Chapitre 7 : Des traces indélébiles.

Quelque part sur une route du Sud de l'Angleterre.

Il pleuvait des trombes d'eau depuis son départ de Londres. En cet instant, Harry pensait sincèrement que Dieu pleurait avec lui, essayant de rendre moindre sa souffrance. Un goût amer lui restait dans la bouche, comme s'il s'était mordu atrocement fort la langue afin de ne pas crier au monde son désespoir...

Il était à présent seul dans l'habitacle qui le secouait.
Seul...

Il avait bien eu pendant une heure la compagnie d'une mère avec sa fille. Le petit bout de chou l'avait « diverti » un instant, mais ses cheveux bien trop noirs, ainsi que ses yeux profonds faisaient revenir Harry toujours vers le même souvenir. Toujours vers la même personne.

Tom...

Mais pouvait-il encore seulement l'appeler ainsi par son prénom ?

Alors que la diligence s'arrêtait, Harry s'extirpa doucement de ce refuge qui l'avait abrité pendant quelques heures. Et il se retrouva à nouveau seul, le bruit des sabots s'éloignant petit à petit, la pluie engourdissant ses membres. Il calcula qu'il ne lui restait que un - ou au pire - deux miles avant d'arriver chez lui...Son chez lui. Là où ses parents – aimants – l'attendaient. Enfin, allaient plutôt être surpris de cette arrivée brusque, mais peut importait à présent.

Ses pieds s'enlisaient dans la boue du chemin et l'amenèrent directement devant sa maison. Puis il resta là, immobile, devant cette imposante porte en chêne. Il hissa sa main jusqu'au battant...L'arrêta...L'a laissa retomber...la releva...

Pourquoi hésitait-il autant ?

Soudain, la porte s'ouvrit sur sa mère ahurie. Dans une dernière tentative d'humour, il arbora un sourire et s'écria d'une voix qu'il voulait enjouée.

« C'est moi ! »

« Ha... Harry ? Mais que fais-tu là ? Et puis dans cet état ! Rentre vite avant d'attraper la mort mon pauvre enfant...Mais...Que s'est-il passé ? Bon Dieu... Harry ? Harry...Pourquoi pleures-tu ? »

Alors que sa mère le tirait à l'intérieur de la maison, là où un petit feu vint brûler sa peau glacée, des larmes surgirent du coin de ses yeux et s'écoulèrent sans qu'il ne puisse les retenir. C'est dans un sanglot qu'il réussit à la « rassurer ».

« Ce n'est rien... Pardon... »

N'en pouvant plus, il s'échappa à l'étage, avant de s'affaler sur son lit, le visage enfoui dans son coussin. Bon Dieu... Pourquoi était-il si "faible".

Soudain, un petit bruit se fit entendre. La tête de sa mère fit son apparition dans l'entrebâillement de la porte.

« Harry chéri... »

« Mère...Je ...J'ai juste besoin d'un peu de temps... », sanglota Harry.

« Expliques-nous au moins ce qu'il s'est passé... Pourquoi es-tu ici ? Et seul ? Où est M. Malfoy ? »

Sa mère avait toujours été ainsi. Un peu trop protectrice à son goût.

« Je...je suis parti de Londres sans les Malfoy... »

« Pardon ? Comment ça ? »

Son père entra alors distinctement dans la pièce, un air courroucé sur le visage.

« Tu étais sous leur responsabilité ! C'est inadmissible ! De plus, voyager seul à ton âge est dangereux ! Qu'aurions-nous fait s'il s'était passé quoi que ce soit ? Dès qu'ils reviendront, je leur ferai parvenir mon avis à propos de cela, tu peux en être cert... »

« Père...l'interrompit Harry. Je suis parti de mon propre chef...Sans...Qu'ils ne le sachent. »

« Mais pourquoi mon chéri ? », quémanda encore une fois sa mère qui s'était installée à côté de lui, sur son lit, coupant net son père qui allait répliquer, ahuri.

« Je...il y a eu un malentendu avec Lord ...Riddle. Je ne pouvais supporter d'être dans la même demeure que lui plus longtemps. Alors je suis parti... »

« Ah...Je savais que cet homme était... était... »

« Monsieur Potter, calmez-vous... » coupa encore une fois la femme aux cheveux flamboyants.

Celui-ci soupira avant de partir en pestant contre cette aristocratie bien trop libérale à son goût. Après un moment, sa mère le quitta elle aussi, en n'ayant pas oublié de lui rappeler que s'il voulait parler, elle était là et que – jamais – elle ne le jugerait.

Harry esquissa un sourire, avant de mieux s'installer dans son lit et de s'endormir d'une masse.

OoOoO

Résidence Riddle, Londres.

On toqua précipitamment à la porte. Le majordome pressa le pas. Alors que la porte était à peine entrouverte, un homme s'engouffra dans la demeure et harcela le pauvre serviteur sur son manque de réactivité et qu'il devait à tout pris voir dans la seconde le Lord.

S'inclinant bien bas, le majordome délaissa l'invité -malpoli- pour se rendre chez son maitre.

Alors qu'il était à peine annoncé, l'homme entra, fit une légère courbette avant de poser, presque brutalement, une lettre sur la table. Le regard perçant de Lord Riddle se dirigea vers celle-ci, et il l'empoigna d'un geste brusque, déchirant presque l'ouverture. Ses yeux survolèrent les lignes très vite avant qu'un mauvais rictus n'apparaisse sur son visage.

« Comment osent-ils ? »

Lord Malfoy qui siégeait à côté de lui, fut très intrigué par ce débordement comportemental très rare chez son contemporain.

« My Lord ? »

« Une lettre de Mulciber, directement envoyée de Nouvelle-Zélande. Il semblerait que les esclaves commencent à se révolter, à contrer notre pouvoir. Ils sont sous la coupe d'un certain Albus Dumbledore. Mulciber m'avait déjà fait part de cette...rébellion, je lui avait pourtant ordonné de la contrer. Mais il semblerait que celui-ci ne fasse pas correctement son travail. Est-il donc si incompétent ? »

Le père Malfoy s'empara de la lettre, les yeux écarquillés. Comment de la vermine, une race si inférieure, pouvait-elle s'élever contre eux ?

« Il est dit qu'ils ont des armes... »

« Oui...c'est plus grave que je n'y pensais... »

Riddle, appuya son menton contre sa paume et se mit à réfléchir. Un calme olympien s'installa alors dans la pièce. Plus personne n'osa bouger, attendant les ordres. Soudain, celui qui se faisait appeler « Lord Voldemort » se leva, faisant crisser la chaise sur le parquet.

« Pour empêcher la peste de se répandre, il n'y a qu'une solution. Couper les racines. Mes amis préparez-vous... Nous partons pour la Nouvelle-Zélande...Et pour la guerre. »

Alors que le Lord sortait, Drago resta figé dans l'entrée de la salle. Qu'est-ce que tout cela voulait dire. D'abord Harry qui s'enfuyait... Puis maintenant cette « guérilla ». Le jeune aristocrate porta son regard vers son père. Celui-ci discutait avec le messager d'un air grave. Le blond comprit alors qu'il ne pourrait faire changer d'avis son père. Soupirant il baissa la tête, lorsqu'une main ferme vint enserrer son épaule. Il rencontra le regard de son père qui hocha la tête avant de sortir.

Drago se dit alors que ce serait peut-être le dernier – et surtout premier – vrai geste paternel qu'il recevait.

OoOoO

Demeure des Potter. Hampshire. Juin.

Plusieurs jours s'étaient écoulés doucement. Puis une semaine…Ainsi qu'un mois. Enfin, deux mois et demi passèrent. Peu à peu, Harry se remettait de son choc...Enfin ça, c'est ce qu'il faisait croire à ses parents qui se demandaient toujours ce qui s'était passé. Et avec cette disparition de Lord Malfoy. On disait qu'il était parti loin, mais où ? Et cela avait-il un rapport avec Harry ?.

Non, Harry était partagé entre la rage et le désir de vengeance. En effet, il regrettait son geste, le fait d'avoir si facilement accepté ses avances...D'y avoir cédé... De s'être laissé prendre...Abusé. Il était en colère contre lui-même mais aussi contre Tom...

Tom...Il n'avait que ce mot en tête. Ce prénom...Il ne pouvait plus l'appeler autrement. Pas après les évènements passés. Ils étaient devenus bien trop intimes, même si cela était du mauvais sens.

Sa douleur venait aussi d'autre part. Malgré tout ce qui s'était passé, malgré tout le mal encouru, il était toujours attiré par lui. Au début, Harry crut que c'était juste un effet de son esprit... Mais petit à petit, la colère se mélangeait à un sentiment qui l'envahissait complètement et le réchauffait de l'intérieur. Il n'osait dire ce qu'il avait. La réalité était parfois cruelle.

Un après-midi, alors qu'il était allongé sur un banc près de chez lui, un livre dans les mains, une silhouette vint s'asseoir à côté de lui. Surpris, Harry releva la tête et tomba encore plus des nues en voyant qui siégeait à côté de lui...

« Dray ! »

Laissant tout tomber, il s'accrocha au coup de son meilleur ami, un petit rire franchissant la barrière de ses lèvres. Cela faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus. Au début, Harry pensait que Dray lui en voulait, n'ayant pas eu de ses nouvelles pendant plusieurs mois, mais il avait appris un jour que le jeune aristocrate était parti en France avec sa mère. Le blond l'enlaça faiblement. Harry se recula alors, afin de l'admirer après tout ce temps passé loin de lui.

« Tu es enfin de retour...Comment vas-t...Dray ? »

Celui-ci avait baissé la tête. Harry releva alors le visage de son ami qui baignait dans les larmes. Sa voix se brisa alors...

« Dray ? Que se passe-t-il ? »

« Harry... »

Il détourna la tête. L'orgueil, la fierté des Malfoy, avait appris à son plus jeune descendant que les hommes ne pleuraient jamais.

« Je ne suis pas ton père...Tu peux pleurer devant moi... »

A cette phrase, le blond étouffa un sanglot. Soudainement, il se jeta dans ses bras, laissant aller librement son chagrin.

« Dray ? »

« Harry...Si...Si tu savais...Depuis que tu es parti...Il s'est passé tant de choses. »

Harry prit encore plus peur. Comment cela ? Qu'était-il arrivé ?

"Le Lord...Le lendemain de ton départ a reçu une lettre...qui disait...que...qu'il y avait une révolte en Nouvelle-Zélande. Là, il s'est vraiment énervé et …il… il est parti " à la guerre" et a emmené mon père… Harry, j'ai peur de ne plus le revoir un jour, tu sais…"

« Depuis combien de temps sont-ils partis maintenant ? »

« Ça va faire…deux mois... »

« Et tu as eu...Des nouvelles ? »

"Oui… Un ami de mon père nous a envoyé une lettre. Il…il y avait écrit qu'ils avait réussi à "mater" la révolte menée par un certain Dumbledore, mais qu'ils avaient subi beaucoup de pertes. Évidement des sauvages…Mais…Y compris de leur côté. Il n'a rien ajouté de plus, sauf que mon père était vivant…Mais …Oh Harry… Si tu savais… Je m'inquiète tant. Pourquoi n'est-ce pas mon père qui nous a écrit ?"

Harry, lui resta stoïque face aux révélations. Le soleil du mois de juin éclairait chaleureusement son visage. Tout était confus dans sa tête. Il n'arrivait pas à assimiler toutes les informations reçues et surtout, il ne savait pas comment les analyser.

"Est…Est-ce que tu as eu des nouvelles de T…Lord Riddle ?"

"Non…Aucune…D'ailleurs, j'espère bien qu'il y crève !"

Le jeune brun sursauta aux dires de son ami. Quel langage acerbe ! Quelle révolte grandissante en lui ! Il espérait juste que son ami n'avait pas découvert ce qui s'était passé entre eux. Il aurait trop honte d'affronter son regard.

"Drago ! Comment peux-tu dire ça ?"

Le jeune blond se tourna un peu plus vers le paysage, reprenant un visage neutre.

"Cet…homme. Bien que je l'admire pour biens des choses…J'en ai découvertes d'autres qui ne sont pas en sa faveur…"

"Tout homme à sa part d'ombre…"

"Non…Harry, tu ne comprends pas. Cet homme a réussi à agrandir cette notion de "noblesse anglaise" et de "sang pur" dans beaucoup d'esprits. Mais... L'esclavage, la maltraitance…. Le fait qu'il se proclame "maître" d'un petit comité… Je suis contre, tu sais."

Surpris par le discours tenu par Drago, Harry ne sut quoi y répondre. Quelques instants passèrent avant que le blond ne reprenne.

"Tu sais… Ces esclaves sont aussi des hommes… Ils ont tout autant le droit à la liberté qu'un autre."

"Que de paroles sages mon ami… Ferais-tu parti de ces gens qui se révoltent contre les mœurs ?"

"Car frapper un homme parce qu'il est d'un autre continent et d'une autre couleur de peau est une tradition pour toi ?"

"Tu as raison. Excuses-moi…"

"Cela m'étonne beaucoup de toi…Toi qui as un esprit si ouvert, si libéral…"

"Dray…Franchement. Je n'ai pas vraiment pensé à ça ces derniers temps."

Le blond renifla avant de se figer.

"Pourquoi étais-tu parti il y a deux mois ?"

"Je…"

Harry détourna le regard. L'heure était à la vérité. Il le sentait, comme il commençait à comprendre le fait qu'il perdait son meilleur ami. D'abord ce départ brusque, presque froid. Puis cette absence de contact pendant plus de deux mois et enfin, ces réflexions qui ne rendaient que plus leur rapports tendus. Soupirant, il se tourna vers lui, et enlaça sa main avec celle du blond. L'éclat d'un joyaux vert l'éblouit un instant…

"Est-ce…la bague que Riddle t'a offerte ?"

"Oui."

Il avait lâché cette affirmation dans un souffle. En effet, il n'avait pu s'en séparée. Trop jolie…Trop importante…Trop précieuse…Trop Tom.

"Alors ?"

"Je…ce soir-là…j'ai…Enfin…"

"Harry, tu sais que tu peux tout me dire. Jamais je ne te jugerais. Mais si tu n'en as pas envie, je ne t'y forcerai pas."

Le brun esquissa un sourire franc. Oui, il retrouvait peu à peu son meilleur ami, son confident, sa moitié.

"Non… Je vais te le dire."

Il inspira profondément puis commença son récit. Il lui dit tout. Absolument tout. De la danse, à la séparation brutale due à l'attitude de Tom, en passant par l'acte charnel. Drago resta là, à l'écouter attentivement, ne l'interrompant presque jamais. Mais son visage exprimait ce que ses paroles taisaient. Au fur et à mesure, il se renfrogna jusqu'à avoir un air dégouté. Puis soupirant, il baissa la tête.

"Ne m'en veux pas…"

"Comment pourrais-je t'en vouloir ?" Lui répondit le brun, un sourire réconfortant aux lèvres.

"J'aurais dû mieux te protéger."

"Tu l'as toujours fait."

Ils esquissèrent un sourire avant que Dray ne crache.

"Je ne l'estime définitivement plus !"

Harry ne répondit rien, baissant simplement la tête avec un petit sourire.

"'Ry ?…Ne… Ne me dis pas que tu l'apprécies toujours."

"Je…"

Le brun détourna la tête, le rouge aux joues. Le blond soupira. Que pouvait-il faire contre cela ? Il avait bien vu le regard gourmand du Lord sur son ami et dire qu'il ne le désirait pas était se mentir. Mais de là à ce que Riddle aime Harry… Il y avait un monde. Et il voyait bien dans les yeux du brun qu'il aurait aimé en être autrement.

"Tu es vraiment amoureux de lui… Que Dieu t'en garde…"

Harry hocha la tête dans un mouvement de répit. Tant pis pour lui. Puis ils se sourirent et Dray attrapa sa main, le remercia et se leva dans l'intention de partir. Alors qu'il était déjà à une petite distance d'Harry, ce-dernier le pria de le prévenir - et ce immédiatement - lorsqu'il aurait des nouvelles de son père…Et par la même occasion, de Riddle. Drago ne manqua pas de faire la grimace en acquiesçant.

OoOoO

Nouvelle-Zélande.

"Vite ! Amenez un médecin !"

Des gémissements retentirent dans la pièce. Une forte odeur de sang, de transpiration et de poudre à canon s'y mélangeaient. Plusieurs personnes étaient couchées sur des lits de fortune, agonisantes, pleurantes, pestant pour certaines. Autour d'eux s'affairaient une quinzaine d'hommes, certains n'ayant même pas 20 ans.

"Tenez bon…"

Soudain, une personne de haute stature entra dans la tente. Certains se turent, d'autres le fixèrent. L'homme allongea son pas afin de se rendre à un chevet en particulier.

"Comment va-t-il ?"

"Il a perdu beaucoup de sang…La balle a transpercé son épaule droite et est -heureusement - ressortie de l'autre côté." répondit un petit homme joufflu en faisant une courbette des plus stupides. L'autre homme ne lui avait pas même jeté un regard.

"Va-t-il passer la nuit ?"

"Je…Je ne sais pas… Je l'espère."

L'homme se tourna alors vers l'autre, l'attrapant fermement par le col de sa blouse blanche. Son regard devenu carmin flamboyait de vie et de colère.

"Je vous conseille plutôt de vous en assurer…S'il meurt…Vous aussi…"

Et sans un mot de plus, il sortit de la pièce, ne jetant aucun regard aux autres malades agonisants. Le médecin, le rouge aux joues, retourna auprès de son patient inconscient. Il lui remit une mèche blonde derrière l'oreille avant de soupirer et de se remettre au travail. Cette "attaque" avait été très meurtrière…Il ne fallait pas sous-estimer ces sauvages.

OoOoO

"Attaquez !"

Des cris se firent entendre dans la forêt verdoyante. L'air était coupée en deux par les épées. Des coups de feu retentirent, signalant l'attaque. La poudre envahit les visages, ainsi que l'atmosphère. Celle-ci se fit plus épaisse. Plus assourdissante.

Des hurlements provenant de-ci et de-là se frayèrent un chemin à travers la peur et la débandade. Plusieurs corps tombèrent lourdement au sol. Cela dura une éternité, ou bien n'était-ce qu'une seconde ?

Un homme chevauchant un magnifique équidé noir, passa à travers la horde s'affrontant. Ses longs cheveux noirs voletaient derrière lui. Du sang recouvrait son visage, contrastant avec la couleur pâle qu'arborait généralement son teint. Il était presque statique, seuls ses yeux dardaient ses adversaires. Des yeux d'un rouge flamboyant. Tom. Majestueux, il exécutait à bout de bras et avec une rare facilité les malheureux à sa portée. Bientôt, ne restait debout que ceux vêtus tout de noir. Le cavalier mit alors pied à terre. Un homme plus petit vint à sa rencontre et lui fit un rapide rapport. Hochant la tête, il jeta un coup d'œil aux morts.

"Et Dumbledore ?"

"Il n'est pas ici, My Lord…"

" Vous avez envoyé des sentinelles ?"

" Oui, Monsieur"

Un rictus apparut sur son visage. Étrange. Ce vieux fou aurait-il laissé ses "amis" se faire tuer sans intervenir ? Il fallait rester sur ses gardes. Tom Marvolo Riddle avait appris à se méfier du vieux "citronné" comme ils se plaisaient à appeler Dumbledore. Soudain, alors qu'il se retournait pour prendre la bride de son cheval, deux coups de feux succincts troublèrent le silence de la scène. Un corps tomba à terre.

OoOoO

Angleterre. Hampshire.

"Une lettre urgente pour Mr. Harry Potter."

"Merci…"

La porte de la demeure se referma lentement sur le postier qui avait l'air essoufflé. Mme Potter était dotée de ce 6eme sens qu'ont généralement les femmes quand elles savent que quelque chose ne va pas. Soupirant, elle héla son fils afin que celui-ci veuille bien descendre. C'est un Harry encore un peu endormi qui fut accueilli par un regard triste. Elle lui tendit alors la lettre. Simple. Son unique nom était marqué à l'encre bleu de Chine sur le devant. Harry la prit vivement, et alla s'isoler dans le salon, fermant la porte derrière lui. Fébrile, il l'ouvrit.

"Cher Harry,

M'ayant demandé de te tenir rapidement informé lorsque j'aurais des nouvelles concernant mon père et Lord Riddle, c'est avec empressement et soulagement que j'accède enfin à ta requête. Il y a maintenant plusieurs jours de cela que nous avons reçu, ma mère et moi, une missive indiquant que mon père allait rentrer d'un jour à l'autre au manoir familial des Malfoy. Évidement, nous étions très impatients d'accueillir notre patriarche après ce conflit de plusieurs mois. Je ne peux te décrire les larmes de joie que ma mère versa en apprenant qu'il était bel et bien vivant. Nous nous étions fait énormément de soucis, comme tu peux te l'imaginer.

Ce matin, nous eûmes la surprise de voir une diligence s'arrêter devant notre demeure. Mon père, boitant, en sortit. Il va bien. À part quelques bandages qui le fait ressembler aux pirates des plus grandes histoires d'aventure que tu as pu lire, il s'en est sorti quasiment indemne. Bien sur, le médecin l'a consigné au lit pendant deux semaines, une foulure ainsi, que son bras droit et plusieurs côtes étant cassés. Il s'y contraint avec beaucoup de peine. Mais rien d'irréversible, heureusement.

Ce matin, nous fûmes surpris aussi d'une autre arrivée. Celle de Lord Riddle. Il est bien vivant…Mais terriblement mal en point. Les médecins peinent à croire que celui-ci retrouvera toute sa vitalité, sa fougue qui le caractérisaient. Il a été gravement touché par deux balles tirées - à ce que l'on m'a dit - d'une manière très lâche. Bien sur, tu connais le Lord. Il est entrain de pourparler son retour à Londres où bon nombre d'affaires l'attendent.

Maintenant, c'est à toi de voir. Je ne veux pas t'influencer mon ami mais, si tu en as envie, notre porte est grande ouverte. Je pense que malgré tout, Le Lord serait ravi de te revoir.

En t'embrassant affectueusement.

Ton ami, D. MALFOY"

Dans un bruissement, la lettre tomba au sol. Harry se laissa alors choir sur le canapé. Il était vivant. Vivant…

Vivant…

Mais mal en point. Deux balles…Ce n'était pas rien. Où s'étaient-elles logées ? Était-il paralysé ? Pouvait-il encore marcher ? Pouvait-il encore monter avec cette élégance hautaine ? Ses lèvres pouvaient-elles encore former ce rictus étourdissant ? Ses yeux pouvaient-ils encore vous charmer ? Tant de questions harcelaient son esprit, et aucunes réponses n'y arrivaient. Que c'était douloureux.

Son cœur battait la chamade… Malgré les goulées d'air frais qu'il inspirait vivement, il sentit sa respiration se bloquer…Des larmes commencèrent à perler aux coins de ses yeux. Il était vivant... Mais dans quel état ?

Se levant, il se dirigea vers la fenêtre, appuyant son front tout contre. Que devait-il faire ? Devait-il y aller ? Laisser parler son cœur ? Sa raison ? Son égo ?… Son amour ?