Merci à ceux qui m'ont laissé des reviews, et ceux qui lisent cette fiction. Voici la suite avec un peu de retard.
Plongée dans un sommeil sans rêve, je sens quelque chose me secouer. Au début, ce n'est pas très fort. Puis au fur et à mesure, j'ai l'impression qu'on cherche à me faire tomber. J'ouvre les yeux et découvre une perruque bleue, un tailleur rose pâle et des bijoux bleus me secouer. Je pousse un soupir d'énervement quand j'entends la voix fluette de Fiona. "Debout paresseuse ! Il est temps pour toi te découvrir ton équipe de préparation, ainsi que ton styliste personnel. Aller, dépêche-toi un peu !"
J'essaie de me lever, mais mon hôtesse est presque sur moi. Je lui demande de se retirer de mon lit. Elle s'exécute et part dans une autre pièce. Elle va sans doute réveiller Cato. Je l'avais presque oublier celui-là. J'espère seulement qu'on ne se rencontrera pas beaucoup avant le défilé de char.
Je me dirige vers la salle de séjour où se trouve Enobaria et Brutus. Tous deux me saluent et retourne à leurs occupations. J'aime beaucoup le fait qu'ils nous fassent confiance. Ils savent que nous sommes déjà entraînés, ce qui fait que nous avons un net avantage sur les autres tributs.
Je m'assois à table, et découvre toutes les choses dignes d'aller dans mon estomac. J'avale le maximum de chose, puis retourne dans ma chambre. Dans le couloir, je croise Cato. Il plonge ses yeux dans mon regard. Et c'est tout. Je rentre dans ma chambre en me demandant pourquoi c'était tout. Il aurait pu me saluer, faire un hochement de tête amical ou je ne sais quoi d'autre.
Mais que m'arrive-t-il ? Non, je ne veux pas qu'il soit amical envers moi.
A peine ais-je mis en pied dans ma chambre, qu'on me saute dessus. Des clowns du Capitole, très excentriques, multicolores, se pressent autours de moi. Ils sont trois. Un homme aux cheveux doré, une femme avec une perruque rose bonbon, et une autre avec une perruque orange. L'ensemble de voix aigües agressent mes tympans. Les trois préparateurs font des compliments sur la merveilleuse couleur noir de mes cheveux, mon teint parfait parsemé de minuscules tâches de rousseurs, mes yeux couleur cendre ... Tout y passe. J'ai à peine le temps de placer une phrase qu'on me prend les bras, on m'entraîne dans le salon où je vois un sourire aux lèvres de Fiona, ainsi qu'un amusement sur le visage de mes mentors. Enobaria rigole en me voyant avec mes préparateurs des deux côtés. Elle me souhaite un "bonne chance" puis je m'enfonçe dans l'ascenseur.
_Où allons-nous ? je demande.
_Dans la salle de transformation, répondit l'homme. On va pouvoir faire des merveilles avec une si jolie jeune demoiselle.
Je peux pousser un soupir d'énervement, leur dire qu'être jolie n'était pas la raison de ma venue, mais je n'en fis rien. Je leur fais un petit sourire qu'ils semblent adorer. Après tout, si un peu de maquillage, une jolie robe peut me faire gagner des sponsors, je ne suis pas contre. Surtout que là, c'est le défilé de chars. Habituellement, les tributs de notre district sont toujours habillés en guerriers ou bien en terrifiant personnage qui inspirent le respect dès le premier regard.
Après avoir descendus je ne sais combien d'étages, on se retrouve dans un sous-sol aménagé. Il y a plusieurs compartiments séparés par des rideaux. Mes préparateurs m'installent sur une table en me demandant de me déshabiller. Je m'exécute. Une des femmes prend ma main est commence à me les limer les ongles, l'autre brosse mes cheveux, et l'homme commence à m'épiler à la cire. Les minutes passent, et je commence à m'habituer aux conversations incessantes et futiles de ces clowns. Ils recommencent ensuite à me complimenter. Ils disent qu'ils pensent vraiment que je vais gagner, et que les tributs des deux premiers districts sont déjà très connus.
_Votre entrée au Capitole était splendide, dit celle aux cheveux rose.
_Je te préfère largement à la fille du 1. Elle ressemble plus à une nunuche qu'à une guerrière de ta trempe, mon trésors, rajoute l'homme.
Leur travail terminé, ils me font lever, enfiler un peignoir, et m'emmènent dans une salle qui est réservée pour un entretien avec mon styliste.
Je m'assois sur la table de préparation. Je touche mes jambes parfaitement épilées. Je regarde ma peau blanche. Je me demande alors si le sang ressort plus sur une peau clair, ou sur une peau foncée. Est-ce que le sang est de couleur différente pour chaque personne ? Y a-t-il plusieurs teintes de rouge pour ce liquide ? J'aurais le plaisir de voir tout ça dans l'arène, où je ferais couler des litres de sang. Je m'imagine mes couteaux à la main, trempée du sang de mes adversaires. Donnerai-je une mort lente ou rapide pour chaque tribut ? Dans les Hunger Games, il faut donner du spectacle. Je ferai pleurer mes victimes. J'entendrai leurs supplications de les laisser tranquille, de ne pas leur faire de mal. Et au moment où ma lame rencontrera leur petit visage remplit de peur, et que le premier filet de sang coulera, je repenserai à toutes les fois où j'ai entendu mon père me dire que je serai gagnante des Hunger Games. Je ferai durer ce plaisir. Toutes les caméras seront braquées sur moi. C'est moi qui fera le plus beau spectacle pour tous ces idiots du Capitole qui n'auront plus que de l'admiration pour moi.
C'est en plein dans cette merveilleuse pensée qu'un homme rentre dans la salle. Il aborde un magnifique sourire blanc. Sa perruque jaune brillante me donnerai presque envie de vomir mon petit déjeuner. Il s'approche de moi, et me regarde pendant une bonne minute. Il dit ensuite :
_Tu es parfaite. Les costumes élaborés vont t'aller comme un gant, dit-il sur un ton très contradictoire avec son allure excentrique.
_Merci, je dis simplement.
_Je ne me suis pas présenté. Je suis Jonis, ton styliste personnel. On sera amené à se voir souvent à partir de maintenant.
_Moi c'est Clove.
_Oui je le sais. Notre futur gagnante. Alors, dis-moi. Comment imagine-tu ton costume pour le défilé de char ?
_Je ne sais pas. Je ne suis pas styliste. C'est votre travail, pas le mien.
_Elle a un sacré caractère, s'émerveille-t-il. Je suis ravie de pouvoir travailler avec toi. Tu sera habillée en guerrière des temps anciens. Pour élaborer ce costume, il nous a fallu, à Cally et à moi, remonter très loin dans l'histoire de l'humanité. Au temps des romains il me semble. Assez parler, viens enfilé ce qu'on t'a préparé.
Il me fait lever, et m'aide à enfiler ma tenue. L'équipe de préparation revient, me coiffe, me maquille très légèrement, et me met un casque similaire à ceux que portais les gladiateurs, d'après Jonis. Il me place devant un gigantesque miroir où je me vois enfin. Je porte une tenue en métal doré, un casque assortit. Mon visage est mit en valeur.
Enobaria fait alors son entrée. Elle complimente le travail du styliste, puis se tourne vers moi.
_Alors Clove, comment trouves-tu ton costume ? elle me demande.
_Il est plutôt bien, je lui répond.
_Parfait, me sourit-elle de ses magnifiques dents limées. Durant le défilé, je veux que toi et Cato ne fassiez aucun sourire. Tu pourras saluer la foule, mais sans mouvement brusque. Tu dois donner l'impression d'être supérieur à eux. Je compte sur toi pour être encore plus arrogante que tu ne l'es lorsque tu affiche ton petit sourire.
_D'accord, je lui dis. Je les ignore presque, et ne souris pas.
_Tu as compris. Aller, en piste.
Tout le monde sort de la salle, on me dirige vers mon char. Cato et son équipe de préparation arrivent en même temps. Fiona se place à nos côtés, et s'émerveille de la beauté de nos costumes. "Vous êtes absolument parfait !" dit-elle joyeusement.
Je regarde Cato, qui porte exactement le même costume que moi. Ses muscles sont grandement mis en valeur grâce à la couleur dorée. Ses yeux bleus semblent vous transpercer dès qu'ils se posent sur vous.
Je regarde ensuite autours de moi. Je vois le garçon et la fille du un se faire coiffer d'un chapeau rose à plumes. De tout les côtés se trouvent mes futures victimes portant des accoutrements ridicules. Je pourrais passer des heures à les regarder en m'imaginant comment je les tuerai, mais je préfère suivre le conseil d'Enobaria, et n'accorder aucun regard à personne.
Après quelques retouches vestimentaires, on nous fait monter sur les chars. Je me place à côté de Cato. Je remarque qu'il a, lui aussi, revêtue son air le plus arrogant, distant et impressionnant.
Quand le défilé commence vraiment, les portent s'ouvrent. Le char 1 fait son entrée. Les cris de la foule me parviennent déjà aux oreilles. Notre char avance. De tous les côtés se trouvent un nombre incroyable d'habitants du Capitole, me regardant en hurlant mon nom. Dès que je regarde brièvement en direction d'une personne, elle se met immédiatement elle crier de joie. Certains me lance des baisers. D'autres nous envoient des fleurs. Mais je ne leur répond pas. Je tend simplement le bras, en faisant des mouvements lents. Ce sont les seuls gestes que je m'autorise à leur adresser. Sur l'écran géant, je peux me voir aux côtés de Cato. Nous avons l'air si inaccessibles, si dangereux. Je croise rapidement le regard de Cato, avant je voir une chose étrange sur l'écran géant. Le char du district 12 est presque en feu. Non, ce sont les tribut qui sont en feu. Je ne montre aucune expression, mais au fond, je bouillonne d'impatience de leur taillader le visage. Je leur réserve la plus douloureuse des morts.
Les chars se garent devant le grand balcon du Président Snow. Il nous souhaite la bienvenue aux 74ème Hunger Games.
Nous rentrons et descendons de nos chars. Notre équipe se dépêche de nous accueillir en applaudissant. Je regarde les autres tributs encore abasourdis et impressionnés. Je lance ensuite un regard assassin aux tributs du 12. Je me tourne vers Cato, et remarque que lui aussi leur lance un regard étrange. Il ne semble pas agressif, mais plutôt passionné. Comme s'il regardait avec amour la chair qu'il s'apprête à découper.
L'entraînement sera une bonne occasion de voir à quel point ces tributs sont insignifiants. Nous verrons alors qui fera les malins. Je prends leur accoutrement de flammes comme une provocation. Ils viennent de commettre une grave erreur qui leur garantie une mort lente, et très douloureuse.
