Il la prit à nouveaux dans ses bras, en serrant fort, ce petit corps fragile et tremblant qui s'arrondirait bientôt.

" -C' est merveilleux ! " curieusement, il sentit des larmes perler à ses yeux. Il allait être Tonton !

" -Non... Non... JE peux pas... Je peux pas... Je peux pas ! Pas sans lui... Il aurait dut être là... On aurait du vivre ça ensemble, tous les deux. Il aurait dut être là... Pourquoi il est pas là ? POURQUOI ?! " gémit la jeune fille en sanglots.

Il sentit sa douleur comme des vagues, se répercutant sur lui en mille échos. Il sentit sa douleur et manqua de crier. Comment pouvait-on ressentir ça.
Albus Dumbledore aurait dit qu'il n'y avait rien de plus grand que la douleur intérieur.
George Weasley approuvait. Comment pouvait-on ressentir autant de maux et de peines en un seul être ?

Il sentait son manque. Le manque et l'absence que Fred creusait chez la brune comme un trou béant dans sa poitrine.
Il sentait sa peine. Sa peine d'être seule, privée de sa moitié, de son sourire, de tout ce qui la faisait tenir debout.
Il sentait ses craintes. Ses craintes que Fred ne se réveille jamais. Qu'il la laisse seule avec leur enfant à naître.
Il sentait ses angoisses. Ses angoisse de la maternité. Qui plus est d'une maternité qu'elle pourrait vivre seule.
Et puis il sentait son amour. Son amour pour Fred, plus violent que tous les autres sentiments. Qui semblait lui déchirer le cœur en son sein avec un plaisir sadique.

Il ne voyait pas comment elle pouvait encore tenir debout. Alors qu'elle ressentait tout cela. Sans que personne ne le sache, que personne ne puisse l'aider.
Et malgré elle gardait tout cela en elle.
Cette fille était la personne la plus courageuse qu'il connaisse.
Il éprouva un grand respect pour la petite-amie de son frère.

Et pour la première fois de toute sa vie, George Weasley était en colère contre son jumeau. Qui semblait abandonner peu à peu. Qui semblait l'abandonner lui, qui semblait abandonner sa famille qui l'aimait tant. Et qui semblait abandonner Hermione, et leur bébé.

Il la serra un peu plus fort dans ses bras, comme si ainsi il pouvait effacer toutes ses peines. Sauf que la seule personne à pouvoir le faire était dans le coma.

" -Hey Hermione. Laaaa. Shhhhhhhhht ça va aller. Tout va s'arranger. Shhhhhhhhhht. " Hermione continua à pleurer, plus faiblement. La chemise du rouquin en était déjà trempé mais il ne s'en formalisa pas. La seule chose dont il se formalisait c'était la détresse d'Hermione et tant pis si sa chemise devait y passer.

Il la regarda encore une fois et n'y tenant plus il se leva et ramassa le sac de la brune ou il rangea la lettre avant de le refermer. Il le passa sur son épaule et tendit la main à Hermione.

" -Qu'est ce que nous allons faire ?

-Viens. " elle essuya ses yeux, ne posa pas plus de questions et se leva.

Elle le suivit dans les dédales de couloirs de St-Mangouste jusqu'à ce qu'il s'arrête devant une porte sur laquelle on pouvait lire en lettres peintes : "Maternité."
Elle se tourna vers lui, en se préparant à lui dire qu'elle ne voulait pas y aller et qu'elle n'était pas prête.
Mais il avait déjà ouvert la porte et lui tenait dans un geste qui disait "après toi".

Faisant appel à ce qui lui restait de son courage de Gryffondor, elle essuya une dernière fois les yeux et rentra.

Elle détesta immédiatement le lieu. C'était trop rose, trop bleu, trop joyeux. Elle observa les femmes enceintes passer, parfois accompagné de leur mari. Parfois ceci avait un bébé dans leurs bras.
Elle vit leur joie, qui passait devant elle pour la narguer. Et les bras masculins sur les épaules des futurs mères ne faisait que lui rappeler l'absence de bras sur les siennes.

George se rapprocha à nouveau d'elle. Elle ne l'avait pas vu s'éloigner.

" -J'ai été voir à l'accueil, une médicomage va te recevoir tout de suite. Je t'attends...

-Non. Viens avec moi, s'il te plait. Je n'y arriverait pas seule. " il hocha la tête et n'eut pas le temps de leur répondre qu'une jeune femme en blouse blanche s'approcha d'eux.
Elle était belle, métisse, les cheveux frisée, le regard bienveillant, la trentaine.

" -Miss Granger ?

-Oui ?

- Je suis la médicomage Jeffson. Je m'occuperais du suivit de votre grossesse. Vous me suivez ? "la jeune fille hocha la tête et la suivit. George sur leurs talons.

La médicomage la fit enter dans sa pièce. Il y avait plein de posters et d'affiches animés aux murs, et dans un coin de la salle, une table d'osculation en cuir blanc avec une étrange machine à côté.

La trentenaire s'assit d'un côté du bureau, dans un beau fauteuil noir, tandis que les deux jeunes amis prirent place en face d'elle sur des chaises.

Elle posa tout un tas de questions à Hermione qui répondit comme un automate sans la regarder. George les écouta parler attentivement quoique un peu gêné à certains moments. Il vit la moue désolée de la médicomage quand Hermione annonça que le père se trouvait dans le coma.

Mais le sujet continua et Hermione annonça tout ce qui lui arrivait : nausées et vomissements, crampes, mal de dos, fatigues, vertiges...
La médicomage pinça les lèvres et expliqua à Hermione qu'elle faisait partit de ces femmes qui vivaient des grossesses "sévères" bien que tout cela devait être affecté par les récents événements -comprenez la situation de Fred-.

Elle insista pour ausculter Hermione et cette dernière se retrouva bien vite en brassière sur la table du bureau.
Si George était mal à l'aise quant à la nudité de son amie, il était en revanche totalement fasciné par son ventre déjà un peu rond après trois mois de grossesse.
Pas étonnant qu'elle se soit soudainement mise à porter des tee-shirts et des pulls beaucoup trop grand pour elle.

Il regarda la médicomage Jeffson s'affairer autour d'elle et lancer plusieurs sorts sur le corps de la jeune fille, le front plissé.
Elle finit par lui dire qu'elle pouvait se rhabiller et se rasseoir.
Attendant que la jeune fille ait finit elle resta muette et regarda George, une énorme gravité dans le regard. Une fois Hermione sur la chaise elle commença :

" -Bon le bébé va bien. Il est en bonne santé. Aucune inquiétude à ce sujet. je ferais une échographie magique la prochaine fois.
En revanche... Je m'inquiète pour vous Miss Granger. Il est évident que vous êtes en dénutrition. Un début d'anorexie qui peut s'avérer dangereux pour la grossesse.

-Et que peut-on faire pour Hermione ?

- Restez avec elle, Monsieur Weasley, occupez-la, amusez la et aidez la à recommencez à manger progressivement. Je m'inquiète autant pour votre santé physique que morale Miss. Je ne vous juge pas mais je pense qu'il vaudrait mieux éviter que vous restiez je dois me tenir aux faits, je trouve ça extrêmement étrange que vous n'ayez pas pris de kilos mais que vous en ayez perdu. Les grossesses ne sont jamais les même mais une femme prend en général du poids durant toute la gestation et beaucoup au début. "Hermione hocha la tête s'en répondre. Le rendez prit fin cinq minutes plus tard et Hermione avait un nouveau rendez vous d'ici un mois et demi.

George porta à nouveau son sac, refusant qu'elle le fasse. Il portait sur elle une attention nouvelle, encore plus grande que celle de la veille et semblait craindre à chaque mouvement qu'elle se brise en deux. Bien sur il n'en montra rien et tenta de la faire sourire. Y parvenant un peu.

Lorsqu'il se retrouvèrent devant les cheminées -la médicomage avait bien expliqué qu'Hermione devait à tout prit éviter le transplanage mais bon ça elle le savait déjà.- George se tourna vers elle.

" -Je te propose que nous allions nous promener sur le Chemin de Traverse, histoire de se détendre un peu. Ensuite on rentrera au 12 Square Grimmaud et tu prépareras tes affaires. Désormais tu viens dormir au Terrier. Et c'est non négociable. Je ne te laisserais plus seule. Et non Hermione ne pense même pas que tu vas gêner ma mère sera très heureuse. " Hermione hocha la tête, vaincue, sans arguments, trop fatiguée pour lutter.

Sur le Chemin de Traverse, ils se promenèrent, sans être pressé. Ils allèrent chez Fleury et Bot, ainsi qu'à une autre libraire qui venait d'ouvrir et à quelques papeteries. George s'arrangeait pour emmener Hermione dans ses magasins préférés, et dans des endroits qu'elle aimait, histoire du lui remonter le moral.
Durant toute l'après-midi, il n'eut de cesse de faire le pitre et il réussit à lui tirer quelques petits rires tristes. Faire des blagues sans Fred était une mission impossible.

Lorsqu'ils passèrent devant une boulangerie sorcière, George insista pour s'arrêter et obligea presque Hermione à prendre quelque chose. Cette dernière -qui avait eu gain de cause pour ne pas manger une glace- opta finalement pour un Bretzel, dont elle se força à en manger la moitié pour faire plaisir au rouquin.

Ils continuèrent leur promenade sous le soleil d'été, au milieu de la foule joyeuse. Leur chemin les amena devant la boutique de Fred et George. Hermione faillit pleurer à nouveau quand elle lut la pancarte "fermé pour durée indéterminée". George lui, fit comme si de rien et Hermione se demanda comment il faisait pour tenir.
Elle lui enviait ce courage, sans savoir que George pensait la même chose.

Quelques minutes plus tard ils passèrent devant une boutique de maternité. George se tourna vers son amie avec un grand sourire. Il lui prit la main et sans plus de cérémonie, l'emmena à l'intérieur.
Alors que George s'extasiait sur tout et n'importe quoi, Hermione faisait de son mieux pour paraître détaché.
Elle avait l'impression qu'elle n'aurait pas dut être là, qu'il manquait quelqu'un. Ce n'était pas totalement faux.

George s'arrêta soudain devant un étalage avec un sourire amusé. Il en attrapa le contenu et parti payer.

Hermione sortit du magasin quelques minutes plus tard, les mains vides, elle se refusait à acheter quoi que ce soit.
Son ami la regarda avec malice et lui tendit un sac en papier rose et bleu. Elle le regarda avec interrogation et attrapa le sac pour regarder ce qu'il contenait.

C'était un petit pyjama rouge et or et des chaussons de la même couleur. Avec l'écusson de Gryffondor brodé sur la poitrine du minuscule pyjama. Le garçon avait été étonné de la taille de ces vêtements, il n'imaginait pas qu'un bébé pouvait avoir cette taille. C'était tellement ridicule, tellement fragile.

La jeune brune le regarda avec des yeux ronds et un petit sourire. Il tenta de se justifier :

" -Hey ! J'ai bien le droit de gâter ma future nièce !

-Je... Merci. " il lui répondit par un sourire et essuya la larme unique qui roulait sur sa joue. Elle reprit la discussion, tentant de garder l'ambiance joyeuse :

" -Tu as dit "nièce" ?

-Je suis sûre que c'est une petite princesse ! " elle rigola sincèrement et il en fut fier.

Une heure plus tard, ils se tenaient dans le salon du 12 Square Grimmaud. Hermione le regarda gênée, elle essaya de refuser son invitation à venir au Terrier mais il fut son appel. Résignée elle partit préparer ses affaires.

Trente minutes et elle était de retour dans le salon avec son sac et sa valise. George haussa un sourcil étonné qu'elle en emmène si peu. Elle lui expliqua que sa valise avait subit un sort d'extension indétectable et il en rit.
Hermione, même lorsqu'elle était triste, ne changeait jamais : elle avait toujours besoin d'emmener une bibliothèque.

Il rétrécit ses bagages avant de les ranger dans sa poche et rentrer dans l'âtre de la cheminée. Hermione le suivit, de plus en plus paniquée.
Elle angoissait de la réaction de Molly, si cette dernière finissait par comprendre.
Elle angoissait qu'ils se rendent compte qu'elle allait mal.
Et par Merlin ! Elle allait vivre dans une grande maison avec une grand famille et trois femmes. Comment pourrait-elle cacher sa grossesse ?!

Pourtant, elle attrapa la main de George et ils disparurent dans un écran de fumées vertes.

Le salon des Weasley était égal à lui même. Elle se sentit apaisée de retrouver ce lieu qu'elle aimait tant. Mais ce sentiment ne dura que quelques secondes.
Profitant qu'il n'y ait personne dans la pièce, elle se tourna vers George. Il tenta de la rassura en lui disant qu'il trouverait bien une excuse à son séjour indéterminé. Hermione se sentait mal de devoir mentir aux Weasley.

Entendant le bruit de pas qui arrivait elle murmura, un air aussi bien paniqué que résigné affiché sur le visage :

" -Faux sourire dans : trois, deux, un... "

Et Mrs Weasley arriva.