Chapitre 3

Partie 2

Severus Snape ne croyait pas en la chance. Il avait l'impression de vivre toute sa vie comme un chemin de croix, comme l'être choisi pour souffrir, l'être qui cumulerait tout la douleur des autres, pour leur permettre de vivre heureux, riants et vivaces.

Dès que le jour se levait il se dépêchait de se lever pour se préparer avant que la bande de Slytherin de son année ne se lèvent et lui fassent encore la misère. Il retransforma le produit colorant qu'il y avait dans son tube de dentifrice en la pâte originelle qui s'y trouvait et entrepris de se brosser les dents, en évitant de se regarder trop dans le miroir.

« Tu pourrais t'arranger, franchement c'est quoi cette dégaine ? Coiffes-toi correctement ! C'est bien beau de se brosser les dents si on ne les voies jamais ! Relève la tête ! Relève-la ! »

Mais qu'il ferme sa gueule. Severus examina soigneusement son shampooing et son savon avant de pénétrer dans la douche, où il gardait même sa baguette, sait-on jamais qui pourrait lui faire une 'blague'. Trop marrant. On aurait pu penser que seuls ses ennemis de Gryffindor l'embêtaient mais la vie de Snape était bien plus compliquée.

C'était un secret de polichinelle que son père était un Muggle, et par conséquent la haine de ses comparses était plus que forte. Dès son premier jour à Hogwarts il avait subi les pires outrages de la part de ses camarades de maison, des lézards plein son lit, du courrier explosif le lendemain matin et de plus en plus de pièges les jours suivants. Excédé, il avait été se plaindre à son directeur de maison… Pauvre imbécile de première année il avait pensé que peut-être Slughorn lui serait d'une aide quelconque, mais il s'était lourdement trompé. Il se rappellerait toute sa vie le regard méprisant de son directeur de maison. « Le fils d'Eileen Prince ? Hmph… ». Rien. Aucunes mesures, aucune protection, rien qu'un regard qui lui disait clairement : Tu as de la chance qu'on t'accepte saleté de Sang-Mêlé, payes pour les erreurs de ta mère ! Et puis il avait souri et prononcé ces simples mots qui avaient fait comprendre à Severus qu'il serait seul : « Allons voyons M. Snape, ce ne sont que des enfantillages ! » Le tout avec un regard moqueur insupportable.

Severus soupira alors qu'il sortait de la douche presque aussitôt qu'il y était entré. Il était encore fatigué… Toujours fatigué. Il entreprit de s'habiller après avoir lancé un Revelio sur ses habits puis il inspecta son sac. Rien. Bon, c'est parti. Il baissa la tête et marcha rapidement vers la Grande Salle alors qu'il entendait ses camarades de dortoir s'agiter.

« Snape ! Où est Snapy ? » Avery. Severus se raidit et ayant repris son souffle il marcha encore plus vite vers la sortie de sa salle commune puis s'engloutit au fond des boyaux de Hogwarts.

Merde, merde, merde ! Qu'est-ce qu'il veut ? Il va me faire chier toute la journée ! Pas de Gryffindor ce jour-là au moins…

La Grande Salle était presque vide comme à son habitude quand il y arrivait le matin quelques élèves matinaux et professeurs insomniaques dormaient encore à moitié sur leurs toasts et maudissaient déjà leur journée en observant leurs reflets hagards sur le dos de leurs cuillers. Severus se saisit d'un chocolat chaud et de deux toasts qu'il empaqueta magiquement avant de se diriger malgré le froid vers le Parc de Hogwarts. Avec ce temps, personne ne s'aventurerai ici. Son chocolat resterait chaud tout le temps qu'il le boira et au moins ses toasts ne se recouvriraient pas de dentifrice ou d'une quelconque autre matière immonde. Il était matinal mais la Grande Salle se remplissait rapidement le matin et lui ne voulait aucun problème.

Il jeta un regard à ses cours de la journée : Botanique [Slytherin/Ravenclaw] deux heures, Astronomie [Slytherin] une heure, Arithmancie [Slytherin/ Hufflepuff] une heure, et après manger il aurait deux heures d'études suivies d'une heure de Sortilèges [Slytherin]…. Pas de Gryffindor en vue et tout était pour le mieux. Il lui restait néanmoins trois-quarts d'heure à tuer puisqu'il avait fini de manger. Il se mit alors à chercher dans son sac Grandes Noirceurs de la Magie qu'il avait emprunté à la bibliothèque avec autorisation et tandis qu'il tâtait le fond de son sac il se raidit. MERDE ! Le clebs lui avait tellement fait peur… il a peut être laissé le bouquin là-bas.

Severus se dirigea furieusement vers le Chêne. Il l'avait vu deux fois ce monstre ! Un grand clébard noir qui n'appartenait à personne. Un grand chien noir. Severus s'arrêta net quelques mètres avant le chêne. Un Sinistros. Il frissonna puis rit doucement. N'importe quoi…. Et puis je m'en fous de crever. Il se mit à scruter l'herbe autour du Chêne avant d'entendre des voix au loin… Merde, des Gryffindor.

« Sirinouchet ! »

Laurence Edgecombe, une Ravenclaw idiote… comme quoi tout est possible.

« Ne m'appelle pas comme ça ! J'ai horreur de ce surnom débile. Alors tu voulais me dire quoi ? »

Merde… Pitié faite qu'il n'assiste pas à une déclaration pour cet idiot de Black ! Rien ne serait pire.

« Tu sais Sirius… ça faisait un moment que je voulais te parler, enfin… tu vois, ça fait un moment qu'on se connaît et… »

Putain, quelle horreur. Severus s'était caché derrière le Chêne alors la Ravenclaw faisait son numéro. Pitié, faites que je ne meurs pas comme ça ! Severus se fit tout petit essaya de ne pas écouter… en vain.

« Et puis tu sais, je crois que même physiquement, nous serions un beau couple, tu n'es pas obligé de m'aimer au début, mais nous serons tellement parfait ensemble que de toute façon tu m'aimeras »

Ce qu'il ne faut pas entendre. Aux yeux de Severus elle ne ressemblait qu'à un cochon rose et blond avec une grosse poitrine un peu tombante qu'elle n'avait même pas la décence de cacher un peu, sa bouche en cul-de-poule ajoutant au tableau une dose de ridicule presque drôle si ça n'avait pas été aussi écœurant. Et c'était quoi ces raisons à la con… elle a vraiment un grain cette fille !

« Ecoute Laurence » commença Sirius

« Laurie pour toi Sirius ! » Le coupa-t-elle

« Okay, Laurie. Euh je suis désolé mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée, et –»

« Attend t'es pas en train de me dire non ? »

« Ben, en fait… »

« On m'a dit que tu ne refusais jamais alors je me suis lancée ! »

« Quoi ? Dans ce cas je crois que j'ai encore moins envie de sortir avec une nana comme toi ! »

PAF !

Severus s'impatientait un peu, malgré qu'écouter son meilleur ennemi se faire claquer était un gentil cadeau du ciel dont il allait se servir pour l'écraser plus tard… enfin s'il ne mourrait pas d'ici là, hein.

Pendant ce temps Laurence était partie furax, mais Sirius ne la suivait pas. Allez barres-toi que j'aille en cours ! Il trifouillait quelque chose dans son sac et s'assit comme une masse au pied du gros Chêne sans se rendre compte qu'il était écouté.

« James Potter ! »

« Ah ! Enfin ! Qu'est-ce qu'elle te voulait ? »

« Elle voulais sortir avec moi, nan mais tu l'aurais entendue ! Qu'est-ce qu'elle fout à Ravenclaw cette conne ? »

« Apparemment les gens sont plus compliqués que cette histoire de Maison, peut-être même qu'il y a des mecs sympa à Slytherin…

Un silence survint quelque secondes.

« Naaaan » Ils l'avaient sorti ensemble ce cri du cœur et riaient maintenant comme deux idiots.

Severus détestait Potter autant que l'autre le détestait. A cause de Lily. Un peu naturellement tout le reste de la bande s'était mis à le détester en chœur. Mais Severus n'en avait cure de ce qu'on pensait de lui. Si seulement ils pouvaient juste me laisser tranquille, dans mon coin, j'ai rien demandé moi.

« Et elle m'as tapé en plus ! Elle est vraiment trop conne ! »

« Mais dis, pourquoi t'as pas dit oui ? »

« Déjà, je sais que je suis sorti avec des tas de filles mais aucune n'était genre cochon rose et blond, avec une grosse poitrine tombante et plus bête que ses pieds ! »

« Oh… Siri fait la gueule ! Mais bon c'est vrai qu'elle n'est pas ton genre… »

« Ouais et franchement ridicule avec sa bouche en cul-de-poule sans arrêt, ça pourrait être marrant si ça n'était pas aussi ridicule. »

Severus se raidit tout d'un coup. Nan mais c'est quoi ce binz ? Sirius-je-suis-fier-de-moi-Black pouvait avoir un avis réel et constructif sur quelqu'un ? Bah coup de chance. De toute façon ça doit juste vouloir dire que tout le monde pense pareil.

« Ha ha ha ha ! Ah la la Sirius tu te rends compte que tu parles de la nana avec qui tout le monde veut s'afficher ? T'es vraiment pas croyable ! Bon tu ferais bien de ramener tes fesses Padfoot parce qu'on a cours dans vingt minutes et t'as même pas mangé. »

« Ah ouais merde, merde j'arrive ! »

Severus entendit le pas de course de Sirius s'évanouir vers le Château, tout en secouant la tête pour éliminer les pensées bizarre de son esprit telles que Black a l'air sympa en fait… et se leva d'un coup en oubliant même la raison qui l'avait poussé à venir jusqu'au Chêne.

Même s'il l'était tu es Severus le pestiféré alors tu t'en branles. Il avança comme un automate vers les serres et croisa en chemin Laurence en pleurs (des larmes de crocodile sans doute) dans les bras de ses amies qui insultaient copieusement Black. Il s'appuya contre un mur, à l'écart et attendit que la prof arrive. Mais alors qu'il était dans ses pensées il n'entendit pas Avery arriver e se mettre en face de lui, menaçant.

« Snape ! »

Severus sursauta violemment. Oh merde, s'ils recommencent à me torturer devant les autres maisons je vais encore m'en prendre plein la gueule ! Un élève qui n'est même pas accepté par sa propre maison a en effet plus de chance d'être d'emblée mal considéré par les autres.

« Qu'est-ce qu'il y a Nigel ? »

« On t'a pas vu ce matin ? De quoi t'as peur ? »

« Moi peur ? Pourquoi ?»

Severus se mettait un peu sur la défensive.

« Pourquoi tu ne te douches jamais avec nous ? T'en a peut-être une toute petite ! »

Nigel était un idiot, mais un idiot apprécié et aussitôt qu'il éclatait d'un rire gras tout le gratin de Slytherin se mit à rire avec lui. Humilié, encore.

« Et dit moi pourquoi t'as autant envie de la voir ? Tu en rêves ? » Répliqua Severus, en regrettant immédiatement ses mots. Merde. Je suis dans la merde.

Les autres se regardaient entre eux pour savoir s'ils devaient rire d'Avery ou pas. Une fille gloussa et tout le monde se mit à rire.

Avery fixait Severus de ses yeux cruel. Merde, merde, merde, t'aurais dû la fermer ! Juste la fermer !

Un clappement de main retentit, les surprenant.

« Allez les Slytherin, les Ravenclaw, on se tait ! Direction Serre n°5 ! » Mrs. Sprout était d'un naturel maternel et regardait Severus comme si elle voulait lui dire quelque chose. Elle secoua légèrement la tête.

« Avery, Rosier, vous allez m'aider à disposer les produits anti-furoncles sur les plans de travail ! Allez, tout le monde en place ! Je dois passer quelques messages pendant ce temps la, mettez juste vos protections… hein, voilà. »

Elle invoqua quatre bouts de papiers sur lesquels elle inscrivit quelques mots. Métamorphosés en petits avions, ils s'envolèrent.

C'était parti pour deux heures.


Les journées passaient vite, et tout ce qu'attendait Severus c'est ce moment béni du coucher de soleil, la nuit tombe et emporte tout ses problèmes. Il peut s'endormir après avoir bien protégé son lit, et pouvoir rêver qu'il n'est pas lui, qu'il n'est pas là. L'heure de Sortilèges s'achevait et il notait le travail à faire rapidement pour partir rapidement vers son Chêne.

« Avery, Rosier, Wilkes, s'écria Flitwick de sa voix pointue, vous allez rester avec moi. »

Ces cons avaient essayés de l'attraper toute la journée mais Severus, habitué, savait où et quand se cacher. Bizarrement les profs les avaient surchargés d'activités telles que distribuer les lunettes astronomique, distribuer les parchemins en étude, si bien que dans leur hargne d'attraper Severus ils étaient très agités durant le cours de Sortilèges.

Bon, direction le Chêne, avec les conneries de Black j'ai pas retrouvé le bouquin.

Il ne vit pas derrière lui, le regard presque satisfait d'Avery.


Si Severus aimait bien le Chêne c'est parce que c'était plus ou moins discret un arbre majestueux qui surplombait une rive un peu reculée du Lac et qui était bordée d'herbe un peu plus haute que sur la berge. Si on s'y allongeait, personne ne vous remarquait et tant mieux. C'était assez proche du Château et du Parc de Hogwarts alors ça n'était pas exactement coupé du reste des élèves et les alentours étaient assez bondés quand il faisait chaud, mais ça n'était pas souvent le cas. Les amoureux, eux, préféraient la Grande Roseraie derrière la Serre n°9, ou les salles de classe vides.

Severus s'attela à la tâche. Son bouquin était introuvable et il s'insurgea de l'avoir protégé contre les sorts, il aurait pu l'attraper, d'un simple Accio… Chaque précaution avait son inconvénient.

Alors qu'il scrutait le sol, il ne fit pas attention à ce qui ce passait autour de lui, c'est pourquoi il ne vit pas arriver le premier coup de pied. En plein dans le flanc. Il cria.

« Alors Snapy, tu veux me faire passer pour une pédale… Tu sais à qui tu parles Sang de Bourbe ! »

« Je…Je ne suis pas un Sang de Bourbe… » Murmura Severus. Rosier lui asséna un coup de poing, qui fit valdinguer Severus, et lui fit perdre sa baguette.

« …Non !... » Il toussait, un peu de sang s'écoulant de sa bouche.

« Si. » Lui répondit Avery en se saisissant de la baguette. « Ecoute moi bien petite merde, je- ne-suis-pas-une-pédale » A chaque mot qu'il prononçait, Severus se prenait un coup de pied dans le ventre ou sur le visage.

« Les mecs, surveillez les alentours. Muffliato. »

Non, non, non, s'il vous plaît, non !

« Je vois que tu te doutes de ce que je vais faire Snapy… humm, d'ailleurs tu es sur que ce n'est pas toi la pédale ? Ha ha ha ! De toute façon tu n'es qu'un animal ! »

Severus serra les dents et ne quitta pas Avery des yeux.

« Tu vas répéter après moi Snapy ! Avery, tu n'es pas une pédale, mais moi si, et je veux que tu me la mettes. » Il éclata d'un rire gras. « Bien sûr Snape, je sais combien tu le veux mais tu vois je ne baise ni les mecs ni les animaux… Dommage pour ton cul ! »

Severus n'avait pas changé d'expression, il fixait juste Avery, l'œil torve, un filet de sang coulant de sa bouche à son menton et l'arcade sourcilière qui enflait. Sa cape était au sol, son pull et sa chemise sales et déchirés.

« Répète-le ! »

Avery ne savait pas comment gérer l'absence de réaction de Severus. Il s'agita un moment puis sourit cruellement.

« Tu ne pensais pas que je le ferais, hein Snape. Il n'y a personne, tu peux gueuler autant que tu veux ! Endoloris ! »

C'est comme si des milliers de lames et d'aiguilles chauffées à blanc le transperçaient de toute part, comme si son sang bouillait, jusqu'à son cerveau. Severus ne pensait plus, il ne pouvait pas. Il ne pouvait qu'hurler à la mort. Il sentait ses yeux sortir de ses orbites et sa langue brûler. Il sentait la plante de ses pieds se décoller douloureusement, ses articulations se tordre et ses os se briser. Il n'était plus que chair souffrante. Il ne sut pas combien de temps cela avait duré, peut-être deux secondes, une minute, une heure, il savait juste que c'était trop.

Il était face contre terre, aux pieds d'Avery, qui, en riant, lui asséna un dernier coup et s'en alla.


Sirius s'était transformé rapidement en sortant du cours de Métamorphose. Il fallait qu'il recommence, il fallait qu'il traumatise le Slytherin et qu'il se marre un bon coup, s'en était assez de ces pensées étranges, et puis il avait menti à Peter merde !

Il se dirigea vers le Chêne et s'arrêta net, humant une étrange odeur. Quelqu'un saignait. Mais pas ici… La personne était partie vers… la Cour de Hogwarts.

Il trottina rapidement vers le puits de la Cour où il aperçu Severus. Ouais, mais, il ne sentait pas pareil. La douleur, le sang, le désespoir. Pourquoi puait-il ainsi le désespoir ? Snape était prostré sur la pierre du puits comme s'il tentait de reprendre son souffle et des forces pour avancer.

Severus reconnut le chien puis s'allongea pour de bon sur la pierre glaciale, ses vêtements déchirés, des bleus plein le visage et le corps, du sang sur le menton, les joues striés de larmes.

Il n'y avait pas âme qui vive dans la Cour de Hogwarts, l'heure du couvre feu était imminente.

Sirius restait interdit. Severus pleurait encore, et malgré les bleus, malgré le sang, il était magnifique. Son teint était blanc, presque translucide, ses lèvres bleuies tremblaient. Ses yeux noirs, d'ordinaires invisibles, brillaient de milles feux, comme si toutes les étoiles qui allaient bientôt apparaitre étaient déjà là, dans ses prunelles.

« T-Tue-moi… » Severus pleurait et Sirius était statufié devant ces paroles.

« T'es le Sinistros ? Je veux… je veux mourir maintenant… J'en ai marre. »

Il était désespéré, il sentait la peur, le désespoir à tel point que Sirius, sous sa forme de chien, souffrait aussi. Il ne réalisait pas. Merde…merde qu'est-ce qu'on lui a fait… MERDE !

« J'en ai marre ! Ma vie est merdique dans le seul endroit où j'aurais pu me sentir bien, à cause de qui ? Tobias Snape, connard de géniteur Muggle à la con ! Et alors… c'est un Muggle, et pour les autres je ne suis rien d'autre qu'un putain d'animal, je ne suis… je ne suis même pas humain… Ramènes-moi, toi !... Crève-moi puisque t'es le Sinistros ! Putain, je t'ai attendu longtemps. »

Severus, bizarrement n'avais plus peur du chien. Il était prêt à mourir, il n'avait plus peur de rien.

Sirius était en colère, lui. Il arrivait à peine à comprendre ce qui lui arrivait. Et puis il regarda encore vers Severus. Ses yeux roulaient dangereusement dans ses orbites, il était plus pâle que jamais. Il fermait doucement les yeux, un petit sourire triste sur les lèvres. Non ! Non ! Pas ça ! Remus ! C'est sa tournée ce soir… Aile centrale…

Sirius se retransforma en urgence, porta le Slytherin et se mit à courir comme un dératé à travers la Cour puis à l'entrée. Putain il est trop léger !


Remus, au tournant d'un couloir sentit arriver Sirius a toute vitesse, bon qu'est-ce qu'il allait vouloir cette fois... Attends, une autre odeur. Du sang, pas celui de Sirius. Remus, ressentant l'urgence courut à la rencontre de son ami.

« Oh mon dieu M. Lupin ! Mais où l'avez-vous trouvé ? »

Mrs. Pomfresh était catastrophée.

« Il était sur le puits de la cour… On dirait qu'il s'est fait agresser par d'autres élèves… »

Remus avait du mal à regarder Severus. Par honte, culpabilité, colère et plein d'autres sentiments. Est-ce que Sirius a… ?

Mrs. Pomfresh pâlit fortement.

« M. Lupin, avez-vous vu quiconque autour de ce garçon quand vous l'avez trouvé ? »

« N-non… Il n'y avait pas un chat. »

« M. Lupin je vous confie cette information car vous êtes Préfet mais surtout gardez cela pour vous. M. Snape présente les symptômes d'un Sortilège Impardonnable… » Elle avait les larmes aux yeux. « Quelqu'un a jeté le Doloris sur cet enfant... »

Okay… Okay alors ça ne peut PAS être Sirius.

« M. Lupin je vais vous demander d'aller finir votre tournée et surtout de ne parler de cela à personne, vous m'entendez ? »

« Oui… oui bien sûr. Aussi, madame...? »

« Oui M. Lupin ? »

« S'il vous plaît ne lui dites pas que c'est moi qui l'ait retrouvé. »

« Enfin voyons, je sais que vos relations ne sont pas très faciles, mais enfin il voudra bien vous remercier ! »

« Je ne crois pas. » Remus sourit d'un air si triste que Pomfresh soupira.

« Très bien. Faites attention en rentrant. Je préviendrais le Directeur alors je pense qu'il voudra s'entretenir avec vous. »

Remus hocha la tête et sorti rapidement de l'infirmerie. Deux couloirs plus loin l'attendait Sirius, pâle comme un linge, ébouriffé.

« Comment il va ? »

« Pomfresh peut tout réparer je pense… Sirius, que s'est-il passé enfin ? »

« Muffliato. Ecoute je sais que tu vas te mettre en colère mais écoutes moi jusqu'au bout okay ? Alors voilà, tu te rappelles l'idée de blague de Peter à l'infirmerie ? À propos de devenir un chien… »

Remus hocha la tête en sentant la moutarde lui monter au nez.

« Alors voilà, je l'ai fait mardi soir, je lui ai fait la trouille de sa vie… j'l'ai pas touché hein, juste grogné un peu, il en a fait tomber son bouquin et moi je me suis amusé… Je l'ai dit à Peter et je comptais y retourner mercredi mais je n'y suis pas allé tu vois, et… »

« Tu mens. Tu commences à mentir. »

Sirius le regarda les larmes dans les yeux, faisant non de la tête.

« Il s'est fait torturer putain de merde ! Je veux TOUTE l'histoire ! »

« Mer-mercredi… il cueillait des herbes au jardin aromatique et j'ai voulu y retourner pour m'amuser encore un peu… mais… »

« Sirius, vas-y. »

« Il était… Beau. » Le mot était lâché. Remus se raidit, Sirius sentit ses doigts trembler.

« Je n'arrivais pas à m'amuser… je le voyais couiner, s'agiter, mais je n'arrivais pas à m'amuser, je me sentais coupable et… ça m'a.. »

«… perturbé. Eh bien, pour une surprise. »

Sirius tenait son visage entre ses mains. Sans s'en rendre compte, ils avaient pris la direction du puits et étaient tout les deux appuyés sur la pierre. Remus alluma une cigarette.

« Et qu'est-ce que tu foutais là ce soir ? »

« Je voulais me prouver que toutes les idées bizarres que j'avais depuis deux jours c'était que du flan et que j'étais capable de lui faire sa misère. Si tu savais Remus… Il m'a… Il m'a dit… »

Sirius s'étrangla.

« I-Il m'a dit de le tuer… Que si j'étais le Sinistros je devais l'emmener mourir, parce qu'il n'en pouvait plus… Il voulait mourir ! Remus ! Putain ! Qu'est-ce qu'on lui a fait ! »

Remus savait pertinemment quand il fallait s'énerver et quand il ne fallait rien dire du tout. Sirius pleurait sur son épaule alors en tant qu'ami tout ce qu'il pouvait faire c'était lui taper l'épaule, lui caresser les cheveux, qu'il se calme.

« Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? »

Sirius releva son regard humide vers Remus. Il ne disait rien, reniflai doucement tandis que des larmes chaudes coulaient sur ses joues. Il observait juste son ami.

Il avait ce regard mordoré étrangement sage bien qu'un peu effrayé. Remus leva son bras à son visage, d'un geste nerveux, la clope entre les doigts, et l'observa en retour. Sirius le trouvait beau avec son air enfantin et triste.

« Alors ? Que vas-tu faire ? »

« Je crois… Je ne veux pas que ça s'arrête. »

Remus exhala un peu de fumée, la tête tournée vers le ciel.

« Je vois… Je comprends. »


Severus ouvrit doucement les yeux. L'infirmerie… Bien sûr.

« Ah M. Snape ! Vous êtes réveillé ! Essayez de ne pas trop bouger je pense que les potions agissent encore »

« Vous m'avez donné quoi ? » Murmura-t-il.

« Ah ! Le grand réveil de notre prodige hein ? Ha ha ! Bon si vous voulez vraiment savoir je vous ai donné des Philtres régénérant, un pour les muscles un autre pour la peau. Une potion pour nettoyer vos blessures et contusion, la création du professeur Slughorn, la violette qui fume là… Un philtre de paix, une petite cuiller de Poussos, une potion de régénération sanguine et une de sommeil sans rêve. »

« Oh… » La cure anti-Doloris, tient donc.

« Comment vous sentez vous ? »

« Bien. »

L'infirmière soupira en secouant la tête, discrètement.

« M. Snape, vous souvenez-vous de ce qui vous est arrivé ?

Severus ferma les yeux et derrière ses prunelles il revit le visage d'Avery riant.

« Non. »

Pomfresh soupira.

« Vous pourrez sortir après que vous ayez parlé à votre directeur de maison et au Directeur Dumbledore. »

Vivement la fin de cette comédie.

Severus sortit marcher un peu. Sans se rendre compte il se dirigeait dehors, vers le jardin ou les Serres, on ne sait pas trop.

Dumbledore n'avait pas arrêté d'insister sur le fait que c'était très grave et que s'il savait quoi que ce soit il fallait qu'il le lui dise, tandis que Slughorn gêné et agacé ne cessait de demander à l'infirmière, mais il va bien hein ? Il va bien, ce n'était pas grave ?

Sale gros porc.

Et voilà qu'ils se barraient enfin en lui disant que ses parents seraient prévenus, qu'ils prennent soin de lui et qu'il n'hésite surtout pas à les contacter.

Severus soupira. Quelle blague. Son père sera juste content qu'il ne se prélasse pas sans lui et qu'ici aussi il se reçoit des coups… Fait chier.

Il était arrivé derrière la Serre n°3, dans la Petite Roseraie. Quand on se donnait la peine de chercher on trouvait dans Hogwarts des endroits de paradis complètement déserts. Il gratta un peu le bandage qu'il avait sur l'œil droit. Le Doloris avait fait éclater un vaisseau dans son œil et bien que ce fût soignable il devait attendre trois jours avant que la Potion soit prête.

Il s'assit sur un banc de la petite roseraie et fouilla dans son sac, quelque chose à lire. Rien. Ah oui. Le chien.

« Je me demande bien si c'était un Sinistros. » Il parlait doucement tout seul. Pas de doute cette fois, il avait vraiment un grain.

Un couinement attira son œil. Un chien noir, le Grandes Noirceurs de la magie à la gueule, s'était approché doucement, la tête baissée. Severus se raidit puis se calma. Le chien posa le livre sur le banc, à coté de Severus.

« Salut toi… » Le chien hocha la tête comme pour lui répondre. Severus gloussa doucement.

« Je m'appelle Severus. »

Il avait une toute petite voix fatiguée. Le chien leva ses yeux gris aciers sur lui et leva la patte. Severus, après une hésitation la prit dans sa main. Elle était toute douce.

« Qui est-ton maître ?... Euh je dois vraiment avoir l'air d'un idiot à te poser des questions… »

Le chien tourna sur lui-même, tentant de rattraper sa queue. De nouveau Severus gloussa.

« Tu as l'air drôle… Tu sais je suis désolé pour hier. C'est juste que… je n'avais pas eût une soirée facile. Non en fait toute la journée… oh et puis laisses tomber, après tout ce n'était pas vraiment une grosse affaire. »

Le chien lécha doucement les doigts du Slytherin, en couinant. Severus sentit des larmes couler de ses yeux.

« Je ne sais pas comment faire… Je ne sais pas pourquoi ils m'en veulent… Je ne sais pas ce que j'ai fait… Regarde mes lectures, ce n'est pas que je veuille devenir un mage noir ou quoi que ce soit comme ça mais j'en apprends tellement sur tout les trucs que je pourrais leur faire pour me venger. »

Le chien s'était assis auprès de Severus et avait posé sa tête sur ses genoux. Tête que Severus caressait doucement en pleurant.

« Je ne veux plus être tout seul. » murmura-t-il tout doucement.

Le Chien était là. Peut-être qu'il ne sera plus tout seul.