J'AI VOLÉ EN TAPIS VOLANT !

Tu aurais dû voir ça, Angie, c'était génial ! Bill a un ami qui en fabrique, il en a plein chez lui, alors cet après-midi on a passé quelques heures à les tester. J'aurais voulu y passer la journée au complet tellement c'était bien. Haroun – c'est le nom de l'ami de Bill – avait un Souafle, alors on est allés à un endroit où les Moldus vont jamais et, avec Bill, Haroun, Charlie, George, Ron et Ginny, on a improvisé une partie de Quidditch. On a supplié Percy de se joindre à nous, pour que les équipes soient égales, mais il boude encore parce que d'après lui on est « des ingrats qui n'ont pas su le laisser profiter de ce qui l'intéressait dans ce voyage ». On croirait qu'après vingt-quatre heures il se serait remis de sa chère bibliothèque, mais non.

Bref, pour en revenir au Quidditch. George, Bill et moi on a gagné, même si l'autre équipe était plus grosse. Mais ils avaient Ron et Ginny, alors ça compte pas. D'ailleurs, le tapis de Ron était défectueux, à tout moment pendant la partie il se mettait à tourner sur lui-même, et à la fin, il a laissé tomber Ron dans l'oasis et s'est envolé vers d'autres cieux. Un tapis volant c'est plus propice aux fous rires qu'un balai en tout cas, on peut se coucher en se bidonnant sans risquer de tomber à notre tour.

En fin de compte, je crois que je préfère quand même les balais, ça va plus vite et ça se manie mieux – même le vieux machin que j'ai hérité de mon oncle. Par contre, pour certains aspects – genre la pression sur les bijoux de famille – le tapis comporte des avantages indéniables ! Je suis certain que tu saurais apprécier ça *haussement de sourcils suggestif*. Mais balancer une batte de batteur dessus, ça doit pas être super. Un coup à perdre l'équilibre, il y a rien pour s'accrocher.

J'ai supplié papa d'en ramener un clandestinement avec nous. T'imagines le carnage que Lee, George et moi on pourrait faire à Poudlard avec ça ! Mais évidemment il voulait pas ! Il est devenu rouge comme une tomate et il hurlait qu'il y avait une raison pour laquelle il avait fait la loin et qu'il devrait m'arrêter lui-même si j'avais un tapis volant en Grande-Bretagne et bla bla bla. C'était assez rigolo. Au moins j'ai réussi à le convaincre, pour la dernière photo du rouleau qu'on a pour les vacances, de nous prendre George et moi flottant au-dessus d'un palmier.

Je dois te laisser, on part demain et la veine dans le front de maman va exploser si je commence pas bientôt à faire ma valise. On se retrouve bientôt à Poudlard !

Je t'embrasse *haussement de sourcils suggestif*,
Fred

— Celles-là elles sont à toi, frérot de mon cœur.

Et Fred reçut en plein visage une paire de caleçons.

— Hum, merci Georgie, dit-il sans le retirer.
— Mais qu'est-ce que vous fichez encore ? retentit une voix stridente.

Molly avait passé la tête dans l'embrasure de la porte et foudroyait ses fils du regard.

— Ginny, Percy et Charlie ont déjà bouclé leur valise. Et vous, qu'est-ce que vous attendez ?
— Fred a même pas commencé la sienne encore ! accusa Ron, cachant derrière son dos la montagne de vêtements chiffonnés qu'il essayait tant bien que mal d'enfoncer dans son sac avant que sa mère n'entre dans la chambre.

Le regard de sa mère se tourna vers Fred qui, heureusement, avait pris le temps de retirer le caleçon de son nez.

— J'envoie ma lettre à Angelina et je m'y mets après mamounette, promis.
— Non non non, fais tes bagages tout de suite, la lettre attendra !
— Ça va prendre cinq minutes, et après je reviendrai directement ici ! disait Fred en la contournant.

Il prévoyait, après avoir envoyé sa lettre, faire un dernier petit tour dans le jardin, puis avaler une bonne tasse de thé chaud avant de se coucher pour une dernière nuit en terre étrangère. Il aurait amplement le temps de faire sa valise le matin. Après tout, ils ne partaient qu'à neuf heures.

Il retrouva Bill dans la cuisine, rédigeant ce qui semblait être un rapport pour son boulot.

— Salut Bill ! claironna Fred en entrant dans la cuisine. Tu aurais un hibou pour moi ?

Son aîné posa sa plume avec force sur la table et leva des yeux durs.

— Non je n'ai pas de hibou ! cria-t-il presque. J'ai l'air de les pondre ?! Ils sont tous partis, les hiboux de la maison, partis avec les foutues lettres que vous avez envoyées à tous les gens que vous connaissez sur la planète. Alors ta lettre, tu peux t'envoler et la porter toi-même en Angleterre, mais arrête de m'embêter, parce que J'AI PAS DE HIBOU !

Fred cligna des yeux.

— N'empêche que ça serait génial si tu pondais des hiboux.