La Perfidie de Lydecker

Chapitre 6 : Dialogue – partie 2

« Logan ! » Supplia-t-elle terrifiée.

Et il ne put passer outre l'urgence contenue dans cet appel. Bloquant ses freins, il se transféra sur le divan à ses côtés et la reçue dans ses bras comme elle se précipitait à l'abri, l'impact lui coupant le souffle.

Il l'enserra dans une étreinte farouche.

Une erreur.

Une effroyable erreur. Se répétait Logan, car au fin fond de lui-même, il n'avait pas cru qu'il pourrait l'atteindre vraiment. Au mieux, il aurait pu la mettre en colère ou s'attirer un vague sourire méprisant avant de la voir tourner les talons et le quitter sur un haussement d'épaules indigné. Il avait tellement cru en cette attitude invincible qu'elle projetait. Il avait n'avait pas douté une seconde de la solidité de sa carapace, persuadé qu'elle ne perdrait jamais contenance face à ce qu'il aurait pu trouver à dire pour l'atteindre.

C'était une erreur.

Et Logan n'ayant jamais pensé susciter pareille réaction, n'était pas préparé à y faire face. Il ne pouvait que la serrer contre lui en priant de toutes ses forces qu'il n'ait rien fait d'irréparable. Mais l'état de Max lui criait qu'aucune prière, aucune adjuration ne pourrait rectifier cette ineptie.

Max tressaillait contre lui et il pouvait sentir la brûlure de ses larmes contre sa poitrine. Alors que les sanglots qui la secouaient menacèrent de briser le cercle de ses bras, Logan se pencha doucement de côté pour la traîner lentement sur ses genoux en lui murmurant des mots sans suite et la berçant doucement.

Max transpirait le désespoir par tous les pores de sa peau, mais elle gardait sa souffrance à l'intérieure, comme toujours, comme on le lui avait appris, comme on l'avait forcé à l'apprendre. Une seule image maintenant se répétait à l'infini sous ses paupières pressées l'une contre l'autre. Le vide. L'immense vide de la forêt qui s'entendait devant elle. Et un bruit, presque inaudible, quasi incongru dans l'illusion de paix de cette dernière image.

Le bruit des vertèbres cervicales qui se rompent brusquement. Encore. Et encore.

Logan ne savait plus depuis combien de temps il la berçait contre lui, il ne savait plus depuis combien de temps qu'il lui murmurait les mêmes mots dénués de sens n'ayant pour seul but que tenter de réconforter, d'apaiser. Tout ce qu'il savait c'était que le réconfort ne venait pas, qu'il était incapable de la faire revenir de ce gouffre dans lequel elle s'enfonçait toujours plus loin, toujours plus creux. Il se tut. Il ne crut plus que le son de sa voix pourrait faire une différence, pourrait tracer un chemin pour la ramenée. Il s'immobilisa. Il ne crut plus que le lent balancement pourrait la calmer.

Il dut faire face au résultat de ses décisions. Voilà donc la rançon de sa dernière croisade. Il compris combien il avait été égocentrique, combien il n'avait suivit que son propre intérêt. Il avait suivit le chemin soigneusement tracé par sa sévère probité et avait écarté les quelques ombres de doutes qui l'avaient traversé, au nom de la Morale. Maintenant ces doutes revenaient le frapper en force, plus nombreux et plus puissants qu'ils n'avaient jamais été, changeant de statut pour se présenter comme certitudes.

La vérité de ce que ces pseudo scientifiques avaient accomplis avec ces enfants coula sur lui comme de la lave en ébullition. Il comprenait maintenant ce qu'ils leurs avaient fait. Le pourquoi au minimum. Le comment il ne voulait même pas se l'imaginer.

Et il avait voulu abattre ces défenses.

Il resserra encore son étreinte, non plus pour elle maintenant, mais pour lui-même, pour se préparer au choc. Il se crispa un peu plus à l'idée que pour parvenir à ses égoïsmes desseins, il n'avait pas hésité à franchir cette étape.

La briser.

Mission accomplie.

Il y eut encore des minutes, puis des heures. Max tremblait encore, mais les sanglots s'espaçaient peu à peu. Logan avait depuis longtemps atteint le fond. Il avait eu tout le temps nécessaire pour s'accuser et condamner. La position précaire qu'il avait adoptée afin de pouvoir attirer Max sur ses genoux exerçait une pression insoutenable dans son dos, mais il supportait la douleur physique presque avec soulagement ; il avait besoin de s'accrocher à la réalité par tout les moyens.

Cette douleur lancinante… et la présence de Max dans ses bras.

Dans ses bras. Qu'elle se soit précipitée dans ses bras le remplis d'humilité.

La seule personne qui peut vous consoler, c'est celle qui vous a fait souffrir…

Il ne serait plus jamais le même. Il ne pourrait plus jamais la regarder en face. Aussi sûrement qu'il l'avait brisée, il savait qu'il l'avait perdue. Et cette seule idée le brisa lui aussi. Toute l'horreur de son action lui fit la serrer à lui briser les os.

Max repris conscience, tirée des méandres de son esprit par la douleur physique d'être si fortement enlacée. Un dernier sanglot s'échappa en soubresauts. Il y avait longtemps que les larmes ne roulaient plus sur ses joues, elle n'en avait plus, elle se sentait vidée. Seul son instinct la força à fuir la douleur, à s'enfuir des bras de Logan, avant même qu'elle ne comprenne qu'elle était dans ses bras. Elle brisa le cercle de ses bras violemment, insouciante de le blesser. Lorsque la pression cessa soudainement, elle se redressa et ses yeux plongèrent dans le regard hanté de Logan.

Elle n'avait jamais su lire en lui réellement. Pas aussi clairement qu'à cet instant. Elle avait toujours espéré pourvoir y arriver, maintenant elle le pouvait. Dans le brouillard qui accompagne ces débordements d'émotions en embrouillant la mémoire, elle ne comprit pas tout de suite. C'est son regard qui lui fourni les réponses, c'est son regard qui lui rappela ce qui venait de se produire. La déchirure qu'elle lisait dans ses yeux.

Ils ne purent ni l'un ni l'autre retenir une aspiration douloureuse et saccadée. Comme un sanglot silencieux. Il ne purent ni l'un ni l'autre détourner les yeux. Accrochés à même bouée : l'autre.

C'est Logan qui trouva la force de prononcer les premières paroles, tenu de lui démontrer l'étendue de son regret.

« Pardonnes-moi » réussit-il à murmurer, les mots lui déchirant la gorge au passage.

Max le fixa silencieusement alors qu'elle semblait soupeser sa réponse. Les secondes qui passèrent resteraient à jamais les plus longues qu'il ne connaîtrait jamais. Puis ses traits se détendirent, le masque se reformant lentement, elle se redressa un peu plus et se glissa sur le divan sans le quitter des yeux. Tout près, mais très loin. Avant même qu'elle n'ouvre la bouche, il savait que sa réponse ne le libèrerait pas.

« Ça va » laissa tomber Max platement.

Logan senti son cœur sombrer dans sa poitrine. Elle ne pardonnerait pas. Comment le pourrait-elle? Il n'avait aucun droit de l'avoir seulement espéré. Lui-même ne se pardonnerait jamais.

« Pourquoi? » Fut la seule question de Max.

Et Logan détourna son regard.

« Je voulais… J'avais besoin de savoir » essaya-t-il de lui répondre, honnêtement, il lui devait la vérité.

« Savoir si je pouvais tomber? » Précisa Max, effrayée à l'idée.

« Non! » Protesta Logan avec feu en levant les yeux vers elle, puis il laissa ses paupières se refermer pour ne plus voir l'accusation dans le profond regard chocolat. « Non » recommença-t-il plus doucement « seulement savoir comment tu… comment vous… »

« Dis-le Logan » coupa Max toujours presque inaudible, mais tranchante, incisive « tu voulais savoir comment on peut tuer sans remords. Comment peut-on devenir des meurtriers sans conscience? »

Logan eu un rictus comme elle énonçait les élucubrations qu'avait forgés son esprit. Les divagations qu'il ne s'était pas autorisées à formuler aussi clairement. Les entendre dans sa bouche lui causa un choc.

« Max » tenta-t-il de l'arrêter, maintenant qu'il avait enfin compris ce qu'elle avait dû endurer.

Mais Max ne s'arrêta pas, une digue avait été forcée. Et comme il avait ouvert l'entrave lui-même, elle ne se sentait plus obligé de l'épargner. Il avait voulu savoir. Il saurait.

« Ils nous ont conditionné Logan. Nous avons dû apprendre, avant même de savoir marcher. Le développement du cerveau est toujours plus rapide pour les fonctions cérébrales que pour les fonctions physionomiques tu sais? Nous avons dû nous protéger. Nous protéger des horreurs qu'ils nous montraient. Je ne sais plus combien d'images de personnes torturées, d'enfants battus, d'animaux sacrifiés que j'ai dû regarder au nom de leur Grand Projet! Je me souviens précisément de tout les registres des cris d'agonie que j'ai été forcée d'entendre. »

Max ramena ses jambes devant elle et les entoura de ses bras, dans cette position minuscule qu'elle prenait souvent, comme pour se faire la plus petite possible pour éviter l'exposition. Elle le fixait maintenant qu'il la regardait de nouveau, mais comme lorsqu'elle avait trouvé les photos, elle n'était pas avec lui, elle était retournée à Manticore.

« Comment on peut entraîner un bébé qui ne sait pas encore se tenir sur ses jambes sinon en travaillant sur le cerveau. Il préféraient la nuit, ces moments où l'obscurité est si dense que le cerveau est plus fragile, moins cartésien, plus émotif. C'était leurs buts, amoindrir chacune de nos émotions. Créer une accoutumance par la fréquence. »

Malgré lui, Logan écoutait passionnément. Voyeur comme ces gens qui s'arrête devant un accident ou un feu captivés par l'horreur de la situation.

« Après plusieurs années, lorsque les encéphalogrammes démontrèrent que nous pouvions supporter toute la gamme de leurs tortures, cela a cessé. Le cerveau est la partie la plus merveilleuse du corps humain, et la plus complexe. Ils ont réussit à nous faire construire des barrières, des endroits hors d'atteinte. Probablement pour nous protéger, mais surtout pour se protéger eux-mêmes, sachant que sous la torture, ou les drogues, même le soldat le plus aguerri pouvait abdiquer. Et lorsque nous avons enfin réussit, ils ont haussé la barre. »

Max pris une profonde inspiration, elle avait réussit à enfouir les prochains souvenirs, presque à les oublier. Mais ils étaient maintenant de retours, et ils faisaient mal.

« Nous étions plusieurs. Plus que cinquante dans notre division. Mais nous n'avions pas tous la même constitution. Certain n'avait pas – et n'aurais jamais eu - l'endurance nécessaire pour suivre l'entraînement. Les plus fragiles, ceux qu'on avait appris à protéger car ils ne le pouvaient pas eux-mêmes, à préférer…

Logan en perdit le souffle, elle avait si souvent ridiculisé sa tendance à défendre la veuve, l'orphelin et les animaux perdus. Et elle lui confiait maintenant qu'elle avait eut ce même réflexe, ce même besoin. Alors qu'elle n'était encore qu'une enfant.

« Ils ont commencé à les utiliser contre nous, pour nous, pour notre conditionnement. Il ont commencé leur expérience avec eux, ils les enfermaient pendant des jours dans des cellules si petites qu'ils ne pouvaient même pas tenir debout. Et nous assistions à toutes leurs expériences. Rien ne leurs a été épargné. La douleur, la faim, le froid, les blessures… »

Logan posa sa main sur elle, doucement, comme s'il croyait qu'elle pourrait en prendre ombrage, mais Max se blotti contre cette chaleur, lui offrant encore cette émotion douce-amère. Ce qui avait commencé comme un châtiment à son égard était devenu, peu à peu, une délivrance pour elle. Elle n'avait jamais parlé de cet aspect de Manticore avec personne. Jamais.

« Puis il y a eu les premières crises. Encore une fois, c'est ce sont eux qui les ont eut en premier. Ce sont eux qu'ils venaient chercher dans la nuit. Au début nous ne savions pas où ils les amenaient, puis Zack a été le premier à les voir en disséquer un comme un rat. »

Logan senti le long frisson qui la parcouru alors qu'elle revivait sa propre première vision du traitement qui était réservé à ceux atteint de ces troubles.

« Je l'ai vu aussi, j'ai vu les médecins utiliser une scie pour ouvrir le thorax d'un de mes frères. J'ai vu Lydecker qui regardait ces bouchers à l'œuvre sans le moindre signe d'émotion. Il buvait calmement son café, seule la colère le faisait froncer les sourcils. »

Max senti la main de Logan monter et descendre le long de son bras, dans un autre de ces petits gestes que lui seul ne lui avait jamais prodigués. Comme lorsqu'il lui avait caressé le front lorsqu'elle avait eu une crise chez lui quelques mois plus tôt. Et ce même sentiment de sécurité revint lui donner la force de poursuivre. Elle n'avait jamais ressenti cela, même pas avec Zack. Même pas avec Ben.

Ben.

« Ben faisait parti de ceux qui avaient constamment besoin d'être protégés. Et chaque fois que l'un d'eux disparaissait, chaque fois que nous nous retrouvions dans les classes, chaque fois qu'on nous accueillais en nous félicitant d'être encore là, de ne pas faire parti de ceux qui ne revenaient pas, qu'on ne revoyait plus jamais, je devais me contrôler pour ne pas lui jeter un coup d'œil. Chaque jour, je me demandais s'il survivait au lendemain. »

Avec un regard suppliant, Max se rapprocha de Logan qui senti son cœur arrêter brusquement pour repartir de plus belle. Il ne pouvait pas croire qu'elle cherchait encore protection auprès de lui. Mais il n'eut même pas besoin d'y réfléchir et c'est presque reconnaissant qu'il lui ouvrit les bras. Mais elle se rejeta en arrière et le masque se durcis un peu plus. Comme il haïssait ce masque... Il laissa doucement retomber ses bras, il était le seul à blâmer, pas elle.

« J'avais besoin de Ben. Il était notre rassembleur. Il ne dormait pas beaucoup, comme Jondy et moi. Il nous racontait plein de choses. Il nous permettait de nous évader au moins mentalement de cet endroit. Je crois qu'il a été la plus grande erreur de Lydecker. C'est lui qui nous a permis de croire. Croire qu'il y avait autre chose. Croire que Manticore n'était pas l'univers. Un des hommes de la maintenance nous avait donné une image un jour, celle de la Vierge Marie, en nous disant qu'elle nous protégerait. Ben à été celui qui nous y à fait croire. »

« Comment? » Osa questionner presque indistinctement Logan comme elle s'était encore tu depuis de longues minutes.

« Il a inventé son histoire. Celle de la Dame en Bleu. Il a créé un univers qu'il était le seul à pouvoir créer. Jours après jours il nous parlait d'Elle. Et des Âmes Vides. Nous avions même commencé à la prier, je crois ou, du moins, à l'implorer de nous sauver. Tout est devenu rapidement uniquement centré sur Elle. Tout ce que nous devions faire c'était de lui offrir des cadeaux, des offrandes comme disait Ben. Nos dents. »

Logan se raidit à ces mots. Il avait lu les rapports d'autopsie des cadavres avec le code bar gravé sur la nuque. Il compris que ce Max était en train de lui expliquer. Il compris pourquoi elle lui expliquait aussi.

« C'est beaucoup plus tard que j'ai réussit à faire le lien entre Ben et Lydecker. Cela ne fait que quelques années que j'ai commencé à soupçonner qu'il pourrait y avoir un lien. Et ce n'est que cette semaine que j'en ai eu la certitude. Ben avait fait une sorte d'autel pour la Dame en Bleu. Sur le toit de notre baraquement. Nous y montions la nuit, pour les offrandes. »

Un éclair de rage passa dans les yeux de Max alors qu'elle repensa à ces évènements, et elle se pencha à nouveau vers Logan, cette fois dans l'intention de mettre l'emphase sur ses prochaines révélations.

« Nous étions en prison Logan, surveillés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Comment auraient-il pu ne pas se rendre compte de ce que nous faisions? Nous ne savions rien du monde extérieur, les conversations entre les gardes, les médecins, le personnel étaient strictement défendues. Ceux qui enfreignaient cette règle devenaient les proies que Manticore avait besoin pour les entraînements. Comment Ben aurait-il pu imaginer cette histoire d'Âmes Vides si on ne lui avait pas soufflé? Cela faisait parti de leurs plans. C'était leur arme secrète. Nous rendre complètement malade de peur au sujet des Âmes Vides. Et c'est Ben qui nous renseignait sur eux, qui nous racontait comment elles pouvaient nous entraîner dans les sous-sols et nous dévorer lentement pendant l'éternité. »

À travers l'histoire décousue que Max lui décrivait, Logan se faisait lentement une idée de ce que pouvait représenter un sauveur – la Dame en Bleu – et les monstres – les Âmes Vides – pour les enfants qu'ils étaient à l'époque. Pour ces enfants qui n'avaient de connaissances que ce que l'on voulait bien leurs apprendre.

« Ben m'a parlé encore des Âmes Vides. Et je me suis souvenu tout à coup que lorsque nous avons rattrapé cet homme dans les bois ce jour là, c'est Ben qui s'est écrié 'C'est une Âme Vide'. Nous étions terrorisés. Et c'était ce qu'ils voulaient que nous soyons. Pendant des mois et des mois après ce jour là, nous avons dû entendre à chaque jour qu'il valait mieux être un soldat en vie, qu'une proie morte. Et quoi de mieux pour nous convaincre d'une maxime que le fait qu'elle nous soit répétée par l'un des nôtres. C'était le rôle de Ben à Manticore. Ils l'ont détruit Logan, ils ont saboté son cerveau pour nous atteindre. Lorsque je l'ai trouvé, il venait rendre visite à sa Dame en Bleu, il lui avait apporté les dents. Il est resté dans ce monde imaginaire, il n'a pas su s'affranchir, il n'a pas pu. »

Max ferma les yeux et s'appuya sur le dossier du canapé. Elle ne parlerait plus. Elle n'avait plus rien à dire. Elle ne voulait pas continuer. Elle allait seulement se reposer quelques minutes, puis elle suivrait son instinct de toujours, elle prendrait la fuite. Dans quelques minutes…

Lorsqu'elle s'assouplis presque qu'aussitôt, Logan n'osa pas la réveiller. Il savait qu'elle partirait, il savait qu'elle ne reviendrait plus. Il n'allait pas hâter son départ. Les yeux fixés sur le doux visage enfin dépourvu de son masque de soldat, il scruta intensément les traits qu'il ne reverrait probablement jamais plus.

Le jour se levait lorsqu'elle s'agita nerveusement dans son sommeil, aux prises avec un cauchemar qu'il ne put nier avoir lui-même provoqué. Une fois de plus il tenta de l'apaiser en s'approchant doucement. Et lorsqu'elle s'agrippa à lui en se rendormant profondément, ce fut à son tour de sombrer. Ce sont ses larmes, irrépressibles, incontrôlables, qui longèrent ses joues alors qu'il la souleva encore pour la déposer sur ses genoux.