JE SUIS PHOBIQUE MAIS J'ME SOIGNE (Le Twilight Contest)

La phobie : Le concert de ma vie

Couple : Edward & Bella

Rating M

Disclaimer : Les personnages de la Twilight appartiennent bien sûr à Stephenie Meyer (chanceuse devant l'Eternel), je ne suis responsable que du contexte de cet OS dans le cadre du concours « Je suis phobique mais j'me soigne »

O*o*O*o*O

POV EDWARD

-Le Dr Gerandy aura un peu de retard, il a dû recevoir un patient en urgence, veuillez l'excuser ! Me signifia la secrétaire médicale au regard de biche alors que je venais me présenter à elle.

Sur son bureau, tandis qu'elle répondait au téléphone qui sonnait incessamment, il y avait une agrafeuse et l'imprimante crachait une quantité astronomique de documents à un rythme soutenu.

Elle continue bien cette journée, tout ce que j'adore !

-Pas de problème ! Répondis-je avant d'aller ruminer dans mon coin car le bon docteur était en retard.

Je m'installai dans l'un des confortables fauteuils de la salle d'attente, repensant encore que j'avais dû supporter un investisseur immobilier, tout en maîtrisant ma colère, qui était venu mettre la pagaille sur mon chantier.

J'étais un architecte de renom et bon nombre d'entreprises locales faisaient appel à mon cabinet que je dirigeai avec mon grand-frère Emmett et un ami d'enfance, Demetri.

Et voilà maintenant que j'allais devoir patienter, non sans mal car la salle d'attente était remplie de gens venus se faire soigner leurs petits bobos et autres tracas mentaux, comme moi.

Comme tous les mois, depuis désormais plus de 3 ans, je rencontrai mon thérapeute qui m'aidait à travailler ou plutôt à surmonter mon ochlophobie.

Malgré que cette tare ne m'empêche pas vraiment d'avoir une vie sociale ou encore de sortir de chez moi, cette phobie se caractérisait par une peur incontrôlable de la foule de manière oppressive et on pourrait la rapprocher de la claustrophobie.

Je craignais de me retrouver encerclé, que les gens décident de se jeter sur moi et de finir étouffé sans avoir la moindre possibilité d'en sortir et y laisser ma peau.

Mais promis juré, j'y travaille... ou pas!

Je laissai traîner mon regard autour de moi. Quelques patients attendaient leur tour tout en feuilletant des magazines maintes fois lus et relus qui souffraient en silence sur la petite table en bois installée au centre de la pièce où une odeur d'aérosol bon marché était diffusée à intervalles réguliers.

Un petit garçon aux cheveux blonds coupés courts, et à qui je mettrais bien une claque car il n'arrêtait pas de courir autour des sièges avec une démarche digne d'un éléphantsans que sa mère n'intervienne pour le canaliser, piochait de temps à autre et sans aucune hésitation dans la bonbonnière en verre, une friandise qu'il fourrait bien vite dans sa bouche.

-Jasper, arrête les bonbons car tu n'auras plus faim ce soir ! Lui ordonna-t-elle tout en éloignant l'objet de la convoitise du garçonnet qui se mit à bouder avant de reprendre sa course infernale.

A mon tour, j'attrapai un catalogue spécialisé dans la presse people où sur la couverture, qui avait subi une attaque de feutres de couleur, était écrit en grands caractères « Révélation choc, Tom Cruise et Katie Holmes divorcent ! Que va-t-il advenir de la petite Suri ? »

Oui ce magazine n'était pas dans sa première jeunesse !

Je feuilletai machinalement sans porter aucune attention aux ragots colportés dont cette presse à scandales raffolait jusqu'à ce que la porte du bureau de mon médecin ne s'ouvre et que ce dernier prenne congé d'avec son précédent patient.

-Edward, c'est à nous ! M'accueillit-il tout en me serrant la main sans jamais se départir de son sourire avenant.

Me laissant le passage, je pénétrai dans son bureau avant de m'asseoir sur l'une des banquettes en tissu noir et prévues pour les séances de thérapie, qui ne me semblaient jamais réellement formelles.

Le Dr Gerandy avait aménagé son cabinet de façon assez accueillante, qui donnait l'impression d'être dans un boudoir et non chez un psychologue à proprement parlé.

-Edward, laissez-moi vous présenter Kate ! Kate est en formation à mes côtés dans le cadre de son cursus universitaire. M'indiqua-t-il alors que la jeune femme me serrait la main et rougissait.

Oui, je sais j'ai un charme fou ! N'est-ce pas ?

-J'espère que cela ne vous dérange pas que j'assiste à votre séance avec mon oncle ?

On fait ça en famille ? Ok !

-Pas de problème ! La rassurai-je, même si cela ne m'enchantait guère.

-Comme je te le disais, Edward, expliqua mon bon médecin, est atteint d'ochlopobie, mieux connue comme étant la phobie de la foule. Il a 27 ans, est architecte et vit en couple avec une charmante jeune femme. Le Dr Gérandy se tourna vers moi. Je retrace un peu votre parcours médical à Kate afin qu'elle puisse intervenir mais surtout suivre le bon déroulement de notre séance.

-J'ai comme l'impression d'être une expérience scientifique ! Tentai-je de plaisanter.

-Non Edward mais vous êtes un patient exemplaire, si je peux dire, car il est rare que de nos jours les personnes fassent les démarches pour consulter alors qu'ils sont conscients d'avoir un mal. Argumenta Kate, qui plongea aussi vite le regard dans son bloc-notes.

-C'est grâce à ma compagne que je suis là ! Avouai-je.

Il y avait sur les murs de nombreux clichés du Bangladesh car au détour de l'un de nos nombreux échanges, j'avais appris que son épouse était originaire de ce pays. Un vase avec un pot pourri sur la table en fer forgé face à nous et une lampe sur pied placée entre les deux sofas disposés en biais complétaient l'ensemble. Sa table de travail en verre nous faisait face où divers dossiers en papier l'encombraient.

-Serait-il possible de connaître vos antécédents afin de mieux nourrir ma thèse ? Me demanda-t-elle tout en tâchant de soutenir mon regard.

Un vrai cobaye soumis à une expérience scientifique, manque plus que la petite roue de hamster !

J'avais contracté cette ochlophobie à mon plus jeune âge car j'avais été traumatisé.

-Euh par où commencer…voulus-je paraître relax. Mon oncle Ben, le frère aîné de ma mère Esmée, m'avait amené à un match de baseball alors que je venais de fêter mes six ans. Nous avions dû évacuer le stade, une fuite de gaz s'était déclarée dans les conduits d'aération des vestiaires et je m'étais perdu dans la foule dense qui cherchait à quitter l'enceinte sportive, suivant les directives des agents de sécurité et des forces de l'ordre. Racontai-je, en frissonnant quelque peu. Et c'était mon père qui était venu me récupérer au poste de secours quelques heures plus tard puisque mon oncle avait été transporté à l'hôpital.

Le flip complet quand on a 6 ans !

-Sacré traumatisme ! Releva-t-elle.

Et depuis ce jour-là, je faisais en sorte de passer au loin de ces rassemblements en tout genre et j'avais décrété que je préférai amplement la sécurité et le confort de mon appartement pour regarder une retransmission sportive ou autre manifestation culturelle à la télévision, en compagnie de mon adorable Bella et de quelques amis... et je le vivais très bien de cette façon !

-Et c'est bien des mois plus tard que j'ai appris quelle équipe avait gagné ! Rigolai-je.

Marcus, c'était son prénom, avait pris place à mes côtés sur l'autre banquette tout en attrapant sa tablette numérique où il annotait tout ce que je pouvais et surtout voulais lui balancer durant nos entretiens alors que sa nièce Kate s'était assise devant le bureau de mon thérapeute sur une chaise roulante.

Je me sens cerné ! Relax Cullen, tu vas t'en sortir !

-Alors Edward, où en sommes-nous ? Avez-vous réussi à réaliser quelques objectifs que nous avions mis en place précédemment ? Qu'en est-il de ce projet d'aller voir ce concert où se produit votre groupe favori ? Me débuta-t-il tout en pianotant sur son écran tactile.

Je tâchai d'adopter une attitude désinvolte en me vautrant quelque peu dans le sofa, croisant ma cheville gauche sur mon genou droit, jetant mon bras droit sur le dossier alors rien que de penser à ce futur événement qui m'attendait demain soir, à cette foule rassemblée venue acclamer Coldplay au Key Arena, je flippais sévère et savais d'avance que cette histoire tournerait mal.

Foi de Cullen, j'allais tomber dans les pommes et finir à l'hôpital... une fois de plus !

-Je ne suis pas du tout rassuré et je me fais déjà le film des évènements qui m'amèneront à rentrer chez moi en courant comme un fuyard ou à me réveiller aux urgences, un masque à oxygène sur le visage parce que j'aurai perdu connaissance ! Déclarai-je avec assurance.

-Quel enthousiasme ! Se fit-il moqueur. Mais vous savez que votre phobie ne pourra qu'être vaincue que si vous vous fixez des buts à atteindre. Il faut que vous vous obligiez à aller dans des endroits où les gens se rassemblent en masse et puis un concert de ce genre ne se rate pas ! Poursuivit-il en soupirant. Je vous envie, vous savez car moi-même, j'apprécie énormément ce groupe britannique et ma fille cadette en est fan, d'ailleurs mon épouse l'y accompagne avec des copines ! M'apprit-il. Vous devez vous forcer, Edward, et c'est pour cela aussi que vous avez fait appel à moi pour vous aider à surmonter votre phobie.

Je lui souris tout en passant une main nerveuse dans mes cheveux qui étaient toujours en révolution capillaire et cela depuis mon adolescence, au grand plaisir de ma compagne qui adorait y tirer dessus quand nous faisions l'amour et qu'elle était sur le point de jouir.

Putain ce que j'aime le sexe avec Bella !

-Je ne veux pas décevoir, Bella, car c'est un chouette cadeau d'anniversaire qu'elle m'a fait malgré qu'elle connaisse tous les torts de ma phobie. Je l'ai d'abord détestée, considérant son présent comme une bombe au mercure qui allait m'exploser au visage mais avec le recul, c'est un petit mal pour un grand bien ! Avouai-je, à la fois vaincu et déterminé de ravir Bella.

-Voilà une bonne parole, Edward ! Me félicita-t-il. Si vous parlez ainsi, c'est que vous avez décidé d'affronter votre mal. En trois ans de thérapie, j'appelle ça un vrai progrès.

-Bella m'y aide énormément, vous savez ! Lui dis-je d'une voix pleine de reconnaissance. Elle connaît tous mes travers et elle m'aime surtout. C'est ma meilleure amie et accessoirement ma compagne, rigolai-je et nous adorons ce groupe depuis nos années lycée. Précisai-je, un grand sourire collé aux lèvres.

Dès que je pensais à Bella ou parlais d'elle, je me transformais en cet idiot amoureux dont l'esprit devenait de la guimauve... mais je l'aimais comme un dingue, cette nana !

-C'est toujours un plus, d'avoir un proche qui comprend le mal-être, qu'il soit moral ou physique et qui soutienne dans les démarches. Et je suis conscient que sans Bella, vous ne feriez pas tous ces efforts. Me rappela-t-il, chanceux que je suis.

Ça c'est clair !

-Comme nous abordons le sujet et que demain donc, vous allez voir ce concert, je grinçai quelque peu des dents en y repensant, à quand remonte réellement votre dernière immersion au contact d'une foule réunie en masse ? Soyez franc, Edward ! Me poussa-t-il à me confier.

Je réfléchissais un court instant afin de me rappeler à quel moment j'avais dû mettre à mal ma phobie.

-Si je me rappelle bien et sans dire de bêtises, Bella m'avait traîné de force au cinéma pour aller voir ce film de filles que j'avais apprécié malgré tout, vous savez... ce truc avec les vampires qui brillent au soleil, dis-je tout en essayant de me remémorer le titre, comment ça s'appelait déjà... Twilight, voilà et c'était le premier film ! Précisai-je.

-Oui, ce n'est pas tout récent cette affaire si je saisis bien ! Se moqua-t-il tout en marquant l'information dans mon dossier électronique.

-Oh j'adore les films de cette franchise ! S'émerveilla Kate.

Je vais te présenter ma femme dans ce cas !

Bella s'était prise de fascinationpour cette saga littéraire, avait dévoré les quatre livres en cinq jours mais ne m'avait plus demandé de l'accompagner dans une salle obscure pour découvrir la suite sur grand écran.

Parce qu'en plus d'avoir peur de la foule, je n'étais pas vraiment fan du noir et donc aller voir les films suivants qui ont rassemblé une masse de fans incalculable pour m'enfermer dans une salle pleine à craquer, je vous laisse imaginer mon état psychique à la sortie.

-Et je n'aime être dans le noir ! Indiquai-je à l'encontre de Kate qui me regardait comme si j'étais une rockstar.

-C'est très bien de reconnaître ses torts ! Me félicita-t-elle.

-C'est ce que n'arrête pas de me dire Marcus ! Souriais-je.

J'échangeai encore quelques banalités avec mon thérapeute, lui promettant de faire en sorte de passer un bon moment demain soir avant que notre rendez-vous mensuel ne prenne fin.

-Comme à votre demande, on se revoit lundi pour que vous me racontiez comment vous avez réagi face à

cette grande épreuve et que vous me parliez de vos ressentis, que vous puissiez mettre des mots sur votre appréhension qui doit être déjà à son comble. M'encouragea-t-il malgré tout en me raccompagnant jusqu'à la sortie de son cabinet médical.

-Si j'y survis ! Lui rappelai-je en esquissant un faible sourire qui se voulait quelque peu rassurant.

Je quittai le centre médical, situé à proximité du Space Needle, avec encore plus d'angoisses que je n'en avais en y arrivant mais après avoir subi l'affluence monstre du trolleybus qui me ramenait chez moi, tout proche de la Seattle Central Library, je retrouverai ma compagne.

Une délicieuse odeur de sauce bolognaise m'accueillit alors que je déposai mes clés dans la coupelle de l'entrée et larguai ma besace au pied de la table.

-Bébé, c'est moi ! M'annonçai-je, en m'avançant dans le vestibule qui distribuait les pièces à vivre de notre appartement fraîchement repeint.

Je rejoignis Bella, qui gesticulait dans la cuisine, une cuillère en bois dans la main et ses écouteurs fixés aux oreilles. Elle portait une tunique blanche, et à travers laquelle je pouvais apercevoir la fine dentelle de son soutien-gorge push-up, celui qui lui faisait une exquise poitrine, et son jogging court fétiche qu'elle mettait tout le temps quand elle traînait à la maison.

Je m'appuyai contre le chambranle et restai là, à l'observer alors qu'elle me faisait dos. Cette femme était la tentation incarnée, son corps souple mais qui possédait des formes et des courbes très charmantes, m'appelait à le posséder et à le vénérer comme j'aimais tant le faire et ses cheveux bruns bouclés relevés en chignon dégageaient cette parcelle de peau que j'adorais noyer sous mes baisers voraces.

-Ah t'es rentré, chéri ! Et arrête de me fixer comme ça, on dirait un malade mental ! Rigola-t-elle.

Sa voix chantante m'interpella alors que mon imagination débordante, la voyait nue sur notre lit m'aguichant en remuant lascivement au milieu des draps froissés.

-Quoi ? T'es tellement belle que je ne peux pas m'empêcher !

Je rentrai dans la cuisine pour la saluer et l'embrasser. Ses lèvres avaient la saveur de la tomate et nos langues gourmandes se mélangeaient bien rapidement.

-Alors ce rendez-vous avec Marcus ? Me demanda-t-elle avant de plonger les spaghettis dans l'eau frémissante.

Bella connaissait mon thérapeute car à ma demande et des fois, à celle du Dr Gerandy, il lui était arrivé de m'accompagner à quelques unes de mes séances.

-Et toi, ta journée au travail ? Ça été ? Jacob ne t'as pas trop pris la tête ? Me renseignai-je.

Comme souvent, on se racontait nos journées respectives autour d'un bon verre de vin. Nous plaisantions en refaisant le monde, en se moquant des gens et nous tenions grandement à ces instants de complicité.

-M'en parle pas... Souffla-t-elle résignée. J'en ai marre de tout lui répéter au minimum cinq fois par jour et je me demande encore pourquoi Aro a pris ce stagiaire mais j'aime mon job donc, je le prends avec le sourire. Elle remua un peu la bolognaise avant d'améliorer l'assaisonnement après l'avoir goûtée. Alors ta séance ?

-On a parlé du concert de demain et de la manière dont j'appréhende cet événement ! Lui dis-je tout en trempant mon petit doigt dans la sauce. Et j'ai dû raconter ma vie à une débutante, l'horreur !

-Bas les pattes ! Me gronda-t-elle en me donnant un coup de cuillère sur la main.

Je fis mine de souffrir le martyre en secouant ma main mais sans oublier de lui adresser un clin d'œil.

-Je vis avec un vrai gamin ! Déclara-t-elle en haussant les épaules.

-Oui mais tu l'aimes ce vrai gamin ! Rajoutai-je avant de lui claquer le derrière affectueusement.

Je pris place sur l'un des tabourets qui composaient l'îlot central de notre cuisine équipée et nous servis un verre de vin à chacun. Bella s'asseyait à mes côtés et posait une main possessive sur ma cuisse.

-Donc raconte-moi plus en détails ton rendez-vous avec le Dr Gerandy. Me poussa-t-elle avant de boire une gorgée de vin.

-T'es sûre que c'est une bonne idée ce concert ? Tu pourrais y aller avec Alice et Rosalie ! Lui proposai-je, une nouvelle fois.

Je suis pas suicidaire, moi !

Ce n'était pas la première fois que nous avions cette conversation et que j'essayais de négocier ma non présence au concert malgré que je crevais d'envie de voir le groupe Coldplay en compagnie de Bella, de me réjouir de leurs plus grands succès en live et d'en prendre plein les yeux.

-Edward, encore ! Tonna-t-elle. Il est hors de question que j'aille à ce concert avec mes collègues et c'est à toi que j'ai offert ce cadeau d'anniversaire. Fin de la discussion et de ta négociation puérile, je ne céderai pas ! C'est clair ? Trancha-t-elle, en me pinçant la cuisse.

Oui chef !

Même si elle était diplômée en gestion et comptabilité, Bella travaillait dans un cabinet juridique comme assistante de direction et de bien des fois, elle me parlait comme elle le faisait avec ses clients et ça me calmait.

Je baissai la tête, penaud mais ma compagne me déposa un baiser sur la joue.

-Désolée, chéri ! Je suis allée trop loin en te parlant ainsi mais je tiens vraiment à passer ce moment fantastique avec toi et c'est demain ! Se réjouit-elle avec un grand sourire aux lèvres. Et puis, tu sais très bien que je serai toujours là pour t'encourager et t'aider avec cette phobie.

Elle m'enlaça, s'appuyant contre mon dos et entourant mon buste de ses bras.

-Je t'aime, tu sais ! Murmura-t-elle à mon oreille. Le repas est bientôt prêt ! Tu mets le couvert, s'il te plaît ?

A mon tour, je quittai mon tabouret et attrapai nos assiettes et ustensiles tandis que Bella faisait égoutter les pâtes et terminait la préparation de notre dîner.

C'est avec le ventre bien rempli, je m'étais resservi à plusieurs reprises et les spaghettis à la bolognaise de Bella, c'était un orgasme culinaire, que je débarrassai la table et jetai quelques déchets à la poubelle.

-Comme toujours, femme, je me suis pété le bide. Une nouvelle claque sur son derrière. Quand tu veux, tu me refais un repas aussi délicieux. La félicitai-je.

-Tu sais, débuta-t-elle en posant le torchon sur le bord de l'évier, ce n'est pas en me faisant des compliments à tour de bras et de ronds de jambes, que demain tu seras aux abonnés absents ! Sourit-elle. Tu vas y arriver et sache que je te lâcherai pas ! On va passer un bon moment, fredonner les paroles en même temps que Chris Martin, danser et s'amuser sur les rythmes entêtants de leurs meilleures chansons. Je veux qu'on le fasse ensemble et ce sera un grand pas pour tenter de surmonter ta peur incontrôlable qui te rend malheureux !

-Oh Bella, tu fais tellement beaucoup pour moi ! Dis-je, touché par ses paroles. Heureusement que ce sont des places assises et même s'il y aura plus de 70 000 personnes autour de moi, désolé de nous, me repris-je, je me prête à croire que ça ira ! Essayai-je de me convaincre tant bien que mal.

Nous étions désormais dans notre salon, installés dans notre canapé d'angle. La télévision diffusait une énième stupide émission de téléréalité mais Bella, qui était lovée contre moi, adorait ce genre d'imbécilités et elle gloussait de temps en temps alors que je m'ennuyais sévère.

Je jouai avec une mèche de ses cheveux que j'enroulai autour de mon index et je pestai en marmonnant quand les candidats lançaient des bêtises plus grosses qu'eux sans aucun filtre.

-Si t'es pas content, t'as qu'à aller te coucher ! Me proposa-t-elle, toujours scotchée avec intérêt à son émission.

-J'ai pas envie de dormir bébé, mais j'ai une idée qui nous serait très agréable si tu vois ce que je veux dire ! D'ailleurs, si tu me taillais une pipe cela serait un bon début ! Lançai-je avec un timbre vicieux et charmeur.

-T'es sérieux, là ? Et puis je suis pas ta servante, ta pute qui va se mettre à genoux pour te sucer ! Gronda-t-elle non sans se frotter à moi de manière lascive.

-Bella, je te préviens si tu commences à faire ça, à te trémousser et à pousser tes gémissements, je te charge sur mon épaule et je vais te baiser fort... très fort ! Annonçai-je, tel un homme des cavernes.

-Pas maintenant, chéri... j'ai la migraine ! S'amusa-t-elle.

-Bella... fis-je menaçant.

Notre petit jeu prit vite fin et ce fut sous le couvert de nos draps que nos corps en sueur s'apprivoisèrent et se domptèrent une seconde fois.

Bella, toute échevelée et la respiration hachée, se vautra de tout son long sur mon corps et me câlina comme elle aimait tant le faire et que j'appréciais énormément. Son index dessinait les motifs des petites étoiles tatouées sur mon pectoral gauche, une étoile représentant un grand moment dans notre vie de couple.

-Vous étiez très en forme ce soir, miss Swan... surtout pour une personne qui mimait avoir une migraine ! Rigolai-je.

-Faut dire que vous êtes un excellent placebo pour faire passer toute sorte de maux ! Sourit-elle.

Bella se redressa pour venir m'embrasser mais j'en profitai pour la faire basculer et qu'elle se retrouve bloquée sous mon corps, mes bras et mes jambes la maintenant prisonnière de mon désir et de mon besoin de l'aimer à nouveau.

-Je t'aime ! Lui soufflai-je, mes lèvres collées aux siennes alors que je la pénétrai une fois de plus.

Nous savourions notre moment post-coïtal, nos doigts emmêlés et nos regards accrochés. Aucune parole n'était prononcée et seuls nos souffles communiquaient, nous étions bien ainsi et je me rendis compte que j'étais un putain de chanceux d'avoir une nana comme elle dans ma vie et surtout qu'elle me prenne tout entier, phobies incluses.

S'élevant devant moi, la structure moderne et métallique du Key Arena me narguait et les queues interminables de fans se massaient aux alentours des portails d'accès de la salle, qui en temps normal accueillait tous les matches de basketball des Storms et les compétitions de hockey sur glace des Thunderbirds.

Bella serrait ma main et s'appuyait contre mon bras pour me témoigner sa force et son soutien.

Relax Edward, tu vas gérer et t'es pas tout seul !

Je baissais le regard vers ma compagne, qui à son tour, m'observait avant de me sourire grandement. L'un de ses sourires qui me transformait comme toujours en ce clown à la guimauve.

-Merci Edward ! Merci de faire ça pour moi, pour nous ! Je sais que ta vulnérabilité va être mise à rude épreuve mais je te suis vraiment reconnaissante car ça fait tellement longtemps que nous n'avions pas fait ce genre de choses et ça me manquait !

La dernière fois que nous étions sortis, tous les deux, c'était pour son anniversaire où je l'avais invitée au restaurant et offert une nuit dans un lodge à proximité de la frontière canadienne, perdu au milieu des bois... rien d'insurmontable pour ma phobie et moi.

-C'est toi qui m'as fait un chouette cadeau d'anniversaire, en nous permettant de voir enfin notre groupe préféré. Je t'aime bébé, je t'aime ! La rassurai-je avant de l'embrasser.

La file avança devant nous et rapidement, nous accédions à l'enceinte puis aux gradins, à la recherche de nos places numérotées.

Des vendeuses qui portaient des panières autour de leurs cous, nous tendaient des bracelets clignotants qu'il fallait porter au poignet et qui s'allumeraient au cours du concert.

Quand nous prenions place sur les strapontins en plastique, je pris une grande inspiration pour mieux expirer ensuite tandis que Bella toute heureuse, s'émerveillait et écoutait avec attention la première partie qui se produisait sur la scène.

-C'est entraînant ce qu'ils font ! Me dit-elle, en se penchant vers moi.

Je ne lui répondais pas, trop pris à contrôler mon énorme peur qui grandissait en moi et qui me faisait frissonner. Je regardai tout autour de moi, passai au crible les gens assis à proximité de mon siège et jetai un coup d'œil en direction du terrain de sports, transformée pour l'occasion en une fosse géante, où la foule compactée sautillait, criait et s'amusait au rythme des chansons et de la musique.

Je tâchai de me mettre à la fête et resserrai mes doigts autour de ceux de ma compagne. Nos mains jointes étaient posées sur sa cuisse.

-Ca va chéri ? S'enquit-elle, ses sourcils se fronçant de manière soucieuse.

Sur mes lèvres, naissait une grimace mais pour Bella, je resterai jusqu'au bout et ferai en sorte de ne pas me laisser engloutir par mon ochlophobie, qui était tapie en moi et n'attendait qu'un moment de faiblesse pour attaquer.

-Dès que tu ressens le besoin de partir, pense à nos moments heureux, les plus beaux, ces mêmes instants qui m'ont fait tomber amoureuse de toi. M'encouragea-t-elle.

Nous nous embrassions quand Chris Martin et ses comparses investirent la scène décorée aux couleurs de leur album et dont la tournée portait le nom.

Des tentures de tissu étaient recouvertes de graffitis et cinq écrans géants permettaient aux plus éloignés tels que nous et nos voisins d'un soir de profiter du concert et se réjouir de voir Coldplay se produire devant nous.

-J'ai lu sur leur page Facebook que Rihanna serait là, c'est génial ça ! Claironna une Bella aux anges.

Quand les premières notes de Mylo Xyloto s'élevèrent dans l'enceinte, les cris de la foule en délire redoublèrent d'intensité et le chanteur en performeur de génie qu'il était, savait dynamiser son public avant d'enchaîner sur Hurts Like Heaven.

Leurs plus grands succès et les titres de leur dernier album se mélangeaient à merveille et l'alchimie des jeux de lumière mais surtout la communion avec les spectateurs euphoriques fonctionnaient du tonnerre.

Je fermai les yeux pour me laisser transporter par les paroles et les mélodies qui représentaient énormément de choses pour Bella et moi.

Mais bien rapidement, mon genou se mit à s'agiter de nervosité.

Non ! Non ! Non ! Je dois tenir ! Je peux y arriver et je ne fuirai pas !

Ma compagne remarqua mon état et posa sa main sur mon genou tout en m'adressant un sourire lumineux et énormément rassurant.

-Je sais que c'est dur pour toi, Edward ! Cria-t-elle dans mon oreille afin que je puisse l'entendre au milieu des cris et des chants non synchronisés du public en liesse.

-Si ça va vraiment plus du tout, on rentre, ok ? Me proposa-t-elle, sachant que l'effort énorme que je réalisais, je le faisais pour elle mais aussi pour nous.

-Je ne veux pas gâcher ta soirée, bébé et puis ce serait dommage de partir avant notre chanson, je ne peux pas te faire ça ! La rassurai-je, même si je flippai ma race.

En attendant que Fix You soit jouée sur scène et que Chris s'installe derrière son piano multicolore, je me concentrai sur mon bracelet qui clignotait et qui communiquait avec les autres, scintillant ainsi dans la pénombre de la salle, qui s'éclairait de mille et une couleurs tandis que le groupe entonnait Viva La Vida avant de poursuivre sur l'entraînant Charlie Brown.

Je me noyais dans mes souvenirs alors que Bella s'amusait comme une folle, se levant et dansant tout en gardant ma main attachée à la sienne et je me retrouvais adossé à l'arbre centenaire dans le jardin de mes parents à Forks, avec Bella installée entre mes jambes.

Appuyée contre mon torse, elle lisait un livre et je savais déjà que bien des années plus tard, elle serait toujours là à me soutenir, à partager ma vie, à me tenir la main comme à cet instant et à m'aimer tout simplement.

-Edward, notre chanson ! Me secoua ma compagne, extatique qui me regardait avec ses yeux chaleureux et amoureux.

Elle se jeta à mon cou et dévora ma bouche, nous faisant ainsi huer et également applaudir par nos voisins proches, assis à nos côtés.

C'était sur cette chanson que j'avais volé à Bella, notre premier baiser malgré que nous nous connaissions depuis que nous portions des couches-culottes. J'avais 16 ans et Bella, quelques mois de moins et je l'avais invitée au bal de promo.

Fix You était diffusée dans les enceintes du gymnase du lycée, installées pour l'occasion et on avait décrété que cette chanson serait la nôtre, celle de notre histoire car depuis nous nous n'étions plus jamais quittés et même quand Bella partait en vacances chez sa mère à Jacksonville, elle me faisait suivre dans ses bagages et je faisais de même quand je rendais visite à ma famille à Chicago.

Le Key Arena était plongé dans le noir alors que Chris Martin, derrière son piano était éclairé uniquement de la poursuite puis ses musiciens, à leur tour, rentrèrent dans la lumière des néons jaunes et oranges.

Les mains se levèrent dans le public et les paroles reprises, telle une chorale et dès que le rythme s'accélérait, tel le showman qu'il est, le chanteur sauta dans tous les sens, s'avançant dans le prolongement de la scène au cœur du public pour mieux revenir à son micro et à son piano.

Les trois musiciens s'arrêtèrent de chanter et la foule en délire poursuivit en chœur jusqu'aux dernières paroles alors que je plongeai mon regard dans les yeux de Bella.

-Épouse-moi ! Hurlai-je en ouvrant un écrin alors que la chanson touchait à sa fin.

Son regard chocolaté s'agrandit, à la fois émerveillé et surpris.

-T'as pas à faire ça Edward parce que tu veux éviter de te retrouver submergé par ta peur de la foule ! Tu m'as déjà fait le plus beau des cadeaux en m'accompagnant et en profitant autant que moi du concert.

J'attrapai sa main gauche, déterminé à la faire taire et faire d'elle ma future femme, pour glisser à son annulaire la bague que j'avais réclamée à mon père, y'a peu de temps car je voulais faire ma proposition à Bella, cette année... concert ou pas ! Phobie ou pas !

-Juste tais-toi, et dis moi oui !

Bella comblée, regardait avec attention le bijou qui ornait désormais sa main. Cette bague lui allait très bien et je savais qu'elle était faite pour elle.

-Comme si je pouvais te dire non, Edward ! Bien sûr que je veux t'épouser et devenir ta femme. Me répondit-elle avant de me tomber dans les bras.

Nos bracelets se remirent à clignoter comme si à leur tour, ils nous félicitaient de nos récentes fiançailles mais je me rendis compte que c'était parce que Paradise était jouée et ainsi nous rejoignions l'ambiance festive qui animait le Key Arena.

Rihanna rentra sur scène après un délirant jeu de batterie et qu'une nouvelle fois, comme à son habitude Chris Martin jeta sa guitare dans les airs.

Princess Of China débuta et les deux artistes nous régalèrent d'une géniale osmose, elle vêtue d'une magnifique robe rouge et lui, s'amusant avec sa guitare tout en chantant. Ils dansaient, se provoquaient tout en nous invitant à les accompagner.

Grâce aux écrans géants, nous ne rations rien de ce show démentiel et c'est tête contre tête qu'ils terminèrent leur duo devenu célèbre.

A notre grand regret, le spectacle prit fin rapidement malgré une reprise d'Umbrella en version acoustique, à deux voix avec un Chris déchaîné, dans son tee-shirt mauve.

-Que c'est moche cette robe, on dirait que Rihanna porte un tapis ! Se moqua Bella car la chanteuse s'était changée depuis.

C'est vrai que c'est moche, elle a raison !

-Et si on prenait de l'avance en sortant maintenant ? Proposai-je à ma fiancée, je ne tiens vraiment pas à me retrouver dans cette foule qui va se masser vers la sortie et être brassé comme un vulgaire paquet.

-Bien sûr, chéri !

Nous réussîmes à quitter les gradins mais à mon grand désarroi alors que main dans la main, nous arrivions aux grilles, nous fûmes rattrapés par la foule, qui me donnait l'impression que j'allais être dévoré tout cru.

-Me lâche pas, Bella ! Je t'en prie, me lâche pas ! Exigeai-je en m'accrochant encore plus à sa main.

-Je suis là, Edward, tout va bien ! On va se diriger vers l'accès du monorail et rentrer chez nous. D'accord ?

Je secouai la tête, pas du tout rassuré et nous nous laissâmes porter par la vague immense de la foule qui se dirigeait également vers les diverses plateformes des transports citadins de la ville.

Maman, j'ai peur !

-Alors Edward, racontez-moi tout ! Me demanda le Dr Gerandy alors que je prenais place dans son cabinet. Ce concert, c'était comment ?

-J'ai demandé à Bella de devenir ma femme ! Souris-je, satisfait. Et elle a dit oui !

FIN

O*o*O*o*O

Merci de m'avoir lue !