Je reviens de convention ! C'était génial. Et maintenant, avoir un chapitre d'avance sert à quelque chose ! Oui. J'avais prévu que je ne pourrais pas écrire le week-end dernier.

Merci pour les reviews anonymes. Ce chapitre est plus long Yacchan412 ;). Et j'espère que les réactions de Romano te plairont toujours autant.


Biélorussie

« Qui êtes-vous ? »

Nicolai avait fini par trouver un couteau sous l'oreiller de la chambre dans laquelle il s'était réveillé. Même s'il préférait les couteaux de lancer à ceux de poings, il s'était senti rassuré de tenir une arme. Pourquoi avait-il lâché ses lames attitrées ?

Quand il s'était aventuré dans le salon, il avait rencontré une femme forte assez émotive. Quelque part, elle lui faisait penser à sa sœur Russie. Ceci ne l'avait pas empêché de se glisser derrière elle et de la menacer de l'égorger.

« Je suis Ukraine. Je m'appelle Elena. Ma sœur Biélorussie ne vous a pas averti que j'arrivais aujourd'hui !

- Je suis Biélorussie et je m'appelle Nicolai. »

Elena soupira :

« Tu aurais pu m'avertir que tu voulais changer de sexe. Je croyais que tu voulais te marier avec notre frère Russie et avoir plein d'enfants… Tu ne pourras plus lui faire cette blague sale avec ta nouvelle apparence. »

Nicolai leva un sourcil, relâcha sa prise puis dévisagea cette femme.

Il y avait dans la rondeur de son visage, la qualité de ses cheveux et l'expression de son visage un véritable air de famille. Elle ressemblait vraiment à son frère Ukraine.

Nicolai se frotta les yeux en évitant le tranchant de son couteau. Il fit ensuite le tour de cette femme étrange n'arrivant pas à assimiler cette information étrange. Il ne savait pas ce que Lisa lui avait lancé comme sort. En tout cas, il était suffisamment puissant pour le déboussoler complètement.

« Je vais appeler grand-frère Russie.

- Anya.

- Euh. Vanya * plutôt. Tu sais Ivan. »

Nicolai s'assit dans le canapé en jouant avec son arme blanche. Il observa pensivement son environnement. Il était persuadé d'être en pleine hallucination. Il se décida à ne plus menacer qui que ce soit tant qu'il ne reconnaissait personne.

Par contre, la prochaine fois qu'il croisera Lisa, elle prendrait cher.

« Ivan ne devrait pas tarder à arriver. On va en discuter tranquillement en famille, Natalya.

- Nicolai.

- Est-ce que tu t'es teint les cheveux ?

- Ils ont toujours été comme ça.

- Tu avais les cheveux un peu plus foncés », tenta Elena.

Ce ne devait pas être son frère, parce qu'il ne lui parlerait pas coloration. Lisa essayait de lui faire perdre la tête. Il ne se laisserait pas faire.

« Je vais attendre que ça passe. »

Les sorts avaient tous une portée et une durée limitées, d'après ses recherches. Un peu de patience…

« Je vais te préparer ton petit déjeuner préféré. »

Son frère se montrait aussi prévenant que d'habitude. Quel était l'artifice ? Il touchait bien le tissu du fauteuil. Donc, le décor devait être réel, mais pas les personnes. Putain de sort ! Son système nerveux était gravement touché.

Nicolai regarda attentivement Elena.

Lisa aurait-elle osé changer d'apparence, le transporter dans une maison artificielle et se faire violence pour lui servir le petit déjeuner, juste pour obtenir des informations confidentielles ?

Mouais… Son sort avait quand même bien foiré. Si elle avait voulu connaître ses plans, elle ne serait pas trompée sur l'apparence de ses proches.

Et un sort que loupait Lisa, ça ne sentait pas bon du tout.

Méfiant, il préféra ne pas toucher au repas.

« Est-ce que ça va ?

- Pas vraiment.

- Je ne sais pas d'où te vient cette idée saugrenue. Tu as toujours été très féminine. De plus, tu m'avais dit que tu avais un petit copain.

- Je suis marié.

- Mais tu ne m'as jamais rien dit ! Tu t'es marié en secret ?

- Mais non. J'ai invité toute la famille à mon mariage avec Gretchen.

- Gretchen ?

- Prusse, voyons ! Ma femme !

- Tu détestes Gilbert !

- J'hallucine complet. C'est totalement pas badass ! Je ne sais pas qui tu es ! Je ne veux plus t'écouter ! Je ne veux pas de ton Ivan que je ne connais pas ! Je ne parlerai qu'à ma femme ! »

Nicolai lui montra son anneau qui le liait éternellement à la Prusse, alors que son autre main brandissait son couteau.

« Je vais demander à Prusse de venir te voir, dit prudemment Elena. Mange quelque chose.

- Je ne toucherai à rien qui pourrait m'empoisonner.

- Tu peux te préparer à manger tout seul, si tu as peur. Je ne te connais pas non plus. Seulement, je sais reconnaître une nation de ma famille. Et tu l'es. Tu devrais me faire confiance.

- Je n'ai confiance qu'en Anya et Viktor, les véritables Russie et Ukraine. Je ne sais pas ce qui m'arrive ! Mes ennemis m'ont sûrement tendu un piège, alors je ne peux pas te faire confiance.

- Même si tu ne me fais pas confiance, je trouverai ce qu'il t'est arrivé. »

Nicolai ne pensait pas qu'une projection de son esprit puisse l'aider… Ou alors, il était très atteint… Il fallait qu'il s'en sorte absolument pour protéger sa nation. Il ne devait pas se laisser emporter par la peur de perdre l'esprit. Il s'agissait d'un sort maléfique et il le vaincrait.

Note : *(Vanya est le diminutif affectueux du prénom Ivan d'après mes souvenirs).


Natalya apprécia comme il se doit le retour d'Arthur. Angleterre prenait son voyage dans un autre Univers avec un flegme encore plus légendaire que celui d'un Britannique habituel. Comme il était déjà revenu dans le bon Univers, Natalya se doutait qu'il existait un moyen de le faire. Ceci prendrait du temps à ce qu'elle avait compris, mais c'était possible. Natalya avait envie de dire à la bande d'imbéciles autour d'elle qu'ils n'avaient pas à se faire autant de soucis pour rien.

L'intelligence vive n'avait jamais été une caractéristique très prononcée d'Alfred. Il raisonnait plus correctement sur le long terme que sur l'immédiat. Elle avait espéré que Matthew soit un peu plus rapide à comprendre la situation. Il était tout de même excusable. Il venait d'apprendre l'identité de sa mère biologique. Ce ne serait peut-être pas évident pour lui de revenir. Natalya préférait ne pas faire de suppositions sur les circonstances de sa naissance et de celle d'Alfred. Ils étaient nés à quelques jours près et étaient considérés comme des frères voire des quasi-jumeaux par leurs parents Arthur et Francis…

Natalya préférait ne pas faire de fausses suppositions sur ce genre de coïncidences, mais ne serait pas étonné que le précédent échange entre les deux mondes se soit fait à cette période. Évidemment, il s'était fait environ à ce moment-là de l'Histoire puisque Marianne était la mère de Matthew. Arthur et Francis étaient en pleine période pirate et corsaire et donc la plupart du temps introuvables. Logiquement, la disparition de l'un ou de l'autre serait passée inaperçue.

Romano râlait sans vraiment s'interroger sur la raison de leur venue dans ce monde. Ses mots grossiers commençaient à l'énerver.

Quant à Roderich, la peur le faisait se recroqueviller en position fœtale. Elle concevait que la guerre était douloureuse, surtout quand elle arrivait dans votre corps de nation de manière aussi intense et brutale. Mais bon, en tant que femme, elle trouvait que certaines périodes du mois pouvaient les équivaloir. Les hommes étaient des chochottes.

En plus, il fallait dire que le petit ajout aux victimes aurait pu être plus chanceux. Plus chochotte n'existait pas.

Feliciano prit dans ses bras Romano qui devint tout rouge et balbutia une gentillesse de son cru.

La nouvelle arrivante était assez impressionnante, même si elle semblait complètement déboussolée par leur arrivée et son implication involontaire dans leur malheur.

« On aimerait savoir comment rentrer chez nous, bordel de merde ! »

Romana avait ainsi explicité la préoccupation de la majorité des personnes présentes dans la pièce.

« Ne me dites pas qu'une autre de nos alliées s'est barrée », commenta Monika.

Marianne présenta tout un chacun à Allemagne qui avait l'air de se désoler de ce vide dans ses soutiens militaires.

« Arthur, à toi l'honneur d'expliquer le moyen de retour, se déchargea Marianne. Tu les connais mieux que moi.

- Ceci pourrait être mieux pris par quelqu'un d'extérieur, tenta Arthur.

- Je ne crois pas, minauda Marianne.

- Bon… Alors, nous avons été intervertis avec nos alter ego féminins d'un autre monde avec une Europe en pleine guerre froide.

- Alors que j'avais tout fait pour éviter ça dans le nôtre », soupira Alfred.

Les Européens le fusillèrent du regard. Même si America avait été un allié important dans leur unification, ils avaient tout de même fait tout le boulot pour s'entendre et s'entraider pour ne pas se trouver au milieu de deux feux adverses. Ah, la survie, quand tu nous tiens.

« Alfred, tu devrais éviter de fanfaronner alors que tu n'es qu'une colonie, osa Natalya qui se sentait vraiment l'âme courageuse. Le rapport de force n'est pas en ta faveur dans ce monde. »

Elle aurait voulu rajouter un « mon chéri » sarcastique, mais elle ne désirait pas qu'on découvre le tenant de sa relation avec l'ennemi juré de son frère bien-aimé. Et elle avait toujours rêvé pouvoir rabattre le caquet d'Alfred politiquement parlant.

« Bien… Maintenant que l'ambiance est plombée, plombons-la encore plus. Continue Arthur !

- Il existe un moyen connu de revenir à notre juste place.

- Dépêche-toi d'accoucher Arthur, bordel.

- En l'occurrence, ce sera plutôt à Marianne que ce rôle reviendra.

- Elle n'est pas drôle ta blague, Arthur », s'insurgea Marianne.

Le tout fit tilt dans l'esprit de Natalya qui ouvrit grand la bouche de surprise et resta crispée là-dessus un certain moment. Les autres n'avaient pas encore capté l'ampleur du problème. Et là, elle pouvait faire sa chochotte.

« Faîtes des bébés si vous en avez envie, soupira Roderich. Revenons au sujet principal.

- Justement. Le seul moyen connu consiste en la reproduction.

- Et c'est pour ça que vous avez fait trembler les lustres de Versailles cette nuit, compléta Romano.

- Je me suis dévouée pour ramener Lisa de force ici avant qu'elle ne commette d'horribles dégâts chez vous, essaya Marianne pour les dérider.

- Mais il n'en est pas question !, s'insurgea Natalya.

- Tu crois vraiment à leur blague, se moqua d'elle Alfred en lui serrant la main.

- Si tu réfléchissais deux secondes sur ta naissance, tu comprendrais qu'ils ne blaguent pas. »

Matthew prit une jolie teinte vermeille. Romano tirait plus sur le rouge tomate. Roderich avait préféré cacher son visage. Feliciano pâlissait à vue d'œil. Alfred fut le dernier à envisager la chose.

« No…

- J'ai toujours dit que j'étais ton "daddy", mais en fait Lisa et Francis sont tes parents biologiques.

- Il faut dire que nos deux couples ont eu la même idée de génie pour revenir. Les deux fois, précisa Marianne.

- On avait dit qu'on ne parlerait pas de la deuxième fois, râla Arthur.

- Donc, vous allez mettre en route votre troisième enfant, insista Natalya. Mais êtes-vous vraiment certain que c'est le seul moyen de refaire le transfert ?

- Lisa a parlé d'énergie de transfert liée à la naissance. En fait, ceci rééquilibrait tout. Les enfants sont des jumeaux de sexe opposé et ne peuvent exister dans le même monde. Et par une loi étrange et combinée de la biologie et de la magie, il emporte l'un de ses parents avec lui dans son monde d'origine. »

Des jumeaux, en plus… Bon sang !

« Et que se passe-t-il si les parents viennent du même monde ? »

Natalya serra très fortement la main d'Alfred. Quel idiot !

« Ah… Il faudra demander à Lisa… Quand elle reviendra. »

Merci, Arthur, de nous abandonner à notre triste sort.

« Tu aurais pu attendre avant de défouler tes hormones.

- Si Lisa ne défoulait pas les siennes quasi immédiatement, j'aurais attendu pour passer plus de temps avec Marianne. »

Marianne sembla ravie par cette déclaration d'amour inattendue. Vu comme ils se mangeaient du regard dès qu'ils se sont revus, Natalya ne les imaginait pas s'abstenir après une telle séparation.

« Et que fait-on quand on est complètement de l'autre bord, bordel de merde ? Comme mon frère, j'entends.

- Romano. Je suis bisexuel », s'en offusqua Feliciano.

Après l'avoir dit, Feliciano fit un clin d'œil à la pauvre Allemagne perturbée par une telle attention malvenue.

« Tout le monde sait que tu préfères les hommes, Romano, l'enfonça Roderich. Pas la peine de te cacher derrière ton frère !

- Et quand bien même, je ne tromperai pas mon mec ! C'est inconcevable. Il a peut-être pour emblème les taureaux, mais il n'a sûrement pas envie de se retrouver avec des cornes de cocu.

- Il me semble qu'il a dit qu'il te tuerait par passion amoureuse puis se suiciderait ensuite, si tu le trompais, commenta Feliciano.

- C'est ça dans les grandes lignes… gros bordel. Franchement, Feli, tout le monde sait que tu n'es pas bi. Arrête avec cette façade ! On est dans la merde, tous les deux.

- Mais c'est vrai !, s'offusqua Feliciano.

- Au moins Roderich est dans son élément, lança Natalya.

- Quand bien même, je ne tromperai pas ma femme.

- On dirait que notre monde vous plaît.

- Et autant être claire dès le début, ajouta Monika, je ne vous aiderai pas. »

Apparemment, la blonde n'avait pas envie de faire des enfants avec eux.

« Ah, j'ai compris ! Tu es avec Alice Vargas, mon alter ego, dit Feliciano.

- Mais non !

- Mais alors pourquoi ai-je pris sa place dans ton lit ? »

Les nations du monde de Feliciano ne purent s'empêcher de s'esclaffer bruyamment.

« Si tu savais le nombre de fois où s'est posée la question pour toi, espèce d'idiota ! Pourquoi dormais-tu dans le lit de Ludwig pour ne rien y faire ?

- Je n'y faisais pas rien. C'était de la séduction passive ! »

Monika passa par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

« Oh, je n'aurais pas dû dévoiler la tactique de mon alter ego…

- Elles sont plus lentes que vous au démarrage. Je croyais que c'était impossible, bordel !

- On va arrêter de parler de la vie privée de Monika et d'Alice. Ceci met Monika dans l'embarras, tenta Marianne. Le plus important, c'est que vous arriviez à trouver votre âme sœur dans ce monde pour rentrer dans le vôtre.

- On n'a pas envie de tromper nos hommes !

- Ou nos femmes !

- Voyez ceci comme une opportunité d'avoir un bébé à ramener avec vous.

- Elizabeta me tuera à coup de poêle.

- Bastardo n'est pas capable d'élever un enfant. C'est mort.

- Il n'en est pas question, statua Natalya fermant ainsi le clapet d'Alfred.

- Je ne crois pas que ça lui plaira, dit Matthew. Et Gil va être impossible à vivre avec un enfant dans les pattes. Il risque d'être encore moins mâture que l'enfant.

- Je ne sais pas comment Ludwig prendrait la nouvelle », dit Feliciano pensif.

Marianne soupira bruyamment avant de leur annoncer :

« Espérons que vos alter ego aient moins de scrupules que vous pour se taper vos compagnons ou compagnes !

- De quoi !

- Voyons, c'est ce qu'elles sont allées faire ! Et si elles réussissent, tant mieux pour elles, elles reviendront. Et vous aurez raté cette opportunité. », contra Marianne.

Natalya eut alors très peur, parce que son alter ego n'était pas parti de son propre gré dans l'autre monde. Elle ne supporterait pas d'être séparée d'Alfred et d'être obligée de lui être infidèle pour le retrouver.

« Il va falloir qu'on discute, murmura-t-il à son oreille.

- Elle n'a pas intérêt à toucher à Antonio !

- Je lui souhaite bonne chance avec Ludwig, en rit Feliciano.

- Ta confiance en ton homme est épatante, Feliciano, le complimenta Roderich.

- Non, mais surtout qu'il ne va pas la calculer ! Je risque de me lasser de notre séparation avant lui, rétorqua Feliciano en faisant un petit coucou à Monika.

- Feli, ce n'est pas drôle !

- Je serais étonné que mon alter ego s'intéresse à Elizabeta. Ce sont deux femmes. Ce n'est pas ce qu'elle recherche.

- Bien ! Je vous laisse digérer tout ça, dit Marianne en prenant de manière possessive le bras d'Arthur. On a des choses à faire.

- Ce n'était pas du tout discret, râla Arthur en la suivant vers la porte la plus proche.

- On ne va pas leur mentir, ce ne sont plus des enfants. »

Marianne referma la porte. À clef. Monika ouvrit la bouche d'indignation et essaya d'ouvrir la seule sortie de la pièce. Elle avait véritablement peur d'eux. Il était vrai qu'elle avait dû supporter toute une demi-journée Feliciano qui lui avait fait des avances pour s'amuser et ensuite elle se retrouvait enfermée dans une salle avec lui. Il fallait y rajouter d'autres hommes cherchant une femme pour retourner dans leur Univers d'origine. Ils n'étaient pas des monstres quand même, prêts à se jeter sur la première femme venue...

« Ouvre-moi Marianne !

- Ça pourrait te faire du bien Monika, répondit Marianne. Tu es tellement coincée ! »

Monika défonça la porte et s'enfuit.

« Je n'ai jamais eu autant l'impression d'être effrayant. Même avec Ludwig. », dit Feliciano.