Disclaimers: Je viens de me rendre compte que je n'ai jamais mis de disclaimers, alors voici. Cette histoire, concept et personnage ne m'appartiennent pas. Tout ce qui m'appartient n'est que le quart d'une maison, une vieille voiture et un ordinateur si vieux qu'il y a une ligne verticale verte en permanence dans l'écran. Est-ce que ça sonne comme si j'avais inventé Bones?

Chapitre 6 : BitterSweets

Il était nerveux. Il ignorait pourquoi, mais il était nerveux. Assis dans le fauteuil dans son bureau, il tenait dans les mains les dossiers personnels des deux personnes auxquelles il avait affaire ainsi que celui de l'enquête en cour.

L'homme qui allait se tenir devant lui était une véritable légende au sein du FBI. Pendant la seule année où il y a été employé, il a gravi les échelons jusqu'à ce qu'il devienne agent spécial et il a battu, pendant sa courte carrière, tous les records au sein de la profession. L'événement qui a causé sa perte lui avait coûté sa carrière, sa raison et presque sa vie.

Il était presque ironique qu'il ait été assigné à la protection de cette femme. Lui, l'homme d'instinct, un policier intuitif qui avait cru au destin et à l'amour devait faire équipe avec cette femme de raison froide, antipathique et arrogante, mais d'une grande intelligence, avec qui aucun agent ne voulait faire équipe.

Il avait passé la nuit debout à tracer le profil de l'assassin. Malgré toutes ses compétences en psychologie légale, il n'avait que très peu souvent travaillé sur une affaire telle que celle-ci. Il avait, évidemment, étudié des cas semblables à l'université, mais il n'avait jamais brossé le véritable portrait d'un tueur en série aussi sadique et immoral.

On cogna à la porte et la personne de l'autre côté n'avait pas attendu qu'on l'invite avant de l'ouvrir. La première à entrer fut une femme, très jolie, habillée de façon professionnelle, mais qui avait au visage un air irrité, pratiquement frustré. Elle était suivie d'un grand homme à la carrure impressionnante. Malgré l'affabilité qui pouvait se lire sur son visage, il aurait pu intimider le plus arrogant des vauriens d'un lycée.

Lorsqu'il le vit, l'homme leva les sourcils au ciel, clairement étonné de ce qu'il avait devant les yeux.

« Excusez-moi fiston, est-ce que ton père est proche? Nous avions rendez-vous avec le docteur Sweets.

- Je suis le docteur Sweets.

- Vous êtes… dit-il à mi-chemin entre l'hilarité et la frustration. Ah! Ah! Allons, Bones! »

Il se retourna et ouvrit la porte pour quitter le bureau.

« Agent Booth!

- Écoutez, fiston. Je ne suis pas d'humeur à jouer à l'agent et au psychologue. Vous demanderez à votre patron de me rappeler lorsqu'il aura un psychologue qui aura son véritable permis de conduire et que ne doit pas venir au boulot en trottinette.

- Agent Booth, je vous prie, suppliait Sweets. N'avez-vous pas lu mes recommandations?

- Vous avez été chaudement recommandé par plusieurs de mes collègues et certains professionnels que j'estime beaucoup. Certains d'entre eux ont même été élogieux à votre égard, mais je ne peux pas baser mon enquête sur les commérages d'un gosse qui porte le complet-cravate de son père!

- Je vous prie, agent Booth. J'ai travaillé toute la nuit sur le profilage de la victime.

- … Et je suis sûr que vous aurez un A pour votre dissertation, Sweets. Allons Bones.

- Je crois que le docteur Brennan est davantage en danger qu'on pourrait le croire! »

Booth arrêta net et avança rapidement vers Sweets lui arrachant le dossier des mains. Brennan à ses côtés, qui était déjà prête à partir, laissa tomber sa mâchoire d'ahurissement devant le volte-face de son protecteur.

« Vous en êtes sûr? Demanda Booth.

- Quoi? S'inquiéta Brennan toujours devant porte. On y va, maintenant?

- Asseyez-vous, invita Sweets. Comme je vous ai dit, docteur Brennan, je crains qu'on ait sous-estimé la volonté de l'homme auquel nous avons affaire.

- Comment savez-vous que c'est un homme? Demanda Brennan.

- Nous avons affaire ici à un homme à tendance sociopathe, Sweets ignora la question de Brennan. Les tueurs en série sont souvent très intelligents et celui-ci n'échappe pas à la règle. Le fait qu'il ait tué l'agent Sullivan – Sweets remarqua bien à ce moment que les deux personnes devant lui réagissaient fortement à ce sujet – et envoyé sa tête au docteur Brennan prouve deux choses : premièrement, il sait que l'équipe de l'Institut Jefferson travaille sur l'enquête et que, deuxièmement, il craint de se faire prendre.

- Il nous a vraiment fait déplacer pour nous dire cela? Demanda Brennan sans grand intérêt pour ce que racontait le jeune docteur. J'aurai pu vous le dire sans faire appel à la psychologie. Elle avait craché ce dernier mot avec dédain, presque écœurement.

- Bones!

- Ce qui me fait croire que cet homme est particulièrement dangereux, docteur Brennan, est son immoralité, son impulsivité, son intelligence et son absence de remord. Il n'accepte pas les critères moraux de la société, mais est au courant des conséquences de ses actes. Il sait que s'il est capturé, il sera mis sur la chaise électrique…

- On utilise l'injection létale de nos jours.

- … et ça le rend des plus dangereux. Il va tout faire pour vous arrêter et arrêter votre équipe. Vous l'avez vu hier lorsqu'une bombe a été placée sous votre voiture.

- Et c'est pour ça que je suis sous la protection du marshal Booth!

- Ça va au-delà de ça. Même si vous ne travailliez pas sur l'enquête, vous seriez en danger. Le tueur se nourrit du fantasme de torturer, d'assassiner et démembrer des femmes plus intelligentes que lui.

- Erreur, une victime était un mâle.

- Daniel Ebert, 25 ans, petit, maigrichon, mathématicien et activiste pour les droits des homosexuels. Le tueur voit probablement l'homosexualité comme il voit la féminité. C'est un handicap, une infirmité à l'intelligence.

- C'est ridicule, murmurait Brennan.

- Docteur Brennan, continua le docteur Sweets avec insistance, le fait que vous soyez une femme intelligente, supérieure à la majorité des hommes dans votre domaine…

- Tous les hommes dans mon domaine, le coupa-t-elle.

-… tous les hommes dans votre domaine fait de vous la victime parfaite. Vous êtes une menace à sa conception masculiniste de l'intelligence et vous tentez d'arrêter sa quête. Je crains que, dorénavant, il mettra tous ses efforts pour vous tuer, docteur Brennan ».

Ça y était. Il l'avait dit. Il leva un regard vers Booth qui observait Brennan attentivement. Il pouvait voir son corrugateur de sourcils se lever tranquillement et le reste de son visage s'attendrir. Son regard était étincelant et ses pupilles dilatées. Il ne connaissait pas beaucoup l'agent Booth, mais il pouvait immédiatement voir qu'il avait beaucoup de respect, de l'admiration et même de l'attirance et de l'affection pour Brennan.

« C'est complètement absurde, répondit finalement Brennan.

- Pardon?

- C'est vous qui l'avez engagé? Se tourna-t-elle vers Booth. C'est vous qui lui avez demandé de me lancer tout ce charabia pour me faire peur?

- Docteur Brennna, je vous assure que c'est la première fois que je rencontre l'agent Booth aujourd'hui.

- Bones, je n'ai rien à voir là-dedans.

- Et vous espérez que je crois de baratin psychologique? Sur quelles données vous basez-vous pour me dire ces informations? Est-ce de simples conjonctures lâchement basées sur les faits que mon équipe et moi avons travaillé fort pour accumuler ou avez-vous simplement sorti ces idées saugrenues d'un chapeau?

- Docteur Brennan, le profilage est une science.

- Une science douce, oui, répondit-elle avec dédain.

- Peut-être, mais la psychologie a étudié et analysé le mode opératoire de plusieurs meurtriers en série et est arrivée à établir un profil clair pour ceux qui souffre de sociopathie, de psychopathie ou de troubles de la personnalité antisociale. Dans le cas présent, le meurtrier en dit long sur ses schèmes de pensées non seulement par le choix de ses victimes, mais aussi par la manière de les assassiner. Vos découvertes ont montré que les victimes ont été scalpées, qu'on a coupé à la scie la partie supérieure de leur crâne et qu'on leur a enlevé le cerveau.

- Sauf que rien de cela n'est la cause de la mort, l'hyoïde a été fracturé. C'est la seule fracture qui était clairement peri mortem parmi toutes les fractures des victimes. Elles sont toutes mortes par strangulation.

- Vous ne m'aviez pas dit cela, s'exclama Booth.

- Je venais de recevoir le texto de Zach lorsque ma voiture a explosé. Je suppose qu'avec l'énervement, j'ai oublié de vous en glisser mot.

- Faites simplement que ça n'arrive plus, Booth accepta l'explication. On peut vivre longtemps sans un crâne? Demanda-t-il par curiosité.

- Si le cerveau n'est pas touché ou infecté par quelconque bactérie, il peut être exposé quelques heures*. Les victimes n'étaient cependant pas très en mesure de se défendre pendant qu'elles étaient étranglées. Elles n'avaient plus de force.

- Ok! La strangulation peut ici représenter une coupure entre la tête et le corps. Le fait de 'couper' l'air qui entre au cerveau des victimes peut indiquer la volonté de faire mourir la partie des victimes que l'assassin déteste le plus. Il découpe ensuite le cerveau des victimes qu'il garde probablement en souvenir quelque part chez lui.

- Ce gars est un malade, Bones!

- Écoutez l'agent Booth, docteur Brennan.

- Même si je considère la psychologie comme une pseudoscience, symboliquement et anthropologiquement, je peux comprendre où vous voulez en venir. Il y a plusieurs sociétés dans le monde où les femmes sont considérées comme des êtres inférieures. Un homme, aujourd'hui, pourrait détester les femmes qui lui sont supérieures et essayer de les rendre inférieures en éliminant ce qui les rend uniques.

- C'est exactement cela que je voulais dire, docteur Brennan, acquiesça Sweets, fier de lui. Maintenant, il y a un autre sujet dont je voudrais vous parler, annonça-t-il alors que les partenaires firent oui de la tête pour le laisser continuer. Vous avez tous les deux des raisons différentes pour votre présence ici. Docteur Brennan, vous avez retrouvé la tête de votre ancien partenaire, l'agent Sullivan dans votre bureau, n'est-ce pas?

- Peut-on éviter de parler de la décapitation de Sully pendant cinq minutes, s'il-vous-plait », supplia Booth.

Le regard de Sweets le leva immédiatement vers lui. Le ton sur lequel il l'avait dit, l'ardeur avec laquelle il voulait éviter le sujet et la tristesse évidente sur le visage des deux personnes devant lui éveillait sa curiosité.

« Vous connaissiez l'agent Sully, agent Booth?

- Bien sûr que oui, nous avions travaillé ensemble lorsque j'étais au FBI avant.

- Vous étiez ami avec lui?

- Où voulez-vous en venir?

- Je veux simplement savoir si vous êtes en état d'enquêter sur sa mort, agent Booth.

- Écoutez-moi bien, petit gars, parce que je ne le répéterai pas deux fois, Booth parlait maintenant d'une voix forte et colérique. J'ai perdu plusieurs personnes que j'appréciais dans ma vie. J'ai perdu des collègues et des amis à la guerre…

- Des m… Sweets tenta de renchérir.

- Vous parlez de cela et je vous jure que je vais serrer votre cravate tellement fort que ce sera VOTRE hyoïde qui sera brisé!

- D'accord, d'accord!

- J'ai toujours fait mon boulot… jusqu'au bout! Toujours! Et ce n'est pas un petit blanc-bec comme vous qui allez me dire si je suis en état de le faire! Mon boulot, c'est de protéger Bones. Si protéger Bones me demande de trouver et d'arrêter l'assassin de Sully, je ne me ferai pas prier longtemps pour y arriver. Sully était mon ami; il m'a aidé dans des moments difficiles de ma vie. Sa mort est une véritable tragédie!

- Sully a travaillé sur des enquêtes dont certaines vous ont touchées personnellement.

- Vous jouez avec le feu, Sweets!

- D'accord! Leva-t-il la main en signe de soumission. Dites, pourquoi appelez-vous le docteur Brennan Bones?

- C'est un surnom.

- Et pourquoi ce surnom?

- Vous semblez être un type intelligent, je suppose que vous pouvez comprendre pourquoi je l'associe avec des os!

- Je ne voulais pas parler du choix de son surnom, mais plutôt des raisons qui vous ont poussé à choisir un surnom pour le docteur Brennan.

- Je suis confus, dit Booth.

- Moi aussi, ajouta Brennan, et je suis un génie, ce n'est pas facile de me confondre.

- C'est l'action de choisir un surnom que je questionne, pas le surnom en tant que tel.

- J'aime les surnoms! Dit-il simplement.

- Alors pourquoi vous ne m'en avez pas donné un, demanda-t-il. Ou à Caroline… ou à Sully, ou au docteur Wyatt.

- Je ne le sais pas d'accord! Ça me semblait juste… naturel, ok?

- Ok! J'accepte votre réponse, agent Booth. Dernière question, vous avez perdu des témoins dont vous vous occupiez? »

Booth resta bouche-bée un instant. La vérité était que, oui, il avait déjà perdu un témoin. Une fois. Il y a longtemps déjà. Mais il n'eut pas le temps de répondre, car lorsqu'il sortit de ses rêveries, Brennan était debout en train d'engueuler Sweets comme du poisson pourri.

« Ça suffit, maintenant! J'en ai assez de vous entendre essayer de faire sortir Booth de ses gonds. J'aurais été à sa place, vous seriez étendu sur le plancher tout en baignant dans votre sang! Vous n'êtes pas capable de lire? Vous avez des dossiers sur nous pour l'amour du Ciel! Vous n'êtes pas capable de découvrir vous-mêmes les informations que vous recherchez? Tant pis pour vous! Ne comptez sûrement pas sur moi pour vous dire quoique ce soit de mon passé afin de nourrir vos fantasmes de chercheurs scientifiques. Je ne suis pas un rat de labo et Booth n'est pas un rat de labo. Vous venez Booth? »

Dans un coup de vent, Brennan sortit de la pièce en claquant la porte. Booth, un peu secoué de la vigueur avec laquelle elle l'avait défendu, se leva debout, tendit sa main à Sweets qui l'accepta avec un air défait au visage et la serra mollement.

« Je vous remercie pour le profilage, Sweets, dit-il. Désolé pour Bones, je crois qu'elle n'a pas l'habitude des thérapies.

- Et vous?

- Vous avez lu mon dossier.

- Vous êtes au courant que je devrai vous rencontrer à nouveau la semaine prochaine, dit Sweets.

- Si je n'ai pas terminé l'enquête, vous nous verrez sur votre divan à 10h du mat, lundi prochain. Je dois y aller avant qu'un malade mental arrache le cerveau de Bones, dit-il à Sweets.

- Faites attention, agent Booth. Le tueur a probablement un emploi stable et traditionnel. Ça peut être n'importe qui.

- C'est noté, Sweets ».

Aussi rapidement que Brennan était sorti, Booth avait quitté son bureau, feignant de claquer la porte de colère.

Sweets s'assit sur son fauteuil et nota ses impressions sur la séance. Jetant un regard vers la porte, il ne put s'empêcher de sourire.

À suivre…


Sweets trouve-t-il simplement charmant le couple à la porte ou a-t-il des intentions malveillantes envers eux?

Mais qu'est-ce qui fait sortir Booth de ses gonds comme ça?

Pourquoi Brennan a-t-elle si peur de parler de son passé?

C'est à découvrir dans un prochain chapitre du Garde du corps

*Je ne suis pas médecin, ni psychologue! En fait, même si mon père encore aujourd'hui (10 ans après mon choix de carrière) a la ferme conviction que j'aurais dû faire médecine (je crains le jour où je devrai utiliser mon cours de réanimation), toutes ces connaissances et ce blabla psychologique proviennent de Wikipedia (c'est d'ailleurs très intéressant de lire, en fin de soirée, les profils de tueurs en série – je ne ferai plus jamais d'auto-stop)! J'ai eu au Cégep (collège à mi-chemin entre le lycée et l'université) et à l'université quelques cours de psycho, mais c'était de la psycho du développement, ça ne compte pas vraiment pour cette histoire. Je n'ai donc aucune idée si un cerveau peut rester ouvert très longtemps avant qu'une personne ne meurt. Selon mes recherches (qui peuvent se résumer à quelques épisodes de House, Grey's Anatomy et du film Hannibal où Anthony Hopkins a une conversation avec un gars pendant qu'il lui mange le cerveau) et pour le bien de l'histoire, je suppose que ça peut être possible. *