Chapitre 7: Dures journées.
Vernon Dursley grogna lorsque la sonnerie résonna et il posa son petit verre de Scotch qu'il venait de terminer sur la table basse en verre pendant que sa femme se précipitait pour ouvrir la porte. Comme d'habitude, son épouse était parfaite. À son goût, il n'y avait jamais moyen d'être tranquille sans qu'un voisin ne vienne les déranger. À croire que ces gens n'avaient rien d'autre à faire de leur journée. Il y eut alors un court moment de silence avant qu'un couinement s'élève depuis l'entrée. L'homme se leva et rejoignit sa femme en vitesse, inquiet. Alors… il se figea avant de reprendre contenance. Une rage immonde s'empara de lui en reconnaissant les visiteurs. Son visage s'empourpra et il poussa Pétunia derrière lui pour la protéger d'une quelconque attaque bien qu'il se doutait que son corps ne suffirait pas à repousser un de ces…. De ces sortilèges maudits! Son corps massif prenait l'encadrement de la porte, cachant la vue de son épouse.
-Qu'est ce que vous fichez ici? Dégagez de là!! Tonna Vernon.
-Vernon, doucement, supplia Pétunia d'une petite voix en essayant de passer sa tête entre le bras de son mari et le maigre interstice près de la porte. Les voisins pourraient nous entendre. Fais les entrer pour que personne ne les voient.
À contrecœur, Vernon acquiesça et s'effaça pour que les quatre visiteurs puissent entrer dans le couloir. La porte claqua derrière eux telle une porte de cachot. Remus jeta un coup d'œil autour de lui, s'attendant à voir Harry, la valise à la main prêt à partir pour le reste des vacances. C'était étrange. Habituellement, Harry était déjà dans les escaliers. Il était toujours pressé de quitter cette maison où les vacances rimaient plus comme solitude contrairement à tout les autres étudiants. Harry n'était jamais heureux d'être en vacances! Le grand rouquin inspectait avec ébahissement le couteau électrique avec lequel la femme semblait couper un roast-beef avant qu'ils n'arrivent. Mrs Dursley se cachait encore derrière l'énorme corps de son mari en tremblant.
-Harry vous a très certainement prévenu de notre venue. Nous sommes venus le chercher.
Passant du rouge à un pâle cadavérique, Vernon se figea en entendant ce que venait de dire Remus Lupin. Oh, ce sale gamin!! Il les ferait chier jusqu'à la fin décidément! Pétunia gémit en entendant ce que l'homme venait de dire. Oh Seigneur… son jeune neveu avait disparu depuis plusieurs semaines à présent. Et bêtement, ils avaient cru avec soulagement que c'était un des hommes de ce Dumbledore qui était venu le prendre. Mais si ça avait été le cas, le célèbre magicien serait venu les voir pour parler de l'état dans lequel Vernon avait mis le garçon.
C'était évident, comment n'avaient-ils pu ne pas y penser? Heureusement, Dudley était chez son ami et il n'avait pas à faire face à ces anormaux. Oh oui, Pétunia en voulait tellement à Lily. Elle l'avait obligée à garder ce garçon, après sa mort. Il était vraiment attendrissant étant petit. Avec ses grands yeux verts adorables et ses cheveux noirs, il avait toujours été plus beau que Dudley même si elle ne l'avouerait jamais. Mais cet enfant… cet enfant avait perverti Vernon. Il l'avait rendu violent, amer et méchant. Au début, bien qu'elle détesta la magie et sa sœur plus que tout autre chose, elle l'interdit de l'enfermer dans le placard sous l'escalier mais… ce fut une grosse dispute avec Vernon qui l'avait giflé, violemment, plusieurs fois jusqu'à ce qu'elle accepte. Ensuite, l'homme avait totalement exploité Harry. Un si jeune garçon… le frappant jusqu'à l'inconscience et malheur quand elle intervenait. Il était lui arrivé de la battre en lui demandant si elle souhaitait que Dudley devienne un horrible monstre comme était sa sœur. Évidemment, non.
En voyant les Dursley rester aussi silencieux qu'une tombe, les membres de l'Ordre qui n'étaient personne d'autre qu'Arthur, Kingsley, Remus et Tonks commencèrent à s'inquiéter sérieusement. De plus, il ne semblait n'y avoir aucune présence du Survivant dans la maison. Il aurait été à côté des escaliers avec sa valise déjà bouclée et la cage d'Hedwige fermée précautionneusement comme Remus l'avait pensé quelques minutes auparavant. L'homme noir s'avança de Vernon en sortant sa baguette magique, menaçant et les yeux lançant des éclairs meurtriers. Celui-ci sembla se ratatiner sur place en voyant l'arme pointée sur lui malgré qu'une veine ressorte sur son front et dans son cou. Sa moustache frétillait de colère.
-Où est Harry? Murmura t-il en détachant chaque mot.
-SORTEZ DE MA MAISON!! Hurla Vernon en recouvrant Kingsley de postillon. VOUS N'AVEZ RIEN À FAIRE ICI ESPÈCE DE MONSTRES! VOUS N'ÊTES QUE DES… DES…
-Où est Harry? Tonna Kingsley réduisant ainsi le porc au silence.
-Vous êtes venus le chercher il y a plusieurs semaines, couina Pétunia persuadée de la phrase qu'elle disait. Vous êtes venus alors que nous nous étions absentés! Vous avez fait du mal à Vernon! Dis leur Chéri!! Il était… figé! Puis ça a disparu comme ça! Dis leur Vernon ce qu'ils ont fait.
-De quoi? S'écrièrent Arthur et Remus.
-C'est impossible Mrs Dursley, ajouta Tonks. Nous ne sommes jamais venus ici pour ramener Harry avec nous.
-Quand nous sommes rentrés, Harry… Harry n'était plus là, sanglota la femme. Il était parti. Vous êtes venus le chercher.
Un long silence s'abattit dans le couloir. Il fallut quelques minutes avant que les quatre membres de l'Ordre ne se regardèrent avec horreur. Oh, Merlin! C'était impossible… Harry avait vraiment disparu? Et ils n'avaient rien remarqués? Malgré toutes les heures passées à surveiller la maison? Oh Merlin!! C'était… Comment cela avait-il pu se passer alors que des membres de l'Ordre faisaient des rondes pour surveiller la maison? N'y avait-il pas quelqu'un, un membre de l'Ordre compétent, à chaque minutes de la journée mais cela avait suffi à ce que Harry disparaisse? Où était-il et avec qui était-il? Oh Merlin! Remus sentit ses jambes trembler en prenant réellement conscience des paroles des Dursley qui étaient tous deux figés, encore menacés par la baguette magique de Kingsley.
Précipitamment, Tonks et Remus montèrent les escaliers pour rejoindre ce qu'ils savaient être la Chambre du jeune Potter. En entrant dedans, il fut évident qu'Harry avait vraiment disparu et ce depuis plusieurs semaines. La pièce était vide, sombre, humide. Un grognement traversa la gorge du Loup-Garou. Les conditions de vie d'Harry semblaient toujours être à déplorer voire pire encore que ce que le garçon avait confié à Sirius. Doux Merlin, comment Dumbledore pouvait laisser une telle chose arriver? Pourquoi n'intervenait-il pas dans cette histoire? Les Dursley devraient traiter Harry beaucoup mieux que ce… cette chambre misérable! Cette pièce était inhabitable et pourtant les Dursley paraissaient n'avoir eu aucun remord face à cette évidence. Laisser vivre un enfant -et même un adulte- dans un tel endroit était horrible.
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Severus se tendit légèrement en entendant quatre Plop retentirent en fracas dans le Hall du Square Grimmaurd mais garda un air glacial, impassible. Le, joyeux et plaisant, tableau de Mrs Black se mit à hurler des insultes lorsque Tonks fit tomber le porte-parapluie dans sa précipitation. Étrangement, aucun membre à l'extérieur de la Cuisine ne chercha à faire taire la femme en refermant les épais rideaux qui la cachaient. Lucius et lui échangèrent un regard impassible sachant ce qui allait suivre. Des membres de l'Ordre avaient été chercher Harry aujourd'hui. Évidemment, ils ne l'avaient pas trouvé puisqu'il était chez le Maître des Potions et avait été présenté à l'Ordre comme étant son fils. De son côté, Elena était à peine plus pâle que d'habitude mais elle continua à discuter avec Sirius qui était surexcité à l'idée de revoir son filleul après tant de temps. Malheureusement, la jeune femme savait quelles allaient être la douleur et l'inquiétude de l'ancien prisonnier dans quelques secondes.
La porte s'ouvrit alors à la volée et se fracassa contre le mur. Dumbledore fronça les sourcils. Il se leva et accueillit ses quatre collègues pour tenter de comprendre la raison de cette arrivée brutale. Mais tous parlaient en même temps en bougeant les bras autour d'eux avec indignation et colère sans penser à se calmer. Dumbledore leva une main pour les faire taire et cela sembla marcher puisque le silence s'abattit dans la Cuisine miteuse du Quartier Général à la seconde même. Le Professeur McGonagall se leva et referma la porte pour garder l'intimité de la réunion bien qu'il était évident que les enfants à l'étage supérieur avaient dû être alertés par le boucan.
-Où est Harry?
-Disparu. Il a disparu, s'énerva Tonks.
-QUOI?? Cria Sirius en se levant d'un bond. DISPARU?? Qu'est ce que tu entends par disparu?? Hein?
-Que dîtes-vous? Ajouta Dumbledore clairement choqué.
-Depuis plusieurs semaines, les Dursley ne l'ont plus vu et ont cru que c'était nous qui étions venus le chercher pendant leur absence, expliqua Remus.
Il y eut un court silence pendant lequel tout le monde assimila la nouvelle très inquiétante. C'était impossible. Pour tout le monde, cela semblait improbable: la maison d'Harry Potter avait été surveillée pendant toutes les vacances. Personne n'aurait pu entrer ou sortir de la maison. Et Dumbledore avait bloqué tout le réseau des Cheminées aux maisons alentours sauf celle de Mrs Figgs mais même en entrant clandestinement chez la vieille dame, personne n'aurait pu entrer chez les Dursley par la Cheminée ou la porte. Et Voldemort était incapable de rentrer dans la maison même s'il déjouait toutes les barrières puisque la protection du sang que Pétunia Dursley offrait à Harry était infaillible. Ajouté à cela, Dumbledore avait placé la zone dans un rayon de quarante mètre en anti-transplanage. La seule solution plausible à la disparition d'Harry était que quelqu'un était entré par la porte mais… les membres de l'Ordre l'avaient surveillée jour et nuit! À moins qu'un mouvement ne leur ait échappé.
Severus faillit avoir un sourire narquois, qu'il retint évidemment de peur qu'il soit mal interprété. Il repensait à la facilité avec laquelle il avait pénétré chez les Dursley quelques semaines auparavant. Oh oui, ça avait été si simple. Le membre qui était de garde à ce moment-là n'avait vraiment rien vu. Il avait même réussi à contourner la barrière anti-transplanage en repartant avec le garçon dans les bras. Tellement facile. Severus sentit son souffle se couper lorsque Dumbledore se tourna vers lui et Lucius en les interrogeant du regard. -'Idiot, pensa t-il de lui-même, il veut juste savoir si ça a un rapport avec Voldemort!'-. Lucius se racla la gorge et fit semblant de fouiller dans sa mémoire en gardant un air impassible. Dépité, Severus secoua la tête.
-Ce n'est pas l'œuvre du Seigneur des Ténèbres, déclara t-il. S'il avait décidé un tel projet, il en aurait parlé autour de lui.
-Et s'il avait déjà Potter près de lui depuis quelques semaines, il l'aurait déjà montré avec joie à tous ses Mangemorts et Potter serait enfermé dans un Cachot. Ce qui n'est pas le cas, ajouta Lucius.
-Harry ne serait tout de même pas parti de lui-même avec ce qu'il est arrivé au mois de juin? commenta Mrs Weasley avec horreur.
Sirius était toujours debout, figé, le souffle saccadé. Merlin, son filleul avait disparu et ce n'était ni l'œuvre de Voldemort ni celle de l'Ordre du Phénix, ce qui signifiait qu'il était en danger où qu'il soit. Qu'est ce qui avait bien pu passer dans la tête d'Harry pour qu'il quitte son domicile familial sans sécurité alors que Voldemort venait de revenir à la vie ? Et il était en pleine forme selon les deux Espions. Doucement, Sirius se laissa tomber lourdement sur sa chaise alors que Remus posait une main réconfortante sur l'épaule de son meilleur ami. Il imaginait très facilement à quoi pensait Sirius: que c'était de sa faute et qu'il était incapable de prendre soin de son filleul comme lui avait demandé James et Lily avant leur mort. Soudainement, une agitation régna dans la pièce et même Dumbledore était figé de stupeur et d'inquiétude. Comment n'avait-il pas pu remarquer la disparition de son protégé?
Severus ne pensa pas un seul instant à confier que Aleksandre et Harry étaient la même personne et que désormais c'était son fils! Oh non, avant même d'avoir put dire Ouf, Black et les Weasley lui sauteraient dessus, Dumbledore serait en colère et lui reprendrait son fils. Oui, c'était totalement égoïste surtout dans une telle période. Severus le savait et ne l'avait pas caché à Lucius lorsqu'ils en avaient parlés. Égoïste et alors? Ils lui reprendraient, mais surtout, aucun d'eux que ce soit les Weasley, Dumbledore ou ses amis ne serait capable de comprendre que le Survivant n'était plus le même qu'avant! Malgré tout, Severus admettait intérieurement que Sirius, et peut-être Lupin, serait très certainement la seule personne à accepter totalement Harry tel qu'il est maintenant. Le Maître des Potions connaissait les autres membres: ils paniqueraient tous puis seraient heureux de retrouver Harry sans comprendre que maintenant, il vivait traumatisé avec un retard mental. Qu'il serait plus ou moins incapable d'agir en tant que Survivant mais plus comme un enfant de neuf ans. Un enfant légèrement inconscient de ce que tous attendaient de lui.
-Molly et Remus, vous devriez aller annoncer ceci à ses amis, ordonna Dumbledore en reprenant les choses en main. Sirius, allez-vous calmer seul dans le Salon. Lucius et Severus, j'aimerais que vous vous rendiez auprès de Voldemort et que vous vérifiiez une nouvelle fois si Harry n'est pas dans votre point de rendez-vous.
-Bien sur, acceptèrent les deux hommes en se levant d'un même mouvement.
-Quand je reviendrais à la maison, je dirais à Narcissa qu'elle peut rentrer. Je m'occuperais des garçons, assura Elena aux deux hommes.
-Arthur, Nymphadora et Elena justement, retournez chez les Dursley et allez les interroger, demanda le Directeur.
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Le plus grand soldat donna un coup de pied au plus petit. Celui-ci s'effondra ce qui signa la victoire du premier qui fut applaudi par ses camarades, hué par ses ennemis et henni par les chevaux qui regardaient le combat avec plaisir. Deux lutins et un farfadet faisaient partie de la haie d'honneur malgré qu'ils n'y aient rien à faire. Le vainqueur grimpa sur son grand cheval marron et fit un tour d'honneur en levant son bras droit pour saluer ses supporters. Puis il partit se reposer sous la tente dressée spécialement pour lui en laissant son cheval dans une grande écurie.
Aleksandre reposa les figurines avec lesquelles il jouait sur le sol avant de se lever à l'aide de ses mains. Maintenant que le Soldat Chef avait triomphé, il n'y avait plus aucune histoire et il devrait en réinventer une. Ça faisait une heure qu'il jouait avec les figurines qui avaient appartenus à Jonathan il y avait de longues années et qui traînaient dans la Cave. Grimpant sur son lit, le garçon attrapa un livre avec des petits dessins et feuilleta les pages.
Son Père et Elena étaient partis un peu plus tôt et quelque chose au fond de lui, lui assurait que ni l'un ni l'autre n'était près de rentrer. Mrs Malefoy était venue les surveiller à la demande des adultes en amenant Drago au grand plaisir de Jonathan. Depuis, les deux meilleurs amis s'étaient enfermés dans la Chambre de Jonathan et ils devaient s'amuser joyeusement en l'oubliant. Alors que lui, il était resté seul dans sa Chambre en s'ennuyant légèrement. Il avait d'abord pris la plus grosse couette posée sur son lit et l'avait installée au sol en construisant une sorte de cabane. Un pan était coincé entre le mur et le bureau, un autre dans l'armoire et le dernier dans la fenêtre. Ça lui avait permis de jouer avec ses petites voitures et les petits soldats. Mrs Malefoy devait être dans le Salon ou dans la Cuisine pour préparer le dîner.
-Aleksandre, que dirais tu de venir m'aider à préparer la table? Proposa Narcissa en ouvrant sa porte. Oh Salazar…
-L'est belle ma Cabane? Demanda t-il tout sourire.
-Bien sur mon Chéri, et très grande, assura la femme en jetant un coup d'œil autour d'elle. Vraiment très grande.
Après avoir traversé la pièce en faisant attention à ne rien déranger de sa construction, Aleksandre se précipita pour aider Narcissa. Il aimait toujours pouvoir se rendre utile puisque Elena lui assurait que ça ne la dérangeait pas de tout faire seule. Aleksandre prit les couverts dans un tiroir et les disposa sur la table à chaque côté des assiettes déjà posées. Les meubles étaient pratiquement vides puisque presque toute la vaisselle était emballée dans les cartons du déménagement. Il ajouta une coupelle avec des bouts de pain coupés, un pichet de jus de citrouille et un autre d'eau fraîche et deux saucières avec deux différentes sauces succulentes que Mrs Malefoy avait préparées pour accompagner les grosses patates. Doucement pour ne pas trébucher, il s'empara du lourd saladier où une salade appétissante attendait d'être dégustée et marcha ainsi jusqu'à la table.
À peine quelques minutes après, une agréable odeur de patates chaudes et de bacons grillés titilla ses narines et il se sentit tout à coup affamé alors qu'il ne l'était pas quelques secondes auparavant. Une toute petite dizaine de minutes plus tard, Mrs Malefoy appela les deux autres adolescents qui se précipitèrent dans les escaliers avant de sauter sur leur chaise, eux aussi affamés. Narcissa leva les yeux au ciel mais eut un sourire attendri. Aleksandre prit place en bout de table et remercia timidement la femme qui le servit elle-même. Gauchement, il attrapa son couteau et entreprit de couper le bacon grillé. Avec beaucoup de mal et Narcissa s'en rendit bien compte. Avec un sourire amusé et attendri, elle prit les couverts des mains du garçon qui rougit violemment et elle coupa elle-même la viande en ignorant les regards que lui lancèrent les deux autres, légèrement choqués.
-Merci Mrs Malefoy, murmura t-il toujours rouge.
-Pour la dixième fois, appelle moi Narcissa!
-Bref… quand c'est qu'on va chercher nos affaires au Chemin de Traverse? Demanda Drago.
-Il faudra que j'en parle avec ton Père, soupira la femme. Je pense qu'on ira en même temps que Severus et Elena.
-Ouais mais si je suis au Chemin de Traverse avec Oncle Severus, les autres vont se douter que nous sommes de la même famille.
-De toute manière, je ne pense pas que tu vas changer de nom pour entrer à Poudlard. Il faudra en parler avec eux. Après tout, le Lord sait très bien que Severus avait une sœur. On improvisera, assura t'elle.
Aleksandre se demanda alors s'il allait intégrer Poudlard cette année. Dumbledore n'avait toujours pas donné les résultats des tests d'entrée pour l'école de Sorcellerie. En se réveillant en pleine nuit, il avait entendu, ou plutôt espionné, son Père, Elena et Mr Malefoy discutaient de son cas. Malheureusement pour lui, Aleksandre n'avait réussi à saisir que quelques mots qui ne l'informaient pas plus que cela: 'Retard… Dumbledore… Cours… Magie… Oncle… Retardé…'. En soit, ce n'était pas grand chose mais Aleksandre serait heureux d'y aller: il serait toujours avec son Père et le verrait souvent. Ce serait super… mais quelque chose lui disait que cette année, il ne ferait pas sa rentrée à Poudlard. Peut être que c'était un mauvais pressentiment stupide. De leur côté, Jonathan et Drago étaient impatients à l'idée de s'y retrouver tous les deux. S'ils se rejoignaient dans la même maison, c'est à dire à Serpentard, les autres élèves avaient intérêt à s'accrocher pour les supporter.
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Aleksandre dormait. Il était presque une heure du matin et c'était Père qui l'avait bordé sur les coups de neuf heures quinze bien qu'il n'avait pas voulu se coucher. Il ne l'avait pas explicitement fait remarquer -non, jamais- mais ses yeux noirs et verts s'étaient tournés vers son Père avec une petite moue boudeuse et totalement attendrissante. Si bien que l'homme avait failli céder. Cependant, avec douceur, Severus lui avait expliqué qu'il était jeune et qu'il devait dormir tôt pour passer une bonne journée le lendemain. Jonathan ne devait pas se coucher aussi tôt que lui mais ce n'était pas grave. De toute manière, il s'était endormi très rapidement en suppliant Severus de laisser la petite veilleuse accrochée au mur comme faible lumière quand il avait voulu l'éteindre.
Une tempête s'agitait à l'extérieur depuis plusieurs heures. Le vent s'était élevé avec force. La pluie commença à tomber en même temps qu'un coup de tonnerre éclatait et déchirait le silence de la nuit. Dehors, un chien hurla et geignit fortement. Il devait très certainement être dans un petit abri et était incapable de dormir avec la tempête. Les arbres penchaient du côté droit et certaines branches des platanes touchaient même le sol! Une cannette de soda abandonné roula sur la route avec la force du vent. Les lampadaires clignotèrent dangereusement puis s'éteignirent brusquement lorsqu'un éclair violet zébra le ciel. La rue de l'Impasse du Tisseur se retrouva plongée dans l'obscurité la plus totale.
Un verrou fut tiré, une chaîne enlevée et trois autres verrous s'ouvrirent en un mélange de cliquetis angoissants. La porte s'ouvrit doucement comme si la personne veillait à ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller quelqu'un mais c'était loin d'être le cas. Dans un coin de la pièce, un enfant était roulé en boule. Son corps secoué de tremblements convulsifs et ses doigts arrachaient les mèches de ses cheveux alors qu'il se retenait de gémir de peur. En entendant un pas lourd rentrer dans la Chambre miteuse, le garçon se recroquevilla encore plus dans son coin en espérant inutilement que l'homme ne le verrait pas et repartirait. Mais avant qu'il ne puisse prier, il sentit une baffe se décrocher contre son oreille droite. Sa tête tapa contre le mur derrière lui.
-Lève-toi!
-Je suis désolé. Si désolé Oncle Vernon…
L'homme grogna et attrapa l'enfant par les cheveux et le releva. Aleksandre -Harry- gémit de peur et leva machinalement ses bras pour se protéger le visage. Commençant à s'excuser sans relâche, le gamin se mit à sangloter alors que les coups pleuvaient sur son corps. L'adulte s'acharna sur lui, lui décrochant des coups de poing et des coups de pied. Aleksandre se sentit soulever de terre et ses jambes gigotèrent dans le vide puis il fut projeté au milieu de la pièce. Cela commença près de la fenêtre puis vers le matelas, vers le mur droit, contre la cage bouclée d'Hedwige, contre le mur gauche. Chaque fois que l'Oncle Vernon le jetait au sol, il le ramassait d'un bras et lui administrait un violent coup de pied qui l'envoyait une nouvelle fois valdinguer au sol.
-SALE MONSTRE!! TA FAUTE… VAIS T'TUER!
-Oncle Vernon, supplia l'enfant. Arrêtes! Arrêtes.
Le jeune enfant sentait sa peau palpiter et vibrer sous la force des coups. Ses suppliques ne semblaient pas atteindre son tortionnaire. Loin de là, celui-ci semblait même s'en réjouir. En tombant et retombant sur le plancher, le dos, les deux genoux et les mains d'Aleksandre s'étaient écorchés et saignaient abondamment. Une pulsation frénétique martelait le crâne du garçon qui hurlait, pleurait et suppliait à l'homme de cesser de le frapper, qu'il ne le ferait plus jamais. Mais au fond, il ne savait même pas ce qu'il ne ferait plus! Quoi au juste? Qu'avait-il fait? Des nausées agitèrent son corps mais il ravala son vomi qu'il sentit arriver dangereusement. Non, Oncle Vernon détestait vraiment lorsqu'il vomissait et il ne voulait pas le mettre encore plus en colère qu'il ne l'était déjà!
Si tous ses coups avaient été terribles à endurer et l'avaient couvert de sang, le garçon se sentit alors plonger dans une panique bien pire lorsque Oncle Vernon le jeta avec violence sur le matelas. Il tenta de ramper sur le sol pour s'enfuir mais un coup de pied dans la poitrine le ramena sur le matelas. Ah, ça faisait vraiment mal à la poitrine. Son cœur semblait vouloir remonter jusque dans sa gorge. L'enfant posa une main douloureuse sur sa poitrine crachant du sang. L'atmosphère de la Chambre respirait et puait terriblement la peur, la souffrance et le sang. Avec horreur, il vit l'homme descendre son pantalon et l'écraser de tout son poids en le déshabillant…
-NOON!!
D'un geste brusque, Aleksandre se redressa, tremblant et en sueur dans son lit. Il s'était levé tellement vite que sa tête tournait et sa vue se troubla quelques secondes mais il scanna la pièce de ses yeux pour trouver un endroit où se cacher. Alors, Aleksandre se précipita rapidement dans la grande armoire lorsqu'il vit la porte entrouverte. Délicatement et en faisant le plus silencieusement possible, il referma la porte derrière lui et resta tremblant au milieu de ses vêtements sur le sol dur du meuble. Ses genoux se collèrent contre sa poitrine qui le faisait étrangement souffrir et il enfouit sa tête dans ses bras. Pour étouffer ses sanglots, non, personne ne devait l'entendre sinon cela signifierait qu'il aurait réveillé quelqu'un, il se mordit violemment la main en ignorant le sang qui coula dans sa bouche. Un hurlement terrifié failli s'échapper de ses lèvres lorsqu'il entendit la porte de la Chambre s'ouvrir -comme dans son rêve- mais il le retint de justesse, haletant.
Severus ouvrit la porte de la Chambre de son fils précipitamment et resta figé sur le seuil. Elle était… vide. Il cligna des yeux plusieurs fois pour s'assurer que ce n'était pas ses yeux encore légèrement fermés de sommeil qui lui jouaient en tour. Elena et Jonathan qui avaient été eux aussi réveillés par l'horrible hurlement d'Aleksandre se dressèrent sur la pointe de leurs pieds pour tenter d'apercevoir ce qui bloquait Severus dans son avancée. Ce fut en entendant entre deux coups de tonnerre des sanglots dans l'armoire que l'homme comprit avec stupéfaction qu'Aleksandre semblait s'y être réfugié. Elena serra les dents, furieuse envers ces Moldus en remarquant l'endroit où s'était caché l'enfant. Elle échangea un regard avec Severus, entraîna Jonathan et referma la porte derrière elle.
-Aleksandre?
Dans sa cachette, l'enfant se crispa et se recroquevilla un peu plus sur lui-même. Merde, on l'avait entendu. À tâtons, il toucha le plancher de l'armoire avec sa main valide pour trouver une place où il serait le mieux caché. Cependant, son armoire n'était pas encore assez remplie pour lui permettre de se cacher comme il le souhaitait. Vaincu, Aleksandre resta immobile et attendit en tentant de faire le moins de bruit possible bien qu'il se doutait que son Père l'avait entendu. Le sang s'écoulait de sa blessure à sa main et il l'essuya sur son pyjama bleu en grimaçant sous la douleur sourde que le geste provoqua.
Lorsque les pas firent grincer le parquet d'une manière terrible, Aleksandre se retint de gémir et garda les yeux fermés. Il se plaqua sa main non blessée contre son oreille gauche et posa sa tête sur le côté droit contre l'armoire afin de recouvrir cette oreille. Pourtant, il entendit parfaitement les pas se rapprocher de plus en plus de lui. Automatiquement, il leva les bras en direction de son visage quand il entendit les doubles portes s'ouvrir. S'attendant à recevoir un coup, Aleksandre se mordit la lèvre, attendit mais ne reçut rien. Étonné, il abaissa légèrement un de ses bras, laissa échapper un halètement étonné mais n'osa pas ouvrir ses yeux.
-Aleksandre, c'est papa, chuchota une voix à sa droite.
-D…Désolé Mon…sieur. Je suis dés…olé.
-Je ne vois pas pourquoi tu t'excuses, murmura Severus toujours aussi bas. Tu n'as rien fait de mal. Regarde-moi, je t'en prie.
Severus sentit son cœur se serrer en voyant le corps de l'enfant se tendre encore plus si c'était possible. Aleksandre tourna la tête vers lui mais garda les yeux à demi-clos. Il les ouvrit à moitié avant de les refermer, précipitamment. Bien qu'il sentait l'irrésistible envie de tendre les bras, attraper le garçon et le serrer contre lui jusqu'à presque l'étouffer, Severus se retint sachant à quel point ça l'effraierait. Ce n'était pas encore le moment. Agenouillé devant l'armoire, le Maître des Potions soupira faiblement et ferma les yeux quelques secondes. Oh, c'était vraiment terrible de voir un enfant comme cela. Aleksandre ramena sa main droite contre son torse et ce fut seulement à ce moment là que Severus remarqua qu'il était blessé. Ses yeux s'écarquillèrent mais il se retint de toucher le corps du gamin.
-Aleksandre, tout va bien. Tu as fait un cauchemar mais tu es en sécurité ici.
-Désolé Monsieur, ne me blessez pas. Désolé Monsieur, répondit Aleksandre comme une sorte de litanie. Je ne… Je n'le f'rais plus…
-Tu n'as rien fait de mal. Ce n'était qu'un cauchemar. C'est fini, maintenant…
À travers sa frange, Aleksandre lui jeta un rapide coup d'œil avant de baisser à nouveau la tête. Des dizaines de questions fusaient dans sa tête et malheureusement il ne trouvait aucune réponse susceptible de l'aider à se détendre. Est-ce que Severus lui mentait? Est-ce qu'il se moquait de lui? Est-ce que son Père lui disait cela pour mieux le frapper plus tard? Oh Merlin, Aleksandre ne savait plus. Il était perdu et la seule chose qu'il voulait c'était se réfugier dans les bras de son Père et y rester le plus longtemps possible. Mais le jeune adolescent n'osait pas. Non, et s'il était en colère? Quoique, Severus ne prendrait pas le temps de le rassurer s'il était vraiment en colère. Apparemment, l'enfant avait compris que son Père n'avait pas l'intention de le frapper. Loin de là.
D'une voix qu'il régularisa basse et douce, Severus répéta des dizaines de fois qu'il n'avait rien fait de mal, qu'il était en sécurité et qu'il ne devait pas le craindre. Non, il ne le frapperait jamais. Non, il ne devait pas avoir peur de lui. Non, il ne reverrait jamais son Oncle qui n'était qu'un homme horrible. Non, ce n'était pas de sa faute. Alors quand Aleksandre commença à l'écouter un petit peu, Severus tendit une main tremblante vers le garçon qui sursauta, se crispa et lui jeta un bref regard. Aleksandre la fixa de longues minutes qui firent suffoquer l'adulte puis, lentement, il glissa ses doigts dans ceux de son Père. Soulagé, Severus relâcha son souffle et serra les petits doigts, si petit, de son fils dans les siens. Toujours avec calme, il tira Aleksandre hors de sa cachette. Severus bascula en arrière lorsque le corps du garçon heurta sa poitrine. Oh Merlin, Aleksandre venait de se jeter de lui-même dans ses bras. Des sanglots presque hystériques agitèrent son corps mais son Père le berça doucement jusqu'à ce qu'il retrouve son calme. Ils restèrent de longues minutes ainsi.
Finalement, Severus se releva en gardant Aleksandre contre lui. L'enfant s'accrocha à lui et trembla un peu plus lorsqu'un coup de tonnerre beaucoup plus bruyant que les autres retentit suivi d'un éclair fendant le ciel. Maintenant que tout était plus calme, il fallait soigner Aleksandre. Descendant à la Cuisine, Severus remarqua avec soulagement que sa sœur et son neveu s'étaient recouchés. Il se doutait bien qu'Aleksandre n'était pas en état de voir qui que ce soit d'autre que lui. Doucement, il déposa Aleksandre sur une chaise et celui-ci y resta sans faire le moindre geste. Ses yeux étaient rouges et gonflés d'avoir tant pleuré. La chaire de sa lèvre inférieure était devenue rouge sang à force que le gamin ne la mordille nerveusement.
-Aleksandre, laisse-moi voir ta main, demanda Severus d'une voix calme.
-Je vais bien Monsieur. C'était un accident. J'n'ai rien.
-Il faut la soigner. Ce n'est pas grave, je vais le faire. Laisse-moi la regarder.
À contrecœur, Aleksandre lui tendit sa main droite qu'il avait gardée recroquevillée contre sa poitrine. Par Salazar… il ne s'était pas mordu faiblement. Les marques des dents étaient inscrites dans la peau rouge et du sang s'écoulait toujours un peu de la blessure. Gardant un air parfaitement calme et rassurant, Severus bouillonna à l'intérieur. C'était horrible de voir son enfant s'infliger des blessures lui-même par peur. Il était évident, maintenant qu'Aleksandre avait compris qu'il était en sécurité près de Severus, que l'apaisement trouvé après avoir quitté son Oncle laissait place aux traumatismes infligés par celui-ci. Comme si ce porc de Dursley ne l'avait pas assez détruit en le faisant revenir à l'âge d'un jeune enfant.
Les petits yeux d'Aleksandre suivaient tous les mouvements qu'effectuait son Père. Celui-ci ouvrit un placard en murmurant une petite formule, attrapa une bande dans un sachet, un petit flacon, une fiole et referma le meuble toujours avec la même incantation qui semblait très difficile à prononcer. Aleksandre le regarda déballer la bande et jeter l'emballage dans la poubelle qui était près de la porte menant au jardin. C'était un lieu dans lequel Aleks n'avait jamais pu aller à cause du temps pluvieux. Puis Severus se tourna vers lui et lava sa main avec une serviette humide. Aleksandre grimaça de douleur mais n'émit aucun son, pas même un petit gémissement. À présent, il hésitait d'appeler son Père de nouveau par 'Papa'. Peut-être était il fâché? Déçu? Oh, il ne savait pas quoi penser puisque pour le moment son Père semblait plus soucieux parce que des plis s'étaient formés sur son front.
-Ça va un peu piquer mais ça te soulagera après, rassura l'homme en étalant une pommade sur ses doigts.
-D'solé M'sieur, murmura une nouvelle fois l'enfant avec un automatisme déconcertant.
Et en effet, Aleksandre se mordit la lèvre pour ne pas gémir. C'était bien plus douloureux que lorsque son Père nettoyait la plaie avec la serviette. Au moins, la douleur qu'il avait éprouvée dans la poitrine, s'était affaiblie, alors il garda le silence sur cela. D'un doigt distrait, Severus étala la pommade qu'il avait réalisée auparavant et de son autre main, il enleva la peau que l'enfant malmenait avec ses petites dents pointues. Il fit un sourire à son fils qui tenta de lui rendre sans succès. Puis le picotement se transforma en un fourmillement avant qu'il ne ressente plus rien. Ébahi par le changement de sensations, l'enfant jeta un regard émerveillé à son Père et le regarda enrouler la bande autour de sa main. Une fois que cela fut fait, Severus sourit à son fils et nettoya, d'un coup de baguette magique, le sang qui s'avait imprégné leurs pyjamas. Le reprenant dans ses bras, l'homme remonta au Premier Étage et coucha le garçon dans son lit.
-Tiens bois cette potion. Elle t'aidera à dormir jusqu'à demain matin mon Cœur, murmura Severus en balayant quelques cheveux de devant les yeux de son fils. Ne t'en fais pas, je suis juste à côté de toi. Je suis là et il n'y a personne d'autre.
-Merci… Bonne nuit, Papa, chuchota Aleksandre en avalant la substance et en tombant endormi sur son oreiller.
-Dors bien, fils.
Voila, le nouveau chapitre comme prévu! Aleksandre commence à avoir des cauchemars... Le pauvre! En tout cas, je vous remercie vraiment pour toutes vos reviews, sa fait vraiment chaud au coeur et ça m'encourage! Et je suis vraiment impressionnée d'avoir 130 REVIEWS pour 6CHAPITRES! Pour moi, c'est énorme! loOl. A mercredi prochain :p
PUB: J'ai une autre fic 'Une nouvelle vie pour Harry James Black Potter' qui a déjà 54 chapitres ^^ Harry est pris en charge par Sirius et Remus très jeune après des dégâts avec les Dursley! C'est ma première fic que j'adore lool! Donc, allez jeté un coup d'oeil si vous le souhaitez. Pour le moment, il va entrer en 2eme Année, donc iil y'a eut beaucoup d'actions ^^
Info: Chapitre remis en ligne corrigé par ma beta -mounette-79- le 06/05/09
