- Nick, Nick !, cria à plein poumons Judy dans son sommeil avant de se redresser sur son lit, pleine de sueur, son cœur cognait assez fortement sa poitrine qui portait le stigmate de l'intervention chirurgicale miraculeuse. Elle regardait tout autour d'elle, elle reconnut sa chambre illuminée par les rayons de l'aube.
- C'était un cauchemar…juste un cauchemar, mais cela avait l'air tellement réel, plus de café le soir, plus jamais, pensa-t-elle à voix haute, avant de sortir de son lit en pyjama. Elle jeta un coup d'œil à son réveil.
- 6h30, je suis dans les temps pour commencer tranquillement une nouvelle journée à faire respecter la loi dans cette ville, s'écria-t-elle dans sa chambre avant de bondir de son lit.
Elle prit une bonne douche revigorante froide avant de se laver les dents, le temps était magnifique, une belle journée d'été se profilait à l'horizon. Elle fila vers la cuisine pour se préparer un bon petit-déjeuner composé de céréales aux myrtilles et d'un bon verre de jus d'orange qui lui donnerait l'énergie nécessaire pour accomplir son travail avec vigueur. Elle profitait tranquillement de son délicieux repas tout en regardant la télévision qui diffusait le journal du matin, qui n'annonçait aucun nouvel accident, même la criminalité en général subissait une baisse miraculeuse et bienfaitrice pour Zootopie.
- Cela prédit une journée assez calme, je vais devoir la passer dans un bureau sombre à remplir des tonnes de paperasse, bredouillait-elle tout en faisant la vaisselle après avoir poussé un long soupir d'ennuis en pensant aux longues heures de travail qu'elle allait effectuer, enfermée dans son bureau.
Pendant qu'elle terminait de s'équiper pour le travail, la tranquillité du lieu fut troublée par la voix sereine et tendre de son coéquipier qui attendait de l'autre côté de la porte de son appartement :
- Bonjour Carotte, je suis venu te chercher avec ma voiture, le chef nous demande de toute urgence, le buffle à une enquête intéressante à propos d'une disparition d'animaux.
- J'arrive Nick, je finis de m'habiller et je te rejoins dans une minute, lui répondit-elle prestement, tout en ajustant sa casquette de policier sur sa tête.
La voix de son partenaire se fit de nouveau entendre, mais le ton employé était plus lugubre, à l'opposé de sa nature insoucieuse :
- Dépêche-toi Carotte, il ne faudrait pas gâcher cette seconde chance, la folie arrive à nos portes sous peu…la fin de notre ère est proche…très proche.
Judy fut interloquée par le discours de son ami, elle ne comprenait pas le sens de ses mots, elle cherchait des réponses, intriguée :
- Tu racontes quoi Nick ?, tu es un peu bizarre ce matin.
Mais aucune réponse, le silence régnait, elle courut vers la porte et l'ouvrit d'un coup pour se retrouver dans la rue complètement désertée de toute présence animale.
L'atmosphère avait changé d'un seul coup, le bruit de la ville qu'elle entendait habituellement chaque matin avait laissé place à un mutisme ambiant. La ville entière était recouverte d'un brouillard sombre qui ne laissait filtrer qu'une légère lumière jaunâtre, il se mouvait singulièrement comme s'il était doué de sa propre volonté.
- Que se passe-t-il ici ?, où sont-ils tous passés, Nick où es-tu ?, s'égosillait-elle tout en marchant à travers cette brume malsaine, mais la seule réponse qu'elle eut fut l'écho de sa propre voix.
Elle ressentit la peur s'installer en elle, elle tremblotait, elle était seule dans cette ville vidée de toute présence, noyée dans un voile de ténèbres grandissant.
Elle se mit à courir désespérément dans la rue, à la recherche d'un quelconque signe de vie, mais rien, aucune voiture n'était garée, les portes des immeubles étaient toutes fermées à clé, et aucune lumière n'émanait d'une quelconque fenêtre. Mais malgré cette absence étrange de toute vie, elle se sentit observée au loin par quelque chose de dissimulé dans ce brouillard maléfique, une présence silencieuse et sanguinaire qui lui inspirait une peur des plus intenses réveillant ses instincts de survie les plus primaires. Elle examinait les alentours à la recherche de ses yeux effrayants qui la dévoraient de leur malice, mais le voile diminuait grandement son champ de vision. Elle se remit à courir dans la rue pour essayer d'échapper à cette créature inconnue qui dégageait une aura hostile envers la lapine.
Après quelques minutes d'égarement dans une ville fantomatique, elle aperçut devant elle, une forme se détachant du brouillard, en s'approchant un peu elle reconnut son ami qui se tenait dos à elle.
- Nick que fais-tu ici au beau milieu de la rue ?, que se passe-t-il ?, il n'y a plus personne et je sens quelque chose d'effrayant dissimulé dans ce maudit brouillard épais, elle le sollicitait avec insistance tout en continuant de marcher en direction de Nick qui restait complètement immobile.
Elle était maintenant juste à côté de lui, elle le contourna pour lui faire face, c'était bien lui, mais il était inerte et figé comme une statue, ses yeux fixaient intensément le brouillard sans ciller, son souffle était lent et faible.
- Que t'arrive-t-il Nick ?, demanda-t-elle avec une voix transpirant son angoisse engendrée par cette situation cauchemardesque tout en lui prenant la patte qui pendait mollement, elle était froide, comme si la vie l'avait abandonnée.
Soudain une douleur cinglante l'attaqua à l'abdomen, elle laissa échapper un cri de douleur avant de tomber genoux à terre, en ayant lâché la main de son ami. Elle regarda ses habits se teindre en rouge vif, une mare de sang commençait à se former autour d'elle. Elle souleva ses vêtements et vit avec horreur la cicatrice ouverte en une plaie béante qui déversait son sang, elle commençait à faiblir, l'épuisement la gagnait petit à petit. Dans sa douleur, elle entendit Nick prononcer calmement avec une voix dénudée de tout sentiment :
- Le temps est écoulé Carotte, la fin est proche, Zootopie a sombré, regarde la vérité se dessiner juste devant nous.
Le renard désigna avec sa griffe rougeâtre, la direction que ses yeux fixaient encore, le brouillard se dissipa sous son geste, le rideau se leva sur une scène sinistre, Judy voulait pousser un cri de terreur, mais sa blessure lui avait enlevé ses forces.
Devant Judy s'étendait la rue, elle était occupée par un immense charnier composé des habitants de la ville, mutilés avec bestialité, ces amoncèlements de victimes innocentes étaient entourés d'une gigantesque mare de sang sombre parmi les corps inertes, il y avait ceux de ses amis, de sa famille. Son esprit ne pouvait supporter ce spectacle macabre qui s'offrait à ses yeux, elle voulut les fermer, mais n'y arrivait pas du tout, Nick restait immobile avec le bras toujours pointé en direction de l'horreur.
Dans ce paysage rouge complétement immobile, elle vit avec effroi des ombres noires se faufiler aisément parmi les amoncellements de cadavres et dont l'aura malsaine qui s'en dégageait lui inspirait la même crainte que la présence qui l'avait épiée dans la brume juste avant. Ces démons monstrueux habités d'une bestialité hors du commun, se battaient entre eux pour réquisitionner une proie, ou cherchaient avec une grande attention, le moindre signe de vie qui se dégagerait parmi leurs victimes. Ces monstres étaient tous enveloppés d'un voile noir intangible dont seuls leurs yeux féroces dénués de toute logique, se détachaient de leur allure infâme.
- C'est terminé Carotte, cette fois-ci personne ne sera là pour te secourir, exprima passivement Nick tout en se retournant vers elle.
Elle vit Nick changé complètement de comportement, son poil s'hérissait, il grogna tout en déchirant ses vêtements à l'aide de ses griffes imprégnées de sang. Il se mit à quatre pattes, et s'approchait de Judy qui essayait de ramper pour s'éloigner de cette menace, elle remarqua que le pelage du renard virait au noir, un manteau sombre le recouvrait lui donnant la même allure que les monstres qui dansaient sur les cadavres, seuls ses yeux verts subsistaient. La folie bestiale avait gagné, elle n'eut pas le temps de réagir, que l'ombre qui fut son ami, l'empoigna férocement par sa frêle gorge avec ses crocs qui se refermèrent d'un coup sec sur le corps du faible lapin.
- Non, Nick Nooon !, furent ses dernières paroles avant qu'elle ne devint à son tour un cadavre parmi ce charnier.
Dans un autre lieu, plus proche de la réalité :
- Noooon … Cria-t-elle tout en sursautant, elle toucha son corps à la recherche de blessures, mais il n'y avait que la cicatrice au ventre.
Elle reprit son calme avant de souffler :
- Ce n'était qu'un cauchemar, je suis toujours vivante, même la chute dans la rivière devait en être un, je suis de retour dans mon lit, puis elle regarda autour d'elle, la pièce où elle se trouvait n'était pas sa chambre, la lumière lunaire illuminait une partie du lieu, elle ne reconnut pas son appartement.
- Où suis-je ? ce n'est pas ma chambre, ni mon lit, déduisait-elle tout en se levant du matelas pour regarder l'extérieur de ces lieux par la fenêtre d'où s'échappait la seule lumière qui atténuait un peu les ténèbres étouffantes de ces lieux.
Elle s'approcha de l'ouverture tout en évitant les divers objets qui traînaient sur le sol, pour admirer un paysage complétement différent de ce qu'elle attendait, devant elle la lune éclairait une jungle silencieuse qui ne présentait aucune lumière civilisée, les seules lumières qu'elle aperçut dans les arbres étaient émises par des nuages de lucioles. Elle se pencha prudemment par l'ouverture et remarqua qu'elle était dans un immeuble en piteux état, à une hauteur assez vertigineuse.
Judy recula et retourna vers le lit, pour réfléchir à la situation dans laquelle elle se trouvait, son intense réflexion fut troublée par un ronflement suivit d'un grognement plaintif produit par un animal qui dormait non loin d'elle. Elle reconnut assez rapidement ce bruit qu'elle avait maintes fois entendu dans les bureaux du commissariat, et qui ne pouvait être produit que par son cher coéquipier. Elle s'approcha de lui tout en le tâtonnant, elle sentit une bosse sur sa tête, cette constatation lui rappela l'accident de la rivière dans lequel Nick s'était assommé sur un rocher :
- Donc ma chute dans la rivière est bien réelle, je dois le réveiller, souffla-t-elle avec une certaine crainte inscrite sur son minois, avant de se tourner vers son partenaire endormi en esquissant un petit sourire narquois.
La lapine donna doucement quelques coups de pieds dans les côtes du pauvre animal qui ne voulait pas quitter les doux bras de Morphée.
- Nick tu te réveilles bon sang ! cria-t-elle dans ses oreilles pointues, tout en continuant d'essayer de le réveiller avec la même vigueur.
- Je suis déjà de retour parmi les vivants Carotte, tu peux arrêter tes coups avant de me briser un os, émit le renard sur un ton légèrement agacé, avant de se redresser de son couchage de fortune tout en baillant.
Nick se mit à chercher désespérément son téléphone portable dans ses poches, mais il ne l'avait pas sur lui, d'ailleurs les vêtements qu'il portait n'étaient pas les siens, quelqu'un l'avait changé durant son sommeil, il examina ses nouveaux habits à l'aide de la clarté lunaire, il était vêtu d'une salopette de chantier qui cachait son corps recouvert en partie de bandages, il pensa que la coupable de cette action se tenait devant lui, il lui sifflota avec un grand sourire complice :
- Je sais que l'on a passé un bon moment dans l'eau froide de la rivière, mais tu n'étais pas obligée de retirer mes vêtements, pour les remplacer par ces guenilles.
- Je n'ai rien fait Nick, je n'aurais jamais fait cela même pour tout l'or du monde, se justifia-t-elle tout en s'examinant à son tour devant la faible lumière froide provenant du ciel.
Judy vit que ses habits ont aussi été remplacés par des vêtements inadaptés, et sa cicatrice était à nouveau recouverte de bandages neufs. Elle commença à rougir de honte, un inconnu l'avait déshabillée pendant son sommeil, elle dissimula son visage avec ses oreilles pour cacher son état à son ami. Elle se calma en étudiant la situation, quelqu'un avait bien retiré ses vêtements mouillés pour les remplacer par d'autres qui était secs, il a dû faire cela pour éviter qu'elle attrape un rhume.
Nick brisa son intense réflexion :
- Ca va Carotte ?, je dois te remercier de m'avoir sorti de cette eau glaciale, mais tu nous as emmenés où ?, je ne reconnais pas du tout cet endroit, demanda-t-il tout en regardant autour de lui d'un air dubitatif.
- Nick, je me suis aussi évanouie dans la rivière en tentant de te sauver, je ne sais pas où on est exactement en ce moment, encore moins qui nous a sauvé la vie en nous repêchant, lui expliqua-t-elle tout en montrant avec sa patte, le paysage extérieur.
Nick regarda par la fenêtre une vue assez insolite pour lui, car pour un citadin habitué aux immenses immeubles lumineux bordés par des rues dont la circulation ne faiblit pas pendant toute la journée, voir ce spectacle sauvage et silencieux autour de lui l'incommoda.
- Comme tu viens de voir, nous sommes au beau milieu de la partie sauvage de la jungle de Zootopie, dans un immeuble dont la construction a été abandonnée en cours d'après l'état général, commentait-elle tout en essayant de distinguer la disposition de la chambre.
- Je vois ça Carotte, qui peut bien habiter dans un endroit aussi reculé ?, sûrement un ermite complètement fou, rigola-t-il tout en se retournant vers la sombre pièce.
- Fouillons cette pièce, il y a sûrement des indices à propos de l'identité de notre sauveur, ordonna-t-elle à Nick qui s'exécuta sur le champ.
Judy examina les étagères accrochées sur les murs, elle sentit avec ses pattes des livres, ainsi que des bocaux en verre qui contenaient des herbes en se conformant à l'odeur qui en émanait. Nick de son côté inspecta un meuble bas juxtaposé à un immense lit dont le matelas déformé portait les marques de son imposant occupant. Il ouvrit le tiroir de cette commode, il contenait des papiers et beaucoup de poussière, il éternua un coup, ce qui fit rire un peu Judy qui était toujours occupée dans son coin, il lui adressa un regard narquois avant de retourner devant le meuble. Il vit soudain une lumière rouge clignoter sur le meuble, il prit l'objet d'où cette lumière émanait, il reconnut une radio utilisée par la police de Zootopie, il se demandait comment cet objet avait pu atterrir dans ce lieu isolé.
Nick interpela sa partenaire qui inspectait encore les étagères :
- Regarde Judy ce que j'ai trouvé sur le meuble, c'est une radio de notre département, j'en suis sûre.
Judy prit la radio tout en réfléchissant aux raisons pour lesquelles cet élément se trouvait dans ce lieu, après avoir cogité seule pendant quelques minutes devant Nick qui la regardait avec un petit sourire, en réunissant cette pièce avec le reste du puzzle de son enquête, une seule réponse avait du sens.
- Nick, il n'y a qu'une possibilité, nous nous trouvons dans la tanière de la personne que nous recherchons depuis des semaines, tu te rends compte, on l'a trouvée ! s'exclama la lapine de vive voix tout en, s'approchant de son coéquipier avec un air enjoué
- Donc c'est lui qui nous a sortis de la rivière, conclut Nick qui rangeait un peu le bazar qu'il avait engendré en fouillant la commode.
- Tu as vu la taille du lit, et la hauteur des meubles ?, il doit être aussi grand qu'un buffle, je me demande comment il a réussi à se faufiler dans l'hôpital sans que personne ne le remarque, commenta Judy plongée dans une profonde excitation mêlée à sa grande curiosité.
- Tu lui demanderas quand on le verra, je suis sûr qu'il est aussi jovial que Bogo, ricana Nick avec un certain air moqueur avant de chercher une sortie.
Judy s'installa sur le bord du lit tout en imaginant comment elle allait aborder l'animal qui lui a sauvé la vie miraculeusement, elle n'arrivait pas à trouver comment elle devrait se comporter en sa présence.
Nick recherchait toujours un moyen de quitter cet endroit, mais la pièce était tellement sombre, qu'il n'arrivait pas à distinguer la moindre porte, il posa un regard en direction de Judy qui était toujours sur le lit, les yeux fermés tout en tapant frénétiquement le sol avec son pied. Il poussa un soupir tout en inspectant les murs à la recherche d'une ouverture, une odeur troubla son odorat, il reconnut le fumet d'un feu de bois, mélangé à des émanations écœurantes de tabac. En suivant le fumet, à tâtons il trouva enfin une porte.
- Carotte, viens voir, j'ai trouvé le moyen de quitter cet endroit, cria-t-il, ce qui fit perdre à Judy sa concentration, elle se leva tout en maugréant tout bas avant de se diriger vers lui.
Les deux compères passèrent par l'ouverture de la porte pour arriver dans un couloir sombre, dont une partie était cachée par les ténèbres de la nuit. Seule une légère lumière émanait de la porte massive située juste en face d'eux, du bruit se fit entendre.
- Viens Nick, allons voir la source de ce bruit, intima-t-elle à Nick qui préférait rester derrière elle pour éviter le danger de l'inconnu.
- J'arrive Carotte, mais passe devant au cas où, lui souffla-t-il avec une légère panique tout en se cachant derrière la petite silhouette de la lapine.
Elle secoua la tête avant de tirer de toutes ses forces la lourde porte qui s'entrebâillait de plus en plus, son effort était accompagné d'un son désagréable produit par les charnières légèrement rouillées. Lorsque l'ouverture fut assez grande, elle s'engouffra tout en empoignant par la veste Nick qui était resté immobile pendant qu'elle se démenait.
Ils arrivèrent dans une large pièce illuminée par un lustre qui pendait au plafond, les murs étaient recouverts d'une immense bibliothèque remplie de livres de toutes sortes, au milieu de cette pièce se trouvait une grande table en chêne verni, où était installé un véritable festin composé de victuailles provenant de la ville, des légumes à la vapeur, des lasagnes aux poissons, une grande salade composée et d'innombrables autres plats qui avaient l'air aussi délicieux les uns que les autres. A la vue de cette nourriture encore fumante, le ventre de Judy grognait tout comme celui de son partenaire, ils n'avaient pas mangé depuis leur arrivée dans la jungle.
Ils avancèrent en direction de la table quand une voix les fit se stopper :
- Alors enfin réveillés ?, je ne pouvais plus vous attendre pour commencer à manger.
Ils reconnurent la voix forte du chef Bogo qui était assis dans un fauteuil, tout en faisant face à une cheminée qui crachait de légères cendres enflammées qui s'amenuisaient dans les airs.
Le buffle se leva de son confortable fauteuil, et se retourna en direction d'eux, ils furent surpris de le voir avec une chemise et un jeans, ils avaient l'habitude de le voir en uniforme de police.
- Vous avez eu de la chance que mon ami vous ait récupérés dans la rivière, sans lui vous seriez tombés dans une immense cascade sans aucun espoir de retour, s'exclama-t-il tout en reposant dans la bibliothèque le livre qu'il lisait avant leur arrivée.
- Donc on est bien dans sa demeure ?, demanda Judy d'un air impatient avant de s'approcher du buffle qui s'était levé de son confortable fauteuil.
- Oui, vous êtes bien chez lui, nous devions organiser une rencontre ensemble demain, mais je vois que vous êtes arrivés vraiment en avance !, s'exclama-t-il d'un ton réjoui de voir ses lieutenants sans la moindre blessure, mais il savait que Graydz s'était bien occupé d'eux avant qu'il le contacte via sa radio.
Judy était contente d'avoir enfin touché au but, mais les paroles du chef l'intriguèrent :
- Pourquoi vouliez-vous organiser un rendez-vous ?, vous ne deviez pas garder son existence secrète ?
- Car je voyais que votre curiosité vous emmenait un peu trop près de la vérité, surtout à cause du service que je lui avais demandé et aussi à propos de mon offre qu'il a enfin acceptée, déclara-t-il tout en toisant Judy, qui se posait une multitude de questions.
- Quel était ce service ? lui demanda-t-elle sur un ton troublé avant que son esprit fasse le rapprochement avec un événement dont elle était le centre d'attention.
- Votre intervention miraculeuse bien-sûr, il a aussi empêché le lieutenant Wilde de vous donner le coup de grâce, raconta le chef Bogo tout en toisant de son regard un peu sévère, les deux rescapés.
Elle venait d'apprendre que cette personne ne l'avait pas sauvée une, mais deux fois en tout, elle se demandait si ce n'était pas son ange gardien.
Une interrogation subsistait, elle en fit part au chef :
- Et quelle est cette offre qu'il a acceptée ?
- Je vais vous en parler, mais d'abord allons-nous mettre à table, notre hôte ne devrait pas tarder d'arriver, il est allé chercher une bouteille de vin, dit-il tout en s'installant sur une chaise bordant la table.
Judy et Nick s'assirent en face de lui, pour discuter plus en détail de cette offre et pouvoir enfin se restaurer après avoir entendus à maintes reprises, leur estomac respectif les supplier en gargouillant, de les nourrir au plus vite.
