Voici voilà, le dernier chapitre de l'histoire! merci de m'avoir suivie jusque là ^_^

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-Il nous a été rammené par un policier qui l'avait trouvé en train de se tordre de douleur dans la rue... Nous n'avons su qu'assez tard son nom et prénom. Il n'a jamais voulu nous les dire. Chase avait décidé de l'appeler Boucle d'Or, ce qui est franchement hypocrite de sa part.

Wilson rigola doucement, s'arrêtant cependant rapidement. Son mal de tête était revenu mais il ne voulait pas interrompre House.

-Lorsqu'on a su qu'il était condamné, continua House en caressant d'un air absent le chat qui s'était lové sur ses genoux, il nous a finalement dit son nom en entier et donné quelques informations capitales pour retrouver les traces de sa famille. Grâce aux médocs, il a été plus ou moins lucide pendant un long moment... Juste assez pour me dire qu'il ne voulait pas qu'on vous prévienne de sa mort.

-...pourquoi ? demanda Wilson qui semblait s'intéresser intensément à ses mains posées sur ses genoux.

- Si vous voulez mon avis... Vous ne voulez sûrement pas mon avis, se corrigea-t-il rapidement en voyant Wilson relever vivement la tête.

-... Etrangement, si... répondit ce dernier.

-...Ah. Je crois qu'il avait honte, compléta House après un petit moment. Il ne voulait pas que vous sachiez ce qu'il était devenu. Même en étant déconnecté de la réalité comme peut l'être un schizophrène, un sentiment de honte est quelque chose d'assez puissant pour traverser les barrières mentales...

Wilson ne dit rien. Il s'appuya contre le dossier de son canapé et se massa un moment les tempes, le regard posé sur la cheminée inerte en face de lui. Les ronronnements du chat semblèrent remplir toute la pièce.

-C'est vraiment coïncidence, que vous tombiez sur mon assistant par hasard quelques jours seulement après la mort de mon frère ?

Du coin de l'œil, il put voir House grimacer.

-Vous vous énerveriez si je vous disais que j'ai mené une enquête sur Daniel après sa mort ?

-...Disons que non.

-Alors disons que j'ai fait ça. Et vous n'êtes pas dur à trouver, votre nom est dans tous ces magasines obscurs qui parlent de cellules déjantées...

-On appelle ça des cancers, de nos jours...

-Ah bon ? feignit House. Je vous ai trouvé, j'ai trouvé votre assistant, j'ai trouvé le bar de votre assistant, et je voulais simplement le rendre assez saoul pour en savoir un peu plus sur vous... La maladie que vous avez attrapé, c'est simplement du bonus. A part ça, contrairement à ce que peut penser Cameron, je ne garde pas des bocaux de morora dans ma poche au cas où je ressentirait le besoin d'en verser dans votre soupe.

-...Vous avez une façon fascinante de plaider non coupable tout en faisant tout votre possible pour qu'on vous croit parfaitement capable de commettre tous les crimes imaginables ou non.

-C'est un art difficile.

Wilson eut un petit rire et baissa les yeux vers le chat pelotonné sur les genoux de House. Il tendit doucement une main pour lui caresser la tête, mais son bras fut arrêté en plein vol par la poigne de House.

-Qu'est ce qu'il y a, encore ? s'exaspéra Wilson qui avait soudain décidé de ne plus être surpris par les actions du diagnosticien.

-Vous avez toujours les mains engourdies ?

-...Un peu.

-Votre voisine a toujours un chien ?

-Elle l'avait encore ce matin. Alors à moins que vous ayez versé de la morora dans sa gamelle d'eau...

-Vous vous en occupez ?

-Ca m'arrive. Dites ça va nous mener quelque part cette interrogation ou vous essayez juste de dissiper votre ennui ?

-Déshabillez-vous.

Wilson abandonna sa tactique de non surprise et se dégagea le bras pour mettre quelque distance entre lui et le diagnosticien et observer House d'un œil nerveux.

-Hum... Il y a une raison précise à cette requête, ou je dois appeler la police ?

House roula lourdement des yeux.

-Je n'ai pas envie de vous voir faire un strip-tease, crétin. Vous n'êtes pas mon type. Il faut que je vois si vous n'avez pas de...A moins que... Ou...

-...Sujet, verbe et compléments sont généralement les ingrédients indispensables pour rendre une phrase compréhensive, dit Wilson d'un ton las, persuadé que House avait déconnecté et ne l'écoutait plus qu'à moitié.

-Relevez la manche de votre chemise. Vous avez encore ce rash ?

-Ouais... dit Wilson en s'exécutant pour dévoiler sa peau irritée.

House l'étudia avec la précision d'un microscope pendant quelques instants avant de se renfoncer dans le canapé. Il sortit sa bouteille de Vicodin de sa poche et en avala calmement une pilule avant de chasser sans ménagement le matou de ses jambes.

-Vous savez que vous prenez un nombre affolant de pilules à la minute ? demanda Wilson.

-Rien à faire. En revanche, j'ai trouvé ce qui cloche chez vous.

-Ah... ?

-Vous avez un téléphone ?

-Derrière vous. Pourquoi ?

-Je crois qu'il y un crocodile sous votre canapé.

-Ah... Evidemment... Pourquoi ?

-J'aurais besoin d'une ambulance....

-Vous allez dire que je me répète, mais : pourquoi ?

-Vous allez tomber dans les pommes dans quelques secondes.

House eut tout juste le temps de tendre le bras vers l'appareil avant que sa prédiction ne se réalise.

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-Dr Wilson ? Vous m'entendez ?

Wilson envisageait sérieusement de répondre à cette question qu'on lui posait depuis dix bonnes minutes et qui commençait à lui taper sur le système... Mais ses cordes vocales refusaient de coopérer. Ses paupières restaient elles aussi obstinément fermées malgré tous ses efforts.

Au moins, ce problème précis fut résolu lorsque des doigts affairés relevèrent les paupières en question pour plonger un faisceau lumineux dans la rétine de Wilson.

-'aichmoitrankil... bafouilla-t-il en se retournant sur le ventre pour échapper à cette douloureuse intrusion.

-Seulement si vous ouvrez les yeux.

Les doigts relâchèrent ses paupières mais Wilson fit tout son possible pour les garder ouvertes, et la tête de House ainsi que son salon apparurent dans son champ de vision. House sembla l'étudier intensément pendant quelques temps, puis il demanda avec un air tout à fait sérieux :

-Est-ce que les hélicoptères mangent leurs petits ?

Wilson se demanda tout d'abord s'il été censé répondre. Ensuite, il se demanda ce que pouvait bien être la réponse... Et puis une lumière s'alluma dans sa conscience, la phrase se décrypta, et il se demanda s'il ne devait pas faire interner House quelque part.

-Qu'est ce qui vous prend ? bafouilla-t-il en se débattant pour s'asseoir, s'apercevant au passage qu'il était allongé sur son canapé et qu'un linge trempé d'eau glacé était posé sur son front.

Il le retira et le fixa un moment avant de lever un regard un peu embué vers House.

-J'ai appelé une ambulance, on va vous ramener à l'hôpital et vous bourrer d'antibiotiques, et vous serez frais et dispo pour le petit déj demain !

Wilson cligna lentement des yeux, essayant à la fois d'atténuer son mal de crâne et de démêler les pensées de House.

-Vous savez ce que j'ai ? demanda-t-il en abandonnant finalement tout espoir de réussir à s'asseoir et retomba comme une masse sur le canapé.

-Un peu mon n'veux... Lyme.

-Lyme ?

-C'est ce que je viens de dire, fit House. Maladie de Lyme. Vous pouvez remercier le chat, dit-il en faisant un geste vers l'animal qui, assis un peu plus, observait les deux hommes d'un air calme. Il est bourré de tiques. J'imagine que c'est pareil pour le chien de votre chère voisine.

Wilson se contenta de cligner des yeux d'un air hébété, et House soupira.

-Vous vous occupez des animaux, les tiques qu'ils transportent se vengent sur vous, elles se débrouillent pour passer dans votre sang, s'y font un douiller petit nid, font une petite fiesta dans vos nerfs, foutent le bordel dans votre système immunitaire... De vraies vacances au Club Med. Vous avez besoin d'antibiotiques avant que les symptômes neurologiques ne se transforment en syndrome de Guillain Barré et que vous vous retrouviez en respirateur artificiel pour le reste de vos jours.

-J'aime votre vue optimiste du futur, dit Wilson en essayant de ne pas s'endormir.

-C'est pas comme si c'était de ma faute, fit House. L'ambulance arrive.

Les sirènes se firent en effet entendre et bientôt il y eut des coups à la porte et House se releva du sol et alla leur ouvrir.

-'Faut faire baisser sa température avant de le trimballer à l'autre bout de la ville, dit-il simplement aux urgentistes qui remplirent la salle.

Ce qu'ils s'appliquèrent à faire, bourdonnant autour de Wilson pendant quelques minutes, lui injectant des produits pour lui faire garder une température adéquate.

Enfin, ils l'embarquèrent dans l'ambulance ; juste avant de refermer les portes, l'un des urgentistes se retourna à la dernière minute vers House qui les regardait, appuyé contre l'encadrure de la porte.

-Vous ne montez pas, monsieur ?

House eut presque envie de laisser échapper le rire dédaigneux qui se pressait contre ses lèvres... Mais il le ravala. Il empoigna sa cane et monta dans l'ambulance.

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-...House, tu penses à laver ton frigo un jour ? Je t'assure que ce reste d'épinards vient de me lancer un regard bizarre...

-T'inquiète, il fait ça de temps en temps, dit calmement House en s'approchant derrière Wilson.

Il se plia en deux à ses côtés pour observer lui aussi les profondeurs de son frigo.

-Lui ? demanda-t-il en pointant du doigt des épinards en piteux état. C'est Georges. Il n'aime pas les inconnus, c'est pour ça.

Il se releva et attrapa une brioche qui trônait sur la table pour l'avaler consciencieusement.

-Tu... élèves tes restes de nourriture ? demanda Wilson d'un air dégoûté.

-Seulement ceux qui ont plus de deux semaines, dit House.

-Tu veux que je demande à ma femme de ménage de passer chez toi ?

-Non, je veux que tu m'emmènes à l'hosto ! C'est pour ça que t'es là, non ? Pourquoi tu fourres ton nez dans mon frigo ?

-Je cherchais un truc à boire en attendant que tu te prépares..

.-Eh bien je suis prêt, alors bouge toi ! fit House en sortant de son appartement.

Wilson laissa la porte du frigo se refermer et s'assura de son étanchéité, étrangement inquiet que Georges ne sois pris d'une envie de ramper hors de son habitacle et vienne étrangler House pendant son sommeil.

Il rejoignit le diagnosticien dehors, déverrouillant sa voiture et prenant place devant le volant.

-C'est à quelle heure ton rendez-vous avec Cuddy ? fit House en finissant de mâcher sa brioche.

-Dans une heure, répondit Wilson en mettant le contact.

-Raconte-lui ton histoire de crocodiles, ça va l'impressionner et elle va t'embaucher direct.

-Ha, ha, ha, fit distraitement Wilson.

Lui et Cuddy étaient déjà de bons amis, la réunion qu'ils avaient fixé n'était que pure convention : Wilson était assuré d'avoir ce post à Princeton-Plainsborough.

-Tu m'invites au resto à midi, pour fêter ton embauche ?

-Je t'invite au resto tous les jours, House, grommela Wilson.

-Mais tu n'as aucune raison valable de le faire. Profite de cette opportunité, pour une fois. Au fait, on t'a prévenu que le bureau que tu vas occupé est juste à côté du mien ?

-Malheureusement. Je parie que tu vas en profiter pour m'espionner quand tu t'ennuies ?

-Comment fais-tu pour lire si clairement dans mes pensées ? demanda House d'un ton faussement surpris.

Wilson roula des yeux.

-Je te déteste, grommela-t-il.

House éclata de rire.

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fin