Chers lecteurs anonymes, j'apprécie que vous fassiez remonter des remarques quant à la qualité du texte ou le développement des personnages (c'est toujours utile, voire nécessaire). En revanche, je trouve moyen que vous vous cachiez derrière des revues non signées pour poster des messages agressifs simplement parce que l'évolution desdits personnages ne vous convient pas.
Ceci étant dit, je souhaite une bonne lecture à tout le monde.
Chapitre 7 : Rencontres sur les Rails
Pendant les quelques jours qui précédèrent le retour à Poudlard, Harry cogita ferme pour tenter de comprendre ce que Malefoy avait pu mijoter chez Barjow. Peut-être avait-il tenté de revendre certains objets compromettants encore conservés au manoir familial. Le procès qui allait opposer Sirius à Narcissa coûterait de l'argent et avec le père de famille en prison, il n'était pas impossible qu'une partie des biens des Malefoy fussent sous séquestre. Par ailleurs, Harry ignorait si dans le monde sorcier une femme mariée avait le droit de gérer et de disposer des biens de son mari, ou seulement des siens propres.
Mais comment s'expliquer la mauvaise humeur du receleur ? Drago l'avait-il menacé pour obtenir un bon prix de ses babioles maléfiques ? Ou pour acheter bon marché un objet intéressant ? En attendant, il fallait que Harry puisse récupérer les cent vingt gallions qu'il devait encore aux deux affreux de l'Allée des Embrumes pour sa Main de la Gloire. Il écrivit donc à Gringotts pour demander aux gobelins de leur transférer directement cent vingt gallions de son compte à la boutique (plus vingt autres vers Poudlard pour ses dépenses personnelles), par courrier sécurisé. Il n'avait pas à fournir de raisons, les petits personnages ne se mêlant pas des affaires privées de leurs clients, mais pour dissimuler son micmac, il leur demanda aussi un audit de ses comptes. Si jamais Sirius mettait le nez dans son courrier, il serait aiguillé vers une fausse piste.
La confirmation du transfert arriva deux jours avant le départ de Grimmauld Place. La main arriva le jour suivant, habilement dissimulée dans une nouvelle paire de gants en peau de dragon. Sirius fit à peine attention aux relevés bancaires que Harry lisait pourtant ostensiblement. Black broyait toujours du noir suite à la mort de Lupin, sans pouvoir se sortir du cercle infernal de dépression et d'alcool dans lequel il était plongé. Sa porte restait encore ouverte à l'Ordre du Phénix, mais les membres de l'organisation semblaient faire de leur mieux pour obéir aux consignes de non-divulgation de renseignements à l'égard de Harry. Quant à Rogue, le jeune homme comprit qu'il ne se fatiguait même plus à venir, à présent que Lupin n'était plus là pour exercer son influence plus ou moins modératrice sur les membres les plus excités de l'Ordre – ils étaient malheureusement plusieurs à estimer que l'espion n'avait pas sa place dans leur organisation.
Les seules nouvelles que Harry put obtenir sans avoir à écouter aux portes vinrent du Terrier et concernaient exclusivement la personne de Mlle Delacour, qui tentait d'embrigader sa future belle-sœur pour en faire une demoiselle d'honneur à son mariage. Ginny faisait la tête quand sa mère était là, mais Harry savait que la benjamine Weasley ne dirait pas non à une robe de collection. Il l'avait assez souvent entendue pester contre l'état de ses vêtements et leur ligne, comment dire... hors d'âge.
# #
Le matin du 1er septembre arriva enfin, et toujours pas assez tôt au goût de Harry. Il n'avait pas dû adresser plus de quatre fois la parole à son parrain durant les dernières quarante-huit heures. Sirius passait presque tout son temps dans sa chambre à feuilleter ses souvenirs de classe. Plusieurs fois il avait tenté de s'introduire dans l'ancienne chambre de Regulus pour finir le "ménage" des objets maléfiques ou de mauvais goût entassés par les générations successives de la famille Black, mais la porte restait obstinément verrouillée, sans doute à cause d'un enchantement.
Pour le départ à Poudlard, Sirius avait décidé d'accompagner son filleul à la gare de King's Cross. Mais son effort de sociabilisation s'arrêta là. Sa tenue était certes impeccable, mais il salua à peine le groupe d'agents de l'Ordre qui devait assurer la sécurité de Harry jusqu'à la gare. Cette garde rapprochée était un peu moins fournie que l'année précédente. De nombreux agents du ministère seraient déployés le long de la voie, ce qui rendait la mobilisation des membres de l'Ordre moins nécessaire. Cela empêcherait aussi les hommes de Scrimgeour d'identifier les partisans de Dumbledore. La présence de Maugrey, auror à la retraite, ne poserait pas de problème. Tout le monde savait qu'il était un fervent soutien du directeur. Harry étant un ami de la famille Weasley, personne ne sourcillerait non plus à voir Arthur en compagnie du garçon.
Le petit groupe traversa la partie moldue de King's Cross en hâte avant de franchir la barrière entre les quais... pour être accosté par deux employés du ministère, baguette à la main. Un par un, les voyageurs en transit et leurs parents et amis devaient être examinés, sans doute pour déterminer s'ils ne portaient pas d'objet ensorcelés. La procédure était assez rapide et rappelait beaucoup les détecteurs de métaux dans les aéroports.
Après quelques incantations, les deux hommes firent signe à Harry de passer.
- C'est bon, vous pouvez circuler.
Sans avoir contrôlé mes papiers d'identité ?
Derrière lui, Sirius se soumit de mauvaise grâce au contrôle, mauvais souvenirs obligent, mais réussit au moins à ne pas aboyer sur les deux agents. Arthur Weasley relâcha la respiration qu'il avait retenue jusque là. Une fois la barrière franchie, le groupe se dirigea vers le train écarlate qui fumait et soufflait sa vapeur sur le quai.
Lorsqu'ils retrouvèrent les autres Weasley, Molly ne manqua pas de jauger Sirius d'un œil très critique.
- Tout de même, l'entendit marmonner Harry, ce n'est pas comme ça qu'il va gagner des avis positifs. S'il se présente comme ça pendant ses audiences contre Narcissa...
Molly exagérait un peu, tout de même. Harry feignit de ne pas avoir entendu, au moins pour ne pas attirer l'attention de son parrain. L'express allait bientôt partir, il valait mieux charger sa valise à bord et ne pas faire d'histoires. Juste avant que le jeune homme ne montât, son parrain se décida enfin à rouvrir la bouche.
- N'écoute que ce que te diras Dumbledore, dit Sirius avec toute l'apparence du sérieux. On ne peut pas faire confiance aux autres, surtout avec Slughorn qui revient à Poudlard. Il ne vise que son intérêt personnel et ses bonnes relations. Enfin... c'était quand même un bon professeur.
Sarah dirait que c'est un homme sage.
- Hé, Harry ! Par ici ! appela la voix de Lucy Zabini. On a des places !
Sirius eut une petite moue en identifiant - encore - une Serpentard. Harry prit congé aussi rapidement que possible sans paraître grossier, salua les parents Weasley avec plus d'amabilité, et hissa sa valise dans le couloir du wagon. Il adressa un dernier au revoir à Sirius et rejoignit ses camarades en tâchant de ne bousculer personne, ce qui n'était pas une mince affaire avec les agents de sécurité qui se tenaient devant les fenêtres. Ceux-ci effectuèrent une dernière vérification sur ses bagages avant de le laisser poursuivre son chemin, Ron et Ginny sur ses talons.
Lucy les attendait devant la porte d'un compartiment où se trouvaient déjà son frère et Théodore Nott, ainsi qu'une certaine Miss Cobbyte. Ils prirent place en évitant d'écraser les pieds de leurs camarades, rangèrent leurs bagages dans le filet, puis Théodore verrouilla la porte au moment où le train quittait la gare. Sarah en profita pour libérer son chat, qui sauta sur ses genoux en ronronnant.
- Bon, dit aussitôt Blaise. Nous avons reçu un bien étrange courrier de Rob FitzRoy. Qu'est-ce qui se passe avec le Malefoy ?
Harry fut bien obligé de raconter par le menu ce qu'il avait vu et entendu, et les autres se mirent aussitôt à échafauder des théories. Tous s'accordèrent pour dire que le petit casse-pieds avait dû user de son crédit auprès de Jedusor pour forcer Barjow à lui vendre quelque chose. Il serait difficile de savoir quoi, cependant. Quand ils apprirent que Harry avait – enfin – acquis la Main qui le tentait depuis si longtemps, les membres de son "conseil restreint" applaudirent l'initiative. Ils comptaient bien en profiter aussi.
# #
Deux heures s'écoulèrent tranquillement pendant lesquelles quelques connaissances vinrent les saluer : Luna, Neville, Terry Boot, Daphne Greengrass...
La marchande de sandwiches et sucreries gagna bien sa journée en passant devant leur compartiment. Ce qui était moins plaisant, en revanche, fut le groupe de filles qui la suivaient. Plus jeunes que Harry et ses complices, elles se poussaient du coude, hésitaient... Avec un soupir, le jeune homme se dit qu'il allait de nouveau avoir des groupies, écusson de Serpentard ou pas. L'une des filles, dotée d'un menton en galoche et d'épais cheveux noirs, s'avança vers la porte du compartiment, puis pointa son nez à l'intérieur.
- Bonjour, je suis Romilda Vane, dit-elle avec importance. Ravie de faire ta connaissance, ajouta-t-elle en tendant la main vers Harry.
Il la serra du bout des doigts.
- C'est réciproque. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour te présenter ? répliqua-t-il avant de se tourner vers Ginny. Tu sais de qui il s'agit ?
- Quatrième année, Gryffondor, répondit Ginny en mode automatique. Très impressionnée par ton intrusion au ministère. Tu devrais peut-être lui dire que tu es déjà pris, non ?
- Je crois que tu viens de le faire.
Comme prévu, Romilda battit en retraite vers ses copines. Harry estimait s'en être tiré à bon compte quand Blaise lui fit remarquer que la donzelle ou ses semblables n'allaient sûrement pas s'en tenir là.
- Et les autres aventuriers du ministère vont en prendre pour leur grade aussi...
Cela jeta un froid.
# #
Ils grignotaient leurs biscuits sans enthousiasme quand Tracy Davis pointa son nez dans leur compartiment, l'air d'un mouchard qui vient de découvrir un complot.
- Mes amis, à trois compartiments d'ici, nous avons Malefoy et toute sa bande en pleine réunion. Qui veut écouter leurs vilaines histoires ?
Sans surprise, toute l'équipe se porta volontaire. Parkinson et Moon étant préfets, il était bien étrange qu'ils n'aient pas rejoint leur compartiment réservé – ou qu'ils ne soient pas entrain de terroriser les petits nouveaux dans les couloirs du train. Le compartiment voisin de celui de l'ennemi était occupé par de futurs première année, mais on négocia pour procéder à un échange.
Après avoir troqué leurs sièges avec les petits nouveaux, Harry et ses complices dévissèrent rapidement la grille d'aération et y glissèrent deux des oreilles à rallonge caméléon que Blaise avait bricolées pendant l'été à partir des créations des jumeaux Weasley. Harry en prit une, et Sarah s'empara de l'autre. Si quelqu'un avait pu créer un œil à rallonge sur le même principe, les missions d'espionnage auraient relevé de la pure balade. Malheureusement, ils durent se contenter de la bande-son.
Malefoy dirigeait la conversation. D'après ce qu'ils entendirent, Parkinson se trouvait là, de même que les inévitables Crabbe et Goyle, ainsi que Bastian Moon et Piers Gerins. Tout l'état-major des supporteurs de Tom Jedusor, en somme. Cela promettait beaucoup. Prenant garde à ne pas trop laisser dépasser le bout des oreilles à rallonge, Harry et Sarah écoutèrent attentivement.
Malefoy et Parkinson étaient les plus proches de la grille, le reste devait se trouver près de la fenêtre ou sur la banquette d'en face, d'après les sons.
- Je suis surpris que Slughorn ne m'ait pas encore envoyé d'invitation, disait la voix de Drago. Il a déjà envoyé ses estafettes à plusieurs élèves dans le train.
- Prends patience, dit Pansy. Il veut peut-être te voir seul à seul.
Harry retint un sourire narquois et rajusta l'oreillette, mais dut l'abandonner quand Théodore lui tapa sur l'épaule, lui désignant une élève plus jeune qui attendait à la porte du compartiment. Blaise leva le verrouillage qu'il avait posé sur la porte et la laissa entrer. Les oreilles, dissimulées sur le fond de boiseries de la paroi, passèrent comme prévu totalement inaperçu.
- Je dois donner ça à Harry Potter, souffla la demoiselle en tendant un rouleau de parchemin noué d'une faveur violette.
Harry ayant pris le papier, elle salua d'une courbette avant de prendre congé.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? demanda Lucy, quelque peu méfiante.
- Une invitation de ce bon vieux Slughorn... soupira Harry en lui montrant le papier. Compartiment... C.
- On s'occupe des malfaisants d'à côté, toi tu vas en apprendre plus sur le bonhomme, décréta Sarah. Théo, viens le remplacer.
Harry sortit dans le couloir, aux aguets, puis remonta vers la tête du train, tandis que Blaise jetait un sort d'opacité à la fenêtre de leur porte. Il ne ralentit pas devant Malefoy et ses acolytes, et poursuivit sa route, reconnaissant ici et là quelques têtes familières. Non loin du but, il retrouva Neville Londubat, lui aussi invité par le professeur à moustache de morse. Ils se présentèrent à la porte, et furent accueillis par une exclamation joviale.
- Harry, mon garçon ! Quel plaisir de vous voir parmi nous ! Et Mr Londubat également !
A peine eut-il aperçu Harry que Slughorn leva sa masse considérable de son siège pour l'accueillir. Dans un espace aussi restreint, sa bedaine devenait encore plus évidente, et semblait écraser les étudiants qui se trouvaient déjà avec lui.
Une odeur de thé chaud et sucré lui chatouilla les narines. Harry aperçut une minuscule table dressée au milieu des sièges, où fumait une théière, accompagnée d'une multitudes de gâteaux secs et de tartelettes. Mais c'est qu'il se soignait bien, le professeur Slughorn...
Harry et Neville se faufilèrent entre la table, l'estomac rebondi de l'enseignant et les pieds de leurs camarades, avant de trouver un semblant de place sous la fenêtre. Il y avait là deux élèves de septième année, un de cinquième... les deux autres, Harry ne les connaissait pas.
- Cormac McLaggen, présenta Slughorn. Et voici Macus Belby, je ne sais pas si vous vous connaissiez avant ?
Harry ne se rappelait pas avoir croisé ce garçon mince et nerveux.
- Il est bien agréable de vous voir tous réunis. J'aime mieux connaître les gens qui m'entourent. J'ai apporté mes provisions, aussi n'hésitez pas à vous servir.
Slughorn se pencha pour extraire deux paniers de sous son siège.
- Quelqu'un veut du faisan ?
Harry n'en croyait pas ses oreilles. Par curiosité, il accepta un morceau, et les autres ne se firent pas prier non plus.
- Je disais au jeune Marcus que j'avais eu le plaisir de compter son célèbre oncle Damoclès Belby parmi mes élèves, il y a des années, lança gaiement Slughorn. Un homme exceptionnel, qui a bien mérité son Ordre de Merlin, croyez-moi.
Des petits pains aux noix et aux raisins circulèrent, puis le professeur reprit :
- Vous voyez souvent votre oncle, Marcus ?
Le garçon faillit s'étrangler en avalant de travers, puis répondit en hâte :
- Pas... pas vraiment, monsieur.
- J'imagine qu'il est très occupé à travailler sur ses nouvelles potions !
- Sans aucun doute. Je ne saurais vous le dire plus précisément, mon père et lui sont un peu... en froid en ce moment.
- Ah...
Le comportement de Slughorn prit lui aussi un coup de froid. Il préféra se tourner vers des jeunes gens potentiellement plus intéressants, entre autres Cormac McLaggen, qui avait bien des histoires passionnantes à raconter. En espérant qu'elles fussent vraies. Son oncle Tiberius, qui connaissait l'actuel ministre Scrimgeour, et bla bla bla...
Au bout d'un moment, Harry comprit que tous les étudiants invités étaient liés d'une façon ou d'une autre avec des gens très riches, très doués ou très célèbres (mais pas les trois à la fois, un tel tiercé n'existant pas plus chez les sorciers que chez les Moldus). Neville fit de son mieux pour ne pas être mis sur le gril, mais Slughorn ne voulait pas en démordre et le pauvre dut raconter une partie des malheurs familiaux. Harry serra les dents, car il savait que son tour viendrait ensuite.
- Et maintenant, passons à Mr Potter. Par où pourrais-je bien commencer ? Nous avons si peu causé quand nous nous sommes rencontrés cet été. C'est bien dommage. Je suis sûr que vous avez beaucoup d'histoires en réserve.
Il sourit à la ronde avant de reprendre l'interrogatoire.
- On vous appelle l'Élu, à présent ! Mais cela fait des années que des rumeurs circulent à votre sujet, à propos de talents... particuliers.
Merci bien, Harry n'allait pas rappeler qu'il parlait fouchelang à ceux qui le savaient déjà, ni l'apprendre à ceux qui l'ignoraient encore.
- Depuis cet été, ça n'en finit plus, poursuivit Slughorn avec gourmandise. La Gazette a publié tant de pages à votre sujet... bon, bien entendu ils commettent pas mal d'erreurs, mais vu combien de témoins ont assisté aux événements du ministère, il n'y a plus moyen de les nier. Et dire que vous étiez au cœur de l'action ! Comme je vous envie !
J'ai assisté à l'assassinat d'un de mes anciens professeurs, imbécile, faillit lui cracher Harry. Mais il se contenta de détourner le regard sans répondre. Slughorn y vit encore une occasion de le porter aux nues.
- Oh, et si modeste avec ça... C'est très appréciable. Dumbledore m'a bien dit que vous étiez là-bas, et vous n'en jouez même pas... Pourtant, tout ce que l'on raconte... ces histoires de prophéties.
- Des bêtises, décréta Harry avec assurance.
- Absolument, renchérit Neville sans – trop – rougir. Nous n'avons rien vu ni entendu de ce genre.
Il progressait, songea Harry avec un demi-sourire. Et Slughorn ne réussit pas à les faire parler plus. Heureusement pour lui, il restait encore beaucoup de sujets à traiter, la plupart en rapport avec sa propre personne : ses élèves si reconnaissants, ses relations toujours brillantes, le club qu'il allait rouvrir en rentrant à Poudlard... Harry aurait aimé disposer de bouchons d'oreilles pour ne plus entendre ce ronron perpétuel ponctué d'exclamations soigneusement calculées. Le voyage ne finirait donc jamais ?
La sonnerie d'une montre annonçant six heures du soir mit enfin un terme au monologue et aux courbettes, quand Slughorn se dit qu'il valait sans doute mieux laisser les élèves se préparer pour l'arrivée.
A peine sorti du compartiment, Harry fila au trot vers le repaire de ses camarades, suivi à une allure plus lente par Neville qui rejoignait des connaissances Serdaigle.
- Alors, des choses intéressantes ? dit-il à voix basse en entrant.
- Malefoy qui se lamente sur l'injustice des arrestations de "nobles sang-pur", répondit Sarah sur le même ton, Parkinson qui lui fait du charme, Gerins qui parle de la meilleure façon de purger les indésirables de l'école. Il regrette l'absence d'un certain basilic, soit dit en passant.
Harry secoua la tête et souleva Discret du siège où il s'était installé pour pouvoir s'asseoir.
- Ouais, et... oh ! Punaise, là, ça devient vraiment passionnant, siffla Zabini en sautillant presque sur son siège.
Les autres rappliquèrent tout de suite autour de lui et Sarah.
- Slughorn ne m'a pas invité, c'est vrai. Il pense peut-être que faire partie du cercle... n'est pas digne de sa noble compagnie, disait Drago. Mais c'est sans importance. L'année prochaine, je n'aurai sûrement plus à me soucier de ce gros lard et de ses opinions malvenues.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? embraya aussitôt Pansy, surtout inquiète à l'idée de perdre son fiancé potentiel.
- Disons que je pourrai bien... m'occupe de choses plus importantes que gratter du parchemin, répondit Malefoy d'un ton faussement nonchalant.
Il y eut un silence qui devait correspondre au reste de la bande restant bouche bée.
- Tu veux parler de... lui ? demanda Moon avec respect.
- Ma mère veut que je termine mes études avant de prendre une décision, mais moi, je suis persuadé que c'est inutile. Réfléchissez... Quand le Seigneur des Ténèbres aura pris le pouvoir, vous pensez qu'il se souciera de vos BUSE ? Il voudra des gens qui lui sont dévoués et le servent efficacement. Ceux qui lui auront voué leur loyauté seront récompensés et obtiendront des responsabilités que même le meilleur diplôme ne permettrait pas d'atteindre. Il faut faire comprendre cela aux autres. C'est la meilleure voie possible.
Harry échangea un regard désabusé avec Sarah et ses autres comparses.
- Après ça, faudra pas s'étonner si tout le monde brandit un crucifix chaque fois qu'il croise un Serpentard.
- Tais-toi et continue d'écouter.
- Non, c'est pas la peine. Ils descendent leurs valises. Ramenez les micros.
Les oreilles caméléon glissèrent par le conduit d'aération et retournèrent dans les poches de Blaise. Puis, l'air de rien, Sarah ôta le sort d'opacité sur les vitres de la porte tandis que Théodore et Ginny tentaient de faire rentrer leurs animaux de compagnie respectifs dans leurs cage ou panier.
- Attention, ils descendent.
La bande attendit quelques minutes après le départ de Malefoy et Cie pour pointer le nez hors du compartiment. Personne à droite, personne à gauche - du moins, personne d'indésirable - et ils sortirent leurs bagages dans le couloir puis se dirigèrent vers la plate-forme pour descendre sur le quai. Il sembla à Harry que la cohue des élèves était moins fournie que l'année précédente. Avec une grimace, il se dirigea vers les calèches.
