Bonjour, lecteurs,
Ce chapitre portera sur l'arrivée de Severus à Privet Drive. Il y découvrira quelque chose de terrifiant... De quoi peut-il s'agir, à votre avis, lecteurs?
Bonne lecture,
Severus se sentait énervé. Il espérait de tout cœur que Lily disait la vérité. Sinon, elle perdrait sa confiance, qu'elle soit une ancienne amie ou non.
Lorsqu'il arriva devant la maison du numéro 4, Privet Drive, de Little Whinghing, il éprouvait une sorte d'appréhension. Il s'agissait de la maison de Pétunia Evans, la sœur de Lily, l'horrible pimbêche qui se moquait de lui, avec sa bande de copines toutes plus écervelées les unes que les autres.
Autant dire qu'il n'avait pas particulièrement envie de la revoir. Quoique, le temps avait passé, elle avait peut-être évolué en mieux, qui savait?
Le regard fermé, il sonna à la porte.
Vernon Dursley exultait. Le gamin n'avait pas réussi à s'enfuir, ça non. Il avait réussi à l'aide de Pétunia et de son fils, à le capturer et à l'empêcher de monter dans la voiture volante bleue turquoise, qui par un malheureux hasard était tombée sur le sol.
Les trois garçons roux qui s'y trouvaient s'étaient alors écrasés sur le sol, mais par chance, ils étaient encore vivants. Ils n'avaient pas pu s'enfuir, Pétunia et Dudley les avaient rattrapés et les avaient enfermés dans le placard sous l'escalier. L'homme au visage de morse en était satisfait. Qu'ils crèvent, ces monstres! se disait-il en se frottant les mains.
Les petits délinquants avaient essayé de s'enfuir, mais Vernon les avait solidement ligotés et bâillonnés. En outre, il avait découvert qu'aucun d'entre eux, bien qu'ils fussent des sorciers, ils n'avaient pas de baguette magique sur eux. Étant mineurs, ils n'avaient pas le droit de faire de la magie en dehors de l'école, de toute façon.
Profitant de cette faiblesse, il avait arraché le plus jeune des trois rouquins des mains de ses frères, malgré les lamentations inaudibles de ces derniers, et l'avait tiré par l'oreille, avant de lui ordonné de préparer le petit déjeuner. Ensuite, il avait demandé à Pétunia, qui avait caché les affaires magiques du jeune Potter dans la chambre qu'il partageait avec elle,y compris sa baguette, de chercher l'orphelin.
Elle avait alors intimé au garçon de le suivre et de préparer le petit déjeuner avec le rouquin, en silence.
Vernon n'avait cessé d'humilier les deux garçons, à tel point que le rouquin avait fondu en larmes, suivi par le jeune Potter. Des larmes de rage, de dégoût, de fureur, de culpabilité, d'angoisse...
Ce matin, l'aurore s'était levée, pâle, comme un enfant malade. Elle observait les larmes de quatre jeunes garçons, qui pleuraient, versant des larmes amères. Les jumeaux, quand à eux, pleuraient aussi de n'avoir pas réussi leur coup. Ils se demandaient ce qu'ils allaient devenir. Reverraient-ils leur famille? Pourvu que Harry et Ron s'en sortent, pensaient-ils tout bas, pourvu qu'ils s'en sortent...
Entendant la porte sonner, Vernon envoya Harry ouvrir. Celui-ci s'approcha de la porte, l'ouvrit et faillit hurler. Non ce n'était pas possible! Même dans ses pires cauchemars, cela n'était pas arrivé.
Severus Snape se tenait dans l'encadrement de la porte.
Harry resta tétanisé de peur. Qu'avait-il fait pour mériter cela?
Ron et ses frères avaient tenté de le sauver, la veille; malheureusement, ils n'avaient pas réussi. Le morse avait gagné. Ils étaient à sa merci, à présent.
Et, maintenant, la chauve-souris des cachots le toisait de toute sa hauteur. Ses yeux noirs brillants faisaient face aux prunelles vertes du garçon.
Le professeur se potions l'observa avec un rictus méprisant:
"-Alors, Potter, que se passe-t-il? On a oublié les bonnes manières?", lança-t-il avec une ironie moqueuse.
Harry se contenta de le fusiller du regard.
Il put ainsi lire dans les pensées de l'enfant. A sa grande horreur, il se rendit compte que Lily avait eu raison.
Potter n'avait lancé aucun sort de Lévitation. C'était bel et bien Dobby qui l'avait lancé, faisant punir ainsi le gamin à la cicatrice en forme d'éclair. Potter avait été traité en véritable criminel. La fenêtre de sa chambre portait des barreaux, telle une cellule de prison. Puis les jumeaux Weasley et Ron étaient venus le tirer de cet enfer. Ils n'avaient pas réussi. Les geôliers les avaient capturés. Maintenant, Ron Weasley était astreint aux mêmes tâches que le jeune Potter. Les jumeaux étaient enfermés dans le placard sous l'escalier, celui où il avait été enfermé pendant toute son enfance, avant d'occuper récemment la deuxième chambre de son cousin.
Il était écœuré. Les Dursley étaient de véritables monstres.
Il n'eut pas le temps de méditer davantage. Vernon Dursley écartait son neveu et criait, à présent, en direction du maître de potions.
"-Sortez d'ici, espèce de sale anormal."
"-Anormal ou pas, je crains que nous devions parler très sérieusement. Dursley."
"-SORTEZ D'ICI!, beugla le morse.
Snape se contenta de le toiser d'un air glacial.
Soudain, quelque chose d'insolite se produit. Harry Potter éclata de rire.
Soudain, Ron Weasley, qui venait de le rejoindre, écarquilla les yeux en voyant qui se tenait devant eux, les regardant d'un air grave. L'homme au nez crochu, aux cheveux gras. Le directeur de Serpentard. A côté, il remarqua que Harry était en train de rire, sans pouvoir s'arrêter.
La situation lui parut tellement loufoque. Severus Snape, dans une maison moldue, il y avait de quoi éclater de rire. Ils ne savaient pas que l'individu connaissait le monde moldu.
Il se mit à rire, lui aussi, d'un rire de désespoir, de folie. Non, ce n'était pas possible. Ils devaient rêver.
"-Je crains que votre maison ne perde des points encore cette année, mes amis, lança le professeur d'une voix veloutée.
"-Ma maison ne perdra pas de points, rugit Dursley. Elle est la première dans le championnat de la plus belle pelouse de banlieue. Elle ne peut pas en perdre, c'est impossible."
"-Je ne parle pas de votre domicile, Dursley, je parle de la maison de ces garçons à Poudlard, répondit Severus d'un ton velouté. Or,il semble que cela ait du mal à rentrer dans votre cerveau ultra-performant. D'ailleurs, j'ai quelque chose à faire."
Il sortit sa baguette au moment où une femme blonde au visage chevalin entrait dans le couloir.
Celle-ci se mit à hurler en voyant le nouveau venu.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHGGGGGGGGGGGGGGGGHHHHHHHHHHHHH!
Les garçons, qui avaient cessé de rire, se mirent aussitôt les mains sur les oreilles. Son mari se mit à beugler.
"-Quelle ferme, vraiment!, insinua le professeur de potions. Vous n'avez jamais songé à ouvrir une ferme, Dursley? Cela vous aurait rapporté bien plus que les perceuses, j'en suis sûr."
Pétunia, qui avait repris ses esprits, cria:
"-Toi. Qu'est-ce que tu fiches ici, toi? Sors d'ici, espèce de vaurien, de brigand, de gibier de potence."
Harry, stupéfait, n'y comprenait plus rien. C'est comme si les mondes qu'il connaissaient s'étaient rencontrés de façon floue, brouillée. La tante Pétunia connaissait le monstre des cachots de Poudlard.
"-Vous vous connaissez?", demanda-t-il, avide d'en savoir plus.
Alors, comme cela, Pétunia Dursley connaissait le professeur Snape.
"-Malheureusement, Potter, répondit Severus. Vous voyez que nous avons des relations cordiales, en effet."
Saisissant l'ironie dans les propos de l'enseignant, Harry ne s'en posait pas moins de questions. Que faisait Snape ici? Pourquoi était-il venu? Décidément, son été ne s'était pas du tout bien passé.
Soudain, le professeur s'approcha, d'un pas menaçant, vers Pétunia et tendit sa baguette vers elle, puis commença d'une voix amère, où perçait la colère et peut-être de la tristesse:
"- Seigneur. Son propre fils. Comment as-tu osé faire cela , Tunie? Tu..."
"-Ne m'appelle pas comme cela, vieux lézard rancunier."
"-Tu peux m'appeler de tous les noms que tu veux. Celui-là, je suis sûr que tu ne l'as pas inventé."
Il avait vu juste, en effet. Il avait lu dans ses pensées, et à sa plus grande déception, il s'était aperçu que la jeune fille rousse qu'il aimait tant l'avait qualifié ainsi.
Flash-Back
11 juillet 1976,
Lily était revenue à Cokeworth. Elle lisait à présent dans sa chambre. Pas de la magie, non, de la littérature. Elle avait besoin de s'évader un peu.
Pétunia était entrée, d'un air suffisant.
"-Qu'est-ce que tu fais, Lily? , avait-elle lancé. Tu lis. Voyons,ça sert à rien la littérature."
"-Cela m'enrichit au cas où tu ne l'aurais pas compris, Tunie, avait rétorqué la jeune rousse.
Le livre qu'elle lisait s'intitulait "La Maison de Bernarda Alba", écrit par Federico Garcia Lorca.
"-Tu ne peux pas lire en espagnol, c'est impossible."
"-A l'école, j'ai jeté des sorts de traduction automatique sur ces livres. Ils ont marché, et ils tiennent."
Pétunia s'était renfrognée, une moue méprisante sur le visage. Puis elle avait repris:
"-Tu le vois, ton copain?"
"-De qui tu parles?"
"-Ne me dis pas que tu ne sais pas? Voyons. le fils Snape, de Spinner's End .Tu es tout le temps fourrée avec lui."
Lily s'était relevée, elle avait fixé sa sœur dans les yeux, le regard glacial, puis avait répondu d'un ton froid:
"-Ne me parle pas de ce vieux lézard rancunier. Il a choisi sa voie, j'ai choisi la mienne. Ne me parle plus de lui. Jamais.
Plus tard, Pétunia avait vérifié dans la pièce de théâtre que Lily lisait. En effet, le personnage principal était qualifié de "vieux lézard rancunier" ( " vieja lagarta recocida" en espagnol) par l'un des autres personnages.
Ainsi, la légilimancie peut être une des meilleures alliées, mais elle peut aussi s'avérer redoutablement destructrice. Severus était profondément blessé de voir qu'elle l'avait qualifié ainsi. Certes, c'était il y a longtemps. Elle avait sans doute eu raison. Cependant, il en éprouvait une vilaine blessure au cœur. Car l'insulte, aussi méchante soit-elle, ne manquait pas de vérité, en ce qui le concernait.
Il se fichait de recevoir des insultes d'autrui, à condition que celles-ci ne puissent pas l'atteindre.
Malheureusement, les insultes de Lily l'atteignaient profondément.
D'une voix amère, il lança en direction de Pétunia:
"-Je te rappelle, pour ton information, que toi, tu ne vaux pas mieux. Tu as maltraité le fils de ta propre sœur...
"-Ce n'est PLUS ma sœur."
"-... et tu l'a honteusement exploité. Le fils de Lily. Alors, on se demande qui est le plus critiquable de nous deux, toi ou moi."
Pétunia était pétrifiée. Elle ne pouvait dire mot. Idem en ce qui concernait son mari.
Soudain, Harry brisa le silence.
"-Professeur Snape, vous connaissiez ma mère?"
Severus se tourna vers lui et lui adressa un regard qu'il ne lui avait jamais adressé auparavant. Un regard grave, réfléchi, mais où le dégoût ne perçait plus. A la place, on y voyait une sorte de nostalgie amère.
"-Oui, Potter, je connaissais effectivement votre mère.", lui dit-il dans un murmure pensif.
Puis reprenant sa voix sèche, il tendit sa baguette vers le cagibi sous l'escalier, en ouvrit la porte, et ce qu'il y vit le consterna.
Les jumeaux Weasley étaient dans un état alarmant. D'un geste glacé, le professeur de potion envoya un maléfice du Saucisson informulé aux Dursley puis sortit les jumeaux Weasley qui s'exclamèrent en chœur:
"-Ça alors!
"-Devine qui vient nous sauver, George!
"-Une gentille chauve-souris graisseuse."
Snape leva les yeux au ciel en entendant la moquerie. Il se promettait de grappiller quelques points à Gryffondor, à la rentrée. De ça, il n'allait pas s'en priver.
Une heure plus tard, la police était venue arrêter Vernon et Pétunia Dursley pour maltraitance envers leur neveu et envers les trois Weasley. Leur fils avait été confié aux services sociaux. Severus avait soigné les jumeaux, Harry et Ron. Or, des traces psychologiques resteraient. On ne pouvait oublier une telle violence.
Cependant, les quatre garçons se posaient des questions. Pourquoi Severus Snape était-il venu les sauver, lui, le professeur le plus craint de Poudlard?
"-Professeur, demanda Ron, pourquoi êtes-vous venu?"
"-Je venais sur ordre du Professeur Dumbledore, lança-t-il, pour vous emmener au Terrier. Il s'agit de votre adresse, n'est-ce pas?,ajouta-t-il en direction des jumeaux.
Il s'agissait bien sûr d'un mensonge, mais il n'en avait cure. Le fêlé du citron accepterait de toute façon cette excuse.
"Les trois rouquins se regardèrent, terrifiés.
"-Comment va réagir Maman?"
Sous son masque insondable,le professeur de potions jubilait. Il attendait de voir la tête de Molly Weasley. Il était sûr qu'elle se mettrait dans une colère pas possible contre ses enfants. Pour rien au monde, il n'aurait voulu manquer un tel spectacle.
Pendant ce temps-là, dans la maison de son ancien ami,Lily attendait, avec angoisse. Pourvu, pourvu que Sev' agisse à temps, se disait-elle en se serrant les mains. En tout cas, elle était sûre d'une chose. Elle lui avait dit la vérité.
Alors,chers lecteurs, comment trouvez-vous ce chapitre?
Je me ferai un plaisir de répondre à vos reviews, vos remarques, vos questions.
