Encore merci pour vos reviews qui me font vraiment plaisir et qui m'aident à écrire de nouveau ! Je vais essayer d'ailleurs d'écrire plus souvent tout en ne changeant pas la taille des chapitres. Voici un nouveau chapitre ! Les choses dans la communauté sorcière empirent, l'hôpital est gouverné d'une façon absolument sordide, le gouvernement est de moins en moins présent, les sorciers sont de plus en plus effrayés et les cas de sorcellerie à Sainte-Mangouste au quatrième étage de plus en plus dégoûtants. En somme, tout va très bien. Ah et puis ... je crois qu'il se passe plusieurs choses entre Sirius et Charlotte ... Enjoy ! :)


Dimanche 24 février, 10h25

Je me réveillais doucement avec un mal de tête incommensurable, essayant de bouger le moins possible et d'ouvrir les yeux doucement, dans l'espoir de ne pas être aveuglée trop vite. Cependant, la lumière de la pièce fut tellement insupportable que je dus refermer les paupières le plus vite possible. J'essayais une seconde fois, quelque peu déstabilisée. Pourquoi me sentais-je si mal ?! J'avais l'impression que mon crâne allait d'une seconde à l'autre exploser. Je me fis un léger massage, des tempes, comme si cela allait changer quelque chose, et rouvris les yeux pour la troisième fois.

Il n'y avait rien d'étonnant à ce que je me retrouve dans une chambre de l'hôpital Sainte-Mangouste, non. Le plus étonnant, c'est que je me retrouvais dans un de ces lits tout blanc. J'avais une chambre du quatrième étage, ce qui voulait dire que j'avais été attaquée par quelqu'un, qu'un sortilège m'avait fait comater. Je ne savais même pas quel jour nous étions. J'appelais une nurse, dans l'espoir que tout me soit expliquer.

Sarah, une fille que je connaissais vaguement, vint me voir et m'expliqua rapidement qu'on s'en était pris à moi dans la rue, et que nous étions déjà le 24 février. La dernière chose dont je me souvenais se passait durant le 19 février. J'avais été tant que ça dans le comas ... Je demandais à voir mon dossier.

- Je ne suis pas sûre que ... Répondit-elle en hésitant et en se mordant la lèvre inférieur. J'insistais tout de même. Elle acquiesça.

Patiente : Charlotte Lisa Idillah Mercier

Âge : 18 ans

Etudes : Nurse, hôpital Sainte-Mangouste

Admise depuis : 20 février 1980

Sortilège : Imprécis ; doloris et un autre inconnu

Effets : Commas, commotion cérébrale, ventre brûlé 3e degré

Potions : Aspireuse de magie noire, recouvrer mémoire, egivila

- Merci, fis-je à l'intention de Sarah.

Je me sentais énormément exténuée et lire ce papier m'avait encore plus fatigué. Mais ce mal de crâne m'empêchait de dormir. Je fis quelques efforts et demandai à Sarah qu'elle me donne une potion de sommeil sans rêve, ce qu'elle fit sans trop tarder.


Dimanche 24 février, 18h30

Me réveiller cette fois-là me demanda beaucoup moins d'efforts. Certes la lumière blanche de l'hôpital me fit derechef cligner des yeux, mais mon mal de tête avait diminué. Cette fois-ci, en me réveillant, je n'étais plus seule. Jamais je n'oserais le dire, mais cela me mit du baume au cœur. Parfois, j'avais l'impression d'être bien trop seule. Je m'étais habituée à cette solitude à Poudlard, mais depuis mes études de nurses, cela devenait plus compliqué et j'espérais parfois avoir de vrais amis.

- Charlotte ! S'écria Lily en se mettant à côté de moi le plus vite possible. Elle avait l'air plus fatiguée que d'habitude, avec un visage nettement cerné, mais exceptionnellement, un grand sourire étirait sa bouche.

Son cri m'avait rappelé mon mal de crâne. Elle du s'en rendre compte et s'excusa légèrement.

- On nous a envoyé une lettre ce matin pour nous prévenir de ton réveil, nous sommes tellement soulagés, expliqua-t-elle.
- Que s'est-il passé ? Demandais-je simplement.
- Tu ne t'en souviens vraiment plus ? Demanda Remus qui se joint à notre conversation. Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes ?

Ils avaient l'air tous anxieux. James, Rémus et Lily se tenaient autour de moi. J'avais presque l'impression d'étouffer, mais je n'osais pas leur dire. De plus, il manquait une personne. Je n'osais pas leur dire non plus.

- Et bien ... je donnais à manger à un patient mais nous étions le 19 alors je ne comprends pas vraiment ...

Je fis une sorte de grimace censée les faire rire mais ils paraissaient embêtées.

- C'est sûrement le coup du sortilège, ne vous en faites pas, essayais-je de les rassurer.

Ils me posaient différentes questions pour connaître mon état, je fis en sorte de ne pas les inquiéter, évidemment. Ils se faisaient assez de soucis pour leurs propres personnes et celles de leur groupe "maraudeurs", je n'allais pas leur en rajouter pour une petite attaque. Je leur demandais si mes parents avaient été mis au courant, Hélène s'en était apparemment elle-même chargée et s'en était brillamment sortie puisqu'ils avaient failli venir jusqu'ici mais ne l'avaient pas fait. Je me promis de leur envoyer une lettre dès demain. Si quelqu'un d'autre écrivait à ma place alors que j'étais réveillée, ils se feraient un sang d'encre et viendraient sans même me prévenir. Je préférais éviter ça.

- J'ai apporté le ca ... fé.

Sirius était revenu. J'étais heureuse de savoir qu'il était resté à mon chevet comme les autres. Heureuse de voir aussi à quel point il avait l'air inquiet concernant mon état, et soulagé de me voir réveillée.

- Salut.
- Salut.

Nous avions l'air de deux imbéciles, si bien que je rougis devant tout le monde en évitant leurs regards.

- Sirius, tu boites ?! Ne puis-je m'empêcher de dire après l'avoir regardé pendant quelques secondes, avec toute la discrétion possible, cela va sans dire.
- Depuis plus d'une dizaine de jours, répliqua-t-il en me regardant bizarrement.

Les autres paraissaient encore plus inquiets. J'avais fait une bourde.

- Est-ce que vous savez ce qui m'est réellement arrivé ? Réitérais-je.

Lily, assise dans un fauteuil près de James, prit la parole.

- Tu as dit à Elizabeth que tu allais prendre l'air, que tu ne te sentais pas très très bien. Elle ne pensait pas que tu irais si loin dans le Londres moldu et, crois-moi, elle culpabilise énormément. Tu t'es faite attaquer dans une petite ruelle - quelle idée, marmonna Sirius - par un mangemort. Un moldu est arrivé, voulant te défendre et elle l'a simplement tué. Un sorcier, auror par chance, a reconnu la couleur du sortilège et s'est dépêché de t'aider. Il a simplement eu une brûlure et a été rapide. Heureusement ...
- Elle ? Mais c'était qui ?
- Bellatrix Lestrange.

J'en avais un peu entendu parler, en des termes de "dégénérée". Mais je me rappelais soudainement de quelque chose.

- Ce n'est pas ta cousine, Sirius ?
- Si.

Le pauvre. Il avait du vivre avec des parents aristocrates jusqu'au bout des ongles et une cousine complètement tarée. Le silence de la pièce me perturbait.

- Je n'ai presque plus mal au crâne, leur révélais-je.

Ils avaient sûrement quelque chose à faire. Ils devaient arrêter de s'inquiéter pour ma personne et partir tranquillement. Mais une autre partie de moi voulait absolument qu'ils restent et, d'une manière absolument égoïste, continuent de s'inquiéter pour moi. Une petite voix me dit : "en particulier Sirius, n'est-ce pas ?!" oui, et je ne pouvais rien faire contre cette petite voix.

- Vous n'avez pas dit qu'avant l'auror, quelqu'un d'autre a essayé de me sauver ?
- Si, un moldu Charlotte, assassiné par Bellatrix.

Ils me regardaient d'autant plus bizarrement. Moi qui essayais de les rassurer, je devais apprendre à me taire. Mes pertes de mémoire provenaient très certainement de mon comma de quatre jour. J'avais peut-être reçu un coup sur la tête, je ne sais pas. J'allais continuer à prendre mes potions, et normalement, tout allait revenir dans l'ordre dans une semaine. Je le leur en parlais. Ils ne paraissaient pas plus rassurés.

- Ils sont au courant que tu ... es dans l'Ordre et que tu es notre amie, m'apprit Lily.
- Oh, je vois.

Par "ils", elle devait faire référence aux mangemorts. Cela changeait la donne. Je m'y étais attendue, je n'en étais pas surprise. Je comprenais maintenant pourquoi ils paraissaient si anxieux, si "coupables". Je ne leur en voulais aucunement, c'était le prix à payer. Même sans participer aux missions, je risquais dorénavant ma vie. Je ne leur avouais pas à quel point tout cela m'angoissait. Dorénavant, plus de sortie. Je devrais rester le plus possible à l'hôpital et mon seul moyen de transport sera de transplaner. Je pouvais faire ça. Mais durant combien de temps ? Jusqu'à ce que je devienne complètement folle ? Préférais-je devenir complètement folle ou mourir ? Risquer ma vie ou rester enfermée ?

- Charlotte, tu comprends le danger, n'est-ce pas ? Me demanda James.
- Oui bien sûr, je vais éviter de sortir.
- Bien sûr qu'elle ne comprend pas ! S'écria Sirius. Il avait l'air furieux. Tu penses être en sécurité dans ton appartement ou à l'hôpital mais c'est loin d'être le cas. C'est hors de question que tu sois seule rien qu'une seule seconde. Il est aussi hors de question que tu sortes dans Londres, que tu ailles chez tes parents en "bateau", parce que je sais que tu en serais capable, que tu retournes chez eux sans une personne de l'ordre.
- Mais vous aussi vous risquez votre vie, répliquais-je en m'énervant, chaque seconde, et pourtant, vous n'avez pas besoin d'être surveillés et emprisonnés !
- Parce que nous, nous savons nous protéger ! Répliqua-t-il en haussant le ton.

Ah. Alors tout tournait autour de ça, mon incapacité à me défendre. Je me demandais à partir de quel moment ils allaient me le reprocher; nous y étions. Je détournais mon regard, déçue et honteuse. Je n'étais pas aussi intelligente qu'eux. Je n'étais certes pas stupide, mais je connaissais la magie d'une manière théorique avant tout. Je n'avais jamais été confrontée à des mangemorts jusqu'à il y a quelques jours. Je n'avais jamais eu besoin de défier un sorcier, ma ruse et mes potions me suffisaient à Poudlard. Telle une enfant, j'avais envie de pleurer. Je leur apprenais que j'étais fatiguée et que j'aimerais bien dormir. Ils partirent sans m'en dire plus, sans me promettre de revenir un autre jour.

Le regard de Sirius me faisait bien plus souffrir que mon mal de tête et de ventre, et ça, c'était bizarre. J'étais dans la merde et eux, ils avaient pitié de moi en tant que chose fragile incapable de répondre à un petit doloris.


- Tu t'es pris plusieurs doloris Charlotte, s'écria Elizabeth en levant les yeux au ciel. Tu n'arrêtes pas de répéter n'avoir aucun courage mais regardes-toi ! Un certain nombre de patients se seraient déjà plaints à ta place. On ne t'a pas entendue une seule fois gémir !

Je lui avais parlé de tout ce qu'il s'était dit dans cette chambre hier au soir. Elle paraissait contente que je lui fasse assez confiance pour que je lui parle de mes tous nouveaux sentiments à l'égard de Sirius. Je lui devais bien ça puisque je ne pouvais pas lui parler de l'Ordre du Phénix.

- Je ne pense pas que ce soit de la pitié de toute manière, ils s'inquiètent juste pour toi. Il y en avait toujours un qui venaient te voir jusqu'à ce que tu te réveilles. Tu n'étais pas souvent seule. Tu t'es malheureusement réveillée lorsqu'il n'y avait plus personne.

- Sirius est venu souvent ? Lui demandais-je. Je n'arrivais pas à me le sortir de la tête, à oublier son dégoût en me rappelant que j'étais inutile.
- Pas vraiment, moins que les autres, m'avoua-t-elle.

J'aimais sa franchise, elle aurait pu tout aussi bien me mentir.

- Je reste encore combien de temps dans ce lit ?
- Miss Bingley voudrait que tu y restes encore six jours mais le gouvernement de l'hôpital nous a demandé à ce que tu sortes dans trois/quatre jours.
- Ils ont besoin de personnel dans cet hôpital, n'est-ce pas ?!
- Oui, et de lits.


Samedi 28 février

J'étais heureuse de m'extirper de ce lit. Je n'attendais plus que ça depuis hier. Je me sentais beaucoup mieux. J'avais encore une cicatrice sur le ventre, quelque chose de pas très joli, mais rien de grave. Parfois je perdais légèrement la mémoire encore, mais rien d'inquiétant. Ce qui m'embêtait, c'était que je ne pouvais me souvenir de l'attaque de Bellatrix. Une chance, m'avait dit Lily. Je n'en étais pas si sûre. Depuis que je m'étais réveillée, Sirius était juste passé une seule fois. J'avais fait semblant de dormir, ne voulant pas l'affronter. Il était resté deux heures puis était parti après m'avoir dit au-revoir. Il était froid et je le regrettais, nous nous étions tellement bien entendus au mariage d'Hélène et de Jake ...

Celle-ci avait essayé de passer durant toutes les matinées et je lui en étais reconnaissante. Elle me changeait les idées en me parlant des ragots de France et n'abordait absolument pas la question de Sirius, me sachant blessée, bien qu'elle fut curieuse. Au contraire, Elizabeth, elle, employait la manière forte : elle m'en parlait beaucoup trop souvent pour que je réagisse et que j'affronte mes responsabilités en ayant une conversation mature. Laissez-moi avoir dix-huit ans et me comporter comme une gamine, s'il-vous-plait. Finalement, en y réfléchissant bien, j'aurais du rester dans ce lit, sous la couette, encore un bon mois.

Normalement, j'aurais du rentrer chez moi et ne rien faire. Mais Lily avait insisté pour que je ne sois pas seule chez moi. Alors j'avais simplement demandé à Bingley si je pouvais travailler à l'hôpital, pour ne pas me rappeler que je manquais désormais de toute liberté. Bingley ne comprenait pas que je veuille rester une seconde plus dans cet hôpital, j'avais haussé des épaules.

Elle ne m'avait donné que les cas les moins compliqués. Je lui en voulais parce que j'avais définitivement besoin de me changer les idées.

- C'est mon fils, il a fait son premier acte magique ce matin ! S'écria la maman en me montrant ses trois dents manquantes et son sourcil.

Pas de quoi être extatique, en somme.

- C'est la meilleure nouvelle que nous ayons depuis deux ans, s'expliqua-t-elle après avoir remarqué mon air dubitatif.

J'acquiesçais et m'occupais de son visage, quelque peu honteuse.

- Il n'était pas vraiment content à ce moment-là parce que je lui ai refusé une ballade dans le parc. Ce n'est pas facile de garder les jeunes chez soi tout le temps ... Mais mon mari est auror, il refuse que l'on sorte en-dehors de la crèche et de mon travail. Je bosse au magasine Sorcière Hebdo, vous voyez ? Je réponds aux courriers sur les problèmes sentimentaux. Ca me distrait mais il y en a de moins en moins ... J'ai peur qu'ils me renvoient chez moi.

Elle avait apparemment énormément envie de parler.

- Et malheureusement, il n'y a pas que les enfants qui craignent d'être enfermés ... Continuais-je à sa place. Peut-être devriez-vous contacter une nourrice sorcière, à la campagne, votre fils rencontrerait d'autres enfants comme lui et il pourrait s'amuser dans le jardin.

Parler des choses de la vie de tous les jours me faisait finalement du bien.

- Vous avez sûrement raison ! Merci beaucoup nurse Mercier !

Ce jour-là, je travaillai jusque cinq heures du matin avec un grand plaisir, discutant avec les patients pour me changer les idées, pour les rassurer, les faire penser à autre chose, leur faire oublier qu'ils étaient seuls ou paniqués. Je dormis dans ma chambre à l'hôpital, non pas dans mon appartement. Elizabeth était rentrée chez elle ce week-end mais, ici, je ne risquais rien. Je profitais de ces quelques moments de solitude et me réveilla à quatorze heures, prête à reprendre les cours que j'avais loupés. J'étais étonnamment de bonne humeur. A vingt-et-une heure, je passais au labo préparer quelques potions et remèdes avec le professeur. Aucun des maraudeurs n'étaient passés me voir.


Lundi 1er mars

Molly avait accouché ce matin-même. Une fois que je fus sûre qu'elle n'était plus fatiguée et qu'ils avaient eu un moment d'intimité tous les trois, je passais dans sa chambre avec un bouquet de fleurs. C'était un petit garçon, roux, encore, aux yeux bleus magnifiques. J'espérais que ses yeux resteraient tel quel.

- Félicitation Molly ! M'exclamais-je.

Elle me remercia pour le bouquet de roses.

- Et moi qui pensais que ce serait une fille et qu'elle se fiancerait au fils de James et de Lily, je suis plutôt déçue. Espérons qu'ils auront une petite fille alors
- Tu oublies l'enfant d'Alice, répliqua-t-elle avec un grand sourire.

Molly avait cet étonnant pouvoir de nous rendre immédiatement heureux et à l'aise.

- Comment l'as-tu appelé ? Lui demandais-je en prenant la petite main du bébé dans la mienne. Elle était si minuscule.
- Ronald !

Je retins une grimace et ne lui dis pas que ce prénom allait l'accompagner à Poudlard, le pauvre. Ronald Weasley et Isabella Potter, j'y croyais encore.


Vendredi 5 mars

Il n'y avait plus beaucoup d'attaques. Nous avions même l'impression que le quatrième étage de l'hôpital était calme, ce qui nous amusait. Malheureusement, j'avais plus de temps pour m'ennuyer. Je passais ce temps à la bibliothèque de l'hôpital ou au laboratoire. Le laboratoire me faisait toujours du bien, je m'y sentais mieux qu'à la bibliothèque puisque ce n'était plus du savoir théorique. Mais ce n'était pas non plus avec ça que j'allais pouvoir me défendre un jour. Si je le voulais, je pourrais défier les maraudeurs et sortir. Mais je ne voulais pas les décevoir une fois de plus et je voulais encore moins risquer ma vie. Mais celle-ci dernièrement n'était qu'une suite d'événements inintéressant et je ne m'amusais guère.

Evidemment, dès que nous pensions que la situation allait mieux, il fallait qu'un événement vienne briser notre positivité.

Des aurors sont venus accompagnés d'un corps presque déchiqueté. L'homme était pourtant encore en vie. Il lui manquait un bras, un bout du visage, un morceau de l'épaule, un oeil était crevé, et il était encore en vie. Quelle sorte de magie était-ce ?!

- Le ministère nous a signalé que plusieurs moldus avaient vu des inferi dans un quartier londonien. Nous y sommes allés et nous avons trouvé l'homme dans cet état ..

Je me retenais de vomir. Bingley était aussi verte que moi, et atterrée. Les deux aurors avaient l'air extrêmement épuisés et avaient été mordus par endroits. Bingley me demanda de m'occuper d'eux deux. J'étais infiniment heureuse de ne pas devoir me charger du pauvre homme. Il était clair que nous ne pouvions plus rien faire pour lui.

Le premier avec été "mordu" au niveau de la jambe, je m'en occupais sans trop de mal. Le deuxième avait quelques morceaux de peau arrachés sur l'avant-bras mais rien d'inquiétant. Je discutais quelque peu avec eux. Le deuxième me regardait de manière indécente, cela me dérangeait. Alors que j'allais m'énerver contre lui et me mettre à l'insulter, il me demanda si j'étais la personne qui avait été attaquée il y a deux semaines par Bellatrix Lestrange.

- Oui, comment le savez-vous ?

Cela m'inquiétait quelque peu qu'il puisse être au courant d'une telle chose alors que nous avons essayé d'être les plus discrets possibles. Il vit ma mine effrayée et tenta de me rassurer.

- Je suis l'auror qui vous a retrouvée dans la rue. Elle a transplanné dès qu'elle m'a vu. Je suis content de voir que vous allez mieux ! S'exclama-t-il en souriant.

Il était plutôt mignon, dans le genre de Remus. Il était blond avec des cheveux un peu bouclés, de grands yeux bleus assez enfantins, un nez aquilin et une bouche fine. Avec sa robe d'auror, je ne pouvais savoir s'il était musclé. Il avait un petit sourire d'enfant aussi et faisait très certainement plus jeune que son âge. Il n'était pas vraiment beau, mais mignon et charmant. J'étais étonnée de croiser mon "sauveur" aujourd'hui-même. Je pensais ne jamais connaître son identité. Je me confondis en excuse ce qui le fit rire. Son rire était très différent de celui de Sirius, on aurait dit plusieurs petites clochettes, sans vouloir paraître ridicule.

- Je n'ai fait que mon travail. Bien, nous devons partir.

Son coéquipier lui apprit qu'il allait boire un verre d'eau.

- Maintenant c'est à moi de vous remercier pour mon bras, s'amusa-t-il.
- Ce n'était rien du tout. Je rougissais.
- Alors peut-être que vous pourriez accepter que l'on aille boire un verre, un jour peut-être ?

Je ne répondis pas instantanément, étonnée.

- Je sais que je manque de tact et que j'agis plutôt rapidement ... Accepteriez-vous un rendez-vous avec un rustre comme jeune homme ?

Il me fit rire quelque peu, même si j'étais toujours embarrassée. J'acceptais, cela me faisait plaisir et je lui devais bien ça. Il m'apprit qu'il viendrait me chercher la semaine prochaine à 18h30 devant l'hôpital. Les maraudeurs, de ce fait, ne pourrons pas me reprocher de sortir puisque je serais accompagnée de l'homme qui m'avait sauvée dernièrement. Et puis, cela fait toujours plaisir de plaire, n'est-ce pas ?!

Cependant, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il me mentait très certainement et qu'il avait l'air de ne pas être si respectable que cela. Il n'était pas vrai. Je me dis que ce rendez-vous serait l'occasion de vérifier mes impressions et, je l'espérais, de changer d'avis.


Dimanche 7 mars

J'avais désobéi aux maraudeurs et je m'étais retrouvée dans mon appartement tout le long du week-end. Personne encore ne savait où j'habitais et je prenais toutes les précautions possibles pour que l'on ne me voit pas dans le quartier. Je ne vois pas pourquoi je me priverais de mon lieu d'habitation alors que mes parents le payaient assez cher pour quatre petits week-ends par mois. Il y avait aussi une part de moi qui n'arrivait pas à comprendre pourquoi je devrais écouter les maraudeurs alors qu'ils prenaient tous les risques du monde sans même faire attention. Lily et James se sont rendus compte qu'il était dangereux pour eux d'habiter dans le manoir Potter jusqu'à ce qu'il prenne feu, après tout.

Et quand on parle du loup ... on en voit la queue. Je ne savais pas ce que faisait Sirius Black devant ma porte, mais il avait l'air en colère. Et je pensais connaître la raison de son état.

- Oui je sais, je ne suis pas à l'hôpital, blablablabla ...
- Charlotte, est-ce que tu pourrais pendant au moins cinq minutes arrêter de faire la gamine et essayer de réfléchir en reconsidérant la chose ?

Je m'arrêtais de sourire, soudainement énervée. Jamais il ne m'avait parler sur ce ton, d'une manière si hautaine. On aurait dit Regulus parlant à des "traîtres à leur sang" dans un couloir de Poudlard. Sur le coup, je ne su que répondre. J'étais tellement étonnée par sa façon de parler qu'il avait l'air de s'en vouloir immédiatement sans pour autant s'excuser. Un Black ne s'excuse jamais.

- J'ai très bien "reconsidéré la chose", Sirius. Je ne pense pas qu'il puisse m'arriver quoique ce soit puisque personne ne sait que j'habite ici. L'appartement est moldu, acheté au nom de jeune fille de ma mère, je ne me promène pas dans les rues et j'arrive ici en transplanant. Personne de l'hôpital n'est déjà venu jusqu'ici ...

Enfin, sauf le garçon avec qui j'avais flirté lors de notre sortie en discothèque.

- Tu ne devrais pas être seule, affirma-t-il.
- Tu me demandes de ne pas faire la gamine mais vous ne cessez pas de m'infantiliser ! M'exclamais-je.

Je marquais un point.

- On a peur pour toi !
- Ah, vraiment ?! Ou bien vous avez juste pitié qu'une pauvre petite serpentarde ne sache pas se défendre comparé aux grands et forts gryffondors que vous êtes ?
- Pardon ?

Oui bon, très bien, là, je racontais n'importe quoi. Mais j'étais réellement blessée par le peu de confiance qu'ils mettaient en moi.

- Je sais me défendre, rajoutais-je simplement.
- Oui bien sûr et la dernière fois en fut une magnifique preuve, ajouta-t-il sarcastiquement en se pinçant l'arrête du nez.

Je ne lui avais rien demandé après tout.

- Ce serait sympa si tu pouvais me laisser tranquille et arrêter de m'insulter à cause de ton putain de complexe de super-héro ! M'énervais-je.
- Je ne vois pas de quoi tu parles !

Je pense que 85% de la population voyait exactement de quoi je parlais.

- Pour la dernière fois, Sirius, je veux simplement que tu me laisses tranquille !

Je ne comprenais pas vraiment pourquoi j'en étais arrivée jusque là. Je crois que je me sentais si ridicule par rapport à eux cinq que je n'avais pu m'empêcher de m'en prendre à Sirius qui me faisait comprendre à quel point j'avais raison. Lily ne cessait de me répéter que j'étais beaucoup plus courageuse que je ne le pensais, Sirius n'arrêtait pas de souligner le fait que j'étais complètement nulle en défense contre les forces du mal. Il partit donc en s'énervant un dernier coup et en me laissant toute seule, sans aucune explication. Bien sûr, je savais que j'avais dépassé les bornes mais j'étais bien trop fière pour aller m'excuser alors qu'il était insultant et qu'il m'empêchait d'avoir ma propre liberté. Une petite voix cependant me disait sans arrêt : "je pense qu'à l'heure d'aujourd'hui, il y a beaucoup plus important que sa liberté et son autonomie ..." Elle n'avait peut-être pas tord mais je refusais d'y réfléchir.


Mercredi 10 mars

Ce soir-là, je recevais le couple Potter, Remus, Sirius et Peter dans mon appartement. C'était un jour important - l'anniversaire de Remus Lupin. Je n'avais pas pu lui acheter de cadeau alors j'avais réservé ma pause à l'élaboration de plusieurs potions. La première lui servirait pendant quelques jours, pour qu'il se repose correctement et sans rêves. La deuxième rendrait tous ses petits plats meilleurs, avec un goût assez incroyable, tout dépendant de la qualité de la potion. La troisième était un philtre de paix, afin de l'apaiser et de le rendre moins anxieux. La quatrième était une potion anti-gueule de bois. Je ne savais pas si elle allait lui servir prochainement, mais j'ai toujours aimé offrir celle-ci. La cinquième amplifie le charme du sorcier qui la boit. La sixième était une solution de force, et enfin la septième une potion d'aiguises-méninges, qui lui permettra de voir plus clair dans ses pensées. Il fut apparemment très heureux de son cadeau et me remercia en me prenant dans ses bras, ce qui m'étonnait venant de Remus Lupin, lui qui paraissait si distant habituellement. Lily lui offrit un album photo de leur septième année, James avait concocté un gâteau l'après-midi, Sirius lui avait acheté une robe sorcière chauffante qui "lui ferait un cul d'enfer". Et enfin, Peter lui avait offert trois livres sur la défense contre les forces du mal.

Le gâteau de James était assez particulier. Il était gris et au milieu figurait une sorte de "museau". On aurait dit un chaton. Remus n'avait pas l'air heureux. Certes James n'était pas un chef cuisinier mais je trouvais l'attention tout à fait charmante. De plus, Sirius avait ramené du champagne sorcier.

Lily m'expliqua qu'elle avait voulu que ce soit Marlene la marraine de son bébé et qu'elle s'excusait d'avance de ne pas me choisir. Elle aurait l'impression de la remplacer et elle ne le voulait pas. Je ne pouvais que la comprendre et jamais je n'aurais imaginé pouvoir être la marraine de l'enfant des Potter. Remus paraissait un peu fatigué mais beaucoup moins que le 1er mars.

Je ne le connaissais pas assez mais ... certaines choses me laissaient penser qu'il était différent de nous. Je n'osais encore une fois trop y réfléchir. C'était sa vie privée, il ne voulait pas m'en parler, je ne devais pas y interférer. Mais ma curiosité serpentarde me poussait à en savoir plus.

Peter ... restait Peter. Il poussait parfois des petits cris suraigus assez étranges qui me faisaient sursauter à chaque fois. Il était étrange. C'était bien sûr celui que j'aimais le moins. Il ne me parlait presque jamais et je le croisais rarement. Pourtant, il avait l'air très proche du couple. Je me dis que peut-être, je devais faire des efforts. Je lui posais différentes questions sur ce qu'il faisait dans la vie et il me répondait brièvement. Auparavant, il avait trouvé un boulot dans une librairie du chemin de traverse mais désormais il aidait ses parents qui avaient un hôtel moldu. Il n'avait jamais envisagé d'être auror et il avait rejoint l'Ordre du Phénix grâce à James. Ce n'est pas vraiment de cette façon qu'il a répondu aux questions mais c'est ce que j'en conclu. Il avait juste l'air timide - mais gentil cependant.


- Gentil ?! Comment pouvait-il l'être ? S'insurgeait le journaliste.
- Edward, je vous ai déjà dit de ne pas m'interrompre. Bref, j'essaie de ne pas laisser les prochains événements influencer mes pensées du passé, d'être la plus objective possible.


Donc je disais. Nous passions une bonne soirée tous les six. Nous ressentions fortement l'absence de Marlene et la tension qu'il y avait entre Sirius et moi gênait un peu tout le monde. Nous ne nous étions presque pas adressés la parole tout au long de la soirée. Et je ne le regrettais pas, s'il y avait bien quelqu'un qui devait s'excuser dans cette histoire, c'était bien lui. Lily me reprochait assez souvent d'être têtue, je n'imaginais pas jusqu'à quel point elle avait raison. Sirius étant aussi têtu que moi, il n'allait certainement pas venir s'excuser. Il parti à une heure du matin, en même temps que Peter, me saluant à peine, me remerciant juste pour la soirée. La dernière fois que nous nous étions retrouvés dans cette appartement, nous nous disputions comme deux enfants.


Jeudi 11 mars 23h00

J'étais déjà fatiguée et pourtant, je devais travailler durant 24h00 à l'hôpital, formation oblige. Je m'abreuvais constamment de cafés sans me rendre compte de mes mouvements frénétiques. Plusieurs docteurs m'en firent la remarque avec un regard sévère. C'était mes premières 24h00, ils pouvaient tout de même être plus tolérants, non ?!

Je devais donc surveiller l'état des patients durant toute la nuit. Nous avions eu une nouvelle ce matin. Nous ne connaissions pas son identité. Elle avait été attaquée dans un quartier moldu et avait sa baguette dans la main. L'histoire était compliquée puisqu'au départ elle avait été admise dans un hôpital moldu mais un auror, enquêtant sur les attaques de mangemorts, avait retrouvé sa baguette sur les lieux de l'attaque. Il avait été la rechercher et l'avait ramené à Sainte-Mangouste. Les mages ont préféré la mettre dans un état de coma pour que son cerveau puisse réparer ce qui lui avait été causé. Je devais donc la surveiller sans cesse pour qu'elle aille beaucoup mieux le lendemain matin, moment où nous la réveillerons.

- Parfois, je me demande comment font les moldus pour ne pas se rendre compte de tout ce qu'il se passe chez nous, me fit un étudiant médicomage de troisième année.
- Ils doivent certainement s'en douter. Ils se voilent la face je pense, après tout ce qu'ils ont eux-même vécu ...
- On a encore renvoyé plusieurs aurors ce matin. Demande express du ministère de la magie. Tu ne devineras jamais qui s'occupe de l'administration de l'hôpital désormais ...
- Nott ?

Cela ne m'étonnerait absolument pas.

- Oh, pire. Malfoy.

Oui, en effet. Je n'ose imaginer ce qu'il va se passer dans quelques temps. Obligation de soigner les mangemorts ?! J'y allais peut-être un peu fort, mais l'idée était là.


Vendredi 12 mars

J'avais dormi toute la journée jusqu'à 17h00, n'oubliant pas mon rendez-vous avec l'auror. Je ne savais même plus si je lui avais demandé son nom ou pas. Je n'avais pas vraiment envie d'y aller. Je ne vois pas de quoi nous pourrions parler. Les seules choses qui nous reliaient était le fait qu'il m'ait sauvée puis le fait que je l'ai soigné. Ça devait être encore ce complexe du super-héros/prince charmant. J'avais aussi remarqué ça chez James, lors de sa septième année.

Il m'attendait devant l'hôpital Sainte-Mangouste, et à mon grand plaisir, il était habillé le plus simplement du monde. Nous allions donc en terrain moldu dans un endroit plutôt décontracté. La rencontre se fit de manière bizarre. J'étais plutôt distante et il ne savait pas sur quel pied danser. J'essayais pourtant d'être de bonne compagnie, cependant mon esprit était ailleurs.

- Je n'étais pas sûre que tu viennes ! M'avoua-t-il.

Il me regardait de la même manière que la dernière fois, avec de grands yeux bleus, d'une façon adorable. Cela lui donnait un air curieux, avide de découvrir le monde et avide de me connaître, finalement.

- Je n'allais pas te faire faux-bond, lui expliquais-je.

J'aurais pu lui dire que j'avais envie de le revoir, ce genre de discours, mais ce n'était pas le cas, alors à quoi bon mentir ? Il représentait tout simplement un peu de divertissement. C'était certes méchant de dire ça, mais pourtant la vérité.

- Je t'emmène dans un petit bar moldu !

Depuis ce qu'il m'était arrivé, je n'avais plus trop confiance en Londres-même. Pourtant, je me sentais rassurée à ses côtés, sûrement du au fait que c'était lui qui m'avait sauvé la vie. Cette phrase est absolument clichée.

J'ai toujours été mauvaise langue. Et je m'en suis rendue compte après avoir conclu que j'avais passé une très bonne soirée. Michael, car voilà son prénom, était d'une compagnie absolument agréable. Il avait lui aussi des origines françaises, ce qui en quelque sorte nous rapprochait. Il avait trois ans de plus que moi, avait décidé de devenir auror en septième année lorsque sa tante a été victime de torture par des mangemorts, trouvait qu'il était plutôt du genre courageux-stupide, à foncer vers le danger, et que parfois, il se comportait comme un véritable lâche. Il était d'ailleurs à Gryffondor et Poudlard lui manquait affreusement.

Il avait presque fini par me faire oublier Sirius et tout ce qu'il se passait autour de nous. Il m'avait même invitée au restaurant et m'avait avoué qu'il espérait me revoir prochainement. Au fond de moi, j'avais aussi hâte de le revoir.


21 mai 2048

- Je ne comprends pas, où est Sirius dans cette histoire ?

Le journaliste semblait perdu et, inexplicablement, il en voulait à Charlotte de délaisser le personnage principal de l'histoire.

- Oh je ne l'avais pas oublié. Michael était un petit flirt d'adolescence, Sirius représentait l'amour de ma vie à cette époque. Pourtant, Michael a pris une plus grande importance par la suite, vous verrez.
- Vous et Sirius étiez deux têtes de mule ...
- Je pensais que le bouquin parlerait de la politique de Voldemort ! S'exclama-t-elle, les joues rougies.
- Oh non, je vais l'orienter vers les dernières années des maraudeurs et de l'Ordre du Phénix, faire dans l'inédit.

La vieille dame retint un soupir. Ces jeunes ... Elle se dit qu'il fut un temps, Sirius et James auraient adoré avoir un livre consacrés sur leur vie. Elle aurait tellement aimé qu'ils puissent le lire.