Me revoilààà :)
J'ai l'honneur de vous présenter un chapitre complètement inutile à l'intrigue mais que j'aime beaucoup (allez savoir pourquoi). J'espère qu'il en sera de même pour vous.
Bonne lecture !
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Chapitre sept
D'après les renseignements que Nami avait pu tirer à une petite vieille terriblement riche à qui elle avait, pour finir, cambriolé la boutique – au grand dam d'Usopp qui lui avait reproché de cambrioler aussi bien les pirates que les honnêtes marchands. Elle lui avait répliqué que vu les prix qu'affichait cette boutique, la vieille était également une voleuse et qu'il n'y avait donc pas de mal à la cambrioler –, la prochaine île se trouvait à une journée de navigation pour un bâtiment de la Marine. Ainsi, les pirates devaient, eux, en prévoir deux. Mais la rouquine avait compté sur le soleil et le vent. Or, dès que leur bateau avait pris la mer et était sorti de la zone maritime qui entourait l'île, la titanesque tempête qu'avait pressentit Nami leur était tombée dessus et ils avaient perdus un jour.
La mer avait d'abords été déchaînée pendant une journée. Ça avait été une lutte de tous les instants d'empêcher le navire de dériver et les membres de l'équipage de tomber à l'eau. Il pleuvait tellement que les possesseurs des pouvoirs de fruits du démon s'en trouvaient affaiblit. Ils pouvaient toujours se déplacer et effectuer leurs taches habituelles mais leurs forces étaient diminuées. C'était assez handicapant aussi Nami leur avait-elle ordonné d'effectuer leurs travaux à l'intérieur. Évidemment, Luffy avait refusé net.
Il avait failli tomber trois fois à l'eau en une journée. La première fois, il se trouvait sur le pont lorsqu'une grosse vague avait balayé le navire et le capitaine ne devait la vie qu'aux réflexes surhumains de son second qui l'avait rattrapé alors qu'il basculait par-dessus la rambarde. La deuxième fois, il courait dans les gréements quand le Sunny avait piqué du nez entre deux vagues. Déséquilibré il avait chuté mais avait réussi à s'accrocher au mat. Sa faiblesse ne lui avait pas permis de reprendre pied correctement et il s'était écrasé sur le pont mais au moins était-il toujours sur le navire. Excédée, Nami lui avait ordonné de rester près d'elle avec tellement de force qu'il lui avait obéit d'un air terrorisé.
Il se trouvait derrière elle quand il avait failli mourir pour la troisième fois consécutive. La navigatrice était passablement énervée et fatiguée par cette longue journée et tentait comme elle pouvait de maintenir le cap alors que son capitaine exécutait tous ses ordres dans un périmètre de cinq mètres autour d'elle. Elle lui avait ordonné de retendre les cordages de la grande voile quand une trombe d'eau s'était déversée sur sa tête. Transi de froid, elle avait mis quelques secondes à réagir puis s'était précipitée là où elle avait vu son ami pour la dernière fois. Il était passé par-dessus bord mais était resté accroché à la corde qu'il était censé retendre et Nami avait facilement put le repêcher.
Terrifiée à l'idée de ce qui aurait pu se passer, elle avait piqué une crise de nerf sur lui avant de s'apercevoir qu'il était tout aussi énervé qu'elle. Il détestait être faible dans des moments comme celui-là et pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, il maudissait son fruit du démon. Avec stupéfaction, Nami s'était rendus compte qu'elle aussi détestait quand son capitaine était si faible. Non parce qu'ils étaient obligés de le sauver, c'est évident. De toute façon il était tellement bête que même quand il faisait beau il trouvait le moyen de passer plusieurs fois par jour par-dessus bords. Non, elle détestait ça car il risquait à chaque fois de mourir et qu'elle ne pouvait même pas imaginer cette possibilité sans se mettre à trembler de peur. La mort de Luffy ? Tsss, n'importe quoi ! Sauf qu'il était une telle tête de mule que malgré tous les dangers qu'il courait, le garçon refusait toujours catégoriquement de rentrer dans les entrailles du navire. C'était à désespérer.
Bref, à la fin de la première journée le vent avait cessé de souffler et la mer s'était enfin calmée. L'équipage avait donc pu décompresser. Zorro, Sanji, Usopp et Franky étaient tous simplement exténués, autant voir plus que la navigatrice puis qu'ils avaient passé leur journée à courir sous la pluie pour exécuter ses ordres. Tout le monde était très vite allé se coucher. Mais si l'océan avait terminé de crier sa colère, le ciel, lui, continuait de pleurer l'équivalant d'East Blue sur leur tête. Et cela ne s'était pas arrêté.
C'était assez étonnant en vérité que de voir un océan parfaitement calme battu par la tristesse des cieux. C'était comme regarder à travers une vitre sur laquelle il pleut, mais sans paysage derrière. Il n'y avait que du gris, du gris et du gris. Et ce fut ça pendant les deux jours qui suivirent.
Nami n'avait rien contre la pluie, au contraire, elle adorait ça. Mais pas pendant trois jours ! Cela confinait l'équipage à l'intérieur du bateau et très peu trouvaient ça agréable. Luffy devenait proprement intenable et les autres restaient sur les dents. Mais ce qui mettait le plus à mal les nerfs de l'équipage, c'était le bruit. Entendre le son de l'eau tambouriner contre le bois à longueur de journée était tout bonnement insupportable !
Aussi, lorsque Nami se réveilla au matin du troisième jour de voyage et qu'elle constata que la pluie n'avait toujours pas cessé, elle poussa un profond soupire de découragement. Trop d'eau c'était mauvais pour ses mandariniers ! À en juger par le peu de lumière qui filtrait par la fenêtre, il devait être tôt. D'ailleurs, le seul fait que l'on n'entende pas Sanji hurler à Luffy de sortir de la cuisine suffisait à fixer sur l'heure. Il était très tôt.
Quittant la chaleur épaisse de la cabine sans éveiller Robine, la navigatrice se rendit à la cuisine. Là, le cuistot était déjà en train de préparer le petit déjeuner.
« Bonjour ma Nami-chérie ! Tu es bien matinale ! Est-ce pour me voir seul à seul que tu t'es levée si tôt ?
- Tais-toi et sert moi mon chocolat. »
Sans faire attention au caractère de la rousse, le jeune homme posa une tasse de chocolat fumant devant elle. Il l'avait préparée en avance exprès, pour qu'elle n'ait pas à patienter. Il ne fallait jamais prendre garde à l'humeur de Nami au réveil car elle était systématiquement de mauvais poil.
Une fois sa tasse dans les mains, la rouquine se détendit.
« Merci Sanji, souffla-t-elle en souriant. Tu es très gentil.
- Je suis le plus heureux des hommes ! » Hurla le blond par la fenêtre, à qui voulait bien l'entendre – c'est à dire personne –.
Une fois qu'elle eut terminé de déjeuner, la navigatrice enfila un imperméable et se rendit sur le pont arrière. La pluie battante la surprit non par sa violence mais par sa température. Elle était chaude ! Pas brulante, mais chaude tout de même. Nami resta quelques secondes immobile, digérant l'information puis haussa les épaules. Après tout ils étaient dans le nouveau monde. Tout était possible.
Elle grimpa rapidement les marches en songeant à Franky qui avait sans doute passé la moitié de sa nuit sans pouvoir sortir de la vigie. Le pauvre ! Six heures ! Pour quelque chose d'inutile en plus puisque l'obscurité plus la pluie empêchaient la moindre visibilité. Mais personne n'échappait à son tour de garde. C'était une règle qu'avait édicté Nami dès le début de leur aventure, lorsque l'équipage se réduisait encore à Luffy, Zorro, Usopp, le Vogue-Merry et elle. Elle y tenait.
En arrivant sur le pont arrière, un grand sourire naquit sur ses lèvres. Ses chers mandariniers étaient tout simplement magnifiques ! Le vert tendre de leurs feuilles formait comme une tache mouvante de couleur au milieu du gris ambiant et ils semblaient rayonner d'une étrange lumière intérieure. L'odeur de terre et d'herbe mouillée qui s'élevait de leurs pots ravie Nami au plus haut point.
Elle s'adossa à la rambarde et se remémora mélancoliquement les jours de pluies de son enfance qu'elle passait dans sa maison avec Nojiko et Belmer. Qu'ils lui semblaient loin ces instants où rien ne comptait que le moment où la pluie cesserait de tomber et où elles pourraient, elle et sa sœur, aller sauter dans les flaques et chercher des grenouilles.
Ce fut Luffy qui la tira de sa rêverie en s'accoudant à ses côtés. Cet idiot n'avait pas mit d'imperméable et ses vêtements étaient d'ores et déjà trempés. Il fixa un instant l'horizon avec application puis regarda Nami d'un air interrogateur.
« Tu regardais quoi ?
- Rien, répondit-elle en souriant. Je rêvais. C'est tout.
- Tu me racontes ? »
Nami fixa son capitaine d'un air septique. Celui-ci avait posé sa tête dans ses mains et ses coudes sur la rambarde et la regardait avec de grands yeux brillants. On ne faisait pas plus gamin comme attitude.
« Laisse tomber, soupira-t-elle. Tu ne pourrais pas comprendre.
- Dis tout de suite que je suis idiot ! Protesta le garçon.
- Beeeen… C'est pas loin.
- Aller ! Dis moi à quoi tu rêvais !
- Je me rappelais les journées de pluie de mon enfance. C'est tout. Tu vois, rien de bien passionnant. »
Luffy regarda le vide pendant quelques secondes, puis un sourire nostalgique fleurit également sur ses lèvres.
« Moi aussi je me souviens… Quand il pleuvait, on allait à la rivière et on passait des heures à s'amuser. Tu sais que l'eau est plus chaude quand il pleut ? »
Nami était étonnée par le ton et l'air de son capitaine. Il était rare de le voir penser à autre chose qu'à la bouffe où à l'amusement. Or là, il semblait perdus dans les brumes du passé et à l'observer ainsi, fixant l'horizon avec nostalgie et les yeux brillants des souvenirs d'un frère disparu, Nami sentit un étrange sentiment lui nouer les tripes. Elle se rapprocha de lui et colla son épaule à la sienne pour lui communiquer un peu de chaleur.
« En vérité, expliqua-t-elle, l'eau n'est pas plus chaude. C'est juste que notre corps est déjà mouillé. Il y a donc moins de différence entre notre température corporelle et la température de l'eau. C'est pour ça qu'on la trouve plus chaude.
- Des fois on arrivait à attraper des poissons ! S'exclama Luffy qui ne semblait pas du tout l'avoir écouté. Mais la plupart du temps ils étaient bien trop rapide pour nous ! »
Nami s'apprêtait à le frapper puisqu'il n'avait rien entendu de son explication mais l'éclat de rire de son capitaine arrêta son geste.
« On était vraiment des empotés, s'exclama le brun. Incapables d'attraper un poisson ! Non mais quels manches !
- C'est vrai qu'on s'amusait beaucoup quand il pleuvait, soupira la rouquine en laissant un sourire naître sur ses lèvres et en baissant le bras. Nojiko et moi, on partait à la chasse à la grenouille.
- Vous aussi vous chassiez ! S'enthousiasma Luffy. Comme nous ! On était plus doués que pour la pêche d'ailleurs. On ramenait des crocos gros comme ça ! »
A l'image de deux gamins trainant des crocos aussi énormes que l'indiquaient les bras élastiques du garçon, l'image que Nami se faisait de l'enfance de son compagnon éclata en mille morceaux. Mais où avait-il grandit pour être à côté de crocodiles de cette tailles ?!
« Espèce d'idiot ! S'écria-t-elle en lui donnant un coup sur le crâne. Les chasses qu'on faisait avec ma sœur n'avaient rien à voir avec les votre ! C'était bien trop dangereux !
- Bah, fallait bien qu'on bouffe ! » S'écria Luffy comme si c'était une évidence.
Un nouveau coup sur l'enfance du garçon idéalisée par Nami. Quelle avait été sa vie avant qu'il ne devienne pirate ?!
« A propos de bouffe, reprit-il. J'ai faim.
- Quoi, tu n'as pas encore mangé ? S'étonna la navigatrice.
- Nop.
- Tu veux dire que tu es capable de ne pas te ruer directement dans la cuisine lorsque tu te lèves ? Se moqua-t-elle alors qu'il s'éloignait. Tu m'impressionnes.
- Oh, et puis ne t'en faire pour moi, Nami ! Lui lança-t-il en disparaissant entre les mandariniers. A nous trois on les éclatait ces crocos ! »
La rouquine fronça les sourcils. A nous trois ? Qui ça nous trois ? Ace plus lui, ça faisait deux. En plus d'être idiot il ne savait pas compter ?
Soudain, un changement dans l'atmosphère écarta cette question de ses pensées en lui indiquant deux choses. D'abords, ils venaient d'entrer dans la zone maritime de la prochaine île. Ils arriveraient dans la journée. Ensuite, que la pluie avait enfin cessé de tomber.
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Voilà donc vous voyez qu'il ne sert à rien, mais j'aime bien cet échange de souvenirs, je suis assez fière de moi :)
