Bonne découverte à tous de ce septième et dernier jour.
Un merci tout particulier à Lone Wolf 34. Moi aussi Zéphyr me fait bien rire :-) Et un merci à PeerNax , tu verras qu'il n'y a pas que de l'humour dans ce chapitre, même s'il est toujours présent. Et un petit coucou à Elegentis, grande fan comme moi de Kakashi (qui va peut-être te surprendre un peu là :-) ).
Bonne lecture à tous, j'espère que ce dernier jour vous plaira.
Kaelys
SEPTIÈME JOUR
Pleine Lune
Quatrième cachette de Zéphyr
Tenten, le cœur battant à tout rompre, les joues rougissantes tente de retrouver son sang-froid en levant la tête vers la nuit claire que la lune nimbe de son aura trouble. Mais le simple souvenir de la main de Neji caressant ses cheveux la rend fébrile, incapable de se rappeler le moindre des merveilleux mots qu'il a prononcé et qu'elle doute de mériter. Surtout de sa part. Sérieusement qu'avait-elle en commun avec cette femme parfaite qu'il avait décrite ? Neji est tombé amoureux, son esprit dérive sur des pensées languissantes à cette simple pensée, de l'image qu'il s'était fait d'elle. Heureusement, il n'aurait jamais la possibilité de confronter la douce idée qui est née dans son esprit à la triste réalité. Et à cet instant, un seul coup d'œil vers le ciel lui serre le cœur et Tenten comprend pourquoi elle se trouve dans une des nombreuses cachettes de son jeune et turbulent élève au beau milieu de nuit.
Le besoin de se cacher de tous. D'elle-même. De Neji.
Tenten baisse la tête, désespérée. Le simple fait de penser son prénom et son cœur s'emballe plus qu'après un entraînement musclé avec Maître Gaï.
Etait-ce cela être amoureux ? Perdre toute logique. Avoir le souffle coupé à la moindre pensée pour celui qui occupe déjà tant de place dans un esprit déjà bien encombré. Avoir désespérément envie de le revoir, de lui parler, de le toucher. Imaginer glisser ses mains dans ses cheveux si soyeux, effleurer ses lèvres qu'elle imagine douces et soyeuses et voler un baiser.
Et trembler à la simple idée de croiser son regard.
Si c'est vraiment ça être amoureux, elle est prête à passer son tour.
Tenten secoue la tête en tentant vainement de mettre un peu de logique dans ce vaste et embrouillé imbroglio qui lui sert de tête et manque de sursauter par un « Maître Tenten » surpris.
Zéphyr, épuisé et étonné de voir son Maître dans un de ses repères, se laisse choir sans un bruit sur sa gauche. Quelques secondes après, ce n'est autre que Kakashi qui apparait à sa suite, la tenue encore plus déchiquetée qu'elle ne l'aurait cru possible. Un regard discret lui montre que son masque est fendu sur le côté mais pas assez pour ne serait-ce que deviner ce qu'il cache. Ce qui a au moins le mérite d'éloigner ses pensées du beau jeune homme qui les monopolise avec tant d'application.
Le ninja copieur prend place à sa gauche et Tenten réprime difficilement un sursaut lorsque dans un même soupir, père et fils posent leurs têtes sur ses épaules, cherchant visiblement repos et soutien. Il ne faut pas plus de quelques secondes à Zéphyr pour tomber de sommeil avec un petit sourire malicieux sur les lèvres et Kakashi se relève lentement en regardant son fils endormi qui l'avait entraîné dans un nombre incroyables de tanières, recoins, et cachettes pour l'aider à échapper à la furie des deux idiots qui se disputaient comme deux gamins le titre de rival. Repenser à la liste d'arguments tous plus idiots les uns que les autres qu'ils s'étaient balancés toute la journée, souvent argumentés de tout ce qui se trouvaient à leur portée et qu'ils pouvaient se balancer à la figure lui arrache un haussement d'épaules amusés.
Mais lorsqu'il relève la tête, il est étonné de voir une ombre passer sur le visage de Tenten.
- Qu'est-ce qui tracasse le Maître préféré de mon fils ? demande Kakashi.
Embarrassée d'être aussi transparente, Tenten marmonne quelques mots et baisse la tête.
- Je peux vous poser une question personnelle Maître Kakashi, demande-t-elle du bout des lèvres.
Kakashi fronce les sourcils. Sous le regard de la Lune, être appeler Maître par Tenten lui donne des allures de vieux sage assez déconcertantes.
- Quelle question ? demande-t-il prudemment.
- Comment ça s'est passé avec Chance au début ? Comment vous avez su que c'était elle…
Kakashi jette un œil à son fils qui ne dort que d'un œil sur l'épaule de Tenten.
- La première fois que je l'ai vu, elle n'était pas beaucoup plus âgée que Zéphyr et Perle. Elle était hautaine et méprisante. Elle donnait déjà des surnoms à tout ce qui bouge avec cette aisance aussi insupportable qu'irrésistible.
- Un vrai petit ange, ironise Tenten.
- Je n'étais pas plus sociable, rétorque Kakashi. Avec les années, la guerre, la perte de son frère, Yoshiko s'est comme perdue en chemin, une ombre derrière un masque. Et c'est là que j'ai pris conscience que la Yoshiko mordante, arrogante, la langue toujours bien pendue me manquait. J'ai essayé de l'atteindre, de lui faire comprendre à quel point elle sombrait. Mais elle était déjà bien trop loin pour que je l'atteigne.
Kakashi sourit en voyant Zéphyr ouvrir un œil, luttant contre la fatigue pour ne pas perdre un seul de ses mots.
- Mais un jour, Yoshiko a relevé la tête, seule. Et elle est venue à moi pour que je l'aide et pour la première fois depuis la mort de son frère, elle avait un projet et cherchait mon aide. Et jour après jour, elle redevenait un peu plus elle-même avec son petit sourire moqueur aux coins des lèvres qui a toujours eu le don de me faire sortir de mes gonds. Elle était toujours aussi hautaine, toujours aussi insupportable. Chaque jour, j'avais autant envie de l'aider que de lui renvoyer dans les dents ces petites bêtises qu'elle sort sans même s'en rendre compte. Chaque jour, j'avais autant envie d'applaudir à deux mains le fait de retrouver la Yoshiko que je connaissais que de l'étrangler avec ces deux mêmes mains pour qu'elle se taise. Et un jour j'ai compris que j'avais juste envie d'être avec elle.
- Alors pourquoi avoir attendu si longtemps avant de lui parler ? demande Tenten.
Kakashi soupire avant de répondre.
- Yoshiko n'avait que deux buts dans la vie, récupérer la garde du fils de son frère et ne plus jamais voir un équipier mourir sous ses yeux. Si je lui avais parlé, qu'elle que soit sa réponse, je n'aurai pas pu rester dans son équipe et Yoshiko avait besoin que quelqu'un assure ses arrières. Elle prenait des risques inconsidérés pour elle et elle-seule à chaque mission.
Tenten dévisage Kakashi les larmes aux yeux en se réprimandant dans la seconde d'être aussi ridiculement émotive. Mais imaginer le jeune Kakashi, dans l'ombre de celle qu'il aimait, prêt à donner sa vie pour elle la fait chavirer. Incapable d'empêcher son esprit de s'embarquer dans d'audacieuses et lyriques envolées, elle assiste impuissante à la destruction méthodique de sa logique et de son sens pratique avec un triste sourire.
- Et c'est clairement l'une des choses les plus idiotes que j'ai jamais faite, dit Kakashi.
Soudain le tableau romantique qui s'était esquissé dans l'esprit de Tenten éclate en morceaux et elle fixe Kakashi incrédule. Même Zéphyr qui faisait plus ou moins semblant de dormir sursaute et fixe son père de ses grands yeux ronds.
- Pourquoi ? demandent Zéphyr et Tenten avec un même intérêt.
- Je pensais l'aider en restant en retrait, que c'était la seule chose à faire. Je n'ai fait que la laisser seule avec ses problèmes. A deux, amis ou amants, nous aurions peut-être trouvé une solution. Ensemble, dit-il dans un murmure.
Tenten tremble de tous ses membres en écoutant le dernier mot de Kakashi. Ensemble. Toutes les pièces du puzzle s'assemblent dans son esprit. La situation entre Kakashi et Chance n'était pas si différente de celle entre Neji et elle.
D'un bond, elle se relève et s'enfonce dans la nuit.
Appartement de Neji
Incapable de fermer l'œil, le jeune Hyuga s'enfonce dans le large fauteuil installé face à la fenêtre et perd son regard dans la lune ronde qui prend une proportion démesurée dans la nuit.
Quel imbécile ! Pourquoi lui avait-il ainsi ouvert son cœur et laisser les mots s'échapper si facilement? Que pouvait-il attendre d'une telle déclaration ? Si Tenten ne partageait pas ses sentiments, elle le fuirait. Et si au contraire elle éprouvait elle-aussi quelque chose pour lui, il n'avait fait que la faire souffrir. D'une main tremblante, il libère son front de son éternel bandeau et ses cheveux, longs et fins tombent sur cette marque qui distille son subtil poison dans sa vie, jour après jour.
Parfois, il parvient presque à l'oublier. Presque… Lorsqu'il regarde ses jeunes genins tout tenter pour obtenir son approbation, quand il voit Aigle renvoyer dans les cordes de quelques mots bien sentis son Chef, quand il croise le regard du jeune Takeshi qui observe de loin Perle en train de s'entraîner, quand Maître Gaï et Lee se lancent avec toute leur énergie dans leurs excentricités vertes. Quand il croise les yeux rieurs et le sourire de « Maître Tenten » qui dompte d'un regard le terrifiant Zéphyr Hatake.
Perdus dans ses pensées, il manque de sursauter lorsque sa porte s'ouvre et que Tenten fait irruption en plein milieu de la nuit, dans son appartement, visiblement secouée.
- Tenten…
D'un geste, elle lui fait signe de se taire. Nimbé dans la pâle clarté de la nuit qui se reflètent dans ses deux grands yeux clairs, les cheveux défaits dissimulant à peine cette marque qu'elle n'a pas vu depuis cet examen chunin où il s'était retrouvé face à Naruto dans l'arène, Tenten a plus l'impression de faire face à un être sorti d'un monde lunaire qu'à celui qu'elle connait depuis tant d'années.
- Ne m'interrompt pas, sinon je n'y arriverai pas, souffle-t-elle.
Neji acquiesce en silence et attend, n'osant imaginer ce qui avait forcé Tenten a débarquer ainsi chez lui. La moindre spéculation aurait vite raison du peu de contrôle sur lui-même qui lui reste.
- Tout ce que tu as dit sur moi est flatteur et je ne suis pas sûre de mériter tant de compliments de la part de qui que ce soit. Je n'ai rien de parfait, je suis juste moi. Je ne sais pas ce que me réserve l'avenir, je ne sais pas si je suis faite pour avoir une famille. Mais il y a une chose que je sais. Je suis forte. Je n'ai pas besoin que tu me protèges par peur de me blesser. Te voir souffrir seul et refuser que je puisse t'aider, c'est juste insupportable. Je suis là et serais toujours là pour toi. Et ce n'est pas ce sceau qui doit décider pour nous. Parce que pour moi, cette marque ne changera jamais ce que je ressens pour toi.
- Qu'est-ce que tu ressens pour moi ? demande Neji n'osant croire l'espoir qui fourmille dans son esprit fiévreux.
- Neji, je ne suis pas aveugle. Je sais que tu es souvent froid avec les autres, tu dresses une barrière entre le monde et toi et je ne sais toujours pas si c'est toi ou le les autres que tu cherches à protéger ainsi. Tu es parfois cinglant et brutal avec ceux qui t'entourent et tu es assez fier pour faire payer cher ceux qui osent t'offenser. Mais tu sais reconnaître tes erreurs, tu es loyal et fort. Et capable de mettre ta fierté de côté pour tes amis.
Ces années dans l'équipe de Maître Gaï lui avait certainement appris à tenir en laisse son côté hautain, pense Neji en souriant devant la succession de situations ridicules dans lesquels ils les avaient embarqués.
- Tu penses sûrement que personne ne l'a jamais remarqué mais tu es aussi attentionné et attentif envers les personnes qui comptent pour toi ou lorsque tu t'occupes de ta jeune équipe. Mais tout cela n'explique pas pourquoi à chaque fois que je me noie dans ton regard, mon cœur s'emballe, j'en perds mes mots, ma logique, ma raison. Je ne peux pas imaginer passer ma vie sans toi. Alors, je ne te demande pas de prendre une décision tout de suite. Mais à cet instant j'ai peur que tu laisses ce sceau décider de cette part de ta vie parce que c'est aussi une part de la mienne.
- Tenten…
Prudemment, comme s'il approchait un animal sauvage, Neji fait un pas vers elle et l'entoure de ses bras, plongeant sa tête dans son cou en la serrant contre lui. Combien de fois il avait rêvé de la tenir ainsi dans ses bras ? Combien de fois il avait imaginé respirer ainsi son odeur et sentir son cœur battre contre le sien. Et même dans ses rêves les plus fous, il n'aurait pas imaginé la sensation de plénitude qu'il ressent à respirer son odeur. Lentement, le souffle court, il s'écarte et essuie du bout des doigts les larmes qui coulent sur les joues de Tenten.
- Ne pleure pas, pas pour moi… Tu as raison, j'ai pris une décision en pensant qu'elle ne touchait que moi. Je ne pouvais pas imaginer que tu puisses partager mes sentiments. Comme tu l'as si bien dit, j'ai dressé un mur autour de mon cœur depuis tant d'années pour le protéger que je ne pouvais pas penser que je pouvais aussi blesser ceux qui me sont chers. Que je pouvais te blesser toi. Et c'est une chose que je ne pourrais jamais me pardonner.
- Je suis désolée de m'être montrée aussi directe.
- Ça fait partie de ton charme.
- Je voulais te montrer que je ne suis pas aveuglée par mes sentiments, je te vois tel que tu es et je t'accepte parce que tu es toi.
- Moi aussi, je te connais par cœur et crois-moi, tu mérites chacun des mots que j'ai prononcé. Et j'aime autant ton côté franc que ce sourire délicieusement insupportable que tu affiches quand tu es sûre d'avoir raison.
- Ton petit côté fier et noble me plait aussi, avoue Tenten du bout des lèvres.
- Alors je ne suis pas un cas désespéré, dit-il en souriant.
- Si tu ne m'embrasses pas maintenant, c'est une question qui mérite réflexion.
Paralysée par sa propre audace, le cœur de Tenten s'affole lorsque Neji s'approche un peu plus et murmure :
- Je ne suis pas sûr de pouvoir m'arrêter à un seul baiser.
Zéphyr s'approche de son père, les yeux étincelant de fatigue et de fierté.
- Tu as bien failli m'avoir papa.
Kakashi ébouriffe les cheveux de son fils en souriant. Faire partie de l'équipe sept avec Gaï, Flamme, Le Doc et Chance, même si son lien avec Yoshiko n'avait jamais dépassé les limites d'une solide amitié pendant ces deux ans qu'il avait passé à Kuro avait été l'une des périodes les plus lumineuses de sa vie. Il n'avait aucun regret ni jamais perdu aucune pensée sur un « et si ». Il avait profité de chaque instant de ces deux ans et avait toujours été là pour Chance. Il ne lui avait peut-être jamais avoué ses sentiments mais il n'était pas pour autant resté en retrait, il l'avait épaulé dans les coups durs et partagés ses victoires. Ils avaient combattu ensemble, sur les champs de bataille et contre le conseil et la Racine. Et si aujourd'hui leur couple semble si naturel, c'est qu'il s'était aussi construit pendant ces deux années, petit à petit. Un seul regard vers leur fils et leur fille suffit pour montrer qu'ils n'avaient aucun regret, ni l'un ni l'autre.
Et ses enfant, abreuvés des récits farfelus et plein de vie de leur mère sur cette période, l'avaient compris sans peine.
- Je crois que ton Maître avait besoin d'un petit coup de pouce, dit Kakashi.
- C'était efficace, acquiesce Zéphyr en étouffant un bâillement de sa main.
Kakashi ouvre les bras et son fils s'agrippe à son cou en se laissant doucement bercer, la tête penchée sur son épaule.
- Il est temps d'aller dans le seul endroit où personne ne viendra nous chercher, dit Kakashi.
- On rentre ? demande Zéphyr.
Amusé de voir à quel point Zéphyr devine si facilement ses pensées, Kakashi hoche la tête et ajoute :
- Je crois que ton Maître et celui de ta sœur vont tous les deux afficher quelques sourires idiots lors de vos prochains entraînements.
Ricanant comme seul un enfant peut le faire lorsqu'il observe des adultes se comportant de façon ridicule et encore incompréhensibles pour lui, Zéphyr ouvre un œil ensommeillé pour regarder son père.
- Papa, tu nous l'as déjà fait ? A Perle, maman ou moi ?
- Quoi ?
- Donner un coup de pouce, de cette façon ?
- Noooon, répond Kakashi avec un grand sourire moqueur.
Zéphyr étouffe un grand éclat de rire dans son cou et marmonne :
- Je te ressemble plus que je croyais.
Soufflé par cette vague de reconnaissance, Kakashi raffermit son emprise sur son fils et s'élance d'un bond sur les toits de Konoha. Lorsqu'enfin, ils arrivent sur le porche de leur maison, Kakashi voit avec surprise Perle assise sur les marches du perron, visiblement en train de les attendre. D'un geste, elle montre deux fioles vides et leur impose un silence prudent.
- Tsunade m'a donné un antidote, souffle-t-elle. Ce qu'elle ne m'avait pas dit, c'est que cela les ferait s'endormir si rapidement. Ils se sont écroulés comme des masses à peine après avoir bu. Je n'ai eu aucun mal à transporter maman dans sa chambre. Par contre je n'ai pas pu faire décoller Vert de la maison. Il semble avoir une affinité particulière pour le tapis du salon.
- Comment as-tu fait pour leur faire avaler ça ? dit Kakashi en se demandant depuis quand il est devenu si prévisible.
- Je leur ai dit que le premier qui arrivait à finir sa fiole en premier gagnait le droit d'être ton plus grand rival, papa.
« Trop facile » sont les deux mots qui semblent s'étaler sur les fronts des trois complices que seule la fatigue empêche d'éclater de rire. Ils s'échangent un regard en coin et décident qu'ils avaient bien mérités une bonne nuit de sommeil.
Hôpital de Konoha
Aurore
Sachiko tente de se relever lentement mais la terre semble tourner un peu trop vite à son goût sous ses pieds. Les premiers rayons du soleil s'infiltrent dans sa chambre d'hôpital et comme elle s'y attendait, Lee est déjà sorti pour son entraînement matinal. Il en faut plus que quelques champignons aux effets inattendus pour éteindre la flamme de pure énergie qui illuminent ses yeux noirs. Dire qu'elle-même est incapable de mettre un pied devant l'autre sans craindre de s'effondrer d'une seconde à l'autre alors que Lee est déjà en train de se lancer dans quelques mouvements improbables.
La jeune femme concentre toute son attention sur ses pieds et sort de sa chambre. Première chose à faire, trouver l'énergumène en vert qui lui sert d'équipier. Tendre l'oreille devrait aisément lui donner une piste. Et à peine a-t-elle mis un pied dans le petit parc de l'hôpital qu'elle sait déjà où se diriger.
Deuxième chose, elle doit lui parler. A vrai dire, elle aurait dû le faire le premier jour. Mais elle s'était retrouvée embarquée dans les bêtises du fameux Maître Gaï et elle devait bien l'avouer, elle mourrait d'envie de les rencontrer tous ces noms qui peuplaient les histoires hallucinantes que Lee racontaient avec tant de détails et une débauche d'énergie insolente. Maître Gaï, Tenten et Neji. Les fameux jumeaux Hatake, oh, elle s'en souviendrait longtemps de ces deux-là ! Leurs parents aussi, le fameux ninja copieur et leur mère, Chance. Mal à l'aise à la simple évocation de ce nom, Sachiko décide d'éviter de s'aventurer plus loin.
Et dire qu'elle avait toujours cru que Lee exagérait les choses dans ces récits. Jamais au grand jamais, elle n'aurait cru qu'au contraire, il les avait quelque peu édulcorées. Car la semaine qu'elle venait de passer battait tous les records den'importes quoi. Le jeune Hatake y avait certes rajouté une touche très personnelle. Mais elle devait aussi avouer que jamais, au grand jamais, elle n'avait autant ri en si peu de temps. Elle imagine déjà avec beaucoup de détails comment ils allaient raconter toutes leurs péripéties à leurs équipiers. Et que ceux-ci leur prêteraient l'oreille distraite de ceux qui écoutent les dires d'un ami un peu excentrique.
Oh, elle se promet de ramener, de grès ou de force, tous les membres de son équipe à la prochaine série de défis de Maître Gaï. Voilà qui constituerait un exercice de survie des plus originaux. Souriant en imaginant ses équipiers dans des situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres, elle s'assoit sur une des branches de l'arbre sur sa droite avec un « LEE ! » bien senti sur les lèvres.
- Chef !
Sachiko esquisse un pâle sourire, ce serait sûrement la dernière fois qu'elle aurait droit à un chef de sa part.
- Assis-toi Lee, je dois te parler.
Etonné par le ton soudain sérieux de son chef, Lee s'approche avec prudence et prend place à sa droite.
- C'est sérieux Sachi ?
Le cœur de Sachiko rate un battement. A chaque fois que quelque chose d'important arrive, Lee abandonne le chefpour Sachi, son regard se fait plus noir, moins enfantin et il avait toujours fait preuve d'une efficacité et d'une vigilance digne des plus grands. Et dès leur première mission, elle avait appris à apprécier ces deux facettes de son équipier, le trublion en vert, plein d'enthousiasme et d'énergie et l'ANBU dévoué et redoutablement efficace qui l'appelait Sachi. Et à cet instant, elle doute que ses anciens équipiers connaissent cette facette de Lee.
- Sérieux mais pas grave, rassure-toi.
Lee garde son calme et lui prête la même attention que s'il attendait un de ses plans.
- La division a décidé de créer une nouvelle équipe et on m'a demandé d'en choisir le nouveau capitaine. J'aurai dû te le dire plus tôt mais je ne vois personne d'autre que toi qui pourrait tenir ce rôle.
Les yeux écarquillés, Lee la fixe incrédule.
- Moi, capitaine de Kuro!
- Crois-moi, tu le mérites Lee. Tu feras un excellent chef…
Les yeux baissés de Lee et son air gêné lui coupe le souffle. Ce n'était pas vraiment la réaction qu'elle attendait de la part de son équipier.
- Sachi, je suis flatté, vraiment. Mais je dois refuser.
- REFUSER ! Tu refuses de devenir un capitaine de Kuro ! Les champignons d'hier doivent encore jouer de drôles de tours à ton esprit, Lee !
- Non, répond Lee d'une voix posée. Cela fait longtemps que j'y pense. Je suis entré dans Kuro pour voir jusqu'où je pouvais aller, que j'avais ma place dans l'élite, que j'étais digne d'être l'élève de mon Maître. Savoir que tu m'estimes suffisamment pour me confier une équipe, c'est plus que je ne pouvais espérer. Mais je sais maintenant que l'ANBU n'est pas fait pour moi.
- Tu veux quitter l'ANBU, quitter Kuro ?
- Quand je vois Tenten et Neji avec leur jeunes genins, leur liens lentement se construire, je me rends compte de ce qui me manque, de ce que je recherche.
Sachiko dévisage Lee qui cherche désespérément son pardon pour avoir refusé l'opportunité qu'elle lui offre et son soutien dans son choix.
- C'est vraiment ce que tu veux ?
- J'ai peut-être les capacités pour devenir un capitaine de Kuro mais je ne suis pas fait pour ça, dit Lee. Je pense que tu le sais aussi bien que moi.
- Les gamins qui t'auront pour chef auront de la chance, dit Sachiko.
Je pense qu'il leur faudra sûrement beaucoup de temps pour s'en rendre compte, pense Sachiko avec un sourire en coin, mais il s'en rendront compte tôt ou tard.
- Je ferais de mon mieux, dit Lee en souriant de toutes ses dents.
- Je te propose un pacte, dit Sachiko.
- Un pacte ?
- Promets-moi de tout faire pour devenir le meilleur junin instructeur de tous les temps et je te promets de tout faire pour devenir le meilleur des chefs qu'ait jamais connu Kuro. Je ne te laisse pas partir pour moins que ça ! dit-elle en tendant sa main.
Alors que Lee se demande par quels prodiges comment il pourrait un jour dépasser son propre Maître et que Sachiko se pose la même question concernant Chance, ils scellent leur pacte d'une franche poignée de main. Sachiko s'amuse en pensant que cet arrangement lui donnerait une bonne excuse pour lui rendre visite régulièrement, histoire de s'assurer qu'il ne tue pas à la tâche ses futures jeunes recrues et de garder un œil sur lui. Parce qu'elle le sent déjà, ses « chefs » enthousiastes et étranges excentricités allaient lui manquer.
Maison des Hatake
Aurore
Un frémissement sous les draps, Kakashi se fige lorsque Yoshiko émerge lentement d'un sommeil profond. Prudemment, il desserre l'étreinte de ses bras et reste dans son dos, prêt à bondir si l'antidote de Tsunade n'est pas été aussi efficace que prévu. En observant les épaules de Yoshiko tressauter, il se dit qu'il a confiance dans les talents de l'Hokage et beaucoup moins dans les réactions de sa femme.
- Chance ?
- Hmmm…
Un grognement plus qu'une réponse, Kakashi se raidit lorsque Yoshiko récupère son bras, le forçant à se rapprocher et se retourne pour se blottir entre ses bras.
- Tout va bien? demande Kakashi.
- Maintenant oui.
Yoshiko se recule, surprise de voir qu'elle porte une de ses longues tuniques noire, douce et simple que sa fille aime tant et que son uniforme en lambeaux en boule a rejoint celle de son mari dans un coin de la pièce.
- C'est Perle elle-même qui t'a fait boire l'antidote, changé et bordé et c'est grâce à Zéphyr et ses innombrables caches que j'ai pu échapper à vos efforts combinés, dit Kakashi avec une lueur de fierté dans ses yeux sombres.
- Efforts combinés, rétorque Yoshiko, j'ai plutôt l'impression qu'on s'est tiré dans les pattes et que c'est grâce à ça que tu nous as échappé in extremis plus d'une fois.
Kakashi étouffe un éclat de rire tout en enserrant les poignets de Chance et en la faisant basculer sur le dos. Une lueur changeante dans les yeux, il la domine de toute sa hauteur et ancre son regard dans le sien.
- Il semblerait que les seuls qui se soient comportés en adultes soient nos propres enfants. Il est peut-être temps de nous comporter de nouveau en adulte ? dit Kakashi avec un sourire bien peu innocent
- Une idée en tête ? souffle Yoshiko en soutenant effrontément son regard.
- Oh pas qu'une, dit-il en plongeant sa tête dans son cou lorsqu'un fracas incroyable de porte brisée suivi d'un cri de surprise et d'une série d'aboiement puissant lui fait relever la tête à contre cœur…
- NOUNOURS !
Zéphyr et Perle observe la scène en retenant difficilement de rire. Hana, le jeune aveugle tente désespérément de retenir son chien qui course Gaï avec ténacité et une rangée de dents impressionnante. Désespérée, Hana se confond en excuses alors que Chance et Neige s'amusent à regarder Vert qui voltige dans la pièce pour éviter les assauts de la bête lorsqu'excédée, Perle s'avance.
- Il suffit, nounours.
Tous, y compris le chien, se retournent vers la jeune fille avec une expression incrédule. Quelque chose, une injonction derrière les mots, un ton calme qui fait sombrer les noirs tourments et stoppent la course folle du monde pendant quelques secondes. L'exact phrasé qu'utilisait Minato, pense Yoshiko à son plus grand étonnement, et dans la seconde le monstre redevient l'adorable nounours qui répond au doigt et à l'œil à sa maîtresse.
- Je ne sais comment me faire pardonner, je suis terriblement désolée, dit Hana. Je ne sais pas ce qu'il lui a pris, il…
- Ne vous inquiétez pas pour si peu, dit Chance.
- Votre porte, votre salon… Tout doit-être en pièces ! s'exclame Hana.
- Rien de pire que les conséquences du dernier n'importe quoi de Zéphyr, murmure Perle.
Chance agrippe le bras de la jeune aveugle et l'entraîne dans son sillage:
- Vous y connaissez quelque chose en cuisine…
Les jumeaux et Kakashi frémissent en entendant le mot cuisine prononcé par Yoshiko.
- Je suis une excellente cuisinière ! s'empresse de dire Hana en espérant pour faire amende honorable pour le comportement de son chien.
- Alors je crois qu'on va pouvoir s'entendre.
Terrain d'entraînement n°11
Midi
Le premier à surgir dans une tornade verte n'est autre que Lee puis c'est au tour de Neji et Tenten qui partagent un regard complice qui n'échappe pas à leur ancien équipier. Enfin Vert arrive pour leur dernier rendez-vous de cette folle semaine, leur dernier défi.
Et après tout ce qu'il leur été arrivé au cours de cette looongue semaine, ils ignorent à quoi s'en tenir. Et même s'il ne l'avouera jamais, même Lee redoute un peu ce que leur Maître pourrait bien leur imposer.
Gaï, à l'heure pile cette fois apparait et fixe avec un sourire satisfait ses anciens disciples.
- Mon dernier défi n'est pas un défi ordinaire. C'est un pari que je vous propose, un des plus audacieux et un de ceux qui je l'espère, vous accompagnera toute votre vie.
- Quel pari, Maître ? demande Lee les yeux plein d'enthousiasme.
- Je veux qu'ici et maintenant, vous me promettiez de toujours rester fidèles à vous-même, quelques soient les épreuves et les embûches que la vie vous imposera, faites en sorte de ne jamais changer et de toujours vous soutenir les uns les autres comme vous l'avez toujours fait lorsque vous étiez une même équipe, lorsque vous étiez mon équipe.
Le regard empli de fierté, Maître Gaï tend sa main et les uns après les autres, scellent leur promesse en tendant leur main, chacun à leur tour. Les trois membres de l'équipe Gaï s'échangent un regard lourd de sens. Rester fidèles à eux-mêmes. Curieusement, c'est ce que cette semaine de folie leur avait apporté. A Tenten et Neji en les forçant à faire face à leur sentiment et en les confrontant à leurs propres faiblesses. A Lee qui devait se prouver à lui-même sa valeur avant de prendre enfin la voie qui lui était destinée depuis toujours. Et à cet instant, ils savent que leur Maître a très bien compris les choix qu'ils avaient pris au cours de cette folle semaine, et que ce dernier pari est sa façon de les approuver et de les aider à continuer dans cette voie.
Jamais ils n'oublieraient qu'ils faisaient partie de la team Gaï.
Jamais ils n'oublieraient cette semaine qui leur avait ouvert les yeux.
Puis, c'est au tour de tous ceux qui avaient subis les sept jours de défis tordus de Maître d'apparaître. Hana et Chance, aidés des jumeaux installent un impressionnant panel de victuailles que bien peu auraient pu nommer mais qui se révèlent toutes plus délicieuses les unes que les autres. Nounours, les yeux fixés sur Perle la suit comme un adorable toutou en lui lançant de grands regards larmoyant en espérant attirer son attention et ses caresses pendant que sa maîtresse ne quitte pas d'une semelle Vert qui sourit comme un bienheureux à chacune de ses attentions. Naruto, Sasuke et Sakura ne tardent pas à rejoindre le groupe pendant que Shikamaru et Aigle ont apporté un plateau de shogi qu'ils installent dans un coin, rejoints assez vite par Chance et Perle. Même Zéphyr s'approche en jetant un œil à ce jeu qui le dépasse et qui passionne sa sœur et sa mère.
Chance s'approche de Kakashi qui regarde la scène de loin.
- Au fait, tu ne m'as pas dit…
- Pas dit quoi ? demande Kakashi soudain sur ses gardes.
- Qui a gagné le droit d'être ton rival ?
Et en disant ces mots, elle arrache d'un geste rapide les deux masques de Kakashi sous les regards éberlués de toute l'assistance.
- Gagné ! s'exclame-t-elle.
Mais dans la même seconde le corps de Kakashi disparait pour laisser place à une poupée de chiffon aux yeux en croix détruite par le poing rageur de Chance qui s'élance à sa poursuite suivie rapidement de Gaï qui compte bien ne pas se faire distancer si aisément.
En voyant le spectacle, Zéphyr soupire :
- Je savais bien que les champignons n'y étaient pour rien.
- Je crois qu'il va falloir se résoudre au fait que nos parents et ton parrain sont de grands enfants, dit Perle.
- Au moins, ton parrain à toi est normal, dit Zéphyr. La prochaine fois que la moitié du Village me coursera pour ma dernière bêtise, j'espère qu'ils se souviendront que j'avais aucune chance de finir autrement.
Sasuke qui écoute d'un air distrait la conversation relève la tête, croise le regard de Naruto et Sakura dans lequel la même lueur de curiosité et d'amusement étincelle.
Le souvenir lointain du jour où l'équipe sept avait joint ses forces pouvoir ce que cachait le masque de leur Maître les titillent suffisamment pour que d'un même bond, ils s'apprêtent à prêter main forte à Vert et Chance…
- Vraiment aucune chance, marmonne Zéphyr.
THE END
