Bonjour ! Voici le chapitre 6 de APPG ! Je ne vous ennuie pas avec mon bla-bla et vous attends à la fin du chapitre pour quelques notes explicatives. Comme d'hab', merci à ma bêta, Eléane Dann, sans qui ce chapitre ne serait pas ce qu'il est.
Chapitre 6 : Tu désertais, victoire, et le sort était las
Hermione soupira en poussant la porte d'entrée de la maison londonienne de Harry. C'était la fin d'une longue journée frustrante passée à naviguer entre Poudlard et le département des Mystères et, pour couronner le tout, la jeune sorcière n'était absolument pas pressée de partager les nouvelles qu'elle apportait.
Elle trouva Ebenezer Graymes dans la bibliothèque, en compagnie de Ron. Depuis dix jours qu'il était installé au square Grimmauld, il n'avait trouvé pour s'occuper qu'un échiquier et les livres qu'elle avait sélectionné pour lui parmi la collection des Black. Ron lui avait d'ailleurs confié qu'il faisait un adversaire formidable et il avait passé de très longues soirées à tenter de gagner ne serait-ce qu'une partie.
Elle marqua une pause sur le seuil et observa le rouquin avec tendresse. Les sourcils froncés, il observait l'échiquier en bois sculpté avec une intensité dont il faisait rarement preuve. Il secoua la tête, dégoûté, et fit avancer une pièce. Aussitôt, un sourire carnassier étira les lèvres de son adversaire. Graymes bougea son cavalier.
- Échec et mat, Weasley. À nouveau.
Un long doigt se posa sur le roi blanc et, d'une poussée, le fit tomber. Ron soupira.
- C'est pas croyable. Vous calculez combien de coups à l'avance ? Bah, c'est pas grave. Je ne m'avoue pas vaincu. Je vous aurai la prochaine fois. Salut, 'Mione.
- Bonsoir vous deux. Comment se sont passées vos journées ?
- Merdique, répondit aussitôt l'Auror. Robards est un con de première. Non seulement un con, mais arrogant, en plus.
- Si ta mère était là, Ron, elle t'obligerait à te rincer la bouche avec du savon, observa Hermione en ôtant sa cape et en se servant un verre de whisky pur-feu.
Elle prit place dans le canapé, en face de l'échiquier. Ron grommela :
- Maman n'est pas là. Et ne vas pas me dire que tu n'est pas d'accord avec moi à propos de Robards.
- Là n'est pas la question, soupira la jeune femme. C'est la manière de le dire qui me gêne. Enfin, passons. Graymes ?
L'intéressé leva les yeux vers elle.
- Monotone, Granger, comme celles qui ont précédé celle-ci. Et la vôtre ?
Hermione ferma les yeux et se massa les tempes, essayant de chasser le mal de tête qui la tourmentait depuis le début de l'après-midi.
- Improductive. Gertrude Sekyll a décidé qu'elle m'avait laissée tranquille trop longtemps ça faisait au moins quinze jours que je ne l'avais pas eue sur le dos. C'est elle qui me supervise aux Mystères, précisa-t-elle à l'adresse de l'occultiste. Elle m'a gardé dans son bureau pendant une bonne heure en début de matinée, à m'interroger sur mon travail en cours, et pourquoi je ne suis pas au bureau tous les jours, et pourquoi vais-je si souvent à Poudlard, et pourquoi n'ai-je pas encore rendu l'étude corrigée qu'elle m'a demandée la semaine passée, et caetera, et caetera... Ensuite, quand j'ai pu enfin aller à Poudlard, j'ai à peine eu le temps de reprendre mes recherches que des petits malins simulaient un incendie dans la bibliothèque. Comme j'étais la seule adulte présente avec Irma, il m'a fallu gérer et les enfants, et sa crise de panique. Elle hurlait comme un goret qu'on égorge à propos des livres inestimables qui allaient brûler – en oubliant bien sûr les sortilèges qui protègent la bibliothèque...
Elle fit une pause, avala une gorgée de whisky pur feu et fit mentalement l'inventaire du placard à potions dans la salle de bain du premier étage. Il restait sûrement une fiole de salicis decocta ? Elle continua :
- Il s'avère que si elle n'a pas brûlé, elle est encore enfumée et les livres sont couverts de suie. Les coupables n'ont même pas été trouvés – une blague digne de tes frères, Ron – et Minerva est furieuse. Je m'étais résignée à retourner aux Mystères pour travailler sur ce fichu rapport mais je n'ai pu y passer qu'une petite heure. Minerva m'a passé un coup de Cheminette pour me supplier de retourner à l'école. Le nouveau professeur d'Arithmancie a eu un accident et comme le programme est si lourd, surtout pour les élèves de septième année, je l'ai remplacé au pied levé pour l'après-midi parce que Minerva ne pouvait trouver personne d'autre dans un délai aussi court.
Elle grimaça.
- De ce que j'ai pu en voir, les critères de sélection de Seamus O'Malley sont bien inférieurs à ceux du professeur Vector. Je n'aurais jamais imaginé trouver une telle bande de cancres dans un cours d'arithmancie, l'année des A.S.P.I.C.s. Bien sûr, j'ai manqué le déjeuner... Quand je suis repassé aux Mystères, avant de venir ici,Gertrude Sekyll m'est tombée dessus pour avoir pris sur moi d'assurer les cours sur mes heures de travail sans la consulter et m'a interdit de travailler ailleurs qu'au bureau et sur des projets non encadrés. Autrement dit, elle a enfin trouvé un prétexte pour me faire bosser à sa place et récolter le mérite pour mes recherches.
Ron se leva, s'installa à côté d'elle et passa un bras autour de ses épaules. Reconnaissante, Hermione se cala dans l'étreinte de son ami. Elle leva les yeux vers Graymes :
- Je suis désolée. Mes recherches vont être ralenties, au mieux. Déjà que ça n'avançait pas bien, avant...
L'occultiste se rembrunit. La jeune sorcière savait qu'il comptait les jours, enfermé dans la vieille maison, et qu'il voulait rentrer chez lui.
- Et Flitwick et Malfoy, qu'est-ce qu'ils font ? demanda Ron.
- Les cours s'achèvent à la fin de la semaine. Filius m'a promis qu'ils profiteraient des vacances de Noël pour m'aider dans mes recherches.
- Comme si la Fouine allait nous être d'une grande utilité... marmonna le rouquin.
Les yeux fermés, Hermione lui frappa légèrement la cuisse.
- Ne dis pas ça. Comme Minerva nous l'avait fait remarquer, nous avons grandi, tous les quatre.
- Mais il reste quand même une fouine arrogante, s'entêta Ron.
Harry bâilla, passant le plus discrètement possible dans le vestibule de la vieille maison et se dirigea droit vers la bibliothèque. À cette heure de la soirée, il était certain d'y trouver Graymes, Hermione et Ron, si d'aventure ils étaient à Square Grimmault.
La pièce était plongée dans le silence, et l'on n'entendait que les crépitements du feu dans la cheminée. Hermione était étendue sur le canapé et semblait dormir, la tête sur les genoux de Ron. L'attention de celui-ci était fixée sur l'échiquier, qu'il avait rapproché de lui. Une partie était en cours, et si Harry en jugeait par l'expression de son ami, Ron était encore en train de perdre. Graymes, comme à l'accoutumée, arborait une expression indéchiffrable.
Il entra doucement dans la pièce, salua les deux hommes d'un signe de tête et désigna la fiole vide posée sur le guéridon à côté du sofa d'un air interrogateur.
- Salicitine, sa potion contre les migraines, souffla Ron. Elle a eu une journée épouvantable. Tu restes dîner ?
Harry secoua la tête.
- Ginny m'attend. Je venais juste voir comment vont les choses.
- Granger rencontre des difficultés dans ses recherches, dit Graymes à voix basse. Elle espère que les deux professeurs de Poudlard pourront l'aider.
- Moi aussi.
Si son agressivité première avait laissé la place à un calme fataliste, le magicien lui faisait l'effet d'un fauve en cage. Même s'il n'avait manifesté aucune hostilité envers eux depuis la soirée passée à Poudlard, Harry doutait sincèrement de son aptitude à s'intégrer dans leur monde, dans le cas où il s'avèrerait impossible de le renvoyer dans le sien. En tout cas, il ne voulait pas avoir à gérer ça.
- Et vous, ça va ? demanda-t-il à son invité.
- Je ne suis pas habitué à tant... d'inactivité, répondit celui-ci, le visage sombre.
Harry compatissait sincèrement. Il commençait, d'une manière bizarre et inattendue, à apprécier l'homme. Au fil des soirées passées dans la bibliothèque, le peu d'informations qu'il avait pu glaner sur lui le poussait à croire qu'un motif impérieux, bien plus important que le simple mal du pays, incitait Graymes à vouloir rentrer chez lui. Cependant, l'homme refusait d'expliquer quoi que ce soit. Harry respectait sa discrétion, aussi longtemps qu'il ne représentait aucune menace. Jusque là, rien n'était venu prouver que Crookshanks avait tort.
- Je devrais porter Hermione à l'étage, chuchota-t-il.
Ron secoua la tête, une expression dubitative sur son visage.
- Elle n'a pas encore mangé et elle a sauté le déjeuner. Je pensais la laisser dormir encore un moment et la réveiller pour le dîner.
- Kreacher pourra lui préparer quelque chose quand elle se réveillera. Si elle s'est endormie rien qu'avec une salicitine, c'est qu'elle est épuisée. Elle pourra en profiter pour lui proposer une autre leçon de grammaire.
- Ok, fit Ron, toujours en murmurant. C'est toi qui vois.
Avec une infinie douceur, Harry souleva son amie dans ses bras et la transporta jusque dans la chambre qu'elle s'était choisie.
Harry manœuvra avec précaution autour des portes. Un mobilicorpus aurait certainement été plus simple mais il savait d'expérience que tout sortilège dirigé directement sur une Hermione endormie aurait pour effet de la réveiller brusquement. Une fois, elle l'avait attaqué si brutalement qu'il en avait porté les marques pendant presque une semaine. Bien heureusement pour lui, elle avait vite repris conscience de son environnement.
La guerre avait laissé des cicatrices en chacun d'eux. Hermione les dissimulait au mieux mais Harry et Ron savaient mieux que personne que certaines blessures ne guériraient probablement jamais.
Harry déposa délicatement la jeune femme qu'il considérait sa sœur sur le lit à baldaquin et sortit en fermant la porte le plus silencieusement possible. Elle ne s'était pas réveillée.
Comme il s'y attendait, Kreacher était dans la cuisine, affairé à préparer le souper. Il lui demanda de s'occuper de Hermione quand elle se réveillerait et retourna dans la bibliothèque dire au revoir à ses occupants. A la maison, Ginny l'attendait.
Ron Transplana dans la cuisine du Terrier dans un bruit sonore. Une voix lui parvint depuis l'escalier :
- Est-ce que c'est toi, Ron ?
- Oui, Maman !
- Tu as mangé, mon chéri ?
- Oui, Maman !
Sa mère apparut dans la pièce, en robe de chambre. Comme à son habitude, elle le serra contre elle à l'en étouffer.
- Est-ce que tu veux du thé ?
- Non, merci, Maman. Tu peux me lâcher maintenant ? Je ne peux plus respirer !
Molly s'installa à table avec une tasse et regarda son plus jeune fils avec un air de complicité.
- Alors, dis-moi, comment s'appelle-t-elle ?
Ron, assis sur une chaise en train de retirer ses bottes, s'immobilisa, les mains sur un talon. Il connaissait ce ton. Prudemment, il demanda :
- Qui ça ?
- La jeune femme que tu fréquentes, mon chéri. Ça fait plus d'une semaine que tu n'as pas dîné ici. Tu pourrais l'amener ici, tu sais...
Ron sentit qu'il rougissait jusqu'aux oreilles. Il secoua la tête.
- Non, Maman, ce n'est pas ce que tu crois.
Il fallait absolument qu'il ôte cette idée de la tête de sa mère. Il la connaissait il savait que s'il la laissait se persuader qu'il avait une petite amie, elle ne le laisserait jamais en paix. Mais comment lui expliquer sans trahir le secret ?
- Écoute, c'est en rapport avec mon métier. Je ne peux pas t'expliquer en détail, parce que Harry, Hermione et moi, on pense qu'il vaut mieux garder ça secret, mais... il y a ce gars, sur qui Harry est tombé y'a pas longtemps, et qui a besoin d'aide. Il squatte chez Harry à Londres en attendant qu'on trouve une solution à son problème. Comme il ne peux pas sortir, il s'ennuie ferme, alors je mange là-bas, comme je suis le plus disponible. Harry a sa famille et 'Mione est plongée dans ses recherches...
Le pincement des lèvres de sa mère à la mention de son amie n'échappa pas à Ron. Il se dépêcha d'ajouter :
- Au fait, tu te souviens, je t'avais parlé de sa méthode super efficace pour s'occuper du linge ?
- Bien sûr, Ron.
- Elle est d'accord pour passer ce week-end pour te la montrer.
Le visage de Molly s'éclaira.
- Elle ferait ça ? Ça me serait tellement utile !
- Je lui dirai de t'envoyer un hibou.
Quelques minutes plus tard, Ron embrassa sa mère et monta se coucher. Dans la nuit, il rêva qu'elle lui présentait des jeunes femmes dans l'espoir qu'il se marie enfin et qu'il lui donne des petits-enfants. Il se réveilla en sueur. Ne pouvait-elle pas se rendre compte qu'il appréciait son célibat ?
Le soleil n'était pas encore levé qu'une Hermione à moitié endormie avançait dans la cuisine au radar. Portant encore ses vêtements de la veille, à présent froissés, elle s'affala sans dignité sur une chaise et bâilla à s'en décrocher la mâchoire. A ce moment seulement, elle remarqua qu'elle n'était pas seule dans la cuisine. Kreacher, qui l'observait d'un air soucieux, se détourna aussitôt pour s'affairer aux fourneaux, tandis que Graymes la dévisageait par-dessus sa tasse de café. Son expression semblait mi-amusée, mi-compatissante. Hermione se surprit à penser qu'il aurait presque pu être séduisant avec ce demi-sourire. Puis elle fronça les sourcils. Mais à quoi pensait-elle ?
La tête entre les mains, elle grogna :
- Quand je pense qu'on est seulement mercredi... J'espère que le week-end sera tranquille.
- Vous avez tant de travail ? demanda Graymes en lui servant une tasse de café.
Au même moment, Kreacher fit apparaître devant la jeune femme un copieux petit-déjeuner.
- Merci, Kreacher. Ça dépend, en fait, professeur. Parfois, le bureau des Aurors nous amène un problème urgent c'est arrivé que le tout département travaille le week-end entier. D'autres fois, une expérience en cours nous oblige à revenir pour s'assurer que tout va bien ou passer à l'étape suivante. Mais j'aimerais vraiment pouvoir faire un saut à Poudlard samedi ou dimanche pour faire le point avec Filius et Malfoy.
Hermione finit de manger en silence et se leva.
- Je file au bureau j'enverrai un hibou à Poudlard. Je pense pouvoir repasser ce soir. D'ici là, professeur, je voudrais que vous mettiez par écrit tout ce dont vous vous souvenez à propos du portail qui vous a amené ici. Et ce que vous savez de ceux que vous empruntez habituellement me serait grandement utile.
Sans attendre de réponse, elle quitta la pièce.
Resté seul avec l'elfe de maison, Graymes resta pensif, les yeux fixés sur la chaise que Granger venait de quitter. Son intérêt pour elle le dérangeait. Il n'aimait pas se sentir concerné par le bien-être et la santé de quelqu'un d'autre, encore moins de ceux d'une femme. Il connaissait ses faiblesses. S'attacher à cette sorcière, si brillante et séduisante soit-elle, serait une grave erreur. Il ne devait rien laisser contrecarrer son retour chez lui. Il ne pouvait pas s'offrir le luxe de s'attarder davantage que nécessaire dans cette dimension. Ce qui s'y passait requérait sa présence. D'urgence.
Il déplia sa longue carcasse et déposa sa tasse dans l'évier. Ignorant les bredouillements de l'elfe, il quitta la cuisine. Dans la bibliothèque, il prit un livre sur le guéridon et s'installa dans son fauteuil préféré. Il continua sa lecture du Quidditch à travers les âges. Qu'il fusse là depuis assez longtemps pour avoir un fauteuil préféré le dérangeait. Que Weasley lui recommandât un livre pour mieux comprendre la culture de leur communauté l'inquiétait. Il se rassurait en se répétant que par ailleurs, les deux Aurors affichaient une confiance inébranlable dans les capacités intellectuelles de leur amie.
Avec un certain agacement, Graymes ouvrit le livre et se plongea dedans pour se distraire de ses pensées.
Quelques heures plus tard, il sentit une présence approcher. Il releva la tête et découvrit une jeune femme rousse dans l'encadrement de la porte.
- Bonjour, lui dit-elle comme il se levait. Je suis Ginny Potter. Nous nous sommes brièvement rencontrés le soir où vous êtes arrivé.
- Mrs. Potter, bonjour.
Graymes considéra la nouvelle arrivante avec réserve. Avant qu'il ait trouvé quoi dire, Kreacher apparut. L'elfe paraissait très excité.
- Maîtresse Ginny ! Kreacher est très heureux de vous voir !
La jeune sorcière eut un sourire un peu froid pour la créature.
- Bonjour, Kreacher. Comment vas-tu ?
- Bien, maîtresse Ginny, merci.
- Veux-tu nous apporter du thé ?
- Tout de suite, maîtresse Ginny !
Le sourire s'effaça dès que l'elfe disparut. Graymes en fut intrigué.
C'est une petite créature servile, n'est-ce pas ? demanda-t-elle en se tournant vers lui.
- Vous ne semblez pas l'apprécier.
La rouquine haussa les épaules.
- Il n'a pas toujours été très correct. Harry vous a-t-il parlé de son parrain ?
- Seulement pour me dire qu'il lui avait légué cette maison.
- Mais pourquoi donc restez-vous debout ?
- Vous êtes chez vous, Mrs. Potter, contra Graymes avec un mince sourire. C'est vous, la maîtresse de maison.
- Eh bien, asseyons-nous.
Elle s'affala sans dignité dans un fauteuil en face de l'occultiste. Celui-ci s'installa à sa suite et, piqué par la curiosité, s'enquit :
- Vous me parliez du parrain de votre époux ?
- Oui. Je ne veux pas vous accabler de détails, mais avant sa mort, Sirius Black était obligé de se cacher ici il détestait être prisonnier de cette demeure alors que d'autres membres de l'Ordre du Phénix agissaient à l'extérieur. Kreacher a transmis des renseignements à des partisans de Voldemort envers qui il éprouvait plus de loyauté qu'envers Sirius.
À cet instant, l'elfe réapparut, un plateau à la main. Il s'inclina devant sa maîtresse et disparut. La jeune sorcière servit le thé avec sa baguette, se cala dans son fauteuil avec sa tasse et reprit :
- Il a contribué à la mort de Sirius. Oh, pas beaucoup, bien sûr, et Sirius était probablement autant à blâmer que son elfe. Harry s'en est terriblement voulu pendant longtemps. C'est parce qu'il était venu le secourir que Sirius a trouvé la mort, voyez-vous. Je sais que c'est irrationnel d'en garder rancune contre Kreacher, mais je ne peux m'empêcher de me méfier de lui.
Un sourcil levé, Graymes remarqua :
- Il semble très dévoué à Potter, pourtant.
Ginny Potter eut un sourire de dérision.
- Oh, maintenant, bien sûr. Comme à Ron et même Hermione. Depuis qu'ils se sont cachés ici pendant leur chasse aux Horcruxes...
L'occultiste garda le silence et laissa parler la jeune femme.
- Quelque chose a changé entre Kreacher et eux trois, à ce moment-là.
Elle resta un moment les yeux dans le vague, puis parut se reprendre.
- Mais assez parlé de ces vieilles histoires. Je suis venue pour faire connaissance avec vous.
- Avec moi ?
- Bien sûr. Vous passez chez moi en coup de vent un soir alors que Harry est mort de fatigue, puis il m'annonce que vous occupez cette maison en attendant "de pouvoir rentrer chez vous". Au déjeuner quelques jours plus tard, Hermione m'explique qu'elle travaille dur à vous renvoyer chez vous, où que cela soit, et qu'elle aura moins de temps à consacrer à son neveu... Mon frère passe toutes ses soirées ici à se faire battre aux échecs – à propos, je veux voir ça – , à un tel point que ma mère pense qu'il s'est trouvé une copine et attend qu'il la lui présente. Vous trouvez bizarre que je vienne faire connaissance ?
- Si vous présentez les choses comme cela...
- Alors, d'où venez vous, exactement ?
Graymes laissa échapper un soupir contrarié. Il n'avait pas envie de parler de lui. De mauvaise grâce, il répondit :
- Je viens de New York, d'une autre dimension. Je me suis égaré dans celle-ci. C'est pour cela que votre famille travaille d'arrache-pied à me renvoyer chez moi.
Une idée lui traversa l'esprit. Pourquoi ne pas faire parler cette jeune femme qui semblait si disposée à bavarder ? C'était l'occasion d'en apprendre davantage sur les trois Aurors.
- Dites-moi, Mrs. Potter, qu'y a-t-il entre Draco Malfoy et votre famille ?
Il observa, intéressé, le visage de la sorcière se fermer et écouta, fasciné, le long récit de la guerre entre la famille Malfoy d'un côté et le clan Weasley-Potter de l'autre.
* Rendons à César ce qui est à César, et à Rome ce qui est à Rome... Le titre du chapitre est tiré d'un recueil de poèmes de Victor Hugo : Les Châtiments, Livre V, poème XIII : L'expiation, II :
"Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
Ô Waterloo ! je pleure et je m'arrête, hélas !
Car ces soldats de la dernière guerre
Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,
Chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,
Et leur âme chantait dans les clairons d'airain !"
C'est un très long poème dans le registre épique, qui raconte d'abord la retraite de Russie puis la bataille de Waterloo, ensuite la chute de Napoléon Bonaparte et enfin l'utilisation par Louis-Napoléon de la réputation de son oncle pour gagner le pouvoir. Je trouve que ce passage correspond bien au Aurors, qui sont un peu découragés, dans ce chapitre.
* J'ai cherché en vain une potion contre les maux de tête et les migraines sur HP encyclopédie j'ai donc décidé d'en inventer une.
Je vous renvoie à l'article de Wikipédia concernant le saule et particulièrement l'utilisation de son écorce : http :/ fr . wikipedia . org / wiki/Saule#Utilisation (enlevez les espaces).
En latin, le saule se dit salix, icis, f.
Decocta, ae, f, était une eau bouillie qui était ensuite rafraîchie dans la neige, selon M. Gaffiot. J'ai choisi d'en prendre le sens de décoction actuel.
J'ai touillé tout ça pour donner salicis decocta, littéralement et grossièrement « décoction de saule ». C'est là que je me suis aperçue qu'il n'y a pas vraiment de nom de potion aussi compliquées et rigides et qu'elles ont plutôt des noms amusant comme « pimentine ». Salicitine est donc en quelque sorte le nom usuel de la potion, utilisé par la plupart des gens. Hermione, par contre, avec sa tournure d'esprit scolaire, me semble plus susceptible d'utiliser le nom scientifique.
Je sais que JKR n'a pas donné deux noms à ses potions. Hermione a créé cette potion à partir de l'écorce de saule connue depuis des siècles, et elle a suivi la nomenclature scientifique moldue.
* Gertrude Jekyll était une paysagiste anglaise. htt p : / fr . wikipedia . org /wiki/Gertrude_Jekyll. J'ai juste modifié la première lettre de son patronyme pour éviter de reprendre le nom exact.
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