Base : Harry Potter

Genre : literie, amitié, légère romance et ... zoophilie (pas grand chose, à peine quelques poils)

Pairing : un garçon et sa bébête favorite ? (vous vous en doutiez aussi)

Statut : série de ficlets sur le même thème.

Rating : heuuu, adult only ?

Disclaimer : non seulement je ne suis pour rien dans la création ou la propriété des personnages (que J. K. Rowling se garde son sorcier binoclard) mais en plus, je ne touche absolument aucun rond pour ce que vous allez lire. Si c'est pas malheureux, ça.

Un chien de ma chienne

Rémus avait retrouvé avec plaisir un volumineux bouquin à moitié déchiqueté et s'était replongé dedans dès son retour, monopolisant le plus confortable des fauteuils de la salle commune des Gryffondors. Mais personne n'essayait de l'en déloger. On ne déloge pas le préfet de son fauteuil. Surtout quand ce préfet-là est en pleine lecture.

À défaut de faire bouger le sorcier, ses charmants compères s'étaient installés dans le canapé voisin, guettant le moment où il s'endormirait sur sa lecture, comme celui lui arrivait parfois. Tous sauf Sirius qui s'était assis à ses pieds et attendait le moment propice pour faire pire.

Dès que tout les autres élèves eurent le dos tourné, il vint s'assoir sur les genoux de son ami avec un air terriblement attendrissant qui n'attendrit absolument pas le préfet.

- Descends tout de suite de là, fit Rémus entre ses dents.

- Attends que je me transforme.

Et sans lui laisser le temps de protester, Sirius commença l'étrange transmutation de l'homme en animal. Bloqué, piégé, Rémus ne pouvait pas le pousser ou protester snas attirer l'attention de tout le monde dans la pièce. Aussi se tût-il en fusillant le chien du regard.

- Dire que y'a que Patmol qui peut faire ce genre de chose, soupira James en se remémorant les temps heureux où il pouvait encore sauter sur les genoux de son mère pour qu'il lui raconte des histoires des sorciers héroïques.

- Hé moi aussi !

- Nan Queudver, un rat en train de se faire gratter la tête sur les genoux de Remus, c'est trop bizarre. Un cochon d'inde, j'aurais pas dit mais un rat, non.

- Le cochon d'inde est vachement plus con que le rat.

- Si tu le dis.

Ils étaient tous prêts à croire sur parole Peter qui était un expert en rongeurs (il avait longtemps hésité entre la fouine, le furet, le mulot et le rat lorsqu'il avait dû choisir une forme animale).

Et puis, ils replongèrent dans un silence contemplatif.

Une nouvelle année débutait dans la joie et la bonne humeur. Ils étaient tous revenus enchantés de leurs vacances de Noël, que, pour une fois, ils n'avaient pas passées ensemble. Enfin, pas toutes les vacances. Avec un brin de nostalgie, chacun pensait au foyer qu'il avait quitté et les parents qui les attendaient et pensaient à eux. On a beau être de grands garçons de seize ans, quand on passe le plus clair de son temps à des kilomètres de chez soi, on peut se permettre de regretter un peu la chaleur de la maison familiale.

Tous bien sûr, sauf Sirius qui, bien qu'il fût considéré comme un second fils chez les Potter, savait pertinemment qu'il ne pouvait pas retourner chez lui. Qu'il n'avait plus de foyer.

C'est peut-être pour ça que Rémus le laissait se pelotonner sur ses genoux ce soir de rentrée, et qu'il lui grattait la tête avec douceur. C'est peut-être aussi pour ça que Sirius n'avait aucune envie de l'asticoter ou de faire une bêtise mémorable ce soir-là. Ce soir, il sentait mélancolique et c'était la première fois depuis pas mal de temps ; malgré ses vacances formidables avec James, il se sentait vide, il se sentait plus seul que jamais. Il sentait cruellement en lui le manque d'une famille.

Ruminant ces pensées pas vraiment réjouissantes, il ne sentit pas tout de suite la main arrêter ses gratouillis affectueux, ce ne fut que lorsque le livre lui tomba sur le dos puis sur le sol qu'il réalisa que Rémus s'était finalement endormi, comme cela arrivait parfois. Le plus souvent après une plaine lune. Pas étonnant qu'il soit crevé, surtout si on était pas avec lui pendant la pleine lune du vingt-neuf janvier.

James récupéra le livre en étouffant une exclamation de surprise.

- Mais cette moisissure pèse son poids !

Patmol releva les babines dans un sourire carnassier. James avait toujours eu un rapport bien particulier aux livres ; moisissure, tas de poussière, piège à cafard, nid d'araignées étaient des petits noms courants pour ses manuels.

Il l'écrasa sur le crâne du dormeur en râlant.

- Va donc finir ta lecture dans le dortoir. Et dans ton lit pendant que tu y es, ce sera moins risqué pour ceux qui se trouvent dans la zone de chute des ce pavé-danger public.

- Gnbé ?

Finalement, il fallut que James relève le jeune sorcier, lui fourre son pavé entre les bras et le pousse vers l'escalier.

- Tiens, vlà ton chien d'aveugle.

Et fila presque un coup de pied au train du pauvre chien qui suivit le mouvement bien malgré lui.

Lançant un dernier regard inquisiteur vers James, ce dernier crut bon de se justifier.

- Je vais veiller encore un peu là.

- En attendant que Lily Evans montre le bout de son nez, persifla Peter en souriant.

- Calomnie ! Protesta James sur un ton qui ne trompait personne.

Arrivés dans le dortoir, Patmol poussa son camarade du bout du museau jusqu'à son lit.

- Ça va, ça va Sir', je peux encore trouver mon lit tout seul.

Il se posa lourdement dessus et posa son livre à ses côtés. Une pile de draps frais et propres attendait sagement les élèves de retour de leurs vacances.

- C'est dingue ce que c'est fatiguant en ce moment. Plus que les dernières fois. C'est toujours ça quand je ne suis pas avec vous lors de...

Il se tût, terminant sa phrase dans un soupir désespéré. Est-ce qu'il allait vraiment rester comme ça toute sa vie. Et si oui, est-ce qu'il le supporterait ? Il n'y aurait pas toujours un animagus derrière lui pour l'aider.

Devinant les soucis de son ami, pas si différents de ceux qui l'avaient traversé quelques instants plus tôt, Patmol grogna brusquement et bondit sur le lit avec une telle force que le livre retourna par terre avec les draps propres, et le couvre-lit fut à moitié emporté avec le tout.

- Pas d'animaux sur les lits !

Un nouveau grognement indigné lui indiqua que, stricto sensu, il n'était pas complètement animal.

- Pas d'animaux quand même.

L'intonation amusée de l'ami perçait sous celle, plus sévère, du préfet et, tout au fond de lui même, le loup-garou déprimé débordait de gratitude pour son ami. Parce qu'il savait quand lui changer les idées.

Et puis le chien se re-transforma sur le couvre lit en pilou du préfet modèle.

- Pas d'... intrus sur les lits.

- Raté, Rem', trouve autre chose !

Autre chose, autre chose, c'est facile à dire, moins facile à faire. Quoique... sur un lit... l'oreiller débarrassé de sa taie attiré sur le coin de la joue de Sirius.

- T'es un méchant chien.

- Je suis pas un chien.

- Mais t'as quand même meilleur en chien qu'en humain.

Faussement vexé, Sirius fit mine de bouder une seconde avant de se re-transformer en chien en lançant un « Fallait le dire » plein de moquerie.

Remus lança un coup d'œil à la fois appréciateur et navré à son ami.

Ce dernier bondit à nouveau sur le lit, et cette fois, s'en prit à Rémus le plaqua sur le lit et lui lappa le visage à grands coups de langue.

- Arrêêêête !

Finalement repoussé, Sirius se tint sage quelques secondes durant avant de revenir se frotter contre son ami.

Rémus rougit étrangement, puis passa un bras tendre autour de l'échine de l'animal, et fourra son visage dans le pelage noir.

- C'est pas spécialement pour ça que je te disais que t'es meilleur en chien.

Un coup de langue baladeur vint lui signifier que, quand même, Patmol était très content de pouvoir faire pas mal de choses qui étaient complètement interdites à Sirius.

- Je te disais ça parce que derrière le bon chien, il y a un sale gamin diabolique.

Un petit gémissement plaintif protesta faiblement. « Ah bon ? Non, je ne vois pas qui. »

- Aller, redeviens toi-même, je vais pas passer ma soirée à parler à un chien.

Un grognement amusé qui semblait dire « et pourquoi pas ? » lui répondit.

- Parce que, fit Rémus qui comprenait bien le chien, vu qu'il le pratiquait souvent, parce que si je passe la nuit à câliner un chien, ce sera la dernière fois que ce chien là aura cette chance.

Sous son bras, Sirius reprit forme plus vite qu'il ne l'avait jamais fait.

- Hey ! C'est complètement injuste !

Rémus se recula, choqué.

- Sirius... heu...

- Quoi ? Tu trouves pas ça injuste pour le pauvre Patmol ?

- Sirius, t'es tout nu.

Prenant conscience de son état, Sirius baissa les yeux pour constater que, oui, il était nu. Il se fit remarquer au passage qu'il était plutôt pas mal foutu, ce qui lui arracha un beau sourire.

Rémus le regardait avec une espèce de suspicion teintée de méfiance.

- Mais où sont tes vêtements ? Tout à l'heure tu les avais...

- J'ai dû les oublier là-bas, j'étais pressé de rdevenir moi-même tu sais.

- Là-bas ?

Maintenant, Rémus regardait vraiment son ami comme s'il avait un nid d'araignée au plafond.

- Ben ouais, quand on est en animal, on n'a pas nos vêtements, pourtant ils restent avec nous et on les retrouve quand on se transforme. Ils sont avec nous mais hors de ce monde en même temps. Et là, ben je les ai laissés là-bas.

- Attend... la première transformation, quand James a perdu une oreille...

- Ouais, elle est restée là-bas.

Partagé entre le ridicule de la situation (c'était bouffonesque, cette histoire de monde là et pas là en même temps) et le dégoût le plus profond, Rémus hocha la tête.

- Donc là... tu pourras les récupérer.

- Peut-être, j'ai jamais essayé... Mais je n'ai pas trop envie d'essayer.

- Oui, reconnut le jeune sorcier, ça pourrait être dangereux.

- Y'a de ça et puis... le jeune sorcier sourit de toutes ses dents, et Remus aurait bien pu jurer qu'il en avait au moins quatre-vingt quatre de trop ! Et puis, n'est-ce pas plus amusant de se retrouver nu en plein dortoir, en plein sur ton lit ? Alors que nos chers collègues peuvent surgir à tout instant ?

- Amusant n'est pas le mot que j'emploierais.

- Excitant ?

- Navrant, serait plus juste.

- Rém... mon grand... la vie est courte, non seulement faut en profiter, mais en plus, c'est bien mieux d'en profiter à deux.

Justement, tiens, puisqu'on y était. Rémus attrapa le bras de son ami et le tira vers lui, s'installant plus confortablement face à lui. Sirius fronça les sourcils une courte seconde. Il avaot appréhendé ce moment. Mais Rémus... c'est Rémus, on ne peut pas tenir dans le statu quo avec lui.

Aller ! Courage, se dit-il, et puis au pire, t'auras toujours les vacances chez James. Tu perds pas tout mon pote.

- Sirius... ?

- Ouais quoi ?

Rémus leva les yeux au ciel. Il le faisait exprès, mais c'était parce qu'ils étaient aussi incertains l'un que l'autre de ce qui pouvait advenir. C'est pas demain la veille que je lui dirais à quel point j'ai besoin de lui ! Bien fait pour lui !

- Tu n'as pas une toute petite idée de ce dont j'aimerais bien qu'on parle ?

- Le devoir de métamorphose à rendre après-demain ?

Remus fila une claque bien méritée à son ami.

- Fais un effort.

- Ça va... Hem... si ça t'embête toutes ces taquineries, je te promets de ne rien recommencer de stupide. Pour l'instant.

- Sirius, ce n'est pas ça.

- Quoi alors ?

- Enfin si, c'est ça. Mais ça ne me dérange pas. C'est juste que...

- Ouais.

- Tu as déjà... tu es déjà sorti avec un garçon ?

Sirius laissa passer une poignée de seconde pour habituer son cerveau à l'idée que le petit et timide Rémus Lupin venait de poser une telle question. Tout fout le camp les amis de nos jours.

- Lunard mon cœur, je crois que vous seriez au courant si c'était le cas.

- Moi non plus.

- Ça on sait.

- Arrête ! Comment on fait avec un garçon ?

- Ah... donc c'était ça.

Un regard noir le força à taire ses commentaires débiles.

Toi, si tu croyais que je fais des trucs digne des pires pervers à un chien dont je ne suis pas amoureux... enfin, un gars... un animagus quoi, bref, tu te fourres le doigt dans l'œil.

- Comment on a fait jusqu'à maintenant ?

Rémus fusilla du regard Sirius qui avançait déjà une main baladeuse et suspecte vers le col de sa chemise.

- Jusqu'à maintenant on se jetait dessus n'importe quand et sous n'importe quelle forme.

- Et alors ? On change pas une équipe qui gagne !

Lorsque Peter et James entrèrent dans la chambre, ils trouvèrent un gros chien fou et un garçon à moitié nu en train de se taper dessus à grands coups d'oreiller, de chaussures et de pattes velues.

Sans chercher à comprendre, l'un comme l'autre regagna son lit en soupirant. Il y a des choses, comme ça, il ne faut pas se poser de questions.

FIN

(pour de bon cette fois, merci à tous nos lecteurs et reviewer, on espère que ça vous a plu !)