Temps et Contretemps
Disclaimer : L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas et sont à sir ACD, et leurs versions modernes à Mark Gatiss et Steven Moffat. Quant à Harry et au monde magique, ils appartiennent à J.K.R.
Je ne touche aucun argent pour mes écrits.
Bonjour !
Et voici la suite du chemin de traverse ! J'espère que ça vous plaira :)
Désolé de publier ce chapitre tard, mais j'ai beaucoup de choses à faire avec la rentrée et je n'ai pas encore internet chez moi… je squatte la connexion de mes parents en ce moment !
Merci à Angelyoru, Sire Alamane de Navarre, PetitLutin22, casildamalefoy, Aurore Heart et Reglisseglisse pour vos reviews !
Enjoy !
Temps 4 partie 2 : …Tant que la foule n'y est pas
Severus s'adossa à la bibliothèque au fond de la boutique de Fleury & Botts, derrière laquelle il s'était caché. Il était dans un rayon poussiéreux, presque oublié de tous puisque tout au fond de la boutique et contenant peu de livres intéressants.
Prudemment, il jeta un œil entre les rayonnages pour avoir un aperçu. Il poussa un soupir de soulagement en voyant que le détective avait commencé à s'intéresser aux livres de sortilèges et ne le cherchait pas.
La librairie était leur dernier arrêt de la journée. Severus pensait que ça irait vite – il suffisait juste de prendre les livres sur la liste et de payer – mais c'était sans compter sur Sherlock Holmes. Severus comprenait maintenant pourquoi John Watson avait regardé son mari d'un air inquiet toute la journée, comme si c'était une bombe qui allait finir par exploser. Sherlock Holmes était cinglé !
Dès leur entrée, Holmes s'était élancé dans les rayons et était revenu avec une pile de livres dans les bras. Il avait traîné Severus à une table, et avait commencé à les ouvrir les uns après les autres en assommant de questions le pauvre professeur. Le logicien avait l'air de s'être fixé un objectif : expliquer la magie par la science. Severus n'avait jamais vu un homme parler aussi vite aussi longtemps : il balançait théories sur théories, posait une question et laissait à peine le temps à Severus de répondre avant de reprendre son monologue.
Au début, Severus arrivait à peu près à suivre. Il avait quelques connaissances en biologie, chimie et physique et s'était lui-même un peu intéressé à la question. Mais très vite, le détective avait commencé à parler de théories tellement complexes que Severus en avait eu des nœuds au cerveau.
Le fils et le mari, pas fous – et habitués aux crises frénétiques du troisième, apparemment – s'étaient éloignés à ce moment-là, en profitant pour acheter les manuels de la liste. Severus avait fini par réussir à s'enfuir lorsque le génie était allé chercher une nouvelles pile de livres, ayant passé en revue tous ceux qu'il avait pris la première fois.
Maintenant il se cachait, attendant la fin de la crise derrière sa bibliothèque. Apparemment, il allait devoir apprendre au gosse à rétrécir et agrandir les livres, parce qu'ils allaient sûrement ressortir avec beaucoup plus d'ouvrages que prévu.
« - Professeur Snape ? » retentit soudain une voix derrière lui.
L'interpellé ne sursauta pas, ayant entendu l'autre homme arriver – certains réflexes d'espion perduraient. Severus se retourna vers John Watson, qui s'appuya sur le mur en lui faisant face. Il tenait la cage du nouvel animal de compagnie de la famille dans sa main, un petit-duc gris et aux plumes ébouriffées acheté plus tôt dans l'après-midi. Harry l'avait nommé Fehling (1), du nom d'une réaction chimique qu'il aimait bien et dont le réactif avait l'exacte couleur des yeux du hibou. L'animal le regardait de ses yeux ronds, et Severus le fusilla du regard. Le hibou hulula en réponse.
« - J'aurais quelques questions à vous poser, débuta le médecin sans faire attention à l'échange.
- C'est à propos de votre entretien à Gringott ? » Essaya de deviner Severus.
Watson et Holmes avait voulu payer les fournitures de leur fils, même après que Severus leur ait dit que la famille Potter était une famille riche. Ils avaient alors échangé leurs livres anglaises contre des pièces sorcières, puis John avait demandé un relevé de compte de la famille Potter, pour se faire une idée et savoir si l'argent était bien géré. Les gobelins, en apprenant que les tuteurs d'Harry Potter étaient dans la banque, les avaient alors pris en entretien, laissant Severus – à son plus grand damne – emmener le gosse à la boutique de vêtement pour se faire un uniforme.
Severus se doutait bien du sujet de la discussion avec les gobelins. La famille Potter n'était pas n'importe quelle famille, c'était une très vieille famille qui remontait aux fondateurs – certains prétendaient même qu'ils descendaient de Godric Gryffondor. Ils étaient classés parmi les plus grandes fortunes sorcières, et avaient un siège au magenmagot. Harry Potter était plus qu'un sorcier riche, c'était l'Héritier Potter. Et un jour, il serait Lord Potter. Pas étonnant que les gobelins veuillent que les parents du garçon connaissent son héritage : les comptes Potter ne devaient plus faire beaucoup de profits, ce qui voulait dire moins de bénéfices pour les banquiers.
« - Non, ce n'est pas pour cela, nia le médecin. Même si ça rend tout plus compliqué, admit-il en se frottant l'arête du nez. Mais nous nous assurerons qu'Harry ait les cours nécessaires pour qu'il puisse reprendre les comptes de sa famille et son titre de Lord quand il sera majeur, s'il le veut bien sûr. Mais comme je le disais, ce n'est pas sur cela que j'ai des questions.
- Sur quoi alors ?
- Les maisons de Poudlard. » annonça John. Effectivement, Severus leur avait expliqué brièvement le fonctionnement de l'école le matin même, juste avant d'expliquer les évènements du 31 octobre.
« - Et bien ? Rétorqua Severus sans se démonter.
- Cela n'engendre pas des tensions ? Pointa John en fronçant les sourcils. Je comprends l'idée de séparer les élèves dans des maisons, ça installe une légère compétition qui aide à se dépasser – si c'est bien géré. Mais votre système de séparation se base sur le caractère. Cela ne risque-t-il pas de se dégrader en stigmatisation, tournant le trait de caractère en défaut ? »
Severus grogna. L'homme avait mis le doigt sur le gros problème de Poudlard en seulement quelques minutes.
« - J'en déduis à votre silence que c'est le cas.
- C'est… Le seigneur des ténèbres faisait partie de la maison Serpentard.
- Voldemort, c'est ça ?
- Ne dîtes pas son nom, frissonna Severus.
- Un homme qui a peur d'un nom est un homme stupide. Il faut savoir nommer les choses. »
Severus ne répondit pas, ne voulant pas se lancer dans ce débat. L'autre homme avait raison, mais Severus n'avait jamais pu dépasser ce tabou.
« - Dumbledore était un gryffondor, et il s'est dressé face au Seigneur des ténèbres. De plus, certaines familles sont exclusives à une maison, et ce sont ces familles qui ont suivi le seigneur des ténèbres. Il y a eu beaucoup de mangemorts venant d'autres maisons, c'est même un gryffondor qui a aidé de manière décisive le seigneur des ténèbres à trouver la cachette des Potter. Mais malheureusement, l'histoire…
- Est écrite par les vainqueurs.
- Voilà. Les courageux Gryffondors contre les lâches Serpentards… »
Un long silence s'installa entre les deux hommes. Severus jeta un coup d'œil entre les rayonnages, pour voir où en était Holmes et le fils Potter. Il constata avec soulagement qu'ils étaient à la caisse. Son calvaire serait bientôt fini !
« - Je suppose que Harry Potter est forcément un gryffondor ? Dit Watson derrière lui. Severus reporta son attention sur le médecin.
- Effectivement, acquiesça-t-il.
- Mais Harry Watson-Holmes ne l'est peut-être pas.
- C'est tout de même un Potter. contredit Severus. C'est presque dans ses gènes. »
John ne répondit rien, le fixant. Il ouvrit la bouche pour répliquer après quelques secondes de silence, mais il fut coupé par une exclamation dans la boutique.
« - Par Merlin, mais c'est Harry Potter ! »
Soudain, la folie s'installa dans la boutique. L'exclamation se propagea sur toutes les lèvres, atteignant l'extérieur, et soudain une vingtaine de personnes affluèrent dans la boutique en direction du comptoir.
Les deux hommes derrière l'étagère se mirent en mouvement dès qu'ils comprirent la situation. Ils fendirent la foule, cherchant à atteindre Harry et son père le plus vite possible avant qu'ils ne se fassent écraser. Mais le regroupement se faisait de plus en plus compact, chacun cherchant à toucher Harry Potter, à voir la célèbre cicatrice. Ils avaient beau jouer des coudes, ils étaient repoussés en arrière.
John à bout de nerf et très inquiet pour son fils et son mari, décida d'utiliser les grands moyens : il sorti son revolver et tira deux fois en l'air.
Apeuré par le bruit, tout le monde se figea. Certains, ayant reconnu le bruit d'un coup de feu, se reculèrent instinctivement.
« - Tout le monde recule ! » Hurla John d'une voix autoritaire. Fehling, dont John tenait toujours la cage, hulula d'un air menaçant.
Les clients obéirent tous, trop choqués pour penser à sortir leur baguette. John pu enfin voir Sherlock, Harry caché derrière ses jambes et la casquette qu'il avait prise pour cacher sa cicatrice par terre. Il s'avança rapidement vers eux.
« - On s'en va, dit-il en posant un bras sur l'épaule d'Harry pour le rassurer. Il l'entraîna vers la sortie, Sherlock de l'autre côté de leurs fils, de manière à le protéger.
Severus se remit enfin de son choc, et suivit rapidement la famille, essayant toujours de se remettre du fait que John Watson avait amené une arme pour aller faire des courses.
Cet homme était aussi cinglé que son mari. Mais cette fois, Severus n'allait pas s'en plaindre.
oOo
Charing Cross Road était toujours aussi fréquenté que lorsqu'ils l'avaient remonté le matin même, et ils se perdirent dans la foule rapidement. Quand ils furent suffisamment loin du Chaudron Baveur, ils s'arrêtèrent, et John se mit immédiatement à inspecter Harry sous toutes les coutures pour voir s'il était blessé.
Heureusement, à part une coupure sur la joue (probablement faite par un ongle trop long), il n'avait rien. John le prit alors dans ses bras et le serra longuement contre lui.
« - J'avais chaud, murmura Harry dans son cou. Je voulais juste enlever ma casquette quelques minutes…
- Ce n'est pas de ta faute Harry, le rassura John. Tout va bien maintenant. »
Sherlock, ayant constaté que toute sa famille allait bien et à peu près rassuré, se retourna vers le professeur Snape, resté quelques pas en arrière.
« - ça sera toujours comme ça ? Croyez-vous vraiment que l'on va laisser notre fils auprès de ces gens s'il se fait attaquer dès qu'ils remarquent sa cicatrice !?
- Non, ce ne sera probablement pas aussi extrême la prochaine fois, répondit Severus d'un ton calme, sentant bien qu'il suffisait d'un mot de travers pour que la colère de l'homme en face de lui éclate. Le Survivant…
- Arrêtez avec ce surnom idiot ! S'exclama Sherlock, à bout de nerf.
- … Votre fils n'a pas été vu dans le monde magique depuis la fin de la guerre et la mort du Seigneur des ténèbres. Personne ne savait où il était, et énormément de rumeurs ont vu le jour. Il n'est pas étonnant que sa première apparition ait provoquée ça. »
Sherlock ne répondit rien, lui lançant seulement un regard noir. John, qui s'était relevé entre temps et avait récupéré tous leurs achats posés en vrac au sol, finit par annoncer :
« - Nous allons rentrer. »
Severus acquiesça.
« - Très bien, je vous verrais donc à la rentrée, Mr Watson-Holmes. »
L'enfant hocha la tête, les yeux brillants un peu plus. Bien que semblant toujours secoué par l'émeute de la boutique, l'évocation de l'école de magie semblait le lui faire un peu oublier. Tout en disant ça, Severus jeta un coup d'œil aux visages des deux parents, essayant de deviner leurs pensées. Ils semblaient particulièrement refroidis par cette expérience – Severus se demanda d'ailleurs si ça ne cachait pas quelque chose de plus profond – et peut-être pensaient-ils même à la possibilité de ne pas envoyer Harry à Poudlard. Severus pensait néanmoins qu'ils renonceraient à cette idée : lors de leur discussion de la matinée, le professeur leur avait expliqué le phénomène de la magie accidentelle et leur avait bien expliqué qu'il fallait que leur fils apprenne à contrôler sa magie pour que cela cesse.
Il finit par donner le billet de train pour le Poudlard Express à Watson, lui expliquant brièvement comment aller sur le quai. Puis il les salua rapidement – histoire de rester poli – et s'éloigna à grand pas, regrettant de ne pas porter ses robes noires. Le tournoiement autour de ses jambes faisait toujours beaucoup d'effet, et peut-être aurait-il pu faire peur au fils Potter, en dernière impression.
Bah, il se rattraperait à la rentrée.
Se faufilant entre les moldus, il trouva finalement une petite impasse dans laquelle il pourrait transplaner sans se faire voir. Il fallait qu'il aille faire son rapport au directeur avant de pouvoir rentrer chez lui.
Il n'avait pas réussi les deux missions confiées par le directeur, ce qui n'était pas très surprenant. Poudlard allait accueillir Harry Watson-Holmes et pas Harry Potter, peu importe ce que dirait le directeur.
Pour la deuxième mission – implicite celle-là, mais Severus n'était pas un idiot et avait vite compris la manœuvre de Dumbledore – elle était à moitié réussie : Harry n'irait probablement pas à Serpentard. Peut-être l'en avait-il dégoûté (et il en tirerait une grande satisfaction si c'était le cas) mais surtout, le fils Potter n'était tout simplement pas un serpent. Il n'en avait pas le caractère – et c'était tant mieux. Un Potter à Serpentard, et puis quoi encore ?
Mais après, l'avait-il poussé vers Gryffondor ?
Seul le choixpeau le dirait.
oOo
Quand ils rentrèrent chez eux, ils rangèrent d'abord les – très – nombreux livres achetés sur le chemin de traverse, ainsi que tout le matériel scolaire d'Harry (ils finirent par ranger le chaudron dans la cuisine en attendant la rentrée, n'ayant pas réussi à le mettre dans l'armoire de la chambre d'Harry). Harry fut très content de pouvoir faire son tout premier tour de magie avec sa nouvelle baguette, un sort d'agrandissement que lui avait appris le libraire après que celui-ci ait rapetissé leurs achats.
Lors du dîner, ils eurent droit à un remake de la journée, offert par un Harry très excité qui passa en revu tout ce qu'il avait vu – l'incident de la librairie étant soigneusement évité. Sherlock et John étaient soulagés de voir que ça n'avait pas réveillé de vieux traumatismes. La découverte d'un nouveau monde devait aider.
Mais ils suspectaient aussi Harry de garder ses craintes pour lui afin de ne pas les inquiéter.
Lorsque Sherlock se rendit dans sa chambre, plus tard, après avoir envoyé Harry se coucher, il trouva John adossé contre la tête de lit, en train de regarder la photo sur sa table de nuit. C'était une photo de famille, prise le jour de leur mariage.
« - ça va ? Demanda-t-il doucement en s'asseyant à côté de lui.
- Fatigué. » soupira John en posant sa tête sur son épaule.
Un silence s'installa dans la pièce, Sherlock caressant doucement l'épaule de John. Celui-ci finit par reprendre la parole.
« - J'ai cru que ça recommençait. Je ne pouvais plus vous voir, plus vous atteindre… J'ai eu tellement peur, Sherlock… Je ne peux pas perdre Harry, pas à nouveau.
- Mais ce n'est pas le cas, dit férocement Sherlock. Plus jamais. Winter ne peux plus lui faire du mal, et jamais je ne laisserai ça arriver à nouveau. »
Voyant que John regardait toujours dans le vide, il rajouta :
« - Harry est dans sa chambre, là-haut. Il va bien.
- Mais il va partir 10 mois à Poudlard. Comment pourra-t-on le protéger quand il sera là-bas ?
- On ne pourra pas grand-chose contre la magie de toute façon… » pointa Sherlock.
John tourna la tête vers lui.
« - Je suis pas prêt à le laisser partir là-bas.
- Moi non plus. On ne le sera sans doute jamais…Mais il doit apprendre la magie, tu le sais.
- Oui… Mais ce n'est pas facile à accepter pour autant, chuchota presque John.
- Ne t'en fait pas, je vais lui rappeler à notre bon souvenir, dit Sherlock d'un ton joueur, essayant de faire sourire le blond. Il n'est pas question qu'il prenne du retard en math et en biologie – d'ailleurs je ne comprends pas que ce ne soit pas des matières enseignées à Poudlard. Même les sorciers doivent savoir compter ! Bref, je vais lui donner quelques devoirs tout au long de l'année. »
John rit faiblement, mais il rit.
« - Il ne va pas aimer ça.
- Peut-être, mais il aura intérêt à les faire ! »
John lui sourit sans répondre. Il lui déposa un léger baiser sur les lèvres pour le remercier.
Soudain, le téléphone de Sherlock sonna. Le détective jeta un œil à l'écran.
« - C'est Mycroft, grogna-t-il.
- Répond-lui, dit John. Moi je vais aller voir Harry.
- Il va bien, John. Il est juste allé dormir.
- Je sais. » dit simplement John en se levant.
Sherlock ne dit rien de plus, comprenant ce que ressentait son mari.
Alors que John quittait la pièce, Sherlock décrocha.
« - Mycroft, que me vaut le déplaisir ? La terre doit au moins être sur le point d'exploser pour que tu appelles au lieu d'envoyer un texto.
- Comment s'est passée la journée, cher frère ? demanda Mycroft sans répondre à la pique.
- Pourquoi cela t'intéresse, tout d'un coup ? S'étonna Sherlock, suspicieux.
- J'ai entendu parler d'un mouvement de foule sur le chemin de traverse. Je voulais savoir comment va mon neveu.
- Quoi ? S'exclama Sherlock en se redressant. Que… tu savais ?
- Pour la magie ? Oui, bien sûr, répondit Mycroft d'un ton ennuyé. Leur gouvernement a quelques accords avec le nôtre. Je suis le gouvernement britannique, comme tu le dis si bien. Je sais tout ce qui se passe sur le sol anglais.
- Et tu n'as pas pensé à, je ne sais pas, me prévenir ? Fulmina Sherlock en commençant à faire les cents pas dans la chambre.
- Vraiment, petit frère, m'aurais-tu cru si j'étais venu te dire « Ton fils a des pouvoirs magiques » ? J'ai préféré attendre qu'Harry fasse de la magie infantile suffisamment forte pour que tu ne puisses plus l'expliquer rationnellement – ou qu'il reçoive sa lettre de Poudlard. Finalement, les deux sont arrivés un peu près en même temps. Tu as une capacité à trouver une explication logique envers et contre tout plus forte que je ne l'avais pensé, fit remarquer Mycroft d'un ton songeur.
- Mycroft, je te jure que… Attend, s'arrêta soudain Sherlock. Pourquoi tu me dis ça maintenant ? »
Le détective repassa la journée et toutes les informations rassemblées à toute vitesse, et eut l'illumination assez rapidement.
« - C'est le statut d'héritier d'Harry qui t'intéresse. Sa position politique.
- Oui, effectivement. J'aimerais lui donner des cours de politique, et je ne peux décemment pas le faire sans te demander la permission.
- Ma permission… Tu ne manques certainement pas de culot, fit Sherlock d'un ton mordant, très énervé.
- Sherlock, je veux juste lui donner quelques cours pour l'aider à s'en sortir. Le gouvernement sorcier est tout aussi pourri que n'importe quel autre. Normal, c'est un gouvernement.
- Je pourrais très bien lui donner ces cours. Et de toute façon, il n'est même pas sûr qu'Harry reprenne son titre de Lord. Ce sera sa décision.
- Sherlock, tu ne connais pas les rouages de ce milieu aussi bien que moi. Ecoute, je sais que tu ne me crois pas, mais je veux seulement l'aider. Oui, j'aimerais bien voir certaines lois passer dans le monde sorcier et la célébrité d'Harry pourrait aider, mais je ne vais pas le forcer. C'est mon neveu après tout.
- Bien sûr, tu n'as rien dit avant pour le protéger, et tu me le dis maintenant pour la même raison, dit Sherlock sarcastiquement. Je n'y crois pas une seconde !
- A ton aise, mais tu sais comme moi que c'est le mieux pour lui.
- Au revoir, Mycroft. » dit sèchement Sherlock, puis il raccrocha.
Presque immédiatement après, son téléphone vibra, lui signalant l'arrivé d'un texto.
Tu ne m'as pas répondu, Harry va bien ?
Sherlock grogna, mais répondit quand même à son frère un simple « oui ».
Puis il éteignit son portable et se dirigea vers la cuisine à grand pas. Il avait besoin de se calmer, et quoi de mieux pour ça que de commencer quelques expériences sur les ingrédients de potion achetés en plus aujourd'hui ?
oOo
Harry était allongé dans son lit, avec juste sa veilleuse allumé. Il prétextait l'avoir gardée parce qu'elle diffusait la lumière idéale pour pouvoir lire sans avoir de lumière trop forte, mais c'était surtout que sa forme d'abeille le rassurait quand l'obscurité de sa chambre lui rappelait trop son ancien placard. Il faisait tournoyer sa nouvelle baguette entre ses doigts, songeur. Il repensait à ce que lui avait dit Ollivander à son propos.
Flash-back
De la chaleur parcourait ses doigts, le réchauffant de l'intérieur. C'était comme retrouver une vieille amie, mais aussi commencer une toute nouvelle relation. C'était une prolongation de son corps, quelque chose de totalement naturel. Harry regarda sa nouvelle baguette, émerveillé.
« - Je vois que nous avons trouvé votre baguette finalement, commenta Ollivander, le regardant par-dessus ses lunettes.
- Oui, affirma Harry, sûr de lui. C'est elle.
- Une combinaison très intéressante, cette baguette, dit le vendeur. Je n'en ai pas fait beaucoup, des comme ça. Bois de houx et crin de sombral . Le houx est un bois doté d'un pouvoir protecteur, qui aime choisir les sorciers ayant des quêtes périlleuses. »
Ollivander fit une petite pause, regardant Harry d'un air perçant. Il avait tout de suite percé sa véritable identité, ne se laissant pas berner par sa casquette. Puis le vendeur reprit, un ton plus bas :
« - Les baguettes avec un crin de Sombral se lient à des sorciers ayant vaincu la mort (2). Vraiment, une combinaison très intéressante… »
Fin du flash-back
Harry sortit de ses pensées quand quelqu'un toqua à sa porte.
« Entre. » dit-il en élevant la voix.
Dad entra dans la pièce. Harry lui sourit et se décala, lui laissant une place sur son lit. Son père vint s'asseoir à ses côtés.
« - Tu essayes ta nouvelle baguette ?
- Je repensais à sa composition, à ce qu'a dit Ollivander. Et si… Et si toute ma vie était dirigée par ce qui s'est passé il y a 15 ans ? La composition de ma baguette, la façon dont les sorciers me voient…
- Mais non, bien sûr que non, le rassura John. Ils ont une image toute faite de toi, mais quand ils te connaîtront mieux, ils verront quel garçon formidable tu es, rajouta-t-il en lui ébouriffant les cheveux.
- Dad ! » Protesta Harry, remettant tant bien que mal ses cheveux en place – en vain bien sûr.
Ils se sourirent, complices.
« - J'ai regardé ce qu'était un Sombral à la librairie, lui apprit Harry en redevenant sérieux. C'est une sorte de cheval ailé, qu'on ne peut voir que si on a vu la mort. Tu penses que je pourrais les voir ? Maman est morte devant moi après tout.
- Je n'en sais rien, dit doucement John. Tu ne le sauras que si tu en croises un jour je suppose. En attendant, ça ne sert à rien de te torturer avec ça. »
Il se pencha et prit son fils dans ses bras, le serrant très fort contre lui.
« - J'ai eu peur, chuchota tout doucement Harry, si bas que John failli ne pas l'entendre.
- Moi aussi, admit John.
- je ne veux pas partir loin de vous.
- Tu dis ça maintenant mais tu vas être triste quand l'année scolaire se finira, tu verras, dit John en essayant de sourire. Tout ira bien.
- Promis ?
- Promis. »
(1) La réaction de Fehling est une réaction qui sert couramment à caractériser des aldéhydes par leur oxydation avec des ions cuivre II. Et tous les lycéens connaissent la liqueur de fehling !
(2) Toute les informations sur les baguettes viennent du wiki Harry Potter et de Pottermore.
Et voilà !
Quelques détails ont donc été révélés dans ce chapitre, notamment qu'Harry n'a pas la baguette jumelle. Je pense que vous pouvez facilement deviner pourquoi j'ai fait ça. Pas d'Hedwige non plus désolé, mais ce prénom me semblait plus logique (et puis si je collais trop au canon, ça n'aurais pas d'intérêt !)
Alors, Severus a-t-il raison ? Mais dans quelle maison Harry ira-t-il ? Severus semble persuadé qu'il n'ira pas à Serpentard, mais est-ce que ce sera le cas ? Suis-je en train de faire du bluff avec ces questions ? Du double bluff, du triple bluff ? Est-ce que je ne m'amuse pas beaucoup trop à jouer avec vos nerfs ?
La réponse bientôt !
Et je vous donne rendez-vous mardi prochain pour un deuxième contretemps :)
P.S. : la collecte de fanart pour mon calendrier est toujours en cours ! Allez voir les notes de fin de mes fics "Un, deux, trois" et "Minus" si vous voulez en savoir plus.
