On se retrouve pour le chapitre de la semaine - merci d'ailleurs pour les reviews sur le précédent :) J'ai beaucoup aimé écrire celui-ci aussi. En fin de compte, j'adore écrire quand Drago et Hermione sont seuls ensemble ... J'espère qu'il vous plaira ! La suite promet d'être intéressante. Bisous !
Astoria.
Astoria.
Astoria.
Hermione se répétait ce prénom sans cesse depuis que Drago l'avait laissé s'échapper de sa bouche. Ce prénom lui évoquait un lointain souvenir mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Elle était certaine de l'avoir déjà entendu quelque part mais n'arrivait à l'associer à rien. À peine avait-il prononcé sa phrase qu'il avait papillonné des yeux, comme revenant à la réalité. Son visage avait changé du tout au tout, il avait refermé l'album d'un geste rapide et était parti retrouver son fils qui peinait à dresser la table sans casser une assiette ou deux au passage. Hermione était elle restée vissée sur sa chaise sans rien dire. Alors lui, il était plein de surprises. Il lâche une bombe, comme ça, et elle elle est sensée le suivre et faire comme si de rien n'était ? C'était mal la connaître.
Sa théorie comme quoi il fallait amadouer Malefoy et le mettre en confiance pour qu'il parle s'avérait être relativement efficace. Alors qu'ils venaient d'enterrer la hache de guerre, qu'ils parlaient et riaient ensemble comme deux vieux amis d'école, il avait du se sentir en confiance et avait balancé sa phrase sans réfléchir. Mais son attitude, son visage crispé, le ton de sa voix. Tout laissait croire que cette phrase n'était pas anodine et représentait beaucoup plus que ça pour lui. Elle s'imaginait encore plus de choses maintenant. Et si la fameuse Astoria avait elle aussi quitté son mariage précipitamment ? Et si elle avait demandé le divorce deux semaines après ? Et si elle l'avait quitté sans autre forme de procès alors qu'il était dingue d'elle ? Et si, et si, et si. Ça faisait beaucoup de questions sans réponses mais elle ne se sentait pas capable à cet instant d'insister sur le sujet, tant il avait eu l'air de mettre Drago dans un état étrange.
Georgia, Drago, Scorpius et Hermione s'étaient attablés tous les quatre, profitant de cette soirée vide à l'auberge. Le lieu était souvent rempli de sorciers qui voulaient dîner dans un endroit calme, ou ne serait-ce que boire une bièraubeurre. Ce n'était pas le cas ce soir, l'auberge était déserte. Hermione était assise en face de Georgia, à côté de Scorpius, en diagonale de Drago. Ce dernier étant donc face à son fils et il avait donc tout à loisir de surveiller ses faits et gestes. Chaque action du petit garçon était analysée et contrôlée par le paternel, pour ne pas que ça dérape. Mais Scorpius était si bien élevé que le repas se déroulait sans encombre.
Si un jour, on avait dit à Hermione qu'elle vivrait un tel moment pour son anniversaire, elle aurait ri au nez de la personne et aurait refusé d'y croire. Un dîner dans une ambiance chaleureuse et drôle, avec une aubergiste qui avait deux fois son âge, un Malefoy de cinq ans et un autre Malefoy de vingt ans de plus avec qui elle commençait à tisser des liens, si ce n'était de l'amitié cela s'en rapprochait.
« Je propose qu'on trinque à Hermione ! » proposa Georgia en levant son verre. « À tes vingt-six ans ma jolie ! »
Elle trinqua avec la jeune femme qui sentait le rouge de la gêne lui monter aux joues. Elle trinqua aussi avec Scorpius qui lui souhaita son anniversaire, et en dernier avec Drago, qui venait de planter son regard métallique dans celui chocolat de sa presque voisine. Le regard qu'il lui assenait lui provoqua un léger frisson déstabilisant. Elle avait déjà remarqué, bien entendu, qu'il avait des yeux d'une couleur particulièrement particulière. Ce bleu froid qui tendait à se transformer en un gris acier selon la météo, la lumière, son humeur ou la position des planètes. Mais ses yeux n'avaient pas que leur couleur qui pouvait déstabiliser. Il avait aussi cette intensité, cette force, cette virilité dans le regard, qui pouvait faire flancher la moindre personne. Elle pouvait réellement comprendre maintenant la facilité avec laquelle les filles tombaient amoureuses de lui à l'époque.
« Joyeux anniversaire Granger. »
« Merci … » répondit-elle avait des trémolos dans la voix avant de se reprendre. Par la barbe de Merlin, elle nous faisait quoi là ?
Alors que Georgia s'était emparée de sa baguette pour débarrasser la table, Scorpius avait filé droit dans le salon pour aller jouer avec le chat. Hermione crut même entendre un miaulement d'exaspération de la part du félin qui commençait à en avoir plein le dos de se faire tirer les poils des moustaches par un enfant.
« Georgia, je vous le demande rarement je sais mais … vous pouvez me garder Scorpius cette nuit ? »
« Bien sûr Monsieur, vous savez qu'il adore dormir ici. C'est avec plaisir ! »
« Je vous remercie. Je le récupèrerai demain matin sans faute. »
« Prenez votre temps Monsieur, il est entre de bonnes mains ! »
« Tu découches Malefoy ? » intervint Hermione qui s'emparait d'une tasse de thé. « Ah oui ! Ça doit être les mannequins scandinaves de la maison close, elles t'attendent ? »
« C'est hilarant ça Granger ! » grimaça-t-il.
« Alors non, peut-être des prostituées russes ? Les joueuses de Quidditch des Harpies de Holyhead ? Non je sais, des vélanes françaises ! »
« Tu me prends vraiment pour le dernier des salauds c'est ça ? »
« Je continue seulement sur ta lancée. Quelle idée de me parler de maison close aussi, ça va me rester en tête toute ma vie ! »
« Ravi de savoir que tu comptes me chambrer avec ça jusqu'à ta mort. J'aurais du me taire ce jour-là ! »
« Comme pas mal d'autres fois d'ailleurs … » clôtura-t-elle d'un clin d'oeil. Enfin, c'était sans compter sur Malefoy et son incapacité à laisser quelqu'un d'autre que lui avoir le dernier mot.
« Je peux savoir ce que tu sous-entends ? »
« Que parfois tu parles beaucoup trop vite ! »
« Comme à quel moment par exemple ? Vas-y Granger, je t'écoute ! »
« Fais marcher ta cervelle, Drago Malefoy ! T'es intelligent, ça devrait pas te prendre plus d'une minute. »
Il fronça légèrement les sourcils, se passant la main dans les cheveux en soufflant. Elle l'agaçait plus que de raison. Il souffla de lui-même sur les quelques mèches blondes qui lui tombaient devant les yeux, abandonnant sa réflexion d'un geste de la main.
« Tu sais quoi Granger, on abandonne et je t'embarque. »
Hermione hoqueta de surprise. Hein ? L'embarquer où ? Il était vingt et une heure et elle travaillait demain !
« Pardon ? »
« T'enfiles une veste, une paire de chaussures dignes de ce nom à la place de tes pantoufles immondes et je t'embarque. »
Elle baissa les yeux sur ses pantoufles roses et dodelina de la tête. Bon, il n'avait pas tort pour le coup. Mais c'était hors de question qu'elle le suive ! Demain elle travaillait et puis le connaissant, il l'embarquait peut-être pour l'égorger dans une ruelle sombre et donner son corps en pâture aux dragons.
« On va abandonner l'idée Malefoy hein, t'es d'accord ? »
Sauf qu'un Malefoy n'abandonne jamais.
« Qu'est ce qu'il y a Granger ? T'as peur ? »
« De toi ? Tu serais trop fier que je dise oui, alors non. »
« Donc tu as peur de moi ! » assura le blond, affichant son plus bel air fier et victorieux.
« Non ! »
« Bon, on va tourner l'affaire autrement. Tu vas te préparer avant que j'use de la magie ou de la force pour te faire capituler ! »
« Ça va pas non ! » s'agaça Hermione, rouge de colère. « Dis-moi où tu veux m'emmener. »
« Non. »
« Drago Malefoy. Dis-moi ! »
« Non. »
« Pour l'amour du ciel, dis-moi ! »
« Toujours pas. »
« MALEFOY ! »
« Quoi ?! Je sais. Tu ne me fais absolument pas confiance, tu travailles demain et tu veux surement passer ta soirée à boire de la verveine et à lire tes habituels bouquins plus gros que toi, plus vieux que Dumbledore, McGonagall et Flitwick réunis et plus poussiéreux que les cachots de Poudlard. Mais justement. Il paraît que ta vie t'ennuie, c'est pas ça qu'on disait il y a quelques jours ? Alors je te propose de te sortir de ta routine. Tu marches ? »
Il lui tendit sa main. Deux options s'offraient à elle :
Petit un : ne pas l'écouter, ne pas le suivre, et effectivement passer sa soirée avec le nez dans un livre poussiéreux, à faire son éternelle Miss-je-sais-tout, dans la monotonie, la solitude, la tristesse et la dépression.
Petit deux : l'écouter, le suivre, lui faire confiance et se divertir le temps d'une soirée, pour oublier la nausée qui la prenait à la seule pensée de retourner au Ministère, de revoir Ron, Harry et ses autres collègues inintéressants.
Après tout, pourquoi pas ? Sa vie actuellement n'était faite que de rebondissements, de changements et de surprises. Et puis, que pouvait-il lui faire ? Il avait beaucoup trop de préoccupations, ou du moins une grosse répondant au prénom de Scorpius, pour lui faire du mal et s'engouffrer dans une mauvaise brèche.
Elle l'avait laissé une demi minute sur le carreau, le temps de monter enfiler une paire de bottes ainsi qu'une veste pour ne pas avoir froid. L'automne arrivant, les soirées se faisaient plus fraiches. En redescendant, elle ne put s'empêcher de rire en le voyant toujours debout, droit comme un 'i', fier comme Artaban, sa main droite toujours tendue dans le vide.
« Je vais peut-être le regretter mais … »
Au lieu de terminer sa phrase, elle prit sa main et sentit son corps tourbillonner.
Il venait de la faire transplaner avec lui.
MANOIR DES MALEFOY.
« Tout ça pour ça ?! » s'agaça Hermione. « Tu m'as fait tout un flan pour que je te suive et au final m'emmener chez toi ? Tu manques cruellement d'imagination Malefoy ! »
« Bon sang mais tu vas te taire à la fin ? » redoubla-t-il en se massant les tempes.
« Je te donne mal à la tête ? Il fallait pas m'emmener dans ce cas là ! » bouda la brune, mains posées sur les hanches.
« Silencio ! » lança le blond pour faire taire Hermione, qui écarquillait ses yeux, muette. « C'est beaucoup mieux comme ça. Tu m'écoutes maintenant ? […] Arrêtes d'essayer de parler ça ne marchera pas ! Par Merlin, mais t'es pas si maligne que t'en donnes l'air ! […] Granger, un sortilège de mutisme c'est fait pour te rendre muette ! […] Voilà, souffle autant que tu veux, je te rendrai la parole quand tu m'auras écouté. »
Elle hocha la tête, agacée et surtout pressée qu'il en finisse pour pouvoir retrouver la parole et lui hurler toutes les insultes qui lui passaient par la tête à cet instant précis. Quel malotru celui-là.
« Tu sais toujours voler sur un balai ? »
Elle hocha de nouveau la tête.
« Correctement ? Ou je vais devoir me traîner un boulet ? […] Granger arrête, tu peux pas parler ! »
Elle gonfla ses joues un moment avant de soupirer, encore, et d'hocher la tête, encore.
« Bien. Suis moi. »
À ses côtés, elle avança dans la grande allée bordée de haies qui menaient jusqu'à l'entrée du Manoir. En chemin, elle croisa les paons albinos qui peuplaient le jardin, les fameux paons que Scorpius adorait. S'il les maltraitait autant qu'il maltraitait le chat de Georgia, elle donnait pas cher de la santé mentale de ces pauvres animaux. Elle entra après lui dans le Manoir et se fit remarquer que c'était la première fois qu'elle y remettait les pieds depuis la guerre. Parce que la dernière fois qu'elle était venue, il ne l'avait pas laissée passer le perron. Elle fut surprise de constater que l'ambiance qui régnait dans le Manoir était nettement différente de celle qui y régnait quand Lucius et Narcissa y vivaient et en faisaient le QG des mangemorts. Du fait qu'il fasse presque nuit dehors, l'endroit était éclairé par des milliers de bougies flottants dans les airs, comme le plafond de la Grande Salle de Poudlard. C'était un endroit où il faisait bon vivre visiblement. C'était propre, rangé et quelques elfes de maison se baladaient, enfin, travaillaient, silencieusement sans leur porter la moindre attention. Drago avait de la chance qu'elle soit muette, sinon elle aurait pesté haut et fort contre la condition de ces pauvres créatures réduites à l'esclavage. De toute façon, il en aurait probablement rien à faire.
Au fur et à mesure qu'elle le suivait, elle sentait son coeur se compresser dans sa poitrine et son estomac se nouer. Elle venait de passer dans le salon, cet horrible endroit où Bellatrix lui avait fait vivre un enfer. Machinalement, elle porta sa main à son bras qui avait été mutilé. Drago lui lança un regard à ce moment là mais ne prononça aucun mot. C'était beaucoup mieux comme ça.
Ils descendirent quelques marches pour arriver dans une pièce souterraine qu'Hermione reconnut comme étant la prison dans laquelle ses amis avaient été enfermés quelques années plus tôt. Elle essayait de calmer sa respiration saccadée. Ce moment était d'une angoisse à vivre … Bon anniversaire, Hermione ! Qu'est ce qu'il t'a pris de le suivre …
« Respire, Granger. Tu peux pas parler mais au moins respire, tu vas me claquer entre les doigts sinon. Et ça serait dommage de mourir avant d'avoir vécu ce que je te réserve. […] Je peux te rendre la parole ? […] Range moi cet air agacé et énervé ! Si je te rends la parole c'est pas pour que tu m'accables d'insultes, pigé ? […] Oui je sais, t'en crèves d'envie mais on a pas de temps à perdre, dans trois heures c'est plus ton anniversaire. »
Il se résigna à lui rendre la parole d'un coup de baguette. Hermione prit une grande inspiration, et Drago ferma automatiquement très fort les yeux, prêt à recevoir une flopée d'insultes. Insultes qu'il aurait bien méritées, oui. Mais non, elle resta silencieuse. Si silencieuse qu'il crut que son sort pour lui rendre la parole n'avait pas fonctionné. Il ouvrit un oeil, puis deux, et vit qu'elle tournait sur elle-même pour inspecter la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Ils étaient effectivement descendus dans l'ancienne pièce qui servait de prison, quand le Manoir Malefoy était encore un repère à mangemorts. Cependant, quand Drago avait repris les rennes de la demeure, il n'avait aucune envie de garder une telle pièce chez lui. Il l'avait donc réhabilitée de façon à ce qu'elle abrite autre chose que des chaînes et des prisonniers. En fan absolu de vol sur balai et de Quidditch, il stockait ici tous ses balais, et il en avait un bon paquet. Des balais dernier cri à des pièces de collection comme les premiers Brossdur ou les premiers Nimbus. Il y avait également un balai beaucoup plus petit que les autres mais aussi bien entretenu que les grands. Hermione en déduit que c'était un balai pour enfant, que Scorpius devait utiliser sous l'oeil avisé de son père. À cinq ans, il ne pouvait pas voler seul. Il y avait aussi des nombreux accessoires, des produits d'entretien pour ses balais. Elle était relativement étonnée parce que même Harry, qui était imbattable et incollable sur le sujet, ne possédait pas autant de balais.
« Belle collection … » dit-elle pour briser le silence.
« Merci. Mais on va éviter de rester une heure, parce que sinon je vais commencer à parler Quidditch et, premièrement je vais te gonfler, et deuxièmement on risquerait d'y passer la nuit. »
Il regardait tous ses balais en se grattant la barbe, réfléchissant intensément à quel balai il allait choisir pour lui mais aussi pour elle. Il fallait un balai qui puisse aller vite, mais qui soit facile à manier pour Hermione qui n'avait peut-être pas autant l'habitude que lui de voler sur un balai. Soudain, le regard du blond s'illumina et il leva l'index en signe de cette illumination. Bien sûr. Il avança vers ses balais et en prit un qui était un peu plus grands que les autres. Il avait des cales pieds et Hermione se demandait si on ne pouvait pas tenir à deux là-dessus … Non. Non. Non, non, non !
« Prête ? »
« Tu n'as qu'un balai, et jusqu'à preuve du contraire, on est deux. » feinta-t-elle.
« Bien vu l'aveugle. T'es plus ça près au niveau de la confiance non ? »
« T'es en train de me dire que je vais monter avec toi ? »
Il libéra ses mains pour pouvoir l'applaudir.
« Vingt points pour Gryffondor grâce à Hermione Granger et sa perspicacité ! »
Il rit et remonta les escaliers en direction du salon du Manoir. Hermione, exaspérée d'être prise pour une idiote, le suivit d'un pas assuré, les poings serrés.
« Toi et ton sarcasme, vous commencez sérieusement à me gonfler ! »
« Détends-toi Granger, détends toi. C'est ton anniversaire non ? Alors laisse toi faire. »
« Par toi ? Hors de question. »
« Je suis pas en train de te demander de me donner ton corps, juste de me faire confiance pour un vol sur un balai. »
« C'est pire ! Qui me dit qu'une fois à des centaines de mètres au dessus du sol tu vas pas me faire tomber de ton balai ?! »
« La bienséance peut-être ? J'ai pas envie de finir à Azkaban pour avoir tué une employée du Ministère. Merci mais non. Je suis père de famille. »
Une fois en dehors du Manoir, Drago observait le ciel, comme s'il scrutait d'avance son trajet.
« T'es en train de trouver la meilleure trajectoire pour m'abandonner ? »
« Tu vas te taire oui ? » menaça-t-il en sortant sa baguette.
Efficace, puisqu'elle se tut en se pinçant les lèvres, ne voulant absolument pas redevenir muette. Elle choisit de se radoucir.
« Malefoy, je suis pas vraiment rassurée de devoir monter derrière toi, je te jure ! »
« Et ça peut se comprendre, mais j'ai aucun intérêt à vouloir te tuer tu vois. Scorpius t'aime bien, et tu me rapportes de l'argent en dormant dans un endroit qui m'appartient. »
« T'es un homme vénal … »
« Non. Un homme riche et pas prêt à laisser filer sa fortune. C'est différent. »
« M'ouais, pas tellement. Mais on se détourne du sujet ! »
« Ecoutes Granger, on a convenu tous les deux que ta vie c'était un peu de la merde en ce moment, encore plus depuis que t'as croisé ma route je veux bien te croire. Mais par Merlin, monte derrière moi tu le regretteras pas ! »
Hermione crut lire dans le regard bleuté de Drago une once de supplication. Et aussi d'agacement. Mais ça c'était de sa faute. Elle soupira en faisant la moue.
« Bon, t'as gagné. »
Victorieux, il enfourcha son balai, attendant qu'elle prenne place derrière lui. Il attendait aussi un geste qui ne venait pas.
« Tu veux pas te tenir à moi Granger ? »
« Plutôt crever. »
« Bien. Tu l'auras voulu. »
Il donna un coup de pied au sol pour se lancer et faire décoller le balai. La réaction d'Hermione fut immédiate. La pression donnée par le décollage la força automatiquement à s'accrocher à lui pour ne pas tomber en arrière. Et à crier aussi. Un cri très aigu qui décrocha un rictus moqueur à l'ancien Serpentard devant elle. Elle aurait du l'écouter parce que là, de la peur, son coeur frôlait la tachycardie. Elle avait donc passé ses bras autour de sa taille, joignant ses mains entre elles au niveau du ventre de Drago et appuyant sa tête contre son dos. Il sentait une douce odeur de parfum, un savant mélange doux et sucré … Mais là n'était pas le sujet.
Drago avait pris suffisamment de hauteur pour qu'ils puissent avoir une vue sur les toits avoisinants. Ils s'étaient bien éloignés du Manoir maintenant, ils survolaient tantôt les toits des maisons des alentours, tantôt des champs, des collines ou des étendues d'eau. Hermione avait plutôt du mal à se détendre, elle était crispée sur ce balai. A la base, elle n'était déjà pas très fan du vol. Elle le faisait vraiment quand elle avait pas le choix mais se portait beaucoup mieux les deux pieds sur la terre ferme. Et là, elle n'avait pas le contrôle de la situation. Et Dieu seul sait comme ça pouvait l'agacer de ne pas être maître de ses agissements. Elle devait faire aveuglément confiance à cet homme, qui s'avérait être son pire ennemi jusqu'à il y a quelques jours en arrière. Alors certes, Drago était lui très à l'aise sur un balai et s'avérait être un as dans le maniement de cet engin, mais c'était difficile pour elle se de détendre. Elle essayait de respirer calmement, de se servir de l'odeur de parfum qu'il dégageait pour s'apaiser. La vitesse faisait voler au vent ses cheveux, ses boucles brunes s'affolant dans tous les sens. Le vent fouettait son visage, si fort que par moment elle en était obligée de fermer les yeux. Elle sentait son coeur se délier dans sa poitrine. Comme si finalement, cet air frais qui revigorait sa peau emplissait ses poumons d'un air nouveau. Quand elle croisa furtivement le regard de Drago qui avait rapidement tourné la tête pour s'assurer qu'il n'avait pas perdu sa passagère en cours de route, elle lui sourit pour lui montrer qu'elle allait bien. Elle réussissait petit à petit à s'apaiser et à profiter du moment.
Les paysages qui s'offraient à leurs yeux étaient à couper le souffle. La lune brillait de mille feux et se reflétait dans les lacs. Les feuilles des arbres bruissaient sous leur passage quand Drago s'amusait à perdre un peu de l'altitude. Les oiseaux leur cédaient le passage. Les lumières des maisons encore réveillées ressemblaient à des petits diamants dans la nuit. Hermione souriait bêtement. C'était le meilleur cadeau d'anniversaire qu'il pouvait lui offrir. Le vent, le frais, les paysages, son parfum, la douceur de son pull sous sa joue. Elle était bien. Elle était portée par les lumières, par le corps de Drago contre le sien qui bougeait plus ou moins lentement au rythme de sa conduite, par les petits bruits environnants. Vivant un moment hors du temps qu'elle n'aurait jamais, ô grand jamais, su, ou pu, s'accorder il y a quelques semaines en arrière.
Elle avait fermé les yeux depuis une bonne minute déjà. Enfin, suffisamment longtemps pour émettre un petit cri de stupeur et de surprise en sentant Drago piquer droit vers le sol, signe qu'il allait s'arrêter.
Déjà ?
« Terminus ! Tout le monde descend ! »
Elle descendit du balai la première, suivie dans l'instant par Drago qui se passa la main dans les cheveux pour remettre de l'ordre dans sa crinière blonde qui avait fait la java durant le vol. Hermione fit de même, secouant sa tignasse caramel pour éviter de ressembler à une lionne à peine sortie du lit.
Elle tourna la tête pour voir où ils étaient. Drago les avait fait atterrir sur la berge d'un petit lac, assez petit pour qu'à l'oeil nu elle puisse voir la berge d'en face. Derrière eux se dressait une maison de plein pied, toute en bois avec un toit de tuiles couleur rouge brique. De la terrasse de la maison partait un pont de bois également qui s'avançait jusqu'à un quart du lac. La lune se reflétait dans l'eau, plongeant l'endroit dans une atmosphère grise bleutée, comme les yeux de Drago. Le lac était bordé par d'immenses arbres qui penchaient un peu vers l'intérieur, comme emprisonnant le lieu, créant une bulle privilégiée. Hermione était subjuguée par la beauté des lieux. Il y régnait un silence apaisant, les seuls bruits se faisant entendre étant le léger bruissement des feuilles et les ululements des hiboux.
« Pas mal hein ? » commenta Drago face à l'air fasciné d'Hermione.
« Plus que pas mal ! Cet endroit est magnifique. »
« C'est mon refuge. » répondit-il tout en s'avançant vers la maison, rangeant son balai contre le mur de bois.
« On est où exactement ? »
« Dans les Midlands de l'est, pas loin de Northampton. »
« Merci pour la précision géographique Malefoy. Mais je parlais plutôt de ça. », elle désigna la maison du pouce.
« Ah ça ! C'est une des maisons de mes grands-parents maternels, Cygnus et Druella Black. Ils habitaient à Northampton et ils avaient fait bâtir la maison du lac à la naissance de ma tante Bellatrix. C'était comme une maison de vacances où ils venaient l'été surtout, qu'ils ont fait agrandir quand est née ma tante Andromeda et agrandir encore pour qu'elle soit finalisée comme ça quand est née ma mère. J'y venais avec mes parents quand j'étais petit et j'ai toujours adoré cet endroit. Quand mes grands-parents sont morts, la maison est revenue à Bellatrix et par chance, elle l'a jamais faite brûler dans un coup de folie. À sa mort elle est revenue à ma mère, vu qu'Andromeda avait été déshéritée pour s'être mariée à un idiot de moldu, désolé ma grande. Et ma mère n'y allant pas, c'est moi qui en profite. »
Bien tentée de l'engueuler après avoir traité un moldu d'idiot, elle s'était finalement ravisée. Drago avait l'air de tenir à cette maison, comme si elle représentait une partie de son enfance qu'il ne voulait pas laisser s'échapper. Comme si cette maison était la seule chose qui le rattachait à une vie normale. Comme s'il lisait dans ses pensées, il continua.
« Quand je viens ici, j'ai l'impression d'être un enfant encore. Sans soucis, sans préoccupations. Les derniers souvenirs que j'ai ici, c'est des moments de partage avec mes parents avant qu'ils s'allient à nouveau à Voldemort. Quand je viens, j'ai l'impression d'avoir dix ans. »
« T'y viens avec Scorpius ? »
Il secoua négativement la tête.
« Je suis jamais venu avec lui ici. À l'intérieur il y a des photos de famille et j'ai absolument aucune envie qu'il soit associé à cette cinglée de Bellatrix ou à mon grand-père et ses tendances meurtrières. »
« Pourtant c'est sa famille, son histoire. Il faudra bien qu'un jour il connaisse son arbre généalogique tu crois pas ? »
« Le plus tard sera le mieux. Il connaît ses grands-parents paternels et maternels, c'est amplement suffisants pour le moment. »
Elle fut tentée de profiter de la perche qu'il lui tendait pour parler de la fameuse Astoria évoquée plus tôt, mais elle n'en fit rien.
« Et toi, tu viens souvent ici ? »
« Quand je te disais que je laissais Scorpius à Georgia pour prendre le temps de souffler, généralement c'est pour venir ici. L'été je viens nager dans le lac et bronzer sur le ponton. L'hiver j'allume un feu de cheminée et je me détends en jouant aux échecs. J'y reste une heure ou deux et après je me sens mieux. »
« Je te comprends. Ca a l'air ressourçant comme endroit … Merci de m'y avoir emmenée ! »
« Y'a pas de quoi. Mais t'as pas intérêt à y venir sans moi ! » plaisanta-t-il.
« Juré. J'y mettrai pas les pieds sans votre autorisation préalable votre altesse ! »
Elle se mit à rire sous le regard à la fois vexé mais amusé qu'il lui lançait. C'était plaisant de le voir se dérider parfois.
Drago avait emprunté le ponton qui s'avançait sur le lac pour aller s'assoir tout au bout, ses jambes pendant dans le vide. Pendant ce temps, Hermione avait fait un peu le tour du propriétaire, du moins de l'extérieur puisqu'il avait catégoriquement refusé de lui ouvrir la maison. Derrière se trouvait une petit cabane abritant du bois pour le feu ainsi qu'un entassement de vieilleries. Les alentours de la maison étaient on ne peut plus verdoyants. Des arbres, des buissons, des roches, de la mousse, des tapis d'herbe. Revenue devant, elle observait la terrasse encore aménagée de l'été, c'est à dire qu'il y trônaient une table de jardin accompagnée de chaises, mais aussi des chaises longues comme celles de la cour de Georgia où Drago aimait se prélasser parfois.
De la terrasse, elle observait Drago qui n'avait pas bougé du ponton, alors qu'elle, elle arpentait les alentours depuis au moins vingt bonnes minutes. Il était assis, ses mains prenant appui derrière lui. Il regardait tantôt devant lui, tantôt le ciel. Il balançait ses pieds dans le vide également. Une attitude parfois enfantine qui faisait oublier à Hermione quel cruel personnage il avait pu être par le passé. Avec la lumière de la lune, ses cheveux blonds semblaient scintiller. Elle s'approcha silencieusement de lui, ne voulant pas le perturber dans sa contemplation des étoiles. Elle prit place à côté de lui, ses pieds ballottant aussi dans le vide, mais un peu moins assurée que lui. Ses mains de chaque côté de ses cuisses retenait le bois du ponton.
« Tu sais pourquoi je m'appelle Drago ? »
Elle fronça les sourcils.
« Non, mais mon petit doigt me dit que tu vas me le dire. »
« Ton petit doigt te parle ? C'est intéressant comme particularité physique. »
« Oui, le petit me parle souvent de choses et d'autres. Tu devrais écouter le tien, peut-être qu'il a lui aussi plein d'histoires à te raconter ! », plaisanta-t-elle avec un clin d'oeil qui le fit rire une demi seconde.
« Bon, tu veux savoir pourquoi je m'appelle Drago ou ton petit doigt va balancer la réponse le premier ? »
« Je t'écoute. »
De son index il pointa le ciel, un peu sur leur droite. Hermione reconnut la Petite Ourse, mais il semblait indiquer des étoiles situées plus sur le côté.
« Je suis sûr que toi au moins t'étais attentive en cours d'Astronomie, alors tu vois la Petite Ourse ? »
« Oui, juste à droite. »
« Voilà, et bien le long de la Petite Ourse tu as une constellation qui est pas trop lumineuse mais comme le ciel est dégagé on la voit bien. C'est la constellation du Dragon. En bas tu as les yeux du dragon avec sa tête, après tu as le corps sinueux jusqu'à sa queue. Donc voilà. Dragon, Drago … »
« C'est génial ! Et hyper poétique comme démarche … C'est qui qui a choisi ton prénom ? »
« Principalement ma mère. Chez les Black y'a une tradition familiale qui veut que les nouveaux nés soient appelés selon des étoiles ou des constellations », il reprit en voyant l'air étonné de sa voisine, « Bellatrix, c'est une étoile dans la constellation d'Orion, Sirius c'est l'étoile du Chien il me semble, Regulus celle du Lion, enfin tu vois le genre. Et comme ma mère est très portée sur la tradition, elle a perpétué le truc. »
« Et bien elle a bien fait, parce que c'est touchant. C'est comme si vous aviez tous une connexion en plus de votre lien familial. C'est beau ! »
« Je sais pas si c'est beau d'avoir un quelconque lien avec Bellatrix par exemple mais merci quand même ! »
« Au delà d'avoir un lien avec Bellatrix, tu en as aussi un avec Sirius qui était un homme formidable quoi que tu puisses en dire. »
« Je sais, je le conteste pas. Je sais ce qu'il représentait pour Potter, ce qu'il a fait pour lui et ce que sa mort a représenté à ses yeux. Quand je te dis que Bellatrix est timbrée, elle est allée tuer son propre cousin ! »
« C'est pas une nouveauté qu'elle est timbrée … », elle changea de sujet, « Et Scorpius, ça a un lien avec une constellation ? »
Il hocha la tête par la positive, en pointant le ciel plutôt sur la gauche cette fois-ci.
« Là. La constellation du Scorpion. Astoria m'a pris pour un fou quand je lui ai dit que je voulais appeler mon fils comme un scorpion. Mais c'était soit ça, soit Hyperion, une lune de Saturne. Finalement elle a préféré Scorpius. »
« C'était joli aussi Hyperion ! »
« C'est son deuxième prénom, du coup. » boucla-t-il.
Ç'en était trop pour Hermione. Ca faisait deux fois qu'il lui tendait une perche par rapport à cette Astoria, avec un naturel déconcertant. Comme si justement il attendait qu'elle se lance sur le sujet, peut-être par peur de l'aborder lui même le premier. C'était quitte ou double. Soit elle finissait par en apprendre plus, soit il la renvoyait à l'auberge illico presto. Elle décida de tâter le terrain d'abord, glissant en douceur la conversation vers ce dont elle voulait vraiment parler.
« Tu lui as imposé d'autres choses, à part le prénom de votre fils ? »
« De vivre au Manoir et pas dans une horrible maison londonienne. Une espèce de baraque en pierre sur un seul niveau, avec des voisins à côté et en face, un jardin minuscule pour Scorpius et à peine deux chambres et deux salles de bains ! »
« C'est vrai que pour héberger trois personnes, il y a besoin de plus que deux chambres et deux salles de bain … » soupira Hermione.
« C'était prévu qu'on ai plusieurs enfants alors oui, il fallait plus que ça. »
« Oh … Et … Qu'est ce qui vous a empêché d'avoir d'autres enfants ? »
Alea Jacta Est.
Elle se mordit la lèvre inférieure. Curieuse, mais à la fois angoissée à l'idée de se faire renvoyer chez elle à coup de pied au derrière, elle évitait de le regarder. D'ailleurs, il ne répondit pas tout de suite. Il avait dévié son regard du ciel pour le baisser sur le bout de ses chaussures. Elle se demandait s'il allait se taire définitivement, s'il cherchait ses mots, ou s'il mettait un suspens insoutenable dans cette conversation.
« Astoria est partie avant qu'on ai le temps de projeter plus sérieusement d'avoir un deuxième enfant. »
C'était donc ça. La fameuse Astoria l'avait quitté avant qu'ils aient le temps de faire d'autres projets ensemble. Elle se sentait triste pour lui. Triste pour cet homme qui semblait avoir énormément changé en prenant de l'âge. Triste pour cet homme qui était impliqué dans sa vie de famille plus que n'importe qui d'autre. Triste pour cet homme qui visiblement souffrait d'un grand manque affectif depuis le départ d'Astoria. Elle essayait de déceler sur son visage une petite émotion, mais rien. Il ne laissait rien transparaître. Pas d'oeil brillant donc encore moins de larme, pas de regard fuyant ou qui papillonne, pas de trémolos dans la voix, pas de tremblement de jambe nerveux. Rien. Pas un iota d'émotion n'était palpable.
« Je la connais, cette Astoria ? » osa Hermione sans le lâcher du regard.
Il regarda droit devant lui, hochant passablement la tête.
« Peut-être. Astoria Greengrass. Tu dois sûrement connaître sa soeur, Daphné. Elle a le même âge que nous, Astoria a deux ans de moins. »
Ça fit aussitôt tilt dans la tête d'Hermione. Evidemment qu'elle connaissait les soeurs Greengrass. Pas personnellement, bien entendu, puisqu'elles étaient des Serpentard pures et dures. Elle n'avait jamais réellement eu affaire à elles. Enfin, peut-être avait elle adressé la parole à Daphné deux fois en sept ans, mais pas plus. Ce qu'elle se rappelait par contre, c'était que Daphné était certes une Serpentard, mais pas avec le même caractère que Drago par exemple, ou même que des filles comme Pansy Parkinson. Elle était ambitieuse, rusée et déterminée. Mais pas hautaine, ni méprisante envers les sangs-de-bourbe. Astoria, elle avait peut-être croisé sa route une fois pendant sa scolarité, étant deux ans plus jeune qu'elle. Mais elle revoyait très bien cette jeune fille brune, fine et élancée, avec une allure de mannequin. Cela ne l'étonnait que très peu que Drago soit tombé amoureux d'une fille de ce genre : apprêtée, irrésistible et attirante. Tout ce qu'un homme aime finalement.
« Je visualise oui. Enfin je vois surtout Daphné. Elle faisait partie de tes fréquentations à l'époque, non ? »
« Oui. Enfin Daphné était très proche de Pansy, donc on se voyait souvent. »
« Et tu n'as plus aucun contact avec eux ? »
« Presque. Je vois Pansy parfois. Elle travaille au Chaudron Baveur. »
Un rire moqueur s'échappa de la bouche d'Hermione, que Drago contra d'un regard noir accompagné d'un « Quoi ?! » passablement énervé.
« Elle fait quoi au Chaudron Baveur ? Le ménage ? La plonge ? »
« Elle est serveuse. Et je vois pas ce qu'il y a de drôle ! »
« Les Serpentard ne sont pas sensés être ambitieux, déterminés, avec un grand sens du pouvoir ? Parce que serveuse au Chaudron Baveur, bien qu'il n'y ai pas de sots métiers, c'est quand même pas hyper ambitieux ou très valorisant ! »
« On n'a pas tous ton intelligence Granger, excuse-nous ! »
« C'est pas une question d'intelligence ! C'est que vous, les Serpentard, vous venez tous de lignées de puissants sorciers très riches donc vous pensez que tout vous est dû, que tout va vous tomber tout cuit dans la bouche et que ça ne sera pas la peine de travailler. Peut-être que toi tu as eu cette chance vu que visiblement tu ne vis que de ta fortune, mais Pansy Parkinson aurait sûrement aimé faire comme toi ! »
« On se calme ! Ne me prends pas la tête pour la carrière professionnelle de Pansy Parkinson ! Je te jure que ça en vaut pas la peine. »
« Non effectivement c'est pas la peine. Parce qu'à la base, on parlait pas de ça. »
Peut-être avait-il fait exprès de dévier le sujet sur Pansy pour qu'elle arrête de lui parler des soeurs Greengrass mais c'était trop mal la connaître. Maintenant qu'elle savait qu'elle l'avait quitté, elle voulait en savoir les raisons. Alors peut-être qu'il allait juger ça trop intrusif mais elle mourrait d'envie d'en savoir plus
« Ça fait longtemps que tu n'es plus avec Astoria ? »
Aïe. Visiblement la question de trop. Parce que si précédemment il n'avait pas montré un semblant de réaction, si ce n'est un petit regard furtif, là, sa mâchoire se contractait comme à chaque fois qu'il perdait pied et qu'il ne maîtrisait plus la situation. Elle voulut le forcer à changer de sujet mais mince, non ! Il fallait qu'elle aille au bout cette fois. Qu'elle comprenne. Qu'elle comprenne pourquoi, et ce qui avait fait de lui cet homme à la carapace sentimentale si fermée.
Pour toute réponse, il se recula et se mit debout. D'un signe de la tête, il lui fit signe de le suivre. Elle hésita environ une demi micro seconde et se leva elle aussi, lui emboîtant le pas en direction de la maison. Un Alohomora chuchoté et la porte d'entrée s'ouvrit. Elle découvrit l'intérieur de la maison, qu'elle pouvait comparer à un chalet de montagne comme celui où elle allait plus jeune, quand ses parents l'emmenaient au ski. Tout était en bois, du sol au plafond en passant par les murs et le mobilier. Ça et là, des petits bibelots en guise de décoration et également les photos familiales dont il lui avait parlé en arrivant. Elle reconnut sur les clichés Bellatrix bien sûr, mais aussi Regulus Black, ou encore Sirius. Mais aussi Drago avec ses parents, et des personnes âgées qu'elle devina comme étant Cygnus et Druella Black, cette dernière ressemblant trait pour trait à Narcissa, avec la crinière noire de Bellatrix. Drago ouvrit une trappe au sol qui débouchait sur une pièce souterraine. Décidément, c'était une manie ou quoi chez les Black/Malefoy de construire des pièces sous le sol ? À contrario du sous sol du Manoir des Malefoy, cette pièce là ne comportait pas une collection sans fin de balais volants. Non. La pièce ne contenait qu'un seul objet.
Une Pensine.
