Note de l'auteur : je compte finir mes histoires en cours, mais une à la fois et je commence par celle-ci.

Chapitre 7 :

Yoko regardait le plafond de sa chambre, elle ne parvenait pas à dormir et pour cause, Yumi endormie s'était drapée sur son corps et une de ses mains était agrippée à un de ses seins. Les sensations étaient…délicieuses, si seulement Yumi pouvait avoir fait ce geste consciemment. Hélas, elle dormait profondément resserrant sa main de temps à autre suivant les péripéties de son rêve. Ce n'était pas comme ça que Yoko allait être en forme demain.

Yoko soupira, il était si dur d'être proche de la personne qu'on aime lorsque celle-ci ne vous voit pas de la même manière. Bon allez ! Il fallait qu'elle ferme les yeux et qu'elle pense à autre chose, mais à quoi ? Peu importe le nombre de fois où elle essayait de diriger ses pensées vers une autre source d'inspiration, son imagination la conduisait toujours vers Yumi et l'endroit où sa main reposait. Quel genre de torture était-ce là ?

La nuit passa en un éclair et Yoko ne parvint pas à fermer l'œil de la nuit ! Ce fut deux yeux cernés qui accueillirent le réveil de Yumi. « Bonjour Yumi ! Tu as bien dormis ? » Questionna-t-elle avec un sourire. Yumi la regarda d'une façon perplexe et l'interrogea avec un air tout aussi étonné « Serait-ce possible que vous soyez malade ? » Yoko sourit de la voir si inquiète sur son état de santé et s'enquit de vite la rassurer « Non ! Tout va bien ! »

Elle mentait, mais Yumi n'avait pas vraiment besoin de connaître la stricte vérité. Quoi qu'il en soit, un nouveau jour d'école commençait. Après un petit déjeuné léger, elles partirent vers le lycée Lilian. Yoko avait tenu à accompagner chaque jour Yumi à l'école. Ce n'était pas par manque de confiance, mais juste parce que comme ça, elle la voyait un petit peu plus longtemps et cela l'encourageait pour sa journée à la faculté.

Le manque de sommeil était vraiment mauvais pour elle, car à cause de cela, ça affectait les barrières qu'elle s'était mise pour ne pas sauter sur Yumi. Ce que ça pouvait-être pénible de résister à l'embrasser lorsque ces lèvres rosées et si appétissante semblaient la narguer et dire que Yoko lui avait volé un baisé l'autre jour dans le métro. Autant de distractions la firent enfreindre quelques règles routières, elle manque plusieurs fois de cogner sa voiture dans une autre. Un crissement de pneus marqua l'arrêt de la voiture devant le lycée et Yoko jeta un œil à Yumi assise à côté d'elle. La pauvre Yumi paraissait paniquée et avait agrippé avec force sa ceinture de sécurité.

« Excuse-moi Yumi pour ma conduite un peu brusque ! » Dit-elle un peu gênée. Yumi sembla se ressaisir et un petit sourire rassurant vint se peindre sur son visage avant qu'elle ne réponde « ce n'est pas pire que la conduite de Sei-sama ! » Cette vérité les firent toutes les deux éclater de rire et avant que Yoko ne cesse de rire, deux petites lèvres humides vinrent s'abattre sur sa joue ce qui la plongea dans une surprise générale. Au moment où elle réalisa que ces lèvres qui venait de toucher sa joue appartenaient à Yumi, celle-ci était déjà dehors et s'éloignait de la voiture entourée par d'autres étudiantes.

Yoko eut l'impression qu'elle avait de la fièvre tant elle avait chaud, elle posa sa main sur son cœur, celui-ci semblait battre à un rythme élevé. * Yumi…regarde ce que tu as fait de moi !* Pensa-t-elle. La réalité la rattrapa lorsque son portable se mit à vibrer dans sa poche de pantalon. Elle décrocha en se demandant qui pouvait bien appeler à cette heure-ci.

C'était une voix qu'elle connaissait bien, mais cette voix qui d'habitude avait toujours l'air si forte était assaillie par de gros sanglots « Onee-sama ! Au secours aidez-moi je t'en supplie ! » Criait-elle au téléphone. Yoko se sentit très mal à l'aise « Que se passe-t-il Sachiko ? Ou es-tu ? » Demanda-t-elle avec inquiétude. « Onee-sama ! Pitié vient me chercher au secours ! » Cria Sachiko à l'autre bout du fil. « Tu es chez toi ? Sachiko ? J'arrive ! » Déclara-t-elle avant de partir en trombe jusqu'à la demeure familiale de Sachiko.

Lorsqu'elle arriva, la mère de Sachiko l'attendait avec un visage grave. « Ou-est-elle ? » Demanda Yoko angoissée. Elle fut emmenée dans la chambre de sa petite sœur, celle-ci était dans une position fœtale et tremblante dans un coin de la grande pièce. Yoko la prit dans ses bras et la berça en essayant de la calmer « Onee-sama ! C'est horrible ! Aidez-moi ! » Disait-elle entre ses sanglots. « Calme-toi ! Je suis là maintenant…que s'est-il passé ? » Interrogea-t-elle tout en caressant les longs cheveux ébènes de sa petite sœur. Celle-ci ne réussit à dire qu'un seul mot avant de se remettre en larme « Suguru ! »

Yoko comprit et la seule bonne idée qu'elle trouva se fut de l'emmener à l'hôpital. Sachiko fut emmenée dans une chambre, sur le chemin elle s'était un peu calmée. Des examens eurent lieux, Yoko sortit pour s'entretenir avec l'infirmière qui avait fait les prélèvements. « Est-elle … » Yoko ne put finir sa phrase tellement cela la mettait dans tous ses états. Elle fut soulagée d'entendre que Sachiko n'était pas enceinte, mais que celle-ci venait de subir des violences et qu'elle avait besoin de repos pour s'en remettre. Yoko entra à nouveau dans la chambre ou se trouvait Sachiko, celle-ci était couchée sur le côté.

« Sachiko…si tu as besoin d'en parler je suis là ! » Dit-elle d'une voix douce. « J'ai été si bête d'accepter ce mariage ! Oh ! Comme je le regrette, si tu savais ! Yumi me manque tellement ! Je suis tellement désolée de lui avoir fait du mal ! Si seulement je pouvais revenir en arrière… » Déclara Sachiko en versant quelques larmes. Yoko s'approcha d'elle et lui prit la main « Sachiko, je serais toujours ta grande sœur quoi qu'il arrive tu me trouveras toujours derrière-toi ! » Répondit Yoko.

« Onee-sama qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je vais devenir ? » Interrogea Sachiko, Yoko caressa ses cheveux et lui sourit d'un air rassurant « ne t'inquiète pas Sachiko, je m'occupe de tous ! Repose-toi maintenant » Lui dit-elle. Ce fut une après-midi passée entre la police ,la mère de Sachiko et son grand-père. Lorsque Yoko se rendit compte que la journée avait passé si vite, elle regarda sa montre et s'excusa auprès de la mère de Sachiko. Elle avait complètement oublié qu'elle devait aller chercher Yumi au lycée et lorsqu'elle y arriva, il n'y avait personne.

Yoko couru jusqu'à la maison des roses vide et fermée à clef, vers la serre et ne trouva aucune trace de Yumi. Elle revint chez elle en pensant que peut-être celle-ci était revenue et en effet, elle était assise dans le couloir menant à la porte de son appartement. « Je suis vraiment désolée ! » Déclara Yoko à l'intention de Yumi. La jeune fille paraissait triste et ses yeux se mirent à se remplir de larme avant qu'elle ne saute au cou de Yoko. « Je me suis inquiétée pour vous ! J'ai cru après ce matin qu'il vous était arrivé quelque chose en voiture ! J'ai eu si peur ! » Déclara-t-elle. Yoko caressa sa tête, décidément aujourd'hui c'était la journée des larmes et des pleurs. Elle se sentit flattée que Yumi se soit inquiétée pour elle de cette façon. « J'ai été retenue par un affaire délicate ! Je suis vraiment désolée ! » Dit-elle pour toute explication. Elle n'avait pas envie de parler de Sachiko, en fait elle ne voyait pas comment lui expliquer ce qui s'était passé. Yoko détestait devoir mentir à Yumi, mais elle n'avait pas le choix. Qu'allait-elle faire ? Que pouvait-elle bien faire maintenant qu'elle s'était engagée auprès des deux filles, elle ne pouvait plus reculer c'était trop tard. Yoko avait l'impression d'être dos au mur… comme Sachiko lui avait dit plus tôt, Yoko aurait aimé également revenir en arrière.