Auteur : Leviathoune

Bêtalecteur : Luthy

NDA : Cette suite est toujours dédicacée à Freaky Fair mais aussi à Lynseyth. Toutes les deux, vous m'avez bien aidée à améliorer tout plein de choses.

COMME UN VAGUE PARFUM D'AMOUR

CHAPITRE VII

Ouragan de sable et immense besoin de toi…

Ils étaient allés partout. Partout, là où la terre était assez sauvage et inhospitalière pour accueillir un monstre de puissance désirant se réapproprier la maîtrise de son pouvoir. Le monstre qu'il était devenu…

Pour commencer, Harry avait transplané – puisque, cela, il arrivait à le faire sans problème – à des distances de plus en plus rapides et éloignées, à tel point qu'il pouvait apparaitre à l'exact opposé de sa position initiale à la surface du globe, ou encore transplaner de vagues en vagues sur l'océan avec une rapidité si phénoménale qu'il n'avait même pas le temps de s'enfoncer dans l'eau.

Quand il fut certain de maîtriser parfaitement cela, il refit des essais avec un chat errant et puis, enfin, avec Draco.

Il ne rencontra aucun problème à ce niveau là mais le transplanage n'en était, de toute façon, pas vraiment un en soit, il le savait. Il le faisait bien trop naturellement pour cela mais il voulait commencer doucement, histoire de se préparer à la suite...

Draco l'encourageait sur cette voie. Il aurait voulu assister, ou plutôt l'assister dans ses entrainements mais Harry ne voulait pas qu'il soit là – du moins, pas pour ses débuts ; il préférait d'abord attendre d'être complètement maître de lui-même, de sa magie.

Au tout début, ils s'étaient établis au Caire, dans un hôtel, pas vraiment miteux mais loin d'être luxueux, en périphérie de la ville – en tout cas, ils avaient une suite déjà plus correcte que leur ancien appartement en Angleterre.

Pendant que Draco tâtait le terrain en tant que sorcier, Harry avait passé son temps à méditer dans le désert, sous un soleil saharien véritablement écrasant. Et puis, enfin, un matin, il s'était avancé sur une crête de duneet avait tendu les bras, sans un mot. Le sable avait frémi sous la poussée de ses pensées. Il s'était élevé en gerbe, puis en tornade. Le jeune homme n'avait pas réussi à maîtriser son déchaînement et avait été emporté et jeté, presque démembré, à des centaines de mètres de là, hurlant de rire, avant de se faire ensevelir par le sable.

Draco avait sentit son cri, sa magie et son rire douloureux. Plus horrible encore que le reste, il avait senti l'expression de sa défaite.Il avait alors essayé de transplaner vers lui, sans succès. Harry ne lui avait donné les coordonnées de sa position que lorsque la tempête s'était calmée et Draco l'avait alors extrait du sable, couvert de contusions, un poignet cassé et une arcade sourcilière fendue qui avait tant saigné que son visage arborait un aspect vraiment effrayant.Sous ses yeux, il s'était soigné presque instantanément avant de décoller les croutes de sang sableuse de son visage avec non-expression.

Après ça, il était resté sage quelques jours durant, comme s'il avait peur de réessayer, ou qu'il était trop découragé pour ça.

Pour lui changer les idées et tenter de lui remonter le moral, Draco l'avait invité avec lui à sillonner les vieilles médinas, côté sorciers. Il lui avait montré là où il avait trouvé un petit boulot plutôt bien payé, mais assez précaire. En effet, Draco assistait un Maitres des Potions Egyptiennes. L'homme voulait simplement mettre en commun leur savoir ; il ne comptait pas faire de Draco son assistant pour longtemps et encore moins son disciple. Cela convenait parfaitement au blond qui n'avait pas tellement envie de s'éterniser dans se pays trop sec et beaucoup trop chaud pour lui.

Harry fut fasciné par ce qu'il voyait mais il ne disait rien. Il était surtout fasciné par Draco qui se déplaçait si aisément dans un monde qui n'était pas le sien.

Si cela ne lui redonna pas complètement courage, il eut envie de faire honneur à son compagnon.

Le lendemain, Harry retourna dans le désert. Il fit fi de ses souvenirs de tempête effrayants et remonta sur la crête d'une molle et haute dune. A tâtons, tout doucement, il invoqua à nouveau son pouvoir, soulevant le sable en tornade. La deuxième fois, il ne réussit pas non plus à endiguer l'immense flot de magie furieuse qui s'échappa de lui tel un ouragan de rage, mais, au moins, il s'épargna de trop grands dommages corporels, réussissant à se protéger, en plus de ça.

Il ne comprenait pas pourquoi il était capable de refermer ses plaies, de transplaner et de parler avec Draco dans sa tête sans problème alors qu'il ne pouvait pas faire la moindre petite brise légère sans que ça ne déclenche une catastrophe. Il y avait quelque chose de déréglé en lui, quelque chose qui arrivait à faire certaine chose avec naturel mais pas le reste. Quelque chose qui ne pouvait sortir que par vagues démentes et démesurées.

Il revint dans leur chambre d'hôtel le corps incrusté de sable jusque dans les yeux et la bouche, épuisé et malheureux. Draco fit semblant d'être amusé de son état mais il s'occupa tendrement de lui tout le reste de la journée.

Au troisième essai, Harry réussit un peu plus à endiguer les rafales sableuses que les fois précédentes. C'était un combat, comme s'il se battait contre lui-même. Il déclenchait un sort bénin mais au lieu de tenter de le contrôler pour le voir finalement s'enfler comme un monstre de vent jaune et piquant comme mille aiguilles, il utilisait sa puissance à nouveau pour essayer de le contenir. Aucun entraînement, aucun combat n'avait été plus dur que celui-ci et ceux qui vinrent, les jours suivant. Il s'améliorait, domptait sa puissance en même temps que les sables.

En fait, il avait juste besoin de se poser en adversaire car sa magie ne pouvait simplement sortir de lui, comme ça. Elle avait soif de destruction et se rencontrer en combat titanesque avec elle-même l'apaisait un peu plus chaque jour.

Un jour, deux mois et demi étaient passés et Harry invita Draco à venir voir ce qu'il était capable de faire.

Ils avaient transplané ensemble dans le désert rouge et bleu et Harry avait commencé a invoquer des forces colossales et à présent complètement maitrisées, car essoufflées et enfin dépourvues de rage. Le sable s'était élevé et avait formé une tête longiligne puis un corps de dragon levantin, l'échine échevelée de sable emporté par un vent couleur limon et les yeux faits d'éclair de magie.

La tête serpentine gigantesque s'était inclinée vers Draco comme pour le saluer et l'ancien Serpentard avait flatté, émerveillé, son front sculpté jusque dans les moindres détails, écaille par écaille.

C'était un cadeau, de Harry à Draco.

Décrire les sentiments du blond à ce sujet serait difficile et sa réaction fut si infime, que seul le Survivant, pouvant lire en lui, savait…

Après ça, ils avaient quitté l'Egypte et étaient allés partout dans le monde. Au Mexique, en Amazonie, au Groenland, dans diverses tribus d'Afrique, en Inde, en Chine, au Japon, en Polynésie, en Australie et dans toutes sortes d'îles paradisiaques.

Les entraînements d'Harry n'avaient pas besoin de tels voyages si diversifiés pour se poursuivre mais il avait envie de voir le monde et surtout, Draco s'était fixé un objectif.

En effet, il avait pour but d'être l'apprenti de tous les maîtres les plus talentueux en potions, les herboristes et les apothicaires les plus renommés au monde. Au plus les personnes étaient différentes, bizarres ou excentriques et plus il était intéressé par elles. Il pompait leurs connaissances avec une soif de savoir féroce, inextinguible.

Harry aimait le voir ainsi, si passionné, si volontaire. Il s'appropriait un peu la réussite de Draco tout comme Draco se savait responsable en partie de la sienne.

Le lien qui les unissait faisait en sorte qu'Harry se sente de plus en plus sûr de lui et, de son côté, Draco était capable de transplaner à des distances gigantesques,presque comme Harry. Cela facilitait les choses pour lui, car il voyageait toujours d'un bout à l'autre du monde, allant voir l'un ou l'autre de ses maîtres pour demander un conseil ou bien trouver des herbes de qualité supérieure à celle qu'il aurait pu dénicher dans les boutiques habituelles.

Le monde était à eux, ils n'avaient plus de frontière. Même les langues n'étaient plus une barrière puisqu'ils pouvaient projeter leurs pensées dans l'esprit de quiconque.

« Tu veux devenir meilleur que Rogue lui-même ? »

« Bien meilleur. Si seulement lui aussi pouvait être mon maître… »

« Je pourrais le retrouver. »

Alors qu'ils avaient cette discussion, ils se trouvaient ensemble dans une baignoire immense, dans un hôtel en Malaisie, plutôt luxueux.

Ils avaient les moyens de s'offrir ce genre de choses, même si ce n'était pas souvent, car Draco faisait de la contrebande avec ses pouvoirs. La plupart du temps, Harry posait ses mains sur le sol et créait des maisons d'illusions très agréables à regarder et pourvues de tout le confort. Seulement, avec le temps, ses bicoques de vents avaient tendance à s'étioler et à disparaître, Harry oubliant bien souvent, dans les bras de Draco, d'alimenter le tissu de sorts qui les composaient.

Il était reposant pour lui de se laisser aller sans faire attention à sa magie. Maintenant, il pouvait la faire venir à lui, ou bien la retirer hors de son corps comme s'il était un Moldu, coupant même le lien mental avec Draco. Il s'en moquait, parce qu'il connaissait Draco par cœur, que Draco le connaissait de la même façon et que, surtout, il n'avait plus besoin de voir le monde extérieur à son cocon à travers ses yeux. A présent, ils sillonnaient le monde ensemble et se l'appropriaient pleinement.

Draco apprenait tout ce qu'il pouvait. Il revendait de la marchandise et bien sûr, il commercialisait ses diverses potions, se faisant connaître de plus en plus sans avoir à changer de nom, sans avoir à cacher ce qu'il était. Sans avoir à mettre en avant ce qu'il aurait pu être.

« Tu pourrais vraiment faire ça ? J'aimerais assez retrouver ce bon vieux Rogue. » fit-il en enlaçant Harry qui se laissa aller entre ses jambes, appuyé contre lui comme dans un fauteuil. « Mais comment tu pourrais faire ça ? »

Harry pencha la tête en arrière et regarda Draco par en dessous.

« Tu sais, pour garder ma magie calme, pour continuer à la maîtriser, je dois toujours méditer. C'est d'un chiant. Ça m'a rappelé les quelques leçons d'occlumencie que j'avais faites avec lui. Ne plus penser à rien, se relaxer, etc. Quand j'y suis arrivé, il s'est passé quelque chose de bizarre. J'ai perçu qu'il y avait un stade plus avancé à la méditation. Quand je fais totalement le vide en moi, que j'arrive à être apaisé et vraiment détendu, je peux percevoir le monde, en pensée, comme si je ressentais les âmes, toutes les âmes, comme un immense tissage de lumière. C'est un peu ce que je ressens quand le lien est connecté entre nous, mais à sens unique et avec toutes les personnes, les animaux et même les plantes qui m'entourent. Ça doit être restreint mais… peut être que si je m'astreins à une méditation plus poussée, je pourrais retrouver Rogue. Ou même n'importe qui… »

« Ce serait un pouvoir drôlement pratique. » fit Draco en se grattant le menton langoureusement, pensant qu'il était temps qu'il se rase. « Et comme tu le développera, je le développerai aussi dans une moindre mesure, et ça… ça m'intéresse ! »

« Opportuniste. »

Draco enlaça Harry et lui mordit le cou avant de frotter son menton râpeux contre sa peau tendre, malmenant le Survivant, qui glapissait, heureux.

oOo

Les jours suivant, Harry se concentra comme jamais il ne l'avait fait.

Il fit le vide en lui, devenant rien, devenant tout. Contrairement aux autres fois, il ne laissa pas sa conscience à demi éteinte se repaître de ce sentiment de grâce. Une pensée était restée encrée en lui, il devait s'étendre et s'étendre pour trouver une âme bien particulière.

Il ne sut combien de temps cela dura exactement, cela lui semblait court et long à la fois, difficile mais comme coulant d'éternité. Son âme était ouverte à toutes les autres et elle voguait sur chaque fibre du vaste tissu de vie qui entourait la planète d'un manteau si épais qu'il paraissait infini et enfin, il trouva l'unique âme qu'il recherchait.

A tâtons, il alla vers elle et leur rencontre fut un tel choc que cela le sortit soudainement de son état de transe.

Il ouvrit brusquement les yeux et quitta son promontoire rocheux en dérapant, tombant puis transplanant juste devant Draco qui poussa un cri outré avant de l'atraper dans bras avec une passion et un soulagement non feint. Puis, aussi soudainement qu'il l'avait serrer contre lui, il se mit à hurler :

« Mais où t'étais ! Ça fait des semaines que je m'inquiète ! T'es vraiment pas bien de disparaître comme ça, du jour au lendemain ! Un instant, je crois que tout va bien avec toi et le lendemain, tu me fais un coup pareil ! Et regarde-toi, on dirait que t'as passé ton temps dans un nid de poussière ! Et tu pue le rat crevé en plus ! »

Harry ne prit même pas le temps de paraître un temps sois peu contrit car, après tout, c'était pour lui qu'il avait passé tout ce temps en méditation alors qu'il détestait cela. Il fonça sur Draco et lui attrapa le poignet, enthousiasmé à l'idée de le surprendre et, peut être, de lui faire plaisir.

« Ecoute-moi au lieu de t'énerver, je sais exactement où est Rogue ! Mais nous devons nous dépêcher car il a sentit mon effleurement et il a aussitôt bloqué mon intrusion. Maintenant, il risque de s'enfuir. Alors, tu veux toujours continuer ton sermon pendant que je prends une douche ? »

Draco allait continuer à pester mais les paroles du brun firent lumière en son cerveau. Aussi, il ravala ses répliques amères.

« Allons-y immédiatement. » souffla-t-il en gelant sa potion en catastrophe.

Harry transplana avec lui, là où il avait sentit l'âme de Severus Rogue, à l'autre bout de la terre.

Ils se retrouvèrent tous deux dans une sorte de crypte. L'intense pénombre leur laissait entrevoir des meubles noirs et lustrés, des tonnes de livres sur des étagères et tout autant de bocaux et d'objets hétéroclites.

« Aucun doute… » souffla Draco. « C'est bien l'antre d'un Maitre de… »

« Attention ! » hurla Harry en tirant Draco vers lui en érigeant instinctivement un bouclier si gigantesque que, non seulement, il les protégea de l'attaque mais, en plus, il dévasta littéralement la pièce.

Draco se releva et toussa en s'époussetant.

« Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Harry tremblait d'effroi devant sa puissance qu'il avait réussi à contrôler in extremis.

« Il… Il nous a attaqués et j'ai… J'ai… » Il ne put continuer sa phrase et se dirigea plutôt vers la sombre silhouette qui gisait à terre.

« Merde… » fit Draco en constatant les dégâts. « Tu y es allé fort. Tu saurais réparer tout ça pendant que je le soigne ? »

Harry, encore tremblant, acquiesça et pendant qu'il réparait chaque chose en les replaçant du mieux qu'il pouvait sur les murs, Draco se pencha sur son ancien directeur de maison.

Comme il l'avait fait pour Harry, lorsqu'il était prisonnier des Mangemorts dans la sombre base, il le soigna du mieux qu'il pouvait et, comme il avait acquis de grands pouvoirs depuis qu'il était avec Harry, cela ne dura qu'un instant.

« Il est toujours endormi. » fit Harry. « Mais il ne va pas tarder à se réveiller, je vais m'en aller. »

« Pourquoi ? Non, reste ! »

Harry fit signe que non.

« J'ai agi impulsivement, en t'emmenant ici sans tarder, mais il n'empêche que je n'ai aucune envie de le voir, et surtout pas après ce que je viens de faire… »

Draco eut un regard si triste qu'Harry se sentit obligé de s'excuser :

« Pardon. Draco, pardon. » Il lui prit la main, gentiment. « J'ai fais ça pour toi, alors ne fait pas cette tête, je t'en prie. Prend ce que je peux te donner, même si ce n'est pas parfait. J'ai fais ça seulement pour te faire plaisir… »

« Mais c'est le cas, je suis heureux, Harry. » fit Draco en caressant cette main dans la sienne. « C'est juste que j'avais envie de partager ce moment avec toi parce que ça me tient à cœur. » Harry s'apprêta à dire quelque chose mais le blond le coupa : « Vraiment, Harry. Le partager avec toi vraiment, pas en pensée. C'est un lien fabuleux que l'on a mais il n'est pas aussi intense que ce que l'on peut partager dans la réalité… »

Harry retira sa main de celle de Draco. Il avait envie de pleurer mais il se retint. A la place, il devint froid et distant.

« Je vois bien que je te déçois, mais je n'y peux rien. Je ne peux pas être comme tu le désires, c'est tout. Je déteste ce type et je viens de manquer de le tuer sans faire exprès ! Tu pourrais essayer de comprend au lieu de me culpabiliser ! »

Après ça, il disparu en laissant Draco seul dans la pièce, et seul en pensée.

Le contact entre eux était coupé. Ce n'était pas une chose rare en soi, comme il n'était pas rare qu'ils se disputent. Pourtant, là… Draco n'avait pas l'occasion de prendre Harry dans ses bras pour se réconcilier avec lui par de petits baisers et des mots tendres.

Il était bloqué là, avec Rogue. Il avait clairement autre chose à faire et surtout, il sentait de la rancœur poindre dans son cœur. De la rancœur contre Harry qui était incapable de vivre des choses normales avec lui, de faire abstraction de ses problèmes par trop pesants.

Après avoir allumé les lumières de la pièce, Draco tira une chaise à lui et s'assit devant Rogue. Il termina de ranger machinalement les objets éparpillés tandis que son ancien directeur de maison s'éveillait lentement, de plus en plus alerte.

Quand les yeux noirs abyssaux se braquèrent furieusement sur lui, il dit :

« Ce n'est que moi, Severus. »

Rogue se redressa en se massant la mâchoire.

« Je comprends mieux, c'était toi ce matin. »

« L'intrusion mentale ? Ce n'était pas moi… »

« Tout à l'heure, j'ai vu deux silhouettes. Qui était l'autre ? » Draco ne répondit rien, le menton niché entre ses bras posés sur le dos de la chaise. Rogue reprit, à moitié interloqué : « Potter ? C'était lui ? Bien sûr ! Il n'y a que lui pour repousser de tels sorts… »

« Si on vous le demande, vous direz que vous ne savez rien. » s'amusa le jeune homme blond.

Rogue se détendit et se laissa aller à ricaner.

« Je ne vois personne… »

Draco fit un large geste de la main, englobant la pièce.

« Il y a pourtant tout ce qu'il faut ici, qui vous fournit ? »

« Il n'est pas besoin de voir les gens en personne pour obtenir tout ce dont tu désires, seul l'argent importe en ce cas. »

Draco acquiesça.

« Et où sommes nous, exactement ? J'ai été entraîné par Harry, je ne sais pas quelles sont les coordonnées. Peut être me les direz vous, si vous souhaitez me voir, de temps à autre ? J'en serais heureux… Figurez-vous que je pourrais bien vous apprendre des choses… »

« Cela m'étonnerait beaucoup, impertinent. Il ne s'est écoulé, quoi…, depuis la fin de la guerre… un an, un an et demi ? »

« Dans ces eaux-là… » fit Draco en agitant la main en un geste vague et gracieux. « C'est trop peu, pour vous ? Ça le serait si j'étais quelqu'un de normal, mais… Grâce à Harry, j'ai pu apprendre des maîtres les plus grands de ce monde. Il ne resterait que vous, qui en vaille la peine. Mais vous étiez bien difficile à trouver. Harry l'a fait pour moi… »

« Harry… » fit Rogue en grinçant des dents. « Tu parles de lui d'une façon bien étrange, on dirait que tu l'admires. »

Draco baissa les yeux.

« Je ne l'admire pas… Du moins, pas seulement. Je suis amoureux de lui… Je l'aime. » Il releva ses yeux de glace vers son ancien Maître. « Aurais-je dû vous le cacher ? »

Rogue se déplaça vers son bureau pour s'y assoir. Malhabilement, il chercha sa pipe en maugréant que tout avait été déplacé, il la bourra d'herbes spéciales et l'alluma d'un coup de baguette magique en commençant à tirer sur elle férocement, dardant ses yeux sur Draco.

« Qu'est-ce que tu as dit ? »

Draco redressa son visage fièrement et réitéra ses propos :

« Je l'aime. J'aime Harry Potter. »

« Mais comment cela est-ce possible ? Vous êtes ensemble ? »

« Et bien… Oui. Nous sommes ensemble depuis… Je ne sais pas exactement depuis combien de temps car nos débuts son assez flous. Mais nous sommes ensemble, et même sérieusement ensemble depuis l'arbre. »

« L'arbre… Il y avait les rumeurs. Je savais que c'était lui, mais je ne voulais pas prêter attention aux extravagances des journalistes. Mais la vérité est pire encore… »

« Pourquoi ? » demanda Draco d'une voix blanche. « Parce que vous le détestez ? Ou bien parce que nous sommes deux hommes… »

Rogue grimaça en tirant sur sa pipe et Draco comprit que c'était les deux raisons qui étaient problématiques.

« Je ne te savais pas comme ça, Draco. Je suis simplement surpris. Quant à choisir… Potter. J'en suis atterré. » Draco s'apprêta à répliquer mais Rogue le coupa vertement : « Mais peu importe, cela ne me regarde pas. Tu n'étais pas obligé de m'en parler, j'aurai même préféré que tu t'abstiennes comme j'aurai préféré que vous évitiez de mettre sans dessus dessous ma maison, et je ne veux aucune justification. C'est ta vie privée, il n'y a pas à en discuter. »

Draco acquiesça et reprit :

« En effet, c'est ma vie privée mais nous sommes amis, n'est-ce pas ? »

« Nous le sommes. » fit Rogue, sombrement.

« Dans ce cas, vous deviez le savoir et maintenant, vous devez l'accepter sans vous voiler la face par respect pour moi. A présent, passons à plus important, je vous prie : allez-vous me dire si vous acceptez de me prendre comme apprenti, Severus ? »

Rogue sourit légèrement ; il avait toujours aimé le côté volontaire de Draco. Il avait lu dans les journaux les déboires qu'il avait essuyé après la guerre et le revoir ainsi, si sûr de lui avec ses bonnes manières et ses habits luxueux était pour lui comme une goulée d'air frais et d'espoir en un avenir plus heureux – si ce n'était pas pour lui, il le voulait du moins pour son ancien jeune élève.

« J'accepte avec plaisir, Draco. Désires-tu boire quelque chose ? »

« J'en serais ravi. » répondit l'autre en souriant.

oOo

Harry pleurait de rage allongé dans l'herbe d'une quelconque prairie de la terre. Il avait complètement fermé son esprit, il ne faisait pas cela dans l'espoir que Draco ait pitié de lui et qu'il vienne le consoler car, d'une part, il se sentait la force de surmonter sa peine tout seul et, d'autre part, il avait bien trop peur de l'agacer et de le perdre.

Le problème, depuis qu'il allait mieux, c'est que Draco espérait d'autres choses de lui et qu'il était capable de voir ses regards blessés, son attente frustrée. Et il allait mieux, mais pas à ce point, et chaque jour il appréhendait que Draco, lassé, l'abandonne et une voix dans son esprit lui disait qu'il aurait bien raison, qu'il n'était rien de plus qu'un boulet.

C'était la vérité, qu'est-ce qu'il apportait d'intéressant à Draco, concrètement, sur le plan relationnel ?

Il avait beau chercher, il ne comprenait pas comment le blond avait pu s'attacher tellement à lui. Lui, au moins, il avait une raison de taille : Draco l'avait sauvé.

Certes, il n'avait pas été le seul dans sa vie, beaucoup de gens avaient donné leur vie pour lui, même des gens qui ne l'aimaient pas, et ses amis et sa famille auraient put faire les mêmes choses pour lui, s'ils l'avaient trouvé chez Voldemort, seulement… Sur ce coup là, il n'avait voulu de l'aide de personne et seul Draco avait été là, s'attribuant ce rôle qui ne lui allait pas, à priori.

C'était un aléa étrange du destin, quelque chose d'impensable et c'est peut être pour ça que ça avait si bien marché. Et maintenant, ils s'aimaient…

Ils ne se l'étaient jamais clairement dit mais il faudrait être particulièrement lobotomisé pour ne pas le comprendre.

Et parce qu'ils s'aimaient, Harry appréhendait d'autant plus une éventuel rupture.

Il craignait cela plus que tout, et il aurait voulu faire les efforts qui auraient fait plaisir à Draco.

Mais il s'en sentait incapable, totalement.

Voilà pourquoi il pleurait…

Il était capable de se promener avec lui dans la rue, au beau milieu d'inconnus, d'aller acheter des choses ou de regarder un film en salle. Il était capable de vaguement socialiser avec des gens, mais il lui était impossible d'envisager d'échanger quelques mots avec des personnes qu'il connaissait et qui savaient ce qu'il avait fait, toutes ces choses horribles et démentes qu'il ne pouvait oublier, qui était à ce point imprimées dans sa chair qu'effectuer la moindre magie était dangereux, pas vraiment pour lui, mais pour les autres.

Il fallait qu'il poursuive son entraînement car il n'était pas du tout au point. Il fallait absolument qu'il trouve un moyen d'apaiser sa puissance car, à présent qu'il s'était donné la possibilité de la faire sortir aussi naturellement qu'autrefois, il était beaucoup plus risqué pour Draco de vivre auprès de lui que lorsqu'il l'avait complètement endigué au fond de lui. Un jour, s'il s'énervait, il pourrait manquer de le tuer sans faire exprès et ça… Il ne devait pas y penser, non. Il devait tout faire pour que ça n'arrive jamais.

Il se redressa et sécha ses larmes. Il s'assit en tailleur, en position de méditation avant de se rappeler qu'il avait déjà passé des jours sans se laver, sans boire ni manger.

Il transplana plutôt dans leur chambre d'hôtel au Nebraska, histoire de se décrasser et de manger un morceau, même si, comme avant, il n'avait clairement pas besoin de ça pour vivre – c'était d'ailleurs très étrange et il se posait des questions au sujet de son pouvoir…

oOo

Quand Draco revint à son tour, appréhendant les retrouvailles, il vit qu'Harry lui avait laissé un mot plié en deux sur la table.

Son cœur fit une embardée avant de se resserrer à lui en faire mal. Il prit le mot et s'assit sur une chaise et l'ouvrit lentement, craignant le pire.

Draco,

En voulant t'écrire ses mots, je me suis rendu compte que je n'avais pas écrit depuis… Très longtemps.

Cela se voit, mon écriture, qui n'était pas fameuse autrefois, et toute cassée, comme enrouée ou malade.

Je suis désolé pour aujourd'hui, je ne voulais pas décevoir tes attentes pourtant c'est ce que j'ai fait, et je le referai sûrement de nombreuses autres fois. Je suppose que c'est comme ça… On y peut rien. C'est ça la vie de couple.

Nous sommes en couple, n'est-ce pas ?

Alors j'ai réfléchi à un autre moyen de te faire plaisir. Tu veux vivre des choses « normales » avec moi, aussi j'ai pensé à un dîner. Ce n'est pas la première fois, bien sûr. Mais ce serait un dîner un peu particulier. Un dîner en amoureux pour fêter nos, disons, deux ans de vie commune. Un dîner pour parler de nous, de notre avenir ensemble.

Qu'en dis-tu ?

Si cela te tente, fais-toi beau… et prend la rose qui repose sur notre lit, c'est un portauloin qui te mènera à moi, en un lieu enchanteur qui, je crois, va te plaire.

Je t'attends…

La lettre était signée d'un grand et joli H lâché.

Draco soupira, vraiment rassuré.

« Putain, il m'a fait peur, ce con. »

Il sourit et se releva en relisant la lettre deux ou trois fois à toute allure.

Bien qu'épuisé par sa journée, il était enthousiasmé par la nouveauté, l'attention. Il ôta ses vêtements et fila se préparer dans la salle de bain. Il s'habilla de ses plus beaux vêtements pour prouver à Harry combien sa mise en scène lui plaisait et il se dirigea enfin vers le lit où reposait une unique rose profondément rouge.

Il l'a prit avec délicatesse et, aussitôt, il se sentit attiré dans un vortex de couleur. L'instant d'après, il se trouvait dans la logue de haut standing d'un restaurant Moldu assez moderne. Les grandes baies vitrées en bordure lui firent découvrirent une vue époustouflante de Paris, comme s'il se trouvait à des centaines de mètres de hauteurs.

« On est au soixante-dixième étage… » fit Harry dans son dos.

Draco se retourna et la vue lui plu encore plus.

Harry avait ses sempiternels cheveux longs qui ne voulaient pas être coupés courts bien plaqués en arrière par une matière luisante comme de l'eau. Sur son front dégagé, la cicatrice brillait par son absence et ses yeux verts étaient très intenses dans cette semi-pénombre. Son costume Moldu était ce qu'il y avait de plus époustouflant tant c'était exceptionnel de le voir habillé ainsi.

« Le noir te va à ravir… » souffla Draco en se sentant irrémédiablement attiré par Harry, toute fatigue envolée. Pourtant, il n'avait jamais été fan des vêtements Moldus, mais là...« On dirait que tu es paré pour un mariage. »

Harry sourit, appréciant de son côté l'élégance particulière de son petit ami qui avait, pour sa part, revêtu un ensemble acheté dans une boutique de vêtements sorciers haut de gamme en Russie. Ainsi, avec ce costume blanc d'aspect un brin retro-militaire, il avait l'air d'un prince de conte de fée.

Harry s'approcha et caressa l'un des nombreux boutons d'argents ouvragés qui ornait la poitrine de Draco.

« Et toi… Draco… Tu es… à couper le souffle. »

Il avait murmuré son compliment d'une telle façon que Draco sentit un brasier s'allumer en lui. Harry le vit dans ses yeux et il prit son visage dans ses mains pour l'embrasser chastement.

« Dînons avant toute chose, nous avons beaucoup à nous dire. Après… »

« Après ? » demanda Draco, la voix instable.

« Nous irons dans la suite du plus bel hôtel de Paris. »

« Et on a les moyens depuis quand ? »

« On ne les a pas, mais on est pas obligé de passer par la porte d'entrée pour pénétrer une chambre. »

« Tu proposes de voler une nuit dans un hôtel ? » sourit Draco.

« Cela pourrait être excitant… »

« Même la plus belle suite n'est que du décorum de pacotille à côté de toi, Harry. »

Cette fois-ci, Draco enlaça le brun dans ses bras pour l'embrasser possessivement puis, niché dans l'alcôve privé du restaurant le plus haut perché de Paris, ils dégustèrent de la succulente cuisine française en discutant de chose et d'autre, d'eux surtout – Draco adorait quand Harry se faisait pardonner.

« Tu voulais parler de nous ? » demanda Draco en piquant une crevette dans l'assiette d'Harry qui ne mangeait guère.

« Oui… » fit Harry en chipant une autre de ses crevettes du bout de sa fourchette pour la donner à l'ancien-Serpentard qui la prit, amusé. « J'ai réfléchi et j'ai constaté que nous avancions à deux rythmes complètement différents. »

Cette phrase jeta un froid polaire dans les entrailles de Draco.

« Où tu veux en venir ? »

« Draco, tu m'aimes, n'est-ce pas ? »

L'ancien-Mangemort ne sut que répondre. Il serra les dents et son poing sur sa fourchette.

Si Harry avait l'intention de le quitter, ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait lui dire franchement ses sentiments. Il était plutôt prêt à se lever et à démentir cela aussi vertement que le jour où il avait faillit tuer Harry en l'étranglant de rage.

Mais Harry lui prit la main, doucement, et il dit :

« Parce que moi je t'aime, Draco. Je t'aime tellement que je ne peux envisager ma vie sans toi. Tu es tout pour moi. Sans toi, qu'est-ce que je serais devenu, tu peux me le dire ? Tu sais maintenant combien tu comptes pour moi. Et aujourd'hui, j'ai eut si peur que tu en aies marre de moi, marre au point de me laisser. Je ne saurais pas quoi faire si cela arrivait… Je n'arrive même pas à l'imaginer et ça me fait peur parce qu'il y a autre chose… »

« Qu'est-ce qu'il y a ? » souffla le blond, abasourdi par tout ce que venait de lui dire Harry.

« C'est mon pouvoir… Depuis que j'essaye de me le réapproprier, je me fais de plus en plus peur. Draco… Tu sais déjà tout ce que j'ai subi pendant la guerre, personne n'aurait pu y survivre, pas même avec ton aide. Tu le sais, n'est-ce pas ? »

« Je le sais… » murmura l'autre.

« Et tu sais ce qui est arrivé ensuite ; les jours, les semaines entières que je passais sans boire ni manger. J'étais tellement désespéré… Et pourtant, je continuais à vivre. »

« Je sais… »

« Et là… J'ai apparemment passé des semaines sans m'en rendre compte à méditer sur un rocher en plein soleil, dans le désert, tandis que la nuit, je gelais sur place sans que cela ne m'affecte le moins du monde. »

« Je… je ne comprends pas où tu veux en venir. » fit Draco en serrant la main d'Harry dans la sienne.

« Cela ne t'effraie-t-il pas que j'ai ce genre de capacité ? On savait déjà que pas même un flot d'Avada Kedavra pouvait m'arrêter. On savait déjà ce que j'étais capable de faire avec un simple Lumos qui ne venait même pas de moi. Et tu as vu par mes yeux ce qu'il se passait dans le désert, les tornades gigantesques qui s'élevaient contre moi-même. Et aujourd'hui, quand Rogue nous a attaqué, j'ai à peine voulu nous protéger que j'ai tout dévasté. Cela ne te fait pas peur ? Dis le-moi… Qui pourrait m'arrêter ? Je suis sûr que si je le voulais, je pourrais détruire le monde et je ne suis même plus sûr d'être capable de mourir après cet ultime acte. Tu as remarqué ? Mes cheveux refusent d'être coupés mais ils ne poussent pas plus long que ça non plus. » fit Harry en montrant ses épaules. « C'est comme si ma vie s'était arrêtée là-bas… Peut être que je n'ai même pas besoin de respirer, comme je n'ai pas besoin de boire, ni de manger. Peut être que je suis déjà mort… En tout cas, une chose est sûre, je ne suis plus tout à fait humain. Peut être plus du tout. »

Draco resta silencieux un moment. Vraiment… Il ne s'était pas attendu à ça, que Harry ose dire cela. C'était devenu « tabou », entre eux.

« Tu sais, j'avais remarqué… J'y avais même songé, mais… Je ne peux pas… je ne pensais pas à cela, je… » bégaya Draco, gêné. « Pas de cette façon. »

« Et pourquoi, Draco ? Toi qui es si intelligent… Pourquoi tu n'y pensais pas tant que ça ? Parce que tu ne voulais pas envisager le pire. »

Draco se tut et Harry poursuivit en soupirant :

« Après la mort de Voldemort, je n'étais pas devenu fou, tu sais… Je pressentais que j'étais devenu quelque chose comme ça. Déjà dans la cellule, je le savais. Je me voyais être cassé, un peu plus chaque jour. Et ma haine grandissait et mon corps encaissait sans vraiment que j'ai à lutter. C'était indépendant de ma volonté, comme si j'étais l'instrument du destin. Et il s'est passé quelque chose de très sombre, de très grave à ce moment là. Et quand tout a été fini, je savais que jamais je ne pourrai redevenir le même. Que quelque chose avait été forgé dans la haine et la magie noire. Et je voulais être tué pour ne plus jamais être confronté à ce que j'étais devenu mais tu as voulu me rendre la vie, toi qui a été comme une ancre dans tout cela. Et mon stupide instinct de survie et le fait que… je crois… le fait que je t'aimais déjà… un peu. Enfin… Draco, tu es responsable. De moi. J'ai besoin de savoir si tu seras toujours là. Parce que… Je ne sais pas ce que je vais devenir. Où tout ça va me mener. Mais je veux redevenir quelqu'un de bien. » Harry sentit les larmes lui monter aux yeux. Il resserra sa main très fort sur celle de Draco. « Et j'ai tellement besoin de toi pour y arriver. Dis-moi que tu seras toujours là pour moi, quelque soit ce que je deviens… »

Draco serra Harry dans ses bras, il le serra très fort et le consola tandis que le lien entre eux revenait et que le flot de tristesse se déversait en lui.

Il les absorba toutes ses émotionsen lui caressant le dos, en nichant son nez dans ses cheveux et en lui murmurant des mots tendres.

« Oui, Harry. Je t'aime aussi. N'aies pas peur… Je t'aime. Je t'aime… Calme-toi, bébé. Je t'aime vraiment comme un fou. J'ai pas le choix, depuis le début. Je t'aime trop, comment tu as pu envisager que je te quitte ? Je suis toujours, toujours revenu, même dans les pires moments… »

Harry serra ses doigts sur son col en acquiesçant dans son cou.

« C'est que j'allais si mal, à l'époque. Maintenant, tu pourrais croire que je vais mieux, que tu peux me laisser sans crainte. Mais c'est pas le cas, je… »

« Je ne reste pas avec toi parce que tu vas mal, parce que tu as besoin de moi. » Draco lui redressa le menton pour le regarder dans ses yeux mouillés – lui aussi les avaient humides mais il s'en moquait, de toute façon Harry savait tout de lui, même le pire. « Ecoute-moi, Harry. Je reste avec toi parce que j'ai besoin de toi. Tu donnes du sens à ma vie. Tu es ma rédemption. Et je t'aime. Je t'aime vraiment. A la folie. »

Sans même finir leur repas, sans penser une seconde à payer ou quoi que ce soit, Harry transplana dans la somptueuse suite dont il avait parlé en début de soirée. Elle était sombre et fermé à clé mais les fenêtres avaient pour vue la Seine et Notre Dame, mais cela était le cadet de leurs soucis.

Allongés dans un lit immense, ils s'embrassèrent dans des baisers mouillés de larmes, de tendresse et de soulagement.

Jamais ils ne s'étaient dit à ce point combien ils comptaient l'un pour l'autre. Pourtant, ils savaient déjà, ils avaient lu les émotions dans l'esprit de l'autre, mais rien n'égalait cette débauche d'émotions qui s'entremêlaient entre eux, dans leurs têtes, dans leurs cœurs, en même temps que leurs bras et leurs jambes, dans leurs souffles.

Ils s'endormirent ainsi et furent réveillés le lendemain matin par une femme de ménage qui hurla en les voyant disparaitre comme par magie.

Son témoignage vint alimenter toutes les déclarations des personnes disant avoir aperçu le couple devenant de plus en plus célèbre depuis l'épisode de l'arbre. La plupart étaient fausses mais ils commençaient à se faire connaître sous le nom de l'ange blanc et du martyr noir. Des informations avaient due filtrer du monde magique et la situation n'était plus endiguable tant c'était devenu collectif, mondialement collectif.

A suivre…

NDA : Et bé, ce n'est toujours pas le dernier chapitre. Je me suis encore trop enflammée, désolé. J'espère que vous avez saisi le gros problème d'Harry, je ne sais pas si vous pouvez imaginer mais même les vampires sont des p'tites lopettes à côté de lui. En fait, Harry était un démon, et maintenant il veut devenir bon, se contrôler… mais ça ne changera pas le fait qu'il détient un immense pouvoir. Harry est en train de devenir un Dieu… Hohoho ! Il est beau le DarkR'ry ! (ça me rappelle Rappelle-Toi, tout ça…) Bref, lol… J'espère que vous avez aimé ce chapitre. J'attends vos commentaires pour le savoir, niah !!!

Gros bisous !

Levia