Titre : Descente en enfer

Auteur : Lenne26

Bêta-lectrice : Lonely Seira

Pairing : Asami/Akihito

Genre : Drama/Angst

Rating : M

Disclaimer : J'ai eu beau supplier, Ayano Yamane n'a pas voulu me les laisser (peur de mon sadisme?) donc ils ne sont pas à moi et bien à elle!

Reviews anonymes : Merci aux reviews anonymes, pensez à laisser une adresse si vous voulez que je vous réponde!

Note de l'auteur : Euh, entre ma PS2 et le nouveau chapitre de ma bêta, un peu plus et j'oubliais qu'on était dimanche et donc le jour de la publication^^ Bonne lecture!


Chapitre 7

Cette fois-ci, Akihito était définitivement sien, et plus rien ne pourrait l'empêcher. Peu importait à quel point le jeune homme essaierait de se débattre, il ne le laisserait jamais partir.

Akihito était revenu vers lui, de son plein gré. Non, pas exactement. Il était revenu de lui-même, mais il avait dû lui forcer un peu la main. Aucune importance, bientôt le jeune homme arrêterait de le défier, il en était persuadé. Telles étaient les pensées d'Asami, assis dans le fauteuil de son appartement, un sourire au coin des lèvres. Akihito était toujours en train de dormir, Asami l'ayant puni de sa fugue pratiquement jusqu'à l'aube, le laissant exténué. Lui-même n'avait dormi que quelques heures, mais cela lui suffisait, et le contentement qu'il éprouvait à la vue de la réalisation de tous ses plans annihilait la moindre sensation de fatigue de son corps. Le yakuza s'alluma une cigarette, satisfait comme jamais de cette situation. Tout se passerait exactement comme prévu, il n'avait pas de quoi s'inquiéter.

Asami se décida enfin à aller au travail, légèrement agacé à l'idée de laisser Akihito seul à l'appartement, mais il ne pouvait pas laisser ses affaires personnelles perturber trop fréquemment son professionnalisme. Il rassembla ses affaires, mit son manteau, et juste avant de partir, il décida de faire un crochet par la chambre pour voir une dernière fois son amant. Ses yeux se posèrent sur son visage endormi, et une lueur de tendresse vint éclairer ce regard trop souvent inexpressif. Asami n'était pas le genre d'homme à montrer ses sentiments, les moments comme celui-ci où ils se montraient sur son visage étaient extrêmement rares, et jusqu'à aujourd'hui, personne n'avait eu le privilège d'y assister. Même pas Akihito.

Après s'être gorgé de cette sublime vision, Asami se décida enfin à se rendre à son bureau. Sorti de l'appartement, il demanda à ses gardes du corps de l'accompagner, ne jugeant pas utile d'en laisser un auprès d'Akihito. Il était vrai que cette négligence avait été, il n'y a pas très longtemps, à l'origine de sa fuite, mais il était aujourd'hui totalement persuadé qu'il ne fuirait pas. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait plus. Et bientôt, il ne voudrait plus.

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Une atmosphère lourde de sensualité emplissait tout l'espace de la chambre. Dans la pénombre d'une nuit tombante, seule se distinguait l'ombre de deux corps, enlacés. Les lèvres d'Asami parcouraient à leur guise la peau d'Akihito, dans une multitude de baisers qui ne pouvaient qu'engendrer des soupirs plaintifs de la part du jeune homme, même si celui-ci tentait vainement de les retenir. Les traces rouges laissées par le passage des lèvres profanatrices n'accentuaient que plus la marque de propriété sur ce corps. Oui, Asami le clamait, ce corps si délicieusement à sa merci était le sien, et ce jusqu'à ce qu'il décide du contraire. Ce qui n'était pas près d'arriver.

Au cours des jours suivant le retour d'Akihito à ses côtés, il avait pu constater avec délectation sa soumission de plus en plus forte. Bien sûr, au début, il avait continué à le refuser, lui offrant son corps, mais ne lui laissant jamais son cœur. Ce détail, qui avait considérablement agacé le yakuza, bien qu'il n'en eût rien laissé paraître, avait, pour son plus grand bonheur, finalement été résolu. Le jeune homme s'abandonnait totalement à lui dorénavant, obéissant au moindre de ses désirs. Asami repensait avec satisfaction à cette nouvelle situation : il en était pleinement satisfait, et ce serait absolument parfait le jour où son amant abandonnerait définitivement toute retenue. Et il ne doutait point que ce jour fût proche.

Ses doigts descendirent lentement le long de son dos, dans une caresse d'une douceur infinie, s'attardant sur le creux de ses reins, glissant encore plus bas… Akihito ne réagit pas au moment où l'un des doigts d'Asami vint effleurer avec audace son intimité. Ou était-il préférable de préciser que le yakuza ne vit pas cette lueur dans les yeux de son amant ? Un regard résigné, triste, bien différent de celui pétillant que l'on pouvait habituellement voir dans les yeux du jeune homme. Et cette lueur vivace, si caractéristique de toute la joie de vivre d'Akihito, déclinait un peu plus chaque jour, jusqu'au jour où elle s'éteindrait. Définitivement.

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La fin de la journée était toujours un moment qu'Asami affectionnait particulièrement : celui de la fin de son travail, et le début de ce temps si précieux qu'il passait avec son amant. Il marchait comme à son habitude d'un pas vif, se pressant pour revoir au plus vite son appartement. Et plus particulièrement la personne qui l'attendait à l'intérieur. Malgré ce désir oppressant, le yakuza avait une image à conserver : ainsi, personne ne connaissait cette facette de l'homme d'affaires, et le comportement d'Asami n'avait pas changé aux yeux de ses hommes. Il n'osait même pas imaginer quelle crédibilité il lui resterait si ses hommes apprenaient qu'il avait hâte de terminer son travail pour passer plus de temps avec un gamin. Il pourrait définitivement prendre sa retraite après un coup comme ça.

Sur le chemin, Asami repensa aux évènements des dernières semaines. Comme il l'avait prédit, un jour était venu où il avait pu constater la totale soumission de son amant, qui depuis un certain moment déjà, s'abandonnait complètement à lui, obéissant au moindre de ses désirs. Il appréciait particulièrement la situation, se disant qu'il n'aurait pas pu rêver mieux. Cependant, il ne parvenait pas à expliquer cette pointe dans son cœur… Cette pointe qu'il ressentait à chaque fois qu'il pensait à Akihito. Le yakuza secoua discrètement la tête, en signe de dénégation : il allait devoir rendre une petite visite à son médecin.

Le soleil déclinait progressivement, plongeant ainsi de plus en plus l'appartement dans la pénombre. Asami jeta un rapide coup d'œil autour de lui : Akihito n'était pas là. Cela n'avait rien de surprenant, le jeune homme passant le principal de son temps entre la chambre et le salon. En poussant la porte de la chambre, il constata ici également l'absence de son amant. Cette scène n'avait que trop une impression de déjà-vu, aussi vérifia-t-il les placards, songeant qu'Akihito était vraiment stupide s'il était parti une seconde fois. Les affaires bien à leur place rassurèrent le yakuza, qui décida de vérifier la dernière pièce. La salle de bains.

La pièce était elle aussi plongée dans la pénombre, mais Asami pouvait tout de même distinguer une silhouette, assise à même le sol. Le yakuza sourit brièvement : le jeune homme ne l'avait pas entendu entrer. Il s'avança lentement vers lui, quand quelque chose au sol attira son attention. Asami s'agenouilla, et passa un doigt sur le carrelage, rencontrant une matière liquide. Intrigué, il amena son doigt au niveau de ses yeux : celui-ci avait pris une teinte foncée. Une teinte rouge. Rouge sang. Au moment même où le yakuza fit cette sombre découverte, il se précipita au côté d'Akihito, et prit connaissance de l'origine de ce liquide carmin : une marque sombre au niveau de son poignet gauche. Akihito s'était tranché les veines, et au vu de la quantité de sang au sol, cela faisait déjà un petit moment…

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Dans cette pièce aux murs blancs, seul le bip régulier des appareils venait troubler le silence. Asami, assis sur une chaise, regardait Akihito, dans son lit d'hôpital, un masque l'aidant à respirer. Le yakuza avait cru voir la Terre s'arrêter de tourner, au moment où il avait retrouvé le corps de son amant, baignant dans son propre sang. Malgré la panique qu'il avait ressentie, il avait cherché son pouls, ayant peu d'espoir mais s'y raccrochant tout de même, ne voulant croire que l'irréparable s'était produit. Quel soulagement cela avait été d'entendre battre son cœur ! Faiblement certes, mais Akihito n'était pas mort. Du moins pas encore. Asami avait alors hurlé des ordres à ses hommes, s'assurant que son amant serait transporté dans les plus brefs délais vers l'hôpital le plus proche, et qu'il recevrait les meilleurs soins possibles.

Et depuis, Asami attendait. Le médecin l'avait informé qu'Akihito était dans le coma. Ils avaient réussi à le stabiliser, et ainsi à le sauver d'une mort certaine, mais il avait perdu beaucoup de sang. Heureusement, il avait tout de même été amené à temps, ce qui avait permis de le sauver. Maintenant, cela ne dépendait que de lui : il pouvait soit se réveiller d'un instant à l'autre, soit rester à tout jamais dans cet état. Cette attente était insupportable pour Asami, réveillant des sentiments qu'il ne pensait même pas pouvoir ressentir un jour. Tout, absolument tout, était de sa faute. Depuis le début, il n'avait fait que se voiler la face. Il soutenait être parfaitement heureux de la situation, satisfait d'avoir Akihito à ses côtés et de le voir obéir au moindre de ses désirs, de ses caprices. Aussi n'avait-il pas compris cette pointe douloureuse qu'il ressentait au niveau de son cœur. Il avait bêtement pensé qu'il devait avoir des problèmes cardiaques, et que le mieux était d'aller faire des examens chez son médecin. Quel imbécile ! C'était bien la première fois qu'Asami pensait ça de lui-même. Mais il ne pouvait que confirmer cette pensée. Il s'était vraiment comporté comme un abruti.

Le yakuza repensa soudainement aux paroles du médecin : c'était la volonté d'Akihito qui lui permettrait de se réveiller. Mais est-ce-que le jeune homme souhaitait réellement se réveiller ? Il avait fait une tentative de suicide, ce n'était pas réellement quelque chose qu'une personne heureuse de vivre faisait. Et pourtant, Akihito était ce genre de personne avant. C'était ce qui l'avait attiré chez lui, cette flamme dans ses yeux, qui le poussait dans les situations les plus dangereuses mais qui lui permettait de toujours s'en tirer. Oui, Akihito aimait vivre. Et maintenant, il ne pouvait que se sentir coupable d'avoir brisé le jeune homme de cette façon. En l'emprisonnant de la sorte, en bridant sa volonté farouche de liberté, il l'avait brisé. Et il était le seul responsable de son état actuel : Akihito était sur un lit d'hôpital, entre la vie et la mort, par sa faute.

Mais malgré tous ses regrets, il ne parvenait pas à se faire à l'idée de lui rendre sa liberté. Il s'était voilé la face pendant un long moment, pour ne pas faire face à ce qui lui faisait peur : le perdre. Il lui avait ainsi fait des choses impardonnables, foulé du pied sa fierté, et poussé le jeune homme à se méprendre sur ses intentions. Asami avait toujours porté un masque inexpressif en sa présence, ne voulant se dévoiler entièrement aux yeux de son amant, alors que celui-ci n'avait pas les mêmes craintes. Pourquoi avait-il ainsi peur de se dévoiler ? Il ne le savait pas. Peut-être son éducation. Après tout, il avait été toute sa vie formé dans le but de faire partie de la mafia japonaise. Ce n'est pas franchement un milieu où on apprend à se montrer au naturel, tel que l'on est réellement. De toute façon, c'était trop tard maintenant. A quoi bon lui montrer ses véritables sentiments ? Si Akihito savait ce qu'il ressentait, le yakuza n'aurait plus le même pouvoir sur lui, et celui-ci partirait, il en était sûr. Après ce qu'il lui avait fait, Asami ne voyait pas quelles raisons pousseraient Akihito à rester à ses côtés. Alors il préférait se protéger, cacher ses sentiments, et ainsi garder le jeune homme près de lui. Même s'il le blessait. Il ne le laisserait jamais partir. Akihito était à lui seul, et ce, jusqu'au jour de sa mort. Ou plus probablement le jour de sa mort à lui, la mafia n'étant pas propice à une longue vie.

Asami sortit de ses pensées en percevant un léger mouvement d'Akihito. Sa main s'était furtivement crispée, et le cœur du yakuza manqua un battement quand ses yeux se fixèrent sur son visage. Les sourcils froncés, Akihito était sur le point de se réveiller. Alors il avait choisi de vivre ? Asami ne pouvait qu'être content de son choix. Le jeune homme ouvrit légèrement les yeux, son regard embrumé fixant le plafond. Il resta ainsi un long moment, au court duquel Asami ne fit pas un geste, ne prononça pas un mot, se contentant d'observer sa réaction. Les yeux d'Akihito quittèrent le plafond blanc, pour découvrir son nouvel environnement. Lorsque son regard se posa sur le yakuza, son rythme cardiaque s'accéléra légèrement, ce qui aurait pu passer inaperçu si le jeune homme n'était pas dans un hôpital, et par ce fait, branché à une série d'appareils loin d'être silencieux. Les regards des deux hommes ne se quittaient pas, jusqu'au moment où Akihito tenta de parler. Voyant que le masque à oxygène le gênait, Asami se leva pour le lui retirer.

Une fois le masque enlevé, il essaya de parler. Ses débuts furent infructueux, mais il y parvint tout de même au bout d'un moment. Ses yeux dans ceux d'Asami, Akihito réussit enfin à dire ce qu'il avait sur le cœur. D'une voix hésitante et brisée par la fatigue :

« A… Asami… T… Tue-moi. »


Akihito, les yeux écarquillés et la mâchoire touchant presque le sol : Non mais je dois rêver là ! C'est quoi ce chapitre de merde ?!?

Asami, les sourcils légèrement froncés et le regard fixé sur ce chapitre maudit : Tu t'es surpassée dans ta connerie là, je ne crois pas qu'on puisse être plus OOC que ça…

Lenne, lançant un regard interrogateur à Asami, et occultant complètement la « gentillesse » du yakuza à son égard : OOC ? Tu trouves ? Moi je pense que vous réagiriez exactement de la même façon dans le manga si une telle situation venait à se produire…

Seira, marmonnant dans sa barbe : Et prétendre le contraire, c'est un peu de la mauvaise foi…

Asami, qui avait tout d'abord lancé un regard froid et dangereux sur Lenne, détourna son attention vers la pauvre bêta.

Lenne, regardant Seira avec un grand sourire : Bah tiens Seira, c'est toi qui joues la suicidaire, c'est marrant, ça change !

Seira, haussant les épaules : Il faut bien varier les plaisirs ! Et ça rallonge ton espérance de vie.

Akihito, légèrement vexé d'avoir été ainsi ignoré : Oh, la folle ! Tu crois vraiment que j'agirais comme ça dans une telle situation ? T'aurais agi comme ça toi ?

Akihito croisa alors ses bras sur sa poitrine, toisant l'auteur avec un air satisfait et un petit sourire moqueur, attendant de voir comment celle-ci sortira de ce bourbier.

Lenne, un sourire de sadique apparaissant sur son visage : Aucune chance ! Si je dois me suicider, j'emmène Asami avec moi ! Quelle extase ce doit être de pouvoir enfoncer un couteau dans sa chair, de voir le sang gicler, se répandre dans toute la pièce, et au milieu de cet épanchement carmin, me trancher les veines pour voir mon propre liquide de vie se mélanger dans une osmose parfaite…

Des petits cœurs apparaissent dans les yeux de Lenne alors qu'un sourire béat vient étirer ses lèvres.

Seira, souriant béatement, le regard perdu au loin : Imagine aussi que cette lame salvatrice s'enfonce profondément dans les poumons d'Asami, les remplissant peu à peu de sang jusqu'à ce qu'il remonte dans sa gorge, l'étouffant à petit feu, et produisant un magnifique gargouillement alors que la vie quitte définitivement son corps…

Akihito jette un regard franchement effrayé vers les deux jeunes femmes, en extase après leurs charmantes pensées, tandis qu'une légère pâleur vient s'insinuer sur le visage d'Asami. Après un bref regard, les deux bishos décident d'un commun accord qu'il est préférable de fuir pour leur survie.


Note de l'auteur : Tadam, j'ai une super nouvelle! Après plus de 73h de jeu, j'ai enfin fini Final Fantasy IX, ce matin, à 1h30! Je suis super contente et triste à la fois, allez comprendre... Quoi, tout le monde s'en fout? ... Tant pis, bon bah prochain chapitre dimanche prochain, comme d'hab! A la semaine prochaine!