Hello les filles !

Je ne déroge pas à la règle : Merci pour vos reviews, mises en alertes et favoris !

Pas de blabla aujourd'hui, je vous livre directement la suite !

On passe du point de vue d'Edward cette fois !

Bonne lecture !


Chapitre 6 : Chantage affectif

Il me restait un peu moins d'une heure avant ma prochaine audition et, plutôt que de m'enfermer dans la salle d'attente à ruminer en attendant qu'on daigne me recevoir, j'avais décidé de me triturer l'esprit en flânant dans les rues de la ville. Je m'étais éloigné du centre, préférant le calme de la banlieue proche. Je ne marchais pas au hasard, je savais où me mèneraient mes pas. Tanya m'avait parlé de cet endroit lors d'une conversation anodine, nous étions même passés devant.

Tanya … J'étais encore honteux de la façon dont s'était soldé notre repas de ce midi. C'était la première fois que nous nous disputions réellement et, même si je n'en étais pas vraiment responsable, je m'étais sentis mal de l'avoir blessée. J'avais compris qu'elle et Isabella étaient proches, mais même en quatre mois de relation, je n'avais pas réellement saisi l'ampleur de cette amitié. Elles étaient inséparables depuis des années, indispensables l'une à l'autre. Je ne savais pas trop pourquoi, je ne comprenais pas vraiment, mais c'était comme ça. C'était d'ailleurs le seul argument que m'avait donné Tanya, clôturant ainsi notre conversation. Je m'étais alors excusé une fois de plus et m'étais juré de redoubler d'efforts pour dompter cette sauvage d'Isabella. Je tenais à Tanya, je l'aimais vraiment beaucoup. Elle était parfaite, douce, gentille, pleine d'humour et d'esprit, terriblement belle et sexy. Elle méritait au moins un millier de fois que je me casse les dents en essayant d'arracher un sourire à sa meilleure amie. C'était devenu mon nouveau défi, tenter de découvrir ce qui la rendait tellement attachante aux yeux de la femme pour qui je commençais à avoir de sérieux sentiments.

Je me retrouvai donc devant la porte d'une maison délabrée, qui, de l'extérieur, paraissait presque en ruine. J'attendais sans un bruit, sans un mouvement, au milieu d'un champ de cailloux, de pierres, de gravats et de débris, une boule d'anxiété me tordant les boyaux.

Je ne me décidai à frapper qu'au bout d'une dizaine de minutes, assez fort pour qu'elle m'entende malgré le vacarme que faisait un outil que je n'identifiai pas. Aucune réponse, je réessayai donc, cinq fois, avant de finalement entrer. J'avançai lentement, effrayé à l'idée de me recevoir une brique ou un pot de peinture en guise de cadeau de bienvenue.

C'était étrange, je m'attendais presque à voir de la terre battue et des murs recouverts de mousse mais, au lieu de ça, une dalle de béton recouvrait le sol et il ne manquait que quelques plaques de je ne sais quoi pour terminer l'isolation des murs. Du moins c'est ce que je supposais, je n'y connaissais absolument rien. Du matériel était entreposé un peu partout, un vrai chantier. Ça ne ressemblait pas à grand chose, mais aussi étrange que ça puisse paraître, j'imaginais déjà ce que pouvait donner ce genre d'endroit. Les poutres apparentes, en bois clair, apporteraient un cachet supplémentaire, et cette cheminée en pierres blanches promettait de chaudes soirées d'hiver au coin du feu. J'avançais un peu plus vers l'intérieur de la pièce et alors que mes yeux se posaient enfin sur celle que je venais voir, le bruit de son espèce de scie cessa et elle se retourna, ôtant lunettes de protection et masque. Son jean et son T-shirt étaient couverts de poussière, ses cheveux n'étaient pas épargnés non plus et je ne pu m'empêcher de rire face à cet accoutrement.

« Qu'est-ce que tu fous là ? » cracha-t-elle, me faisant ravaler mon sourire derechef.

« Généralement, quand on s'adresse à quelqu'un, on est censé lui dire bonjour, d'accord ? Je sais que ça peut paraître étrange mais je te jure que c'est ce que font les gens polis ! », m'amusai-je à la provoquer.

« Les gens polis frappent avant d'entrer ! »

« J'ai frappé cinq fois ! » contrai-je, gardant tout de même mon calme pour ne pas écourter notre rencontre. « En même temps vu le bruit que fait ce machin, tu ne risquais pas de m'entendre ! »

« Ce machin s'appelle une meuleuse ! Tu n'as pas répondu à ma question ! Qu'est-ce que tu fous là ?! »

« Tu bosses seule ? », décidai-je de l'ignorer, espérant entamer une conversation civilisée.

« Oui, d'ailleurs tu ne devrais pas être là ! »

« Je ne viens pas t'aider ! Je venais juste te faire un coucou ! Tu sais, juste comme ça, pour être sympa ! Il paraît que ça aussi, ça se fait. », je m'amusai une fois de plus, mais j'étais visiblement le seul.

« Je ne veux pas qu'on entre ici. », se contenta-t-elle de répondre, froide mais plus vraiment désagréable.

« Pourquoi ? »

« Parce que. »

« Toujours des arguments de choc à ce que je vois ! »

Je reprenais mes sarcasmes, je n'avais pourtant pas envie d'une énième dispute. Les mains dans mes poches, je bloquai ma position au milieu de la pièce et lui sourit timidement, lui faisant ainsi comprendre que je ne souhaitais pas partir dans l'immédiat.

« Bon écoute, je n'aime pas montrer mon travail avant qu'il ne soit terminé et là j'ai encore beaucoup de boulot, alors si tu as quelque chose à me dire fais-le maintenant, que je puisse te virer et m'y remettre ! »

Mon sourire s'élargit et je croisais désormais les bras sur mon torse, dans l'expectative du petit mot magique.

« S'il-te-plaît. », finit-elle par lâcher, comprenant mon sous-entendu et acceptant implicitement le dialogue.

« Wahou ! Tu m'impressionnes ! », commençais-je à la narguer mais je me ravisai aussitôt en voyant son regard menaçant. « Ok ! Ok ! Bon … En fait je suis venu te voir car j'ai beaucoup réfléchi ces dernières heures et ... »

« Wahou ! Tu m'impressionnes ! », me coupa-t-elle en reprenant mes mots pour se moquer.

« Ok, c'est de bonne guerre », concédai-je avant de reprendre. « Donc, je disais que j'avais réfléchis et je pense que par rapport à Tanya, on devrait faire des efforts tous les deux. Enfin je veux dire, ça la blesse vraiment qu'on ne s'entende pas toi et moi et je n'aime pas ça. J'ai pas envie de lui faire du mal. »

Isabella lâcha sa meuleuse, paraissant soudain intéressée par mon discours. Elle s'approcha un peu et s'assit à même le sol. A mon tour, je fis deux pas et décidai de l'imiter, tant pis pour la poussière.

« Je sais que tu me détestes et si ça peut te rassurer, je ne t'apprécie pas beaucoup non plus. Mais le fait est qu'on a Tanya en commun. Je sais que votre amitié est précieuse et qu'elle dure depuis des années. Crois-moi, je respecte ça. Je n'ai pas l'intention de l'éloigner de toi, même si notre relation induit forcément que je passe un peu de temps seul avec elle. Ce que je veux dire c'est que … Tanya souffre de nos disputes, du fait de devoir choisir entre toi et moi, implicitement, puisqu'on est pas fichu de se supporter toi et moi. On l'aime chacun d'une façon différente, mais je sais qu'on veut tous les deux ce qu'il y a de mieux pour elle. »

Je m'arrêtai de parler, attendis une quelconque réaction de sa part mais elle se contenta de me fixer. Cette fille était difficile à cerner, elle réussissait à se fermer complètement, c'était assez impressionnant. Je décidai donc de reprendre, espérant ne pas parler dans le vide.

« Ce que je veux te dire c'est que, par respect pour Tanya, et parce que je sais que c'est ce qui lui ferait plaisir, je ne répondrai plus à tes attaques. Je vais même faire tout l'inverse en essayant d'apprendre à te connaître. Tu pourras faire la même chose avec moi si tu le souhaites. Avec ça, je me dis que même si on ne parvient pas à s'apprécier, on pourra au moins se supporter. Toujours dans l'intérêt de Tanya, évidemment. »

Elle me regardait avec intérêt, semblait considérer mon idée. Je n'étais pas peu fier, je savais qu'utiliser le bien-être de Tanya comme argument principal ferait mouche.

« Alors ? Qu'en penses-tu ? »

Elle se releva, frottant ses mains et dépoussiérant son jean.

« Qu'on peut au moins essayer ! Mais pas ici ! On sort marcher un peu ! »

« Quoi là ? Maintenant ? »m'étranglai-je devant ce retournement, repensant soudain à mon rendez-vous. « J'ai une audition dans peu de temps. »

« Bah justement ! Rends-toi service et viens te balader au lieu de perdre ton temps ! », s'amusa-t-elle en se dirigeant vers un recoin caché. Ou peut-être était-ce une autre pièce. Bref, peu importait. Elle venait de rire, c'était déjà une petite victoire !

« Tu te rends compte que si ça se trouve, je vais passer à côté du rôle de ma vie ? », continuai-je sur notre lancée.

« Rassure-toi, tu vas juste t'éviter de te ridiculiser une fois de plus ! » blagua-t-elle, de retour dans la pièce principal, vêtue d'un pantalon noir et d'un blouson de cuir de la même couleur.

« T'es dure ! »

« Tu me remercieras un jour » ria-t-elle enfin alors qu'elle me collait un casque entre les mains. « Aller, on y va ! »

« En moto ?! », m'affolai-je, n'en ayant jamais fait de ma vie.

« Ouai ! Tu voulais me connaître ? Et bien ça fait parti de moi ! Ce casque appartient au médaillé qui me supporte, alors prends-en soin si tu ne veux pas que je t'étrangle ! »

Elle me gratifia d'un clin d'œil et je me mis soudain à stresser. Moi, en moto, pour la première fois et derrière cette folle furieuse. Tanya ou pas, je commençais sérieusement à me demander si je n'étais pas fou à lier de désirer en apprendre plus sur Isabella Swan.


Hâte d'avoir vos avis ! A très vite !