7.
On peut voir l'aube percée. Le ciel perd de sa noirceur bleutée, pour déteindre sur des tons ambrés et rougeoyants. Au loin le cri solitaire d'une chouette éveille la nature endormie.
Eux sont toujours sur les marches, une bouteille de whisky vide depuis longtemps abandonnée. Elle sourit, la tête perdue sur ses bras eux-mêmes recroquevillés sur ses genoux, les yeux perdus sur l'immense silhouette de cet homme qui semble vouloir l'écouter sans faillir, apprendre, la connaitre, l'aim… non il est trop tôt pour ça… Ils ne se connaissent que depuis… trente-six… quarante-huit heures… Soixante –douze maintenant. Elle sourit. Depuis combien de temps n'a-t-elle pas souri, juste pour l'acte, juste pour le moment et pas parce qu'Amy lui disait qu'elle l'aimait ou que Jude remportait pour la sixième fois consécutive le championnat de dressage d'ânes.
Liam est toujours endormi, couvert à présent de la veste de l'écrivain, sa tête enfouie dans son cou, il sursaute parfois au détour d'un rêve qui fait sourire Castle.
Il n'est pas ivre, juste un peu saoul, il ne connaissait plus cette sensation, la chaleur qui parcours vos membres et qui s'installe gentiment autour de votre cerveau, plaisante encore avant de devenir souffrance après quelques heures de sommeil. Mais il s'en fiche, il est bien, perdu dans cet endroit sans temps et sans règle. Il pense à Alexis. Voudrait qu'elle soit là, qu'elle voie la paix, qu'elle la ressente et qu'elle la vive, au milieu de cette tribu magnifique. Il soupire. La jeune femme prend cela pour de la fatigue. Frotte ses yeux fatigués. Se lève. Titube sous la chaleur du Whisky, puis tend sa main vers son nouvel ami. D'une main ce dernier l'attrape, calant d'un bras l'enfant endormi contre sa poitrine.
_Je vous offre l'asile pour ce soir Castle, pour m'excuser de la conduite de Marguerite, mais demain il vous faudra trouver autre chose…
Elle sourit.
_Une autre excuse, vous voulez dire ? Il demande, les sourcils levés.
Elle rit doucement, ramasse le cadavre de la bouteille d'alcool et sans lâcher la main de l'auteur se dirige vers l'immense bâtisse.
La vieille porte grince, tandis que ces carreaux de verres mal nettoyés, dispersent les premiers rayons de soleil sur le plancher poli par des centaines de pas trotteurs.
Beckett rouvre la trappe cachée, y glisse la bouteille vide qu'elle ira jeter plus tard, puis retourne vers le hall d'entrée où l'attend toujours l'écrivain, Liam dans les bras. Elle lui sourit, puis se dirige vers le premier étage. Quatre chambres s'y trouvent, des pancartes indique des noms, ceux des plus jeunes de la tribu des dessins sont collés, quelques autocollants aussi, des photos d'été, d'autres de matins d'hiver. Castle regarde, enregistre, s'émerveille. Il les envie ces enfants, si libres, si joyeux, si… heureux ? Certainement.
Ses yeux trouvent ceux de son hôte. Oh oui qu'ils doivent être heureux, gardés sous l'aile d'une si jolie femme.
_Le deuxième étage est réservé aux grands, Jude et Amy, il y en a deux autres, mais elles sont en rénovation… pour un petit bout de temps encore !
Elle glousse, un peu ivre, il sourit, approuve.
_Déposez Liam dans sa chambre, c'est celle du milieu, avec toutes les citations sur la porte.
L'auteur hoche la tête, pousse la porte et sourit en entrant dans le royaume de cet enfant qui le fascine.
Il y a des posters partout, certains de groupes musiques, d'autres d'affiche de films mais surtout d'auteurs littéraires. Baudelaire est de guingois, tandis que Rimbaud trône immense au-dessus d'un Hemingway un peu usé, les coins du poster se cornant sous les années d'errances, certainement prisonnier d'une valise ou d'un sac à dos. La chambre est un bazar absolu entre des vêtements jetés au pied du lit double, des déguisements suspendus aux poignées des armoires, des feuilles à moitié dessinées, des citations découpées et pas encore collées, des photos, dizaines et dizaines de photos. Des voyages de classes, de spectacles de fin d'année, de feux immenses et de nuits à la belle étoile. Il sourit, se dirige vers le lit aux nombreux édredons, soulève la tête grimaçante d'Einstein et glisse le petit garçon dans son cocon douillet. Liam soupire, se recroqueville sous les draps froids, ne se réveille pas. Rick sourit, avance la main la pose une seconde sur la chevelure brune du petit garçon, se penche presque pour déposer un baiser sur son front, se stoppe. Ce n'est pas sa place, il n'a gagné qu'une infime partie de la confiance de ce petit garçon, un murmure de son affection, il n'a pas encore le droit de se perdre dans les méandres de bonheur que son imagination lui offre en mots et récits dans sa tête pleine de pensées. Il laisse sa main reprendre sa place dans la poche droite de son jean. Regarde encore un peu l'innocence que sa fille ne connait plus, déjà, et s'en va, refermant avec douceur la porte aux mille secrets.
Elle est là, changée en pyjama de flanelle, les yeux alourdis du sommeil qu'elle s'interdit encore, curieuse malgré elle de cet homme qui la comprend et qu'elle aime lire.
_Vous pouvez prendre la chambre de Côme pour ce soir. Je vous aurais bien proposé celle de Jude mais il a un concours dans deux semaines, aussi est-elle remplie de papiers, de livres et de harnais d'âne.
Il hoche la tête, ouvre la bouche pour la remercier, pour lui dire que si ça pose problème il pourrait certainement rentrer à pied, qu'il ne veut pas envahir cet espace qu'ils ont mis tant de temps à trouver, cet équilibre fragile dans lequel toute la tribu semble évoluer en harmonie.
Il voudrait mais les mots ne viennent pas.
L'envie non plus.
Elle semble comprendre.
Avance sa main vers l'avant-bras de l'écrivain, s'arrête avant que le contact ne se fasse.
_Ne vous en fait pas Castle, elle ne lui manquera pas ce soir, il préfère toujours la belle étoile.
Elle sourit.
_Okay… Répond simplement l'autre.
Elle disparait de nouveau dans une chambre cachée au bout du couloir, en ressort avec un oreiller.
_Ne bavez pas dessus, Please.
Elle rit un peu, s'en va. Il est toujours planté dans le couloir.
Il grogne. Tourne sa tête dans l'oreiller, expire, inspire ensuite. Une odeur de cerise empli son esprit brumeux de vapeur d'alcool et de souvenirs douloureux. Il sourit malgré tout, car la cerise, ça sent bon. Il soupire, ferme les yeux plus forts sous la lumière immense et intense qui tente de s'infiltrer sous ses paupières. Sa tête tambourine de plus belle. Second grognement. Dans la pièce un rire timide s'échappe. Il relève la tête, un peu trop vite, sa vision se brouille de point noirs, son estomac roule, sa gorge se serre sous la bile qui menace, il expire lentement, referme les yeux, il n'y a plus de rires, juste des petits pas qui s'approchent, incertains.
Seconde tentative de l'auteur. Plus doucement, avec précaution, ses yeux s'ouvrent. La lumière est vive et belle, incomparable à celle de New York, le plus souvent ombrée des silhouettes sans fin des immenses buildings.
Les pas s'arrêtent et Castle tombe étonné sur les yeux inquisiteurs de Côme. La tête penchée, les mains tremblantes, sa lèvre inférieure coincée entre ses dents le plus petit de la tribu regarde cet homme immense qui a envahi son lit.
_Hey Buddy… Tente l'écrivain, sa voix enrouée de whisky et d'une nuit passée à la belle étoile.
Un silence lui répond, l'homme se redresse, attrape son jean qu'il a abandonné à la hâte il y a de ça une poignée d'heures, l'enfile avant de se rassoir au pied du lit.
_Humm, oui désolé pour l'emprunt mais…heu, avec Marguerite et… enfin ma voiture, tu vois… et Kate m'a proposé cette chambre alors… heu désolé.
L'enfant ne dit rien toujours un peu tremblant, mais sa lèvre s'est libérée d'entre ses dents de laits.
L'auteur le regarde inquiet, presque impressionné par ce petit être qui hier encore préférait se réfugier derrière les arbres ou dans les buissons plutôt que de lui faire face.
Mais voilà, il a envahi son territoire, son antre certainement, le lieu où il doit se sentir le plus en sécurité. Sa tanière de petit loup solitaire.
Alors la confrontation était inévitable, assurée même. Une idée de Kate ou un oubli de sa part qu'importe, ils étaient là.
Castle se racle de nouveau la gorge :
_Heu Kate… Je vais aller voir si… Kate est réveillée.
Il se lève, moins vite que la première fois, trouve un équilibre précaire, relève la tête pour trouver le regard Côme toujours planté là, droit dans sa méfiance et sa curiosité aussi.
L'auteur étire ses lèvres, tente une nouvelle fois un sourire avant de saisir la poignée de la porte à demi ouverte.
Il est presque dans le couloir quand un livre glisse jusqu'à ses pieds, le faisant presque trébucher. Il regarde d'abord le livre pendant une seconde, L'Homme qui plantait des Arbres, Jean Giono. Il connait l'auteur de nom, un nom qui passe comme ça, dans les soirées mondaines auxquelles il appartient encore, parfois.
Il y a Baudelaire, Hugo, Rimbaud, des noms français, des maitres, comme il y a Hemingway et Dickens. Et un jour on a dû lui parler de Giono. Il ne connait rien d'autre que son nom, pas le style d'écriture, pas la vie qui entoure le mythe de l'auteur.
Rien.
Et il ne pensait pas s'en vouloir un jour d'être si ignorant sur cet homme.
Il se baisse, lentement pour ne pas secouer son cerveau encore embrumé, ramasse le livre. Il est beau, grand, aux nuances de bleus et de verts, les illustrations semblent être faites de pastels et de fusains, il le retourne dans ses mains, le frôle, le chéri presque essaie de comprendre le message que ce petit garçon timide veut lui faire passer. N'osant pas l'ouvrir, il se retourne vers son jeune inquisiteur, lui sourit magnifiquement et lui tend de nouveau son trésor de papiers. Mais l'enfant recule d'un pas, sans sourire et sans mots, il lui indique que c'est à lui de le garder à présent.
_Merci. Murmure l'écrivain, par peur de briser le moment étrange et magique qui est en train de prendre place.
Côme le regarde de nouveau, droit dans les yeux, sans aucune expression visible, il attend, l'auteur soutient son regard une seconde, lui offre un dernier sourire puis se dirige vers le couloir, les deux mains toujours agrippées autour de l'œuvre mystérieuse.
C'est comme ça qu'il arrive sur la terrasse ensoleillée et bruyante. Les yeux cernés, le crâne lourd et un grand sourire sur les lèvres. Sourire qui s'élargit encore, quand il l'aperçoit, la tête dans une énorme tasse de café qui une fois abreuvée de la mixture miraculeuse, vient se perdre au creux de son coude, les yeux déjà refermés, un soupir sur les lèvres.
Il regarde la dizaine d'enfants éparpillés autour de la table où s'étalent viennoiseries de toutes sortes, boissons chaudes, jus d'orange renversés et tartines grillées.
Il est hypnotisé. Réellement. Son esprit essaie de tout noter, les rires des uns, les bâillements des autres, les gouttes de laits qui tombent sur la table ou qui roulent aux coins des lèvres des plus jeunes. Les histoires qui naviguent et se transforment au fur et à mesure qu'elles sont racontées, les gestes immenses et théâtraux des conteurs. Il enregistre tout.
Le rose de ses lèvres, le régulier de sa respiration, le sourire qui nait au coin de ses lèvres quand elle entend une histoire particulièrement drôle, l'inspiration qui se bloque dans sa poitrine quand Bettie ou Amy viennent déposer un baiser sur sa joue. Il y a tout ça, il y a elle. Et les battements des ailes des papillons qui se forment au creux de son estomac, à lui.
Il est sorti de sa rêverie par un boulet de canon fonçant dans ses jambes.
_Wolverine ! Hurle Paul en s'écrasant tête la première dans les jambes de l'auteur. Un instant le brouhaha se tasse autour de ma table, tous les yeux regardant le nouvel arrivant que personne n'avait remarqué. L'écrivain leur offre un sourire un peu gêné et un demi-signe de la main, avant de reporter son attention sur Paul, tandis que les conversations reprennent avec entrain.
_Paul, que fais-tu là, à … ?
_10h00, il est 10h00 du matin Rick, et Grams et moi on est venu vous apporter des pains au chocolat top trop bon de chez Micheline. En plus je sais pas si t'es au courant mais Marguerite a vachement bousillé ta voiture.
Puis il murmure
_Qu'est-ce que t'as fabriqué pour l'énerver autant ?
L'auteur rit doucement et s'accroupi pour murmurer à l'oreille de son jeune ami.
_Peut-être que c'est un service qu'elle m'a rendu. Il murmure en retour, ses yeux voguant vers Kate.
Le petit garçons perçoit son regard, se retourne vers la jeune femme qui semble à la fois amusée et irritée puis se tourne de nouveau vers l'écrivain.
_Pfff, Wow t'est quand même vachement fort, même Batman il y aurait pas pensé au coup de la vache pour avoir la fille !
Rick laisse une main voguer sur la tête brune de Paul, avant de se relever et de tomber sur la silhouette de sa mère. Et alors que son matin était déjà éclatant, voilà qu'il prenait maintenant une toute autre couleur, brillante et joviale, légère aussi bien qu'un peu mélancolique des temps passés.
En moins de temps qu'il faut pour le dire il est engouffré dans une étreinte fleurie de parfums et d'amour. Il s'y perd, ferme les yeux, le livre offert plus tôt, coincé contre sa poitrine, il laisse une chaleur oubliée se blottir dans son âme. Un instant il pense à Alexis, voudrait qu'elle soit là, pour partager ce renouveau. Kate avait raison, les nouveaux départs commencent ici, il le sait, il le sent voudrait hurler de joie et de frustration, sa vie devrait être là, elle appartient à un autre continent. Tant pis.
Peut-être une prochaine fois.
Oui, certainement.
Dans une autre vie.
Il soupire.
Sa mère le laisse s'échapper de l'étreinte, tout en gardant ses mains sur ses avant-bras
_Richard ?
Elle ne prononce que son prénom, mais il y entend toutes les questions.
_Tout va bien Mère, ne t'en fais pas, juste…
Il ne sait pas comment lui dire, lui expliquer cet endroit, ce sentiment d'appartenance qu'il ne connaissait pas, ou plus du moins.
Elle semble comprendre, ajoute.
_Je sais Kiddo, je sais, moi aussi… Elle laisse sa voix tremblante se perdre dans les vagues de rires innocents.
_Et je ne crois pas que j'arriverai à partir, Richard… Même si… Même si Chet était encore vivant et que nous n'étions plus ensemble. Même si nous avions dû traverser un divorce tumultueux ou non, je n'aurais jamais pu quitter cet endroit…
L'auteur est surpris.
_Même pour Broadway ?
Elle rit.
_Oh Broadway ! Mon amour de jeunesse… Une minute elle se perd dans ses souvenirs, puis revient le regard encore pétillant.
_Mais non, Darling, même pour Broadway et toutes les avenues du Monde, je ne laisserai pas ce coin de paradis. J'y ai mon école, mes amis, ma maison et mes priorités… Dit-elle ses yeux se posant sur Paul en train de se tartiner des tranches de pains au Nutella sous les yeux protecteurs de Billie.
Il sourit, hoche la tête.
_Tu penses qu'Alexis aimerait venir ici ? Demande-t-elle à nouveau, une nouvelle peur dans les yeux.
Cette fois c'est l'auteur qui l'entraine dans ses bras, déposant au passage un baiser sur ses cheveux couleur feu.
_Je pense qu'elle adorerait.
Il sent son sourire contre son épaule avant qu'elle ne s'échappe, les yeux un peu trop brillants de larmes de joies et de souvenirs, laissant sur la joue mal rasée de son fils, un baiser de pardon et de tendresse.
La tablée se vide peu à peu, certains des enfants viennent le saluer, d'autres l'ignorent, Liam et Paul reviennent un instant vers lui, lui demandent s'il si connait en cabane, il répond que oui, qu'il en a construit une, une fois dans un chêne. Certes c'était pour un livre mais tout de même, il connait le principe.
Les deux enfants le regardent un peu dubitatifs, lèvent un sourcil et finalement lui disent de les rejoindre, une fois qu'il aura les deux yeux ouverts.
Il hoche la tête, trop heureux d'avoir une excuse pour rester encore un peu et se dirige finalement vers celle qu'il voulait tant voir.
Il est presqu'à sa hauteur quand Lotte arrive à sa rencontre. Les yeux de l'écrivain accrochent ceux de Kate qui semblent soudain avoir été piquée d'intérêt quand elle voit la jeune femme s'approcher de lui.
_Rick ! S'exclame la vétérinaire.
_Lotte. Répond ce dernier en lui offrant un sourire sincère. Il l'aime bien cette jeune femme aux allures de Tom Sawyer.
_Vous guérissez bien mieux que mon dernier cheval. Elle rit. Il la suit.
_Merci…je crois.
Il y a un instant de silence agréable entre eux, puis la jeune femme se penche vers l'oreille de l'auteur.
_ Je ne l'ai pas vu être aussi exaspérée et aussi attirée par un homme depuis Will…
L'écrivain ne dit rien, absorbe l'information, ses yeux inconsciemment trouvent l'ancienne détective. Elle est toujours là, sa tasse dans les mains un froncement de sourcils sur le visage. Quand elle perçoit son regard, elle détourne le sien.
_Qui est Will ? Demande Rick.
Toujours à son oreille, Lotte répond.
_Celui qui lui a brisé deux fois le cœur.
Elle sourit, se soucie de savoir si l'auteur a bien compris, il fait signe que oui, dans un hochement de tête, un peu répétitif, mais fort approprié pour une matinée avec autant d'informations.
Elle rit gentiment, laisse une main sur l'épaule de Castle puis s'en va, le pas léger, le sourire large.
Lui secoue la tête, dans un vain espoir de mettre un peu d'ordre dans ses idées qui se bousculent. Il n'obtient qu'une nouvelle migraine.
Ses yeux se ferment sous la douleur, et quand il les rouvre, elle est là un sourire en coin, la tête sur la main, le regard sur lui. Il n'hésite plus, s'avance, pose délicatement le livre sur la table, le met à l'abri des taches de thé et de café, avant de s'asseoir sur la chaise vide qui se trouve aux côtés de la jeune femme.
_Beckett ? Agréable matin ? Il demande, un sourcil levé.
_Si vous oubliez le petit homme qui martèle dans ma tête et pour lequel, je vous tiens entièrement responsable, alors oui, ce matin n'est pas trop mal. Vous ?
_La même chose. Il soupire en fermant les yeux, laissant un instant le soleil déjà haut chauffer son visage.
Une armée d'anges passe. Ils ne la retiennent pas.
_Lotte semble vous apprécier. Commente Kate au bout d'un instant.
_Je lui rappelle son dernier cheval.
Elle rit. Il est heureux.
Le silence revient. Pas mal à l'aise seulement un peu lourd.
Que dire après tant de choses partagées, tant de secrets dévoilés et pourtant si peu de temps passé ensemble ?
C'est alors que Kate remarque le livre, elle ne l'avait pas vu, certainement un peu aveuglée par la jalousie surprenante et honteuse qui s'est emparée d'elle quand elle a vu Lotte aussi près de Castle. Mais c'est bien le livre auquel elle pense, oui là devant elle se trouve le livre dont ne se sépare jamais Côme, la seul chose qui est survécu à la maison brisée dont il faisait partie, il n'y a pas de cela si longtemps et le voilà sous ses yeux, en la possession d'un homme qu'il y a encore trois jours personne ne connaissait autrement que sur une quatrième de couverture.
Castle perçoit son étonnement, voulant se justifier et voyant la question arriver, il se presse de répondre.
_C'est lui qui me l'a donné, je vous assure, une seconde je me réveille dans son lit, lui qui me regarde avec des grands yeux apeurés, la suivante je me confonds en excuses essayant de m'échapper de sa forteresse de solitude, quand soudain Hop à mes pieds ce livre…
Elle ne dit rien, le regarde s'exciter en racontant son histoire, soulagée qu'il ait eu le consentement de Côme pour prendre le livre.
_Il… Il vous a dit quelque chose d'autre ?
Elle demande.
L'auteur secoue la tête.
_Non rien, pas même un signe.
Il se passe une main frustrée dans les cheveux, conscient de courir après un mystère qu'il n'est pas sûr de pouvoir résoudre.
Kate coince sa lèvre inférieure entre ses dents, soucieuse un instant, puis décide que c'est une bonne chose : Côme qui commence sa nouvelle rencontre du Monde avec Richard Castle.
_Vous allez m'expliquer son histoire. A Côme. Et à Liam aussi.
Elle sourit, attrape sa tasse de café commence à ranger la table, silencieuse.
_Beckett !… Beckett, vous ne pouvez pas me faire ça…
_Vous faire quoi exactement Castle ?
_Ca ! Me laisser au milieu de votre histoire -terrible mais magnifique histoire- sans m'en dire la fin.
_Oh vous connaitrez la fin Castle, juste pas maintenant.
_Ah ! Je vois, vous voulez me garder ici, c'est une sorte de chantage, vous ne pouvez déjà plus vous passez de moi Katherine Beckett !
Elle sourit, espère qu'il ne la voit pas, étrangement, elle aime entendre son nom sur ses lèvres, elle rougit doucement, mais quand elle se retourne, elle ne laisse rien transparaitre.
_Vous gardez Castle ? Dans vos rêves…
_Vous ne voulez pas connaitre ce que nous faisons dans mes rêves Beckett, croyez-moi.
Elle grogne puis se dirige vers la cuisine.
_Un spoiler ? Il demande en trottinant derrière elle, des sachets de viennoiseries non consommées dans les mains.
_Nan, Castle, pas maintenant.
_Pourquoi ?
_Parce qu'aujourd'hui c'est le spectacle d'école des enfants, nous devons y être dans deux heures et demie, avec trois quiches et deux gâteaux, aussi je vous conseille de mettre un tablier et de relever vos manches.
Elle repart vers la cuisine, lui, sourit comme un idiot, ses sacs au bout des doigts, se souvient du livre, repart en courant sur la terrasse, s'empare de son trésor et retourne vers ce qu'ils sait être sa nouvelle muse.
A suivre.
NDA : Mille fois désolée pour la longue période d'attente, mais il se trouve que je me suis lancée dans l'écriture de romans et donc entre le taf, les boulots d'illustrations et l'écriture maintenant personnelle, il m'est difficile de trouver du temps pour cette fic. Mais la prochaine MAJ devrait être ce week-end (j'essaie de poster avec toujours un chapitre d'avance désormais.) Merci un million de fois à ceux qui lisent encore cette histoire. Pour ceux qui seraient Fan de la Série Bones et qui liraient mon autre Fic To Be Loved, sachez que je ne l'ai pas abandonné (malgré les un an sans MAJ !) et qu'un dernier chapitre + un épilogue verront bientôt le jour !
