Voilà la dernière partie de ce chapitre 4.
Je vous embrasse les chatons, Sam
On se faufile comme on peut au milieu de la foule. Les gens me tapent le dos, les insultes fusent, les cris d'indignation. La foule est trop compacte. On n'arrivera pas à sortir du club… On va les perdre bon sang ! Réfléchis Diavel ! J'ouvre une des poches du sac de Maya, en sors une liasse et jette l'argent devant la soufflerie. Les billets se répandent dans tout le club. Les gens, instantanément, nous oublient.
A l'extérieur je constate qu'ils ont pris le chemin de ronde supérieur. Je me glisse par la fenêtre dans la cabine « dépôt d'arme » et assomme le garde. Mais je n'ai pas de fusil précision. Et n'en trouve pas ! Un coup d'œil à l'extérieur, ils s'éloignent toujours plus et Maya tourne en rond dans la neige. Vite putain Diavel ! Ouais un garde à ce qu'il me faut. Je ressors de la même manière que j'étais rentré du cabanon. Je m'approche et arrache le fusil de son épaule. Sous les cris de protestation je met un genou à terre et inspire à fond. Je sens une main gantée se poser sur mon épaule avant qu'un corps ne chute. Maya a couvert mes arrières… J'inspire et la balle fend l'air. Un des mecs chute. Ils s'arrêtent tous. Je me redresse et reprends ma marche. Calme et froid comme la mort.
- Le prochain c'est dans la tête ; je crie, le mec se relève et appuie sur son épaule blessée
- Vous ne pouvez pas. On le ramène à son père ; hurle le brun aux yeux de chiot, un brin paniqué
- Et s'il ne veut pas ? ; ils esquivent quelques pas en arrière, je tire une balle à 3 mm du pied des derniers
- C'est bon arrête ça Derek ; la voix de Stiles est faible
- Reste Stiles, on est prêt à mourir pour toi ; Zephan pose sa main sur son épaule
- Personne ne doit mourir pour moi ; il se défait de sa poigne et s'avance ; DEREK JE VAIS TE TUER
- Viens mon bébé, viens ; je ricane en ouvrant mes bras et une claque s'abat derrière ma tête, plus forte que d'habitude
- Pas te moquer
- Oh c'est bon ; je frotte mon crâne, putain de rouge cerise de merde
- STILES ; crie encore le brun
- LAISSEZ TOMBER
Comme si c'était la parole de Dieu ils s'éparpillent et disparaissent dans la nuit. J'attends d'avoir le petit à une longueur de main. La fureur me saisit.
- A quoi tu joues bordel de merde ? Tu aurais suivi n'importe qui ? Je risque ma peau pour toi et toi t'es prêt à me laisser comme un con ?
- Oh ta gueule. Putain j'ai le droit de savoir non ? Mon père. Et toi tu m'as jamais rien dit ? ; il se tourne vers Maya ; J'croyais être orphelin. Tu vaux pas mieux que ce gros con en fait
Le bruit de la gifle résonne. Pour une fois qu'elle est pas pour moi. Des larmes coulent sur son visage. Apaisant, je le pense, sa joue meurtrie. Rouge cerise lâche un glapissement. Je me tourne vers lui, prêt à me foutre gentiment de sa gueule. Je ravale mon rire. Sa poitrine est percée d'une balle. Il sourit. Tend la main au jeune homme. Qui se précipite et lui embrasse le front en murmurant des « non, non ». Je me retourne. Ah mon petit bordel au club a pas été apprécié par les patrons. Je pose un genou. Tire deux balles. Qui laissent deux connards sur le carreau. Ils s'avancent moins vite. Plus méfiants. Maya se faufile dans la cabine et récupère tout mon barda. Elle me colle les armes dans les bras et ajoute mon sac au sien.
- En route
- Ouais allez y je vais les retenir
- Derek en route. C'était pas une question ; elle me tire par la capuche
- Je vais les retenir j'vous ai dit ; le zip m'entaille la gorge quand elle tire plus fort ma capuche
- J'ai besoin de vous là ; elle me désigne des yeux le jeune, prostré contre rouge cerise qui a les yeux grand ouvert et un sourire sur le visage
- Ok, trois secondes
Je vide le chargeur autour de nos poursuivants. Ils ralentissent encore. J'attrape le jeune et le jette contre moi. Il hurle, pleure, se débat. Et tout s'arrête. On court pendant 3h comme ça. Jusqu'à l'orée de la forêt. Si Janasewitch a accepté alors il sera là. Sinon on est dans la merde. Un gros Range Rover noir tourne au ralenti. Alléluia. La portière s'ouvre. Il me grimace un sourire. Je lui balance mon poing dans la gueule. Il crache un jet de salive teintée de sang.
- Ouais j'le mérite
- Tu mérites bien plus abruti de mes deux. Qu'est ce qu'il t'a pris de gueuler mon nom…
- J'pouvais pas savoir qu'il allait le connaître
- Tu sais quand je me vante c'est pas pour faire beau, pour entendre le son de ma voix. Quand je te dis que je suis mondialement connu c'est parce que je le suis. Bouge maintenant
- Où on va ? ; demande Maya
- Une planque sûre jusqu'à demain matin 11h ; répond le grand blond
- Et là on ira où ? ; elle demande encore, elle se méfie de lui, je le sens, et elle a raison, n'avoir confiance en personne
- Au ferry ; je réponds à la place de l'autre con
Je m'installe à l'arrière, laissant Maya à côté de lui. J'essuie avec mon débardeur le sang sur le visage du brun. Puis sur le mien. Il papillonne des yeux à ce moment là. Je laisse retomber le tissu. Il me sourit avant de pleurer. Oh chiotte !
- Tu vas te transformer en fontaine encore longtemps ? ; j'adoucie ma voix au possible
- J't'emmerde ; il me répond au milieu de ses larmes
- STILES ; la main de Maya s'abat sur son genou
- T'aime bien gifler les gens en fait Maya hein ? ; je souris en coin
- Que les vilains garçons qui le méritent ; elle me répond en souriant véritablement pour la première fois
- Et le garde russe à qui j'ai volé le fusil le méritait ?
- Non là il me faisait juste chié ; elle hausse les épaules et deux pairs d'yeux se posent sur elle, incrédules ; Quoi ? Moi aussi j'ai le droit de me laisser aller !
- Ben merde alors ; je souffle
- J'voulais pas te traiter de gros con ; je rabaisse mes yeux sur le grand enfant entre mes bras
- C'est pas grave ; du pouce j'essuie une larme ; J'suis désolé de pas avoir pu sauver rouge cerise
- Rouge cerise ? ; il fronce les sourcils ; Ah Zlatan. Je crois qu'il est mort heureux.
- Qu'est ce que tu lui a dit dans la cage ?
- Qu'il était beau et que dans une autre vie je l'aurais suivi au bout du monde. Qu'il méritait d'être heureux et qu'il fallait qu'il arrête de vivre comme ça.
- C'est vrai ?
- Pourquoi je te mentirais ?
- Non, mais tu l'aurais suivi au bout du monde ?
- Roh t'es con ; il se redresse et va se coller de l'autre côté de la banquette, la tête contre la vitre, le plus loin possible de moi je comprends ; C'était un gentil dans le fond. Avec de mauvais choix de vie.
- Comment tu peux le savoir ?
- Je l'ai vu. Je l'ai… Senti
Le silence s'abat dans la voiture. Par le rétroviseur je regarde Alex. On échange un regard lourd de sens.
