Chapitre 7

Il l'entraîna dans l'escalier et ferma la porte du bureau lorsqu'ils furent entrés. Le Gallois ne savait pas comment aborder le sujet concernant la hiérarchie, mais l'immortel lui épargna une trop longue réflexion.

– Je suis désolé, fit-il, je ne veux pas prendre ta place, c'est venu comme ça. De l'autre côté, c'est moi qui suis le responsable et toi, tu nous fais un café délicieux, entre autres, finit-il le regard brillant.

– Dans ce cas, une chose ne change pas, c'est le café ! répondit l'agent avec un léger sourire, par contre, il vaut mieux que je continue de diriger si tu veux bien. Lorsque tu seras parti, il faudra bien que tout redevienne normal.

– Oui, je le comprends bien. Excuse-moi, je ne voulais pas te mettre en porte à faux, je resterai à ma place dorénavant, fit Jack, quoi que je ne sache pas très bien où elle se trouve !

– J'aurais aimé qu'elle soit près de moi, mais tu…

– Ianto, nous en avons déjà parlé, le coupa-t-il.

– Oui, je sais, désolé, fit-il en se détournant pour aller s'asseoir à son bureau.

– Je vais descendre nourrir les pensionnaires, dit l'immortel après un instant de silence.

– Si tu veux, répondit le jeune homme sans lever les yeux du dossier qu'il avait commencé à lire.

Le leader quitta la pièce après un dernier regard à l'agent et s'engagea dans les escaliers. Il prévint l'informaticienne et se rendit en zone de détention. Il s'occupa des créatures enfermées et remarqua que cet univers ne semblait pas avoir sa Janet. Il soupira et termina sa tâche avant de remonter en zone informatique.

– Salut Owen, fit-il en voyant le médecin.

– Salut, Tosh m'a expliqué pour les aliens.

– Oui, il ne faut pas que ça recommence, sacrifier dix enfants a été bien suffisant, le gouvernement ne s'est pas rendu compte qu'en cédant, ils avaient laissé la porte ouverte à une dérive éventuelle et je commence à me faire du souci.

– Elle m'a dit que tu avais connu ça, que faudrait-il faire pour que ça ne répète pas ?

– J'avoue que je n'en sais rien.

– Jack ! les interrompit Ianto, je viens d'avoir un appel de Thames House, ils veulent me rencontrer.

– Non, c'est pas vrai !

– Quoi ?

– Ils m'ont fait la même chose, ils voulaient que je serve de protection à celui qui a amené les enfants.

– Je peux te garantir que ça n'arrivera pas avec moi, répondit le Gallois en descendant l'escalier. Tosh, pourrais-tu commander le repas, je crois que nous allons avoir besoin de discuter de tout ça, autant le faire pendant le déjeuner.

– D'accord, vous voulez quoi ?

– Fais comme tu veux.

– Ok.

Elle téléphona à la pizzeria et moins d'une demi-heure plus tard, le livreur se présentait avec la commande qu'elle monta chercher à l'office avant de refermer soigneusement.

– Ianto, tu comptes ouvrir le bureau aujourd'hui ? demanda-t-elle.

– Oui, cet après-midi, pourquoi ?

– Il y avait du monde devant la porte.

– Eh bien, ils attendront, pour le moment, il y a plus important à faire, fit-il avant d'aller dans la cuisine pour préparer le café qui serait servi après le repas.

Tosh entraîna le Capitaine en salle de réunion et Owen rejoignit son collègue. Il le regarda pendant quelques instants puis il se lança.

– Ianto, il y a quelque chose entre Jack et toi ?

– Non, pourquoi, répondit-il sans quitter la machine des yeux.

– Je ne sais pas, tu le tutoies maintenant, ça fait bizarre.

– Nous en avons discuté hier et il lui semble que ce soit plus simple et personnellement, ça ne me dérange pas.

– J'ai pourtant vu comment tu le regardes…

– Il ne s'est rien passé, le coupa-t-il un peu brusquement.

– Ok, pas la peine de prendre la mouche, fit Owen pour tenter de l'apaiser. Tu veux en parler ?

– À quoi ça servirait ? Il ne veut pas de moi…

– Oh ! Tu…

– Oui, mais il n'a que faire d'une relation sans avenir. Il veut retrouver le Ianto de son univers, c'est lui qui l'intéresse, pas moi, lâcha-t-il une boule douloureuse dans la gorge.

– Je suis désolé.

– Ça ne fait rien. Je n'étais pas attiré par les hommes et il suffit que Jack débarque pour que tout soit chamboulé !

– Tu vas continuer à l'héberger ?

– Bien sûr, il n'y a pas de raison. J'ai compris, ne t'en fais pas, mais sa compagnie est tout de même bien agréable, je dois bien l'avouer.

– Ok, je te laisse, je vais les rejoindre, ils vont finir par se demander ce qui se passe.

– D'accord, j'arrive, commencez à manger.

Le médecin quitta la pièce, laissant le Gallois seul avec ses pensées moroses. En arrivant dans la salle de réunion, il vit le Capitaine discuter avec la jeune femme. Celle-ci souriait aux anecdotes qu'il lui racontait et trouvait quand même amusant de voir que les univers n'étaient pas si différents finalement. À son entrée, Jack tourna la tête et chercha l'agent Jones.

– Il termine de préparer le café, fit Owen.

– D'accord. Nous vous avons attendus, fit-il comme en s'excusant.

– Vous auriez dû commencer, ça ne va plus être très chaud maintenant.

– Il me racontait les aventures qu'il avait eues de l'autre côté, c'est passionnant, fit Tosh.

– Je veux bien te croire, n'empêche que pour le moment, le problème à régler est de ce côté-ci du miroir ! lâcha Owen.

– Miroir ? De quel miroir veux-tu parler ? s'enquit l'immortel.

– De celui que tu as sans doute utilisé pour venir jusqu'à nous. C'est un miroir quantique, mais vous n'aviez que la moitié des éléments. Quand on aura retrouvé l'autre partie, tu pourras retourner dans ton univers.

– Serais-tu en train de me chasser ? demanda Jack.

– Non ! Enfin si, un peu, avoua Owen.

– Pourquoi ?

– Ta place n'est pas ici !

– Il n'y a que cette raison ?

– Il devrait y en avoir une autre ?

Les deux hommes se regardaient et Tosh avait les yeux qui passaient de l'un à l'autre. Cette joute verbale l'étonnait, elle ne comprenait pas ce que Owen avait à reprocher au Capitaine pour lui parler ainsi, puis elle comprit.

– Ça suffit tous les deux ! On dirait deux gamins qui se chamaillent pour savoir lequel aura le dernier mot.

Quand Ianto entra dans la pièce, il fut accueilli par un silence lourd où s'engluaient toutes les émotions retenues.

– Que se passe-t-il ?

– Rien ! lâcha Owen en se détournant.

Jack soupira, il comprenait bien la réaction du médecin, mais il ne voulait pas laisser au Gallois un espoir qui ne pourrait qu'être déçu lorsqu'il partirait. Lui aussi souffrait de devoir le repousser, après tout c'était Ianto qui était devant lui, son corps, son visage, son sourire, mais ce n'était pas Son Ianto et il devait se faire violence pour ne pas céder à son désir.

Tout en déjeunant, ils discutèrent de la demande de l'Unit. L'immortel était inquiet, effectivement, le jeune homme leur avait dit qu'il ne cèderait pas, mais il connaissait les travers de la maison-mère et il savait qu'ils n'hésiteraient pas à lui forcer la main. Que faire ? Que faire pour que ce monde n'ait pas à sacrifier des enfants ? Il releva la tête, croisant le regard du Gallois, celui-ci l'avait observé alors qu'il était en pleine réflexion et se demandait bien à quoi il pouvait penser.

– Tu as une idée ? lança l'agent.

– Non, aucune. Je ne sais pas comment ils s'y prennent. Si nous trouvions leur manière de procéder, nous pourrions sans doute les contrer.

– Tu penses que cela pourrait concerner le signal ? demanda Tosh.

– À mon avis, oui, mais j'ignore de quelle manière ils interfèrent dans les réactions des enfants.

– Ok, je vais chercher, fit-elle.

– Très bien, intervint Ianto. L'Unit veut me rencontrer, je vais y aller. Jack, pourrais-tu venir avec moi. Tu connais déjà le problème et peut-être que tu pourras trouver une solution.

Le leader hocha la tête, mais il ne voyait pas très bien ce qu'il pourrait faire pour l'aider. Cependant, il ne pouvait le laisser aller seul à Londres, il connaissait trop bien l'Unit et ses manières peu recommandables pour faire céder les plus réticents !

– Alors nous partirons demain matin, décida Ianto. Owen, je te laisse la direction de l'institut. En cas de besoin, demande à Tosh de t'aider. Il ne me reste qu'à espérer que nos amis extraterrestres resteront sagement où ils sont.

– Vous pensez être de retour demain soir ? s'enquit le médecin.

– Oui, bien sûr, il n'est pas question que je reste à Londres plus longtemps que nécessaire. Ok, puisque tout est réglé, je vais chercher le café, dit-il en se levant. J'ai encore du boulot avant ce soir, je vais en profiter pour leur amener les dossiers que nous devons leur transmettre, alors si vous en avez en attente, prenez un peu de temps pour les boucler.

– J'ai terminé les miens, fit Tosh, je te les porterai tout à l'heure.

– Tu auras les miens ce soir, répondit Owen.

Le Gallois hocha la tête et quitta la pièce, laissant ses collègues discuter. À son retour, il croisa le regard de l'immortel et soupira doucement. Il déposa les tasses et les laissa se servir avant de reprendre sa place.

Quand ils eurent terminé, le couple retourna en salle informatique et Jack resta pour aider le jeune homme à faire le ménage. Ce dernier était troublé par sa présence, mais il essaya de rester de marbre même quand leurs mains se frôlèrent.

– Tu as prévu de faire quelque chose cet après-midi ? demanda l'agent sans oser lever les yeux.

– Pas vraiment, si ce n'est sortir pour les interventions si besoin est. Que veux-tu que je fasse d'autre, je ne suis pas à ma place ici et…

Le Gallois se redressa brusquement en le fixant intensément, coupant la réponse qui se perdit au fond des yeux bleus qui semblaient le sonder. Jack fit brusquement demi-tour et s'enfuit plutôt qu'il ne sortit de la pièce, laissant le jeune homme déçu par cette réaction. Il sentait pourtant qu'il ne faudrait pas grand-chose pour le Capitaine se laisse aller, mais il mettait un frein à ses actions et cela les frustrait tous les deux.

Jack disparut pour le reste de l'après-midi et ne revint à la base qu'au moment où Owen et Tosh allaient s'en aller. La jeune femme le regarda mais ne lui dit rien, comprenant qu'il avait eu besoin de se retrouver seul. Avant de passer le sas, elle l'embrassa sur la joue et lui souhaita bonne soirée et bonne route pour le lendemain puis elle suivit son époux.

Le Capitaine alla s'asseoir sur le canapé, les yeux tournés vers le bureau où Ianto continuait son travail. Une demi-heure plus tard, il vit le jeune homme passer la porte et s'arrêter un instant pour le regarder avant de descendre les escaliers. Il se leva et s'avança, les mains dans les poches.

– J'ai nourri les pensionnaires, il ne reste qu'à éteindre les ordinateurs, dit-il simplement.

– Je vais le faire et ensuite, nous pourrons partir, répondit le Gallois.

Un quart d'heure plus tard, les deux hommes prenaient place dans la voiture de l'agent et Ianto s'engageait dans la circulation. En arrivant chez lui, il prépara le dîner pendant que Jack allait prendre une douche. Le jeune homme se demandait ce qu'il devait faire, il souhaitait vraiment se rapprocher du leader de l'autre réalité, mais ce dernier ne lui en laissait pas la possibilité.

– Tu n'y es pour rien, entendit-il soudain.

Se tournant, il croisa le regard de l'immortel, une boule monta dans sa gorge et sans réfléchir, il s'approcha puis se blottit contre son invité qui referma ses bras sur lui après une hésitation. Ils restèrent ainsi quelques instants jusqu'à ce que Ianto se reprenne et s'écarte sans rien dire. Jack quitta la cuisine et alla s'asseoir sur le canapé en attendant son hôte.

Quand celui-ci vint le rejoindre, le Capitaine avait fermé les yeux et semblait dormir. Il posa le plateau sur la table basse et alluma une flambée dans la cheminée. Quand il se tourna, Jack le fixait sans rien dire et il lui fit un léger sourire que le leader lui rendit. Le cœur de Ianto fit un bond dans sa poitrine, ce sourire lui faisait chanter l'âme, même s'il savait qu'il n'obtiendrait rien de plus de cet homme si attirant.

Il s'installa près de lui et ils dînèrent tranquillement, discutant de choses et d'autres, puis quand il revint avec le café, la conversation s'orienta sur leur déplacement du lendemain.

– Que vas-tu faire s'ils t'obligent à les accompagner ? s'enquit l'immortel.

– Je vais commencer par refuser, bien évidemment, mais je ne sais pas jusqu'à quel point je pourrai aller.

– Il faut surtout que tu ne les laisses pas te contrôler, s'ils le font, tu le regretteras toute ta vie.

– C'est ce qui s'est passé pour toi ? Ils ont trouvé comment te faire céder ?

– Oui et je ne suis pas fier de ce que j'ai fait. C'est comme si j'avais moi-même amené ces enfants à leur destin.

– Sais-tu ce qu'ils sont devenus ?

– Non, je l'ignore, une fois qu'ils ont disparu dans la lumière, nous sommes partis et les aliens aussi.

– Ne t'en fais pas, je ne me laisserai pas avoir et puis, tu seras là ! souffla le jeune homme en vrillant son regard dans le sien.

– Oui, bien sûr, lâcha le leader. Je crois que nous devrions aller nous coucher, finit-il en posant sa tasse.

Il se leva, désireux de mettre fin à cet instant si doux. Il ne pouvait pas, il ne voulait pas donner au Gallois ce qu'il désirait. Ses pensées étaient on ne peut plus explicites et il devait juguler l'envie qu'il avait de lui. Il quitta le salon et s'enferma dans sa chambre sous le regard déçu de son hôte.

Ianto soupira et nettoya les tasses, puis il alla se déshabiller pour prendre une douche. En quittant la salle de bain, il s'arrêta près de son lit tout en s'essayant les cheveux. La veille, il avait dormi près de l'immortel et ce matin, il s'était réveillé dans ses bras. Il avait envie que cela se reproduise, mais il ignorait si Jack accepterait de partager sa couche avec lui.

Qui ne tente rien… pensa-t-il en enfilant un bas de pyjama.

Il quitta la pièce après avoir mis son peignoir et s'approcha de la porte de son invité. Il toqua doucement puis appuya sur la poignée. Le battant s'ouvrit sans un bruit et le jeune homme resta un instant dans l'encadrement, distinguant une forme allongée dans le lit.

Il s'approcha lentement et enleva son vêtement avant de se glisser sous la couette. En posant sa tête sur l'oreiller, il regarda le visage de l'homme endormi et se tourna sur le côté pour le détailler. Jack n'avait pas bougé, mais sa respiration avait changé imperceptiblement, était-ce dû à son sommeil ou à l'arrivée du jeune homme ?

Ianto ne se posa pas de questions et se rapprocha un peu plus, sans toutefois, toucher le dormeur. Il ferma les yeux et se laissa sombrer à son tour. Son sommeil fut agité et quand il s'éveilla au petit matin, il était blotti dans les bras de l'immortel et celui-ci le regardait sans rien dire.

– Désolé, fit le Gallois en esquissant un geste de recul.

– Tu n'as pas à l'être, répondit l'immortel en le retenant contre lui.

– J'aurais dû te demander…

– Si je n'avais pas voulu que tu restes, je t'aurais dit de retourner dans ta chambre, souffla Jack, je t'ai laissé venir près de moi.

– Tu ne dormais pas ?

– Disons que je sommeillais, j'ai besoin de peu de repos. Depuis quelques jours, nous dormons ensemble et cette fois, c'est toi qui es venu me rejoindre.

– Tu ne m'en veux pas ?

– Non, pas du tout, mais…

– Oui, je sais, le coupa le Gallois, je ne te demande rien de plus. Dormir près de toi, c'est déjà beaucoup et je ne veux pas que tu quittes cette maison pour aller t'installer ailleurs le temps que tu devras rester parmi nous.

– Ce serait peut-être la chose à faire pourtant, tu ne crois pas ?

– Non, je préfère que tu sois près de moi, je sais bien que ce n'est pas vraiment l'idéal, mais au moins tu es là. Bien, il va falloir nous préparer, nous avons deux heures de route qui nous attendent.

– D'accord.

L'immortel le relâcha et quand Ianto se déplaça pour se redresser, leurs lèvres se frôlèrent légèrement et Jack se recula. Le Gallois quitta rapidement le lit, le cœur battant la chamade, il ne l'avait pas fait exprès, mais ce contact éphémère l'avait électrisé.

Quand Jack entra dans la cuisine, le jeune homme finissait de préparer le café. Il lui tendit sa tasse et resta prudemment de l'autre côté de la table. Les pensées les plus diverses se bousculaient dans sa tête et il devait reprendre le contrôle de ses émotions.

Une fois les tasses vidées, il les nettoya et alla dans sa chambre pour se préparer. Quand il revint dans le salon, l'immortel l'attendait déjà et ils quittèrent la maison. Après avoir bien vérifié que tout était fermé, Ianto prit place derrière le volant et démarra. Quelques minutes plus tard, il s'engageait sur l'autoroute, direction Londres.

Le début du trajet se fit dans le silence, Jack regardait le paysage défiler par la vitre de côté. Il entendait les réflexions de son compagnon, il savait dans quel état émotionnel il était. Ianto lui jetait des petits coups d'œil de temps en temps, mais restait tout de même concentré sur la route.

Au bout d'une heure, il s'engagea sur la voie de sortie et s'arrêta à la pompe pour faire le plein. L'immortel en profita pour aller faire quelques pas et leur acheter une boisson. Quand le jeune homme reprit sa place, il lui tendit la canette et leurs doigts se frôlèrent. Le rouge monta aux joues du Gallois qui s'écarta bien vite.

– Merci, souffla-t-il avant de mettre le contact.

Jack hocha la tête sans rien dire et but une gorgée.

– Pendant que nous serons à Londres, je te propose de voir s'il ne serait pas possible de vous trouver un peu de renfort pour l'équipe, proposa-t-il finalement.

– Pour quelle raison ?

– Vous n'êtes que trois, c'est peu pour tout le travail qu'i faire, tu ne crois pas ?

– Si, mais je ne veux pas que l'Unit place des hommes à eux chez nous ! lâcha le Gallois.

– Je m'en doute bien, mais on peut faire sans.

– Tu peux me dire comment ?

– Laisse-moi faire et je te trouverai les perles rares qu'il te faut.

Ianto le regarda un instant avant de reporter son attention sur la route. Il avait raison, ils avaient besoin de personnel supplémentaire, il soupira doucement et acquiesça.

– D'accord, je te laisse carte blanche.

– Tu ne seras pas déçu, fit l'immortel.

Moins d'une heure plus tard, ils arrivaient à Canary Wharf et Jack leva les yeux sur la tour qui les surplombait. Dans sa réalité, celle-ci avait été très endommagée lors de l'attaque des Daleks et des Cybermen. Il se souvenait encore de toutes ces personnes qui avaient été converties et qui, finalement, avaient perdu la vie quand ils avaient modifié le signal.

Ils passèrent les portes d'entrée et furent arrêtés par des vigiles. Ils durent laisser leurs armes et furent conduits auprès du responsable qui avait contacté Ianto. En entrant dans le bureau, ils virent un groupe de militaires et des hommes en costumes. Une jeune femme s'approcha d'eux et les invita à la suivre.

– M. Forbisher, voici M. Jones, de Torchwood Cardiff.

– Ah enfin ! lâcha l'homme. J'avais pourtant expliqué qu'il s'agissait une affaire importante. Et vous, qui êtes-vous ? demanda-t-il en s'adressant au leader.

– Aucune importance, répondit Jack.

– M. Forbisher, je suis venu à la demande de l'Unit. Comme eux, nous avons certains impératifs et nous aussi, avons des priorités, fit Ianto en le fixant dans les yeux.

Ils furent invités à s'asseoir autour de la table et les discussions commencèrent. Ainsi que l'avait craint l'immortel, il fut demandé au Gallois de servir de protection à la personne qui avait été désignée pour accompagner les enfants sélectionnés, mais le jeune homme ne lâchait rien, il était hors de question qu'il cautionne cet acte, même s'il en allait de la survie du plus grand nombre. Il restait persuadé qu'il y avait une autre solution que d'offrir aux aliens les 10 % des enfants de la Terre qu'ils réclamaient.

À suivre…