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Nouveau chapitre, où l'on récolte des indices intéressants. Bonne lecture !

Chapitre 7 : l'Epouvantard

Drago ne revint que trois jours plus tard. Durant cet intervalle, il fallut supporter les complaintes de Pansy Parkinson, qui ne cessait de gémir sur le sort de son malheureux camarade. Les autres Serpentard n'étaient pas si tendres. Zabini répétait à qui voulait l'entendre que Malefoy n'était même pas fichu de respecter une consigne simple. Millicent Bulstrode lui répondait que Malefoy ne savait généralement pas s'adresser à quelqu'un sans lui envoyer son mépris à la figure et que « ça devait bien arriver un jour ! » Enfin bref, les autres étudiants de la maison ne se trouvaient pas plus mal de cette absence.
Les meilleures choses ont une fin. Le jeudi dans la matinée, Drago fit son grand retour durant le cours de potions avec les Gryffondor. Rogue, visiblement la tête ailleurs, lui fit signe de s'asseoir sans rien dire. Pansy accueillit son héros avec ravissement et Drago joua magnifiquement la comédie du gars qui souffre avec courage. Harry fit une moue dégoûtée avant de retourner à sa potion de ratatinage. Il était très content de travailler avec Millicent, cela lui éviterait d'avoir à aider Malefoy. Il étouffa un rire quand il vit que ce dangereux honneur allait échoir à Ronald Weasley. Celui-ci commença aussitôt à se quereller avec le Serpentard, qui prenait un malin plaisir à le traiter comme le dernier des larbins. Ainsi…
- Monsieur, Weasley abîme mes racines de marguerite.
- Weasley, fit la voix basse de Rogue, vous échangerez vos racines avec celles de Malefoy.
- Mais, monsieur… balbutia Weasley, rouge de honte.
- Vous m'avez entendu ? gronda Rogue.
Et le pauvre Gryffondor dut céder ses racines impeccablement coupées.
- Je vais aussi avoir besoin d'aide pour peler ma figue sèche, dit Malefoy d'un ton narquois.
- Mais qu'il se la mange, sa figue, grommela Millicent. Paraît que c'est bon pour le cerveau…
- Granger, vous éplucherez cette figue, dit Rogue en posant le fruit sur la table devant Hermione.
Sarah observait toute la scène avec attention et Harry sentit son estomac se contracter. Ce n'était vraiment pas le moment de créer un problème. Hermione pela la pauvre figue aussi vite que possible et la jeta à Malefoy. Celui-ci se mit à lui lancer des piques au sujet de Hagrid. Il était persuadé que le professeur tout frais nommé n'allait pas rester longtemps. Harry tendait aussi à le croire. Lucius Malefoy n'allait pas rater une occasion qui se présentait ainsi sur un plateau, bien que les autres leçons se fussent déroulées sans le moindre accroc. Hagrid pourrait toujours en tirer parti face à Malefoy père.
Pendant ce temps, Londubat avait de gros soucis avec sa potion. Elle aurait dû être vert clair et était devenue…
- Orange, Londubat, lança Rogue avec mépris en prenant un échantillon dans une louche pour le montrer à toute la classe. Orange ! Sera-t-il jamais possible de vous faire entrer quoi que ce soit dans le crâne au sujet des potions, Mister Londubat ? Avez-vous écouté quand j'ai dit qu'un seul foie de rat suffisait ?
- Dommage qu'il n'y ait pas mis le foie du rat de Weasley, marmonna Théodore dans son coin. Je hais cette bestiole.
Neville semblait au bord des larmes. Hermione intervint en sa faveur, ce qui n'arrangea pas la situation, et elle se fit sèchement remettre à sa place, cramoisie.
- Londubat, poursuivit Rogue avec agacement, à la fin du cours, nous ferons avaler quelques gouttes de votre potion à votre crapaud et nous verrons ce qui arrivera. Voilà qui va peut-être vous encourager à la préparer correctement ?
Rogue s'éloigna vers d'autres cibles tandis que Neville implorait Hermione du regard de l'aider. De son côté, Millicent avait des choses intéressantes à raconter.
- La Gazette dit que Sirius Black a été repéré, souffla-t-elle à Harry.
- Oh ? Où ça ?
- Pas très loin d'ici. C'est une Moldue qui l'a vu et elle a tout de suite appelé le numéro que le Ministère a donné. Mais quand les aurors sont arrivés, il était déjà parti.
- Aurors ?
- La police spéciale du Ministère, expliqua Millicent. Ils rigolent pas, ces gars-là.
- Tu veux essayer d'attraper Black à toi tout seul, Potter ? susurra la voix venimeuse de Malefoy derrière eux.
- Pourquoi faire ? Ce n'est pas mon travail, répondit Harry à voix basse.
Il aurait parié que le professeur de potions les écoutait.
- Si j'étais toi, j'aurais déjà tenté quelque chose. Je ne resterais pas sagement à l'école.
- Eh ben vas-y, grogna Millicent. Qu'est-ce que t'attends ?
- Ouais, c'est vrai, un serviteur de Tu-sais-qui, ça doit forcément t'intéresser, dit méchamment Harry, qui était convaincu que Malefoy père faisait partie de la clique de Voldemort.
- Tu n'es pas au courant, Potter ? chuchota Malefoy en haussant les sourcils.
- De quoi ? Je ne vois pas ce dont tu parles.
- Tu préfères sans doute laisser le travail aux détraqueurs et protéger ta peau, hein ? ricana Drago. Je me vengerais, si j'étais toi…
- Arrête de débloquer. Ta potion est bleue, répliqua Harry.
Rogue interrompit heureusement l'échange en leur ordonnant de laisser infuser la potion. Harry alla nettoyer les ustensiles et aperçut Hermione qui soufflait discrètement des indications à Neville. Il se demandait de quoi Drago voulait parler. Il était grand temps d'aller consulter les archives de Poudlard au sujet du sieur Black. Mais avant cela, les élèves se groupèrent autour de la table de Neville, où Rogue allait faire ingurgiter la potion à Trevor. Neville tremblait comme une feuille. Il devait être très attaché à son crapaud pour se faire tant de souci. Sa potion avait la bonne teinte, mais de là à dire qu'elle était au point…
- Venez tous voir ce qui va arriver à ce crapaud. Si la potion est correcte, il va rapetisser jusqu'à redevenir un têtard. Si au contraire elle n'est pas convenable, l'animal sera empoisonné.
Rogue prit Trevor dans la main, sans lui faire le moindre mal, nota Harry. Puis il lui fit avaler quelques gouttes du liquide vert. Un petit « chpops ! » retentit et un têtard frétillant apparut dans la main du professeur. Visiblement surpris, celui-ci versa un peu de l'antidote sur le bébé crapaud, qui reprit aussitôt sa forme adulte.
- Miss Granger, il me semble que je vous avais interdit de l'aider… Nous allons devoir discuter de cela. Vous et Londubat, vous restez ici. Les autres, vous pouvez partir. Le cours est terminé.
Une fois dehors, chacun commenta les dernières nouvelles. Sirius Black figurait en bonne place dans les conversations. Les Gryffondor parlaient aussi du cours de défense qu'ils auraient l'après-midi même avec les Serdaigle. Les Serpentard ne rencontreraient Lupin que le lendemain. En attendant, ils se préparaient à retrouver McGonagall et ses cours de métamorphose. En marchant vers la grande salle, Harry et Sarah entendirent Ronald et Hermione qui parlaient assez fort. Le premier s'étonnait de la disparition subite de la seconde au sortir de la classe de potions. Il lui conseillait aussi de porter un peu moins de livres sur son dos, elle ne s'en porterait que mieux.

McGonagall n'avait pas perdu son air autoritaire pendant les vacances. A peine arborait-elle un teint légèrement hâlé. Harry fit de gros efforts pour ne pas l'imaginer sous forme féline, allongée sur un muret, entrain de se chauffer délicieusement au soleil. Elle avait appris, les dieux savaient comment, que Sibylle Trelawney avait prédit mort et accidents durant son cours et elle se fit un plaisir de réfuter les prévisions de la voyante, ajoutant au passage que la divination était une matière… un tant soit peu hasardeuse. Harry était sûr qu'elle l'avait directement regardé en disant cela. Il se mit en quatre pour réussir le petit exercice de révision que leur avait donné l'enseignante. Il s'agissait de transformer un écureuil en l'objet de leur choix. Celui de Théodore devint un élégant porte-monnaie fourré. Millicent changea son rongeur en carafe, ce qui lui valut les compliments de McGonagall et Harry fit du sien une tapisserie : l'écureuil sur fond blanc, qui flotta mollement en l'air. Puis la vieille dame enchaîna sur les Animagi, des sorciers capables de se changer en animal à volonté. Elle faisait partie de ces rares doués. Elle expliqua d'un ton sévère que le Ministère réglementait strictement cette pratique magique et que s'amuser à se changer en chien sans autorisation pouvait vous mener tout droit à Azkaban. Harry prenait fébrilement des notes. Il se demandait en quoi il pourrait bien se changer, s'il en avait l'occasion.

Le lendemain matin, l'atmosphère était des plus gaies à la table du petit déjeuner. Harry ne comprenait pas la bonne humeur qui secouait ses camarades. Enfin, il parvint à arracher quelques mots à Ginny Weasley. Celle-ci lui raconta, après lui avoir fait promettre de ne pas se fâcher, que durant le cours de Défense de son frère, Neville Londubat avait été confronté à un épouvantard. Cette chose prenait l'apparence de votre pire cauchemar et il fallait lui lancer un sort pour qu'elle prenne une allure ridicule. Ce s'était conclu par un fac-simile de Rogue avec les habits de Grand-Maman Londubat sur le dos. Harry fit un effort considérable, mais ce fut inutile. Un éclat de gaieté lui monta aux lèvres… Dix secondes plus tard, lui et Ginny partageaient un fou rire au beau milieu du palier, sous les yeux ébahis des autres étudiants.
La cloche annonça le début des cours et Harry courut pour ne pas arriver trop en retard à ce fameux cours de Défense. Les Serpentard et les Poufsouffle déballaient leurs affaires et il eut juste le temps de s'asseoir à côté de Blaise avant que Lupin ne fît son entrée. Il avait nettement meilleure mine que dans le train et quelques couleurs étaient revenues à ses joues maigres.
- Bonjour à tous ! Les livres dans les sacs, s'il vous plaît. Aujourd'hui, c'est travaux pratiques pour tout le monde. Pour plus de commodité, j'ai fait déplacer notre armoire à épouvantard dans cette pièce.
Il désigna une antiquité plus ou moins vermoulue qui occupait la moitié d'un pan de mur.
- On va rire, murmura Blaise. Tu vas voir ce qui va arriver à McGonagall, cette fois.
Harry sourit. Dieu seul savait comment la directrice de Gryffondor allait « éponger » l'affront fait à Serpentard. Connaissant le caractère facétieux de Blaise, ça n'allait pas être piqué des hannetons.
- Bien. Tout d'abord, une petite présentation de l'épouvantard. Ces créatures aiment les endroits sombres et étroits, comme les armoires… ou les éviers, sous les lits… Enfin, partout où on ne fait pas souvent le ménage. Vos camarades ont déjà dû vous dire quelles étaient ses leurs capacités. Ils adorent faire peur. Ils prennent l'apparence de votre plus grande frayeur.
- Gonny, ça va être ta fête… susurra Blaise à l'oreille de Harry, qui écoutait Lupin avec intérêt.
- Quand j'ouvrirai la porte de l'armoire, notre épouvantard va essayer de s'en prendre à nous. Comme nous sommes assez nombreux, il va être assez désorienté. C'est très difficile de faire peur à tout le monde en même temps. Pour neutraliser cette créature, vous devez lui donner une forme amusante. La formule est la suivante : Riddikulus !
Les élèves répétèrent docilement, sauf Malefoy, qui n'en avait apparemment rien à faire.
- Bien. Si on passait à la pratique ? dit Lupin en souriant chaleureusement. Qui commence ?
- Moi, je veux bien, fit Blaise en levant la main.
- Alors allez-y. Qu'est-ce qui vous fait le plus peur, monsieur… Zabini ?
- Gnn… Mrs McGonagall, monsieur, répondit Blaise avec gêne.
- Ah ? Bon… Donc cet épouvantard va prendre son apparence en sortant. Concentrez-vous bien !
Il ouvrit la porte. McGonagall, les yeux furieux, jaillit comme un diable hors de sa boîte. Blaise hurla « Riddikulus ! » et un claquement sec retentit. Suivi d'éclats de rire. A la place de McGonagall, il y avait un chaton, les pattes emmêlées dans une pelote de laine, qui miaulait désespérément parce qu'il n'arrivait pas à se libérer.
- Bien… A vous, Mr Malefoy !
Malefoy s'approcha, sans trop savoir ce qui l'attendait, et l'épouvantard se transforma en hippogriffe. Apparemment, il avait eu la peur de sa vie quand Buck l'avait attaqué… Toutefois, à la différence dudit volatile, l'épouvantard avançait lentement vers Drago, dont la terreur s'accentuait davantage à chaque pas. Malefoy était tétanisé. Finalement, sur un signe de Lupin, Pansy Parkinson attira l'attention de l'épouvantard, qui prit immédiatement la forme d'un troll. Son sortilège lui coupa bras et jambes, le transformant en une espèce de culbuto géant.
- Superbe ! Miss Cobbyte, à présent !
Sarah s'avança, et là, l'épouvantard fit les choses en grand : devant Sarah apparut bientôt un horrible Grand Dragon Blanc Aux Dents Jaunes ( +300 points d'attaque contre les voleurs, assassins et espions, -300 contre les barbares ), plus terrifiant que tous les dragons existants ou ayant existé. Le mastodonte tourna son énorme tête vers Sarah, dont les autres élèves s'écartèrent « d'instinct ».
- Riddikulus !
Le dragon toussa, puis se transforma brusquement en une espèce de bébé dragon avec… une perruque rousse et des taches de rousseur. Tous comprirent l'allusion. Même Malefoy ne put s'empêcher de rire.
Harry réfléchissait alors que Milicent Bulstrode se trouvait confrontée à un essaim d'abeilles. Quelle était sa plus grande peur ? Il pensa d'abord à Lord Voldemort et au Basilic. Mais il se souvint de la main putréfiée du Détraqueur, puis du Détraqueur lui-même… Comment ridiculiser une de ces horribles créatures ? se demandait-il alors que Milicent transformait ses abeilles en un tas de billes tombant au sol et rebondissant sur le parquet.
Harry leva sa baguette, concentré sur l'idée la plus stupide qu'il avait pu trouver ( car c'était évidemment la meilleure ), mais Lupin se précipita.
- Ici !
L'épouvantard se rassembla et pris la forme d'une unique sphère argentée flottant dans les airs.
- Riddikulus !
La sphère vira au noir et tomba au sol. Il ne restait plus de l'épouvantard qu'une boule de billard. Oui, la numéro huit, mais personne ne s'en effraya.
- Ça y est, il panique ! Finissez-le, Mr. Nott !
Théodore s'approcha, mais il n'eut pas à lancer son sort : la boule de billard avait fui vers l'armoire et bondi à l'intérieur. La porte se referma violemment tandis qu'Harry se demandait pourquoi le professeur ne l'avait pas laissé s'approcher de lui.
Lupin félicita les élèves et leur donna un devoir pour le cours suivant. Ils sortirent tous en bavardant.
- Il est plutôt sympa, non ? commenta Théodore.
- Très, approuva Harry, bien qu'il eût beaucoup de questions à poser au professeur. Il est doué.
- Il était temps, fit Sarah en agitant sa baguette. Je crois que je l'aime bien. Bon, on va à la bibliothèque ?
Le trio grimpa l'escalier et entra dans le domaine de Miss Pince. Sarah guida les garçons jusqu'à l'étagère supportant les annuaires du XXème siècle.
- Sachant qu'en 1981, Black était un supporter de Tu-sais-qui, je pense que nous devons le chercher dans les promos 1970 à 1980, pour commencer.
- Voilà le bouquin, dit Harry en posant sur la table un lourd volume couvert de cuir.
Ils épluchèrent silencieusement les premières promotions, découvrant la mère de Marcus en 1972, celle de Blaise en 1974, et bien d'autres noms familiers. Enfin…
- Le voilà ! Promo 1977 ! dit Harry triomphalement.
- Alors, alors… Black, Sirius. Fils de Orion Black et Walburga (issue de la même famille). Né en 1960… Bla, bla, bla… Élève de Gryffondor ? s'étonna Théodore.
- On aura tout vu… Un lion partisan de Jedusor, marmonna sombrement Harry.
- Doué en quidditch et métamorphose. Il avait un frère plus jeune qui s'appelle Regulus. Harry… Il était dans la même promo que tes parents. Et Lupin. Et Rogue. Regarde un peu ça.
- En effet… Il a même l'air assez copain avec papa, sur cette photo. Rien de plus, Sarah ?
- A part que c'est un très beau garçon ( et Harry ne pouvait que lui donner raison : Black avait effectivement une allure des plus séduisantes )… Nan ! Depuis qu'il a quitté l'école, rien sur lui. Je ne vois marqué nulle part le travail qu'il effectuait.
- A part son frère, y'a eu d'autres Black dans cette école ?
- Attends… fit Théodore en feuilletant le volume. Ah ! Deux ans avant, sa cousine Bellatrix Black. Et encore… Quatre années avant Bellatrix, sa sœur Narcissa Black. En voilà, une petite tribu ! En dix ans, quatre qui passent à Poudlard !
- On a rien trouvé qui puisse nous dire pourquoi il a mal tourné.
- Tu vas rire, mais tous les autres Black qu'on a vus étaient à Serpentard.
- Alors au choix, dit Harry : a) il est encore plus rusé que les autres, ou b) il était nettement moins malin. Dans ce dernier cas, je me demanda pourquoi Vold… Tom l'aurait recruté.
- Y'en a toujours qui aiment avoir un pigeon à portée de main pour se tirer d'affaire, énonça Sarah.