Mademoiselle Potter.
Disclaimer : Bon, à cette époque de l'année, J.K. Rowling doit être en vacances, non ? Alors si je dis que les personnages sont à moi, elle ne sera pas là pour me contredire ? Si ?
Genre : Malgré l'apparence qu'Harry a en ce moment, c'est toujours un garçon, donc toujours du yaoï.
Couple : Harry et Draco, avec au centre, un Théodore qui n'est pas d'accord, voulant garder son Harry rien que pour lui.
Résumé : Harry est transformé en fille par un élève qui espère ainsi se rapprocher de lui. En réalisant qu'il n'obtient pas le résultat escompté, il cherchera par tous les moyens à posséder le survivant. Et Draco dans cette affaire ? Comment réagira-t-il à la transformation de Harry ? Pourra-t-il le protéger de la passion destructrice de cet élève fanatique ?
Merci :
- À mes deux supers bétas qui prennent du temps pour moi... Bien que l'une des deux ait décidé de partir en vacances sans m'emmener avec elle ! Vous ne trouvez pas qu'elle abuse ?
- À tous ceux qui suivent mon histoire, qu'ils laissent ou non des reviews, avec une pensée particulière à tous ceux qui m'envoient un petit message de soutient.
Chapitre 7 : Un sentiment de solitude.
Le Serpentard trouva Harry assis devant le lac, les jambes serrées dans ses bras minces.
Il le contempla un moment. Il n'aurait jamais cru que le Gryffondor serait si beau en femme. Lorsqu'il avait mis son plan en marche, il s'était dit qu'être obligé de toucher un corps féminin serait la partie la plus dure, l'épreuve à traverser pour acquérir Harry.
Mais lorsqu'il voyait celle que tout le monde appelait déjà Mary Potter, il se disait que ce ne serait peut-être pas si désagréable de profiter de ses formes aguichantes.
Pour la première fois, il était attiré par un corps de femme, et il fallait que ce soit celui d'Harry. Mais pourquoi ça l'étonnait, en fait. Il aimait le Gryffondor, son âme. Il l'aimait tout entier. Qu'il soit homme, femme, beau ou défiguré, il ne cesserait jamais de l'aimer.
Il n'était ni homo, ni hétéro. Il n'aimait ni les femmes, ni les hommes. Il aimait Harry.
Le seul qui pouvait le toucher était le Survivant, celui qu'il pourrait reconnaître les yeux fermés, rien que par son aura si douce.
Il poussa un soupir et s'approcha du jeune homme recroquevillé.
« Harry... »
Ce dernier se retourna vivement, étonné de le voir.
« Thed ? Mais que fais-tu là ?
- Je n'allais pas te laisser tout seul, quand même. Tu avais l'air tellement perdu.
- Je ne sais plus où j'en suis Thed. Si je pouvais attraper l'enfoiré qui m'a fait ça, il aurait intérêt à se planquer.
- Et qu'est-ce que tu lui ferais, répondit le Serpentard, le sourire aux lèvres.
- Et bien... Je l'attraperais, je le ferais souffrir, je le frapperais... »
Un éclat de rire coupa Harry dans sa tirade hargneuse. Étonné, il se tourna vers Théodore qui le regardait, hilare. Petit à petit, un sourire vint fleurir sur ses lèvres, sourire qui s'agrandit jusqu'à ce que, à son tour, il se mette à rire à gorge déployée.
Alors que tous les élèves écoutaient plus ou moins studieusement leurs professeurs dans le château, deux sorciers tentaient tant bien que mal d'arrêter leur fou rire. Au bout de longues minutes de hoquets et de spasmes, les deux adolescents réussirent à reprendre leur calme.
Théodore se tourna alors vers Harry, remarquant qu'il était redevenu triste.
« Que se passe-t-il Harry ?
- Comment veux-tu que j'arrive à vaincre Voldemort, alors que rien que l'idée de me venger te fait rire ?
- Pardon de t'avoir vexé. Mais t'entendre parler comme ça était... si inhabituel...
- C'est ça le problème, s'enflamma le jeune homme aux cheveux de jais, je suis incapable de me battre contre Voldemort. Je ne pourrais pas le tuer, Thed, je n'y arriverais pas.
- Personne ne t'y oblige Harry. Il y a plein de sorciers puissants dont c'est le travail. Ce n'est pas parce que tu es le Survivant que tu as une quelconque obligation de te battre contre Voldemort. »
Le jeune Gryffondor ne répondit pas; il pleurait doucement, sans bruit. Le voir ainsi déchirait le coeur du Serpentard. Il s'approcha de lui et le prit délicatement dans ses bras, le berçant tendrement en lui caressant le dos d'un geste apaisant.
Le jeune homme mit longtemps avant de se calmer. Il leva alors la tête vers Théodore et lui adressa un sourire timide.
« Excuse-moi, je me suis laissé aller. »
Théodore ne répondit pas. Il se contenta de fixer Harry avec tendresse avant d'avancer sa main vers sa joue humide. Mais il ne put jamais atteindre sa cible : le Gryffondor s'était éloigné, un air étonné sur le visage. Alors le Serpentard laissa retomber sa main en baissant les yeux. Lorsqu'il leva à nouveau la tête, Harry avait disparu.
À son tour, il sentit les larmes perler sur ses joues, mais il les essuya d'un geste rageur. Pourquoi pleurer ? Ce n'est pas comme s'il avait encore l'espoir que le Survivant l'aime un jour...
Il était obligé d'utiliser des moyens violents pour avoir Harry alors qu'il aurait tellement aimé que le jeune homme vienne de lui-même se blottir dans ses bras... Chienne de vie ! Il ne savait pas qui décidait de la destinée des hommes, mais il devait bien s'amuser à voir souffrir ses pantins.
Hermione et Ron cherchaient Harry partout. Ils étaient inquiets après la sortie brutale de leur ami du cours du professeur Rogue.
« Je ne comprends pas pourquoi elle s'est énervée comme ça. Il faudra bien qu'elle s'y habitue, tout le monde l'appelle déjà Mary.
- Ron, si toi aussi tu te mets à l'appeler comme ça, tu n'vas pas l'aider.
- Tu veux que je fasse quoi Mione ? Quand je la regarde, ce n'est pas Harry que je vois. Je n'peux pas l'appeler Harry. C'est comme si je fantasmais sur mon pote ! Beurk ! Je préfère croire que je fantasme sur une nouvelle élève !
- Ron ! Tu ne penses qu'avec tes hormones ma parole !
- Tu peux parler, toi ! Si tu crois que je ne t'ai pas vue baver dessus quand on attendait le Poudlard Express ?
- Peut-être, répondit une Hermione rougissante, mais j'ai aussitôt réagi. Tu ne dois pas oublier que tu as Harry Potter devant les yeux, Ron. Il a besoin de nous, ses amis. »
Un soupire frustré lui répondit. « Je vais essayer, Mione, mais je n'te promets rien. »
Ils retrouvèrent Harry alors qu'il sortait du bureau de Dumbledore.
« Harry ! On t'a cherché partout ! Comment vas-tu ?
- Je fais aller, murmura le jeune homme. Le professeur Dumbledore va essayer d'arranger les choses avec le professeur Rogue pour que je puisse continuer les cours.
- Oh, Harry, je suis si contente pour toi !
- Sauf que c'est moi qui vais être obligé de la fermer. Je suis celui qui a tort dans l'histoire. ''Mais voyons, Harry, ce n'est pas très grave ce que Severus t'a dit ! Je crois qu'il va falloir que tu t'y habitues, mon garçon !'', déclara le Survivant en imitant la voix de Dumbledore.
- Il t'a dit ça ? S'étonna Hermione.
- Je te l'avais bien dit, Mione, Harry s'est énervé pour rien. Pour une fois, Rogue a été presque courtois avec elle et elle s'est énervée !
- Ron, tenta de l'arrêter le jeune fille, sans succès.
- Quoi, c'est vrai ! On a fait une petite blague à Harry, y'a pas de mal ! Il a la chance de vivre une superbe expérience ! Il peut toucher à un corps de fille, bordel. Moi, je n'vois pas le problème. Et puis regarde-toi, un peu. Comment veux-tu qu'on t'appelle Harry quand on te voit ?
- C'est vrai que Ron a un peu raison, Harry. Ce n'est pas si grave.
- Et puis si tu es perdue, je peux te consoler, pas de problème. Mes bras me démangent déjà de pouvoir te toucher.
- Ron !
- Décidément, y'a personne qui essaie de me comprendre. Tout le monde trouve ça cool, tous les mecs veulent me sauter dessus, y compris Rogue. Vous vous êtes seulement mis à ma place deux minutes ? Vous croyez que j'ai le temps de m'amuser à me travestir ? Vous me voyez combattre Voldemort en talons aiguilles ? »
Le jeune homme était une nouvelle fois au bord des larmes (putain d'hormones féminines).
« Harry, tu vas bientôt retrouver ton apparence.
- Et si ce n'est pas le cas ?
- Rien ne t'oblige à te battre contre Voldemort. Je sais que tu te sens impliqué, mais tu n'es qu'un ado, Harry. Tu ne peux rien contre lui !
- Si... Je n'ai rien...
- Y'en a marre, le coupa Ron. Tu dramatises tout ! Arrête de faire ton pauvre Harry sauveur de l'humanité. Amuse-toi un peu. Tu vas tout gâcher avec tes principes à deux gallions. On aurait pu s'amuser, profiter de Mary Potter, mais t'es qu'un égoïste. »
Harry fixa un instant son ami, interdit. Puis il tourna les talons et s'enfuit en direction du parc, sourd aux appels d'Hermione. Et dire qu'il était sur le point de leur avouer le contenu de la prophétie. Il en voulait énormément à Ron d'avoir réagi comme ça, ne prenant pas en compte son mal être. Il en voulait à Hermione de ne pas l'avoir aidé. Il en voulait à tous les élèves qui le déshabillaient des yeux, il en voulait à Rogue, à Dumbledore, à Théodore.
Est-ce qu'une seule personne allait encore voir le vrai Harry à travers cette enveloppe, ce masque féminin ?
Il arriva à la lisière de la forêt interdite et s'arrêta. Il s'approcha d'un tronc d'arbre et se frappa le front contre l'écorce rugueuse. « Putain, putain, putain ! Fais chier. Bordel de putain de vie. »
Une voix froide le fit sursauter.
« Que de vulgarités dans une jolie bouche comme la tienne. Et on t'appelle Mademoiselle. Décidément, y'en a qui ne regarde pas plus loin que les apparences. Potter. »
Harry fixa un instant Malfoy avant de se retourner de nouveau vers la forêt.
Un silence prit place entre les deux jeunes gens, avant que Malfoy ne reprenne d'une voix douce.
« Tout le monde semble prendre ça comme un jeu. Mais je serais toi, je me méfierais. On ne t'a pas transformé pour rien.
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Je m'inquiète pour toi, Potter, répondit le Serpentard d'un ton ironique.
- Ne m'fais pas rire. Un vampire aurait plus de compassion que toi.
- Tu me fends le coeur, Potter. Je ne sais pas si je vais pouvoir encore dormir après tes mots cruels.
- Va chier, Malfoy.
- Décidément, Potter, tu relâches ton vocabulaire. Ne fais pas ça devant tes fans, tu vas les choquer, les pauvres ! »
Exaspéré, le Gryffondor empoigna Malfoy par le haut de sa robe de sorcier et le plaqua contre un arbre.
« Y'en a marre de ta grande gueule. Alors maintenant, tu me fous la paix et tu te tires.
- Attention Potter. Dans ce délicieux corps féminin, tu ne fais pas le poids contre moi. Tu devrais avoir peur de ce que je pourrais te faire si tu me colles comme ça ! »
Épouvanté, Harry se recula d'un geste brusque, faisant éclater de rire le Serpentard.
« Tu aurais vu ta tête ! Hahaha ! Trop drôle ! Excellent ! Houhouhou ! Oh, Merlin, t'es trop, Potter, hihihihi !
- C'est bon, Malfoy, je n'vois pas ce qu'il y a de si drôle !
- Me dis pas que t'es le seul de l'école qui ne soit pas au courant ?
- Au courant de quoi ? Grogna Harry.
- Décidément, t'es vraiment sourd mon pauvre. Ça fait au moins deux ans que les rumeurs circulent. Je suis gay, Potter, alors tes vieilles courbes féminines, même si j'avoue que t'es plutôt bien foutu en fille, ça ne me fait ni chaud, ni froid. Je reste totalement de marbre. »
Devant le visage stupéfait d'Harry, Draco ne put s'empêcher de rire à nouveau, amenant un pli boudeur sur les lèvres charnues du Gryffondor.
« C'est bon, Malfoy, t'as assez rigolé pour la journée, tu peux me laisser tranquille, maintenant.
- Tiens, on dirait que t'as retrouvé un vocabulaire correct. Petit Pote Potter se serait-il calmé ?
- Bon, tu me veux quoi, Malfoy ?
- Te tenir compagnie ?
- Me... Quoi ?
- Te tenir compagnie. J'ai remarqué que c'était pas la joie avec tes potes. Alors je me suis dévoué pour supporter ton sale caractère dopé aux oestrogènes.
- Le monde tourne vraiment à l'envers, murmura Harry avant de fuir cet étrange Malfoy qui lui avait parlé presque amicalement.
Draco, lui, regardait Harry partir à grand pas. Il ne put s'empêcher de sourire. Malgré l'aspect indéniablement féminin de son corps, malgré ses traits un peu plus fins, malgré sa longue chevelure qui lui tombait jusqu'au rein, le Gryffondor avait gardé toutes les expressions qui le caractérisaient : cette manière de se mordre la lèvre inférieure lorsqu'il était en colère, le léger froncement de sourcil, cet air étonné qui agrandissait ses yeux verts... Il avait toujours ces émeraudes qui étaient restées exactement les mêmes, reflétant toutes les émotions du Survivant.
Oui, il avait beau avoir changé un peu de forme, il était resté Harry Potter, celui qui faisait battre son coeur un peu plus fort quand il le voyait.
Ne croyez pas que ce soit de l'amour. Un Malfoy n'est pas amoureux, encore moins d'un Potter. C'était juste une vulgaire attirance physique.
Mais alors, pourquoi avait-il de plus en plus de mal à s'en convaincre ?
