Encore du caliente... en même temps, comment leur en vouloir ? ; ))


Chapitre 7 : Révélations brûlantes

Remuer le ciel et la terre des Enfers fut un jeu d'enfant pour Minos. Il avait conscience de la moindre parcelle de terre maudite, pouvait même la sentir respirer à travers la puanteur putride de certains lieux, les plus reculés, les plus maudits de son domaine. En un battement d'ailes, Griffon survolait les terres arides en fusion, à la recherche de son précieux trésor enfui. Là, un point perdu au milieu de la désolation... il se posa près du Poisson dont le corps gisait, griffé de ronces.

"Ah la la... ma Rose, ma Rose..." en soulevant le précieux corps d'un mouvement de bras.

Albafica émit un faible gémissement avant de se blottir contre le torse de son bourreau dont les mèches chatouillaient son visage au gré des mouvements de Minos.

"Regarde dans quel état tu t'es mis... t-t-t-t !"

Albafica ferma étroitement les paupières, refusant d'en entendre davantage sur la folie dont il avait fait preuve.

Une fois de retour au palais, Minos déposa délicatement Albafica sur le lit, donnant des ordres pour qu'il soit traité avec tous les égards. Le Juge veilla sur son protégé la nuit durant, à la clarté de la lune rouge qui baignait les Enfers de ses lueurs vermeilles.

Au petit matin, Albafica ouvrit les yeux. Son regard tomba sur le visage du Juge.

"Bonjour, mon beau Poisson..." dit-il d'une voix suave.

Albafica passa la main sur ses yeux.

"Minos... j'ai... je crois que j'ai..."

"Shhh ! ne dis rien, mon Beau. Repose-toi." en ramenant la couverture sur son aimé, déposant un doux baiser sur le front dégagé. "Je reviendrai en cours de journée m'assurer de ton état de santé."

"Minos..." en attrapant la main gantée par le surplis, plongeant un regard reconnaissant dans le sien "... merci..."

Le Juge sourit, touché en plein coeur.

"Repose-toi."


Minos avait mis du zèle à juger plusieurs centaines d'âmes transitant par son Tribunal.

La lecture des crimes commis était machinale et le Juge d'une redoutable efficacité.

Le silence qui régnait en maître au sein de la cour ne fut troublé que par quelques plaintes amères que le Juge rectifia aussitôt.

Minos ne vit guère le temps passer et il n'apparut dans la chambre de son cher Poisson que tard dans l'après-midi, se trouvant particulièrement gauche et indélicat d'avoir oublié l'aimé de son coeur. C'est avec grâce qu'il prit place sur le bord du lit du convalescent.

"Quand comptez-vous faire pleuvoir le sang sur la Terre, ton maître et toi, Minos ?"

"Aurais-tu à nouveau l'intention de t'interposer, Albafica ? oh, par pitié, jure-moi le contraire !..."

"Nullement. D'ailleurs, je pense que d'autres que moi vous feront face."

Mine réjouie du Griffon.

"Les pantins d'Athéna... les doux petits pantins." en faisant courir 2 doigts le long de la jambe du Poisson, sur la couverture.

Albafica observait son jeu, silencieux.

"Ce que tu peux être insupportable, Minos." avec un soupir marqué.

"Je n'aurai pas pour eux l'égard que j'ai eu pour toi." en venant caresser le menton parfait du Poisson "Non... toi, tu m'as captivé dès le premier regard, juché sur ce monument en ruine, mon beau Poisson. Quelle prestance, tu avais... un fier défenseur d'Athéna. Le dernier gardien monté au premier rang pour recevoir l'humble Spectre que je suis."

"Cesse de te moquer, Minos."

"Loin de moi cette intention. Tu ne sais rien de l'émoi qui m'a cueilli à cet instant, Albafica."

"Ma beauté, toujours ma beauté..." soupira le Poisson, dégoûté.

"S'il n'y avait que cela... ton parterre de roses s'étalait tel un tapis de sang à nos pieds. Un accueil digne d'un roi et de ses troupes."

"Oh Minos, je t'en prie, tais-toi !..."

"Et que dire de Niobé, cet imbécile, qui pensait pouvoir surpasser ton poison ?... vil petit animal envoyé par mon cher demi-frère. D'ailleurs, à ce propos, nous n'avons pas encore eu l'occasion d'en parler." émit le Juge, coupé dans l'élan de son récit.

"Ne sois pas méprisant, Minos."

"Hmm ? Rhadamanthys a voulu me préserver de ta faillible barrière de roses, mon Beau... il n'a évidemment pas compté sur le fait que mon oeil a voulu et désiré immédiatement le fier Saint qui, dans son armure d'or, nous barrait la route..."

"Quelle faiblesse de t'aimer, Minos..."

"Ah, tu vois, tu l'avoues enfin." en venant perdre les doigts dans les mèches soyeuses du Poisson, s'approchant un peu plus.

"Que ma déesse me pardonne... je me pensais fort et me voilà devenu faible. A la merci d'un vulgaire marionnettiste."

"Et que mon souverain excuse mon empressement de posséder la Rose et son jardin de venin du bout de mes fils. Et de mes doigts..." pouce courant sur les lèvres roses de l'éphèbe, regard suivant le tracé charnel avec un appétit mal dissimulé, ventre se tordant d'émoi, s'en pinçant sa propre lèvre. "Par les dieux, que tu es beau, Albafica..." dans un murmure sensuel.

Le Poisson frémissait. Non, décidément, Minos avait vraiment l'ascendant sur lui...

"Ma beauté vierge de tout contact... quel plaisir d'avoir été le premier à te posséder. Tu m'as tout offert, tout ce dont j'ai pu rêver..." s'extasiait le Juge, caressant.

Le souffle chaud se rapprochait ostensiblement de la bouche convoitée et n'hésita pas longuement avant de fondre sur elle, dévorant.

"Je... voulais... te combattre... et tu m'as... Minos..." avec les mains venant s'agripper aux épaules de Minos, cherchant les mots entre deux baisers chauds.

Minos souriait dans les baisers, se faisant plus vif encore.

"Dis-moi... Albafica... à quoi dois-tu... ton salut ?... à ta... hmm... seule volonté ?..."

Il arrêta son jeu, souffle court, joue contre la sienne, main dans les cheveux azurés.

"Je suis certain... d'avoir entendu tous tes os se rompre."

"Tu m'as... sous-estimé, Minos." souffle tout aussi erratique que celui de son partenaire.

"Soit. Garde donc... tes mystères... cela ne te rend... que plus désirable encore." en revenant à l'assaut, féroce. Cette maudite bouche !... que savait-elle faire de la sienne ?... jamais on ne l'avait encore invité à pareille danse... la sensation l'enflammait entièrement, brûlant chaque partie de son corps, notamment reins et bas-ventre, telle une ceinture de feu. Il se tendit bien vite malgré lui... rosissant à l'expression de son corps, ce qui fit ricaner Minos dans le baiser, main venant se poser sur l'organe renflé, pour en obtenir davantage encore, le caressant sur le tissu.

Le Poisson lâchait un gémissement après l'autre, incapable de se contrôler face à un adversaire de cette envergure !...

"Tu es beau, mon Poisson... tu es beau..." lui murmurait le vil tentateur, revenant à sa bouche l'instant d'après, mains de marionnettiste - très douées donc et extrêmement agiles - le défaisant de sa tenue légère, rendant captive sa peau de caresses brûlantes. Le Poisson étouffa un cri alors que la vilaine bouche vint cueillir ses mamelons durcis, masquant ses lèvres coupables d'une main tandis que son corps se contorsionnait sous les attentions de Minos. La retenue mal contrôlée du Gold faisait jouir Minos bien avant l'heure. Il était extrêmement jubilatoire de le voir ainsi voué à la chair, de lui arracher de tels sons, à lui qui était le symbole même de la pureté et de la droiture. Minos revint à lui, visage proche, lèvres humides de satisfaction. Sa peau était couverte d'une moiteur délicieuse et sa respiration chaotique. "Que je t'aime ainsi... que je t'aime..."

Le Poisson bougeait impatiemment contre lui, ce qui le fit sourire.

"Souhaites-tu être au-dessus cette fois ?..."

Albafica secoua la tête : non, il voulait être possédé. Violemment de préférence.

"Bien... alors supplie, Albafica."

Il fixa un instant son bourreau d'amant.

"Hors de... question... Minos."

Le rire de Minos vint accueillir cette faiblesse maladroitement camouflée.

"Tu n'es pas en mesure de résister. Regarde-toi..." en parcourant son corps d'un regard entendu.

"Je ne... supplierai pas."

"Oh ?... vraiment ?... attends un peu..."

Ooooh... cette maudite langue qui descendait de plus en plus bas, écartant le haut du pantalon pour venir titiller le bout renflé telle une prune trop mûre, prête à éclater.

Albafica leva haut le menton lorsque Minos honora le fruit du désir de sa langue, y mêlant son souffle. Le Poisson n'était plus que respiration décousue, peau moite de plaisir, tendu à l'extrême.

Minos leva un regard joueur sur lui : "Alors ?... tu tiens encore ?..."

"Mi... nos..."

"Supplie, Poisson."

"N... Min... ahhhh !..."

Le Juge venait de le prendre en bouche jusqu'à la garde, le câlinant sur toute la longueur avant de se retirer.

"Ikke ?..." (*)

Albafica suffoquait, mèches de cheveux collant ici et là sur son corps dénudé. Il ne manquait plus que Minos se mette à lui faire l'amour en norvégien pur et c'en était fini de lui...

"A... Min... je... t'en..."

Le Juge le sentait à bout de tout. Il n'en menait pas large non plus, palpitant contre la jambe d'Albafica, fixant son esprit sur autre chose que sa jouissance qui ne demandait qu'à se déverser.

"Oui... parle-moi... Albafica... demande..."

"... prie... Minos... prends... moi..."

"Bien... formule de politesse maintenant."

Albafica vint empoigner la chevelure argentée pour toute réponse, forçant quasiment le Juge à poursuivre ses délicieuses tortures par la force.

Minos se dévêtit en un tour de main, venant visiter son cher Poisson sur un soupir lourd.

"Haaaan !..."

La main du marionnettiste vint rejoindre celle du Poisson, dans une étreinte profonde, à mesure qu'il se coulait en lui.

"Alba... fica..."

Ils n'étaient à présent plus que deux corps soudés l'un à l'autre, prisonniers des sensations que chaque mouvement semblait accentuer jusqu'à la délivrance dans un cri commun.


Ingrid se régalait de tartines de confiture. Elle en avait jusque derrière les oreilles, ce qui faisait sourire Albafica. Les pensées du Poisson s'envolèrent soudain vers Agasha, qu'il n'avait plus revue depuis un moment déjà. L'orpheline s'en sortait-elle ? avait-elle été recueillie par une famille aimante ? était-elle devenue proche de Shion ?... Albafica imagina sans mal le regard de sa protégée si elle venait à apprendre que le Saint qu'elle admirait tant s'était mis à fréquenter intimement ce diable de Spectre. Minos n'avait-il pas intenter aux vies de Shion et d'Agasha ?... et que faisait le Poisson en représailles ? eh bien, il s'offrait corps et âme à ce démon de Griffon, à cet assassin sanguinaire !... Albafica eut soudain très honte et fut accablé de tristesse.

"Tu en veux ?" demanda Ingrid en agitant une tartine sous le joli nez du Poisson.

Avec des yeux rieurs, sa tristesse soudain envolée, Albafica planta les dents dans la tartine.

"Je préfère quand tu es comme ça que triste."

"Oh, merci, ma Princesse. Heureusement que tu es là !..."

"Tu me promets que nous serons toujours amis ?" en avançant le petit doigt pour sceller la promesse. Albafica noua son doigt à celui de la fillette. "Croix de bois, croix de fer..."

"... si je mens, me voilà aux Enfers..." songea avec amertume Albafica.


Minos fut extrêmement surpris de découvrir le Poisson, installé devant la coiffeuse, se nattant les cheveux, ruban pincé entre les lèvres. Il posa une épaule contre l'ébrasement de la porte, bras croisés, sourire venant se fixer sur le visage.

"On se pomponne ?..."

Le Poisson ne lui répondit pas, terminant d'attacher ses cheveux en une tresse ample de toute beauté.

"C'est pour moi que tu te fais encore plus beau que tu ne l'es, mon Poisson ?..."

Il s'approcha, se pencha dans le dos d'Albafica, confrontant son regard au sien par le biais du miroir.

"J'aimerai quand même une fois beaucoup te sentir au-dessus..." en évoquant leurs joutes.

Le Poisson ne soutint qu'un court moment le regard améthyste du Juge.

"Je..." baissant la tête.

"Je t'apprendrai..." avec un sourire terrible à l'appui.

Albafica releva le regard, lentement.

"Comme tu voudras..."

"Voilà qui est parfait, mon Poisson. Promets."

"Je..." en fronçant les sourcils.

"Promets, Albafica." en venant embrasser son cou dégagé, venant y mêler sa langue redoutable et terminant par une légère morsure.

Le Poisson frissonnait déjà si fort...

"Je te déteste..."

"Bien sûr. Moi aussi, Albafica. Je te... déteste tellement fort..." dans un murmure sensuel avant de se relever, libérant le Gold corrompu.

Minos alla s'installer dans un fauteuil.

"Minos ? tu les as toujours eu de cette couleur ?

"Quoi donc, mon Ange ?..."

"Tes cheveux."

"Oh... non."

"Les soucis ?..."

Petit ricanement.

"Le code génétique. Je les ai eus blancs très jeune."

"Du côté de ton père ou de ta mère ?..."

"Mon père."

"Quel genre d'homme était-il, Minos ?..." en venant s'installer aux pieds du Griffon. Les doigts agiles vinrent jouer avec la tresse, sans lui porter la moindre atteinte.

"D'une grande droiture. Serviable. Il était professeur d'école."

"Oh..."

"Je m'étonne que tu me lances dans l'évocation de tels souvenirs."

Albafica haussa les épaules.

"J'ai juste envie d'en savoir un peu plus."

"Y a-t-il autre chose que tu souhaites savoir, mon Poisson ?"

"Et ta mère ?"

"Femme au foyer, comme beaucoup. Je me souviens que sa seule instruction provenait des livres que mon père ramenait de l'école. Elle faisait des kanelboller et des skolebrød (**) d'une grande finesse." racontait le Juge, regard fixé sur le mur opposé.

"Comment es-tu entré dans l'armée de Hadès ?"

"Oh... je chassais à l'époque... autre chose que d'adorables éphèbes..." avec un petit sourire non dissimulé.

Le Poisson claqua de la langue, avide qu'il cesse ses idioties pour se lancer dans le vif du récit.

"Je chassais donc... le gibier. Et il m'arriva de tomber de cheval, me rompant la jambe. Ma monture prit la fuite et la nuit tombait. J'étais... terrifié par la teinte sombre que prenait la forêt. Terrifié, oui."

Albafica imagina aisément le trouble de ce jeune Minos perdu dans l'immensité végétale.

"Je me traînais jusqu'à un arbre. Je tremblais non seulement de peur mais également de froid. Je ne sentais plus ma jambe. Et là... dans un élan de panique, je jurai que je donnerai mon âme à quiconque me délivrerait de ce funeste sort. Mon appel n'est pas demeuré sans écho..."

Albafica leva la tête dans un mouvement adorable, jaugeant Minos perdu dans ses pensées, paupières closes, petit sourire aux lèvres.

"Il a entendu ton appel... et ton âme lui a appartenu dès cet instant. Je vois..."

"Entrer dans ses troupes a été une évidence. C'est à lui que je dois ma survie."


(*) "non" en norvégien

(**) pâtisseries norvégiennes