrée ? Comment s'appelle-t-elle ? Que fait-elle dans la vie ? Est-ce ...
-Si tu me laissais te répondre, tu saurais déjà qu'elle s'appelle Bella, mais que ce n'est pas ma petite amie.
Il y eu un blanc, avant que ma mère ne reprenne d'une voix tremblante.
-C'est ta fille ? Edward Anthony Masen Cullen ! Je t'ai toujours inculqué de bonnes manières, et ton père t'a rabâché je ne sais combien de fois que tu devais te protéger ...
Sa voix s'éloigna, et celle de mon père prit le relai au combiné. J'entendais le sourire dans sa voix.
-N'écoute pas ta mère, elle s'emballe pour un rien.
-Alice n'est pas sa fille pour rien, ris-je. Est-ce que vous pourriez avancer votre retour ? J'ai pris une décision délicate, qui nous concerne tous.
-C'est en rapport avec cette fameuse Bella ?
-Oui.
-Alors nous serons là en milieu d'après-midi.
-D'accord, alors à tout à l'heure. Merci !
Nous raccrochâmes, puis je reportai mon regard sur Bella qui me souriait, perchée sur le dossier du divan. Je me levai, avant de faire signe à mon invitée de s'asseoir correctement sur le coussin.
-J'ai une injection à te faire, lui rappelai-je en allant chercher le nécessaire.
Quand je revins, je trouvai la jeune fille assise en train de se mordiller la lèvre inférieure, perdue dans ses pensées. Elle reporta son attention sur moi quand je saisis son bras et passai le coton pour désinfecter sa peau.
-Attention, je pique, la prévins-je. Est-ce que tu veux faire quelque chose de spécial aujourd'hui ?
Je la vis plisser le front.
-Je dois d'abord regarder tout ce que monsieur Appledown a mis dans l'enveloppe pour moi, et je t'avoue que je préfère rester à l'intérieur pendant un jour ou deux.
Un frisson lui échappa, mais j'avais heureusement terminé l'injection. Je restai à côté d'elle à sa demande tandis qu'elle vidait le contenu de la grande enveloppe kraft sur la table. Il y avait un portefeuille, contenant une carte d'identité, un permis de conduire, une carte de Sécurité sociale, diverses cartes de fidélité de magasins situés dans la région, et de l'argent. Une feuille A4 reprenait les détails qui devaient être la vie de Bella : la jeune fille était une cousine éloignée, que nous logions le temps de ses études à Seattle. Elle ne faisait pas d'activité extra-scolaire. Elle avait même un numéro d'étudiante de la fac de Seattle, et si elle le souhaitait, elle pouvait suivre des cours d'un cursus littérature classique, puisqu'elle avait vraiment une inscription là-bas.
-Eh bien, tout est pensé dans les moindres détails !
-Il le faut, rétorqua Bella. Ça fait longtemps que le FBI fait ça.
La conversation se termina là, parce que je voyais que ça bouleversait la jeune fille. Je décidai de la divertir en proposant des jeux de sociétés.
La journée se passa calmement. Natalia, à qui je pris la décision de lui dire la vérité, vint effectuer ses heures de ménage, nous concoctant un bon repas pour le déjeuner, et un encore meilleur pour le dîner, puisque mes parents seraient présents. Ceux-ci arrivèrent vers seize heures, mais je ne m'attendais pas à voir ma sœur et Jasper dans leurs bagages. Je les saluai tous chaleureusement, tout en notant que Bella se tenait précautionneusement à l'entrée de la cuisine, et que ma famille la regardait, certains avec curiosité, d'autres avec prudence. Il y avait une tension pesante dans le salon, mais j'espérais qu'elle se dissiperait bientôt. Je m'approchai de la jeune fille, lui pris la main, puis la guidai jusqu'au centre du salon pour prendre la parole.
-Je vous présente Bella. Bella, voici mon père, Carlisle, ma mère Esmee, ma sœur Alice et son mari Jasper. Asseyons-nous, nous serons mieux pour discuter.
Tous prirent place, pourtant Bella était toujours méfiante. Je la sentais trembler, aussi me permis-je de passer mon bras autour de ses épaules et de m'asseoir avec elle sur le deuxième divan.
Pov Bella
Son bras autour de mes épaules était chaud, et agréable. J'étais tentée de poser ma tête sur son épaule, mais je me contins, me concentrant sur sa famille : ils avaient eu l'air froid, mais Edward m'avait assuré qu'ils étaient très gentils. Être contre lui était réconfortant, et me détendait plus que n'importe quel calmant : il me faisait me sentir en sécurité, incroyablement forte. Je ne comprenais pas comment un inconnu pouvait me procurer de telles sensations de chaleur et de bien-être, mais c'était bien le cas. Toute la famille m'impressionnait, surtout le père d'Edward, très charismatique. La mère semblait plus jeune que Carlisle, mais méfiante. Parce que j'amenais le danger sur sa famille ?
-Je revenais de l'hôpital vendredi soir lorsque j'ai rencontré Bella, commença Edward. Elle avait besoin d'aide, et elle était blessée, alors je l'ai conduite ici et soignée.
-Pourquoi ne pas l'avoir emmenée à l'hôpital ? Demanda son père. Ça aurait été plus prudent.
-Elle me l'a demandé, dit-il laconiquement. Pour faire simple, Bella a besoin de l'hospitalité légendaire des Cullen. Elle fait partie du programme de protection des témoins, et j'ai accepté que nous l'hébergions quelques temps.
Un long silence suivit sa déclaration. Je broyais sa main, me demandant silencieusement pourquoi j'avais tant insisté pour habiter ici alors que je ne connaissais rien de lui et de sa famille. Et s'ils refusaient ? Ils en auraient le droit après tout, leurs vies pouvaient être menacées. Contradictoirement, je me sentais plus en sécurité ici, avec une famille lambda, qu'avec quelqu'un habitué à héberger des témoins. C'était étrange, mais profond.
-C'est une procédure habituelle ? Demanda froidement celui qu'Edward avait appelé Jasper.
Il me faisait peur, sans que je ne sache pourquoi. Sa distance, sa posture, droite et tendue, le fait qu'il semblait tenter de lire au plus profond de moi...
-Non, répondit Edward pour moi. Mais ils le font parfois lorsque c'est nécessaire, ils font ce qu'ils jugent le mieux pour la personne à protéger en fait. Je sais que j'ai agi sans vous consulter, mais...
Sa voix mourut, mais je vis son père hocher la tête, alors je supposai qu'Edward lui avait transmis une invitation silencieuse. D'ailleurs, le père et le fils se levèrent et allèrent s'enfermer dans la cuisine. Je restai figée, n'osant pas faire un mouvement. On entendait les deux hommes parler fort, mais je n'arrivais pas à saisir leurs paroles. Les regards de sa mère, sa sœur et Jasper allaient de moi à la cuisine, cependant je n'aurais su dire s'ils étaient méfiants, antipathiques ou tout simplement neutres. Je me sentis trembler, sans savoir pourquoi, et ce n'est que quand j'entendis une voix féminine appeler Edward avec urgence que je compris que je n'allais pas bien.
-Hey, Bella ? Tu peux ouvrir les yeux tu sais, personne ne te mangera.
Je soulevai les paupières, pour trouver Edward penché au-dessus de moi. Il me sourit puis m'aida à me relever doucement du divan sur lequel j'étais assise. Son père était derrière lui, mais j'entendais du mouvement au premier étage, donc j'en conclus que le reste de sa famille était en haut puisque je ne les voyais plus dans le salon.
-Est-ce que ça va ? Demanda monsieur Cullen.
Je hochai la tête, intimidée par son charisme.
-Tu peux parler tu sais, il ne te sucera pas le sang, comme tu semblais le croire dans ton délire, se moqua gentiment Edward.
Je ne pouvais pas rougir plus qu'à cet instant, tant j'étais gênée. Je lançai un regard noir au fils de la famille, qui sourit encore plus.
-Bella, je te présente officiellement mon père, Carlisle. Il est médecin lui aussi, enfin il l'a été, vu son grand âge !
Carlisle donna un petit coup de poing dans l'épaule de son fils en riant. L'atmosphère se détendit à ce moment-là.
-Il ne voit aucun inconvénient à ce que tu restes, et il sait qu'il ne faut pas révéler ta véritable identité, mais plutôt jouer la comédie orchestrée par le FBI. Esmee, Alice et Jasper feront la même chose dès qu'on leur aura expliqué ce qu'il convient de faire te concernant. Tiens, bois un peu.
Il me tendit un verre de jus d'orange, que je bus en entier, avant de me lever.
-Bienvenue chez nous, Marie, me salua Carlisle en me tendant la main. J'espère que tu te plairas ici, bien que je ne me fasse aucun souci à ce sujet.
Je souris, soulagée, puis le père de famille me conduisit au premier étage, tandis que le téléphone d'Edward sonnait. Carlisle me dirigea dans une chambre à côté de celle d'Edward où la mère de famille défaisait de nombreuses valises. Elle se tourna vers nous à notre entrée dans la pièce.
-Esmee, je te présente notre nièce, Marie. Elle logera ici le temps de ses études.
La femme de Carlisle eut un temps d'arrêt, avant de venir me serrer dans ses bras.
-Bienvenue parmi nous Marie, me sourit-elle.
-Vous pouvez m'appeler Bella quand nous sommes seuls, rectifiai-je, gênée d'être appelée par mon deuxième prénom.
-D'accord Bella. On va faire en sorte que tu te sentes bien en notre compagnie.
-Coucou Bella ! S'écria soudain la sœur d'Edward, que je n'avais pas vu arriver. Je suis Alice, et mon mari s'appelle Jasper. Si tu restes longtemps, il faut décorer la chambre d'amis à ton goût.
-Vous savez Alice, je ne sais pas du tout si je reste quelques jours ou quelques semaines.
Elle me regarda comme si j'avais proféré une insulte, avant de s'expliquer.
-Tu sais Bella, si tu veux passer pour notre cousine, il vaudrait mieux que tu nous tutoies.
Elle avait raison bien sûr, mais ma timidité naturelle m'empêchait de prendre ce genre d'initiative sans en avoir eu la permission auparavant. Je hochai la tête, avant de l'accompagner dans ce qui était ma chambre du moment. La jeune fille me demanda de l'attendre là quelques instants, avant de revenir avec un gros classeur.
-J'ai toute une palette de couleurs et de textures. A la fac, j'ai eu un module en décoration d'intérieur et d'extérieur, et tu es la première pour qui je vais exercer mes talents.
Elle me fit asseoir sur le lit et ouvrit son classeur, pour me montrer une immense palette de couleurs différentes et leurs dégradés de teinte.
-C'est indiscret si je te demande pourquoi il faut t'appeler Marie ?
-Pas du tout, et c'est même important que tu le saches pour tout faire afin de préserver mon identité, et plus encore. Au fait, je pense que me teindre les cheveux serait bien.
-Mais tu as des cheveux châtain magnifiques ! Protesta vivement Alice.
-Une perruque pourrait aussi faire l'affaire. Il ne faut pas qu'on me reconnaisse si je sors, parce que des dealers font tout pour me retrouver et me tuer. Ils ont presque réussi, presque grâce à Edward. Il m'a sauvée, et a accepté que je me cache ici.
Alice hocha la tête, prit ma main qu'elle serra avant de me faire choisir la peinture de la chambre. J'étais gênée de les mettre dans cette situation mais en même temps ravie de voir que j'étais acceptée sans condition. Cependant, je voulais voir Edward, pour savoir ce que pensait réellement sa famille, si cette acceptation était vraie ou juste une façade.
Nous passâmes une bonne heure à discuter décoration (peinture, bibelots, habits, draps...), avant qu'Esmee nous appelle pour le dîner. Edward nous apprit que Jasper était allé saluer des amis, et qu'il rentrerait tard dans la soirée. Je ne pus m'empêcher de m'inquiéter, imaginant qu'il se droguait et connaissait mon secret, allant le révéler à son dealer, l'information remontant jusqu'à James. Je voyais Laurent rouler à vive allure, son sourire malsain aux lèvres, Maria à ses côtés, prête à l'aider.
-Bella ? Tu veux encore de la salade ?
Je secouai la tête, sortant de mes pensées.
-Non merci madame. Je n'ai plus faim, c'était très bon.
-Tutoie-moi chérie, me sermonna doucement la mère de famille. Tu es bien notre nièce, n'est-ce pas ?
Je lui fis un sourire contrit, et Esmee passa à autre chose. A la fin du repas, Edward me proposa de sortir un peu dans le jardin, ce que je refusai, alors il me proposa de l'accompagner dans une pièce qu'il ne m'avait pas encore montré : une petite serre, remplie de fleurs multicolores, des plantes grasses, et une petite fontaine. Après quelques pas dans un silence reposant, Edward prit la parole.
-Tu peux avoir confiance en Jasper, tu sais ?
-Comment fais-tu pour savoir à quoi je pense ? Tu lis dans mes pensées ou quoi ?
-Pas du tout, rit-il. Mais il est si facile de lire en toi. Dès que j'ai dit que Jasper était parti, tu as été dans la lune, alors j'en ai déduis que tu avais un grief contre lui.
-C'est vrai, avouai-je en m'asseyant sur un banc en pierre. J'ai eu tellement peur l'autre jour...
Il m'attira contre lui, et pour la première fois, je pleurais. Pas de petits sanglots, non. Des gros sanglots bruyants, des larmes discontinues, et le nez coulant disgracieusement. J'avais besoin d'évacuer la pression, de laisser la peur s'en aller avec mes larmes.
Edward me laissa pleurer longtemps, enfin, je supposai. J'eus vaguement conscience que le jour déclinait, et ce fut tout. Mon souvenir suivant fut la sensation d'être enveloppée dans une bulle de chaleur, excepté mon bras droit. Je m'éveillai à moitié pour voir Edward en train de préparer mon injection, éclairé par la faible lumière nous parvenant du couloir. Je marmonnai des excuses pour m'être laissée aller.
-Tu n'as pas à t'excuser, m'assura-t-il en insérant l'aiguille dans ma peau. Ce moment devait arriver, il est juste venu plus tard que je ne le croyais.
On reconnaissait là les paroles du médecin. Il termina l'injection et remit mon bras sous les couvertures, avant de se pencher sur moi. Mon cœur s'emballa, avant de quasiment s'arrêter lorsqu'il embrassa ma joue.
-Bonne nuit Bella. J'espère que tu trouveras un peu de paix, et que je verrais l'insouciante jeune fille que je devine se cacher derrière ce masque.
Il sortit et ferma la porte, plongeant la pièce dans le noir.
Alors, ça vous a plu ? N'hésitez pas à me dire si oui, ou même si non !
On se retrouve bientôt !
