Voldemort se venge. 7
-Tu sais que tu fais presque envie comme ça ! résonna la voix du mage noir dans la tête du jeune sorcier. Je suis sûr que tu te promènes comme ça pour les deux autres, pour attiser leur désir, pour les rendre fou de ton corps jusqu'à ce qu'ils en perdent tous leurs sens communs.
-Pour l'instant Voldy, c'est toi qui perd la tête, va cou-couche panier et laisse-moi tranquille, fit Harry qui tentait de se réchauffer.
Le jeune sorcier se tordit de douleur quand le Lord lui fit savoir qu'il n'aimait pas quand on le congédiait de la sorte, comme un chien.
-Si tu ne veux pas souffrir d'avantage je te suggère de m'écouter et de m'obéir, Potter, espèce de vermine répugnante. Tu devrais te courber devant ma toute puissance, admet que je suis supérieur aux autres et que je suis et resterais le plus fort des Mages Noirs de tous les temps.
-Laisse-moi rire, s'esclaffa le survivant. Si ton âme ne s'était pas accrochée à moi pendant que je te tuais, tu ne serais plus de ce monde, tout grand mage que tu sois. Tu as eu tellement peur de disparaître que tu m'as parasité, c'est une de tes caractéristique ça ? Parce que je te signale que tu l'as déjà fait une fois et que ça ne t'a pas porté chance. Tu espères m'avoir en m'intimidant ? Mais qu'est-ce qui te donne à penser que je vais me laisser faire, hein ? Es-tu si naïf à ce point, Voldy ? Je t'ai eu une fois, je t'aurai à nouveau, sois-en sûr !
Le Seigneur Noir ne répondit pas. Harry avait craint des représailles et voilà que l'autre le laissait tranquille. S'était-il déjà affaibli, ou était-il en train de mijoter une vengeance digne de ce mon ? Ouais ! La deuxième solution était la plus probable. Donc s'il réfléchissait bien, le serpent allait frapper et pas qu'un peu en plus.
Cinq minutes plus tard Harry s'endormait sur le canapé, quitte à se faire torturer autant prendre du repos avant, ricana-t-il en lui-même. C'est là que le retrouva Snape après avoir trouvé le lit vide de son occupant. L'homme fit léviter une couverture et en recouvrit son ancien élève avec un sourire de désolation de voir que le gamin ne s'était pas couvert et grelottait de froid.
La nuit du survivant n'avait pas dû être de tout repos, pensa-t-il avec raison en partant commander le petit déjeuner aux elfes de maison de Poudlard.
Le jeune homme se réveilla à midi, il s'étonna quelque peu que Tom l'ait laissé dormir aussi longtemps. A tous les coups il devait encore manigancer son châtiment, ce psychopathe tordu.
Snape installa la table pour le déjeuner cette fois-ci, tandis que Lucius était plongé dans un livre de magie. Le survivant se leva et s'étira voluptueusement sous le regard acéré d'un maître des potions narquois, dont le regard avait survolé le corps offert.
-Quoi ? s'écria Harry qui n'aima pas l'air ricanant de Snape.
-Petit problème matinale, monsieur Potter ?
Lucius releva de suite la tête de son livre, et ses beaux yeux gris apprécièrent à leur juste valeur l'érection qui déformait le pyjama d'un Gryffondor pas gêné pour deux noises.
-Ca vous est jamais arrivé ? pesta le jeune homme sans chercher à se cacher.
-Nous ne sommes que des hommes, clama doctement l'aristocrate en fermant son livre et en le posant sur l'accoudoir du fauteuil, n'oubliant pas de remarquer que Severus ne quittait pas son griffon des yeux.
-Allez vous habiller, Potter, nous allons passer à table dans quelque instant, grinça justement l'homme deux secondes plus tard.
-Je crois que j'ai d'abord besoin d'une douche, messieurs.
-Oui, je le crois aussi, approuva le blond avec un sourire coquin, juste pour agacer Severus qui fulminait littéralement sur place de jalousie.
-Qu'est-ce que vous attendez, Potter ! Une invitation de ma part ?
-Non, je vous remercie de votre proposition, Snape, répondit Harry avec naturel. Je saurais me satisfaire tout seul.
-Je ne parlais pas de ça, morveux. Disparaissez de ma vue et ne revenez que si vous êtes revêtu entièrement !
Harry partit en levant les yeux au ciel, à croire que Snape était prude. Pourtant il savait que c'était tout le contraire, il s'en était rendu compte quand ils avaient…. ..fait l'amour.
-Quoi encore ? Rouspéta Snape en voyant Lucius le dévisager.
-Tu te mets souvent en colère, Severus, et tu parais de plus en plus fatigué, vas-tu me dire à la fin ce que tu as ?
-Je t'en pose des questions, moi ! non, alors laisse-moi tranquille.
-Tu ne vas pas bien, crois-tu que je n'allais pas m'en apercevoir ?
-Je travaille jours et nuits, alors oui je suis fatigué !
Le Gryffondor revint dix minutes plus tard habillé d'un jean noir et d'un t-shirt blanc. Ses cheveux encore humides ondulaient sur ses épaules et un sourire joyeux éclairait ses lèvres. Maintenant il ne craignait plus la lumière et tout ça grâce aux potions de Severus, rien que pour ça il lui en était reconnaissant. Sa peau ne craquait plus et ses plaies s'étaient toutes refermées grâce aux potions là aussi.
-Voldy ne s'est pas encore manifesté, c'est bon signe, non ? demanda Harry à Snape
-Non, Potter, ce n'est pas bon signe. Et si vous croyez ça c'est qu'il a déjà fait des ravages dans votre cerveau ramolli.
-Oh ! Ça va, hein ! Pour ce que j'en disais.
-Au lieu de dire des âneries, asseyez-vous et tenez-vous tranquille.
Harry tira sa chaise et prit place en bout de table en rouspétant contre un certain professeur grognon et irascible qui aimait donner des ordres.
-Qu'avez-vous dit ?
-J'ai rien dit, Snape, J'ai….
-Mangez et taisez-vous ! J'ai assez à faire comme ça sans en plus vous entendre pester, maugréa le maître des potions en fronçant ses sourcils.
-Calme-toi, Severus, le gamin n'a rien dit.
-Ne me prend pas pour un idiot, Lucius. Bien sûr que Potter à encore ramené sa grande gueu….
-Bon, si on mangeait ? les coupa le survivant avec un air de malice, juste parce que Snape avait perdu son flegme à cause de lui. J'ai faim moi !
Le Serpentard aux yeux noirs ravala la remarque acerbe qui allait passer ses lèvres, il renifla puis décida d'ignorer le morveux du mieux qu'il put.
Ledit morveux se servit une pleine assiette de rognons au vin comme si de rien n'était, jusqu'à ce qu'il entende Voldemort se manifester de nouveau. Ben voyons, pensa Harry, même pas le temps de déjeuner, pour une fois qu'il avait faim !
-Tu mangeras une autre fois, petite frappe ! Tu ne pensais tout de même pas que tu allais t'en tirer tranquillement après tes paroles d'hier soir ? J'ai pris toutes les forces que j'allais avoir besoin pour te faire payer ta morgue, Harry Potter. Tu crois qu'on peut m'insulter impunément sans en supporter les conséquences ? Soit tu es fou, soit inconscient de m'avoir provoqué, et tu vas apprendre qui je suis, espèce d'horrible petite chose cassée.
-Ferme ta gueule ! cria Harry sans se rendre compte que cette fois-ci Snape et Malfoy l'avaient entendu.
-Potter !
-C'est pas après vous, Snape, répliqua le jeune homme en colère en repoussant avec brusquerie son assiette qui se renversa sur la table.
Lucius, d'un geste négligeant de sa baguette fit venir à lui tous les couverts du Gryffondor.
-Hey ! Mais avec quoi je mange maintenant ?
-Vous ne vous êtes pas assez blessé comme ça hier ?
-Qui dit que je vais utiliser un couteau ? bougonna Harry.
-Servez-vous de vos doigts, l'avertit Snape. Tant qu'il sera dans votre tête vous serez en danger, ajouta l'homme en réparant les dégâts sur la table et en remettant devant le jeune homme une autre assiette remplie.
-Ben voyons ! Comme si je ne le savais pas.
Le survivant allait attraper un morceau de pain quand il sentit tout son corps se raidir. De nouveau il reperdit la parole et l'ouïe, il n'entendait plus que la voix de Voldemort qui lui expliquait dans les détails, avec un rire démoniaque, les sévices qu'il s'apprêtait à lui faire subir. Harry pâlit atrocement à l'énoncé des sorts de magie noire que l'autre fou connaissait.
Snape et Malfoy se levèrent de table et regardèrent, impuissants, le Gryffondor se lever et tomber sur le sol du salon-salle-à-manger du professeur de potions. Harry se tordait de douleur, comme si le Lord lui lançait des sorts depuis l'intérieur du corps. Sa bouche hurlait des imprécations muettes quand il ne se mordait pas les lèvres pour éviter de jeter sa tête sur le sol.
-Un doloris, Severus ! cria l'aristocrate en pointant déjà sa baguette sur le jeune homme.
-Non, Lucius, réagit Snape en lui retenant la main. On a dit qu'en dernier recours.
-Merde ! On peut pas laisser faire ça !
Snape s'approcha d'Harry pour lui donner une paire de claques, quand il fut repoussé violemment.
-Il a mis une barrière, mais comment est-ce possible ?
-Qui ?
-Voldemort, enfin je pense qu'il s'agit de lui. J'ai l'impression qu'il veut s'acharner sur Harry, expliqua Severus sans se rendre compte que sous sa légère panique il avait appelé sa croix en ce monde par son prénom. Voilà pourquoi il l'a laissé tranquille toute la matinée, c'était pour mieux reprendre des forces.
Les deux hommes, inefficaces, assistèrent aux tortures que Harry subit pendant plus d'une heure. Ses cris muets, plus le sang qui sortait de sa bouche étaient déchirants à voir. Mais ce qui terrifia le plus les deux Serpentards fut le t-shirt qui se teintait de rouge et le liquide qui gouttait sous le garçon qui lévitait maintenant à un mètre du sol.
Le corps du survivant se contorsionnait, sa peau se fendait, des hématomes apparaissaient un peu partout, les doigts craquèrent sinistrement, puis tout cessa subitement. Le corps en mauvais état se mit en position fœtale puis il chuta par terre dans le liquide carmin dans un bruit de succion écœurant.
Severus et Lucius s'élancèrent vers le garçon en espérant que Voldemort en avait fini avec lui, et priant que la barrière ait disparue.
-Quel gâchis !
-Je te le fais pas dire, Lucius. Je vais le faire léviter jusqu'à son lit, va me chercher les potions de guérison dans la chambre, fais vite je te prie.
Snape pointa sa baguette sur Harry, il le souleva légèrement puis il l'allongea sur son lit situé dans un coin du salon, avant de le lui ôter ses vêtements ensanglantés.
-Oh ! putain ! s'écria l'aristocrate en revenant près d'eux. Le Seigneur des Ténèbres n'y est pas allé de main morte.
-Donne-lui la Poussos, fais-lui ingérer directement par l'estomac, m'étonnerait qu'il arrive à avaler quoique ce soit aujoud'hui.
Le maître des potions lança un Evanesco sur le corps estropié et tout le sang s'évapora de la peau blafarde.
-Ensuite ? demanda le blond, inquiet.
-La potion cicatrisante, ensuite on le laissera dormir. Dans quelques heures nous saurons s'il a tenu le choc.
-Ce n'est pas l'intérêt du Lord de le tuer, pourquoi l'avoir torturé ainsi, si ce n'est pour le faire souffrir gratuitement ?
-Le tuer non, mais le rendre fou, oui. Il n'aura pas besoin de toute la tête du gamin s'il veut prendre sa place un jour.
Lucius frissonna. Severus avait l'art et la manière de le rassurer là.
-Tu es sûr qu'on ne peut rien faire de plus pour lui ?
-Que voudrais-tu faire de plus, Lucius ? Aurais-tu une idée à me soumettre ? s'énerva Snape qui se sentait impuissant face à la douleur de son ange. Non parce que si c'est le cas fais-le sans attendre, à moins que tu ne veuilles prendre ma place si tu te sens l'âme d'un guérisseur ?
-Mais qu'est-ce qui te prend ? Tu t'entends me parler, Severus ! Que veux-tu insinuer par prendre ta place ? Tu crois que quoi ? vitupéra le blond contre les questions insidieuses de son ami.
Lucius Malfoy partit hors des cachots avec un air indigné sur le visage, il avait besoin de s'aérer la tête après la crise de jalousie de Severus, à moins que ce ne soit autre chose.
Le professeur aux yeux sombres soupira, Il n'aurait pas dû dire ça à Lucius. Il avait été injuste avec lui, parfois vraiment il devrait se donner des baffes et apprendre à se taire avant de dire des conneries. Où était-il là ? Probablement parti se calmer les nerfs, bien qu'un Malfoy restait toujours serein en apparence. Il ne voulait pas perdre son amitié, évidemment il n'était pas facile à vivre, Lucius en savait quelque chose. Il se demandait souvent comment le blond arrivait à le supporter.
Severus tourna en rond dans ses quartiers, même quand Draco lui rendit visite pour prendre des nouvelles de Harry qui n'avait pas encore émergé de sa fatigue.
-Tu es sûr qu'il va s'en remettre ? demanda le nouveau professeur de potions.
-Oui, quand les remèdes auront faits effet il devrait pouvoir se lever, si l'autre ne l'épuise pas encore une fois, bien entendu, renifla Snape en pinçant les lèvres.
-Comment allez-vous l'empêcher de le rendre fou ? Il reste moins de deux mois avant que le Seigneur des Ténèbres ne le contrôle complètement.
-Il n'y aura pas de potion miracle cette fois, Draco. Je pense que nous le saurons le moment venu.
-Tu penses qu'il peut y avoir une faille dans le plan de Voldemort ?
-Tout plan comporte une faille, effectivement. D'ici là nous devons le surveiller et puis je suis certain que Potter n'est pas décidé à se laisser marcher sur les pieds. Tu sais comment ce gamin peut être obstiné et persévérant parfois. Il va combattre cette possession, j'en suis certain,.
-J'espère que tu as raison, Severus. Oui j'espère.
