Une fois dehors, je vis le résultat du plan. Des rocs incandescents rayaient le ciel noirs, balayaient tout sur leur passage et arrachaient des cris de désespoir et terreur à ceux qui étaient sur leur chemin je regardai un moment avant que mon attention ne soit attirée par un cri perçant.
Le Condor se posa au bord de la falaise et sautilla étrangement vers moi je fronçai les sourcils et regardai vers l'Est...
- « Allons-y... » soupirai-je en vérifiant que ma sacoche était bien fermée en quelques secondes, je fus agrippée de toute part par ce maudit volatile et transbahutée dans les airs.
J'avais mal partout, ses serres me rentraient dans la peau et le vent gelait mes plaies jusqu'à les brûler, mais je ne faisais que penser. Penser à ce qui allait arriver ensuite. La perle n'était qu'une des premières étapes. Un tiers insignifiant dans l'ensemble, mais trois pas de plus vers la folie.
Cette chose, la Triforce... Combien avaient eu dans l'esprit de l'utiliser ? Combien s'étaient entre-tués pour l'avoir, pour la trouver... pour la posséder... ?
Je restai bloquer sur ces questions pendant un long moment jusqu'à ce que les serres ne se retirent de ma chair je tombai et retombai lourdement sur mes pieds avant de finir sur mes genoux.
Un soupire bruyant se fit entendre au dessus de moi.
Je me relevai lentement et dévisageai le seigneur qui ne me prêtait pas la moindre attention.
- « Votre mission a changé. » annonça-t-il, toujours penché sur son balcon. « Vous allez être accompagnée sur l'Île du Poisson et me ramener la Perle de Nayru. » expliqua-t-il. « Me suis-je bien fait comprendre ? » demanda-t-il sur un ton un peu plus menaçant.
- « Non. » répondis-je simplement en croisant mes bras sur mon torse ses yeux se tournèrent vers moi.
- « Qu'est-ce qui vous échappe ? » soupira-t-il en laissant ses yeux retourner vers la Grande Mer.
- « Ah, non. J'ai compris la mission. » ricanai-je. « Le seul 'hic', c'est que je bougerais pas le petit doigt avant que vous m'ayez dit ce que vous comptez faire si vous mettez le grappin sur la Triforce. » demandai-je en m'adossant à la rambarde j'étais prête à riposter.
- « Pourquoi vous en souciez ? » questionna-t-il au bout d'un moment. « Vous aurez votre argent de toute façon. » ajouta-t-il avec dédain.
- « Oh, je sais pas... » commençai-je en regardant le ciel un instant. « Peut-être parce que je fais partie des abrutis qui vivent sur cette terre ? » lançai-je sur un ton sarcastique il me lança un regard méprisant.
- « Contrairement aux gens de votre espèce, je ne me complais guère dans le chaos... » répondit-il en se tournant vaguement vers moi. « Hyrule n'aura rien à craindre de moi... »
- « Dixit le type qui est à la tête d'une armée de monstres... » lançai-je en fronçant les sourcils.
- « Ne transposez pas votre incapacité à être honnête sur moi. » vociféra-t-il en me fusillant du regard. « Mais je suppose que c'est déjà bien trop que d'espérer une conduite honorable de la part d'un rat de fond de cale. » ajouta-t-il en retournant dans ses quartiers.
'Un rat de fond de cale, hein ?...' me répétai-je intérieurement en riant. 'Fait bien gaffe mon gros... je pourrais grignoter la coque de ton bateau de fortune...' pensai-je me laissant une fois de plus être emportée par son larbin à plumes.
Pendant tout ce voyage vers le Sud-est, je réfléchis à ce que j'allais bien pouvoir faire répéter les erreurs du passé ou jouer mes propres cartes ?
Au final, j'avais la possibilité de récupérer la Perle de Nayru, celle d'échanger la Perle de Din contre une écaille du vieux cracheur de feu...
Mais je ne pouvais pas laisser quelqu'un approcher de la Triforce... même d'un simple morceau car, peu importe les raisons initiales, elles seraient corrompues et déformées par son pouvoir.
Moi-même, je ne sais pas si je résisterais à ma nostalgie... La possibilité de tout réécrire...
Un cri résonna au dessus de moi terre en vue. Le volatile me laissa tomber dans la mer avant de partir se percher dans un cocotier. 'Quelle saloperie...' pensai-je à voix haute en regagnant la plage. Je plaquai mes cheveux trempes en arrière et me mis en route là où il y avait un Esprit, il y avait au moins une stèle, ou un ponton... quelque chose qui ressorte.
Il ne me fallut d'ailleurs pas longtemps pour trouver quelque chose en haut de l'île, se trouvai une fissure dans la roche dont émanait une faible lueur.
Je me faufilai donc par là et utilisai mon grappin pour descendre en rappel dans une grotte marine la lumière venait d'en dessous.
- « Hey ! » appelai-je en regardant les reflets jaunes de l'eau j'avais déjà ma main sur mon sabre. « Esprit de l'eau ! » précisai-je.
La lumière se mit alors à bouger et une ombre gigantesque se faufila sous moi avant de remonter à la surface cette poiscaille était énorme !
- « Jeune Hylienne, - comprends-tu ? » demanda-t-il en louchant presque.
- « Oui, Esprit de l'eau. » répondis-je d'une voix forte en fixant l'un de ses yeux. « Je suis là pour te poser une question. » annonçai-je.
- « Je m'en doute. » commença-t-il. « Mais, l'heure du Héro serait-elle arrivée ? » demanda-t-il d'un air incertain.
- « Non, Esprit. » répondis-je immédiatement. « Je voulais juste savoir- » commençai-je en prenant une grande inspiration. « qui est le Seigneur Ganondorf ? » lançai-je, les sourcils froncés.
- « D'où tiens-tu ce nom ? » demanda-t-il visiblement inquiet.
- « Des pirates ont été attaqués par des monstres. » répondis-je après un moment de réflexion ça pouvait passer pour un doute de traduction... j'espérais. « Ils parlaient beaucoup de lui. » ajoutai-je en prenant un air apeuré. « Il semblaient chercher les perles des déesses. » assenai-je il ferma les yeux et un grondement remplit toute la cavité.
- « Toi, qui, si jeune, connais ma langue, comment peux-tu ignorer qui est cet être ? » s'interrogea-t-il je haussai les épaules. « Ganondorf Dragmire, roi du peuple du désert, fut l'être qui sema le chaos en terre d'Hyrule il y a de cela bien des siècles. » commença le gros poisson, l'air contrarié. « Pendant sept années il gouverna le prospère royaume, jusqu'au jour où, armée de- »
- « armé de la lame purificatrice, le héro et la princesse pourfendirent le tyran devenu monstre... » continuai-je mécaniquement mes yeux s'écarquillèrent. « L'Être maléfique qui a été scellé, c'est lui ?! » marmonnai-je, les yeux dans le vide.
- « Il est vrai que, nos anciens textes, rarement parlaient de cet agent du chaos par son nom- »
- « Et que pensez-vous qu'il ferait s'il venait à mettre la main sur la Triforce ? » demandai-je en essayant de cacher mon angoisse l'esprit ferma ses yeux et émit un profond râle.
- « Il essaierait probablement de détruire les descendants du Héro et de la Déesse, avant de faire renaître Hyrule et usurper son trône... » expliqua-t-il je ne répondis rien et réfléchis.
Encore une fois, dans la pire situation, j'avais le choix faire ce pour quoi on m'avait dressée ou...
Je pris une grande inspiration avant de relever les yeux vers l'Esprit de l'Eau. « C'est lui qui m'a envoyée. » annonçai-je en regardant le poisson droit dans les yeux il se raidit, visiblement paniqué. « Quittez l'île maintenant et n'en laissez rien. » ordonnai-je. « Je lui dirais que l'île n'était plus là à mon arrivée. Avez-vous un endroit sûr où vous cacher ? » demandai-je.
- « Il est en effet une île, mais je ne pense pas pouvoir vous le dire... » expliqua l'esprit ma langue claqua contre mon palais.
- « Auriez-vous peur que je vous vende ? » demandai-je en ricanant il me fixa gravement. « Écoutez, je ne tiens pas particulièrement à ces îles, mais il y a des gens, des gens que je connais qui on fait leur vie là-bas... je n'ai pas envie qu'une catastrophe leur tombe dessus. » expliquai-je en le fixant du regard il sembla pensif.
- « Bien. Je me rendrais donc à l'Île de l'Aurore. » annonça-t-il avant de se laisser couler. « Vous devriez commencer à partir. »
Au même moment, les murs se mirent à trembler et se refermer les uns sur les autres aussi rapidement que possible, je remontai le long de la corde et me mis à courir vers la plage. Seulement, la caverne où je me trouvais avant, s'effondrait de plus en plus vite sous mes pieds si seulement ce maudit volatile-
C'est alors que je le vis au loin, il semblait courser une ombre gigantesque.
'Merde !' me dis-je en sautant de rocher en rocher. 'Mon seul moyen de parti-' commençai-je avant de me souvenir d'une chose l'écaille de Valoo était encore en ma possession. 'Faites que ça marche faites que ça marche faites que ça MAAAAARCHE ! » hurlai-je en sautant de la presque-falaise je serai l'écaille contre moi et priai que la bénédiction de Valoo ne soit pas nécessaire.
Le sol était de plus en plus proche. Les rochers roulaient à vive allure sur la plage et l'eau gris-verdâtre semblait peu accueillante. Soudain, une douleur aiguë me parcouru d'une main à l'autre. J'eus l'impression de ne plus pouvoir sentir le vent sur ma peau et, en quelques secondes, ma chute fut brutalement stoppée.
J'aurais voulu hurler c'était comme se faire arracher les bras mais, après un moment, la douleur disparut. Ne restait plus qu'à chopper cet oiseau de malheur ! Maladroitement, j'essayai de battre des ailes pour pouvoir les rattraper mais je passais mon temps à me faire ballotter dans tous les sens.
'Fait chier. » vociférai-je en arrêtant de battre des ailes je commençai à chuter, mais dégainai rapidement mon grappin avant de la lancer de toutes mes forces sur le condor. Je faillis le louper, mais avec la vitesse que j'avais prise, je parvins à agripper sa patte.
Mon poids se fit immédiatement sentir et, d'un coup, l'oiseau perdit son équilibre et descendit d'une bonne dizaine de mètres Je finis les pieds dans l'eau !
Se tenir était dur, l'eau m'arrachait peu à peu, mais ne ralentissait pas assez le volatile... Je pris sur moi et tirai sur mes bras avant de mettre mes pieds en avant, comme pour arrêter un chien qui tire sur sa laisse. C'était encore pire, l'eau me brûlait le visage, m'arrachai les pieds et les chocs me tapaient sans relâche dans les jambes, mais l'oiseau continuait il descendait parfois, me faisait couler, me sortait de l'eau mais je tenait bon... et le pire, c'est que je ne savais pas pourquoi...
J'étais fatiguée, mes bras était comme du bois, mais, au loin, je vis quelque chose qui pourrait m'aider... qui lui mettrait le bec dans l'eau... pour toujours...
À une cinquantaine de mètres, se trouvait une plate-forme... il fallait que je passe à côté.
Mais le volatile ne semblait pas vouloir faire ce que j'attendais de lui il se prépara à passer au dessus je préparai mes deux bras.
Lorsqu'il passa le toit, ma corde s'enroula autour de la structure et, d'un coup sec, elle se bloqua puis m'envoya douloureusement dans les airs, droit vers cette saleté. Je me gardais de vomir pendant mon salto et dégainai mon sabre je manquai le Condor en montant vers lui, mais lui tranchai l'aile droite et plus si affinité en retombant.
La chute dans l'eau fut violente, autant pour moi que pour l'oiseau de malheur, qui me tomba presque dessus. Mais, même en se noyant et avec une aile en moins, il continuait à m'attaquer... à m'agripper...
Je fis de même. Je me laissai couler, passai sous lui et lui tranchai la patte ainsi que la cage thoracique. Mais, tout à coup, des ombres dans l'eau me mirent en alerte sortir de l'eau ! Tranquillement. Je m'éloignai de la proie à la brasse et passai plusieurs Gyorgs... avant d'atteindre l'échelle qui menait à la plate-forme tous se jetèrent sur l'oiseau qui hurlait et se débattait.
Il ne fallut pas longtemps pour que la carcasse soit totalement consumée... morceau par morceau, os par os... et, accrochée au barreaux, je regardais le spectacle, contemplais la faiblesse... à quel point la sensibilité était destructrice... à quel point elle attirait les rapaces, les charognards... les mauvaises fréquentations...
Je repris mon ascension et, une fois en haut, je me laissai rouler sur le dos et fermai mes yeux endoloris pitoyable...
Au bout d'un moment, je me réveillai dans un champ de blé. Le soleil était brillant et le sol chaud, les insectes chantaient les uns pour les autres pendant que je fauchais la récolte. Ce n'était pas vraiment agréable avec le soleil qui me brûlait, mais la mer apporterait bientôt un orage il fallait mettre tout à l'abri au plus vite.
- « Hey ! » appela soudainement une voix que je connaissais je ne me retournai pas. « S-salut, et ç-ça te dis d'aller jouer ? » demanda timidement le garçon habillé en vert avec son chapeau bizarre Kan... c'était Kan...
- « Je travaille. » répondis-je froidement en formant une botte avec le râteau je le voyais se tortillait du coin de l'œil.
- « Ah, et... t'auras fini quand ? » demanda-t-il en se penchant vers moi.
- « Ce soir. » répondis-je sur le même ton il m'agaçait déjà...
- « J-je peux aider si tu veux- »
- « Écoute-moi bien. » le coupai-je en me redressant il était plus petit que moi... « J'ai pas de temps à perdre avec vos jeux de gamins. » commençai-je en le toisant. « Et la prochaine fois que tes potes se cacheront dans les champs de mes parents, je les aligne en duel. » annonçai-je suffisamment fort pour que tous l'entendent.
En quelques secondes seulement, les gosses décampèrent des blés comme un groupe de cafards d'une pièce illuminée... 'vauriens...' pensai-je en regardant les plants qu'ils avaient piétiné... Mais lorsque je voulus retourner à mon travail, je vis les pieds de Kan... il était toujours là.
- « J-je suis désolé pour les blés... » bégaya-t-il en triturant ses doigts je le contournai. « Je... je savais pas qu'ils étaient là.. » insista-t-il en me suivant. « D-dis-moi si je peux aider, je- je veux juste ... » continua-t-il avant de s'arrêter brusquement je l'écoutai à peine. « Je, je veux... jeveuxpasserdutempsavectoiparcequejet'aimebien. » déblatéra-t-il recroquevillé sur lui-même je m'arrêtai, le regard dans le vide.
Devant moi, il y avait la couleur dorée des champs puis le gris sale de la mer et, non loin, tanguait l'ombre maronnasse des pirates... et lui, Kan... il ne faisait pas parti du tableau. Il ne pouvait pas en faire partie, ne devait pas en faire partie.
- « Moi je t'aime pas. » lançai-je sans le regarder.
Tout ce que j'entendis après ça, c'était les pas lourds d'un boulet dont je venais de me débarrasser... Une personne à qui je ne m'ancrerais pas. Une navire qui bouge tout le temps n'a pas besoin d'attache.
Le soir, je rentrai à la maison. Mon pas était traînant et mes yeux dans le vague j'aimais retourner au près d'eux, entendre les histoires de grand-père, ses exploits dans la marine... mais ça ne me soulageait pas.
- « Alors, ça allait aux champs ? » demanda papa en frottant sa jambe endolorie je hochai de la tête avec un sourire.
- « Ah. » s'exclama ma mère en posant le plat sur la table. « Y'a le petit Kan qui a demandé où tu étais. Je lui aie dit 'aux champs mais-' »
- « Ah ? » s'étonna mon père. « Et il t'as trouvée dans tout ce blé ? » rit-il en m'ébouriffant les cheveux.
- « Oui » répondis-je en me dégageant, le sourire aux lèvres. « Mais j'avais pas le temps de jouer. » répondis-je simplement mes parents se regardèrent l'un l'autre.
- « Tu sais... » commença maman en s'essuyant le front. « On peut faire un peu plus si tu veux aller t'amuser- »
- « Non. Je veux aider. » insistai-je en la regardant droit dans les yeux. « J'ai pas été là pendant un mois... je veux pas que vous fassiez tout ! » argumentai-je j'avais presque la larme à l'œil.
- « Oui, mais il faut aussi que tu puisses t'amuser... » insista maman en posant sa main sur mon épaule. « Tu sais, moi à ton âge je jouais à imiter les oiseaux sur la plage... »
- « Mais je m'amuse, moi, sur le bateau... » insistai-je en essayant de montrer un visage rayonnant...
Puis les larmes commencèrent à couler.
Seulement, ils n'étaient plus là. Ils n'étaient pas dans la cale du bateau, recroquevillée dans un baril, à attendre que ma cible arrive. Mais c'était mieux... mieux qu'ils ne soient pas là pour voir ce que j'allais devoir lui faire.
Toc toc
J'ouvris les yeux et vis une ombre se rapprocher de moi mon bras partit immédiatement avant de chopper la chose. Elle se débit pendant un moment, me pinça jusqu'au sang, mais tout s'arrêta lorsque mes doigts se resserrèrent sur son cou.
Crac
Le goéland se relâcha totalement je le regardai un moment avant de le glisser dans ma sacoche. Je le mangerai plus tard.
Sans attendre, je me redressai avec lenteur avant de ranger mon grappin-griffe, les yeux dans le vide est-ce que je faisais le bon choix ?
'Au pire, le secret mourra avec moi...' me dis-je en repensant à l'Esprit de l'Eau. Mais tout à coup, quelque chose me revint à l'esprit si ce Ganondorf était le Fléau des siècles passés... alors il aurait tout le temps du monde pour trouver les perles...
- « À moins que... » murmurai-je en regardant l'horizon. 'Mais il me faudrait toutes les perles...' pensai-je en fronçant les sourcils. « et la baguette des dieux... »
Et le pire dans tout ça, c'est que je ne serais même pas payée.
Hey, vraiment désolée pour le retard^^° j'ai vraiment pas eu beaucoup de temps pour écrire sans parler de trois semaines sans ordi. Enfin, ne vous en faites pas, l'histoire sera terminée d'une façon ou d'une autre. D'ici là, merci de ne pas me maudire tous en même temps... c'est chacun son tour voyons X'D
