Hello ! C'est enfin le week-end, il me fallait au moins ça pour finir mon chapitre !

Merci pour vos reviews et vos commentaires. La course à la reine continue avec encore plus d'ardeur !


Chapitre 7

Où tout le monde n'est pas tout à fait d'accord sur la définition de « sauver »


- Qu'est-ce que...

Anna ne laissa pas à la reine le temps de réagir. Obéissant à l'ordre de Kristoff, elle attrapa Elsa par le bras et l'entraîna vers les escaliers. À sa surprise, la reine la suivit sans hésiter. Anna ne savait pas ce qu'il y avait là-haut, mais elles ne pouvaient pas rester en bas, il n'y avait pas d'autre issue que la porte et elle ne savait pas combien de temps Kristoff pourrait la tenir. Il était tout seul, et il n'était pas armé. Oh, et si quelqu'un le blessait ? Ou pire, le tuait ? Elle esquissa un mouvement comme pour repartir en arrière et l'aider à se battre, mais elle se ravisa. Elle n'avait pas le temps de penser à ça, il fallait mettre la reine en sécurité, c'était sa priorité.

Anna poussa la porte lorsqu'elles furent arrivées à l'étage, mais il n'y avait rien pour la bloquer.

Je vais devoir me battre avec eux, réalisa-t-elle. Son cœur battait à toute vitesse, mais elle ne ressentait pas l'excitation et la fougue dont parlait toujours Mérida. Elle ne ressentait pas grand chose, en vérité.

Un combat à mort pour la survie de sa reine, n'était-ce pas ce dont elle avait rêvé à plusieurs reprises ? Tout était réuni pourtant, pour transformer cet instant en un tableau de maître. Les ennemis qui s'approchaient, sa reine en danger, et elle comme seule protection. Il n'y avait qu'à se débarrasser de ces adversaires, et elle deviendrait une héroïne, que la reine se mettrait à aimer éperdument... C'était presque trop parfait.

Anna regarda son épée de service qui pendait à sa hanche, et qu'elle n'avait jamais su convenablement manier. Elle la cramponna de ses deux mains,essayant de trouver son équilibre. C'étaient Mulan et Mérida, les combattantes. Comment pouvait-elle espérer être de taille face à des hommes qui venaient de lutter avec Kristoff et de le vaincre ? Mais Mulan et Mérida n'étaient pas là, il n'y avait qu'elle seule, l'épée tirée, avec pour mission de protéger sa reine.

Elsa la regardait avec confiance et gratitude, et Anna se campa sur ses deux jambes, prête à se battre et à montrer à sa reine toute l'étendue de sa dévotion.

La porte d'en bas céda, elle entendit les bruits de course dans les escaliers, puis la porte s'ouvrit.

Anna fonça en hurlant.

Le soldat la frappa violemment de son arbalète et elle s'écroula sur le sol.


Une flaque écarlate commençait à se former sous le visage d'Anna.

Elle reposait face contre terre, et le grand soldat l'enjamba sans y jeter le moindre coup d'oeil, comme si elle n'avait pas la moindre importance. Son arbalète armée était pointée en direction de la reine, et un sourire victorieux, presque carnassier, étirait ses lèvres.

Elsa avait l'impression d'avoir le souffle coupé, comme si un poids oppressait sa poitrine. Le monstre avait blessé Anna d'un seul coup, et sans même y accorder attention. Elle s'était demandé si c'était une feinte, et si la garde allait se relever d'un bond pour rendre les coups, mais Anna était restée par terre, immobile. Et Elsa vit le sang.

- Non... hoqueta-t-elle. S'il vous plaît, laissez-moi.

L'homme ne sembla même pas entendre sa supplique, ou alors les ordres qu'il avait reçus ne lui laissaient pas la possibilité de réfléchir, car il leva son arbalète, et visa. Non, ce n'était pas possible, il ne pouvait pas avoir l'intention de tirer, c'était une menace pour qu'elle se rende, il...

Le carreau s'envola, droit en direction de la reine.

D'un réflexe commandé par la panique, Elsa tendit les bras comme pour se protéger et ferma les yeux, attendant le coup fatal. Quand elle réalisa que la flèche ne l'avait pas touchée, elle décrispa son visage et entrouvrit ses yeux. Le carreau d'arbalète était figé au milieu d'un grand mur de glace. Sa magie l'avait sauvée ! Elle pouvait être protectrice !

Quand un deuxième soldat entra, essoufflé et lui aussi armé d'une arbalète pointée droit dans sa direction, elle découvrit que sa magie pouvait être contrôlée par autre chose que la peur : elle pouvait aussi être offensive.


- Il y a un corps étendu là-bas !

Mérida entendit le cri de la femme qui formait l'avant-garde de leur maigre expédition, et son cœur s'emballa.

- Allons-y ! cria-t-elle en levant le bras.

Mulan et les quatre autres soldats qui restaient la suivirent. Oui, ça ressemblait bien à un corps, aucun doute là-dessus. Quand elle fut assez près pour remarquer qu'il ne s'agissait ni de la reine, ni d'Anna, quelque chose de bien plus impressionnant accapara son champ de vision : les escaliers de glace qui menaient à l'immense palais d'Elsa.

- On l'a trouvée... murmura-t-elle en levant la tête.

Elle s'arrêta au pied de l'escalier, et s'aperçut que Mulan avait démonté, et qu'elle était maintenant penchée au dessus de l'homme, maintenant assis, qui se massait la nuque. L'archère poussa un soupir soulagé en réalisant qu'il était vivant. Et quand Mulan enleva son bonnet pour regarder la grosse bosse qui se formait sur son front, et éponger le sang qui coulait de son nez, Mérida reconnut le garçon. C'était l'ami d'Anna.

- Oh par tous les dieux, Kristoff, c'est toi ! Où est Anna ?

Il tourna la tête vers l'archère et toussa, crachant des gouttelettes de sang qui rougirent la neige.

- À... à l'intérieur, avec la reine. Elle... fais vite, ils sont entrés...

Mérida n'eut pas besoin de lui demander de qui il parlait. S'ils étaient entrés, cela signifiait que la seule personne qui protégeait la reine, c'était Anna.

Son cœur loupa un battement.

- Soldats, avec moi ! cria-t-elle en tirant une flèche de son carquois.

Elle partit à l'assaut des marches glissantes et gelées, passant à côté de Mulan qui appliquait de la neige sur les blessures de Kristoff. Elle hocha la tête quand elle croisa le regard de l'ingénieure, lui donnant implicitement l'ordre de rester à l'écart de la bataille le temps de s'occuper de soigner l'ami d'Anna. Elle n'avait pas le temps de regarder comment il allait, mais elle était certaine que Mulan saurait prendre soin de lui.

Son cœur battait à toute allure dans sa poitrine tandis qu'elle avançait précautionneusement sur le sol de glace, avançant en direction des voix, des cris et des bruits de lutte, priant pour qu'il ne soit pas trop tard. La porte en haut des escaliers du palais était fermée, et derrière émanait un souffle glacial, comme si une terrible tempête était sur ce moment précis sur le point de se déchaîner.

Elle fonça sur la porte, épaule la première, les mains crispées sur son arc. Elle était montée si vite qu'elle ne s'était pas rendue compte que le reste de ses soldats luttait encore pour avancer sur le sol glissant.

Un jet aveuglant fusa dans sa direction lorsqu'elle se retrouva dans la pièce. D'un réflexe né de ses entraînements militaires, elle roula sur le sol et se releva à quelques mètres, tandis que ce qui l'avait menacée frappait le mur devant lequel elle se trouvait une seconde plus tôt, et explosa en une nuée d'échardes gelées.

De la glace.

- Votre Majesté ! cria-t-elle en voyant la reine au milieu de la pièce.

Une expression horrifiée s'afficha sur le visage de la reine Elsa. Ses mains étaient tendues vers elle, et Mérida comprit que c'était sa souveraine qui avait tenté de l'attaquer lorsqu'elle avait ouvert la porte.

- Mérida, murmura Elsa.

L'expression devint peinée, puis agressive, presque haineuse, et Mérida dut esquiver une nouvelle attaque qui faillit la frapper en plein visage.

Non... ce n'est pas possible, elle ne peut pas être malveillante ! Weselton ne peut pas avoir raison !

- Restez dehors ! hurla-t-elle aux soldats qui arrivaient derrière la porte, et elle tendit les bras pour les empêcher d'avancer et d'entrer dans la pièce.

Un autre poignard glacé partit dans sa direction, cette fois la frôlant de si près qu'il lui laissa une entaille sur sa joue droite. Elle se redressa, et prépara son arc.

Ainsi, la reine était maléfique. Une sorcière. Avec des pouvoirs magiques qu'elle utilisait pour blesser, voire pour tuer. Elle sentit quelque chose dans son ventre protester violemment contre la situation. Non, elle ne pouvait pas lui tirer dessus ! Elle était une guerrière d'Élite, elle avait juré de protéger sa reine !

Mais elle avait aussi juré de protéger son royaume. Alors dans ce cas, où se situait sa loyauté ? Qui devait-elle protéger ?

Mérida regarda tout autour d'elle pour repérer son environnement, et deux choses manquèrent de lui ôter toute capacité de réaction : Anna étendue sur le sol à quelques pas devant elle, et les deux hommes de Weselton, qui étaient plaqués contre les murs, vivants mais écrasés par des murailles de glace.

Croit-elle que je suis avec eux ? Que je viens pour l'arrêter ?

Comment réagirait-elle, elle, si elle se trouvait dans la situation de la reine ?

Je penserais que tout le monde est contre moi. Je penserais qu'on vient pour me tuer. Alors j'essaierai de les tuer en premier.

Mais alors, était-ce la reine, ou bien les gorille de Weselton, qui s'en étaient pris à Anna ?

- Ma reine ! Elsa ! cria-t-elle. Je ne suis pas votre ennemie !

Elle baissa son arc, et le posa à ses pieds.

Les mains tendues de la reine se baissèrent, tandis que dans les yeux de la souveraine, la peur et la colère laissaient place à la surprise, puis au soulagement. Mais au même moment, un carreau d'arbalète passa à quelques centimètres de la reine, qui fit volte-face et envoya un nouvel éclair en direction de l'homme qui venait de l'envoyer, dont le visage était tordu par la haine. D'immenses piques de glaces s'approchaient de lui, prêtes à le transpercer. Si Mérida n'intervenait pas, la reine allait le tuer.

- Non ! hurla l'archère. Ne leur faites rien ! Sinon ils vont s'en servir comme prétexte pour vous faire du mal !

La reine Elsa se tourna de nouveau vers elle. Son visage exsudait l'angoisse et la détresse, et Mérida se demanda comment elle avait pu ne serait-ce qu'un instant croire que sa reine pouvait être maléfique.

Il lui fallait mettre la reine en sécurité, réduire à l'impuissance les deux gorilles de Weselton, et seulement ensuite elle pourrait s'occuper d'Anna.

Par tous les dieux, faites qu'Anna soit encore en vie...


Elsa ne savait pas où elle en était. Tout ce qui se passait, c'était beaucoup trop pour elle, beaucoup trop pour qu'elle puisse garder sa tête claire, et suivre le fil des évènements. D'abord la garde dévouée qui l'avait suivie et venait la ramener à la maison, puis les hommes venus la tuer, et Mérida qui arrivait en tête d'une troupe de soldats... Elle s'étonna presque de ne pas voir Mulan, l'ingénieure, en train d'essayer de réduire son palais en miettes à grands coups de canons et de catapultes.

Non, elle ne se laisserait pas faire. Elle résisterait. On ne la capturerait pas comme une petite fille effrayée. Reine d'Arendelle elle était, et en reine d'Arendelle elle mourrait.


Mulan regarda le reste de ses coéquipiers grimper prudemment les escaliers menant au palais de glace. Elle ne voyait déjà plus Mérida, qui avait atteint les dernières marches et était entrée à l'intérieur.

Une partie d'elle avait envie de protester, n'appréciait pas d'être laissée ainsi en arrière. Mérida allait avoir le beau rôle, en arrivant en sauveuse... Mulan soupira et secoua la tête. Elle savait bien que ce n'était pas vrai. Mérida n'aurait jamais laissé un défi personnel interférer avec une mission d'une telle importance. Plus que la bravoure et la fierté, c'était l'honneur qui caractérisait à ses yeux l'archère.

Et puis, il fallait bien que quelqu'un reste pour s'occuper du blessé.

- Comment tu te sens, Kristoff ?

- J'ai mal partout mais je vais m'en sortir.

- Tu es blessé, tu as quelque chose de cassé ..?

- Non, répondit le jeune homme en se palpant le torse. Ces brutes m'ont mis au tapis, mais ça va aller.

Il s'appuya sur ses genoux et commença à se redresser.

- Il faut que j'aille retrouver Anna...

L'ingénieure secoua la tête, et posa une main sur son épaule pour l'empêcher de se relever.

- Attends, tu ne peux pas y aller comme ça, tu tiens à peine debout !

- Je ne peux pas laisser Anna seule, Mulan ! Aide-moi à me lever. S'il te plaît...

Poussant un soupir résigné, l'ingénieure se leva, passa un bras de Kristoff autour de ses épaules, et le hissa sur ses pieds. Ensemble et clopin-clopant, ils gravirent à leur tour les escaliers en direction du palais.

- Toujours en compétition pour la main de la reine ? demanda-t-il avec un mince sourire tandis qu'ils avançaient.

Mulan haussa les épaules.

- Ce n'est pas vraiment le moment de plaisanter, Kristoff.

- Moi je trouve que c'est une question qui mérite d'être posée, murmura Mushu à son oreille.

- Hé, tu vas essayer de me faire croire que vous êtes toutes les trois parties sauver la reine sans aucune arrière-pensée ? Par simple loyauté de soldat ?

Elle ne répondit pas. Elle ne pouvait pas parler au nom de ses deux amies, mais elle n'était pas, elle, partie sans arrière-pensée. Elle voulait sauver la reine, et une partie d'elle-même avait bien conscience de la position privilégiée qu'elle ne manquerait pas d'acquérir si leur mission ne finissait pas en désastre... Mais elle eut aussi l'impression de ne pas vraiment avoir eu le choix. Elle n'avait tout simplement pas pu décider de rester en arrière, c'était une option impossible et qui ne s'était même pas présentée à elle. Elle n'aurait pas pu supporter l'idée de laisser Mérida et Anna partir seules à sa recherche.

Et peut-être qu'après tout, elle aussi avait de l'honneur.

Quand ils arrivèrent à l'intérieur du palais, ils furent frappés par l'immensité de la salle, par sa finesse et par son élégance. Un escalier qui aurait fait passer celui qui surplombait la crevasse pour une vulgaire échelle de bois menait à une autre pièce, un salon ou une chambre peut-être, impossible de le dire car malgré toute sa démesure, le palais était désespérément vide du moindre meuble, du moindre ornement.

Une série de cris et de bruits de bataille la tirèrent de sa contemplation.

- Ils sont là haut ! cria Kristoff en levant la tête.

Le garçon se dégagea du bras de Mulan et se rua vers les escaliers, il boitait toujours, mais l'adrénaline semblait lui avoir donné un regain d'énergie, ou alors ses coups et ses bleus avaient perdu de leur pouvoir. Mulan lui emboîta le pas, la main prête à tirer l'épée si jamais ils devaient en arriver là.

Erika et les autres soldats étaient en retrait, et Mérida hurlait quelque chose, et pourquoi son arc était-il posé par terre ?

Kristoff poussa un juron stupéfait lorsqu'ils arrivèrent devant la pièce, mais Mulan, elle, ne vit qu'une chose : l'homme de Weselton qui était plaqué contre le mur à sa gauche avait réussi à libérer son bras, et pointait désormais son arbalète droit sur la reine.

Et Mérida ne l'avait pas vu.

D'un mouvement vif, Mulan repoussa Kristoff qui la gênait, ôta sa chaussure, et la jeta de toutes ses forces au visage de l'homme, qui fut frappé pile à l'instant où le carreau était lâché dans les airs.

Le lourd trait empenné fendit les airs et frappa l'immense fractale suspendue tel un lustre au-dessus de la pièce, et la reine, les yeux horrifiés, tenta de courir pour échapper à la montagne de glace qui s'apprêtait à lui tomber dessus. Elle glissa sur la glace, et sa tête heurta le sol avec un bruit sourd.

Elle ne se releva pas.


Un silence fracassant prit la suite du vacarme.

En quelques instants, les deux gorilles de Weselton furent désarmés, libérés de leur gangue de glace, et arrêtés. L'un d'eux essaya de s'enfuir, mais Mérida lui tira une flèche dans la jambe sans aucun remord. Elle donna l'ordre à ses soldats de les ligoter soigneusement, et de les attacher sur leurs chevaux.

Dès lors que les soldats et leurs prisonniers eurent quitté la pièce et que le danger fut définitivement écarté, Mérida, Mulan et Kristoff se ruèrent sur les deux femmes étendues et inconscientes.

Vivantes, pria Mérida.

Mulan annonça tout de suite que la reine respirait, de la buée s'échappait de son nez et de sa bouche plaqués contre le sol gelé.

- Anna est vivante aussi, dit Kristoff. Mais elle est blessée !

Précautionneusement, les deux soldates retournèrent la petite rousse dont le visage reposait dans une flaque de sang. Une longue entaille barrait son front et une partie de son crâne, mais à part cela, elle semblait indemne. Mulan sortit de sa poche de poitrine un mouchoir qu'elle plaqua sur la blessure de la jeune femme. Elle ne paraissait pas profonde.

Mérida s'agenouilla près du corps de la reine. Elle avait l'air si fragile dans son inconscience, si délicate avec sa peau de porcelaine que l'archère avait presque peur de la casser si jamais elle la touchait. La blondeur argenté de ses cheveux lui conférait une aura d'innocence qui avait quelque chose de majestueux... presque magique.

Et pourtant c'étaient ces mêmes traits qu'elle avait vus déformés par la peur et la détermination quelques minutes plus tôt. C'était sa magique qui avait crée le palace, sa magie qui avait manqué de tuer les deux gorilles. Sa magie aussi qui les avait épargnés.

Mérida se pencha, passa un bras sous les jambes de la reine, l'autre sous sa nuque, et se releva en tenant la reine dans ses bras. Elle la tint de façon à ce que sa tête repose sur son torse au lieu de retomber derrière son bras. Elsa avait l'air endormie et apaisée, et Mérida sentit une bouffée d'affection l'envahir. Cette femme, c'était sa reine, elle lui avait juré fidélité, avait juré de la protéger, et ce n'étaient pas ses pouvoirs magiques qui la feraient changer d'avis.

Ses lèvres s'étirèrent en un mince sourire tandis qu'elle réalisait qu'elle avait rêvé maintes et maintes fois de se retrouver dans cette exacte situation, en protectrice et sauveuse, la reine en sécurité dans ses bras.

Elle jeta un coup d'oeil derrière elle. Kristoff portait Anna dans ses bras, et Mulan fermait la marche, l'épée de Mérida dans une main et son arc dans l'autre.

- On retourne au château ! ordonna-t-elle.


Mulan regardait Mérida descendre les marches une à une, toute son attention dirigée sur sa progression sur le sol glissant, sa précieuse cargaison tenue serrée contre elle.

Un sentiment qu'elle n'avait jamais vraiment ressenti jusqu'à présent l'envahit brutalement. Ça ne lui plaisait pas du tout.

- Flûte et reflûte, chuchota Mushu. C'est elle qui va empocher la victoire, tu vas voir que la reine va l'aimer après ça.

- Rien n'est fait, Mushu, répondit Mulan en regardant Mérida descendre lentement l'escalier de glace.

Non, décidément, elle ne voulait pas que la reine tombe amoureuse de Mérida.


Mérida posa précautionneusement sa souveraine sur les couvertures, qu'un garde avait étalées à l'arrière du traîneau déblayé de son bric-à-brac. Et, tandis qu'elle glissait délicatement une couverture roulée en boule sous la tête de la reine, elle vit ses cils battre, et ses paupières s'entrouvrir. Ses yeux avaient l'éclat bleu de la glace.

- Mérida ? murmura Elsa.

L'archère ouvrit de grands yeux, mais avant qu'elle ait eu le temps de dire quoi que ce soit, la reine retomba dans l'inconscience.


A bientôt pour la suite !
(trop de travail pour pouvoir tenir une deadline précise, mais ne vous inquiétez pas, je n'ai pas l'intention de la lâcher !)

Ankou