OH MY GOD!
Cela va faire plus d'un an que je n'avais pas touché cette fic. Le temps passe plus vite que l'on ne le croit. (Le titre de ce chapitre est donc tout à fait approprié :P)
Bon OK, là je crains, genre, à fond! Mais la fac, les vacances, les amis, les amours (a)... Tout ça, c'est vraiment du boulot.
Je m'excuse comme je peux ;)
Bref, excellente lecture et savourez-le bien car je pense que le prochain arrivera peut-être dans 6 mois, avec de la chance :\.
Chapitre VII
Son ennemi, le temps
Un mois, cela faisait un mois qu'Hermione comptait les jours, les heures, les minutes. Un mois qu'elle avait réalisé, qu'elle avait compris qu'aimer quelqu'un n'était pas quelque chose de merveilleux. Non aimer une personne, c'était se détruire à petit feu. Et l'âme d'Hermione n'était plus qu'à cet instant, un petit tas de poussière, consumé par un amour dévastateur. Hermione bougea sur sa chaise et tourna en même temps son visage vers le sol en pierre brut. Elle appuya son menton sur sa main droite et fixa intensément ce qui la retenait encore de ne pas tomber plus bas qu'elle ne l'était déjà. Effectivement, Hermione Granger avait l'envie de se jeter par la fenêtre et d'oublier. Oublier tout ce que le mois qui venait de s'écouler avait oublié derrière lui. Ses yeux suivirent une lourde fente gravée dans la pierre et son regard s'arrêta sur l'estrade en bois, qui servait au professeur Mac Gonagall.
Perdue dans la contemplation des planches soudées magiquement entre elle, son esprit se mit à divaguer et partir loin, très loin. Elle essayait de se convaincre qu'il était impossible pour elle d'aimer Drago Malefoy, au vu de leur relation passée et présente. Elle ne le connaissait pas, elle ne savait pas ces goûts, ces envies, ces désirs. Tout ce qu'elle savait de lui c'était ce qu'Hélène lui avait raconté, à l'époque où l'entente était encore au beau fixe entre elle, et le peu de chose qu'elle avait découvert par elle-même sur Drago n'était que des bribes d'histoire, trop insignifiantes pour qu'on leur prête une réelle attention. On ne pouvait pas aimer quelqu'un qu'on ne connaissait pas. Le coup de foudre n'existait pas, l'amour n'existait plus.
L'amour avait changé Hermione. Elle n'était plus cette parfaite élève en classe, elle était juste bonne. Elle n'était plus cette jeune fille espiègle, elle était juste une jeune fille perdue. Ce mal qui l'a tiraillé, et qui l'avait forcé à changer, grandissait un peu plus chaque jour que Merlin faisait. Hermione n'était plus Hermione Granger, elle n'était plus que l'ombre d'un souvenir. Le destin peut être cruel des fois. Et maintes fois, Hermione avait songé à stopper le destin, à le forcer à arrêter de s'acharner sur elle, maintes fois elle s'était imaginée tomber dans le vide, des ailes invisibles et inutiles la laissant dans sa chute. Mais elle était trop faible, trop lâche. Hermione n'avait pas le courage de se laisser tomber, et encore moins le courage de penser à ses amis après cela. Elle avait peur de leurs regards sur sa tombe, elle avait peur qu'ils l'oublient, comme ils avaient oublié les autres.
Le professeur Mac Gonagall fit signe à la classe que le cours venait de prendre fin. D'un signe de main elle chassa tous les élèves et alla se rasseoir à son bureau en bois sculpté. Hermione rangea lentement ces affaires dans son sac, contemplant toujours l'estrade. Elle sentit cependant la main d'Harry sur son épaule, une poigne familière, forte, compatissante. Elle tourna son regard sombre vers lui et vit la mine désemparée qu'il affichait. Hermione savait que c'était de sa faute s'il était dans cet état lui aussi, il était en train de perdre une amie, l'unes des rares à l'avoir jamais compris dans les moments de silence. Comment vivre sans la personne qui vous retenait à la vie. Après la mort de ces parents, puis celle de Sirius, plus rien n'avait de valeur aux yeux de Harry, mais Hermione avait su le comprendre, avait su apprivoiser sa peur de l'inconnu et l'avait fait revenir à la surface. Elle avait réussi, et aujourd'hui, Harry n'arrivait pas à faire revenir Hermione.
Hermione, toujours assise sur sa chaise, vit le regard de Ron derrière Harry, et comprit à quel point celui-ci était aussi déprimé que son compagnon. Et sans comprendre, les yeux d'Hermione se remplirent de larmes, qui finirent par couler silencieusement sur ces joues pâles. Elle était tellement désolée de provoquer tout ça, elle aurait voulu leur crier son chagrin, faire ce qu'ils attendaient d'elle, mais elle ne pouvait pas. Le temps se dérobait trop vite sous ses pieds pour qu'elle puisse tenter de revivre. Le temps avait tracé son chemin et il avait disséminé l'humanité d'Hermione au gré du vent. Le temps avait été et était toujours l'ennemi d'Hermione.
Les larmes continuèrent de se verser sans qu'elle ne puisse rien faire, et elle mit sa main sur celle d'Harry. Elle avait besoin de savoir qu'il était encore là. Celui-ci lui sourit faiblement et ôta sa main, très lentement, de l'épaule de son amie. Hermione agrippa sa main mais Harry fut le plus fort et il ramena sa main de la poche de sa cape. Il se retourna vers Ron, qui regardait toujours impuissant Hermione, et lui tapa gentiment l'épaule. Ron suivit du regard Harry qui quittait la pièce et le suivit quelques secondes plus tard. Hermione rassembla le reste de ces affaires, sa vue toujours brouillée par les larmes affreusement douloureuses qui ne se tarissaient pas. Elle sortit la dernière de la salle de classe, sous le regard interrogateur mais néanmoins compatissant de son professeur de Métamorphose. Les larmes redoublèrent alors, le fait que les gens pensaient qu'ils comprenaient ce qu'elle ressentait n'arrangeait rien. Ils ne savaient pas ce qu'Hermione gardait au fond d'elle-même, non ils ne savaient pas. Personne ne pouvait plus la sauver, plus maintenant.
Elle déambula sous le cloître, puis son chemin la conduisit jusque sous le pond de pierre qui reliait le château à la forêt interdite. Hermione s'arrêta à mi-chemin et posa d'un geste las son sac sur le sol en bois, qui donnait l'impression qu'il allait s'effondrer à tout moments. Elle appuya ces deux coudes sur le mur froid en pierre et contempla le vide qui s'étendait sous ses yeux. Si attirant, si proche. Elle continua de fixer la profondeur du gouffre, et elle ne s'aperçut pas de la présence qui venait de prendre place à ces côtés, jusqu'à que celle-ci parle.
« Le vide n'a rien d'intéressant. Commença la personne, fixant Hermione de ces yeux bleu gris.
- Non, mais il est plus que tentant. Répondit Hermione, qui se pencha un peu plus dans le vide. »
La personne saisit Hermione par les avant-bras et l'oblige à lui faire face. Elle tomba alors dans la contemplation de son regard si triste et si perdu. Il était comme elle, il était dans le même état qu'elle.
« Ne raconte pas n'importe quoi, Granger ! Dit finalement Drago Malefoy, après s'être laissé emporté par son parfum, par ses yeux si vides.
- Je ne raconte rien, c'est toi qui racontes des mensonges à Hélène. Lâcha Hermione, sans vraiment réfléchir à ce qu'elle lui disait.
- Je sais. »
Ce fut la seule réponse que formula Drago, alors qu'Hermione attendait plus qu'un simple « Je sais ». Il lui lâcha les avant-bras et Hermione put repartir dans son observation du vide. Elle n'attendait plus qu'il parte pour sauter. Dès qu'il serait parti, elle se jetterait dans le vide et oublierait tout. Dès qu'il aurait disparu de son champ de vision, elle se laissera tomber. Comme elle avait toujours voulu le faire. Drago se détacha d'Hermione et commença à partir en direction du château. Cependant, il s'arrêta à quelques mètres d'Hermione et se retourna vers elle. Elle fixait toujours l'horizon.
« Granger, regarde-moi. Lui ordonna-t-il. Ce qu'elle fit. Moi aussi, j'aurais voulu que ça se termine autrement. Moi aussi. Fit simplement Drago, la regardant droit dans les yeux. »
Hermione déglutit difficilement. Venait-il vraiment de le dire ? Ces paroles qu'elle avait attendu pendant un mois durant. Venait-il vraiment de les dire ? Il la regarda avec toute l'intensité dont il était capable et s'en retourna. Il avançait lentement, comme espérant qu'elle le rappelle. Hermione le regardait partir, et plus il s'éloignait, plus un sourire prenait place sur le visage d'Hermione, restait trop longtemps sans expressions. Ce fut quand il arriva au bout du pont qu'elle cria d'une voix aigue et tremblante « Dis-le moi encore ». Drago se stoppa et se retourna, une nouvelle fois, vers celle qui le hantait depuis des mois. Un sourire vint se peindre sur le visage d'habitude fermé de Drago. Hermione se décolla alors du mur en pierre où elle était appuyée et coura en direction de Drago. Elle avait souvent vécu cette scène dans ces rêves, alors maintenant qu'elle y était, devait-elle réellement y croire ? Arrivée à sa hauteur, elle passa ses deux bras autour du cou du blond, et captura ses lèvres. Drago plaqua ces mains sur les hanches de la jeune étudiante et approfondit leur baiser. Leurs langues s'entremêlaient dans un désir d'aller toujours plus loin, toujours plus intensément.
Aucuns des deux jeunes sorciers ne voulaient briser ce lien qui venait de se créer entre eux. Ils l'avaient tellement attendu. Mais des voix d'élèves qui provenaient de derrière Drago les forcèrent à se séparer. Drago, dont les lèvres étaient gonflées et rougies par son précédent baiser, tourna la tête vers les importuns. Hermione avait toujours ces bras accroché à son cou, et elle n'était pas prête de les décrocher de là. Drago la tira alors vers les arbres qui entouraient le petit cloître qui donnait accès au pont. Ils se retrouvèrent cachés par les sapins, et leur baiser reprit de plus belle. Ce fut après quelques minutes qu'Hermione rompit le lien.
« Dis-moi que tu n'ais pas amoureux d'Hélène. Le supplia Hermione, essoufflée à cause de leur baiser.
- Je ne suis pas amoureux d'Hélène. Répondit Drago avant de re-capturer ces lèvres.
- Dis-moi que je suis celle que tu veux. Continua Hermione. Elle avait besoin de l'entendre.
- Ce n'est pas toi que je veux, c'est toi que je désire. Dit Drago, fixant Hermione dans les yeux. »
Il ne l'aimait pas. Ni elle, ni Hélène. Hermione ouvrit la bouche pour parler mais les mots s'étranglèrent dans sa gorge. Non, elle n'avait pas le droit de gâcher ce moment, elle possédait déjà son désir, peut-être posséderait-elle son amour plus tard. Il fallait qu'elle y croit. Un jour, il l'aimerait comme elle, elle l'aimait. Oui, un jour.
« Je te connais pas, je ne sais rien de ta vie, de tes envies ou de tes goûts, mais moi je t'aime. »
Après cette déclaration, Hermione l'embrassa de nouveau, ne lui laissant pas de temps pour répondre. Il répondit fiévreusement à son baiser.
Le temps était et restera l'ennemi d'Hermione.
