Comme d'hab', bonjour, ça va ? Un nouveau chapitre, étrange, qui voit cette fois apparaître les premiers OC que je suis capable de foutre par ici. Dont l'un est mon bébé-archange protecteur-cutie suprême.
Ahah.
Je suis stupidement stupide. Bref.
Bonne lecture, sur In trance !
Comme d'hab, une review=reconnaissance éternelle, et promis je vous volerai pas votre âme. Je suis pas un monstre.
Je crois pas.
Ne jamais croire les italiques.


I wake up in the morning
and the sun begins to shine
the day did sneak up on the night…

Un cliquetis de réveil qui s'allume et transperce, telle une flèche. Un projectile sonore tiré par un vieux machin cliquetant et basculant sur la radio locale. Scorpions. Ca pourrait devenir une rengaine, une routine par ici, dans ta vie, de te réveiller avec le groupe à l'aiguillon qui sait si bien piquer par ses riffs de guitare ravageurs. Tu te réveilles en grognant. In Trance.
« Ta gueule… »
Douloureuse sensation de déjà-vu.

Contre le verre froid et le cadre de bois ocre presque – voire totalement –marron tu t'es endormi comme une masse sur le coup de quatre heures en regardant le cimetière, au loin. Tu as sans doute une gueule de papier mâché, vu le peu de temps que t'as somnolé. La faute à la salope de nuit : la nuit, glacée et sans étoiles sur laquelle tu as gardé tes yeux verts durant des heures dans l'espoir de percer les secrets de l'Univers. Juste le velours ébène du ciel. Même pas de piqûres ça et là de petits diamants stellaires, pas d'opale étincelante et blafarde qui prend le nom de lune pour éviter d'attiser la convoitise des joailliers.
Tu grognes, t'étires et jettes un coup d'œil à ta montre. Pas facile avec la tête dans le cul. Tu soupires, bascules pour finir sur tes pieds, parfaitement debout quoi qu'un peu vacillant comme à un lendemain de mauvaise cuite et surtout ne fixes pas ton regard sur un point précis. Surtout pas.
Tes prunelles presque entièrement noires – ceci dû au manque de lumière plus sûrement qu'à une quelconque transformation physique incluant une âme ravagée… Ouais, une longue et douloureuse transformation en démon – voguent vaguement d'un coté à l'autre de la pièce pendant que tu effleures de tes doigts le mur droit. Est-ce que vous avez jamais essayé de laisser courir vos doigts sur un mur, senti la peau de votre cou se couvrir de sueur froide en cherchant la lumière ?
Etre chasseur rend paranoïaque, surtout quand on sait que la peur du noir est la peur la plus sensée qu'un être n'a jamais eue. Que la lumière soit.
Et la lumière est.

Plus aveuglante que jamais, la lumière. Entrant par l'embrasure maronnasse de la fenêtre où tu as passé tes heures d'observation céleste. Scorpions ne se tait pas, alors que tu regardes l'ampoule se balancer au bout d'un fil, faiblement. Entre la vie et la mort. Et t'as l'impression de vivre une sorte de transe, toi aussi. Irréelle.
Jusqu'à ce que tu te prennes la table en te dirigeant vers la salle de bain.
« Aie, bordel ! »

~O~

But I'm in a trance
Hey baby tell me can't you hear me calling…
Nuit. Jour. Une lumière qui s'allume et s'éteint. Le soleil qui avance dans le soleil, des portes qui claquent et des rires qui volent dans l'air chaud. L'état n'est pas réputé pour son climat tempéré et relativement doux. Ou peut-être que si, de toute façon les réputations se bâtissent sur des à-priori qui s'effondreront dès que la vérité s'approche.
Un décor digne d'une dernière transe.
Les sons arrivent en décalé alors que tu marches dans les rues. C'est l'heure de repartir, d'aller marcher du coté de l'errance totale. Tu n'as aucune idée d'où te rendre, Castiel ne répond pas à tes appels incessants : ce petit angelot à l'auréole ternie par une désertion a dû se mettre en silencieux. Et ça te rend dingue, oh oui dingue totalement dingo.
Mais on peut tout pardonner, pas vrai ? Tu te glisses dans ta voiture, après avoir ingurgité au moins une bonne dizaine de tasses de café au préalable. Pas question de t'endormir au volant et de risquer un accident. Tu jettes un coup d'œil à ton portable. Rien. Onomatopée digne d'Homer Simpson, tu regardes derrière.
Pourquoi n'y a-t-il même pas d'ange assoupi sur la banquette arrière ? Pourquoi dois-tu essayer de comprendre où a disparu le pseudo protecteur que tu avais avec toi ces derniers temps ? Pourquoi, comment. Est-ce qu'il a cédé, est-ce qu'il a été rattrapé par des agents du Paradis, est-ce qu'il l'a vendu, lui véhicule divin de Michel –Michael, Michel, c'est la même à la fin – et sa localisation exacte ?
Non.

Non.
C'est pas possible, tu te dis alors que tu enclenches le contact et retrouves les douces vibrations qui parcourent tes jambes, tes fesses et chatouillent ton dos. C'est pas possible, tu t'assènes, que Cassy déserte avec la seule intention de te trahir. Lui et sa quête désespérée d'un père aux abonnés absents avec une liste d'excuses plus longue que celle de Lucifer et de ses raisons de détruire l'Humanité.
Enfin, tu assumes qu'il a une liste de raisons de détruire l'Humanité.
C'est pas possible que Castiel t'ai trahi.
Parce que croire qu'un ami fuit pour vous laisser aux mains des ennemis, c'est vraiment trop vache.
Trop dégueulasse.

I feel so sad I'm feeling down
On the radio the music plays…

~O~

"Dean."
Jurons. Gomme qui chauffe, crissement des freins sur la terre d'un chemin qui longe une autoroute.
« Putain, ça devient trop récurrent par ici, tes apparitions en voiture. A croire que tu comprends pas ce qu'on te raconte. » Ce que tu lui racontes. Mais au moins, il est de retour.
Peut-être que c'est un Judas, mais il est de retour. Et t'aurais rien contre le baiser qu'il pourrait utiliser pour te dénoncer, avoue.

Certains questions ne doivent pas avoir de réponses.
« Excuses-moi. J'étais simplement… »
Longue pause.
« T'étais ?
- Enthousiaste. J'ai retrouvé la trace du groupe. Pas tellement loin de notre actuelle position. »
Quelque chose te frappe, alors que tu roules.
« On était pas censé être impossible à localiser, avec tes… L'énochien sur nos côtes ?
- A priori si. Mais je te suis depuis un bout de temps. »

~O~

Lumière, obscurité. Longs rais étincelants sur une feuille de papier posée là. Lumière sur l'encre noire et vive encore fraîche. Obscurité sur le visage de l'écrivain. Des lignes et des lignes, tracées de la même écriture ronde et régulière. Des lignes et des lignes.
Des chiffres qui s'alignent.
Derrière, là-bas, dans une lumière artificielle où voltigent des grains de poussière et une lourde fumée, des rires parviennent à la personne dans l'ombre.
Lumière sur la vie, quatre jeunes entre deux cigarettes refont le monde à leur manière, jeans déchirés et coiffures anarchistes, guitares et batteries qui s'illuminent derrière dans la fumée dense.
Obscurité sur la figure non loin, stylo plume argenté à la main qui dessine des ailes aux bulles de ses i. Ils l'apostrophent. Deux hommes, deux femmes, la parité la plus simple qui se fout du monde et se marre dans une journée déjà bien entamée.
« Allez, viens ! »

Mais si de la lumière naît l'ombre l'ombre ne peut devenir lumière.
Il ne bouge pas, malgré les appels incessants des personnes présentes sur la scène, qui croisent et décroisent les jambes en lui tendant les bras.

Hey... Hey
Hey baby tell me can't you hear me calling…?

~O~

Les portes s'ouvrent, tranquillement. Tu entres, simple et décontracté. Quel besoin de raconter des bobards à une bande de jeunes qui, comme l'a fait remarquer Castiel plus tôt en arrivant, sentent la drogue hallucinogène et l'encre de stylo jusqu'au milieu de la rue et qui écrivent des paroles de chansons parlant de révolution et de cul ? Aucun.
Suffit juste de se faire passer pour des fans. Ou des gars là pour interviewer. Du moment que l'ange n'ouvre pas la bouche et se contente de te laisser parler, tout devrait se passer comme sur des roulettes.

Cigarettes aux lèvres, une jeune femme se lève et s'approche. Doc Martens noires et écaillées au niveau du vernis, chaînettes argentées qui pendouillent sur son haut transparent – en homme, tu ne peux qu'apprécier ce que t'as sous les yeux quand c'est désirable, hein. – et penche la tête sur le côté. Ses yeux argentés entourés d'une bonne couche de crayon s'arrondissent légèrement.
Elle doit avoir tout au plus vingt-cinq ans.
« C'est pour quoi ?"
Tu t'éclaircis la gorge, attirant l'attention des trois autres zigotos sur vous. En même temps, un gars en tee-shirt avec un autre en costard et trench-coat par quarante degrés à l'ombre dans une salle de concert de grande ville c'est pas tellement courant.
C'est même en fait franchement glauque.

« Voilà, nous sommes journalistes au magazine…" Tout y passe. Le coup de l'interview, la déclinaison de vos deux identités… Castiel Di Angelo et Dean Sammet, c'est très ironique des deux côtés mais à part des fans intense de Avantasia et Edguy – ou Percy Jackson – pourraient comprendre la référence.
Et les quatre gens ne la pètent pas.

Ils se présentent, les clopes éteintes et assis sur le bord de la scène. De gauche à droite, du plus petit au plus grand. La même couleur de cheveux, la même coupe désordonnée. Les mêmes chaînes qui pendent, le même maquillage. Seuls les yeux permettent de les différencier.

La plus jeune, celle qui est venue t'interroger et se trouve à ta gauche s'appelle Selen. Elle te sourit, en lançant constamment des regards vers l'arrière pour tenter d'apercevoir l'ombre.
Ombre et lumière…
La seconde, juste après elle, a les yeux un peu plus grands et plus sombres. D'un vert d'eau tirant sur l'étang en pleine nuit, on dirait la couleur apaisante et maladive qui hante tes souvenirs. Une couleur à l'odeur d'éther. Mais tu ne sais pas d'où ça vient. Son nom sonne comme Odi… Oden, Odaliae pour ce qu'on en sait. Ca doit être Odela, ou Oden. Un nom bizarre comme ça, qui te laisse perplexe.
Viennent ensuite les deux gars, un peu plus méfiants que leurs amies qui sont tout sourire pour un Castiel désemparé.

Tyr, le troisième, ne bouge pas quand tu lui tends la main pour lui dire bonjour. Il y a dans le regard marron percé d'acier gris éclatant une touche de haine que tu ne peux pas définir. Il n'ouvre pas la bouche, ni n'accepte de t'accorder un seul véritable regard. Ouais, en somme, c'est un connard.
Le dernier s'appelle Sòl. Un nom nordique, qu'il te raconte. Il te sourit un peu, lui. Il n'a pas confiance, ça se sent, mais il fera avec. Tu sors un dictaphone.
« Non, attendez. »
L'ombre et la lumière sont liés. Alors qu'une forme sort de l'autre coté de la scène, tu relèves un peu la tête.
« Nous sommes cinq. Pas quatre. Si vous pouviez le noter."
L'ombre apparaît dans la lumière.
"Oui, bien sûr. Pardon. Vous êtes?
- Je m'appelle Cassiel."

Hey...Hey…

~O~

C'est une transe, une véritable transe. Castiel a les yeux grands ouverts – pour une lettre, on l'a copié, quoi – et les quatre se sont tournés vers lui. T'as envie de demander si c'est le Messie de retour, ou quoi.
Questions de routine, son job avec eux, blablabla. Castiel bugue sérieusement.
C'est une transe, dans une transe profonde que tu le tires presque loin d'eux, prétextant un téléphone qui vibre.
« Eh, Cass.

- Castiel.

- Castiel… ? »
Tu t'inquiètes.
Il semble sortir d'une longue transe enfumée qui délavent ses yeux bleus arrière-couleur brûlée qu'il rive sur toi.
« Ne peux-tu pas l'entendre, Dean ? »
Tu ne comprends pas. Il répète, dans le silence d'une ville en pleine effervescence.

« Ne peux-tu pas l'entendre nous appeler?»

Hey baby tell me can't you hear me calling…?