Mon terrible amant

Oh c'était quelque chose d'être l'amant de Francis. C'était quelque chose.

Premièrement, les nuits passées avec lui étaient inoubliables. Il était doux et avait pris le temps avec Arthur qui était vierge de toutes relations avec des hommes. Il se souvient de ses caresses, de ses baisers… AAARGH ! Pas au boulot, Arthur, n'y pense pas quand t'es au bureau. Se reprit-il en regardant autour de lui méfiant. Il leva la main pour remonter ses lunettes mais se rappela qu'il les avait enlevés et laissa retomber sa main en soupirant.

Où il en était ? Ah oui… Les bons côtés dans sa vie amoureuse. Y a aussi des externalités négatives. Ses hanches. Merde que ça faisait mal le matin parfois. Et pas de compassion de la part de Francis ! Alors lui ça le faisait rire. Ne parlons pas des suçons sur son cou ou autres endroits (dont on ne citera pas le nom n'est-ce pas ?)

Ensuite… Arthur avait refusé de parler de leur relation aux autres du coup leurs petites disputes en publique continuent même s'ils en ont moins en privé. Mais ça fait que il devait supporter ses regards de chien battus toutes la journée. Ne parlons pas des moments (comme dans l'ascenseur…) où, lorsqu'ils étaient enfin seuls le français n'hésitait pas, mais alors pas du tout, à laisser des mains baladeuse et des lèvres avides taquiner son amant. Et tu te laisse faire mon vieux… No ! No, cette voix intérieur a tord !

Arthur secoua la tête et se re concentra sur son écran et ses fichiers. Il n'eut pas le temps de replonger dans ses pensées qu'il sentit une main lui frôler la nuque. Il pencha la tête en arrière et croisa le regard bleu de son amant.

« Alors mon lapin ? On rêvasse ? Mais le boulot n'attend pas

« Je travaille you twat ! Plus que toi qui flirt à tout va ! »

Ça aussi c'est à noter : Francis qui s'amuse à rendre l'anglais fou de jalousie. Et il le savait. Je ne le suis pas ! gémit mentalement l'anglais.

« Ah… On dirait presque que tu es ja…Mais. Attends. Tu te souviens plus de ce qu'on a dit à propos des gobelets d'eau ?»

L'anglais regarda le gobelet à présent vide dans sa main.

« La dernière fois tu m'as versé du café. Là, tu te plains pour de l'eau ?

« Ma chemise est blanche. Tu sais ce que fais l'eau sur une chemise blanche ?

« Fais pas ta prude ! Toi au moins t'as pas de taches !

« Tu aurais préféré de l'eau ? J'ai toujours ma bouteille. »

Arthur tenta de fuir dans les couloirs sous les regards amusés de leur collègue. Francis finit par le piéger dans une salle de réunion. Il commença à enlever sa chemise mouillée par le gobelet qu'Arthur lui avait lancé. D'après son regard, c'était très clair qu'ils allaient rester un petit moment dans cette salle.

«Tu mérite une punition mon mignon. ~

«Attends ! Si des gens arrivent pour une réunion ?

« Je participe à beaucoup de réunions, je peux te dire qu'il n'y en a pas. On est seul. »

Lorsqu'ils ressortirent de la salle de réunion plus tard, Arthur était rouge et ne savait plus où se mettre.

On nous a entendus. C'est pas possible autrement. Oh mon dieu, pourquoi Gilbert me regarde en souriant. Me dîtes pas…

« Qu'es ce que tu regarde you twat ?

« Oh rien. Sinon pourquoi ta cravate est à l'envers ? Tu sais pas t'habiller ? Sans parler que tu t'es trompé d'un des boutons de ta chemise. Pfff… Je l'avais pas remarqué ce matin. » Glibert fronça les sourcils. Francis ricana, heureusement pour eux que Gilbert ne savait pas faire des liens trop rapidement.

Arthur regarda sa chemise et laissa son front se cogner contre la table. Gilbert ricana et se tourna vers son ami français.

« T'as réussis à le mouiller du coup, toi ?

« Trop rapide hélas. A présent je dois rejoindre Antonio. A plus. »

C'est ça, va rejoindre ton pote et riez à mes dépends. Grogna intérieurement l'anglais.

OoOoOoOo

Francis rentra de bonne humeur et passa prendre ses enfants à l'école. Il descendit et alla vers l'entrée lorsqu'il vit Alfred courir et lui sauter dans les bras.

« Eh ! Alfred, préviens moi quand tu fais ça t'es plus tout léger tu sais. » ria-t-il

« Mais avec la surprise c'est mieux ! »

Mathieu courut pour les rejoindre et tira sur la manche de son père pour être aussi pris dans ses bras.

Après un petit calin en famille Alfred demanda :

« Eh papa ! Il y a un anniversaire ce soir on peut y aller ? Te plaît ! Te plaît !

« Hmmm… Es ce que vous avez été bien sage. Mathieu je pense que oui mais toi Alfred ?

« Maieuh ! Je me suis pas bagarré depuis la dernière fois ! Et en plus c'était Ivan qui a commencé !

« Al'…

« Je sais tu veux pas savoir qui a commencé ce qui est débile vu que du coup je suis puni aussi. »

Francis soupira.

« Vous allez être sage là-bas d'accord ? On dit merci aux parents de vous acceuillir et on mange correctement.

« Papa, on connaît la liste des règles. » dit Mathieu d'un air timide.

« Je sais, mais c'est pour être sur. Allons vois les parents de votre ami, juste pour savoir quand vous récupérer. »

Et c'est main dans la main que les petits suivirent leur père.

OoOoOoOo

Arthur soupira et roula sur le coté de son lit, enfin chez lui après cette journée. Il préférait rester allongé depuis l'épisode de la salle de réunion. Il avait une envie de ne plus être le « lapin » innocent de son cher amant. C'était dans ces moments là qu'il aimerait retrouver son assurance de lorsqu'il était encore jeune.

Alors que j'étais jeune ? Merde je parle comme un vieux de 40 ans là !

Il ferma les yeux un instant. Il repensa à lorsqu'il avait monté son groupe de rock. Lorsqu'il avait des piercings, 4 sur chaque oreille. Il avait aussi eut un sur la langue. Il se mettait dans tous ses états et se bagarrait pour un rien.

Il se souvenait qu'il tenait mieux l'alcool aussi. Il soupira en souriant à ses souvenirs. Soudain une idée fusa dans sa tête.

Il ressortit de sa chambre et prit son porte monnaie. Il allait faire quelques courses.

Après quelques heures de shoppings, l'anglais se dirigeait vers le parking, ravi de ses affaires et commença à sortir les clés pour sa voiture. Fichu véhicules… Et en plus il fallait rouler du mauvais coté de la route. Sérieusement ces français…

En entrant dans sa voiture ses pensées glissèrent vers son amant. Il rougit alors que ses souvenirs revenaient joyeusement. Son portable sonna. En parlant du loup…

« Yes ?

« Mon lapin ! Mes enfants vont à un anniversaire et je les récupère seulement demain du coup on pourrait passer un petit moment ensemble !

« Mmmmm… Tu vas pas me laisser tranquille toi ! Demain je dois aller au bureau.

« Un samedi ?

« Dans la hiérarchie de l'office tu es plus haut que moi, moins de travail. Moi, plus.

« Oh…

« Ecoutes, je conduis là. Donc pour ce soir -

« Je peux vraiment pas venir te voir ?

« Si.. Mais pas de se-

« Dis donc, je pense pas qu'à ça tu sais ! C'est décidé, je serai à 18h devant ton appart ! Tu me passes l'adresse ? »

OoOoOoOo

« Je t'aime… »

Arthur soupira d'aise, enlacé sur le canapé, il avait les yeux fermés pour mieux apprécier la main qui passait dans ses cheveux. Le murmure de Francis faisait battre son cœur fort cependant il l'admettrai jamais. Il préfèrerai demander encore une fois :

« Again.

« Tu es bien autoritaire ces derniers temps toi.

« Et alors ? Tu me tourne toujours en bourrique : j'ai le droit de prendre les rênes !

« Awww ! Il veut prendre les rênes le lapin ?

« Arrête ou je te vire du canapé. »

Deux secondes plus tard, Francis fut viré par un Arthur rouge de colère. Le français le regarda les yeux écarquillés et se redressa avec un air indigné.

« Je t'offre de la tendresse et toi, tu me vire ?

« Ouais. Et si tu continue à te moquer de moi c'est la fin de notre entente cordiale.

« Seulement cordiale ?

« Ôte tes mains de sous mon pull ! »

Francis ria et s'assit sur le sol à coté de lui. Il pris sa main et la caressa du pouce.

« Dis moi Artie

« Et encore un surnom pourri…

« De rien. Je peux savoir pourquoi tu es venu en France ? »

L'anglais resta silencieux. Après avoir pris la mouche avec mon frère j'ai laissé en plan ma vie en Angleterre et j'ai fui en France. Pour oublier, pour être seul. Et toi… Il détourna la tête et fixa le tissu du canapé. Francis n'insista et changea de sujet.

« Du coup ça de manger un morceau avec mes amis ? En tant que couple ? »

Arthur toussa et se retourna yeux écarquillés. Holy marmite… Il est sérieux.

« Nope.

« Allez ! De quoi as-tu peur ? Ils te mangeront pas et puis ça te fera du bien de sortir un peu.

« Mmmm… On s'est jamais entendu moi et tes amis. Je te rappelle qu'ils se moquent toujours de moi au bureau. Et tu me défends pas en plus !

« C'est toi qui voulais pas qu'on change notre comportement ! T'es… Aaaaah ! »

Francis passa une main dans ses cheveux en soupirant. Arthur s'était retourné de façon boudeuse et le français le regarda, mains sur les hanches.

« Ecoute. Ces deux là sont comme ma famille, j'aimerai vraiment pouvoir te présenter en tant que compagnon.

« Et pourquoi pas à tes parents ?

« J'en ai pas. » dit froidement le français. Il observa l'anglais se raidir et soupira. C'était il y a longtemps…

« Sorry…

« T'as pas à t'excuser mais comprends moi un peu quoi ! Rien qu'une petite sortie dans un bar ? » demanda-t-il avec une moue de chien battu.

Arthur soupira. « Ok… »

OoOoOOoOo

Et comme promis ils ne firent rien ! Francis resta dormir avec Arthur. L'anglais s'était levé pour boire un peu pendant la nuit. Il avait fait un cauchemar.

Il tenait un sablier dans sa main. Si fragile… A l'intérieur il y avait sa mère, ses deux frères et sa sœur. Le sable coule doucement. Ils frappent contre le verre car ils veulent sortir. Arthur n'entend pas ce qu'ils disent. Le sable coule de plus en plus vite. Panique. Les sortir de là ! Vite ! Comment ?

« Don't… Stop it ! No ! How ?! » criait l'anglais ne sachant que faire. Il pleurait, pleurait parce qu'il était en train de les perdre.

Sa mère arrêta de frapper et le regarda avec l'amour qu'une mère peut offrir à son enfant. Le sable était à ses hanches. Sa sœur continuait à frapper de toutes ses forces. Ses deux frères frappaient avec moins en moins d'entrain. Carwin, celui avec qui il était en froid avant de partir, le regarda avec un espoir.

« Bien sûr que je t'en veux plus… Je n'aurais pas du partir… Je veux pas vous perdre ! »

Le sablier devient complètement du sable, pareil aux personnes se trouvant à l'intérieur. Du sable. Rien que du sable.

Il but d'un trait l'eau froide et reposa le verre, des sueurs froides lui glissant dans le cou. Arthur secoua la tête et s'approcha de son bureau. Il ouvrit le tiroir avec toutes les lettes. En sortit une au hasard.

Dear Arthur,

Pourquoi j'ai écrit 'dear' ? C'est la je-ne-sais-pas-combien de lettre que je t'envoi sans que tu me réponde ! Un gentleman agit comme ça peut être ?

L'anglais lut doucement la lettre, un sourire s'étirant tandis qu'elle racontait la dernière bêtise d'Edward alors qu'il jardinait et comment Carwin s'occupait du magasin.

Il sursauta lorsque des mains glissèrent autour de sa taille.

« Le lit est froid sans toi mon lapin…

« J'arrive, j'avais juste du mal à dormir. »

OoOoOoOo

Et les voilà dans ce fichu bar en train d'attendre ses deux amis. Arthur grognait et avait demandé une bière tandis que Francis avait pris du vin.

« Bois pas trop, tu tiens mal à l'alcool.

« Un gentleman n'abuse jamais de la bière.

« Hum… Gentleman hein ? Désolé j'y crois pas. » annonça le français en posant une main sur son épaule d'un air si désolé.

« C'est quoi cet air compatissant ? Enlève ça de ton visage c'est flippant. …. Arrête de me regarder comme si j'étais malade ! »

« Oh mein got, pourquoi t'as invité celui-là aussi Francis ?!

« Gilbert ! Sois un peu plus sympa mi amigo. »

Les deux compères s'assirent face à eux. Antonio fut un grand sourire à Arthur.

« Tu t'entends mieux avec Francis ? ça va nous manquer les disputes…

« T'en fais pas, il va continuer à se prendre des gobelets dans la tête celui là.

« Eh ! Arthur pourquoi tu dis ça ? » se plaignit le français.

« Parce que tu m'empêche toujours de travailler ! »

Antonio sourit tendrement aux deux et lança :

« Vous avez l'air d'un couple comme ça. Vous êtes trop mignon !

« Arrête ça Toni, ils vont te tuer si… » Gilbert vit alors que les personnes concerner avait détourné le regard en rougissant comme des enfants qu'on aurait pris en plein milieu d'une bêtise. Francis le regarda avec un petit sourire.

« Ben tu sais… On est ensemble Arthur et moi. »

Gilbert regarda tour à tour Arthur et Francis. Il regarda Antonio qui, si c'était possible, souriait encore plus. Il se leva sortit. Re rentra, s'assit de nouveau et annonça très sérieusement.

« Désolé erreur 404. Ça passe pas. Non je… » il fit un mouvement de main comme pour chasser une mouche. « Erreur 404 scheiβe ! »

Francis le regarda avec des yeux ronds.

« Ben dis moi tu as l'air de pas bien le vivre. Mais alors vraiment pas.

« Non, je suis content pour toi Franny. Faut pas le prendre comme ça.

« Je dérange peut être, c'est moi l'erreur ? » grogna Arthur qui rougit lorsque son amant se pencha pour lui déposer un baiser sur le front. « Pas en publique j'ai dit! No kissing area in public ! »

« Oui, oui mon mignon. » soupira le français avec un sourire.

Gilbert regard Antonio qui lui fit un clin d'œil.

« Je sais pas pour toi, mais moi je trouve qu'ils vont bien ensemble.

« En comptant les disputes et leur caractère opposé ? Suis pas mécontent d'être célibataire dis donc. »