Voilà une affaire qui se transforme en huis-clos au commissariat... les choses ne pouvaient pas être pire!

Bonne lecture à tous


Chapitre 7 : Contagion ( Izabel65)

Gates s'avança à pas mesurés jusqu'au centre de la pièce. Malgré ses propres peurs, elle devait paraître forte. En la voyant arriver, toutes les personnes présentes convergèrent vers elle, y compris les trois hommes d'affaires. Le capitaine croisa le regard de certains et y vit des larmes, l'angoisse, la terreur.

- Voici la situation telle qu'elle se présente actuellement. L'alarme d'attaque biologique s'est déclenchée suite à la dispersion d'un produit inconnu, par le système de ventilation. Nous ne pouvons dire si cette attaque est une réelle menace ou s'il s'agit d'une fausse alerte. J'ai prévenu le chef de la police, ses prières nous accompagnent. Une équipe du CDC va venir, je vous demande à tous de leur apporter toute votre collaboration et de vous conformer à leurs directives.

- Capitaine, est-ce qu'il nous est permis d'appeler nos familles?

- Pas pour le moment officier Turner, des murmures de protestations surgirent. Je sais que cela est difficile, mais nous devons d'abord en savoir plus.

- Il est hors de question que je reste une minute de plus ici! Hurla un des civiles.

- Et vous êtes?

- Benjamin Clark, je suis venu à la demande du lieutenant Beckett pour son enquête et pas pour voir ma vie mise en péril par une menace qui peut être une simple farce!

- Je crains que vous n'ayez guère le choix Mr Gardner et au cas où l'envie vous prendrait de vouloir nous fausser compagnie, sachez que toutes les issues sont barricadées de l'extérieur et que des hommes armées sont postés devant et, si vous nous posez le moindre problème nous avons encore des cellules de disponibles! Ai-je été assez claire?

- Parfaitement claire, il tourna les talons et se dirigea vers la salle de pause, suivi par ses anciens condisciples.

- Bien ça sera tout pour l'instant.

Ils se dispersèrent en petits groupes, seul pour quelques-uns. Certains s'assirent et restèrent immobiles, le regard perdu, d'autres pleuraient dans les bras d'un ami ou de son coéquipier. C'était le cas de Lewis que réconfortait Julia comme il le pouvait. Un petit nombre s'était assis à même le sol formant deux cercles, ils se tenaient par la main et priaient. Frazer et Gardner essayaient de calmer Clark qui ne décolérait pas.

Ryan avait rejoint son bureau comme un automate, il s'était assis, avait sorti une photo de Jenny de son portefeuille et passait son pouce de façon répété sur son visage. Il ne faisait rien pour cacher ses larmes.

«Mon Dieu Jenny, j'ai tellement peur de ne jamais te revoir, je n'arrête pas de m'énumérer toutes les saloperies qui ont pu être dispersées dans l'air et ça me fout la trouille. Tu sais j'en ai vraiment envie de ce bébé, même de plusieurs, fonder une grande et belle famille. Voir nos enfants grandir, jouer, rire, pleurer….souvent. Je t'aime et j'espère que l'on aura le droit de téléphoner, j'ai envie d'entendre ta voix, ton rire surtout me manque beaucoup en cet instant.»

Dans son bureau Gates venait de terminer la liste des personnes présentes. Il y avait 12 officiers (5 femmes et 7 hommes), 2 sergents (des hommes), les lieutenants, Beckett, Ryan, Lewis, Reynolds, Adams et Rodriguez, soit un total de 6 (2 femmes, 4 hommes) les trois civils, Frazer, Clark et Garner et un consultant Castle. Avec elle, cela faisait un total de 25 personnes. Elle soupira et se saisit d'un des cadres posés sur son bureau, sur cette photo tout sa famille était présente son mari, ses enfants.

«Mon Arthur, je crois qu'aujourd'hui est la pire journée de ma vie. Je n'aurai jamais imaginé que je sois confrontée un jour à une situation aussi terrible. Que suis-je sensée faire, aurai-je la force nécessaire pour maintenir le calme parmi mes hommes alors que je suis tout autant effrayée qu'eux. Je suis condamnée à attendre que ça se passe et tu me connais je déteste ça.»

Quant à Castle et Beckett, ils étaient restés plantés là, côte à côte, leurs mains se frôlant. Puis Rick avait murmurait un suis-moi et avait pris la direction d'une des salles d'observations. Maintenant ils se serraient dans les bras l'un l'autre, Kate avait enfoui son visage dans le cou de l'écrivain et lui, avait posé sa joue sur sa chevelure qui sentait toujours aussi bon la cerise. Cela devait bien faire plus de cinq minutes et aucun d'eux n'avait prononcé le moindre mot. C'est Castle qui rompit le silence.

- À quoi penses-tu?

- À nous, à mon père….à la mort. Et toi?

- À toi, à nous, à ma fille, ma mère….et je te laisse imaginer ce que mon esprit d'écrivain a imaginé comme scénario catastrophe. Mais pour te dire la vérité, j'ai peur, je suis même terrorisé.

- Moi aussi, elle redressa la tête et plongea ses yeux dans ceux de Rick. Embrasse-moi!

- À vos ordres mon lieutenant.

Il s'exécuta avec le plus grand plaisir, leur baiser était long et passionné mais Rick rompit le contact quand un goût de sel vint se mêler au baiser. Kate avait aussitôt baissé la tête, il mit deux doigts sous son menton et l'obligea à lever les yeux. Elle pleurait ou plus exactement essayait de retenir ses larmes, il l'a serra contre lui, elle blottit sa tête sur son épaule, il lui caressa le dos du plat de la main.

- Vas-y, mon ange, pleure, je suis là.

Quelques minutes plus tard.

- Ça va mieux?

- Oui, et toi? Comment tu te sens?

- Ça peut aller…pour le moment. Viens, allons voir comment va Ryan.

- D'accord, je sens que l'on va souvent revenir ici.

- C'est quand tu veux.

Ils arrivèrent près de leur ami, il était totalement abattu, Kate s'accroupit face à lui et posa une main sur les siennes.

- Eh, ça va aller Ryan, d'accord?

- J'ai la trouille, j'aurai préféré prendre une balle.

- Je sais, nous avons tous peur. Mais nous n'avons pas le choix, la seule chose que nous avons à faire pour l'instant c'est attendre.

- C'est bien ça le problème, nous ne savons pas contre quoi nous devons faire face! s'énerva-t-il, si ça se trouve cette merde est déjà en train de nous tuer !

- Kate a raison, l'écrivain pressa sa main sur l'épaule de l'irlandais. Nous ne pouvons qu'attendre, la colère ne nous aidera pas. Allez viens, nous allons prendre un café.

- Je préfèrerai un bon verre de Whisky irlandais, réplica-t-il avec un timide sourire

Lorsqu'ils arrivèrent dans la salle de pause ils y trouvèrent Gates devant la machine à café et qui semblait rencontrer quelques soucis. Un jet de vapeur intempestif s'échappa.

- Bon sang!

- Laissez, je m'en occupe capitaine.

- Merci Mr Castle.

- Elle s'écarta pour le laisser faire et alla rejoindre Beckett et Ryan installé à une des tables.

- Vous avez des nouvelles, chef? Demanda Beckett.

- Le commissaire m'a confirmé l'arrivée d'une équipe du CDC, et il m'a aussi demandé les noms des personnes présentes dans l'immeuble.

- Et… combien sommes-nous?

- 83…

- Tenez, voilà vos cafés. Dit Rick tout en posant un plateau et prenant place avec eux.

Un silence pesant s'installa, tous buvaient leur café, perdus dans leurs pensées. Ce n'est que quelques instants plus tard que le « ding » des portes de l'ascenseur les ramena à la réalité. Ils quittèrent la salle de pause et, comme toutes les personnes présentent regardèrent les trois individus qui venaient d'arriver.

Ils portaient des combinaisons anti-bactériologiques, blues-ciel. Il y avait deux hommes et une femme, Gates alla à leur rencontre. Dans la salle tous observaient la scène en silence. Le plus grand lui tendit la main.

- Bonjour, vous devez être le capitaine Gates.

- En effet.

- Je suis le Dr Georges Watson, mes collègues le Dr Mary Darwin et le Dr Donald Hammer. D'autres médecins seront affectés aux différents services et des équipes sont en train d'acheminer nos moyens logistiques.

- Que pouvons-nous faire pour vous aider?

- En premier lieu, y aurait-il un endroit où l'on pourrait réunir les 83 personnes présentes dans ce bâtiment? Je vais vous expliquer comment notre intervention va se dérouler.

- Il me semble que la salle de sport ferait un très bon endroit, je vais prévenir les autres chefs de services…ça ne sera pas long.

- Je vous remercie capitaine.

Le médecin la suivit du regard alors qu'elle se dirigeait vers son bureau, puis porta son attention sur les femmes et les hommes présents. Il put constater que malgré la peur et l'inquiétude que l'on pouvait lire sur leurs visages, ils étaient relativement calmes. Mais à la façon où ils le dévisageaient, lui et ses collègues, il était évident que leurs tenues de protections n'avaient rien de bien rassurant et ne faisaient que renforcer leurs craintes.

Gates revint très vite, et s'adressa à tous.

- Nous allons tous nous rendre dans la salle de sport où le Dr Watson, responsable de l'équipe du CDC, va nous expliquer ce qui va être fait. Je vous demanderai à tous de continuer à garder votre calme. Merci. Se tournant vers le médecin. Docteur, si vous et vos collègues voulez bien me suivre.

Dix minutes plus tard, il prenait la parole devant une assemblée attentive à ses moindres mots.

- Bonjour à tous, je suis le Dr Watson et voici deux des autres médecins qui seront auprès de vous, les docteurs Darwin et Hammer. Je sais que vous vivez actuellement une situation stressante et angoissante, c'est pourquoi je vous demanderai de ne pas hésiter à nous poser toutes les questions qui vous viendront à l'esprit. Mes collègues et moi-même feront de notre mieux pour y répondre. Maintenant je vais vous exposer le déroulement des opérations. Sur les points techniques tout d'abord : Des systèmes d'extraction vont pomper l'air ambiant, voyant des regards paniqués. Ne vous inquiétez pas des masques à oxygène vous seront distribués mais cela ne prendra pas trop longtemps car aussitôt de l'air pur sera automatiquement envoyé. Ensuite chaque équipe affectée aux services installera notre centre de soin dans l'une d'une salle disponible. Pour le reste nous allons avoir besoin de votre collaboration, vous devrez nous aider à colmater hermétiquement toutes les fenêtres et aérations, ensuite il faudra déplacer les bureaux pour que l'on puisse installer les lits de camp. Des pièces seront également réquisitionnées pour y recevoir les malades potentiels. Un sas est en ce moment même en train d'être installé devant l'ascenseur du parking souterrain, tout ce dont nous auront besoin, vivres, médicaments sera transféré via ce sas à l'ascenseur, puis aux étages….

Il s'arrêta lorsque la majorité, levèrent instinctivement la tête pour savoir d'où venait le bruit assourdissant qu'ils entendaient subitement. Et surtout pour savoir ce que c'était. Le Dr Watson les rassura.

- Le bruit que vous entendez, vient des pales de l'hélicoptère qui en ce moment même dépose une de nos unités mobile de recherche et d'analyse sur le toit de l'immeuble. Le calme revint aussitôt, bien continuons. Sur le plan médical : Vous allez dans un premier temps prendre une douche décontaminante, vous vous servirez des douches des deux vestiaires de cette salle, nous allons coupler notre matériel à celui des douches. Des vêtements, sous-vêtements et chaussures vont seront fournis, vous déposerez vos effets personnels dans des boites prévues à cette effet, quant à vos vêtements ils seront emmenés et détruits. Comme vous irez par petit groupes nous en profiterons pour effectuer nos premiers prélèvements sanguins en vues d'analyses.

- Excusez-moi docteur, vous pouvez nous dire ce que l'on risque? questionna un des policiers.

- Je ne vous mentirai pas. Pour le moment je ne suis pas en mesure de vous répondre. Seuls les résultats de l'analyse de l'air aspiré et ceux des échantillons de sang pourront peut-être nous donner une réponse.

- Peut-être? comment ça? s'affola un autre.

- Certains virus ont une expérience de vie très courte à l'air libre, il regarde sa montre, l'alerte a été donnée il y a exactement 1h 23 minutes, il est sans doute déjà trop tard. Toutes les maladies ont des périodes d'incubations plus ou moins longues, c'est le délai entre la contamination et l'apparition des premiers symptômes. Ça peut prendre aussi bien quelques heures que quelques jours. Pour faire simple, certains d'entre vous peuvent déjà être contaminé, mais tant que votre organisme de produit pas d'anticorps pour combattre le virus, il se peut que nous ne trouvions rien dans les analyses. Les prises de sang se feront toutes les 6h00 et des équipes de 4 médecins se relayeront dans notre unité mobile pour effectuer les tests. Malheureusement….

- Si les analyses ne donnent rien, seuls les symptômes pourront vous informer sur le type de maladie contre laquelle vous devrez vous battre. Compléta Castle d'une voix atone.

- Oui, fut la seule réponse du Dr Watson.

Heureusement l'arrivée de deux personnes, eux aussi en combinaison de protection, et dont l'une d'elle poussait un chariot, sur lequel tout le monde pouvait voir de petites bouteilles d'oxygène avec leurs masques, fit diversion. L'homme au chariot, s'immobilisa au fond de la salle alors que l'autre alla parler aux médecins. Le Dr Watson reprit aussitôt la parole.

- On vient de m'informer que les extracteurs et les recycleurs d'air étaient en place. Nous allons donc procéder à l'évacuation de l'air ambiant. Une fois que l'on vous aura donné votre bouteille, je vous demande à tous de vous asseoir. Dès que votre respiration devient plus difficile, mettez votre masque, n'attendez pas. L'opération ne devrait pas prendre plus de 20 minutes, alors je vous en prie, gardez votre calme.

Tous obtempérèrent en silence, Kate, Rick et Ryan s'assirent côte à côte. Durant l'opération, d'autres hommes en bleu arrivèrent avec du matériel et se dirigèrent vers les vestiaires. Tout se passa bien, personne ne fit de malaise, curieusement beaucoup respirèrent à pleins poumons une fois qu'ils eurent retiré les masques. Au même instant les tenues étaient apportées. Le Dr Watson prit de nouveau la parole.

- Les douches sont prêtes, Messieurs je suggère que nous fassions preuve de galanterie en laissant ses Dames se changer en premier. Quant à vous, je vous demanderai de regagner vos services respectifs. Nous allons commencer les prélèvements sanguins et l'aménagement des locaux.

Tout se passa dans la calme et une heure et demi plus tard, l'immeuble tout entier avait été transformé en annexe hospitalière. La salle d'examen médicale, avait été aménagée dans une des salles de travail. Les deux salles de repos et le bureau du capitaine avaient quant à elles été préparées pour recevoir les malades. Les bureaux avaient été alignés sur deux rangées, face à face au centre de la pièce. Autour contre les murs étaient disposés des lits de camps ainsi que dans les couloirs.

Des chaises supplémentaires avaient été amenée dans la salle de travail équipée d'un téléviseur, quoi de mieux pour passer le temps que de regarder la télévision. On avait même apporté des jeux de cartes et d'échecs. Mais pour le moment tous étaient occupés à manger le repas qu'on leur avait apporté, puisque l'alerte ne leur avait pas permis de prendre leur pause déjeuner, ce dernier avait été accueilli avec joie.

Une nouvelle fois, Castle, Beckett, Ryan et Gates se retrouvaient ensemble dans la salle de pause. Tout en mangeant Rick ne pouvait s'empêcher de regarder Kate, il l'a trouvé sexy dans sa tenue qui elle, ne l'était pas. Celle que tous portaient, un pyjama de médecin bleu sur un tee-shirt à manche longue et des tennis de toile. Machinalement il sourit à la pensée qu'il venait d'avoir.

- Eh Rick! Pourquoi tu souris? Demanda aussitôt Ryan.

- Eh bien, si j'avais su qu'une « pyjama party » était prévue au 12 th, j'aurai amené des DVD et de quoi faire du pop-corn. Je…

Il s'arrêta net en se rendant compte de ce qu'il venait de dire. Il n'osait croiser le regard de Gates, se disant qu'il venait de faire encore une bourde monumentale. Mais ce qui suivit l'étonna au plus haut point, au lieu de lui hurler dessus, le capitaine faisait apparemment beaucoup d'effort pour de pas laisser échapper son rire. En vain, elle se met à rire franchement, imitée par Kate et Kevin puis par toutes les personnes présentes dans la pièce. La phrase de Castle fut répétée et bientôt se sont les 25 qui riaient de bon cœur. C'était un moyen comme un autre d'évacuer la tension nerveuse et le stress qu'ils accumulaient depuis des heures.

- Le Dr Darwin se tourna vers son supérieur.

- Je crois qu'il doit y avoir le clown de service.

- Et ils risquent d'en avoir besoin. L'analyse de l'air n'a rien donné et les premiers tests sanguins non plus.

Au même moment Esposito donnait des coups de poing rageurs sur son volant pour protester contre la mauvaise circulation. Il était un peu plus de 14h30 et il était déjà en retard. Il ne comprenait pas pourquoi ça circulait aussi mal, surtout en début d'après-midi et un dimanche. Enfin la circulation devint un peu plus fluide mais une autre surprise l'attendait à 200 mètres à peine du 12th, il fut stoppé par un barrage. Des barrières jaunes et noires condamnaient la route et des hommes du SWAT étaient postés devant celle-ci.

Il coupa le contact et avant que l'un d'eux n'arrive à sa hauteur pour lui dire de dégager, il montra sa plaque.

- Désolé lieutenant mais vous ne pouvez pas passer.

- Eh! Je bosse dans ce commissariat! Alors pousses-toi de mon chemin! Hurla-t-il d'un ton autoritaire mu par une angoisse grandissante.

Le policier s'écarta pour le laisser passer. Esposito piqua un sprint jusqu'au commissariat puis, stoppant net. Totalement figé par ce qu'il voyait, le bâtiment entier était condamné, barrière de sécurités, gardes armés. Pourtant une chose le sortit de sa léthargie, le camion noir de commandement garé à quelques mètres de lui. Il y avait aucun sigle apparemment mais il s'y dirigea d'un pas décidé. Il ouvrit brusquement la porte latérale et eut le temps de monter avant que quelqu'un ne réagisse.

Mais il n'eut pas le temps de faire un pas que deux hommes se précipitèrent sur lui pour le neutraliser. Tout ce remue-ménage fit relever la tête d'un homme qui regardait un des écrans de contrôle. Il se retourna en criant.

- C'est quoi ce bordel! Reconnaissant le latino. Lieutenant Esposito, qu'est-ce que vous foutez là?

- Agent Fallon? Il était tous aussi surpris que lui.

- C'est bon! Lâchez-le!

- Que se passe-t-il? Et si vous êtes là, ça doit être très mauvais.

- Jusqu'à preuve du contraire oui, en effet. Il attrapa Esposito par le bras. Venez, sortons de là, je vais vous expliquer.

Un fur et à mesure qu'il écoutait l'exposé de Fallon, il se sentait de plus en plus mal. Il lui fallut quelques minutes pour digérer l'info. Il sortit son téléphone dans l'intention d'appeler Ryan.

- Inutile, pour l'instant aucun échange téléphonique n'est autorisé.

- Pourquoi ? Pour éviter de propager la nouvelle via les familles?

- Oui, plus longtemps le public n'en sera rien, plus de temps nous avons pour mettre en place le plan d'urgence.

- Vous croyez encore au Père Noël à votre âge? Des passants, peut-être même un flic, n'importe qui peut prévenir les médias et d'ici demain vous allez voir fleurir les camions avec leurs antennes satellites. Il se calma et demanda, que puis-je faire pour vous aider?

- Rien… rentrez chez vous et je vous appelle si j'ai des infos. Bonnes ou mauvaises.

- D'accord.

Esposito retourna à sa voiture dans un état second, Kevin, Kate et Rick avaient leurs vies menacées à cause d'une attaque biologique ou chimique. Avec 80 autres amis, collègues et inconnus. D'un geste rageur il essuya la larme qui coulait sur sa joue. Il démarra en trombe et prit la direction de la morgue, il y fut en moins de dix minutes.

Il courut jusqu'à la salle d'autopsie de Lanie et entra, le souffle court il l'appela.

- Lanie! Lanie!

La jeune femme sortit de son bureau, surprise d'entendre la voix de Javier, qu'elle avait quitté il y avait moins d'une heure. Et pourquoi criait-il son nom. Mais lorsqu'elle vit les larmes, et l'air désemparé de ce dernier, elle comprit aussitôt qu'il devait ou avait dû se passer quelque chose de terrible. Elle s'approcha de lui, il était incapable de parler, elle le serra dans ses bras le temps qu'il retrouve son calme. Après quelques minutes il s'écarta.

- Je… j'ai une mauvaise nouvelle Lanie.

- Kate? s'inquiéta aussitôt la jeune femme.

- Pas qu'elle, Kevin, Rick, Gates et d'autres. Ils sont 83 en tout! Mon Dieu Lanie c'est horrible.

- Écoutes Javier, si tu ne veux pas finir sur une de mes tables! Dis-moi ce qu'il s'est passé! s'emporta-t-elle sous le coup de l'émotion.

- L'alarme des attaques biologique ou chimique c'est déclenché à 11h28 au 12th!

- Oh Javier, c'est…elle ne termina pas sa phrase et se blottit dans les bras de son petit ami en larmes elle aussi.

Lorsqu'elle se fut un peu calmée, Esposito lui répéta tout ce que Fallon lui avait dit. Lanie, demanda à un collègue de la remplacer. Elle et Esposito devait prévenir les familles de leurs amis et pas questions de le faire par téléphone. Ce furent les trois visites les plus dures de leur vie.

Il était plus de 20h00 lorsqu'ils arrivèrent à l'appartement de Lanie, aucun des deux ne voulant rester seul. Ils n'avaient pas eu besoin d'aller voir Alexis à la fac, car elle était passée au loft voir sa grand-mère.

Au commissariat les médecins s'apprêtaient à faire de nouveaux prélèvements et les « patients » essayaient de s'occuper comme ils pouvaient. Une longue soirée s'annonçait.

- Castle s'approcha de Kate et de Kevin en brandissant un jeu de carte.

- Qui est partant pour un poker?

- Ok pour moi dit Ryan.

- Pour moi aussi dit Kate.

- Je veux bien jouer aussi, il paraît que vous êtes un joueur de poker redoutable Mr Castle…. Nous allons voir ça.

- Un défi capitaine? Excellente motivation.

- Et on mise quoi? Demanda Ryan

- Tenez, j'ai pris ça au distributeur. Il pose des maxi sachets de m&m's sur une table. Chacun le nôtre.

- Très bien, et si nous allions jouer dans une des salles d'interrogatoire?

- Pourquoi capitaine? Auriez-vous peur que vos hommes vous voient perdre?

- Ne soyez pas trop sûr de vous Monsieur Castle.

- Eh bien, s'ils sont comme ça toute la partie, ça promet murmura Ryan à Kate.

- On peut toujours leur manger leurs bonbons, proposa Kate, ce qui fit sourire l'irlandais.